1er Mai Contre l’Etat et le capitalisme : Action directe et Anarchiste !

1 mai 2021 à Gap

CONTRE L’ETAT ET LES PATRONS, ACTION DIRECTE ET ANARCHISTE!

–  RDV 10h30  devant la Bourse du travail

Cortège rouge et noir, ramenez de quoi faire un cortège festif et déter !

– Arrivé au parc de la pépinière : Apéro et Cantine pour une bouffe populaire et convivial !
Exposition sur la Commune, Chants révolutionnaire, Table de presse, infokiosques, discussions, prise de parole.

Toute initiative est la bienvenue!

 

Union des Travailleuses et Travailleurs Antiautoritaires appelle à manifester ce 1mai, sur les bases qui font pour nous l’essence de cette date, le souvenir des « martyrs de

chicago » 8 anarchistes assassinés par l’état bourgeois suite aux manifestations à HYMARKET aux Etats Unis.

Ils réclamaient la limitation du temps de travail, les trois 8 (8heures de travail , 8heures de sommeil, 8heures de culture) mais ces revendications avaient pour but de cristalliser un besoin pour faire émerger quelque chose de plus vaste et plus juste que la revendication immédiate.

Ce but était l’abolition réel des privilèges, l’émancipation complété de l’humanité, la fin de l’exploitation salariale ….. l’anarchie !

Le 1er mai n’est ni la fête du travail, ni la fête des travailleurs.ses mais bien la journée internationale de revendications et de solidarité qui s’est soldée par des bains de sang, des travailleurs de Chicago à Istanbul, en passant par Paris et Fourmies…

Il y a un an, le 1er mai 2020 (cf: https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/05/01/un-1er-mai-deconfine-et-dans-la-rue-a-gap/) en plein confinement une manifestation autonome de 100 personnes à parcouru les rues de Gap.

Nous ne pouvons laisser le dictat de l’Etat s’imposer à nos libertés. En cette année d’anniversaire des 150 ans de la Commune, ou à Paris (et d’autre ville Narbonne, Creusot, ect..) était libre et aux mains du peuple de la Commune pendant ces trois mois d’avancées sociales et révolutionnaires.

Quoi de plus normale d’aller occuper la rue et crié notre rage ! Contre les attaques de l’Etat bourgeois aux travailleurs-ses, aux exilées, contre la réforme de l’assurance chômage et des retraites.

Que l’émancipation des travailleurs et travailleuses sera l’oeuvre des travailleuses et travailleurs eux-elles mêmes !!!!!

On est là! La Commune n’est pas morte!

 

A l’initiative de l’UTTA (Union des travailleuses et Travailleurs Antiautoritaire) et du Café Taule

utta at riseup.net – cafe_taule at riseup.net

Ps : Pour venir de plus de 10km, une attestation de déplacement dérogatoire «droit à manifester» est disponible la :  Attestation manif.

Rassemblement le 8 mai contre la privatisation des barrages et des services publics

le 8 mai à 12h rendez-vous devant l’usine du barrage de Serre-Pançon 

RASSEMBLEMENT/DÉAMBULATION/PIQUE-NIQUE

Stop au self service, résistons ensemble contre le vol de nos biens
communs. Il est temps de réinventer les services publics.
Ces services du 21ème siècle devront être
démocratiques, débureaucratisés, humains, non numérisés et décentralisés.
Nous appelons toutes les organisations citoyennes, syndicales,
associatives, Monsieur et Madame tout le monde qui le souhaitent à rejoindre cette mobilisation.
Les biens communs appartiennent à la population.
L’état se doit d’être au service de la population et pas le contraire.


Quand tout sera privé on sera privé de tout !!

Tribune collective pour une véritable liberté d’expression et d’information – Soutien au média Ricochets

Le 10 mars 2021, la presse locale indiquait que le préfet de la Drôme avait de nouveau lancé une plainte contre le média libre et participatif de la Drôme RICOCHETS (http://ricochets.cc) suite à la publication d’un article provenant d’un collectif se voulant solidaire des saboteurs et saboteuses d’installations internet et mobile dans la Drôme par rapport à leur répression (voir notre communiqué).

Cet article visé par les autorités locales voulait visiblement lancer le débat sur le sujet de la prolifération des antennes 5G et autres installations technologiques, sur le problème des atteintes écologiques par le système en place et l’économie numérique, et sur les manières d’y faire face.

Par cette tribune, nous, citoyen.ne.s, médias, organisations, collectifs, associations :

  • Apportons notre soutien au média Ricochets qui subit des pressions innacceptables et demandons la levée des éventuelles poursuites dont il fait l’objet.
  • Dénonçons les pressions et répressions visant les journalistes, lanceurs d’alerte et médias en tout genre (lois « sécurité globale » et « séparatismes », amendement autorisant l’extension du fichage des opinions, cellule DEMETER, loi sur le « secret des affaires »…).
  • Revendiquons le droit à la liberté d’expression et d’opinion, vecteurs de débats même pour les sujets sensibles.
  • Dénoncons le délétère climat de surveillance et de répression policière qui s’accroit partout.

Beaucoup de personnes, d’organisations militantes ou non et venant de divers horizons, ont déjà protesté contre ces mesures liberticides depuis plusieurs mois. Cette lutte est essentielle car la question des libertés fondamentales et de l’expression nous concerne toutes et tous, et concerne toutes les autres luttes, tous les engagements sociaux, politiques, écologiques, féministes, etc.

https://ricochets.cc/Tribune-collective-pour-une-veritable-liberte-d-expression-et-d-information-Soutien-au-media-RICOCHETS.html?lang=fr

Carapatage, une nouvelle émission de radio contre les prisons

« Carapatage, c’est une émission contre les prisons, la répression et le
contrôle à travers l’actualité de l’enfermement mais aussi son histoire,
en racontant les luttes à l’intérieur et à l’extérieur en échangeant ce
qu’on a vu, lu et entendu.
Carapatage, c’est tous les 1er et 3e mercredis du mois de 20H30 à 22H30,
sur radio libertaire, 89.4 FM (en Île-de-France). »

Depuis début octobre, vous pouvez retrouver cette nouvelle émission de
radio anticarcérale sur les ondes.
On peut l’écouter sur 89.4FM en Île-de-France (reçue dans les prisons de
la région) le 1er et 3e mercredi du mois à 20h30 et la réécouter en
podcast, quand on veut.

Dans Carapatage, on parle de l’enfermement au sens large, dans les
prisons, les CRA, les hôpitaux psychiatriques ou les lieux d’enfermement
pour mineurs mais aussi des proches de personnes enfermés. On peut y
écouter aussi des émissions autour de l’enfermement et du contrôle qui
se prolongent à l’extérieur, avec les peines « alternatives » où autour
des « échanges internationaux » en matière d’enfermement.

