[MAJ régulières] Sélection d’articles et actualité sur le Covid-19 pour réflechir et agir en période de confinement

En attendant que des réponses collectives s’organisent, comme des grèves sauvages se déclarant dans les secteurs non-essentiels de l’économie afin de réelement lutter contre la propagation du Covid-19, ou une solidarité effective afin d’éviter le total abandon des personnes isolées par la société, nous semblons désarmer face à la puissance de l’état, pouvant annoncé à l’intégralité de la population d’oublier ses activités qui ne sont pas économiquement productive du jour au lendemain. Quitte à rester cloitrer chez soi, et pour ne pas spéculer sur d’éventuels complots, ou juste laisser monter l’anxiété et l’angoisse en nous, le mieux reste de s’instruire sur la situation en cours afin d’être capable d’y répondre, individuellement, collectivement et le plus vite possible, à cet état d’exeption qui risque d’inspirer le futur du contrôle des populations. Comme l’état d’urgence est en partie devenu la normalité, nous pouvons nous attendre à voir cet état rentrer en partie dans nos vies quotidiennes dans le futur quand l’état, qui préfère équiper de masque la police pour gêrer une manifestation plutôt que les soignant.e.s en situation de pandémie, en aura besoin.

 

Traduction de l’attestation pour les sorties

Aucune idée si les flics acceptent les attestations dans d’autres langues.

 

Du point de vue de la santé, et de la situation dans d’autres pays :

Prédiction en France

Attention les données date un peu (16 mars), et sont réalisées par régions, donc les situations locales peuvent être plus critique comme dans le Grand-Est, où la saturation arrive plus tard que dans les hopitaux de Mulhouse et Colmar.

Source

 

Rapide détail sur le virus

Virus 10 fois plus virulent que la grippe saisonnière et 10 fois plus contagieux. Comparable à la grippe espagnole (55 millions de morts en 1920). Mais on a aujourd’hui les moyens modernes pour soigner une très grosse partie des malades.

A condition que les services hospitaliers ne soient pas débordés : soigner un malade grave c’est plusieurs semaine avec du matériel lourd. Les capacités sont limités. Si capacités dépassées, les gents sont mals soignées et meurent.

Les jeunes risquent quasiment rien (sauf s’ils prennent de l’ibuprofen ou de l’advil – que du doliprane) ; Les risques augmentent avec l’âge et deviennent très important au-delà de 60 ans.

Croissance exponentielle = lente au début, rapide puis explosif. (ici ça double tous les 2-3j)

Enjeux : ralentir la diffusion pour limiter l’ampleur de la vague. Plus on arrive à la ralentir, plus les hopitaux peuvent encaisser le choc.

Comment ? : Mesures de « distance sociale » + hygiène rigoureuse (Cf. consignes données actuellement – 2 m de dist pour temps limité, pas de contact direct, lavages mains et objets fréquents). C’est TRES efficace pour ralentir la propagation et éviter des contamination.

Le virus vit ~4h dans l’air (plus sur des surface). Rester chez soi au max est nécessaire, surtout pour personnes malades qui toussent ou mouchent.

Chaque jour compte : 1 jour de retard = 40 % d’infection en plus. 1 semaine = fois 5 et 15 jours = x100.

On a déjà pris beaucoup de retard et les services seront débordés. Les soignants en hôpitaux vont vivre quelque chose de TERRIBLE. Mais plus on agit vite et fort plus on réduit l’ampleur du choc et le nombre de morts.

Aucune méthode autre de se protéger que les gestes « barrières » ci dessus (/!\ plein de recettes bidon circulent – boissons chaudes, … ).

Durée estimée de la crise sanitaire sous sa forme aigue, 2 ou 3 mois ; (la sortie de crise sanitaire, c’est pas clair).

Extrait de « COVID-19 : Réagir face à la crise. En ressortir gagnant.e.s »

Coronavirus : La synthèse – Ce qu’il faut savoir sur le COVID-19

Pour des informations plus précises sur le virus et l’épidémie.

Informations sur la COVID-19 destinées à informer le public sous forme de questions/réponses. Cet article sera mis à jour quasi-quotidiennement. Si vous pensez avoir détecté une erreur, ou si vous vous posez une question qui n’est pas traitée, intervenez dans le forum d’échanges sous l’article.

Quelques conseils de précautions :

Bien sûr lavez vous les mains régulièrement, portez un masque si vous avez les symptômes du Covid19.

Mais également, évitez les lieux fort fréquentés, évitez de vous agglutiner dans les grands magasins, il y a une pénurie d’infirmièr·e pas de denrées alimentaires. Restez chez vous tant que possible.

Évitez votre lieu de travail s’il ne garantit pas les mesures adéquates de précaution (éviter les espaces fermés, les endroits fort fréquentés, distances de sécurité, matériel pour se laver correctement les mains, etc.). Organisez-vous entre travailleur·euse·s pour faire entendre vos préoccupations concernant votre santé et celle de votre entourage.

