Loca ! La délocalisation.

Il est des réalités dans lesquelles nous baignons au quotidien, sans nous en rendre compte, lointaines jusqu’à en devenir presque des abstractions : ainsi la notion de délocalisation. Jusqu’à ce qu’un simple coup de téléphone, presque une anecdote, nous rende cette réalité plus proche et concrète. Ainsi, fin juillet, cet appel que je reçois sur le téléphone fixe. Dès la première seconde, je sais qu’il s’agit d’une publicité ; et il faut dire qu’au long des années, je me suis armée pour y faire face, sans avoir réussi à neutraliser complètement le poison.

Parmi les remèdes, que je vous livre volontiers, j’ai naturellement objecté (c’était il y a longtemps) que je n’avais besoin de rien et surtout pas de publicités, pas besoin non plus qu’on m’ « informe » de quoi que ce soit et qu’il n’y avait pas de différence entre leur prétendue information et une publicité déguisée, j’ai tenté l’explication du dérangement provoqué par la démarche, surtout à huit heures le soir, ou le samedi, ou enfin à n’importe quel moment de la semaine, demandé de communiquer directement avec le chef de la personne, parlementé pour qu’on me donne la base de donnée ou qu’on me raye des listes de ces bases de données, j’ai réclamé les coordonnées téléphoniques des appelants au temps où leur numéro étaient cachés, et répondu (lorsqu’on m’en demandait la raison car la plupart du temps, on me raccrochait au nez) que si l’autre s’autorisait à me joindre à mon domicile, j’avais à l’inverse tout autant le droit de le faire, j’ai sollicité le nom de la personne et qu’elle me l’épelle (pour la même raison évoquée), démenti l’identité qu’on me présentait, demandé le nom de l’entreprise qui commanditait ces appels et aussi qu’on me l’épelle lentement avec les vraies coordonnées téléphoniques, j’ai interrogé pour savoir de quelle partie du monde venait l’appel (ce à quoi la MAIF a eu l’occasion de m’affirmer que tous leurs appels venaient de France), j’ai menacé de porter plainte pour appels anonymes, puis rappelé ces fameux numéros lorsqu’ils sont apparus (en 01 quelque chose) sans résultat car ces numéros sont des leurres en vertu de je ne sais quelle possibilité perverse, j’ai tenté d’avertir avec sérénité qu’une plainte était déposée pour appels anonymes et harcèlement et que donc … (c’est pas vrai mais…, bon !), j’ai joué l’étonnement, la gentillesse, la compréhension, la méchanceté, le raisonnement, l’imbécilité, le détachement, la plaisanterie, la galopinerie, la ruse, le mensonge, la clownerie, l’indifférence, l’assurance, la menace (jamais l’insulte), j’ai aussi fait silence absolu au bout du fil (avec des résultats comiques lorsque l’appel venait de proches). Aujourd’hui encore, tous ces calmants ne sont pas inefficaces, mais force est de constater qu’ils n’ont été que palliatifs, apportant malgré tout de larges plages de pauses dans les propositions de ventes et contrats en tous genres.

Depuis quelques temps, j’ai décidé de manifester de l’intérêt, avec des résultats plusieurs fois édifiants. « Bonjour ! Je suis Brckjhohoiendjjjk et blabla… l’isolation. – Ah c’est toi ! Comment vas-tu ? – … (!). Je vous appelle car … – Mais dis-moi d’abord, tu vas bien ? – … (!). Non Madame, je vais pas bien. – Forcément, avec ce qu’on vous demande de faire, ça doit pas être marrant tous les jours. – Non Madame, c’est très dur. – Je peux vous demander combien d’heures par jour vous travaillez comme ça ? – Oui, je fais 10 heures par jour, de 9 heures le matin à 19 heures. Et 5 jours par semaines. – Vous avez quels jours de libres ? – Les samedis et dimanches. – Vous devez vous faire insulter souvent, j’imagine. – Oui, mais au bout d’un moment, on finit par s’y faire. – Non, on croit que ça passe, mais il ne faut pas s’habituer à ces choses, c’est pas bon, ni pour vous ni pour personne. Vous êtes dans un centre d’appels (j’entends un bruit de fond connu) ? – Oui. – Et est-ce que je peux savoir d’où vous m’appelez ? – Je suis au Maroc (tous les centres d’appels d’Orange sont également basés au Maroc). Mais moi, je suis sénégalais (j’avais presque deviné à son accent). Je vous ai dit que je m’appelle Laurent Martin, mais en vérité je m’appelle Abdou. Mais si je dis mon vrai nom, les gens raccrochent directement. – Mon jeune voisin a fait le même travail que vous mais il a démissionné : il donnait 600 coups de téléphone par jour à des médecins, et parfois il n’avait qu’une seule réponse dans la journée. – Oui, c’est ça, 600 appels. – Pourquoi vous faites ce travail ? – Je suis obligé. J’ai un bac plus 3, j’ai fait des études au Sénégal et j’étais admis, à Metz, en physique/chimie à l’université, je devais travailler dans un laboratoire. Je viens de demander un visa pour continuer en France mes études, mais le Maroc m’a refusé le visa, je ne sais pas pourquoi. – Je sais que c’est indiscret, mais est-ce que je peux connaître votre salaire ? – Je gagne 500 euros par mois.

