Message de soutien a celles et ceux qui luttent contre les frontieres

Repris de  manif-est.info

Une banderole a été accrochée au bord du rhin, sur la zone frontalière franco allemande pour marquer notre solidarité avec celles et ceux qui luttent contre les frontières. De la plaine du rhin a briancon, et partout ailleurs, détruisons toutes les frontières .

Le travaille avec deux ailes

Conférence gesticulée « Le travaille avec deux ailes » d’Emmanuelle Cournarie

Le lundi 14 mai à la MJC de Serres à 20h, entrée à prix libre

Le mercredi 16 mai au Lieu culturel à Embrun, à partir de 19h entrée à prix libre

Le jeudi 17 mai au Chapoul à Briançon, à 19h, entrée à prix libre

« Emmanuelle Cournarie est sociologue du travail de formation et enchaîne les emplois précaires depuis 20 ans. Elle tire de ses recherches en sciences sociales et de son expérience du monde du travail un regard critique sur l’évolution du marché de l’emploi en France. Pour elle, la société néolibérale fait du travail un espace d’incohérence. Continuer la lecture

À propos d’une pétition

Au boulot vendredi, j’ai appris l’existence d’une pétition qui circule sur internet et par voie papier, qui réclame auprès des pouvoirs publics de faire cesser les flux migratoires dans le briançonnais.
Je ne ferai pas le grand plaisir aux rédacteurs et rédactrices de ce torchon de mettre un lien pour la lire, mais je voudrais apporter des commentaires sur ce texte.
Celui-ci commence par se défendre d’une accusation du style « je suis pas raciste mais quand même, … ». On connait la suite.
Le texte demande de ne « pas faire d’amalgame », mais le citoyen-de-droite-voisin-vigilant est là et ne nous laissons pas faire par sa résurgence raciste et sa discrimination latente.
Ces gens réclament l’« application stricte de schengen et dublin II ». Ces accords ne sont rien d’autres que des outils pour les gouvernements et polices d’Europe pour trier les migrants sur le carreau, expulser les uns et décourager les autres face à un tel arsenal policier, politique et administratif, et ainsi organiser une Europe foreteresse dont les frontières seraient fermées.

« Les associations pro-migrants et les occupations illégales » ne sont que « des fauteurs de troubles, provocateurs de l’Etat » : les citoyens et citoyennes du genre de ceux et celles qui ont rédigé cette pétition sont les mêmes qui s’émeuvent au sujet de la pauvreté, de l’augmentation du nombre de SDF et de bénéficiaires des Restos du Coeur, quand ces derniers sont blancs de peau et nés en France.
Les associations pro-migrants et les camarades qui font de l’action directe et des occupations illégales font pourtant la même chose (en plus de dénoncer les machines à tuer que sont les frontières) : ils et elles apportent du soutien, mettent à l’abri et donnent à manger à des gens dans la merde.
Seule différence en fait : l’origine et la couleur de peau de ces gens qu’on veut bien aider.
Il n’y a donc pas d’amalgame : le racisme puant de ce texte est démasqué, et il est même signé avec cette dernière phrase :
« notre pays ne peut pas affronter ce flux migratoire ».

En fait, les rédacteurs et rédactrices de cette pétition se posent même en victimes de la migration : en effet, celle-ci serait dommageable à la tranquilité de nos vallées et menaçerait «  le tourisme qui nous fait vivre ».
Les victimes ne seraient donc plus ceux et celles qui parcourent des milliers de kilomètres à pied au péril de leurs vies ; fuyant la misère, les guerres et les polices ; en proie à des passeurs exploitant leur situation pour faire du fric et qui n’ont rien à faire de leur intégrité et de leur dignité, …

Dernière remarque au passage, et celle-ci est historique : ces gens se disent des « escartons libres ». Les escartons étaient les habitants et habitantes des vallées de briançon et du queyras en France et de Chisone, Susa, Casteldelfino et la commune d’Oulx en Italie.
L’histoire et la culture transfrontalière des escartons est très ancienne puisqu’on en trouve des traces avant Jésus Christ.

Il est étonnant et carrément absurde de se dire victime de la migration, quand on se revendique d’une culture qui est héritière d’un mélange culturel entre certaines vallées d’Italie et d’autres de France, et dont l’unité fût brisée par l’affirmation de la frontière en 1713, puis complètement déglinguée par les guerres nationalistes du XXème siècle dans lesquelles des voisins ont été sommés de se trouer la peau, justement parce qu’ils n’habitaient pas du même côté de la frontière !

Et finalement, non, il n’est rien d’étonnant : le racisme ne peut naitre que dans des têtes aussi vides, incultes et -disons le franchement- débiles !

La France est largement en capacité d’accueillir les migrants qui sont à nos portes. De plus, elle est responsable de ces phénomènes migratoires intensifiés, de par sa politique néocoloniale et expropriatrice menée partout à travers le monde pour engranger toujours plus de richesses et les redistribuer encore et toujours aux plus riches. L’accueil digne des exilé-e-s est donc une question de justice.