Nous répétons qu’il nous semble irraisonnable de maintenir au travail dans des conditions risquées pour leur santé une partie importante de la population sous prétexte d’intérêt économique. Les employeurs doivent garantir les revenus et permettre la mise en sécurité de la population.

Mais en plus, ne vous rendez pas aux urgences si vous pensez avoir le Covid19 mais que vous n’avez pas de fièvre ou de difficultés respiratoires. Vous risquez fortement d’engorger les hôpitaux et vous ne serez très probablement pas dépisté·e·s. Ceci est normal, c’est que vous n’êtes pas fortement atteint·e·s par le Covid19. Restez chez vous, évitez les contacts sociaux.

Extrai de COVID-19 : ÉTAT DE LA SITUATION AU 15 MARS 2020 par santéenlutte.org

 

COVID-19 : ÉTAT DE LA SITUATION AU 15 MARS 2020

Nous vous proposons ici de faire un état sur la situation grâce aux différents retours que nous avons pu avoir de la part du personnel qui affronte le coronavirus sur le terrain.

Premièrement, le sous-effectif. Accueillir une masse considérable de charge de travail supplémentaire à effectif égal, de plus est, dans un contexte de pénurie d’infirmièr·e est plus que problématique. La surcharge est évidente. Les urgences, assaillies par une population inquiète, ne savent plus où donner de la tête. Les soins intensifs se remplissent et les unités de confinements travaillent à plein régime.

Deuxièmement, le manque de matériel. La gestion managériale du « juste à temps » qui consiste à ne pas maintenir de stock « superflu » dans l’hôpital a pour conséquence qu’en moment de crise le matériel n’est pas disponible. De plus, le matériel est parfois de piètre qualité, résultat des désirs d’économie de nos dirigeants. En effet, on nous rapporte de nombreux cas d’unité à risque où le personnel ne dispose pas de masque en suffisance ou de bonne qualité. La mise en danger du personnel en général est donc évident.

« Nous ne sommes même pas testés nous-mêmes » – Entretien avec une médecin généraliste

D’abord, en ce qui concerne les masques et autres matériels de protection, il n’y a pas de service qui nous les fournit. Nous devons faire le tour des pharmacies pour nous en procurer – gratuitement, quand même ! Il a été annoncé dans les médias que nous pourrions nous réapprovisionner dès cette semaine en masques – c’est là que nous sommes le plus en pénurie – mais je viens d’apprendre par mon collègue que les pharmacies étaient toujours en rupture de stock de FFP2 et nous sommes mardi…

[…] Bien sûr, la gravité ne dépend pas que de facteurs médicaux, mais aussi de critères médicaux-sociaux : l’isolement et la précarité, par exemple.

[…] Nous n’avons aucun accès à ces tests. Nous ne sommes pas en mesure de savoir si un patient a le virus ou non. Nous pouvons simplement mesurer s’il doit être hospitalisé ou renvoyé chez lui : en mesurant la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire, la fièvre, la tension. Mais ce n’est pas suffisant. Nous aurions dû avoir accès à ces tests afin de tester les patients avant le passage au stade 3, maintenant, ça ne servirait quasiment plus à rien.

[…] Je voudrais aussi rajouter qu’en plus de ne pas pouvoir tester les patients, nous ne sommes même pas testés nous-mêmes, et c’est assez étonnant. Il n’y a eu aucune campagne de test, pour la population d’une part, mais surtout pour les personnels de santé ! Jusqu’à très récemment, même en présentant les symptômes, les médecins n’étaient pas testés. Si on se mettait à tousser, qu’on présentait certains symptômes légers, on ne nous testait pas, donc on a continué de travailler. C’est comme ça que ça s’est passé ces dernières semaines.

[…] Une tendance générale, qui va dans le sens des consignes de confinement maximal, est de faire des téléconsultations. Ça permet aux gens, notamment aux personnes fragiles, de ne pas avoir à se déplacer. Il faut quand même noter que ça ne nous permet pas de prendre tout le monde : ce protocole nécessite que le patient ait un ordinateur, ce qui participe à exclure des personnes précaires, des personnes âgées, etc. Par ailleurs, les serveurs sont déjà saturés, et les consultations sont rendues très difficiles voir quasi impossibles tant ça « saute » régulièrement.

[…] Les gens ne comprennent pas trop ce qui se passe. Ils appellent aussi pour avoir des explications. Il y a beaucoup d’inquiétude, mais pas de paranoïa. Les gens sont scrupuleux, attentifs, et compréhensifs, ils veulent des avis.

 

Après cette crise sanitaire je crois qu’il sera temps de régler nos comptes avec les politiques et instances concernées.

