Réponse au communiqué de presse de la ville de Gap

Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Gap
et aux riverains du carré de l’imprimerie.

Le 20 juillet 2019

Nous, quelques habitants du Cesaï, squat de la rue de l’imprimerie, tenons à répondre au communiqué de presse de la ville de Gap du 18 juillet 2019.

Monsieur le maire souhaite selon ses propres termes « éradiquer la « zone de non-droit » que constitue le squat ». Sachant qu’on parle en réalité d’êtres humains, le choix du terme « éradiquer » n’est pas anodin. Il fut un temps où des hommes politiques éradiquaient ceux qu’ils considéraient comme de la vermine, cette époque n’était pas glorieuse. Quel avenir prépare-t-on en utilisant un tel vocabulaire fascisant ?
La « zone de non-droit » est en fait un lieu de défense des droits fondamentaux des êtres humains c’est à dire le droit au logement, l’accès à la nourriture, l’accès aux soins et à l’aide juridique, le droit à l’autonomie des individus et le droit au respect. Croyez vous que tout ceci devrait passer après le droit à la propriété privée, alors que ce bâtiment était inutilisé depuis plus de 7 ans ? N’est-ce pas une honte pour le pays des droits de l’homme ?

Monsieur le maire, il y a bien écrit « liberté, égalité, fraternité » sur votre mairie ? Ou bien « tourisme, croissance et carrière » ? Nous n’avons pas besoin de détruire des cinémas pour construire des cinémas. Nous n’avons pas besoin d’expulser des personnes pour loger des personnes. Et nous n’avons pas besoin de 24 millions d’euros publics pour faire tout ça.

La justice ne nous a pas octroyé un délai de 30 mois par erreur, mais bien parce qu’on lui a prouvé notre utilité sociale.

La loi exige que les demandeurs d’asile soient logés. Or ce n’est pas le cas. Pourtant, le plan grand froid prévoit un hébergement d’une centaine de places à la Providence. Pourquoi personne n’y a jamais été orienté ?

Le Cesaï répond à une carence de l’État et de la commune et devrait être félicité plutôt que stigmatisé. Ses habitants existent et ont le droit à un accueil digne. Ils ne disparaîtront pas parce que Mr le Maire a décidé que ce n’était pas de sa compétence. Nous vous rappelons que le maire de Briançon a mis des locaux municipaux à disposition pour accueillir les personnes en exil.

Si Roger Didier se souciait tant de la quiétude des riverains et des touristes, il ferait de même au lieu de demander l’expulsion de plusieurs dizaines de personnes. Cette expulsion ne manquera pas de provoquer un trouble à l’ordre public plus important qu’un simple immeuble habité.

Dans le même communiqué, il est écrit qu’ «à la suite de plusieurs pétitions qu’il a reçu, le maire a organisé une réunion publique » (étrangement nous n’étions pas conviés). Les personnes participantes « ont souligné des problèmes d’incivilités, de nuisances, de comportements agressifs, tous liés à ce squat ». Or, l’unique pétition dont nous avons eu vent avait pour objet des problèmes de voisinage banals, plus loin dans la rue. Des déjections canines non nettoyées, des enfants qui font du bruit en jouant… Aucun rapport avec notre lieu de vie. La réunion était loin de ne parler que du Cesaï, contrairement à ce que le communiqué voudrait faire croire. Les scooters y étaient mentionnés, les personnes alcoolisées rue Jean Eymar, etc. Nous ne sommes pas responsables de tous les problèmes qu’une ville peut rencontrer.

Par ailleurs, la mairie s’est abstenue jusque là de prouver le moindre trouble à l’ordre public et la moindre plainte des riverains alors qu’il lui était loisible de le faire dans le cadre de la procédure d’expulsion au printemps dernier.

Oui nous vivons à plus d’une soixantaine dans cet immeuble ce qui engendre du bruit, surtout l’été. Oui il y a du monde qui traîne dehors pour capter la wi-fi. Oui certains conflits sont apparus et ont été réglés au mieux, vu nos faibles moyens. Oui ces gens existent !

La pauvreté est juste sous vos fenêtres et vous ne pouvez plus l’ignorer.

Les personnes en exil ont interdiction stricte de travailler. Elles sont victimes de ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre leur précieux bout de papier.