Les libertés de circulation et d’installation devraient être des droits inaliénables !
Abolition des frontières !!
Appel à saboter cette pétition.

Lettre d’infos de Chez Marcel

Bonjour!

voici une petite lettre d'infos, avec ce qui se passe en ce moment, des
rendez vous, du quotidien...

En ce moment, la vie Chez Marcel: c'est le printemps, on commence à
jardiner, y a une serre presque finie, des oignons plantés et on
continue doucement, si ça vous branche, plus que bienvenues!
On va essayer de mettre en place une permanence juridique tous les
vendredi après midi, de 14heures à 18heures, pour donner un moment
formel aux tourmentations/papiers , transmission de ce qu'on sait sur
les procédures, les lois, les droits, etc... et continuer
l'accompagnement juridique et individuel des habitant-es de Chez Marcel.

Ce soir à 18heures à la Roche de Rame : réunion pour le comité de
soutien "des trois de Briançon", on transfère le mail juste après
(désolée pour l'info transmise super tard... y a moyen de s'inscrire sur
la liste du comité de soutien, et de participer aux réunions suivantes).

Ce weeken end : weekend festif!
Vendredi 11 mai à 19h30 au Chapoul, spectacle d'amies à prix libre ! y a
les infos sur le site du chapoul et le site de la cie la petite agitée
Samedi 12 mai: fête guinguette Chez Marcel, pour fêter le printemps! a
partir de midi, jusqu'en début de soirée,
Ramène des instruments, des boules de pétanque, de la peinture, de quoi
décorer la maison et la guinguette , partager un repas, et des bières
pour l'apéro!

Lundi 14 mai: restau spécial!
De 19h à 21h
Une conférence gesticulée "Calais Solidarité", sur la vie à Calais, ses
migrants, sa population, donnée par des ami-es de Calais et d'ailleurs,
qui font un infotour et passent par les hautes alpes, pour échanger sur
nos luttes, brasser nos expériences et se renforcer mutuellement.
Les discussions proposées en fonction de la situation:
-Situation actuelle et historique à Calais
-Les entreprises qui profitent des frontières
-Luttes contre la détention et les déportations à Calais et ailleurs

Puis repas/discussions!

A très bientôt!

Des bises!


chezmarcel@riseup.net

Lâche l’Appel, prend la pioche

Critique anti-autoritaire sur la ZAD de NDDL et appel à rassemblement les 12 et 13 mai.

Compagnon.ne.s, copa.in.e.s, compas, complices, camarades, c’est le moment de faire face aux forces armées de l’état capitaliste, aux tenant.e.s de la régularisation et aux gouvernances auto-proclamées de l’intérieur. Partout nous subissons leur domination et leur dédain. Partout nous luttons pour qu’ielles ne dirigent pas nos vies.

Le 14 mai 2018 a été fixé par l’état comme date limite pour les occupant.e.s « illégaux.ales » ne souhaitant pas se régulariser pour quitter les lieux… Cela pose la question de ce qu’est une occupant.e « illégal.le » ? Et quels sont ces « lieux » ? Et vers où ces personnes sont censées aller ? La « zone » deviendrait elle un territoire d’accès contrôlé ? Qui y aura accès ? Qui donnera les autorisations ? Sur quelles bases ? Dans quelles limites géographiques ? Que cela implique t’il comme mesures de contrôle social ? Qu’adviendra t’il des personnes jugées « illégales » ?

Une partie du mouvement contre l’aéroport et pour son monde a imposé sa vision au reste des occupant.e.s : si on est gentil.le, si on signe, si on barricade pas les boulevards de flics, si on acquiesce aux ordres de la police zadionale et de ses zadiocrates, l’état nous laissera tranquille…

Après avoir vendu à prix libre la route des chicanes (RD281) et imposer par la force la destruction de Lama Fâché, le dépôt de fiches (non communiquées auparavant à l’ensemble du mouvement ni à l’ensemble des occupant.e.s) a été fait malgré les désaccords profonds sur cette stratégie grâce à une campagne de lobbying dans l’urgence (avec en arrière plan les risques réels de sanctions physiques en mode « coffre et coups de pression »).

Depuis des années déjà, les coups de forces et les prises de pouvoir gangrènent la vie sur la Zad. Longtemps, les anti-autoritaires ont rongé leur frein pour ne pas compromettre la lutte contre l’aéroport. Aujourd’hui, le temps n’est plus à la compromission avec les franges « capitalist-friendly » ou hiérarchiques. L’aéroport est mort, vive les luttes !

Depuis la Zad, nous nous organisons pour lutter contre toutes les dominations et contre toutes les hiérarchies. Parce que nous ne tolérons pas que la Zad soit appropriée par des groupes qui imposent leurs vues à tou.te.s, s’approprient les moyens de production et cadenassent les organes de décisions politiques. Parce que la Zad est à tou.te.s, qu’elle se maintien grâce aux solidarité de tou.te.s, nous refusons sa gentrification.