Podcasts des 12 premières émissions disponibles, prochaine émission le
mercredi 7 avril !

Où nous trouver :

En direct à la radio, sur 89.4 fm ou en streaming, sur
https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/streaming/, de 20h30 à
22h30 le 1er et 3e mercredi mois
Prochaines émissions : mercredi 17 février, mercredi 3 mars,
mercredi 17 mars
Sur le blog https://carapatage.noblogs.org/ (avec les podcasts des
émissions)
Par mail : carapatage@riseup.net
Sur instagram @carapatage
Par courrier : Carapatage, 4 villa Stendhal, 75020 Paris.

Mémoire : quand la France bombardait l’Algérie avec des armes nucléaires

Pour devenir une puissance nucléaire, la France n’a pas hésité à commettre ses essais terrifiants à l’air libre et en sous-sol en Algérie. Les stigmates de ces explosions sont encore visibles tant sur les habitants sur sur leurs terres. Et la France refuse toujours d’indemniser les victimes.

Lire la suite sur le site de la coordination anti-nucléaire sud-est

19 ans de prison pour avoir chanté en kurde

À 33 ans, Nûdem Durak purge une peine de 19 ans pour avoir chanté et persisté à chanter en kurde. Le kurde est sa langue maternelle ainsi que celle parlée par 40 millions de personnes. Son seul tort, celui d’être née et de vivre en Turquie, sous l’autorité Recep Tayyip Erdoğan, sinistre président, qui a décidé et met en œuvre l’anéantissement du peuple kurde.

L’article complet sur le site abyayala

Le lien vers la video ici

Retour sur une autoréduction à Paris et appel à démultiplier les actions

Retour sur l’autoréduction [du samedi 30 janvier] à Paris, action au cours de laquelle une soixantaine de militant.es ont bloqué les caisses d’un supermarché et obtenu l’accord de la direction pour partir avec le contenu de tous les caddies remplis de produits alimentaires et d’hygiène de première nécessité.

Nous étions samedi dernier une soixantaine de militant.es à réaliser une action d’autoréduction au Carrefour Market de la rue Nationale dans le 13e arrondissement de Paris. Notre but : réquisitionner des produits alimentaires et hygiéniques de première nécessité. Pendant toute la durée de la négociation, les caisses ont été bloquées, des tracts distribués aux salarié.es comme aux client.es et des slogans entonnés. Deux banderoles portaient nos messages : « Face à la précarité : Solidarité ! » et « Au Brésil, Carrefour assassine » car nous ne voulions pas oublier le meurtre de Joao Batista Rodrigues Freitas, un homme noir tabassé à mort en novembre dernier par des vigiles de Carrefour à Porto Alegre. Cet homicide avait entrainé de nombreuses manifestations et actions contre le groupe Carrefour au Brésil.

Lire la suite sur Paris-luttes

Recherche Traduteur-ices

HELLO! Si tu parles une langue étrangère (italien,anglais,all…)et que,tu veux te faire un kiff ou juste si tu as la motive pour traduire quelques textes,ce texte que nous partageons et pour toi.

https://bureburebure.info/appel-a-traductions-bureburebure/

Salut à toi qui lis le français !

Afin de rendre le site, ses articles et la lutte contre CIGEO (!) plus
accessibles à celleux qui ne parlent/lisent pas le français, nous
lançons un appel à traductions des articles de bureburebure.info vers
l’anglais, l’allemand, l’italien et le castillan. Si tu maîtrises
couramment l’une de ces langues ainsi que le français, n’hésite pas à
traduire les articles non-traduits dans les pages en anglais, allemand,
italien et castillan.

Si tu souhaites te lancer dans des traductions régulières vers une autre
langue, c’est bienvenu aussi ! En plus des articles, il existe des
brochures qu’il est possible de traduire! Si tu veux nous envoyer des
ressources antinucléaires dans d’autres langues, n’hésite pas. Toute
aide, même ponctuelle, est bienvenue, afin de rendre les informations
plus accessibles sur le long terme.

Comment faire ? Il te suffit de choisir un article que tu souhaiterais
traduire (après avoir vérifié qu’il n’est pas déjà publié dans la langue
où tu souhaiterais le traduire), tu le traduis, et tu envoies le texte
(titre compris) à traductions-bureburebure[a]riseup.net ; Une fois le
mail reçu, l’article sera publié dans sa catégorie linguistique.

Merci !

Prison ferme pour un membre du collectif « Désarmons les » !

Depuis des années, le collectif Désarmons les mène un travail précieux de documentation, de recensement et de partage de savoir autour des violences policières et des armes du maintien de l’ordre. Désarmons-les est intervenu plusieurs fois à Nantes, et a toujours apporté son soutien aux blessés dans notre ville.

L’un de ses membres, Ian, qui avait été violenté et arrêté lors d’une manifestation à Montpellier, vient de prendre une peine de prison ferme pour l’exemple.*Nous appelons à soutenir Ian et partageons le communiqué de Désarmons-les* :

« Communiqué suite à la condamnation d’un membre de Désarmons-les !

Ce jeudi 3 décembre au tribunal de Montpellier, ian, membre de Désarmons-les, se faisait juger sur la base d’un faux en écriture publique réalisé par un agent des Compagnies départementales d’intervention, Jean-Charles Notolan. Ce dernier, après avoir maltraité une observatrice de la LDH au cours de la manifestation du 28 septembre 2019 [1], en lui assénant des coups répétés de bouclier (affaire faisant l’objet d’une plainte IGPN de la part de ladite observatrice), s’était plaint de violences imaginaires de la part de ian, mais aussi d’outrage (il faut bien arrondir sa paie), avant que ses collègues n’ajoutent un délit de groupement en vue de commettre des violences, prétextant la présence dans sa sacoche d’un résidu de grenade lacrymogène percutée [2]

Le déroulé des faits avait été publié ici : https://desarmons.net/2019/10/01/ianb-membre-de-desarmons-les-revient-sur-son-arrestation-a-montpellier-le-28-septembre-2019

Une affaire somme toute banale qui ne laissait pas présager un coup de massue comme celui qui est tombé sur la tête de ian en fin d’audience : *8 mois de prison ferme et 600 euros* au titre des dommages et intérêts !

