Déroulé d’un gai week-end de mobilisation à la frontière


DÉROULÉ D’UN GAI WEEK-END DE MOBILISATIONS A LA FRONTIÈRE

Contexte : Toute la semaine, la re-militarisation de la frontière a
été entamée : sur jeudi, vendredi, samedi, seules 2 personnes ont
réussi à passer. Le dispositif de contrôle a été renforcé par au
moins 20 militaires (chasseurs alpins en entraînement) présents sur la
route pendant la nuit, et 3 motoneiges.

Samedi, à partir de 9h du matin _UNE CENTAINE DE GÉNÉRATIONS
IDENTITAIRES_ (français mais aussi italiens, venus de plusieurs pays
d’Europe) _SONT MONTÉS AU COL DE L’ECHELLE_ en raquettes. Le but,
indiqué dans les médias, était de faire une action symbolique massive
pour « attirer l’attention » sur la frontière franco-italienne et
de « bloquer la frontière » pour dissuader les migrant-es de passer.

Les observations des militant·es sur le terrain portent plutôt les
effectifs à 80-90 que plus d’une centaine. Ils étaient accompagnés
de 2 hélicoptères, qui ont survolé Briançon le dimanche matin, et
suivis par des drones, _PREUVE QU’ILS ONT DES FINANCEMENTS
IMPORTANTS_.

Samedi après-midi, lors du carnaval à Gap, une annonce de la situation
à la frontière a été faite ainsi qu’un appel à protéger les
lieux. Pendant la nuit, ainsi, 10 à 20 personnes ont pu être
présent·es sur chaque lieu. (voir article du carnaval ICI)

Les Générations Identitaires ont dormi à l’hôtel à Chantemerle.
Des militant·es ont fait des rondes toute la nuit pour observer leurs
mouvements, ils ont été mobiles mais rien de particulier n’a été
remarqué. Il est néanmoins important de signaler qu’_UNE SEULE
VOITURE DE GENDARME ÉTAIT PRÉSENTE AU COL DE L’ECHELLE PENDANT TOUTE
LA SOIRÉE/NUIT DE SAMEDI, __CE QUI CONTRASTE IRONIQUEMENT AVEC LA FORCE
DU DISPOSITIF POLICIER UTILISÉ POUR BLOQUER LES ENTRÉES DES CAMARADES
EXILÉ-ES._

Samedi soir différents projets pour contrer l’action des
Identitaires ont été discutés, dont l’idée d’un passage en
groupe de la frontière, débattu à Clavière avec les quarante
exilé-es qui y dormaient.

Dimanche : Ce 22 avril une mobilisation était prévue par les
différents collectifs italiens à Clavière, des cycles de débats et
de discussions sur l’histoire de la frontière.

De nombreuses personnes sont donc montées à cette occasion et il a
été possible de mettre rapidement en place une action commune. La
décision de former un cortège pour accompagner les camarades exilé-es
jusqu’à Briançon a été adoptée collectivement et ainsi, _DIMANCHE
MIDI UNE GROUPE DE PLUS DE 150 PERSONNES EXILÉES ET SOLIDAIRES EST
PARTI À PIED DE CLAVIÈRE__. __LES MANIFESTANT·ES ÉTAIENT __170 EN
HAUT DE __MONTGENÈVRE QUAND ILLES ONT REJOINT LA ROUTE PRINCIPALE._

Suite à un problème de communication, une camarade grenobloise est
passée en voiture, avant le cortège, transportant trois exilés. La
voiture été arrêtée en haut de Briançon. Les trois personnes
qu’elle transportait ont été, selon la police, descendues à Gap
avec les mineurs. _LA CAMARADE A ÉTÉ MISE EN GARDE À VUE À LA POLICE
NATIONALE ET RELÂCHÉE 8H PLUS TARD. ELLE TÉMOIGNE D’HUMILIATIONS
VÉCUES PENDANT SA GARDE-À-VUE._

Pendant ce temps, un barrage de police attendait le cortège à la
sortie du tunnel de Montgenèvre, mais les forces de l’ordre étaient
clairement en sous-effectifs (moins d’une cinquantaine, avec deux
lignes de quelques dizaines de policiers formant un barrage corporel).
Sans doute alarmés par les slogans des manifestant·es qui résonnaient
joyeusement et avec force dans le tunnel, les policiers ont manifesté
des signes de peur en voyant arriver le cortège, notamment en reculant.
Ils n’ont fait usage d’aucun moyen de dispersion, aucune sommation
de dispersion n’a même été émise, aucun tir de gaz n’a été
fait. Le terrain fait qu’ils ne pouvaient pas arrêter l’ensemble
des manifestant·es et les camarades exilé·es ont pu contourner le
barrage sans difficulté.