Nous invitons tou.te.s les anti-autoritaires, les rebelles, les insurgé.e.s, les autonomes, les non-enfiché.e.s, les minorisé.e.s, les marginal.e.s, les cas sociaux, les loosers, les galèrien.ne.s, les schlags à se retrouver sur la Zad de Notre Dame des Landes les 12 et 13 mai 2018 (si tu veux venir avant, welcome) pour organiser de façon horizontale les ripostes les plus imprévisibles aux attaques autoritaires, étatiques et capitalistes.

La peur n’évite pas le danger.
Nous sommes résolu.e.s à ne pas céder sous les menaces d’où qu’elles viennent. Évidemment tout est autogéré et nos résistances seront ce que nous en feront.
Venez avec vos idées, vos analyses, vos points de vue, vos divergences, vos ateliers, votre matos, vos cagoules…

Soyons incontrôlables.

PS : Les comportements sexistes, validistes, homophobes, et généralement tous les comportements « relous » et oppressifs n’ont rien à faire de ce coté de la barricade ; ils sont les instruments de nos oppressions !

Col de l’Échelle : Le porte-parole des Identitaires est le fils d’un ami de Gérard Collomb

Article publié sur La Horde

Dans le prolongement de leur campagne estivale « Defend Europe », que nous avions suivi tout l’été avec notre camarade Yannis Youlountas, une soixantaine d’Identitaires français, italiens et allemands se sont mis en scène le week-end du 22 avril 2018 sur le col de l’Échelle, dans les Hautes-Alpes, pour simuler le blocage de la frontière avec l’Italie, point de passage des migrant·es fuyant la guerre et la misère. Avec leurs hélicoptères, leurs 4×4 et leurs drones, ils ont joué les supplétifs des forces armées de l’État, comme ils l’avaient fait en mer Méditerranée avec les garde-côte libyens : les Identitaires se désignent d’ailleurs eux-mêmes dans leur communiqué comme des « patrouilles de surveillance et de renseignement ». Rien que ça !

Le Front national, sans surprise, a salué l’action des identitaires, la qualifiant d’«efficace ». Il est vrai que Damien Rieu, présent au col de l’Échelle, travaille à la communication du maire FN de Beaucaire, Julien Sanchez… Fort heureusement, les réactions hostiles à ce coup de com’, souvent dénoncé comme tel, ont été très nombreuses, et la riposte antifasciste ne s’est pas faite attendre : une manifestation de plusieurs centaines d’antifascistes français·es et italien·nes à Montgenèvre et Briançon pour la liberté de circulation, a traversé la frontière dimanche 22 avril, emmenant avec eux quelques dizaines de migrant·es.

La colonne de migrants et de leurs soutiens sur les pistes de ski de Montgenèvre, dimanche 22 avril.

Mais il faut reconnaitre que l’opération de communication politique des Identitaires a parfaitement fonctionné, puisqu’avec leur filet en plastique et leur doudoune de schtroumpfs, ils ont réussi à faire croire à de nombreux médias mainstream à « l’efficacité » effective de leur action. Mais ce qui a particulièrement attiré l’attention de nombreux observateurs, c’est l’attitude pour le moins partiale de l’État, et singulièrement celle de sa police et de son ministre de l’Intérieur.

Tandis que les Identitaires ont pu mener en toute tranquillité leur petite opération devant des gendarmes passifs qui les ont ensuite gentiment raccompagnés, la manifestation antifasciste s’est soldée par l’arrestation de six camarades, dont trois sont passés en comparution immédiate pour « aide à l’entrée irrégulière en bande organisée ». Selon le collectif Délinquants solidaires, en marge de la manifestation, cinq personnes ont également été passées à tabac par des policiers lors d’un contrôle, dont l’une souffre de multiples contusions, d’un énorme hématome à la mâchoire, d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée, qui lui ont valu dix jours d’ITT. En revanche, à notre connaissance, aucun militant identitaire n’a subi ne serait-ce qu’un contrôle d’identité…

Casque sur la tête et matraque télescopique à la main pour les antifas ; lunettes de soleil et bras croisés pour les identitaires…

Ce sont aussi les déclarations du ministre Gérard Collomb, qui a qualifié l’opération des identitaires de « gesticulations » et renvoyé dos à dos militants d’extrême droite et antifascistes, qui a ému jusque dans les rangs de l’Assemblée nationale et du Sénat, d’autant que la « mission » identitaire est intervenue fort opportunément au moment du vote de la loi asile et immigration.

