Rejet du référé de la mairie de Gap contre le Cesai

Comme on pouvait s’y attendre, le référé de la mairie de Gap, visant à permettre à des pompiers et à des agents administratifs un peu trop zélés de s’introduire chez nous contre notre volonté afin de trouver des prétextes pour nous expulser au plus vite sous couvert de sécurité a été rejeté.

Après l’audience la greffière est venue nous voir pour nous glisser que « c’est inhumain de vouloir mettre des gens à la rue, sous prétexte de sécurité, pour des projets immobiliers inexistants » ! Ah, si seulement Mme Pigeau, la représentante de la mairie, avait pu l’entendre ! Venant d’une membre du tribunal, au statut social sûrement plus respectable à ses yeux que celui de squatteur, ça lui ferait peut-être un petit choc. La juge a même qualifié « d’inutile », la mesure intentée par la mairie. Voilà qui fera les pieds au seigneur de Gap.

Malgré tout, gardons les yeux ouvert sur ce qu’est le Tribunal Administratif : il s’agit aussi de l’institution qui confirme, chaque semaine, des dizaines de « décisions de transfert » (le terme en langue de bois pour déportation) de nombreuses personnes vers l’Italie ou autre, apparemment sans trouver cela inhumain ou immoral. Il y avait quelque chose de cocasse dans cette situation : par la force des choses, l’EPF PACA, propriétaire de notre maison et jusqu’ici allié de la mairie, s’est retrouvé, en quelque sorte, de notre coté.

En effet, dans sa précipitation, et probablement aveuglé par sa colère, le maire a choisi de faire cavalier seul dans cette manœuvre en nous qualifiant d’ERP. Il oubliait ainsi que la loi stipule que l’exploitation d’un ERP implique l’autorisation du propriétaire et que ce dernier est également responsable de la mise aux normes sous peine de lourdes sanctions. L’EPF a donc fait le déplacement au tribunal pour nous aider à démontrer que notre maison n’est pas un ERP, qu’elle doit être démolie et qu’il est donc doublement inutile de demander une telle mise aux normes. Un grand merci à l’EPF PACA donc, de nous avoir assisté face aux magouilles de Monsieur le Maire, fils de Maire !

Ce cher Roger est décidément un adepte des doubles discours : quand il parle de son projet du carré de l’imprimerie, il explique que la ville mène une politique de requalification (novlangue pour gentrification) du centre-ville, insiste sur son étroite collaboration avec l’EPF et sur le fait que les acquisitions de ce dernier se font au nom et pour le compte de la mairie. Quand on parle de nous c’est un tout autre son de cloche : ce bâtiment appartient à l’EPF et n’a plus rien à voir avec la commune. Il n’hésite pas à laisser entendre que nous fonctionnons avec leur accord, à nous mettre dans le même panier devant la justice, et à écrire des arrêtés municipaux à leur encontre, rejetant sur eux la responsabilité de notre relogement et les menaçant de poursuites pénales !

…Et c’est leur « étroite collaboration » qui doit donner naissance à un projet immobilier après avoir englouti 24 millions de deniers publics ? Cela nous paraît plus que mal parti…

Quelques habitant.e.s du CÉSAÏ

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