Retour sur l’occupation de la Mairie de Die (et Rdv)

Repris du site  de la vallée de la Drôme : http://www.ricochets.cc

Comment parler de ces deux jours et de l’intensité de chacun de ces moments ? Comment mettre des mots sur toutes ces émotions qui nous ont traversé sans nous laisser indemne ?
Comment mettre en vie, sur ces écrans la rage, la joie, l’amour et la colère qui continue à brûler dans nos ventres face à la violence et l’injustice de ce monde à la dérive ?

Il a bien fallu commencer quelque part. Trouver quelque chose qui nous permettrait de nous mettre en mouvement, de nous rassembler, de nous confronter, de nous rencontrer. Un lieu assez emblématique pour rendre visible ces vies et ces luttes qui nous animent, ce fut donc la mairie de notre ville. Car ici comme ailleurs il n’existe pas de lieux non marchands dans lesquels se réunir. Des lieux ou nous pourrions discuter des nouvelles du jour, boire un café, faire des assemblées populaires, imprimer, porter des ateliers, flâner dans une bibliothèque des luttes, partager un temps devant une projection, une discussion.
Une véritable maison du peuple pour ainsi dire.
Et depuis peu le besoin devenait pressant de discuter et de réagir, l’urgence sociale le rendant vital. La destruction des lieux de vies à la commune libre de Notre Dame des Landes et les récits de guerre que vivent les copaines là-bas furent l’électrochoc.
C’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le marché de Die ce mercredi pour partir occuper la mairie. Cette occupation aillant pour but de relier les luttes locales et nationales contre la casse des services publics a la rage de voir la violence policière s’imprimer dans les rétines et les corps dans ce bocage ou bruissent tant de vie et d’espoir. A la rage de voir l’État tout faire pour nous empêcher d’ouvrir nos portes à celles et ceux qui passent les frontières, laissant la neige cacher les cadavres qui vont apparaître lorsqu’elle fondera en flaque de sang. A la rage de voir nos vies réduites à si peu, devant nous justifier sans cesse d’exister, de vouloir se soigner, mettre au monde, se déplacer, étudier…
Ces 24 heures d’occupations furent d’une belle intensité. L’autogestion fonctionnant à plein régime. Des heures d’assemblées pour discuter ensemble des communiqués, de l’anti-répression, des liens entre la maternité et la gare, de nos objectifs, de la communication vers l’extérieur. Mais ce fut aussi plein de moments informels, de discussions et de rencontres, de chants et de musiques, de bouffe collective, de coups de fil avec le téléphone de la mairie aux amies de Notre Dame et même à Matignon(!) !

Nous avons senti durant ces heures passées ensemble que quelque chose pouvait germer, que notre besoins d’agir maintenant pulsait dans nos veines, que face à ce monde mortifère nous devons rentrer en résistance. Ce Nous ne fut et n’est pas un Nous homogène. Il est au contraire une diversité de positionnements, d’avis, de sensibilités, de modes d’actions.
Alors pour continuer à se voir et faire ensemble, retrouvons nous à Valence ce samedi 14 avril à 11h au champ de mars en soutient à la Commune Libre de Notre Dame des Landes.
Et sinon pour poursuivre ce qui s’est construit ces derniers jours retrouvons mercredi 18 avril à partir de 9 heures pour une cantine populaire et envisager ensemble la suite…

Que sigue la lucha !

Et…

le Communiqué depuis la mairie de Die occupée, le 11 avril très tard

Diois, Dioises

Dans les locaux de la Mairie de Die, dans la journée et la nuit du 11 avril 2018 se sont spontanément retrouvés : des paysans, des profs, des commerçants, des précaires, des artisans, des militants politiques, des médecins, des saisonniers, des féministes, des artistes, des pharmaciens, des retraités, des étudiants, des familles, des citoyens et des citoyennes tous unanimement choqués par le dispositif militaire mis en oeuvre sur le bocage de Notre-Dame-des-Landes(1), à l’abri des

regards des journalistes. Nous exprimons notre profonde indignation.

Nous sommes également indignés face à la fermeture des services de l’hôpital dont la maternité et le service IVG, à la fermeture du guichet de gare et potentiellement de la ligne ferroviaire du diois. A ces actualités s’ajoutent la solitude, la précarité, le mal-logement, la liste est longue. Que faire ? Nous, Diois, Dioises ? Dans quel monde voulons-nous vivre ?

Avec nos différences nous partageons de nombreuses valeurs dont, la diversité des modes de vie et de pensée, l’égalité face à la justice et à l’accès à un service public de qualité, la liberté de circulation et d’installation (n’oublions pas d’où viennent nos aïeux).

Nous sommes solidaires des exilés, des étudiants et de tous les corps de métier actuellement en grève.

Ici, nous avons envie de trouver des solutions ensemble. Ici, nous travaillons en grand groupe et en petits groupes. Nous partageons des repas. Nous essayons d’écouter chacun, chacune.

Le bâtiment de la Mairie est un choix symbolique pour se rassembler.

Nous savons que nombre de Diois se questionnent sur cette action.

Parlons-en. !

A bientôt,

La commune libre du Diois. (Vos voisins et voisines).

(1) ZAD se réfère souvent à Notre Dame des Landes mais en France et

ailleurs dans le monde les « Zones A Défendre » sont nombreuses, notre

monde rural va-t-il en devenir une ?

d’autres communiqués à retrouver sur : http://www.ricochets.cc/

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