Ils et elles souhaitent juste avoir les mêmes droits que vous, la même sécurité après avoir quitté des pays ravagés par la guerre ou la misère. Mais ils ne sont simplement pas nés sur le bon continent…

Le Cesaï est particulièrement attentif au gaspillage de l’argent public et au désarroi des laissés pour compte de cette ville et tente de proposer des moyens de rendre la misère plus supportable.


 

On dirait que Roger est vraiment fâché. C’était écrit en tout petit dans un coin de son communiqué de presse haineux de vendredi dernier et nos avocat.e.s l’on confirmé, la mairie a fait appel du jugement donnant un délai de 30 mois au squat hébergeant les migrants à Gap. Le CÉSAÏ comparaîtra devant la cour d’appel de Grenoble.

C’est dommage, on y croyait presque !

Pour le moment, on n’a pas encore de date mais on nous promet que ça arrivera « rapidement ». À voir ce que ça veut dire…

La suite au prochain épisode !

Bure : Le bois Lejuc est réoccupé

Près de Bure, le bois Lejuc est réoccupé depuis le 18 juillet à 14h. De nombreuses personnes ont réinvesti ce lieu au sol comme dans les arbres pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire. Les forces policières qui occupaient jusque là ce lieu stratégique et protégeaient les intérêts de l’Andra ont été contraintes de quitter les lieux. Nous appelons dès maintenant à converger dans le bois Lejuc ainsi que dans les villages de Bure et Mandres-en-Barrois, situés à deux kilomètres de la forêt.

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Le squat de A à Z : nouvelle mouture !

Ceci est le produit d’une écriture collective, par des squatteur-euse-s passé-e-s, présent-e-s et futur-e-s, pour des squatteur-euse-s présent-e-s ou futur-e-s.

Envoyez vos contacts, critiques, idées, infos ou propositions de modifications à a-z [@] squat.net. Cette adresse e-mail peut aussi être utilisée pour poser des questions spécifiques auxquelles ne répondrait pas ce guide, pour faire des demandes de conseils, de documents juridiques, de défense-type… Envoyez-nous vos jurisprudences, récits, bilans d’expériences, notamment ce qui pourrait s’avérer contradictoire avec ce qui est écrit dans ce guide, pour que l’on puisse continuer à l’améliorer en fonction de l’évolution des situations et continuer à diffuser des infos utiles à travers la France. Même si certaines infos sont valables aussi dans d’autres cas, nous ne donnons ici que peu de renseignements sur les occupations de terrain et les réalités des rapports de force plus propres aux gens installés en camion, roulotte, caravane, nomades, etc. car il s’agit d’une réalité que nous connaissons moins. Nous ne voulons pas prendre le risque de dire des bêtises ou de parler en théorie en dehors de situations vécues directement. Cela dit, ça nous intéresse bien de compléter ce guide en ce sens à l’avenir… avec votre aide.

Le squat de A à Z étant régulièrement réédité, demandez-nous la dernière version !

Le squat de A à Z (a-z@@@squat.net), juin 2019

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Silvia, Anna et Natascia en grève de la faim depuis un mois dans la prison de l’Aquila, Italie

repris de mars-infos.org

Un texte de Silvia, Natascia et Anna en grève de la faim depuis un mois à la prison de L’Aquila, Italie (publié sur nantes.indymedia.org)
Rappel du contexte : Silvia a été arrêtée le 7 février pour l’Opération Scintilla – opération du pouvoir judiciaire visant à réprimer la lutte contre les Centres de Rétention Administratif. Elle comme Anna sont incarcérées dans la prison de haute sécurité de l’Aquila (plus d’infos sur passamontagna.info)

« Un coup de dés

Que la vie soit un jeu de dés contre le destin, cela a été écrit par un poète. Que les anarchistes aiment jouer, ça, nous le savons. Nous avons conclu un premier match. Un mois pour tâter le terrain et renifler les confins de la cage, un mois de grève de la faim pour faire comprendre que nous sommes du matériel difficile à mettre en boîte.

Au trentième jour, nous la suspendons, avec l’intention de recommencer (la lutte) avec plus de force. Le premier bilan positif se trouve dans la solidarité vive, spontanée, immédiate, à l’intérieur ou à l’extérieur des prisons, ce qui a porté haut et fort le problème.