De nombreuses personnes ont aussi rappelé l’intransigeance du ministre de l’Intérieur dans l’évacuation des facs occupées ou de la ZAD de Notre-Dame des Landes : or son mot d’ordre d’alors, « rétablir partout l’État de droit », ne concerne visiblement pas les actions anti-migrants des Identitaires. Il y a un an, alors que Collomb venait tout juste d’être nommé ministre, l’Auberge des migrants s’était vu bloqué sa distribution de repas à des migrant·es de Calais au nom du « respect de l’ordre public »; Aujourd’hui, le parquet de Gap, qui avait ouvert une enquête suite à l’action des Identitaires au Col de l’Échelle, vient de la classer sans suite, faute « d’infraction constatée » : le procureur de la République de Gap a déclaré sans rire qu’aucun migrant n’avait en effet porté plainte…

 

Cette mansuétude a posé question, notamment sur les réseaux sociaux. Elle est d’autant plus troublante qu’en tant que maire de Lyon, Gérard Collomb n’a pas fait preuve à l’égard des Identitaires de sa ville (solidement implantés depuis bientôt huit ans avec leur local la Traboule) d’une très grande fermeté, même lorsque des violences d’extrême droite ont été constatées. En 2013, Armand Creus, conseiller régional et membre du collectif Vigilance, avait critiqué le manque de prise de position du maire Gérard Collomb qui n’avait pas répondu aux questions posées par le collectif sur l’implantation de l’extrême droite à Lyon. Contactée par le site d’informations Slate, la mairie n’avait pas souhaité s’exprimer «pour ne pas faire de la publicité» aux mouvements d’extrême droite…

Dans l’affaire du col de l’Échelle, Gérard Collomb semble avoir même validé l’action des Identitaires en annonçant que « des renforts importants de forces de l’ordre vont être envoyés pour faire respecter le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes », comme s’il avait eu besoin de l’action des militants d’extrême droite pour agir : les Identitaires ne se sont d’ailleurs pas fait prier pour s’en réjouir. Les soutiens aux migrants de la zone ont en effet témoigné d’une « re-militarisation de la frontière », avec des contrôles renforcés par une vingtaine de militaires présents sur la route la nuit et des motoneiges.

Mais qui sont donc ces Identitaires qui prétendent agir « à la place de l’État », sans que l’État, ou du moins l’un des ses principaux représentants, n’y trouve quasiment rien à redire ? Pour le savoir, intéressons-nous à l’un de ses porte-parole français, Clément Galant, qu’on a vu à de nombreuses reprises dans les médias lors de l’action au col de l’Échelle, et qui faisait également partie de l’équipage du C-Star de « Defend Europe » cet été. S’il n’est apparu sur le devant de la scène que très récemment, c’est un militant identitaire de longue date, puisqu’il faisait partie des identitaires interpellés après “l’occupation” du chantier de la mosquée de Poitiers le 20 octobre 2012.

Clément Gandelin, dit “Galant”.

Né en octobre 1994 à Lyon, de son vrai nom Clément Gandelin, il est le fils de Philippe Gandelin, ancien garde du corps de l’ancien maire de Lyon Michel Noir, mais aussi, si l’on en croit le site Lyon People, le photographe officieux de Gérard Collomb, qui était aussi son ami. À l’occasion de son décès en 2010, Lyon People nous précise également que Philippe Gandelin « connaissait quelques arcanes de l’hôtel de ville qu’il gardait fidèlement pour lui. C’est aussi toute une délégation de la Ville qui assistait à son dernier voyage. » Bref, un familier de l’hôtel de ville où Collomb siégeait déjà depuis près de dix ans.

La mort de Philippe Gandelin a laissé Clément orphelin : afin de récolter des fonds pour le fils de leur ami, les notables lyonnais se mobilisent. Jean-Claude Pietrocola, PDG de Media Sport Promotion, crée une association des Amis de Philippe Gandelin et organise un « Trophée de Golf » solidaire pour récolter de l’argent, en présence de Clément alors adolescent, comme on peut le voir sur ces photos. Pietrocola est d’ailleurs un habitué de ce genre d’événements sportifs et solidaires, puisqu’il avait organisé par le passé un autre « Trophée de Golf » en soutien à une association d’aide aux enfants hospitalisés, auquel avait participé… Gérard Collomb, qui partage avec Gandelin et Pietrocola la passion du golf.

Quoiqu’il en soit, ce qu’on doit principalement retenir de cette affaire, c’est que la meilleure réponse aux « gesticulations » de l’extrême droite, c’est une solidarité concrète et sans faille à tou·te·s les migrant·es qui fuient la misère et la guerre ; c’est aussi que, derrière leur posture « anti-système » en carton, les militants nationalistes seront toujours les supplétifs de la répression d’État, comme on a pu le voir lors des blocages des universités ou dans l’opération médiatique du Col de l’Échelle.

La Horde

Point de vue sur le Carnaval à Gap

Le carnaval sauvage de Gap a dépassé les frontières : une audience inespérée.

Mais quelles frontières ? On parle de débordements, de dégradations, de tags. Ah, les tags…

Les commerçants.es, les gapançais.es, seraient scandalisé-e-s. Mais de qui s’agit-il vraiment ? Car il y a aussi toutes celles et ceux qui ont été agréablement surpris.es par autant de vie et de spontanéité.

Que ça ne soit pas du goût de tout-e-s, soit. Nous n’avons pas tout-e-s les mêmes rapport à la « stratégie ». Mais de là à considérer que ce sont les carnavaliers qui sont un problème, car ils auraient dénoncé de manière déplaisante pour certain-e-s l’horreur de la frontière et de son monde, nous considérons pour notre part que c’est ça le scandale.

