Manifestation contre la loi sécurité globale

le 30 janvier à 14h devant la préfecture de Gap

Police – justice – prison : qu’entendons nous par sécurité ?

Ce samedi c’est la 6ème journée de manifestation nationale contre la loi “sécurité globale”.
Cette loi part de l’idée que “la sécurité est la première des libertés” et que la police est là pour les défendre. Et que donc on peut étendre à l’infini les pouvoirs de la police. Parmi les articles “big brother” de la loi “sécurité globale” :
• l’article 21 prévoit que les caméras piéton (dont vont être équipés les flics en 2021) pourront être visionnées en direct depuis le poste de commandement de la police.
• L’article 22 offre la possibilité aux services de faire décoller des flottes de drones et autres aéronefs, entre autres pour surveiller les manifestations. De plus les techniques de pistage vidéo seront couplées avec la reconnaissance faciale.
• L’article 23 accentue les peines en cas d’accusation de violence contre les dépositaires de la violence d’État. Lors d’un conflit avec un flic celui-ci peut facilement accuser la personne d’« outrage et rebellion ». Le juge suit systématiquement la parole du flic. En témoigne le tabassage médiatisé du producteur de musique noir et parisien Michel Zecler, contre lequel les pandores avaient préparé un dossier d’« outrage et rebellion » alors que ce sont les flics qui l’avaient tabassé.
• L’article 24 interdit la diffusion d’images de la police.
• Les flics pourront avoir leur arme de service même quand il ne sont pas en service.
• On pourra être fiché pour ses opinions politiques, philosophiques, syndicales et religieuses.

Or nous savons, de part l’expérience, que loin d’éviter la violence, la police est violente :
• Blessie est morte dans la Durance après une chasse à l’homme organisée par la police aux frontières près de Briançon pour avoir tenté de passer la frontière franco-italienne sans papiers.
• Adama Traoré est mort suite à un placage ventral des gendarmes de Persan qui se sont rués à trois sur lui.
• Plus de 50 manifestants ont été éborgnés ou amputés suite aux manifesations de gilets jaunes.

Dans les textes, la police ne rend pas la justice, elle travaille sous les ordres du procureur de la république. C’est pour alimenter les tribunaux que la police travaille.

Or la justice est aussi violente. elle fabrique des « délinquants » (selon ses termes) :
• en interdisant de passer le permis de conduire à des gens qui ne peuvent se passer de véhicule ;
• en pénalisant les moments de convivialité en période de COVID ;
• en criminalisant ceux qui n’ont d’autre choix que de vivre de débrouille (par exemple ceux qui survivent avec de petits trafics de stups se retrouvent condamnés alors que ceux qui ont des hauts salaires et les consomment sont à l’abri des poursuites).

On le sait également, les tribunaux remplissent les prisons (et également, depuis l’invention du bracelet électronique les prisons à domicile). Or la prison est violente :
• Fabrice est à l’isolement depuis 9 ans, sans possibilité de faire du sport ou des études, ne croisant que des matons muets ou casqués.
• David, et plein d’autres, sont privés de parloir avec leurs familles depuis presque un an : pas de contacts avec ses enfants qui croient qu’il les a abandonnés.
• Idri est mort au mitard, la cellule disciplinaire de la prison, tabassé par les surveillants parcequ’il ne supportait pas l’enfermement et le mépris, augmenté par sa maladie psychiatrique non prise en compte.

Pour éradiquer la violence, supprimons la violence d’état
Supprimons les institutions violentes
Abolissons la police, la justice institutionnelle, la prison et l’état

Contact : cafe_taule@riseup.net