L’audience s’est avérée être une farce, dans laquelle le procureur Lionel Sabater Bono, la juge Gisèle Bresdin et l’avocat du policier Panis Guilhem se sont livrés à des simagrées digne d’un tartuffe. Dans leurs certitudes bourgeoises, le policier est couvert d’un blanc-seing qui l’absout par avance de tout mensonge et de toute violence sous prétexte qu’il a prêté serment (la réalité des abus et violences dénoncée à corps et à cris par l’ensemble de la société leur est indifférente) : malgré les évidences criantes, leur prisme d’analyse totalement binaire et manichéen les amène à considérer toute personne critique envers l’action des forces de l’ordre comme un parasite à écraser sous sa botte, à réduire au silence. Et c’est ainsi que ian a été traité tout au long de l’audience, avec un violent mépris, sans retenue.

Dans une ambiance d’abattage caractéristique des audiences de comparution immédiate, ian s’est d’abord vu reprocher les deux renvois antérieurs de l’affaire, alors que la justice, débordée en raison du zèle agressif de la police, n’avait pas su trouver elle-même le temps de le juger lors de la précédente audience. Ian devenait soudainement responsable de leur propre incurie, alors même qu’il aurait préféré être jugé lors de la précédente audience, renvoyée à 20h30 après un après-midi d’attente.

La juge Bresdin a eu son moment d’éructation primitive, vociférant à qui voulait bien l’écouter que ian avait déployé ce 28 septembre une “violence inouïe contre les policiers”. Brandissant les captures d’écran d’enregistrements de vidéosurveillance que la cour a étrangement refusé de visionner, elle s’est mise à annoner “Votre visage est déformé ! Regardez là, et là, votre visage est déformé !” tandis que ian tentait de l’interrompre en lui enjoignant de se calmer et pour lui rappeler que la capture d’écran d’un visage ne pouvait être extraite comme ça de son contexte et ne caractérisait pas des violences. Inutile, car la raison n’était à l’évidence pas au rendez-vous.

Le procureur Lionel Sabater Bono, d’une médiocrité rhétorique assourdissante, s’est ensuite empêtré dans un réquisitoire honteux, présentant ian comme un complice du terrorisme, du fait qu’il prenait l’initiative de réagir aux injustices au lieu de laisser faire la police : “Si Mohammed Merah se faisait interpeller par la police, vous le sauveriez aussi ?” (SIC). Dans son argumentaire scabreux, il s’est également retrouvé involontairement à comparer les policiers avec des chiens enragés : “Si des chiens attrapaient quelqu’un par les crocs, vous iriez vous jeter dans leurs griffes pour le libérer ?” Au delà de l’ineptie de la question, le pire est sans doute que la réponse normale devrait être “oui”. Au vu du pâle personnage, on se doute qu’il fait plutôt partie de ceux qui laissent faire les pires injustices. Et si l’on devait ici énumérer les autres imbécilités prononcées par ce serviteur de la police (comme il l’a bien dit lui-même en introduction de sa prise de parole), ce texte ne trouverait sans doute pas de fin. Au final, il a requis 5 mois de prison ferme comme on commande une glace à la vanille au kiosque voisin. Ces gens là détruisent des vies avec une facilité déconcertante.

L’avocat du policier Panis Guilhem ne fut pas en reste, déblatérant sans conviction le discours coutumier d’un avocat de policier : la pression, la fatigue, le terrorisme, les méchants gilets jaunes, le malaise, blablabla. Il s’est même pris à inventer la présence de “gants de protection et de tout un attirail” dans la sacoche de ian, avant d’être contredis dans la foulée (NB : ce qui n’est pas dans la fouille n’existe pas, il ne faut pas l’inventer). Pour défendre son menteur de client (l’argent n’a pas d’odeur), le mauvais avocat a donc menti lui aussi (c’est si facile quand on est du côté du pouvoir) et s’est contenté de demander la peine la plus sévère pour ian, qui avait commis à n’en pas douter les pires des méfaits.

Il est inutile d’énumérer toutes les élucubrations prononcées lors de cette audience, tant l’indécence des acteurs de cette mascarade est caractérisée. La connivence entre les un-es et les autres sautait aux yeux. Tous les acteur-ices contre laquelle Ian se bat y étaient réuni-es : une police violente, mensongère, faisant régner la terreur au nom de lois iniques, et une institution judiciaire et ses valets, dont les verdicts dépendent de l’humeur d’un-e procureur-e « au service » et d’un-e juge partiale du fait de sa position sociale, prompt à envoyer en prison tout-es celles et ceux qui sont traîné-es devant ell/eux.

Ce qu’on retient, c’est que le déroulement d’une telle audience témoigne de la manière dont se passent la plupart des procès au pénal. On sait pourquoi les prisons sont saturées…

En définitive, Ian a été condamné à 8 mois de prison ferme pour une paume de main sur un bouclier, un outrage non caractérisé (“putes à Macron”), un cadavre de grenade lacrymogène emballée dans un sac en papier et un refus de prélèvement ADN. Notolan, lui, reçoit 600 euros au passage pour payer des cadeaux de Noël à ses enfants… Gosses de menteur ! [3]Pour ses proches et ami-es il est une évidence, au vu des faits et des poursuite engagées, que Ian subit un acharnement policier et judiciaire lié à son combat politique, contre les violences d’Etat, à son soutien aux familles de victimes de crimes policiers, aux mutilé-es, aux blessé-es et aux victimes de violences judiciaires; ainsi qu’à son implication tant au niveau local que national, et international. Ce n’est en effet pas la première affaire au cours de laquelle ian est poursuivi sur la base de procès verbaux mensongers établis par des policiers et d’accusations affabulatoires de violences. Dans ce dossier, les mentions au TAJ et l’identité politique de ian sont encore une fois venues donner à l’affaire une couleur politique, transformant une affaire anodine en procès politique.

Ian a 10 jours pour interjeter l’appel, avec le risque que les institutions judiciaires engorgées de Montpellier sanctionnent cet appel d’une peine plus lourde encore. *Justice expéditive, sur-judiciarisation et frénésie policière s’associent dans une fuite en avant, une politique de la “tolérance zéro” *qui conduit à la construction de nouvelles prisons, un machine à enfermer, briser des vies pour préserver aveuglément et autoritairement une “tranquillité publique”. La tranquillité au prix des libertés, on a compris le message : l’Etat policier et judiciaire avance à pas de géants avec des politiciens, des juges, des procureurs, des cadres de police qui n’ont pas de yeux, pas d’oreilles, mais une grande bouche qui vocifère et légifère frénétiquement derrière ses murailles barbelées, bardées de caméras et gardées par une horde policière aux abois, débridée et incitée à mordre sans retenue. Présomption de culpabilité, délit d’intention, justice expéditive, préventive et punitive, partialité politique des magistrats, droits de la défense piétinés, procès inéquitables, le système judiciaire, encouragé par une politique revancharde, anxiogène et xénophobe, montre chaque jour davantage le masque grimaçant d’une grande imposture.