La voix laconique, il m’explique à quoi cela correspond en dinars et en francs CFA mais tout est allé très vite et je n’ai pas compris, sauf que c’est abusé, comme on dit en raccourci. J’ai bafouillé alors que personne ne devrait travailler dans de si mauvaise conditions et qu’il méritait davantage et qu’il fallait qu’il renouvelle ses tentatives pour obtenir son visa. En vérité, je ne savais trop quoi dire pour lui communiquer courage et optimisme, tant je me sentais moi-même écrasée par la réalité de la délocalisation qui a pris ce tour si proche, à ce moment-là.

Aujourd’hui 2 août, Abdou a rappelé. Directement, il me rappelle son surnom français que j’avais parfaitement retenu et son dernier coup de téléphone pour blabla l’isolation. – Vous vous souvenez ? – Oui, bien sûr. – Et bien ce mois-ci, ils m’ont donné 250 euros, alors que j’ai travaillé 50 heures par semaine. – Pour quelles raisons ? – … (Il ne sait pas, il parle d’une histoire de papiers et je n’ai pas compris). Puis il me répète qu’il a étudié au Sénégal pendant trois ans en bio-technologie, Sciences de la matière. – Vous n’avez pas peur d’être sur écoute, dans votre centre d’appels ? – Ils n’écoutent pas tous les appels.

Mais, très vite, il a raccroché.

Exilés – Action à la préfecture de Gap

Suite à l’occupation des bureaux de l’étage de la préfecture à Gap ce lundi matin à partir de 10h30 par des personnes solidaires des exilé-e-s (qui ont réussi à ressortir vers 12h30 sans donner leur identités, bravo !), la préfète a été obligée de donner un RDV cet après-midi même à une délégation de 6 personnes pour aborder le sujet du harcèlement administratif des demandeurs d’asile par l’État, et notamment la récente obligation de se domicilier à Marseille, rendant leurs démarches hyper compliquées depuis le 05 (allers retours en train incessants et à leurs frais  pour récupérer le moindre courrier…alors qu’ils sont logés dans le 05 !).

Mise à jour : l’entrevue avec la préfète n’a pas permis de faire évoluer la situation, celle-ci se réfugiant derrière des problèmes financiers. A l’évocation de la situation dans les Alpes-Maritimes où la préfecture a été condamnée à payer les frais de transport aux demandeurs d’asile, la préfète a suggéré de faire une procédure judiciaire pour faire appliquer la même mesure dans les Hautes-Alpes !

Sous les glaciers…la rage #1

C’est la grande première de l’émission radio d’infos sur les luttes et alternatives des Hautes-Alpes Sous les Glaciers la Rage, qui sera dès à présent diffusée chaque mois sur Radio Zinzine, radio libre des Alpes du Sud (à Gap sur 106.3 / d’Embrun à Guillestre sur 87.9 / 101.4 autour de Briançon).