A l’intérieur : Marco et Alfredo qui sont en AS2 (haute surveillance de niveau 2) à Alessandria et Ferrara ont fait un mois de grève, auxquels s’est ajoutée Natascia, à son arrivée à Rebibbia et avec qui nous avons continué lorsqu’elle est arrivée ici, puis d’autres compagnons, Stecco, Ghespe, Giovanni, Madda, Paska et Leo.

A côté : nous avons entendu les battituras des sections 41bis féminine et masculine, une musique qui rompt le silence de cette forteresse montagnarde et auxquelles nous avons répondu et continuerons à répondre tant qu’elles dureront, solidaires avec tou-te-s celles et ceux qui subissent depuis des années, dans leur propre chair, cet ignoble régime.

A l’extérieur : actions directes, incursions informatives, actions de bordellisation un peu partout en Italie et dans le monde, ont servi de mégaphone à quelque chose qui n’est pas un jeu : la différenciation des régimes de détention, les circuits punitifs, le perfectionnement des stratégies répressives sur le plan anti-anarchiste mais pas seulement. Il n’y a rien de tout cela que nous ne savions pas déjà et nous restons conscientes qu’à l’intérieur comme à l’extérieur, les étincelles prêtes à se propager sont partout et cela nous donne force et détermination.

C’est seulement le début et nous espérons que cela a été une injection de confiance dans les potentialités et dans la force que nous portons avec nous, aussi bien dedans que dehors. »

L’Aquila, 28 juin 2019

Silvia, Natascia, Anna

Communiqué du collectif des travailleurs sociaux du 05

Nous, travailleurs du social et du médico-social des Hautes Alpes dénonçons la marchandisation du travail social :

  • réduction des budgets de l’action sociale
  • techniques de management basées sur le contrôle au détriment de l’humain
  • informatisation accrue qui nous éloigne de notre cœur de métier : la relation.

Ces réalités sont enrobées dans des discours lénifiants comme « la solidarité en action », « l’usager au coeur du dispositif » ou dans des termes vidés de sens comme « inclusion » ou « bonnes pratiques ».

La mutualisation des moyens et l’uniformisation des pratiques sont des leitmotivs de nos employeurs et de nos financeurs respectifs, qui cachent en réalité des coupes budgetaires drastiques.

L’informatisation complexe de toutes les démarches administratives éloignent les plus fragiles de l’accès à leur droits.

Les personnes sont rendues responsables et coupables de leurs situations, ainsi les politiques trouvent un prétexte pour se désengager de leurs responsabilités.

Partant de ces constats nous nous sommes constitués en collectif pour :
– échanger
– diffuser nos constats
– décloisonner, penser collectif
– penser nos interventions et nos métiers
– défendre les droits des usagers
– se mobiliser

Travailleuses et travailleurs sociaux et médico-sociaux, rejoignez-nous en envoyant un mail à cette adresse : collectiftravailleursociaux05@lists.riseup.net

Nous nous retrouvons un lundi par mois à 18h à Gap

Le collectif des travailleurs sociaux 05

Sous les glaciers la rage #6 – Juin 2019

Au programme du 6ème opus de la saga d’infos, luttes et alternatives des Hautes-Alpes SOUS LES GLACIERS LA RAGE sur Radio ZINZINE (diffusé en direct le 3ème jeudi du mois à 12h30 et rediffusé le samedi suivant à 19h et minuit) et Radio Dragon (radio libre du Trièves en Isère)

– des infos locales bouillonantes : une chronique judiciaire bien chargée entre des procès pour expulsion de squats locaux, des gilets jaunes haut-alpins enprisonnés suite à l’acte XXX à Montpellier, les fachos de génération identitaire enfin convoqués par leur pote Raphaël Balland pour leurs ptites excursions à la frontièe…puis quelques nouvelles de nos grands projets débiles bien du coin, une anlyse des résultats des élections européennes dans nos vallées, et pour finir quelques exemples de précarisation du travail et des luttes qui en découlent.

– un crétin pas vraiment des Alpes mais qui l’a bien mérité

– un agenda de début d’été bien fourni

un artiste du mois, Roy ELLIS

– et pour finir le 2ème volet de la saga de reportages « énergies sous très haute tension dans la vallée du Buëch »

Bonne écoute !