Terrasson le coronavirus et la marchandisation de la santé

Néanmoins, nous restons perplexes sur certains points. En effet, nous notons le compromis qui a été réalisé pour maintenir l’activité économique des grandes entreprises, pourtant majoritairement non essentielle au bon fonctionnement de notre société. Il nous semble que les principaux acteurs économiques impactés par les mesures seront les travailleur·euse·s de l’horeca, les étudiant·e·s, le milieu culturel et associatif, ainsi que les petits indépendants qui ont parfois déjà du mal à boucler leur fin de mois.

En effet, la précarisation de la population va engendrer des dégâts sanitaires que nous redoutons fortement. Plusieurs études révèlent la corrélation immédiate entre le niveau de revenus et le niveau de santé de la population. Nous sommes donc très préoccupé·e·s par ce risque de paupérisation et par les difficultés d’accès aux soins qui ne vont pas faciliter la lutte contre le Covid-19.

[Italie] CoVid-19 : Point d’arrivée, points de départ

Depuis le 22 février, la courbe de croissance de malades a suivi une trajectoire exponentielle (ce n’est pas une exagération, c’est littéralement ainsi), jusqu’à atteindre en Italie, le 13 mars 2020, plus de 17 600 contaminations vérifiées et plus de 1 200 mort·e·s. Les structures sanitaires publiques italiennes n’ont pas les moyens matériels nécessaires pour faire face à ces chiffres : on manque notamment de respirateurs artificiels et de lits en thérapie intensive, nécessaires pour assurer le soin des manifestations plus graves de la maladie.

Comme dans toute situation de crise, les contradictions émergent maintenant plus clairement. Nous vivons une époque où la suspension de la « normalité » prend une forme beaucoup plus aiguë que celles que nous avons connues jusqu’à présent. Par son caractère même « d’exception dans l’exception », la suspension de la « normalité » que nous vivons met à nu et amplifie toutes les contradictions et les dispositifs déjà en place au quotidien, aussi ceux que, en tant que habitant·e·s de ce monde, nous avons intériorisé.

[…] Les camarades se sont organisé·e·s en petits groupes qui assurent la diffusion en continu de contre-informations et de réflexions culturelles, afin de promouvoir un regard critique sur ce qui se passe de nos jours.

 

Du point de vue de la répression, du contrôle et de l’état d’urgence

Si des personnes ont des informations sur les contrôle dans les vallées, n’hésitez pas à nous les transmettre, on essayera de tenir au courant de ce qu’on nous dit.

 

Etat d’urgence sanitaire

Une loi d’état d’urgence sanitaire est en cours de préparation, voté le 20/03 au sénat, le 21/03 au parlement, elle pourrait être activé par décret par le président. Peu d’informations pour l’instant, les lois décreté par le président, n’ont pour l’instant pas de durée limité légal, nous somme à la merci de l’exicutif si l’état d’urgence est activé. Ils pensent revenir sur les 35h et les congés payés, sans durée annoncée pour l’instant.

 

L’acharnement sur la population de Seine Saint Denis en temps d’épidemie

Un article particulièrement servile du Parisien nous apprends que 10% des amendes en France ont été dressées en Seine Saint-Denis. Il semble évident qu’il s’agit d’un contrôle accru plutôt que d’une « indiscipline » des habitants confinés.

 

Augmentation des contrôles, augmentation de la répression

– 1ers cas de prison ferme suite à des contrôles. Les individus (2 personnes pour l’instant) très certainement dangereux, et contaminer par moultes virus, n’avait pas signer leurs mots d’excuse pour sortir de chez eux. INADMISSIBLE ! La police a donc du les sanctionner, chose qu’ils ont refuser, 3 mois de prison ferme sans mandat de dépot. Une autre personne, n’acceptant pas la situation a mordu les flics.

– Les flics aurait verbalisé des soignants n’ayant pas d’attestation, plus cocasse des gendarmes aurait verbalisé des flics n’ayant pas d’attestation non plus, leur syndicat de flic s’est insurgé sur la crise que traverse la police, aucun mot sur la verbalisation des soignants…

 

Du point de vue de la lutte et des réponses collectives que l’on peut donner :

Covid-entraide infos France

Le réseau #COVID-ENTRAIDE FRANCE se monte depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et le terrain avec toutes les bonnes volontées qui s’accordent sur ces points :
1) Diffuser des infos vérifiées et sourcées
2) Participer à l’entraide et l’auto-organisation dans les immeubles, quartiers, villages, villes, régions. Sur le terrain et en ligne.
3) Soutenir les personnes les plus vulnérables face à la pandémie de Covid-19
4) Soutenir les soignant-e-s et tous les services publics exsangues
5) Se méfier de la gestion gouvernementale et de toute instrumentalisation autoritaire de la pandémie