C’est trop facile de pointer des boucs-émissaires quand le répression se fait plus forte, ou plutôt plus visible. Comme si nous étions responsable de la passivité des habitants.es, de la violence de l’État, de l’arrogance des politiciens et pourquoi pas du fascisme qui monte.

Car ce sont bien là les véritables problématiques qui devraient occuper nos échanges, d’autant que ça pourrait bien s’aggraver dans les semaines à venir.

Les puissants ont toujours chercher à diviser celles et ceux qui leur résistent, mais nous pouvons aussi choisir de rester uni-e-s. Car c’est en partie dans cette diversité de tactiques que réside notre force. C’est elle qui nous rend insaisissables et imprévisibles.

Nous pouvons ne pas être d’accord sur certains points, autant sur des questions de forme que de fond. Mais ne perdons pas de vue notre combat commun.

Des gent.es qui ont trouvé ce carnaval trop bien

Les Black Blocs expliqués à Eric Ciotti (et à ma grand-mère)

Invité sur une chaine d’informations ultralibérales en continue le 29/04/2016, Eric Ciotti commentait les débordements survenus la veille, lors d’une manifestation contre la loi Travaille ! et proposait de dissoudre les Black Blocs. Nous lui expliquons pourquoi cette proposition n’a pas de sens même si nous comprenons sa crainte à voir ce genre de pratique se généraliser.

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Génération identitaire continu ses intimidations…

Ce mardi 1er mai, fin d’après-midi, un copain rentre de Briançon avec des
exilés dans sa voiture. Il est pris en filature par les Génération
Identitaire depuis Briançon jusqu’à chez lui. Les nazillons le filment et
le menacent.

Ce lundi 30 avril, la préfète après 10 jours de collaboration fortuite
avec les GI annonce la fin du partenariat par voie de presse. Ces derniers
démentent par voie de presse. Ils affirment être toujours présents sur le
territoire. Comme expliqué ci-dessus, c’est bien le cas. Depuis Nice,
Marine Le Pen rend hommage à l’action des GI dans les Hautes-Alpes. Ce
même 1er mai, une action du groupe fasciste italien Forza Nuova avec
banderoles prend place au col de Montgenèvre.

Situation nauséabonde dans le briançonnais. Après avoir subi une
répression étatique féroce (incarcérations, tabassage), les militants
solidaires se retrouvent traqués jusque chez eux.
Tout ceci n’a pu se mettre en place qu’avec le soutien de l’Etat aux
groupuscules fascisants (encore une fois fortuit), et de ce fait avec
l’usage de la matraque et de la cage contre celles et ceux qui les
combattent.

Soyons vigilantEs! Les Hautes-Alpes sont anti-fascistes et le resteront.
Toutes et tous jeudi 3 mai au tribunal de Gap à 13h pour exiger la
libération de nos compagnons emprisonnés.

Le chant des grenouilles : 150 années de luttes dans le chant de tradition orale en Italie

 Le chant des grenouilles

  1. Le 4/05 à GAP au bar du Gorille (19h: 38 rue Jean Eymard)
  2. Le 5/05 à la Roche d’Arnauds (19h: 150 Chemin des hautes Corréo)
  3. Dimanche à 19h au Lieu (bld Pasteur à Embrun, en face de la Poste)

Conférence Chantée

150 années de luttes dans le chant de tradition orale en Italie

Épisode 1: de l’Unité d’Italie (1861) au régicide de Umberto I(1900)

Un spectacle écrit par Lorenzo Valera

Avec

Séline Gülgönen (chant, clarinettes)

Laila Sage (chant, conte)

Lorenzo Valera (chant, conte, guitare, accordéon)

L’Etat italien vient de célébrer son 150e anniversaire… Sa rhétorique patriotique a envahi le débat public et imposé sa version de l’histoire : un beau conte, dont le héros est un peuple abstrait autant qu’idéalisé, et dont les exploits sont bien éloignés de la réalité quotidienne des classes populaires et de leurs nombreuses tentatives d’émancipation.

Dans un spectacle mêlant récits, chants et musique, nous vous ferons découvrir une autre histoire, et entendre d’autres voix : celles des brigands méridionaux et de leur guerre enragée contre le nouvel Etat ; celles des paysans et des ouvriers agricoles, des travailleurs des carrières de marbre de Toscane, des mineurs de soufre de Sicile ; les voix fières et impertinentes que l’on pouvait entendre dans les rizières ; celles des émigrés qui, après des décennies de défaites, allaient poursuivre leur rêve de justice dans d’autres terres.

Quarante années de révoltes, de rebellions, d’illusions destinées à briser la fureur répressive d’un Etat qui punit impudemment les justes et récompense les assassins… Un coassement de grenouilles lointain mais persistant, refusant de se taire devant les fanfares sonores du pouvoir.

teaser du spectacle

Le chant des grenouilles

Solidarité avec Eleonora Bastien et Theo

Reçu aujourd’hui en soutien de nos trois camarades incarcérés à Marseille.

