Graines de fascisme dans nos montagnes

Prise de position entendue devant le tribunal de Gap le 3 mai 2018 en solidarité avec les 3 camarades qui ont passé plus d’une semaine en prison pour délit de solidarité…

 

Depuis le samedi 21 avril 2018, les petits néo-fasciste européens de Génération Identitaire fanfaronnent au col de l’Échelle et dans le Briançonnais, se prenant pour la police aux frontières, à grand renfort d’hélicoptères, drones et 4×4 rutilants. Malgré le caractère nauséabond de leur opération de com’ haut-alpine, du même acabit xénophobe que leur dernière action marquante en Méditerranée pour empêcher le secours des exilé-e-s en dérive en pleine mer, ne nous laissons aveugler par l’arbre qui cache la forêt fasciste.

N’en déplaise aux naïfs ou aux autruches, le fascisme sème déjà ses graines partout autour de nous !

Oui, le fascisme sème ses graines, dans les Hautes-Alpes, après la vallée de la Roya, par le traitement inhumain réservé aux exilé-e-s, dans le 6ème pays le plus riche de la planète, et la criminalisation des « méchants » solidaires qui remettent en question la frontière et surtout sa militarisation extrême.

Oui, le fascisme sème ses graines, dans les Universités, quand les flics ou les petits néo-fascistes – si ce n’est les 2 – expulsent les amphithéâtres occupés sans aucune réaction publique.

Oui, le fascisme sème ses graines, sur la ZAD de NDDL, quand une campagne devient une zone d’occupation militaire permanente et d’expérimentations de techniques répressives de la gendarmerie.

Oui, le fascisme sème ses graines, dans la prison de Toulouse le Mirail, quand un prisonnier meurt sous les coups des matons, qui ne sont jamais inquiétés dans leur pré-carré carcéral, assurément la plus grave zone de non-droit en fRance.

Oui, le fascisme sème ses graines, dans la bureaucratisation des administrations, qui génère des simples petits soldats aux ordres ayant trop peur de perdre leur petit confort pour désobéir à des ordres manifestement illégaux et inhumains.

Oui, le fascisme sème ses graines, dans les médias dominants qui reprennent en boucle les discours des élites dirigeantes et de la police, quand ils ne préparent pas simplement du temps de cerveau disponible à CocaCola.

Oui, le fascisme sème ses graines, dans la police, dans l’armé, car c’est dans leur essence même.

Oui, le fascisme sème ses graines partout, aujourd’hui !

Et pour continuer la métaphore jardinière, bien arrosées par les discours xénophobes et ultra-conservateurs de pseudo-philosophes médiatiques et de clowns politiques, ces graines de fascisme ont toutes les chances de germer dans le terreau de notre passivité à toutes et tous devant les horreurs d’aujourd’hui et les prémices d’un futur bien pire. Ou de nos réactions trop molles – mais tout de même bienvenues – face au danger immédiat qui nous guette.

Oui, mollesse de nos réaction, car le fascisme est fort.

Pourtant, le fascisme n’a pas de visage, on ne trouvera aucun complot secret à son sujet. Il a seulement (mais c’est déjà trop) des exécutants, quelquefois à leur insu, rarement contre leur gré, mais exécutants quand même.

Mais si le fascisme n’a pas de tête unique, il a ses têtes : il s’agit de la classe dirigeante (ou caste, oligarchie…peu importe sa dénomination, mais nommons là !), la grande bourgeoisie financière, propriétaire ou industrielle, dont les politicards clownesques sont issus, et dont les numéros distraient le peuple, lui-même opprimé, exploité, asservie, emprisonné.

Oui, cette classe est fasciste en soit, car elle a besoin de l’oppression, de l’exploitation, de l’asservissement et de l’emprisonnement des masses pour survivre et prospérer.

Et elle a son ange gardien, l’État central bureaucratique, qui maintient – voire accentue – les dominations existantes, sous couvert de légalité, cette légalité elle même définie par la classe dirigeante pour ses propres intérêts en priorité.

Et si ça se passe mal – il y a toujours des grains de sable dans les rouages (de la contestation de l’ordre établi quoi) – elle a son sauveur ultime à 2 têtes : la police pour l’ennemi intérieur, et l’armée pour défendre les intérêts extérieurs.

Oui, souvenons nous, cette même classe qui a envoyé des millions d’ouvriers et paysans chair à canon à la boucherie de 14-18, pour endiguer les périls communistes et anarchistes. Cette même classe qui disait en 1933 : « plutôt Hitler que le front populaire » et dont les descendants de collabo notables en col blanc sont encore aux affaires aujourd’hui, n’est-ce pas la famille Renault ?

Oui souvenons nous ! Et maintenant réagissons ! Mais comment, puisque le fascisme rampant n’a pas de visage emblématique ? Et bien attaquons d’abord ses exécutants locaux les plus zélés, en 1er lieu dans notre département.

Commençons par M. Raphaël Balland, procureur du tribunal de Gap qui, en plus d’avoir mis nos 3 camarades en prison, et décroché son téléphone dimanche 22 avril 2018 pour lâcher ses chiens de garde sur un camarade briançonnais trop connu des services de police, n’a mis que 12h à peine la semaine suivante à enquêter et conclure que Génération Identitaire n’avait rien commis d’illégal à la frontière franco-italienne. On peut légitimement se poser la question du niveau de l’intellect de ce procureur, quand 5 minutes sur internet suffisent à une personne lambda pour confirmer que ces gens là sont à minima condamnables pour incitation à la haine raciale et xénophobie, sans même parler de leur action coup de poing à la frontière. Ou alors ce procureur fréquente-t-il assidûment ce monde là, qu’il en a oublié les principes de base de son sale métier, à savoir l’application stricte du droit, rappelons le édicté par et pour la classe dirigeante.

Poursuivons.

Il y a aussi la préfète et ses sbires hauts fonctionnaires, qui n’auraient probablement pas sourcillé dans leurs missions dans les temps plus sombres de l’occupation allemande.

N’oublions pas les 2 députés du département, du même bord politique que le président oligarche français.

Il y aussi bien évidemment quasi tous les élus conseilleurs départementaux qui préfèrent filer un max de pognon aux stations de ski bourgeoises que de loger et nourrir quelques centaines de jeunes exilé-e-s comme c’est dans leur obligation légale. Avec une spéciale dédicace pour les affreux Arnaud Murgia et Romain Gryzka, qui marchent dans la droite ligne des Ciotti, Estrosi, Wauquiez, Marion Maréchal Le Pen et consorts. Espérons que ces 2 là (et les autres aussi) ne pourront bientôt plus faire d’apparition publique sans recevoir diverses offrandes du genre œufs pourris, tomates ou tartes à la crème. Non, la tarte…ce serait gâcher.

En fait, en cherchant bien, il y a en a un paquet d’exécutants zélés du fascisme en marche…alors qu’est-ce qu’on attend ?

S.