Il est toujours temps de réagir.

Le collectif Désarmons-les !

NOTES :

[1] Les observateur-ices de la LDH de Montpellier subissent eux-mêmes un harcèlement policier dans leur travail : https://lepoing.net/ligue-des-droits-de-lhomme-de-montpellier-2-police-0-camille-halut-encore-relaxee <https://lepoing.net/ligue-des-droits-de-lhomme-de-montpellier-2-police-0-camille-halut-encore-relaxee/?fbclid=IwAR3GzvkfbDei_7XvXfLaoLg085LVflUOYymEfJhsF2N81ErIUevPc0R5gjk>

[2] Le collectif Désarmons-les collecte notoirement des restes de grenades pour ses travaux d’information sur les armements du maintien de l’ordre.

[3] A ce sujet, lire l’article ancien mais plus que d’actualité à propos du business juteux des outrages et rebellions pour des flics et leurs avocats : https://paris-luttes.info/outrage-et-rebellion-un-bon-filon <https://paris-luttes.info/outrage-et-rebellion-un-bon-filon?lang=fr&fbclid=IwAR31xjnxDqJxCqjy7q1REXLReIx-T8F0NTOiLE5vEz5mbscMGJzKbCIo7v8>

Source : https://desarmons.net/2020/12/04/communique-suite-a-la-condamnation-dun-membre-de-desarmons-les <https://desarmons.net/2020/12/04/communique-suite-a-la-condamnation-dun-membre-de-desarmons-les/?fbclid=IwAR31xjnxDqJxCqjy7q1REXLReIx-T8F0NTOiLE5vEz5mbscMGJzKbCIo7v8>

Lu sur: https://www.nantes-revoltee.com/prison-ferme-pour-un-membre-du-collectif-desarmons-les/

Procès de travailleur.euses détaché.e.s contre Laboral Terra et 7 entreprises agricoles françaises

Luttons contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère et contre les discriminations, pour une égalité de droits entre tous les travailleur.euse.s du monde agricole !

Mardi 16 juin 2020¹, au conseil de prud’hommes d’Arles, est prévue une nouvelle audience du procès de cinq travailleur.euse.s agricoles marocain.e.s et espagnol.e.s contre l’entreprise de travail temporaire (ETT) Laboral Terra et sept entreprises agricoles françaises. Face aux multiples renvois et au dépôt de bilan de l’ETT Laboral Terra qui a perturbé le déroulement de l’affaire, cette nouvelle audience devrait être l’ultime étape de cette procédure entamée en 2017 ! Cette plainte a été déposée pour des motifs de travail dissimulé, de non-paiement d’heures travaillées, de non-respect des personnes, du code du travail et des conventions collectives.

Parallèlement à cette affaire, une autre plainte a été déposée par une partie de ces travailleur.euse.s auprès du procureur de la République d’Avignon pour faire la lumière sur les conditions de travail de ces salarié.e.s. L’enquête est toujours en cours.

Le patriotisme alimentaire de circonstance et la rhétorique martiale du gouvernement appelant à « lever une armée de volontaires » pour « sauver l’agriculture française » cache mal ce que la fermeture des frontières consécutive à la pandémie liée au Covid-19 a rendu manifeste : la dépendance de la société entière aux travailleur.euse.s saisonnier.ère.s agricoles étranger.ère.s venant chaque année combler le besoin de main-d’œuvre dit « temporaire » des exploitations agricoles françaises.

Il est important de dépasser les discours dominants qui réduisent les travailleur.euse.s détaché.e.s à une variable d’ajustement aisément remplaçable par des volontaires dévoué.e.s, alors que leur présence constitue au contraire une nécessité structurelle du système agro-industriel. D’ailleurs les employeurs le savent bien, puisqu’ils vantent tous, le professionnalisme et les compétences de cette main-d’œuvre étrangère indispensable au fonctionnement de leurs entreprises. Il est d’autant plus urgent d’apporter un autre éclairage sur les enseignements de cette crise, condamner les inégalités de traitement, de qualification et de rémunération, tout en renforçant la solidarité avec et entre les travailleur.eus.es de la terre.

Ainsi, nous avons besoin d’une décision forte de la part du Conseil de prud’hommes d’Arles pour dénoncer le dumping social à l’œuvre, les pratiques illégales et indignes qui dégradent les conditions d’existence des travailleur.euse.s détaché.e.s, et la logique d’exploitation, de discrimination systémique qui gouverne et grangrène l’emploi dans le monde agricole contemporain.

Le 4 mai 2020, CODETRAS – Collectif de défense des travailleur.euse.s étranger.ère.s dans l’agriculture

¹ Le procès qui devait se tenir initialement le 12 mai a été reporté au 16 juin. L’audience pourrait se tenir à huis clos pour des raisons sanitaires.

Bas les masques ! Un appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire !

Appel repris depuis le site https://mars-infos.org

 

Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

 

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnel.le.s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée », qui sont exposé.e.s pour faire tourner la machine.
Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en œuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.
Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnel.le.s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs.euses « essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps).
Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

« Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante.

Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes.
N’hésitez pas à la diffuser partout autour de vous !
Pour rejoindre l’initiative « Bas les masques ! »

Travailleurs étrangers agricoles, l’exploitation en plus de la crise sanitaire

La fermeture des frontières et les mesures de confinement mises en place suite à l’épidémie du coronavirus ont rendu criante la nécessité d’embauche des travailleurs étrangers saisonniers pour le maintien de la production dans les grandes exploitations agricoles en France et dans différents pays de l’Europe de l’ouest. Comme on peut le lire dans l’un des articles proposé ci-dessous : « Cette difficulté à recruter de la main-d’œuvre saisonnière, incontournable dans le secteur, jette une lumière crue sur le système du premier pays agricole européen. Les grosses exploitations françaises reposent en grande partie sur l’emploi précaire d’une main-d’œuvre étrangère, mal payée, souvent externalisée, invisibilisée dans les statistiques et parfois non déclarée. »