Petit message depuis les Cévennes, pour affirmer notre solidarité aux 3
camarades incarcérés pour avoir participé à la manifestation contre la
fermeture des frontières dimanche 22 avril dans le briançonnais.
Liberté pour Eléonora, Bastien et Théo! 
Ni frontières, ni prisons !

Guide à l’usage des proches de personnes incarcérées

Que faire lorsqu’un proche est incarcéré ? Comment demander un permis de visite ? Comment se déroule un parloir ? Quels sont les droits des proches des personnes détenues ? En France, chaque année, plus d’un demi-million de personnes se posent ces questions – et quelques autres…

Réalisé par des proches de détenus, ce guide donne des pistes concrètes pour répondre aux problèmes juridiques, sociaux et pratiques posés par l’incarcération d’une personne proche.

Du dépôt de linge à la lutte contre les prisons, connaître nos droits, échanger nos astuces et construire des solidarités devant les portes des prisons et par-dessus les murs, voilà à quoi doit servir ce guide !

Sorti en novembre 2013, il a été déposé dans différents lieux un peu partout en France.

Il est téléchargeable et à lire en intégralité sur le site permisdevisite.noblogs.org.

P.-S.

Pour plus d’infos : http://permisdevisite.noblogs.org

[Repris de mars-infos.org]

Entre le contrôle des frontières et la répression…

Texte d’analyse sur la répression des migrants et des personnes solidaire. Article repris depuis  Cévennes sans frontières.

Le récent amendement adopté par l’assemblée nationale concernant l’aide à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger a été présenté par le gouvernement comme un assouplissement et une clarification de ce qui est communément désigné par « délit de solidarité ». Tout en détournant quelque peu l’attention du reste du contenu régressif du projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », et en s’appuyant sur l’incarcération de plusieurs militants dans les Hautes Alpes, le gouvernement entend affirmer sa main mise sur le contrôle de ses frontières et la répression de ses opposants.

Le délit de solidarité ou comment faire taire toute contestation

Dans une déclaration récente, le ministre de l’Intérieur a exposé sa volonté de définir « plus strictement » les critères d’exemptions prévus à l’article 622-4 du Ceseda1 permettant de ne pas donner lieu à des poursuites pénales aux personnes venant en aide aux étrangers en situation irrégulière. Parmi ceux-ci, la modification principale porte sur l’ajout de la notion d’aide à la circulation. Dans la pratique, de nombreux cas de personnes étaient poursuivies pour avoir aidé des exilés en les transportant d’un point à un autre du territoire.

Mais si le gouvernement déclare que les personnes « qui accordent des secours occasionnels » ne seront plus poursuivies, il prévoit également que la distinction avec « toutes celles qui voudraient détourner la volonté de l’État de contrôler les frontières » soit davantage prise en compte. Ainsi, l’exposé des motifs présentant l’amendement, sur lequel un juge pourra se référer lors d’un procès en cas de doute sur la volonté du législateur, affirme clairement cette distinction : « ces actes ne peuvent être mis sur le même plan que ceux visant à faciliter l’entrée irrégulière sur le territoire : l’État a le droit et la responsabilité de contrôler ses frontières, et ne peut tolérer le contournement de ces contrôles, contournement bien souvent motivé par une volonté politique, celle de faire échec à l’action de l’État, plutôt que par le souhait de venir au secours de situations de détresse. »

Une ligne aux contours aussi flous qu’arbitraires, est donc dressée entre les personnes apportant un soutien désintéressé et sans contrepartie, et celles dont la volonté dépasserait les strictes considérations humanitaires. Elle vient d’ailleurs confirmer les récents jugements2 de la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui estime que « n’entrent pas dans les exemptions prévues par la loi les actions militantes qui s’inscrivent moins dans la réponse à une situation de détresse que dans une contestation globale de la loi, contestation qui constitue en elle-même une contrepartie. » La justice décidera donc du caractère politique apporté à l’aide, et le cas échéant, pourra sanctionner les contrevenants.

Ainsi, l’aide consistant à donner des cours de français, proposer un hébergement, fournir des soins médicaux, ou toute forme de soutien destinée à suppléer aux carences de l’état, est donc exonérée de poursuites. Par contre, les solidarités qui remettent en cause le bien fondé du système des contrôles migratoires et affirment le caractère politique des actions entreprises tombent, elles, sous le joug de la répression. En toute logique sécuritaire, il demeure possible d’accompagner la misère engendrée, mais pas de la contester ou de la combattre.