> REJOINDRE LES OUTILS EXISTANTS

SUR TELEGRAM (groupe national) : https://t.me/joinchat/Kd5EWxK0U1v0qbOffsqp0w

SUR FACEBOOK (groupe national) : https://www.facebook.com/groups/208192820288100/

INSCRIS TON GROUPE D’ENTRAIDE SUR LA CARTOGRAPHIE COLLABORATIVE : https://covidentraide.gogocarto.fr

Utilise le hashtag #COVID-ENTRAIDE si tu es en accord avec les points exposés avant) :

Crée un groupe via les réseaux sociaux (Facebook, Telegram, Whatsapp, etc) et/ou une adresse mail pour pouvoir être contacté facilement

ANNUAIRE DE TOUS LES GROUPES LOCAUX/THÉMATIQUES : https://t.me/joinchat/AAAAAES_fYIBQZKebijd3g

Appel à une grève des loyers

Tu ne peux plus travailler, tu ne sais pas si tu vas être payé ni quand, ton contrat est fini, ou juste tu ne trouve pas ça normal de payer un loyer, que l’Etat renfloue les banques plutôt que ton découvert au début du mois.

L’épidémie du covid-19 provoque actuellement une crise sanitaire qui a un impact à l’échelle nationale. Durant cette dépression, une grande partie des français.es sera dans l’incapacité de payer tout ou partie de son logement, du fait de la réduction de nos revenus. Les conséquences de cette crise étant dues aux politiques libérales des 40 dernières années, nous sommes déterminé.es à nous battre de toutes nos forces par tous les moyens à notre disposition.

Nous avons donc décidé de nous organiser de manière à lancer une grève des loyers à l’échelle du pays pour protéger les personnes les plus précaires.

Lettre type disponible

 

Coronavirus, confinement et résistances : suivi en continu

La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, qui traverse la France et d’autres pays, nous contraint à l’isolement et à la dispersion. Bien qu’il nous semble plus que nécessaire de rester chez soi afin de limiter la propagation virale, il s’agit également de tirer profit de l’agora numérique qu’offre internet à la fois pour organiser la solidarité populaire et pour produire la contre-information vis-à-vis des discours dominants.

En ce sens, nous proposons d’ouvrir un suivi continu pour centraliser et mieux comprendre l’actualité : mesures prises par les différents gouvernements ; luttes de travailleurs, de prisonniers ou d’autres catégories susceptibles de se mobiliser car victimes d’un délaissement par l’État ; situation dans les hôpitaux ; articles d’analyse ; témoignages divers et variés.

 

Echos de l’organisation populaire contre le coronavirus en Italie

Compte-rendu Réseau des biens communs émergents et à usage civique.

L’Italie a une dizaine de jour d’avance sur nous en matière de propagation de l’épidémie, il est donc intéressant d’observer ce qui s’y met en place en matière d’organisation contre le virus et malgré le confinement.

Nous publions le compte-rendu de l’assemblée du 12 mars, qui a été un premier moment de rencontre, avec plus de 65 personnes connectées en visioconférence, pour ouvrir par voie numérique nos espaces de rencontre et de réflexion.

Assemblée numérique extraordinaire
12 mars 2020

Nous avons échangé sur : réflexions communes, échanges de pratiques et propositions opérationnelles.

 

Contre le confinement généralisé

Alors oui nous traversons une crise sanitaire importante qu’il ne s’agit pas de négliger, mais même si Corona est assez coriace et contagieux, il reste assez peu mortel. l’extrême majorité de la population peut donc (et va sûrement) le contracter et en guérir tranquillement. Bien sûr le problème est la saturation de l’accès aux soins et cela sans surprise puisque les moyens accordés au secteurs de la santé n’ont fait que diminuer au fil des politiques capitalistes et libérales. L’État et les gouvernements successifs sont responsable de la situation actuelle, c’est à cause de leurs politiques, leur négligence de l’humain, du soin, des secteurs « non rentables » en général qu’aujourd’hui nous sommes obligés d’essayer de retarder la propagation du Covid-19 qui sinon aurait bien pu se répandre à la vitesse qu’il voulait sans plus de conséquence qu’une mobilisation intensive des services de santé (et de tout à chacun.e niveau hygiène).