Les solutions envisagées récemment pour pallier à ce manque de main d’œuvre prennent ainsi différentes formes selon les pays : affrètement par vols charters depuis les pays de provenance des ouvriers agricoles jusqu’au pays d’embauche comme pour l’Allemagne, l’Autriche ou l’Angleterre, proposition de régularisation massive de travailleurs sans papiers en Italie, ou encore grande opération de recrutement cherchant à substituer les travailleurs étrangers par une main d’œuvre locale en France. Le respect de la santé des travailleurs et les précautions sanitaires face à l’épidémie trouvent ici encore, comme dans bien d’autres secteurs, des limites s’arrêtant aux besoins de l’économie. Et si le recours massif à l’exploitation de la main d’œuvre étrangère nécessaire à la compétitivité du secteur agricole ne peut être aujourd’hui que difficilement nié, les conditions de travail ne sont pas pour autant améliorées, et la liberté de circulation des personnes demeure quant à elle encore et toujours soumise aux intérêts financiers…

Quelques articles à lire :

– Communiqué – Collectif de Défense des travailleur-euses étranger-ères dans l’agriculture

Créé en 2003, les objectifs du CODETRAS restent la lutte contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère, contre les dénis de droits, contre les discriminations et contre toutes formes d’exploitation dans l’agriculture. Il associe en son sein des paysans, des syndicats, des associations, des militants, des chercheurs.ses, des journalistes, des avocats et juristes…

Publié sur Mars Infos Autonomes, le 30 avril : https://mars-infos.org/communique-collectif-de-defense-5051

– Derrière l’appel à la main-d’œuvre, les difficultés d’un monde agricole précarisé

L’appel à venir renforcer « la grande armée de l’agriculture », lancé par le ministère de l’agriculture, a vu affluer quelque 240 000 candidats. Mais la plupart restent sans réponse, tant les offres d’emploi restent limitées. Explications sur la précarisation du monde salarial agricole.

Paru dans Médiapart, le 21 avril.

– Appel à travailler dans les champs : « Tout est fait pour maintenir un système qui précarise et appauvrit »

Face au manque de main d’œuvre étrangère, plus de 200 000 personnes se sont portées candidates pour rejoindre des exploitations agricoles. Des professionnels s’inquiètent cependant de cet afflux précipité de travailleurs, mal préparés à affronter des conditions d’emploi difficiles, voire dangereuses.

Paru dans Bastamag, le 17 avril : https://www.bastamag.net/contrat-saisonnier-agricole-condition-de-travail-SMIC-pesticides-TMS-covid19-coronavirus

– Travailleuses détachées dans l’agriculture, elles racontent leur calvaire en France

Les « travailleurs détachés » — qui viennent de Pologne, d’Espagne, de Roumanie… — fournissent une grande part de la main d’œuvre dans les campagnes françaises. Ce statut vulnérable et précaire permet de nombreux abus, dont sont notamment victimes les femmes, que certaines ont courageusement décidé de dénoncer.

Article plus ancien paru le 20 janvier dans Reporterre, mais qui revient notamment sur le procès porté par cinq travailleurs et travailleuses marocain.es contre leurs employeurs et dont l’audience se tiendra prochainement : https://reporterre.net/Travailleuses-detachees-dans-l-agriculture-elles-racontent-leur-calvaire-en-France

Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

Source : mars-infos.org

Comment contester une amende, quels sont mes droits, qu’est-ce qui a changé avec l’état d’urgence sanitaire, comment faire une demande de mise en liberté… Un guide pour tenter d’apporter quelques moyens et informations afin d’arriver à déjouer la répression policière et judiciaire.

Ce guide a été réalisé au mieux de nos connaissances, des recherches que nous avons effectuées, et avec le retour d’avocat·es que nous avons consulté·es. Cependant nous ne nous prévalons d’aucune expertise en la matière.

Il se peut qu’il y ait des erreurs, que la pratique diffère grandement de la théorie, et de plus tant le droit que les pratiques judiciaires évoluent rapidement sur les questions liées au confinement, notamment sur les aspects liés à la détention. Il y a également plusieurs procédures en cours contre le délit de non-respect du confinement.

N’hésitez pas à nous écrire à legalteam-marseille@riseup.net pour nous signaler d’éventuelles erreurs, pour nous faire part de vos retours d’expériences, ou pour nous informer d’évolutions dans les procédures.

Sommaire de la brochure

  •  Contester une amende pour non respect du confinement
  •  Fouilles
  •  Garde à vue et convocations
  •  Délit de violation répétée du confinement
  •  CRA : Demande de mise en liberté
  •  Taule : Demande de mise en liberté et aménagement de peine
Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

Depuis le 17 mars, l’état impose un confinement extrêmement strict en France et a pris plusieurs mesures afin de contrôler les déplacements de chaque personne. Avec la mise en place de l’état d’urgence sanitaire, il s’est rapidement donné des moyens de plus en plus illimités de frapper une nouvelle fois, dans les corps, les esprits et au porte-monnaie, une large partie de la population.

Depuis le début du confinement, les réseaux sociaux et les médias diffusent chaque jour ces pratiques policières qui ne sont pas nouvelles (notamment pour les quartiers populaires, les personnes en lutte, les précaires…), mais qui sont largement accentuées et normalisées par la situation. Chaque jour des dizaines de milliers d’amendes sont distribuées (480 000 recensées au 6 avril), et les directives données à la police durant cette période lui permettent d’augmenter les contrôles d’identité, d’établir des fouilles partout sur le territoire, de harceler une partie de la population ou de s’attaquer physiquement aux personnes. Alors que nous devons rester confiné·es chez nous, la police continue donc son travail en compagnie de la justice, en maintenant les possibilités de garde à vue ou de comparution immédiate.

En France comme ailleurs, les personnes enfermées en prison et en centre de rétention administrative subissent un traitement particulièrement violent de la part de toutes les forces répressives. Suite à la suppression des parloirs et de toute activité possible, les prisonnier·es ont montré à plusieurs reprises leurs désaccords face aux administrations pénitentiaires, au prix de sanctions judiciaires ou physiques importantes. Par ces choix, l’état maintient et renforce cette gestion inhumaine des populations. Nous voulons ici affirmer notre soutien aux prisonnier·es et à toutes les formes d’opposition qu’ils et elles peuvent mettre en place pour conserver leur peu de droits encore existants et pour déstabiliser et mettre à mal l’administration pénitentiaire. Pour cela, des modèles de lettres de demande de mise en liberté sont en lien à la fin des chapitres correspondants. Bien sûr, ces procédures permettent à l’état de trier les « bon·nes » et les « mauvais·es » prisonnier·es en étudiant leurs profils. Cependant, il nous semble important que chaque personne incarcérée et leurs proches puissent, s’ils et elles le souhaitent, disposer de ces informations pour tenter de sortir de prison ou de CRA. Pour suivre la situation et les différentes luttes en cours à ce sujet, les émissions Parloir Libre sur Radio Galère et celle diffusée par l’envolée.net s’en font le relais plusieurs fois par semaine.