Le cortège a continué sa longue marche sous le soleil, le long de la
route, pendant les 19 kilomètres qui séparent Clavière de Briançon.
L’hélicoptère du PGHM survolait la scène de très près, sans doute
pour filmer ou compter les personnes rassemblées, et la police suivait
le cortège sans essayer de bloquer la route. Une voiture
d’Identitaires inconscients a traversé le cortège en filmant la
scène, ce qui a conduit à l’égratinure d’un de leurs véhicules.

Pendant ce temps, tout au long de l’après-midi, des renforts de
gendarmerie sont montés depuis la vallée à grand cris de sirènes.
Démunis, ils se sont postés au Champ de Mars et devant certains
endroits de Briançon, plutôt dans l’optique de les protéger des
lieux importants (poste, gendarmerie, gare) que d’attaquer le
cortège, qu’ils ont laissé passer.

A l’arrivée, le cortège est passée par la ville de Briançon pour
augmenter sa visibilité, les manifestant·es galvanisées par la for ce
collective qui leur avait permis de passer sereinement la frontière.
Des visages sympathiques et des soutiens ont été manifestés par des
passants au long de la route et ainsi, _EN ARRIVANT AU REFUGE SOLIDAIRE,
LE CONVOI AVAIT AUGMENTÉ JUSQU’À ÊTRE COMPOSÉ DE 250 PERSONNES.__
_

Le cortège est arrivé 17h30-18h dans l’effervescence et la joie et
les camarades exilé·es ont pu être mis·es à l’abri au Refuge.
Tout le monde est resté rassemblé sur le parking de la MJC, pour
délibérer, discuter, se reposer de la marche.

Vers 18h30 la décision a été prise de se rendre à la police
nationale pour demander la libération de nos camarades arrêté-es plus
tôt dans l’après-midi. Dans ce mouvement, deux ou trois militant·es
italien·nes ont été arrêtéfes alors que le cortège passait devant
la gendarmerie. A_CTUELLEMENT __PERSONNE N’A DE LEURS NOUVELLES__.
ILLES SONT SANS DOUTE ENCORE EN GARDE-À-VUE._ (Voir des nouvelles ICI)

Une fois arrivé à la police nationale, dans l’incertitude de savoir
si les camarades étaient détenu·es dans ces locaux, le cortège est
retourné devant le Refuge Solidaire.

Vers 19h – Un militant briançonnais a été interpellé alors qu’il
buvait tranquillement une bière à la gare. Les gendarmes ont
contrôlé son identité sans raison. _ILS SE SONT JETÉS À 6 SUR LUI, POUR LE METTRE AU SOL, IL
A ÉTÉ MENOTTÉ. ALORS QU’IL SE DÉBATTAIT IL A REÇU DES COUPS DE
GENOUX DANS LE DOS, DES COUPS DE PIED SUR LA TÊTE. _Pour les
militant·es briançonnais·es, il s’agit d’une tentative de
_VENGEANCE PAR INTERPELLATION_, ciblée contre un individu connu par les
autorités locales et qui relève d’un odieux règlement de compte
couvert par la force de l’État.

Alors que tout le monde se trouvait devant le Refuge Solidaire, un
groupe est allé à son secours. Ces militant·es ont été violemment
gazé·es au poivre ; illes ont réussi à extraire le camarade des
coups des gendarmes et à s’abriter au Refuge solidaire, les visages
brûlés par les gaz._ __LE CAMARADE, DÉFIGURÉ, AURAIT DÛ SE RENDRE
IMMÉDIATEMENT À L’HÔPITAL, MAIS IL A PRÉFÉRÉ RESTER CACHÉ
PENDANT LA NUIT PAR PEUR D’ÊTRE ARRÊTÉ. LA POLICE DÉTIENT SES
PAPIERS ET SON TÉLÉPHONE._ (Voir le récit ICI)

Pendant ce temps, un groupe de gens (une petite dizaine) identifiés
comme des militants d’extrême droite regardaient la scène, debout
sur le trottoir de la gare, aux côtés des policiers.