Par solidarité avec celleux qui ont besoin de se déplacer pour survivre et avec celleux qui hier comme aujourd’hui ne peuvent pas se permettre un contrôle de police, on propose pour commencer un info-traflic des contrôles sur Nantes, ce peut être au moins ici en commentaires ou sur d’autres plateformes sécurisées. On espère aussi que les camarades continuerons de s’organiser (pensez outils informatiques sécurisés) pour résister et lutter contre toutes les oppressions, la lutte ne doit pas s’arrêter. S’adapter, trouver de nouveaux outils, de nouvelles failles, l’épidémie et l’état de restrictions sanitaires que nous traversons peuvent être un bon exercice, un bon test pour les milieux militant.e.s face au sécuritaire. Il nous faut dès aujourd’hui échanger les informations : Qui se fait contrôle ? Est ce qu’ils demandent les attestations ? Est ce qu’ils vérifient les identités ? Est ce qu’ils donnent des amandes systématiquement, envoient en vérif ou en gardav’ ? Tester et si besoin déjouer ou saboter les dispositifs de contrôle (tout en restant lucides sur les risques sanitaires), observer, produire de la réflexion et de l’analyse sur les évènements mais surtout garder coûte que coûte notre esprit de solidarité et d’autonomie, passons nous autant que faire se peut des institutions.

Comme toujours c’est la balance entre liberté et sécurité, si vous pencher vers l’un vous payerez par l’autre. L’État nous ordonne la sécurité sanitaire et nous la fait payer de notre liberté de circulation. Que chacun.e trouve l’équilibre qui lui convient mais par pitié qu’on arrête, par peur, de cracher sur celleux qui choisiront toujours la liberté parce que mourir du coronavirus ou d’autre chose leur importe peu, vivre est un risque et vivre sans liberté c’est, pour elleux être déjà mort.e.s !

 

Covid-19 : Mesures minimales

[Nantes] L’autre cantine continue à distribution de repas

Il est nous paraît évident que pandémie ou pas, les 400 repas quotidiens que nous distribuons seront plus que nécessaires.
Il nous paraît évident qu’il faut garder le lien envers les personnes que l’on soutient, pour aussi expliquer et traduire les mesures sanitaires à prendre, proposer du savon et des thermomètres, aider à téléphoner au 15 en cas de symptômes alarmants pour les personnes qui ne parlent pas français etc …

[Italie] #RestonsÀLaMaison mais ne restons pas silencieux

Chacun ne vit pas pour autant le confinement de la même façon : les précaires et intérimaires se retrouvent au chômage technique ; les parents à devoir assurer la garde de leurs enfants tout en travaillant ; les prisonniers, isolés de leurs proches interdits de visites, continuent de vivre dans des cellules surpeuplées. La guerre sociale se prolonge dans l’épidémie.

[…] De notre côté, nous sommes en train d’organiser la solidarité dans notre quartier, en distribuant du désinfectant, en nous rendant disponibles pour faire des courses pour les personnes âgées. Nous essayons de ne laisser personne seul, comme est en train de le faire la meilleure partie de ce pays : hall par hall, bâtiment par bâtiment. Mais le mutualisme ne peut suffire, nous devons trouver un moyen de reprendre la parole. Nous ne sommes pas capables de construire des communautés autosuffisantes, nous ne le voulons même pas, nous devons commencer à nous demander comment répondre à cette violence.

Contre le virus, contre la peur. Solidarité et entraide.

Pour soi. Pour les autres. Parce que la lutte doit continuer, maintenant et après. Pour foutre en l’air ce monde, mais sans précipiter la catastrophe.

[…] Faisons un peu de fiction. Imaginons qu’avec la crise sanitaire, les crises économique et politique qui l’accompagnent, nous sommes aux prémices d’une crise du capitalisme hors norme, faut-il vraiment s’en réjouir ? Qui d’entre nous pourrait souhaiter que l’État s’effondre non parce que nos mots et nos actes l’auraient abattu mais parce qu’il a été balayé par une crise sanitaire ?

Il s’agit aujourd’hui de penser à demain. Bien que le propos de ce texte soit de demander à chacun·e de se confiner volontairement pendant un certains temps, je pense que nous n’avons pas non plus intérêt à tout arrêter et à nous isoler. Il faut encore lutter. Il s’agit d’imaginer, pour un temps, faire différemment. En créant des réseaux de solidarités dans nos immeubles et nos quartiers (courses, garderies, prise de nouvelles des vieux, etc), en affichant l’exigence d’une amnistie des personnes en taules et en CRA [8], en réclamant ou en appliquant par nous-mêmes les seules mesures économiques nécessaires pour éviter que les plus précaires se retrouvent la corde au cou dans les prochaines semaines (à minima la suspension des loyers et factures d’énergies et d’eau, bouffe et transports gratuits [9].

[…] Une fois la tempête passée, nous devrons être présent·e·s pour que ne subsiste de cette période que ses aspects les plus autoritaires et hygiénistes. Que ce ne soit pas une simple étape du renouvellement du capitalisme.

 

Comment poser un droit de retrait du fait du coronavirus ?

Nombreux sont les gens encore au travail. En effet, Macron a pris la décision irresponsable mais logique du point de vu capitaliste de ne pas stopper la production. On voit donc certains secteurs profiter réellement de la crise. C’est le cas d’Amazon qui va recruter 100 000 personnes aux États-Unis. Mais il est possible de lutter contre ce fatalisme et de refuser d’aller se faire infecter au travail. Certains syndicats ont posé des préavis mais il est aussi possible de résister individuellement grâce au droit de retrait.