 

Voilà le sommaire de la 1ère émission :

1ère partie

  • actus du 05 : recensement et aménagement du territoire / défense des services publics (afpa et hopital) / tourisme d’hiver / lutte contre les frontières / marche pour le climat et coquelicots
  • chronique du crétin des alpes = roger didier, maire de gap
  • disque du mois
  • agenda

2ème partie

Enquête et analyse sur les 2 mois de mouvement des gilets jaunes dans le 05 (écoute en 2 fois)

 

RDV le mois prochain !!

la bise

Appel des Gilets Jaunes de Montreuil en réponse à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

Article repris du site d’info ami de Paris lutte infos

Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain. Nous les remercions et leur répondons avec l’appel de Montreuil.

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

JPEG - 82.4 ko

Le gilet jaune est le symbole d’une révolte.
Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.
C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.
Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

Gilets jaunes – Revue de presse du 15 janvier par nos amis de Ricochet

RICOCHETS, média local diffusé (papier et site internet) dans la vallée de la Drôme qui vise la libre expression, ouvert à tout le monde, le plus largement possible.

 

Sélection d’articles, photos, dessins et vidéos et infos en lien avec le soulèvement en gilets jaunes, qui sera actualisée au cours de la journée du 15 janvier :

  • Macron à Grand Bourtheroulde : porter un gilet jaune ? 135 euros d’amendeLes gendarmes qui contrôlent l’entrée de la commune de Grand Bourgtheroulde ce mardi, jour de visite d’Emmanuel Macron, ont ordre d’exiger de ceux qui portent un gilet jaune qu’ils le retirent. Les personnes refusant d’obtempérer sont passibles de 135 euros d’amende a confirmé la gendarmerie à France-Soir. 1er jour du « débat » national, Le régime a une conception très …autoritaire de la libre expression !
  • Le « grand débat » lancé dans un département qui interdit les manifestations de Gilets jauneDepuis un mois, des arrêtés préfectoraux interdisent tout rassemblement des Gilets jaunes dans de nombreuses communes de l’Eure. C’est pourtant ce département que le président de la République a choisi pour lancer le « grand débat national ». Grand-Bourgtheroulde, la commune où il se rend cet après-midi, est frappée d’un arrêté semblable depuis… hier.
  • En 2017 déjà : L’ONU confirme que Macron menace gravement les droits de l’HommeDeux experts de l’ONU exhortent la France à mettre son projet de loi antiterroriste en conformité avec ses obligations internationales en matière de droits de l’homme.
  • Les gendarmes ont levé le blocage des Gilets jaunes devant une usine de Monsanto« Cette action a été décidée par les Gilets jaunes du Pays basque, des Landes et du Béarn, Peyrehorade n’étant pas loin de tous ces départements. Et comme ça nous parlait, les militants écologistes se sont joints. On n’est n’est pas à notre première convergence »
  • Gilets jaunes : le décompte des blessés gravesAprès l’acte IX marqué par onze nouveaux cas, Checknews compte désormais, au 14 janvier, 93 blessés graves parmi les gilets jaunes et les journalistes, dont 68 par des tirs de lanceur de balle de défense. Au moins treize victimes ont perdu un oeil.
  • Gilets jaunes à Bordeaux : un homme placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPNOlivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants, a été blessé samedi lors de la manifestation à Bordeaux à l’angle de l’Apple Store rue Saint-Catherine. Sa femme témoigne. Le préfet a saisi ce lundi la police des polices
  • « Je n’aurai pas perdu ma main pour rien » : le jeune Bayonnais blessé manifeste encore à Bordeaux – Le jeune Bayonnais manifeste aujourd’hui, à Bordeaux, avec les gilets jaunes. Cela un mois après qu’une grenade lacrymogène lui a arraché la main droite.
  • Gouvernement Philippe : le recasage des membres de cabinet commenceCes derniers jours, trois membres de cabinet, notamment à Matignon, ont été discrètement bombardés à de beaux postes. Signe d’une fin de règne annoncée d’Edouard Philippe ?
  • « Cela va vraiment être très violent » : des agents de Pôle emploi réagissent aux sanctions contre les chômeursLa loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.« Nous ne somme pas là pour sanctionner et radier les gens, nous sommes là pour accompagner les personnes en recherches d’emplois et calculer leurs allocations au plus juste. »
  • Matraquage d’un Gilet jaune de 55 ans à Bordeaux : que s’est-il passé ? (VIDEOS)Le matraquage d’un homme par un membre des forces de l’ordre entouré de ses collègues a été filmé à Bordeaux, le soir de l’acte 9. Pour comprendre la situation, RT France a contacté la personne ayant partagé la vidéo et le commissariat de la ville.
  • Céline Roy, l’ex-porte parole des gilets jaunes de Vesoul placée en garde à vue – L’ancienne porte-parole des gilets jaunes de Vesoul, Céline Roy, est placée en garde à vue ce mardi matin. Elle est entendue pour outrage au Préfet dans une vidéo postée sur Internet pendant le mouvement. Céline Roy a déjà été condamnée par la justice après un blocage.
  • Marlène Schiappa reçoit une leçon de marxisme de son pèreJean-Marc Schiappa, militant trotskiste, a publié un texte sur Facebook visant sa fille et ses références à l’auteur du « Capital ».