Le constat est accablant : encore une fois, les classes sociales les plus précaires sont touchées, et toute expression déviante de la parole du pouvoir est criminalisée. On voit chaque jour de plus en plus de personnes nécessitant un approvisionnement en colis alimentaire, les personnes les distribuant subir des intimidations de la police, les travailleurs et travailleuses non déclaré.es n’ayant plus de revenus, des personnes envoyées en prison pour non respect du confinement, et les médias dominants cautionner sans relâche la politique du gouvernement… L’isolement est renforcé partout : en prison, en Ephad, en HP ou chez soi… Faire un inventaire des problèmes engendrés par la situation serait trop long, et les mesures prises par le pouvoir sont dérisoires, et laissent imaginer que nous en payerons les conséquences dès la fin du confinement. Par ailleurs, les mesures sanitaires sont trop peu financées, encore trop peu de masques sont livrés et les tests semblent être à l’heure de l’écriture du texte quelque chose de peu envisageable pour une grande partie de la population. La question sanitaire ne doit donc en aucun cas être une raison pour laisser l’état mener ses politiques sécuritaires de plus en plus offensives.

Nous invitons chaque personne à se saisir des moyens juridiques utilisés par la police afin de se défendre contre elle. Nous savons que les expériences diverses face aux policier·es créent tour à tour peur ou résistance, désespoir ou petite victoire. L’objectif de ce guide n’est en aucun cas d’en faire une marche à suivre face à la police, mais plutôt d’apporter quelques moyens et informations afin d’arriver à déjouer la répression policière et judiciaire.

La Gazette des confiné·es #8 – Révoltes, perspectives et travail

Contre quoi faudra-t-il lutter et comment le ferons-nous dans les prochaines semaines et mois ? Comment limiter l’influence du pouvoir politique sur nos propres corps ? C’est par des questions ouvertes que la gazette commence et vous apporte ensuite les dernières nouvelles. En France, des révoltes éclatent dans les centres de rétention administrative, les sous-traitants du nucléaire bossent pour EDF comme si de rien n’était, l’été s’assombrit pour les intermittent·es et Amazon subit un sérieux revers. A l’international, confinement et pauvreté forment un cocktail explosif.

 

Il faudra lutter un peu plus…

Le Medef et le gouvernement se lâchent en petites phrases pour préparer les esprits à des attaques d’envergure contre le code du travail. Contre la musique du «travailler plus pour sauver l’économie», il va falloir lutter encore plus pour la détruire!

On peut craindre des manifestations interdites pour «raisons sanitaires» pendant encore longtemps surtout vu que les services de renseignement s’inquiètent d’un embrasement. Il va falloir réfléchir à comment continuer à se révolter, à lutter. D’autant plus que la situation d’une crise non prévue par le capitalisme ouvre le champ des possibles révolutionnaires et contre-révolutionnaires : d’un côté l’émancipation, de l’autre l’extrême droite qui vient et la surveillance généralisée (comme le montre ce reportage glaçant en Chine diffusé par Arte).

Espérons que la prédiction de la Une du numéro de janvier 2020 de CQFD se réalise!

Les pistes envisagées à la fin du long article de Jérôme Baschet dans Lundi Matin sont les suivantes : amplifier la colère légitime (notamment vis-à-vis de la situation de l’hôpital public), profiter du temps du confinement pour réfléchir à des modèles alternatifs (stratégie de L’An 01 mais seulement applicable pour les privilégié·es du confinement), ne pas redémarrer l’économie (stratégies de grève, blocages, ZAD…), multiplier les initiatives d’auto-organisation et d’entraides locales (on en a parlé dans la gazette numéro 6). Il y a de quoi faire!

 

D’autres histoires à partir de nos corps

Le gouvernement, dans cette gestion de la crise sanitaire, s’attache particulièrement à gérer nos corps. Certains corps vont être sommés de ne plus sortir de chez eux tandis que d’autres sont forcés de servir les flux économiques qui «doivent» être maintenus dans des conditions plus que critiquables. Et ils sont violentés s’ils contreviennent aux règles édictées. Ces corps sont des territoires où les politiques s’expriment : barrières individuelles contre une propagation, pions des flux économiques, externalités d’un système carcéral qui veut conserver sa maîtrise hégémonique.

Panneau gauche d’un triptyque fait en 1981 par Francis Bacon qui anticipait deux policiers à cheval allant verbaliser une personne qui ne respecte pas le confinement.

Sur les corps des femmes se matérialise aujourd’hui de façon accentuée la violence du système patriarcal, notamment pour les femmes confinées avec des partenaires violents. Nous pouvons dire que leur interdire de fuir est une violence supplémentaire quel’on peut signaler. Dans nos corps se matérialise aussi l’incompréhension de la situation présente : nombre d’entre nous ont des règles chamboulées, décalées, retardées. Bien sûr, des explications biologiques existent et sont cohérentes pour cela.

Cependant, souhaitons-nous accepter tout cela? Nous pouvons nous donner des outils pour modifier ces emprises sur nos corps. On nous enjoint à prendre soin de nous et de nos proches : mais la guérison et le soin, ce sont aussi des processus de transformation politique. Collectivement, proposons de nouvelles histoires, qui guérissent, à partir de nos vécus et de ceux que les autres partagent avec nous.

 

Révoltes aux CRA de Mesnil-Amelot et de Vincennes

Le 11 avril au soir, les sans-papiers détenu·es dans le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade pour protester contre leurs conditions de détention, notamment après qu’une personne porteuse du coronavirus est temporairement enfermée dans le centre, risquant de contaminer nombre de prisonnièr·es.

Les détenu·es (ainsi que les policièr·es du centre) ne disposent ni de masque, ni de gel hydro-alcoolique. La répression policière s’abat sur le CRA le 12 avril au matin, et plusieurs détenu·es sont déporté·es vers d’autres centres en France, menaçant d’y répandre l’épidémie.

Le 12 avril, au CRA de Vincennes, des affrontements éclatent entre sans-papiers et policièr·es, ces dernièr·es refusant le transport d’un détenu malade à l’hôpital; les détenu·es obtiennent finalement gain de cause.

Le 25 mars, la demande de fermeture des CRA pour circonstances exceptionnelles déposée par plusieurs associations dont le Gisti devant le Conseil d’État avait été rejetée. Le ministre de l’Intérieur soutenait alors que «la condition d’urgence n’[était] pas remplie et que ne [pouvait] être retenue aucune carence de l’autorité publique de nature à constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, dès lors que les mesures de rétention actuellement en cours sont nécessaires et proportionnées, que des mesures de prévention ont été prises et que l’accès aux soins en rétention est garanti».