Foodtech : « On est en guerre ou on bouffe des burgers ? »

La situation des livreurs de repas à domicile est alarmante. Pendant que les cadres des plateformes comme Uber Eats, Deliveroo ou Frichti sont confinés au chaud, des milliers de coursiers n’ont d’autres choix que de s’exposer au virus et potentiellement le transmettre pour pouvoir payer leurs loyers et remplir leurs frigos. Un mépris de classe hallucinant pour la flotte des livreurs déjà sur-précarisés qui n’ont aujourd’hui qu’une interrogation : jusqu’à quand ?

[…] Pour sauver le chiffre d’affaire des plateformes, le gouvernement, qui ne cache plus son soutien à ces multinationales qui piétinent le droit du travail sans vergogne, a diffusé dimanche 15 mars un « guide des précautions sanitaires à respecter dans le cadre de la livraison de repas à domicile ». Celui-ci recommandant la livraison sans contact selon laquelle le livreur sonne chez le client avec ses gants, désinfecte le sac, l’ouvre, recule de deux mètres pendant que le client se sert, puis part.

[…] Pour Damien, secrétaire général du SCALA (Syndicat des Coursiers Autonomes de Loire-Atlantique), c’est du flan : « Même si on applique la livraison sans contact, le sac est touché par tous les restaurateurs, tous les clients, on a pas le matériel pour désinfecter et on a pas le temps. (…) C’est n’importe quoi, sur une semaine à temps plein on croise environ 200 personnes. ».

 

RATP et Coronavirus : briser l’omerta

Face à la crise du Coronavirus, la tension monte à la RATP. Plongés dans le flou depuis des semaines, les agents se sentent laissés pour compte par la direction, alors qu’ils sont particulièrement exposés et qu’au moins 8 d’entre eux ont été testés positifs au virus.

 

Des grèves pour se protéger du coronavirus éclatent en Italie

Les travailleurs-euses de différents secteurs arrêtent le travail et organisent des grèves spontanées à Naples, Gênes, Rome, Milan, Mantoue ou encore à Modène. Les travailleurs-euses répondent à l’appel du syndical Si Cobas Lavoratori Autorganizzati, ielles refusent de tomber malade pour le profit des patrons !

Les travailleurs-euses de différents secteurs se mettent à l’arrêts, faute des conditions de sécurité minimales. Tandis que le gouvernement italien ferme les écoles et les magasins, les entreprises restent ouvertes sous la pression des principales associations patronales qui veulent des entrepôts et des usines ouvertes, menaçant ainsi des millions de travailleurs-euses.

Dans toute l’Italie, les arrêts de travail et les grèves spontanées de la production se multiplient, elles pourraient conduire dans les prochains jours à la proclamation de la grève générale !

 

La révolte se répand dans les prisons française.

Des mouvements collectifs ont lieu dans plus de 10 prisons francaises à notre connaissance.
Ces mouvements sont souvent dûs à la restriction des parloirs jusqu’au 31 mars. Un prisonnier est décédé à Fresnes du Covid-19, et cinq autres cas ont été détectés. Sachant qu’il y a finalement peu d’informations qui circulent sur ce qui se passe à l’interieur des prisons francaises, nous mettons ici les quelques informations reçues :
A Val de reuil, les détenus refusent de regagner leurs cellules, comme à la prison de la santé le mardi 17 mars au soir. Les mouvements de révolte ont lieu également à Bois d’arcy, Réau, Lyon le corba, Aiton, Grenoble, Villefranche, Saint-Quentin-Fallavier, Osny, Maubege, Perpignan, Reims, Anger. Parfois, les Eris sont intervenus contre les mutins.

 

Révoltes dans les centres de rétention

Plusieurs révoltes éclatent actuellement dans les centres de rétention administrative, notamment sous forme de grèves de la faim. La crise sanitaire actuelle ne fait en effet qu’aggraver une situation déjà insupportable en temps normal dans ces prisons pour étranger-es. Nos camarades de « À bas les CRA » suivent et relaient ces résistances, liberté pour toutes et tous !

 

Des occasions qui se présentent ?

– Service minimum dans les tribunaux

– Des enquêtes au ralenti

– Des prolongations de détention sans débat

– Limiter les incarcérations

– Des contrôles judiciaires simplifiés

…en attendant encore plus de militaires dans les rues

 

Du point de vue de la théorie politique sur les événements en cours :

De l’utilisation de la « guerre sanitaire » pour perfectionner le controle

Face au Covid-19, les gouvernements de tous les pays touchés déploient chaque jour un arsenal technologique innovant pour contrôler la population.