Blessé gravement par la police de Castaner {JPEG}# C’est avec l’accord de Benjamin, 23 ans, que nous publions cette photographie prise place Pey Berland par un photographe du collectif présent sur les lieux. Benjamin a été victime d’un tir au visage alors qu’il marchait le long du bâtiment.
Nous vous partageons ici les renseignements communiqués par ses proches afin qu’ils obtiennent des témoignages.
« Il s’appelle Benjamin, 23 ans, de passage à la manif, n’a pas participé ni au défilé, ni à aucun face à face avec les forces de l’ordre. Se trouvait juste là au mauvais moment. Il a passé 6 heures au bloc, les chirurgiens lui ont indiqué qu’il restait des possibilités que son œil ne soit pas totalement mort, mais qu’il fallait entre 4 et 6 mois avant de faire un diagnostic définitif sur sa vision. Il était fraichement arrivé sur Bordeaux pour suivre sa compagne qui poursuit des étude de droits, lui est, plutôt était (…) un ouvrier qualifié en soudure avec plusieurs années d’expériences malgré son jeune âge. Il a commencé à travailler en alternance à 15 ans (alors pour le côté « faites des efforts »…) et maintenant sa vie professionnelle est terminée, sa vie ne sera plus jamais la même, son handicap le poursuivra toute sa vie. »
Il est confirmé à cette heure que Benjamin à définitivement perdu l’usage de son œil droit !

Travail – Famine – Pâtes-riz

 

Nouveau sweat « sérigraphié maison » en soutien aux squats d’exilés, aux maraudes et à la lutte contre les frontières

De nouveaux sweats ont été sérigraphiés en soutien aux éxilés, au maraudes des lieux d’acceuil et à la lutte contre les frontières !

une série rouge et une série jaune
Ils sont vendus 25 balles pour soutenir les maraudes/squats.

Derrière

devant

Le prochain logo qu’on va imprimer sur sweats ou teeshirts ou papier
ça va ressembler à peu près à ça:

On cherche aussi pas mal de:
-fringues (teeshirts, sweats,…) issues de friperies, de couleur unies sans motifs imprimés,
-papiers grands formats mini A3, tous grammages,
-papiers autocollant,
-un stock de gilets jaunes…
Bref tous les supports imprimables.

Et pour cette nouvelle année qui commence, à ta santé et aux beaumettes!

Aux frontières de l’exploitation

Voir en ligne : Traductions en anglais et italien par ici

Ce 10 janvier 2019, deux camarades comparaissent devant le tribunal correctionnel de Gap. Ils sont accusés d’aide au passage illégal de la frontière franco-italienne, dans les environs de Briançon.
Il n’y a pas lieu de s’en indigner ni même de s’en étonner. Le contrôle des frontières et des marchandises et humain·es admis ou non à les franchir est une prérogative exclusive et essentielle des États.
Qui s’incarne au quotidien dans la persécution et la mise en danger par les forces de l’ordre des personnes qui tentent de rentrer et de séjourner en France sans les bons papiers.
Qui se traduit par la conclusion d’accords avec les chefs de guerre libyens, le roi du Manioc et autres dictatures, turque ou soudanaise. Le concept : l’externalisation des frontières. Les conséquences : des dizaines de milliers de vies englouties par le désert et la mer, le viol des femmes et la torture systématisées, l’internement de masse dans des camps de concentration, l’esclavage.
De Khartoum à Calais, des barbelés des camps libyens aux patrouilles nocturnes de flics dans la montagne, une seule et même politique.

