Réflexion sur le mouvement des « gilets jaunes »

Le mouvement des gilets jaunes divise dans nos cercles, par son interclassisme qui permet à différentes franges de petits patrons et de réacs en tous genres de s’exprimer sur les barrages. Pourtant, cette vague semble bien plus importante qu’un simple mouvement sectoriel sur le prix de l’essence. Quelques appels circulent pour rejoindre le cortège des gilets jaunes samedi place de la Concorde.

Le mouvement des gilets jaunes laisse perplexe et divise au sein des forces progressistes et révolutionnaires.

La journée du 17 novembre aura conforté celles et ceux qui y voient un mouvement régressif et quasi contre révolutionnaire, avec de multiples actes racistes, sexistes et homophobes.

Elle aura aussi conforté celles et ceux qui, au sein de la gauche radicale, y voient une chance de convaincre de nouvelles personnes de la nécessité de mettre nos forces en commun pour renverser un pouvoir qui ne sert que ses intérêts et celui des plus riches.

Face à ce constat et cette division des forces anti-racistes et anticapitalistes, nous ne voyons qu’une parade : laisser chacun.e choisir son rapport à ce mouvement, sans critiquer celleux qui auront fait d’autres choix.

Une chose nous apparaît clairement : ce mouvement est particulièrement complexe et protéiforme. D’un collectif à l’autre, les logiques et dynamiques semblent bien différentes. C’est aussi un mouvement qui évolue de jour en jour, et fait émerger une lame de fond qui couvait depuis longtemps dans la société.

Pour cette raison, nous pensons qu’il serait une erreur stratégique de laisser le terrain du prochain rassemblement vide de toute force antiraciste.

Nous ne doutons pas que samedi 24 novembre, certaines personnes isolées profiteront de l’effet de foule pour déverser leur haine de l’autre (le noir, l’arabe, l’homo…). Il sera alors important d’intervenir par la parole, et par les actes s’il le faut (en cas de danger physique pour une personne). Car sans cette riposte, le flot de haine pourrait grossir d’heure en heure, de jour en jour.

Nous devons accepter, et promouvoir, la diversité des profils, des méthodes et des objectifs de la lutte. Comme ce fut le cas dans le cortège de tête, où les syndicalistes sont venus se mêler aux retraité.es, aux lycéen.nes et aux chômeur.se.s

Mais, en ces temps particulièrement dangereux face au danger fasciste (Brésil, Italie, USA), nous nous devons de combattre cette peste brune sur le terrain et dans les luttes. Celle des gilets jaunes est particulièrement complexe et difficile à cerner. C’est d’autant plus important d’y être présent.es.
Nous ne ferons reculer l’extrême-droite qu’en remportant des batailles sociales contre un pouvoir aux abois détesté par le plus grand nombre.

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