Le délit de solidarité ou l’arbre qui cache la forêt

Les nombreuses actions de soutien mises en place dans le Calaisis, dans la vallée de la Roya ou dans le Briançonnais, et les poursuites judiciaires engagées contre des aidants ont rencontré de larges échos partout sur le territoire. Le caractère inhumain et les difficultés rencontrées par les exilés pour franchir les obstacles qui obstruent leur route font l’objet d’une critique assez unanime, tout du moins parmi les personnes non-hostiles à l’immigration. Accueillir, donner un coup de main ou faire passer un col montagnard à des personnes dans le besoin est pleinement légitime, tout comme assurer une défense collective face à la menace judiciaire qui pèse sur les personnes solidaires. Toutefois, les intimidations grossières portées par les gouvernements européens ne doivent pas ni nous faire perdre de vue le caractère fondamentalement répressif des frontières, ni le fait que les exilés sont les premières personnes à en payer les frais.

Très largement, la répression est le quotidien de toutes les personnes bloquées par le système de contrôle des frontières, et elle s’exerce sous diverses formes : refoulements illégaux, violences policières, enfermements, humiliations et harcèlements, complicité avec les milices fascistes, assimilation de la migration à des réseaux mafieux ou à la menace terroriste… De nombreux exemples attestent que ces cas ne sont ni isolés, ni le fait du hasard. Le 6 février 2014, plus de 15 exilés tentant de pénétrer à la nage dans l’enclave espagnole de Ceuta ont été attaquées par la garde civile et ont perdu la vie, noyés dans les eaux de la méditerranée. Le 16 septembre 2015, Ahmed H. piégé comme de nombreux réfugiés à la frontière serbo-hongroise lors de la fermeture de la route des Balkans fut a été arrêté puis condamné à 10 ans de réclusion pour avoir soi-disant mis en péril la sécurité de l’état hongrois. Le 18 juillet 2017, suite à une protestation pacifique contre les conditions de vie dans le camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, 35 exilés furent arrêtés arbitrairement et demeurent à ce jour emprisonnés, leurs procès se déroulant actuellement. La récente incarcération de trois personnes et le passage à tabac d’un militant par les forces de l’ordre, suite à une manifestation où plusieurs centaines de personnes solidaires et exilées ont franchi côte à côte la frontière franco-italienne dans le Briançonnais, montre clairement que toute opposition de nature à remettre en cause les entraves à la liberté de circulation sera réprimée.

N’oublions pas que la frontière est un instrument créé artificiellement pour renforcer le pouvoir des états, et un obstacle à la reconnaissance à un droit aujourd’hui fondamental : celui du droit à la mobilité. Se soustraire à ce constat, tant en paroles qu’en actes, ne peut conduire que vers une critique apolitique des réels enjeux qui se posent, ne questionnant ni les fondements sur lesquels se basent la fermeture des frontières, ni leurs objectifs. Les frontières sont l’un des piliers de la construction et du développement de l’Union européenne et de ses états membres. S’attaquer à leur bien fondé, et par conséquent à l’ordre et au contrôle desquels elles ne peuvent être dissociées, ne peut faire abstraction d’une remise en cause bien plus globale des libertés et des droits de chacun, d’un côté comme de l’autre de la frontière.

1 Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

2 L’agriculteur Cédric Herrou a ainsi été condamné en appel à Aix-en-Provence le 8 août 2017 à quatre mois de prison avec sursis. L’avocat général avait estimé qu’il ne pouvait bénéficier des exemptions prévues par l’article L622-4 du Ceseda, car « lorsque l’aide s’inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n’entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie » à l’aide. Un enseignant-chercheur, Pierre-Alain Mannoni, a, lui aussi, été condamné à deux mois de prison avec sursis sur les mêmes fondements par la même juridiction, qui estimait que ce dernier s’inscrivait dans « une démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles ».

Communiqué de plusieurs syndicats du 05

Voici le communiqué commun de plusieurs syndicats du 05
concernant la situation répressive actuelle autour de la frontière,
des exilé-e-s et des personnes solidaires criminalisées au contraire
des néo-faschistes. C’est pas mal, mais CE SERAIT ENCORE MIEUX DE
POINTER PLUS PARTICULIEREMENT LA SITUATION DES 3 CAMARADES EN PRISON ET
DE DEMANDER LEUR LIBERATION IMMEDIATE PLUS FERMEMENT !!! Espérons que
le ton se durcira du côté des syndicats aussi, car la gravité de la
situation l’exige vraiment !!!

 

Grèce : A Lesbos 35 réfugié-e-s blessé-e-s lors d’une violente attaque par un groupe d’extrême droite

Toutes proportions gardées entre les 2 évènements (quoique tous les fachos sont dangereux, quellles que soient les circonstances et les rapports de force !), on ne peut que souligner le parallèle extrèmement troublant entre les comportements respectifs des polices grecques et française envers les fachos de tout poils qui attaquent les exilé-e-s, que ce soit dans le Briançonnais (voir les différents articles sur ce sujet dans la rubrique Infos Locales) ou sur l’île de Lesbos (article ci-dessous)! Et à l’inverse la furieuse répression contre les personnes solidaires des exilé-e-s !
On voit bien dans quel camp se situe la police de tous les pays : FACHOS, FLICS, HORS DE NOS VIES !!
L’article ci-dessous est tiré du site ami et antifachiste La Horde : http://lahorde.samizdat.net/2018/04/24/grece-a-lesbos-35-refugie-e-s-blesse-e-s-lors-dune-violente-attaque-par-un-groupe-dextreme-droite/

 

 

Dans la nuit du 22 au 23 avril des réfugié-e-s ont été attaqué-e-s par des militants d’extrême droite à Lesbos en Grèce, nous vous proposons la traduction d’un article paru dans la presse grec qui explique la situation dans cette ile :

La nuit de la honte à la place Sappho de Mytilène, à Lesbos.

