Solidarité avec les 4 personnes arrêtées à Briançon

Solidarité avec les 4 personnes arrêtées à Briançon

Quatre personnes ont été mises en garde à vue mardi 17 juillet à
Briançon! Quatre militant.e.s supplémentaires, français.es selon nos
sources, accusé.e.s « d’aide à l’entrée d’étrangers en situation
irrégulière sur le territoire français en bande organisée » suite à la
marche du 22 avril dernier. Comme attendu, la réponse à la Question
Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), qui a certes décriminalisé
l’aide au séjour et à la circulation, n’a rien changé au fond du
problème (cf communiqué de presse du 26.06.18). Pire, suite à cette
abolition tant déclamée la représsion s’est accentuée et les
arrestations reprennent. La solidarité est toujours un délit.

Le recours au Conseil constitutionnel, organe oligarchique dit « des
sages », était présenté comme une opportunité de changement radical. Il a
surtout permis de redorer temporairement le blason médiatique des
instutitions françaises. Il a également donné un répit au procureur de
Gap, dont les épaules sentaient la pression de la mobilisation des
personnes solidaires.

En réalité, c’est à une volonté aveugle que nous faisons face: celle de
faire respecter des normes et institutions, telles que les frontières,
plutôt que la dignité humaine. L’intégrité des personnes en exil est
piétinée, tout comme celle des personnes qui leurs viennent en aide. En
déclarant criminels et en incarcérant des gens qui traversent des
montagnes, en amenant massivement l’armée aux frontières pour se
défendre contre des prétendus « ennemis extérieurs », comme en
méditérannée, en renflouant financièrement la machine Frontex – que
l’austérité ne semble pas toucher – ou encore par des contrôle au
faciès, l’Etat détruit des êtres. Il donne ainsi la priorité à des
mécanismes sociétaux articifiels plutôt qu’à la vie.

Désigner sept coupables parmi toutes les personnes présentes lors de la
marche du 22 avril n’a aucun sens. Qui sait comment va encore évoluer
cette affaire. Peut-être nous retrouverons-nous à deux cents sur le banc
des accusés le 8 novembre prochain? Il en faudra en tout cas
certainement pas moins pour que l’Etat puisse enfin caractériser sa
bande organisée, qui ne deviendra alors qu’une belle mascarade aux yeux
de toustes.

Et c’est en ce sens que la mobilisation populaire est capable de
contre-carrer les plans du gouvernement français. Ne le laissons pas
définir la bonne de la mauvaise solidarité. Toutes ses formes,
organisées ou non, sont justes. La violence, répressive dans ce cas-ci,
provient de l’Etat, celui-là même qui se targue de représenter la
volonté du peuple. Quand le peuple a-t-il accepté de se livrer à ce
genre de répression ? A aucun moment ! Comme le montre le fort soutien
populaire qui s’est manifesté autour des 3 de Briançon.

Solidarité et courage à elles.

Le comité Genevois de soutien aux Sept de Briançon