20h00 – Une dame du Refuge Solidaire a fait une annonce : La police
aurait prévenu une voisine qu’un groupe de gens armés de cocktails
Molotov étaient amassés au coin de la rue, prêts à attaquer d’ici
quelques minutes. Elle voulait demander à la police d’intervenir pour
protéger le Refuge, mais la police aurait refusé d’agir
(s’agissait-il d’une supposition de sa part ou d’une vraie
déclaration de la police?) tandis que les « antifascites » étaient
présents sur les lieux.

Dans la précipitation et face au risque d’une mise en danger du
Refuge, un groupe est parti protéger le squat de Briançon et les
camarades italien·nes ont organisé un départ expéditif en convoi de
voitures, par l’arrière du Refuge.

Le soir :

*

Une soixantaine de personnes sont remontées à Clavière pour tenir le
lieu ; une veille a été assurée à l’autre lieu de Briançon. Dans
ces deux lieux, rien à signaler.
*

Pendant ce temps, seul·es trois bénévoles sont resté·es au Refuge
toute la nuit pour s’assurer de la sécurité des sans-papiers sur le
lieu. Les rondes des voitures de gendarmerie montraient que la police
jetait un œil régulier mais elle n’était pas présente devant le
Refuge pour protéger ses habitant·es.

Dimanche après-midi, dans la presse, les membres de Génération
Identitaire ont annoncé qu’ils s’en allaient mais qu’un groupe
resterait toute la semaine dans le Briançonnais pour patrouiller sur «
les différentes routes qu’utilisent les migrant·es pour venir en
France ». Satisfaits de la « phase 1 » de leur « mission »,_ ILS
ANNONCENT UNE « PHASE 2 » À VENIR DONT ON N’A AUCUNE IDÉE DE CE À
QUOI ELLE RESSEMBLERA._

Le soir, notre ami Collomb a annoncé dans un communiqué qu’il
_ »condamne avec la plus grande fermeté l’ensemble des provocations,
gesticulations et incidents qui ont marqué ce week-end dans les
Hautes-Alpes et dont des groupes d’activistes d’ultra droite et d’ultra
gauche sont respectivement à l’origine »_. Il _« rappelle la volonté
de l’Etat de combattre ceux qui souhaitent faire échec aux
__contrôles__ des frontières comme ceux qui prétendent se substituer
aux forces de l’ordre ds ces missions »._

_IL__ __PROFITE DONC DE CETTE OCCASION POUR _nous faire la faveur de
_DÉCRÉTER IMMÉDIATEMENT LE RENFORCEMENT INTENSIF DES CONTRÔLES À LA
FRONTIÈRE, AVEC DES ARRIVÉES MASSIVES DE TOUTE LA RÉGION._

Ce lundi matin, partout dans Briançon, la gendarmerie mobile et des CRS
patrouillaient, ce qui empêche les exilé·es vivant à Briançon de se
déplacer en sécurité dans la ville. Un barrage a été installé à
la Vachette.

Des dizaines d’autres cars de CRS ont été vus en train de monter
depuis la vallée. On peut aller jusqu’à estimer le nombre de
policiers et gendarmes actuellement présents à 200.

_LA SITUATION EST CRITIQUE. LA PLUPART DES SOUTIENS MILITANT·ES
EXTÉRIEURS, DONT LA PRÉSENCE A ÉTÉ INDISPENSABLE POUR RÉALISER UNE
FORTE ACTION DE SOLIDARITÉ CE WEEK-END, VONT PARTIR DANS LES JOURS QUI
VIENNENT. _

_BESOIN DE SOUTIENS POUR FAIRE DES PIEDS-DE-NEZ AUX MILITAIRES ET
PIÉTINER À NOUVEAU, TOU·TE·S ENSEMBLE, CETTE FRONTIÈRE !_

_Des copines de Briançon_