Gilets jaunes et marche pour le climat : retour sur la journée du 8 décembre à Gap

Samedi 8 décembre a été un mouvement fort de mobilisation à Gap. Le matin les gilets jaunes de Tokoro et du rond point du Sénateur ont convergé vers le centre ville pour manifester en scandant « Macron démission » ou « Macron en prison ». Ensuite le passage sur la place Ladoucette a été l’occasion de rendre le parking gratuit. Des gilets jaunes « organisateurs » étaient en contact avec la préfecture, ce qui donnait aux policiers un moyen de pression sur la conduite de la manifestation. Ainsi un manifestant s’est vu emmené au poste de police après que des gilets jaunes l’aient pris à partie en l’accusant d’être extérieur au mouvement.

Une interview d’un camarade détaillant la stratégie des flics pour faire pression sur les organisateurs et trier les gilets vraiment jaunes et les autres :

L’après-midi, une marche pour le climat a fait le tour du centre ville. Un certain nombre de gilets jaunes étaient présents. Quelques murs de la ville ont été égayés avec le slogan « 80 milliards pour le climat sont dans les paradis fiscaux ». Une tentative des flics d’interpeler un manifestant s’est soldée par un échec, des soutiens s’étant interposés pour le protéger. Une partie du cortège a ensuite suivi l’avenue d’Embrun pour rejoindre les gilets jaunes à Tokoro. Preuve que la tentative de faire payer aux pauvres via les taxes sur les carburants les conséquences de décennies de politique pro-bagnole n’était pas non plus populaire parmi les manifestants de la marche pour le climat. Il y a eu un blocage de l’entrée du Géant Casino quelques dizaines de minutes, mais les vigiles ainsi que la police, jouant son rôle de milice du Capital, sont intervenus.

Les medias dominants et le pouvoir en place redoublent d’efforts pour saper le mouvement (répression policière jamais vue depuis des décennies, stratégie de la peur (« des gens viennent [aux manifestations] pour tuer »), tentative de circonscrire le mouvement à la seule question des taxes alors que le mécontentement est beaucoup plus large). En effet les raisons de la colère ne manquent pas : salaires qui stagnent alors que les profits explosent, loi sur le secret des affaires pour protéger les patrons qui magouillent, ordonnances travail pour nous virer sans rendre de compte, cadeaux fiscaux aux riches (CICE, ISF supprimée)…

Après trois semaines de mouvement social, force est de constater que Macron et ses sbires ne sont prêts à lâcher que des miettes. Restons mobilisés et continuons la lutte ! Organisons-nous collectivement !

Autour de Gap, les ronds-points de Tokoro (direction Briançon), du Sénateur (direction Valence) et le péage de la Saulce sont occupés. Dans les Bouches-du-Rhône, on peut suivre la mobilisation sur le site https://www.mars-infos.org