Gilets jaunes – Revue de presse du 18-19-20 février

Articles, images et vidéos autour du soulèvement des gilets jaunes, par nos amis de Ricochets (média libre de la vallée de la Drôme)

Manifestations, résistances et actions

  • DIE : les gilets jaunes continuent la construction de leur nouvelle cabane (sise sur un terrain privé), sous un soleil radieux.
  • MONTELIMAR : le samedi 2 mars Montélimar fera sa manif, descendez et rejoignez nous, elle est déclarée, nous vous donnerons le parcours et l’heure vendredi prochain, diffusez autour de vous pour qu’on fasse aussi bien que nos voisins.

Analyses, idées

  • # En finir avec les théories du complotIl n’y a aucun « complot » derrière l’exploitation économique, il n’y a qu’un rapport social fondé sur la propriété privée des moyens de production : celui qui possède les moyens de production n’a pas besoin de se dissimuler, et celui qui travaille, si il veut s’émanciper, n’a pas besoin de savoir si son patron est juif, catholique, de la planète mars ou membre du club d’échec de Bourg-en-Bresse.
    Certes, il existe diverses formes d’ententes et de coordinations chez les puissants, mais il existe tout autant de forme de rivalités, de concurrences et de contradictions parce que le capitalisme repose sur une dialectique entre dynamiques hégémoniques et concurrentielles, entre concentration et rivalité, et ne peut pas exister sans l’une de ces forces, de même que l’une ne peut exister sans l’autre. De fait, la domination capitaliste étant, en dernier ressort, une domination de l’économie sur les hommes, il importe peu que cette domination s’incarne localement dans le grand patron X ou le petit patron Y, le groupe social W ou Z, dans Carrefour ou l’épicerie du coin : au final, il s’agit de rapports sociaux qui se sont détachés des hommes.
    La conception complotiste du pouvoir est une conception « pyramidale », conception simpliste, pour ne pas dire totalement enfantine : le pouvoir ne peut pas avoir de structure solide et stable parce qu’il est un ensemble de champs et un ensemble de rapports de force en leur sein, perpétuellement changeants, soumis à des tensions, des circulations, soumis à une logique de réseau, réseau qui n’a pas de sommet, ni de « tête », ni de « centre » mais une multiplicité de pôles et de nœuds, de formes d’alliances et de concurrences qui se font et se défont. C’est cette complexité qui le rend difficile à saisir, et qui ouvre donc la voie à des théories simplifiées.
  • # Parce que c’est notre victoire !!! – Les semaines passent, et la situation n’évolue pas. Le gouvernement campe sur ses positions. Aucune démission, aucun remaniement, aucune élection anticipée. Une analyse du groupe « Cerveaux non disponibles ».
    Trois mois après le début du mouvement, malgré un tel bilan de blessés, d’interpellés et une telle campagne de discrédit, des dizaines de milliers de Gilets Jaunes continuent de lutter, avec dignité et courage. Qu’importe les risques physiques, judiciaires et d’images auprès de leurs proches.
    Il s’agit d’une énorme victoire pour le mouvement. Une victoire qui semble difficile à saisir et à verbaliser puisqu’elle ne contient aucun recul du pouvoir, aucune démission, aucune concession. Mais elle est peut être plus importante qu’une victoire circonstancielle, dans le sens où elle permet de faire évoluer les mentalités et des dynamiques au sein des classes populaire et des laissés-pour-compte.
    Les puissants se sont efforcés à présenter le mouvement comme une force réactionnaire, anti taxe, égoïste et portée sur la haine de l’autre. Sur le terrain, les Gilets Jaunes ont créé des maisons du peuple, des assemblées populaires, des groupes autonomes et autogérés. Ils ont construit des passerelles entre les laissés-pour-compte ruraux et ceux des banlieues défavorisées. Ils ont rejeté tous ceux qui ont tenté d’instrumentaliser le mouvement et d’en faire un parti politique. Ils rejettent également en masse l’idée de service d’ordre et même de déclaration des manifestations auprès de la préfecture. Les Gilets Jaunes ne deviendront ni un parti politique, ni un syndicat. Ils ne tomberont pas dans le piège du pouvoir qui, par le biais d’avantages et de postes, ont transformé des forces d’opposition en garde fou du système.
    (…)
    Car c’est bien là l’essence du mouvement et sa force subversive : les Gilets Jaunes, en se rencontrant sur les ronds points, dans les assemblées ou en manifestation, se rendent compte que le système n’est fait que pour rendre les puissants encore plus puissants (et riches) et leur donnent les miettes nécessaires pour éviter un soulèvement. Se rendre compte de la situation est déjà éminemment subversif. Qu’importe comment le pouvoir va tenter de sortir de cette crise, ces dizaines de milliers de citoyens voient désormais clair dans le jeu des puissances (politiques, économiques et médiatiques).
    Nous savons désormais que le pouvoir ne lâchera rien. Lâcher un petit peu, c’est donner raison aux Gilets Jaunes et prendre le risque de devoir lâcher plus.
    Mais nous savons également que les Gilets Jaunes ne lâcheront rien non plus.