Le site abaslescra.noblogs.org propose des ressources et analyses pour lutter contre les Cra

Pour plus d’infos, on vous invite à consulter le suivi détaillé sur Paris-luttes.

 

Sous-traitants et illuminations nucléaires

EDF s’est vanté en début de confinement de réussir à faire tourner les centrales nucléaires avec une petite fraction de ses salarié·es. Or, les salarié·es d’EDF ne sont que des cadres : toutes les opérations de manipulation sur ses sites sont assurées par des sous-traitants. C’est donc oublier que le monde de la production énergétique nucléaire ne se restreint pas à un contrôle depuis une salle couverte digne d’un film de science-fiction. Les installations nucléaires nécessitent aussi un entretien, qu’il soit celui, basique, du nettoyage, ou celui moins classique des opérations à réaliser sur les tranches (c’est à dire les réacteurs) comme les arrêts qui permettent de renouveler le combustible.

Dessin de Damien Rondeau pour illustrer l’enquête de la revue Z sur les sous-traitants du nucléaire

Lorsqu’on a que des salarié·es qui peuvent travailler à distance, il devient bien plus simple d’afficher des chiffres de télé-travail élevés. Les salarié·es des sous-traitants, quant à eux, sont pour pas mal au boulot. Les syndicats continuent à réclamer des conditions de travail conformes aux mesures sanitaires, dénoncent une ambiance anxiogène, et s’inquiètent d’une communication imprécise. Les salarié·es partent parfois en «grand déplacement» d’une centrale à l’autre sans être testé·es et sans savoir si du boulot est disponible là-bas plutôt qu’ici.

Et c’est le contexte choisi par le gouvernement pour publier un décret accordant un délai supplémentaire à l’EPR de Flammanville, pour lequel les retards et dépassements de budget sont déjà bien nombreux. Plus localement, la préfecture de la Meuse a autorisé le 10 avril l’Andra à capturer et recenser des amphibiens dans le cadre du projet d’enfouissement Cigéo.

Pour finir sur une note joyeuse : de très jolies illuminations sont apparemment prévues pour l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (c’est le 26 avril, préparez-vous)!

 

Amazon : le tribunal de Nanterre fait un carton chez les salarié·es

«Première victoire syndicale» jubile Solidaires mardi 14 avril. L’Union syndicale fait plier Amazon France devant le tribunal judiciaire de Nanterre. Le risque d’attraper le covid-19 dans les entrepôts de la firme justifie la réduction drastique de ses activités. La décision est relayée par CNN.

Les critiques répétées de Muriel Pénicaud à l’endroit du géant du commerce en ligne ne disaient rien qui vaille. Ce n’est toutefois pas l’action de ses services qui contraint Amazon à réduire la voilure, mais l’assignation en référé d’un syndicat.

Gigantisme des entrepôts d’Amazon

L’inspection du travail s’était contentée d’une mise en demeure à partir du 3 avril concernant quatre sites où l’absence de matériel de prévention et de mesures de distanciation entraînaient un risque de contagion des travailleur·ses. Nous vous en parlions dans notre sixième numéro. Affaire classée cinq jours plus tard pour trois d’entre eux. Aux yeux du ministère, mais pas de la justice!

La juge Pascale Loué-Williaume observe dans l’ordonnance que nous nous sommes procuré·es (à partir de la page 9) que les représentant·es des salarié·es n’ont pas été associé·es à l’évaluation des risques, en ce qui concerne le portique d’entrée ou l’utilisation des vestiaires.

Au sujet des transporteurs, «il n’est toujours pas justifié des protocoles de sécurité prévus par le code du travail». Le risque de contamination par le biais des chariots automoteurs sur les quais de livraison n’a pas été suffisamment évalué. Pas plus que celui lié à la manipulation des cartons. Sur le site nordiste de Lauwin-Planque, des «non-respects» ponctuels des mesures de distanciation ont été relevées et partout les formations dispensées tout comme la prise en compte des risques psycho-sociaux sont insuffisantes.

«Il y a lieu […] d’ordonner […] à la société de restreindre les activités de ses entrepôts à la réception des marchandises, la préparation et l’expédition des commandes de produits alimentaires, d’hygiène et médicaux tant que la société n’aura pas mis en œuvre, en y associant les représentants du personnel, une évaluation des risques professionnels inhérents à l’épidémie de covid-19 sur l’ensemble de ses centres de distributions.»

L’implantation d’Amazon en France, illustration d’un rapport publié conjointement par Solidaires, Attac et les Amis de la Terre.

Pour s’assurer d’être entendue, la première vice-présidente du tribunal assortit sa décision d’une astreinte d’un million d’euros par jour et par infraction constatée. Une somme qui doit être rapportée aux 4,5 milliards de chiffres d’affaires déclarés en 2018 sur le territoire. Conséquence, la multinationale ferme ses entrepôts jusqu’au lundi 20 avril.

Les salaires seront maintenus à 100% durant ces cinq jours, mais la firme qui emploie environ 10.000 personnes dans le pays, dont un tiers en intérim envisage de les subventionner grâce au chômage partiel. Une demande qui ne manquerait pas d’audace pour une multinationale suspectée de dissimuler des milliards au fisc. Sur France Info, le directeur général d’Amazon France prend une posture de victime, tout en agitant la carte du chantage à l’emploi.

Solidaires espère que ce jugement permettra de donner raison aux salarié·es qui ont tenté d’user de leur droit de retrait. Et même qu’il «ouvre la voie à d’autres actions». Dans ce dossier éminemment politique, le juge d’appel pourrait néanmoins revenir sur cette décision dans les prochains jours, par exemple si Amazon arrive à fournir les pièces manquantes à son dossier.

Le tribunal des référés de Paris avait rendu le 9 avril une décision similaire, dans l’affaire qui oppose Sud-PTT et la direction de La Poste. Le groupe doit «recenser les activités essentielles et non essentielles à la vie de la nation» et associer le personnel à une évaluation des risques liés à l’épidémie.

 

Les intermittent·es fragilisé·es

La culture n’aura jamais semblé aussi accessible. De nombreux contenus sont désormais disponibles en ligne, temporairement ou pendant toute la durée du confinement : collections de musées (https://www.fondation-giacometti.fr…, Louvre), expositions (Frida Kahlo…), musique (Opéra de Paris…), littérature ou encore théâtre (par exemple le Théâtre des Amandiers…). Cette soudaine manne de libre accès ne doit pourtant pas nous faire oublier que les artisan·nes de la culture, et notamment du monde du spectacle, déjà précaires, sont fragilisé·es par le confinement.