Quiconque entend contester ce monopole du contrôle des frontières par l’État s’expose à une réaction du pouvoir. Réaction qui s’exprime dans ce tribunal par la voix du procureur et la future sanction des juges. Dans ce système-monde, la répression prend des formes multiples : elle est économique, policière, pénale, plus ou moins systématique et brutale selon la position à laquelle on est assigné dans l’échelle des dominations.

Carnage

Ce monde, ce système est un carnage. Un pillage sans limite de l’ensemble des ressources, rendant invivable une partie croissante des territoires que les gens sont obligés de quitter. Un carnage écologique qui se décline en extraction de la biomasse, désertification, appauvrissement des sols, assèchement et pollution massive des cours d’eau, fonte des réservoirs d’eau douce, disparition de la biodiversité et des pollinisateurs naturels, contamination chimique et nucléaire de territoires. D’Amazonie en Afrique centrale, en Mongolie, en Biélorussie ou au Japon. Partout.
Insécurité alimentaire de masse, famines, épidémies, génocides et autres fléaux s’abattent sur des pans entiers de l’humanité. Ils sont les effets et le cœur de la guerre, qu’elle soit économique, financière, ou militaire.

Le vivant en général est soumis à un comportement délirant, complètement cannibale, du système capitaliste. Tout est propre à devenir marchandise : de l’eau potable au corps des femmes, de l’AK-47 au fœtus.

Ce carnage laisse des traces irrémédiables de violence dans les histoires individuelles et collectives. Ce système sème la mort et le désert. Et plus que jamais, la misère et l’exploitation sont le lot commun de l’humanité dans son ensemble — ou presque. Dans un tel système, tôt ou tard, n’importe qui peut se retrouver et se retrouvera naufragé et devra partir pour chercher ailleurs où et comment survivre.
Dans cette guerre impitoyable contre le vivant et l’humanité, nous sommes toutes et tous des naufragé·es en devenir.

Dans cette logique, nous sommes tous·tes marchandises, ressources et fusibles de la logique de rentabilité du capital. La mondialisation s’est faite au profit de puissances industrielles et financières dans une logique de privatisation totale au prix d’une dépossession du plus grand nombre.
L’histoire des pays colonisés renferme son lot de souffrances et d’exploitation outrancières, de racisme, de négation de l’individu, de guerres, et de domination des puissances européennes.
Les monopoles industrialo-financiers occidentaux ont pu grâce aux soutien des États et de leurs armées, par l’influence et la corruption des possédants locaux des colonies ou ex-colonies, s’approprier toujours plus de matières premières, accroître leur production, s’abreuver de nouveaux marchés juteux, dans des régions où les coûts sont bas, le droit salarial quasiment absent et l’exploitation quasi-esclavagiste.

Marchandise humaine et compétition

Les migrations vers l’Europe, si marginales qu’elles soient par rapport aux mouvements migratoires dans le monde, ont généré un bruit médiatique phénoménal ces dernières années. Ces candidat·es à l’intégration représentent une aubaine à plusieurs titres. Boucs émissaires parfaits dans une période de rhétorique d’insécurité permanente, ils permettent d’acheter et de fabriquer l’électorat de l’extrême-droite. Ils justifient ensuite de renforcer aux frontières intérieures et extérieures de l’Europe, et sur tous les territoires possibles l’emploi de matériels et moyens de surveillance, contrôle, répression, enfermement, etc., un terrain de jeu et un marché lucratif pour l’industrie d’armement. Les nouveaux arrivant·es représentent enfin une main-d’œuvre idéale : arrivée auprès de l’employeur à ses propres frais, à un prix défiant toute concurrence locale, sans protection sociale ni sécurité au travail, rendue docile par les difficultés du parcours, et jetable dès qu’elle n’est plus utile.
Le patronat ne s’y trompe pas lorsqu’il affirme la nécessité de cette migration corvéable à merci. Comment pourrait-on alors encore aujourd’hui penser que l’immigration représente un problème alors qu’elle contribue à la croissance, si ce n’est pour s’assurer que les exploité·es soient mis en concurrence ?

