A Forcalquier avec les gilets jaunes, ça chauffe pour les violences policières et Castaner !

Ce samedi 19 janvier, c’était la grosse manifestation appelée par la coordination (informelle mais de plus en plus effective sur le terrain) des groupes de gilets jaunes des 2 départements des Alpes du Sud, à Forcalquier…ville de Castaner (avant qu’il ne rejoigne la macronie fétide et devienne le ministre de l’intérieur bulldog que l’on connaît), qui concentre déjà une belle mobilisation depuis le début du mouvement, peut-être pas par hasard…

Un bon succès populaire, puisque plus de 1000 personnes (gilets jaunes, syndicalistes, militants associatifs et politiques…) ont convergé depuis le Lubéron, Manosque, Pertuis, Digne, Sisteron, Laragne, Gap, Embrun, Barcelonnette… dans une ambiance plutôt déterminée, avec un mot d’ordre très clair sur la dénonciation des violences policières largement soutenues et couvertes par Castaner depuis qu’il est en poste (« je n’ai jamais vu un policier attaquer un gilet jaune »…et blablabla). Probable que la belle campagne d’affichage sauvage de la veille dans les rues de la ville a contribué à faire monter la colère déjà présente parmi les manifestants ; on y découvrait des photomontages de portraits de ministres actuels (dont Castaner, fortement représenté évidemment puisque local de l’étape) et de Macron avec des blessures (réelles) infligées par des Flashball de la police et de la gendarmerie tirés en pleine tête (bien évidemment interdit mais très répandu et systématiquement couvert par la justice), avec en légende le prénom des (vrais) blessés et la date de la « bavure » policière lors des actes jaunes du samedi …suggestif, choquant et extrêmement mobilisateur… quelques illustrations ci-dessous

Étrangement quand même, la manifestation a cependant débuté de la place de la mairie dans une ambiance plutôt bon enfant et disciplinée, plutôt à l’image des défilés syndicaux inoffensifs que des précédentes mobilisations jaunes des derniers mois…il faut dire que le parcours était déclaré en préfecture et que les organisateurs appelaient à une manifestation exclusivement pacifiste, et tutti quanti… Quelques slogans et banderoles suggestives, mais plutôt plan-plan. De rares drapeaux français, en tout cas beaucoup moins nombreux que les désormais cultes « fachés mais pas fachos ».

Arrivés devant la sous-préfecture, une délégation d’une 15aine de gilets jaunes (auto-désignés?) est reçue une petite demi-heure par le directeur de cabinet du préfet, et ressort totalement désabusée par les non-annonces du haut technocrate qui conseille aux manifestants de participer au grand débat national lancé par le génial président français…et puis c’est tout !

Et c’est là que l’ambiance change, la foule n’attendait que l’étincelle de rage qui lui manquait pour déborder le plan déposé d’avance…Une bonne centaine de manifestants déterminés se retourne et avance dans la direction du barrage de gendarmerie qui interdit l’accès à la « rue de Castaner », où se trouve sa maison privée, gardée 24/24 par des dizaines de gendarmes depuis que quelques gilets jaunes locaux un peu taquins étaient allé y jouer à « 1 2 3 soleil »…puis accusés au parlement par Castagner d’avoir tenté d’attaquer sa maison, et sa femme et sa fille qui s’y trouvaient…menteur en plus Christophe !

Quelques minutes suffisent pour faire monter la pression, une 1ère échauffourée et un bon gazage dans nos gueules (m’enfin, doivent pas être bien formés au lacrimo les bleus du coin, pour 2 manifestants bien atteints…5 flics sur le tapis hahaha!) et c’est toute la manifestation (à part les quelques gentils organisateurs collabo et soit-disant responsables « si quelqu’un perd un œil ») qui s’enflamme contre les flics, projectiles, insultes et nouvelles tentatives de forcer le barrage, malheureusement vite renforcé par une petite compagnie de CRS robocop arrivés en renfort, sous les huées…et une Marseillaise plus gueulée que chantée, plutôt vécue comme un chant insurrectionnel que patriote (contre les flics…c’est assez fort!). Certains continuent de fixer le barrage (bravo aux malins creveurs de pneus!) tandis que d’autres tentent de contourner le dispositif par les petits rues adjacentes…mais se retrouvent également bloqués par un nouveau barrage à quelques dizaines de mètres de la maison du ministre de l’intérieur…

Après une bonne demi-heure de tensions, la manif’ finit par repartir tranquillement vers la mairie, et continuera un plus tard ses déambulations dans la ville, notamment en direction du rond point historique de la mobilisation locale, évacué quelques semaines plus tôt, et occupé ensuite par les flics par crainte de réoccupation immédiate. Tout le monde se disperse ensuite au retour en centre ville, en se donnant RDV les jours suivants sur des rond-points, péages ou réunions d’organisation ou d’échanges…en espérant se retrouver encore réunis d’ici peu pour une nouvelle manifestation massive comme celle d’aujourd’hui. Un petit reportage vidéo d’un gilet jaune laragnais présent à Forcalquier à voir ici

Même si la manif’ n’a connu qu’un bref moment offensif ce samedi, et que le rapport de force avec les flics n’a pas été renversé (alors qu’il y avait la place!), on pouvait vraiment sentir une colère et une détermination suffisamment partagées pour imaginer que les prochaines retrouvailles du même type pourraient déboucher sur des actions plus fortes, notamment si de petits groupes décidaient de s’organiser un minimum, comme on a pu déjà l’observer chez certains cette fois-ci. L’idée de faire changer la peur de camp en s’attaquant aux responsables du carnage social actuel (ministres, députés, grands élus, patrons…) partout où ils se trouvent, y compris dans leur « vie privée » semble se répandre parmi les participants au mouvement, conscients de la puissance d’une telle arme diffuse. A côté de ça, la dénonciation des violences policières était vraiment unanime, marquant sûrement un nouveau virage pour le mouvement (comparé aux premières semaines d’occupation dans les hautes-alpes où les flics étaient considérés comme protecteurs et soutiens des revendications des gilets jaunes…). Une couche supplémentaire a encore été mise le lendemain à Gap pour la marche des femmes contre les violences policières, où plus de 200 personnes ont continué d’appuyer là où ça fait mal à notre ami Castaner (un reportage vidéo ici), même si paraît-il que l’ambiance était moins offensive que la veille, avec un parcours et des interventions très cadrées et décidées d’avance…

Et ça continue ! A priori samedi 26 à Manosque pour une nouvelle grande manif’ des Alpes du Sud ?!

Un gilet jaune déter

PS : spéciale « dédicasse pourrie » au Daubé qui a repris mot pour mot le communiqué des flics de la préfecture sur les événements de Forcalquier : attention journalistes collabo, choisissez bien votre camp, on vous retrouvera !