La bise

PS : pour envoyer des remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour les prochaines émissions : souslesglacierslarage@riseup.net

 

Pour écouter tranquillement l’émission sans coupure de connexion, faire CLIC DROIT sur le lecteur média ci-dessous – Enregistrer la cible du lien sous – Enregistrer l’émission sur votre ordinateur

 

 

 

Chronique d’une justice ordinaire…

20 juin, tribunal de Digne (04) une banderole s’élève :

«  ISOLEMENT CARCERAL = TORTURE

MEDECINS MUETS = COMPLICES

FEU AUX PRISONS »

Ces mots sont ceux que portait Christine et le soutien présent, elle est accusée d’harcèlement téléphonique par le médecin en charge de Fabrice Boromée (voir l’article à ce sujet)

En effet, incarcéré depuis 2011 en métropole (depuis 2010 en Guadeloupe) alors qu’il n’y été rentré initialement que pour 8 ans.

Privé des droits les plus humains comme notamment l’accès aux soins Fabrice perd l’usage d’une oreille suite à un « blocage » dans une douche : il refuse de sortir, pour revendiquer son transfert vers la Guadeloupe, son île natale où il a famille et amis. Les matons l’en sortiront de force en envoyant une grenade assourdissante…

Jamais écoutés dans leurs demandes polies et administratives, les prisonniers ont recours parfois à d’autres moyens pour se faire entendre.

Ce fut le cas de Fabrice qui du mettre en place des prises d’otage et blocages, ce qui a entraîné des conditions de détentions de plus en plus drastiques, des problèmes de santé graves et des peines à rallonge (il lui reste 30 ans à tirer).

A l’isolement, la visite médicale de Fabrice se résume à un « Ça va » machinal.

C’est dans ce contexte que Christine prend la décision d’appeler le service médical du centre de détention. Sans réponse, elle insiste, elle est orientée sur d’autres services, ils la baladent, lui donnent des rendez-vous qu’ils n’honorent pas.

Elle insiste, le secrétariat lui raccroche au nez systématiquement, elle insistera jusqu’à 126 fois en 1h et demie…

Quelques semaines plus tard un ami prend le relais et elle peut enfin dire au médecin ce qu’elle pense de sa lâcheté.

Petit à petit, les visites redeviennent correctes et Fabrice voit même un ORL qui lui confirme sa surdité (séquelles de la grenade dans la douche).

Mais depuis juin 2019 Fabrice a été envoyé à la maison centrale de Mendin le Veil (Nord pas de Calais) les visites médicales redeviennent ce qu’elles étaient : inutiles.

Or depuis Fabrice a contracté un ulcère et ses jours sont comptés.

Christine comparaissait aussi pour avoir soit disant casser le doigt à un flic lors d’une GAV, pendant sa détention à Roanne. Les keufs ne voulant ni la laisser pisser ni la sortir alors qu’ils disaient que les 48 heures légales étaient passées.

Elle refuse, en toute logique, de se faire ramener en cellule. C’est avec quelques coups de poing au visage qu’elle y fut traînée.

Quand, trois ans plus tard elle est informée de la plainte des policiers, elle rappelle qu’elle a, elle aussi, déposée plainte à l’issue de cette GAV. Évidement sans suite…

Les cas de Christine et Fabrice ne sont pas isolés.

Face à une justice de classe soutenue par une presse bourgeoise, il est nécessaire de ne pas se laisser intimider. Les juges, procs etc, ne sont que des personnes, au même titre que celles appelées derrière la barre. Quelques exemples pour contrer l’intimidation :

– Se pointer à un jugement avec un T-shirt «  la prison tue » « crève la taule »

– Tendre une ou plusieurs banderoles et distribuer des tracts

– Avoir des soutiens qui applaudissent ou huent les situations, à l’intérieur de la salle

– Couper la parole du juge ou de la juge si ses propos sont inexacts ou humiliants

– Parler fort

– Reprendre la parole après l’avocat.e. Même si il/elle est sincère politiquement, ça reste un rouage de la machine à condamner. C’est à nous d’assumer aussi nos revendications.

– Rentrer dans le lard d’un proc qui ose dire «  DÉSOLÉ, mais je réclame 4 mois d’emprisonnement ferme »

– si nécessaire, tenter d’instrumentaliser la presse bourgeoise pour que les potes à l’intérieur aient vent de nos actions

– surtout surtout… être en bande et s’amuser