    Nous sortons donc du contexte d’un « simple » mouvement social pour entrer dans une bataille au long cours pour renverser le système en place. Une bataille avec des épisodes insurrectionnels mais aussi des moments moins spectaculaires mais tout aussi structurants de rencontres, de débats et de construction de nouveaux processus démocratiques.
  • # 25 ans d’insurrection zapatiste : « C’est une forme de démocratie réelle, radicale »C’est un anniversaire qui a eu peu d’écho dans la presse. Le premier janvier 1994, jour d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), commençait le soulèvement zapatiste dans le sud du Mexique. Communes autonomes, conseils de bon gouvernement, assemblées régionales, propriété collective des terres : Jérôme Baschet, l’auteur de La rébellion zapatiste et de Adieu au capitalisme, revient pour nous sur cette expérience longue de 25 ans.
  • EXTRÊME DROITE EUROPÉENNE : L’ALLIÉE DE LA FINANCE MONDIALE – Cédric Durand explique pourquoi quand l’extrême droite est au pouvoir, elle se met tout de suite au service de la finance.
  • Agissez par vous-mêmes – À quoi pourrait ressembler une révolution anarchiste à l’échelle d’un pays ?
    C’est la question à laquelle tente de répondre dans cet ouvrage, inédit en français, Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien du communisme anarchiste.
    L’auteur y expose les grandes lignes du programme antiautoritaire et les bases du fonctionnement d’une société libertaire appliquées à l’Angleterre où il réside alors.
    En dépit des changements économiques, politiques et sociaux, les propositions de Kropotkine, à plus d’un siècle de distance, restent des pistes d’une grande actualité.
    Agir par, et pour, soi-même, sans intermédiaire et dans la solidarité, constitue sans aucun doute, encore et toujours, la voie à suivre pour parvenir à l’émancipation
    .

Répressions, terrorisme d’Etat, pressions, violences policières, surveillance

  • #GiletsJaunes – Rond-point de Pizançon – Leur installation détruite dans la nuit…
    Surprise et colère des gilets jaunes ce matin au rond-point de Pizançon après avoir découvert la dégradation de leur hommage aux victimes du mouvement. Leur détermination reste intacte.

Les magouilles des Pouvoirs et du capitalisme

Destructions écologiques et climatiques catastrophiques provoquées par le capitalisme et les civilisations industrielles

  • Les permis d’exploration minière menacent désormais 3000 km2 de forêt guyanaise – Iamgold, Goldinvest, Sudmine, projet de la Montagne d’or… Depuis 2017, le gouvernement français ne cesse d’accorder de nouveaux permis d’exploration à des sociétés minières en Guyane. Au point que 300 000 hectares de forêts tropicales y sont désormais menacés de destruction, soit l’équivalent d’un département comme le Rhône. Une politique non seulement contraire aux engagements de la France, mais aussi combattue par les populations locales et par les ONG. « Il ne sert à rien de faire de nouvelles mines d’or, alerte pourtant un ingénieur. C’est une pure logique d’enrichissement des entreprises qui obtiennent ces concessions. »
  • Biodiversité : la faune française continue de s’appauvrir à un rythme alarmantL’édition 2018 des chiffres clefs de la biodiversité vient d’être publiée et le constat dressé est alarmant. La biodiversité française s’appauvrit considérablement et les facteurs sont multiples.
  • Faire dérailler le capital, du CDG Express à l’extension de l’aéroport de Roissy.Présentation du projet contesté et contestable du CDG Express qui va pénaliser les usagers du RER B. Ce projet s’inscrit dans la continuité du Grand Paris, et plus particulièrement de l’extension à venir de l’aéroport de Roissy, dans le but de répondre aux dynamiques du capitalisme à l’échelle mondiale.
  • La réglementation favorise la pêche industrielleLes eaux territoriales métropolitaines se vident de leurs poissons à cause de la surpêche. Des quotas existent, mais, mal employés, ils favorisent le modèle industriel au détriment de la pêche artisanale.
Transperceneige : relooker le train fou et destructeur ou ouvrir ensemble d’autres voies ?