Détail de la répression en cours en Chine, en Israël, en Corée du Sud, en Italie, au Etats-Unis, en Belgique et en France

 

Contagion sociale Guerre de classe microbiologique en Chine

« Un article aussi long qu’intéressant sur l’histoire des liens entre épidémies et production, sur la réponse actuelle de l’Etat chinois et sur le coronavirus comme symptôme des logiques contemporaines d’accumulation du capital. Faut s’accrocher, ça se lit en plusieurs fois mais ça vaut vraiment le coup. »

Agrobusiness & épidémie : d’où vient le coronavirus ?

Le réseau mondial de transport n’a jamais été aussi connecté. En l’absence de vaccins ou d’antiviraux spécifiques pour les coronavirus, et en l’absence de toute immunité collective, même une souche dont le taux de mortalité n’est que de 1 % peut présenter un danger considérable. Avec une période d’incubation allant jusqu’à deux semaines et des preuves de plus en plus nombreuses d’une certaine transmission avant la maladie – c’est-à-dire avant que nous sachions que des personnes sont infectées -, il est probable que peu d’endroits seront exempts d’infection.

[…] Qui faut-il blâmer ?

J’ai évoqué l’agriculture industrielle, mais elle s’inscrit dans un champ bien plus large. Le capital est le fer de lance de l’accaparement des dernières forêts primaires et des terres agricoles détenues par les petits exploitants dans le monde. Ces investissements favorisent la déforestation et le développement, ce qui entraîne l’apparition de maladies. La diversité et la complexité fonctionnelles que représentent ces immenses étendues de terre sont rationalisées de telle sorte que des agents pathogènes auparavant enfermés se répandent dans le bétail local et les communautés humaines.

Il faut mettre définitivement fin à l’agrobusiness en tant que mode de reproduction sociale, ne serait-ce que pour des raisons de santé publique. La production alimentaire capitaliste repose sur des pratiques qui mettent en danger l’humanité tout entière, contribuant en l’occurrence à déclencher une nouvelle pandémie mortelle.

Nous devons exiger que les systèmes alimentaires soient socialisés de manière à empêcher l’émergence d’agents pathogènes aussi dangereux. Pour cela, il faudra d’abord réintégrer la production alimentaire dans les besoins des communautés rurales. Cela nécessitera des pratiques agroécologiques qui protègent l’environnement et les agriculteurs qui cultivent nos aliments. En gros, nous devons combler les fossés métaboliques qui séparent nos écologies de nos économies. En bref, nous avons un monde à gagner.

 

Panagiotis Sotiris – Coronavirus. Contre Agamben, pour une biopolitique populaire.

Nous avons publié récemment un texte de Giorgio Agamben sur l’état d’urgence et le coronavirus. Il semble aujourd’hui qu’il s’appuyait sur des données scientifiques – officielles – erronées qui le conduisaient à minimiser l’importance de l’épidémie. Il n’en reste pas moins qu’il rappelait utilement combien l’état d’urgence s’inscrit dans une généalogie inquiétante et combien l’État moderne s’est toujours servi des crises de tous types pour accroître et exercer son emprise violente sur les peuples. Tout cela en se cachant sous une apparente neutralité savante.

L’épidémie frappe désormais l’Italie de plein fouet et prolifère à toute vitesse en France, rendant nécessaires des mesures à grande échelle pour contrer son expansion. Alors que commencent à s’esquisser, notamment en Italie, des formes d’auto-organisation populaires et que fait jour la nécessité d’une lecture rationnelle et antagonique des mesures prises par les gouvernements, il nous a semblé important de publier ce texte de Panagiotis Sotiris. Prolongeant le dernier Foucault, il s’attache en effet à imaginer ce que pourrait être une biopolitique communiste, s’appuyant sur les luttes populaires et l’intelligence collective.

Répétition générale d’une apocalypse différenciée

Critiquant ironiquement le débat entre Giorgio Agamben, Jean-Luc Nancy et Roberto Esposito sur cette question, l’auteur propose comme grille d’analyse non pas la répétition ad libitum du concept d' »état d’exception », ni l’idée d’une sombre puissance totalitaire du « bio-pouvoir », mais plutôt le lien organique entre le déséquilibre environnemental, le risque d’effondrement des systèmes sanitaires et le tournant autoritaire du néolibéralisme. La « catastrophe » qui se dessine à l’horizon se révèle ainsi historiquement et socialement déterminée, c’est-à-dire différenciée selon les positions de classe et les rapports hiérarchiques structurant la société.

 

L’épidémie n’a pas de vertu

 

Si l’on en croit la multiplication des analyses médiatiques allant dans ce sens dernièrement, l’épidémie de COVID-19 serait bonne pour la planète. Le principal bénéfice écologique évoqué se rapporte à la baisse d’1/4 des émissions chinoises de CO2 sur les deux derniers mois[1], dont les effets positifs sont évidemment climatiques mais aussi sanitaires. L’intérêt autour de cette réduction de la pollution émise par la deuxième puissance mondiale a notamment été renforcé par des images satellites de la NASA illustrant très nettement le phénomène.