Dans les anciennes colonies françaises comme en hexagone, on peut se retrouver à travailler pour les mêmes firmes transnationales, plus ou moins exploité·e selon que l’on dispose ou pas des bons papiers. On peut ici se sentir privilégié·e bien que « la crise » (qui n’est qu’une réorganisation de la production capitaliste) touche également la population voyant son niveau de vie reculer. Les licenciements massifs des pôles industriels (ex Arcelor Mittal) ruinent des vies ouvrières nombreuses et ne sont pas dus à la migration des humain·es mais à celle des machines et des investissements là où les coûts de production sont plus attractifs, plus « compétitifs ».

Les migrant·es sont accusé·es d’être des concurrent·es sur le marché du travail alors qu’illes sont d’autres exploité·es. Les camionneur·ses français·es ont douloureusement senti la venue des travailleur·ses d’Europe de l’est sous la forme d’une plus grande pression de leurs patrons sur les heures, le taux horaire, etc.

Le repli nationaliste, xénophobe qui se répand et peut apparaître comme une « menace pour la démocratie » est compréhensible dans ce contexte d’insécurité économique, de souffrance et de précarité qui ne sont que les effets concrets de la mise en concurrence violente du prolétariat.

Valeur(s)

Liberté, égalité, fraternité. Les valeurs invoquées par l’État dans son histoire moderne ont été et restent diverses manières d’habiller les logiques d’exploitation pour les justifier, et ce quelles que soient les références utilisées : supériorité raciale blanche, scientisme, positivisme, développement, droits de l’homme. Tous les universalismes nés dans les milieux intellectuels des pays conquérants ont été autant de valeurs mobilisées par la classe dominante pour la défense de ses intérêts propres, industriels, économiques, culturels, etc.

Loin d’être des idéaux que l’usure du fonctionnement des institutions démocratiques aurait dévoyés, ces valeurs ont été le drapeau avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde. Et ce drapeau n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Du reste, les chien·nes de garde du système, chroniqueur·ses autorisé·es et autres penseur·ses réactionnaires ne s’y trompent pas, qui ne s’appuient guère plus sur ces valeurs que pour justifier la fermeture de l’espace intérieur, où elles seront protégées d’un extérieur « barbare » : la sécurité éventuellement liberticide au nom de la liberté, ou encore l’égalité au sein d’une partie choisie de la population. Le déchainement de mépris, au nom des valeurs républicaines, qui a pu s’exprimer ces dernières semaines à l’encontre de celles et ceux qui ont pris la rue et les rond-point, affirmant leur refus d’être gouvernés et tentant de se relier et de s’organiser en conséquence, relève du même mécanisme. Là-bas, les « barbares », ici, les « foules haineuses ». En danger, les valeurs. Et pour les défendre, la force.

Aujourd’hui, l’État déploie une milice à ses frontières pour suveiller et traquer les éxilé·es. Des maraudes s’organisent pour leur porter secours, non pas par ce que la montagne, la neige et le froid sont en eux-mêmes des dangers, mais du fait de la mise en péril qu’entraîne ce déploiement sécuritaire. Et la justice pourchasse celles et ceux qui y prennent part. Le message se veut clair : quiconque entend traduire en actes des valeurs pourtant gravées au fronton de tous les bâtiments publics peut finir en taule.

Dès lors, peut on attendre d’un tribunal qu’il rétablisse, au nom de ces valeurs, un prétendu « État de droit » qui n’est, en définitive, rien d’autre que l’expression d’un rapport de forces, celui du totalitarisme capitaliste et des violences qui, partout, toujours, l’accompagnent ?
Peut-on même invoquer ces valeurs dans une sorte d’absolu qui évacuerait la question de fond des rapports d’oppression qui, pourtant, conditionnent la possibilité de leur réalisation ?
Nous ne voulons plus croire en ce mensonge. Dans la guerre qu’il mène contre le vivant et l’humanité, ce système, dont l’État n’est qu’un rouage, n’admet qu’une valeur : celle du profit.

Et alors ?