Pendant toute la nuit du dimanche au lundi un groupe d’extrême droite avait attaqué des réfugié-e-s, femmes et enfants compris, principalement des afghan-ne-s qui occupaient la place Sappho pour protester contre la lenteur des procédures administratives et contre leur confinement prolongé sur l’île.

Un groupe d’extrême droite composé principalement des membres du Mouvement Patriotique de Lesbos et de l’Aube Dorée (néonazis grecs), avait attaqué les familles de réfugié-e-s, femmes et enfants de bas âge compris, en leur lançant des fusées de détresse, des pétards, des pierres et des pavés. En hurlant « Brulez-les vifs », “, “Jetez-les à la mer”, “Ils veulent islamiser le pays”, le groupe déchaîné balançait même contre les réfugié-e-s des bancs arrachés de la place. Les réfugié-e-s avaient formés un groupe compact, en encerclant d’une triple chaîne humaine les femmes et les enfants qu’ils essayaient de protéger des pierres et des fusées, par des bâches improvisées.

Plusieurs solidaires sont accourus sur place pour leur porter secours. La violence des attaques était telle, que, selon le témoignage d’un témoin oculaire, même les secouristes n’osaient pas s’approcher pour évacuer les blessés, car ils étaient pris à partie par les attaquants, de sorte que c’était les solidaires qui transportaient les blessés sur des brancards improvisés vers les ambulances. (Voir les images et les vidéos dans l’article en anglais ci-dessous).

Selon le reportage du quotidien grec Journal des Rédacteurs <http://www.efsyn.gr/arthro/astynomiki-epiheirisi-meta-ta-epeisodia-akrodexion> (Efimerida tôn Syntaktôn) la police s’est interposé, mais sans procéder à l’interpellation et l’arrestation du groupe d’extrême droite et sans faire le nécessaire pour dissoudre à temps leur rassemblement. Les agents de police auraient eu comme consigne d’encercler les réfugié-e-s sans pour autant arrêter les attaquants.

Après des heures de heurt, le groupe d’extrême droite s’en pris à n’importe quel réfugié qu’ il croisait dans d’autres quartiers en ville.

Bilan incertain, selon le Journal des Rédacteurs, probablement quelques 35 blessé-e-s dont certain-ne-s graves, parmi les réfugié-e-s.

Tôt le matin, vers 5 heures 30 la police a évacué la place obligeant les réfugié-e-s à monter dans des cars qui les ont conduits au camp de Moria. Ceux d’entre eux-elles qui ont refusé de retourner au hot-spot (lieu où est identifié, enregistré et pris les empreintes digitales des migrant-e-s arrivant) de Moria, ont été arrêté-e-s : il s’agirait de 120 réfugié-e-s et de deux ressortissants grecs, faisant probablement partie du groupe de solidaires qui ont accouru sur place pour assister les réfugié-e-s.

La place Sappho est vide, les réfugié-e-s sont rentré-e-s au hot-spot ou pire en prison, le groupe d’extrême droite continue à nuire en toute impunité. L’Europe est sauve….

Mey

Trois potes en prison

TROIS POTES EN PRISON

Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière a une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire , et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après midi, 6 personnes ont été interpellées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violemment tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue: « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de crs devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire absurde sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de gap et la marche de dimanche sont deux événements distinct, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes nous pas 600 en prison???? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité. N’étant pas sûr de lui, le proc requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judiciaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en france en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. A gap pour les copains (le proc aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive est c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc parler des individus de génération identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en méditerranéenne, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne,qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’état choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et état veulent prendre ces 3 personnes en exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tous délinquants solidaires! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques!

Face à une décision si politique, la réponse doit être massive, politique et médiatique.
Nos camarades sont en prisons. Pour certain-es, venu-es pour la première fois dans le briançonnais et sans savoir exactement dans quoi ils-elles mettaient les pieds. Ils-elles risquent des mois et des mois de prison encore, suite au jugement. D’autres arrestations, incarcérations, sont à prévoir! Faisons pression sur le gouvernement pour qu’il comprenne qu’on ne laisse rien passer!

RDV

jeudi midi au parc de la Schappe à briancon

et vendredi à 18h devant la maison d’arrêt de gap, place grenette.
Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades prisonnier-es!

Nous n’oublions pas non plus le passage à tabac dimanche dernier d’un de nos camarade par les flics.

Plus que jamais continuons la lutte collective en acte !

Ni oubli ni pardon