[…] Dans la continuité de cette thématisation des épidémies comme pathologies sociales, les tendances (néo)malthusiennes de la présentation de l’épidémie liée au coronavirus comme « régulation naturelle » (ou de « retour à la normale »[32]) sont assez flagrantes : chez Malthus, c’est la famine qui vient inévitablement corriger le décalage entre croissances démographique et des ressources disponibles (la première étant plus rapide que la seconde) ; ici c’est l’épidémie qui joue ce rôle, régulant cette fois le développement des activités humaines face aux capacités de charge – ou limites – de la planète. L’analogie se confirme lorsque l’on s’intéresse plus en détail aux populations touchées par ces « régulations naturelles » : les pauvres chez Malthus, ou plus généralement les dominé-es – pauvres et racisé-es – dans les théories néomalthusiennes, tandis que les plus touché-es par l’épidémie due au coronavirus sont pour l’heure majoritairement chinois-es – environ 80% des personnes infectées.

[…] Souligner le caractère répressif du confinement et du calcul des risques tels qu’ils sont employés par les gouvernements de la plupart des pays infectés doit déboucher sur des propositions pour une autre gestion, écologiste, des épidémies (futures – parce que pour celle-ci, il semble que ce soit trop tard). Pour des pathogènes proches de ceux déjà étudiés, le recours au confinement ne semble en effet pas pouvoir être évité.

Le monde Covid-19 : les épidémies à l’ère du Capitalisme

L’apparition du virus connu sous le nom de Covid-19 est une conséquence de la civilisation industrielle ; pour nous, l’important n’est pas que le virus a muté à partir d’une chauve-souris, peut-être en raison de l’industrialisation de son habitat, ou qu’il s’agisse d’une attaque des États-Unis contre l’économie chinoise ; pour nous, l’important est qu’il s’agit de la conséquence d’un système qui transforme en marchandise chaque processus, objet ou être vivant sur terre, c’est l’avidité d’un système qui poursuit l’anéantissement de tous les êtres vivants, en direction de l’artificialisation le monde.

Afin de mettre fin à la pandémie, l’État a décrété l’« état d’urgence », ce qui implique l’interdiction de se déplacer, le confinement, un contrôle accru, la suspension des réunions et en général de la vie publique, le contrôle des moyens de transport et qui sait si bientôt ce ne sera pas aussi le contrôle de la distribution de la nourriture. Dans ce processus, nous voyons comment l’État prend une forme éco-fasciste, où le gouvernement sera de plus en plus contraint d’agir pour gérer les ressources et l’espace, chaque fois plus « rares », ce qui fait que la préservation des ressources les plus nécessaires n’est garantie qu’en sacrifiant un autre besoin : la liberté.

En l’absence d’un ennemi interne ou externe, l’État a trouvé un ennemi devant lequel il peut montrer tout son potentiel de guerre et en même temps accentuer l’asservissement de la population par la peur et la répression, alors qu’il se pose comme seule possibilité de salut face à la terreur produite par l’épidémie. Pour nous, la solution n’est pas un État plus autoritaire, mais la disparition de toute forme d’autorité. Désormais, il est possible que les états d’alarme, d’urgence… se succèdent, à cause de la dévastation écologique et sociale du monde, car nous sommes sûrs que les catastrophes continueront. Nous n’exagérons pas lorsque nous parlons de potentiel de guerre : on voit déjà l’armée prendre position dans des endroits stratégiques, la police contrôler davantage les rues et des drones dotés des caméras surveiller les mouvements de la population. Les mesures de l’état d’urgence visent non seulement à mettre fin à la pandémie de grippe mais aussi à propager une autre pandémie : celle de la servitude volontaire de la population par l’obéissance aux lois, face au danger de la pandémie ; elles visent à mettre fin aux critiques de l’État et du Capitalisme, face à la peur et aux risques éventuels.

De même, les conséquences de cette épidémie, ou de tout autre désastre industriel, seront économiquement dévastatrices ; on voit déjà la situation critique de milliers de personnes qui seront contraintes au chômage ou à la précarisation de leurs emplois ; comme toujours, la détérioration des conditions de vie sera subie par les couches les plus défavorisées de la société, qui depuis, des années, subissent déjà les durs assauts de la « crise capitaliste » et de ses coupes budgétaires. Au contraire, elle apportera certainement des grands profits aux classes supérieures, comme les propriétaires des grandes entreprises pharmaceutiques.

Et après le virus, on fait quoi ?

Solidarité en temps de crise… et après ?

 

A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les Etats étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations profesionnelles et autres lobbys.

 

 

 

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