Quelle possibilité pour une lutte dans le Briançonnais, territoire où la classe prolétaire (saisonniers des stations et précaires du bâtiment) est atomisée et pour une part importante itinérante, donc peu organisée face à la classe exploiteuse, et qui se retrouvera à la rue quand le réchauffement climatique aura fait fondre les espoirs de loisirs de neige ? Quelle lutte dans un territoire où la classe possédante profite de l’exploitation touristique de la montagne mise en scène comme un espace sauvage, préservé dans un spectacle caractéristique du capitalisme de loisirs ? Quelle lutte possible dans un territoire où les forces de l’ordre sont chargées d’assurer que les « indésirables » soient invisibles dans ce décor de carte postale ?
Bousculer cet ordre frontalier implique de remettre en cause l’ensemble de l’industrie de loisirs qui n’est qu’une forme locale du carnage mondial.

Ni ici ni ailleurs, nous ne voulons qu’une infime minorité prenne les décisions, accumule les richesses extorquées. Ni ici ni ailleurs, nous ne pouvons ignorer le carnage. Mais une perspective où l’on aide un·e « autre » quand tant d’autres restent livré·es à eux-mêmes peut-elle suffire ? Peut-on imaginer nous extraire du carnage, nous émanciper collectivement autrement que dans une lutte commune ? Peut-on faire autrement que lutter dans chaque situation où nous percevons nos intérêts communs pour les réaffirmer et nous libérer ensemble, à partir d’une conscience de condition commune, entre exploité·es et face aux exploiteurs ? Peut-on s’opposer plus longtemps aux politiques racistes d’État sans s’associer avec les principaux concernés, la où ils et elles s’organisent et luttent déjà ? Peut-on combattre les violences policières sans une analyse systémique qui prenne en compte a minima l’ensemble des perspectives évoquées ici ?

P.-S.

Texte imaginé et rédigé par un collectif de personnes socialement hétéroclites mais qui sont toutes blanches et avec les papiers nationaux français. Ce texte est une première étape, une version indispensable pour commencer à poser les éléments d’une réflexion base d’une lutte. Si tu as envie de le modifier, de l’enrichir, le développer, zyva.

3+4 de Briançon – Retour sonore sur le procès du 8 novembre

Le 8 novembre 2018, à Gap, 7 personnes sont convoqué.e.s pour « aide au passage de la frontière à des sans-papiers, en bande organisée « .

La situation à la frontière franco-italienne dans le Briançonnais est de plus en plus tendue. Les « solidaires » sont traqué.e.s, les exilé.e.s dépouillé.e.s, les situations de plus en plus invisibilisées.

Ce procès est le reflet d’une réalité qui s’ancre sans mesure dans le refus d’accueillir, la répression commanditée, l’état aux manettes.

Près de 1200 soutiens étaient présent.e.s devant le tribunal.

Voici quelques sons qui relatent l’ambiance de la journée.

https://audioblog.arteradio.com/blog/98675/podcast/130568

COPYLEFT – Faites tourner !

Ouverture du CENTRE SOCIAL AUTOGERE à Gap, Rue de l’Imprimerie

Ouverture du
CENTRE SOCIAL AUTOGERE
à Gap, Rue de l’Imprimerie

* Reportage audio sur le Cesaï *

Tract.pdf

N’attendons plus rien de la part de l’État et des institutions qui de toutes façons ne jouent pas leur rôle et ne respectent pas leurs propres lois.

Face à la situation des exilés et laissés-pour-compte, à la misère social et au vide culturel de la ville de Gap, le CESAÏ (centre social autogéré) ouvre ses portes rue de l’Imprimerie. Son but est de proposer un hébergement, un lieu de solidarité, d’organisation et des activités libres et gratuites.

Réapproprions-nous nos vi(ll)es.

A toutes les copines et copains ayant besoin de changer d’air vous êtes les
bienvenues, ici nous avons besoin de vous.


On a besoin de matériel (liste non exhaustive):
* Matériel de nétoyage : balais, seaux,
serpillière pelle, aspirateur…
* Matelas, couvertures, draps, rallonge,
multiprise, rideaux, meubles en tout
genres, chauffage…
* Outillage>>> de plomberie(plombier),
d’électricité, clous, vis, bois, étais, colle,
peinture, extincteurs, électroportatifs…
* Matos cuisine>>> trépieds, gamelles,
casseroles, verres, ustensiles.
* Et votre bonne humeur ainsi que votre énergie débordante !

Contact : cesai at riseup.net