Page web du théâtre des Amandiers à Nanterre le 15 avril 2020

Le gouvernement a fait un premier pas en banalisant toute la période du confinement (à partir du 15 mars), qui ne comptera donc pas dans les 365 jours. De plus, les intermittent·es qui arrivent en fin de droits verront ceux-ci prolongés jusqu’à la fin du confinement. La déclaration mensuelle auprès de Pôle emploi reste d’ailleurs de rigueur.

Néanmoins, nombre de spectacles ont été annulés à partir du 4 mars, date des premières restrictions de rassemblement; par ailleurs, la liste des événements annulés (Aucard de Tours, etc.) jusqu’à mi-juillet est longue, faisant non seulement disparaître des contrats mais aussi les bénéfices escomptés des répétitions menées au cours des derniers mois.

Un premier décret publié le 14 avril est jugé très incomplet par la CGT Spectacle, qui réclame une facilitation du recours à l’activité partielle pour les personnes en CDD d’usage, notamment. Une pétition qui anticipe une longue période de vaches maigres demande la prolongation des droits un an après la date de reprise, pour tous les artistes, technicien·nes et intermittent·es.

Sur ce dossier comme sur d’autres – pensons aux pigistes, nous vous vous parlions dans notre cinquième gazette -, l’attentisme du ministère inquiète. Franck Riester n’a fait qu’ajouter à la cacophonie en déclarant jeudi 16 avril sur France Inter que les «petits festivals» pourraient se tenir à partir du 11 mai. On se pince, quand on sait que les hôtels et restos garderont portes closes et surtout que les scientifiques craignent une «seconde vague».

Dans l’attente d’une probable interdiction de tous les événements estivaux, les organisateur·ices peuvent théoriquement poursuivre leur travail et leurs dépenses, mais c’est bien pour une annulation qu’iels optent majoritairement. Une option qui, en l’absence d’arrêté les sécurisant financièrement, remet en cause leur pérennité, dans un secteur très soumis aux aléas.

Dans ces conditions, le plan spécifique du ministre de la Culture dont l’annonce est prévue dans quinze jours promet de susciter d’instances manœuvres en coulisses.

 

Note

La Gazette des confiné·es est un collectif ouvert d’ami·es basé·es entre autres à Nantes, Tours et Paris qui souhaitent mutualiser la prise d’informations portant sur la crise du Covid-19 sur internet afin de ne pas rester chacun·e de son côté isolé·e face aux écrans et de nous libérer du temps pour faire et penser à autre chose. La gazette paraît deux fois par semaines sur La Déviation et le réseau Mutu.

Consultez aussi nos précédents numéros et en particulier La Gazette des confiné·es #6 (précarité, santé mentale et masques), et La Gazette des confiné·es #7 (guerre, cocarde et propagande).

Tous les retours sont les bienvenus! Écrivez-nous à gazette.des.confine.es at protonmail.com

Illustration de une : Graffiti à Bagnolet, en Ile-de-France.

 

Repris de Paris-luttes.info

L’abject « Monologue du Virus »

« Le monologue du virus », publié sur lundimatin a déjà beaucoup circulé. Ce texte nous invite à accueillir le coronavirus comme le Messie venant nous sortir de notre servitude volontaire et de notre apathie quotidienne. Mais dans ce monologue abject, il est oublié (ou dénié) que tout le monde n’a pas le luxe de se demander s’il faut concevoir le temps de la pandémie comme des vacances ou bien comme l’occasion de cultiver son jardin et l’art de se saluer.

« Le monologue du virus », écrit dans une prose post-situationniste mal digérée, et publié sur lundi.am, a déjà beaucoup circulé. Ce texte nous invite à accueillir le coronavirus comme le Messie : « Voyez donc en moi votre sauveur ». Pourtant, comme toujours ce sont les plus vulnérables, les plus fragiles, les plus pauvres d’entre nous, les plus exploités, qui sont les plus exposés et les plus menacés : des camarades enfermés dans les prisons ou dans les CRA aux SDF dont presque tout le monde se fout en passant par les retraités entassés mais isolés dans des barres d’immeubles et tous les exploités du 21e siècle, caissières, livreurs, ouvriers du bâtiment, préparateurs de commandes pour la vente en ligne (Amazon, La redoute, etc.), sans oublier bien sûr les soignants des EPHAD, des CHU, etc., qui sont volontairement sous-équipés… Et que dire des milliers de vies qui seront prises dans les camps de réfugiés de guerres, dans les villes détruites en Syrie et ailleurs, dans tous les bidonvilles du monde, et chez tous ceux qui sont forcés au travail malgré le confinement généralisé ? La réponse est toute trouvée pour les rédacteurs de ce monologue : le virus ne vient « qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes ». Dans ce monologue abject, il est oublié (ou dénié) que tout le monde n’a pas le luxe de se demander s’il faut concevoir le temps de la pandémie comme des vacances ou bien comme l’occasion de cultiver son jardin et l’art de se saluer. Quel mépris, quelle éviction des conditions réelles de l’exploitation de masse derrière le pauvre petit ennui des propriétaires embourgeoisés de la gauche néo-rurale.

Non, le virus n’est pas notre Sauveur. En plein délire éco-messianique, le Monologue glorifie la sois-disante stratégie du virus : nous réveiller de notre servitude volontaire pour nous transformer en des jardiniers conscients. Mais la stratégie qui s’observe actuellement, c’est surtout celle, implacable, des États et de la bourgeoisie : nous maintenir sous contrôle, nous forcer au travail. Les conséquences immédiates de la pandémie, c’est le déploiement sans précédent des technologies de contre-insurrection, et plus largement du techno-fascisme, que l’on voyait arriver depuis un moment. Bien sûr, nous ne nions pas la dangerosité du virus, mais cela ne doit pas masquer la violence de la réponse autoritaire qui se déchaîne actuellement et ce que cela annonce. Si la Chine fait figure depuis un moment de modèle envié par les techno-capitalistes occidentaux, la pandémie est l’occasion de l’imiter à vitesse grand V sous couvert d’état d’urgence sanitaire. En Chine, des drônes viennent vous prendre la température dans la rue et il n’est plus possible de sortir sans smartphone, car il faut être géolocalisable et avoir la preuve de son état de santé sur son smartphone. L’Allemagne et les États-Unis travaillent avec des StartUp à des solutions de ce type. En France, comme à Madrid, les drônes sont de sortie pour démultiplier les capacités de contrôle de la police.

Macron et E. Philippe ont prévenu : il y aura un avant et un après le coronavirus, les menaces des sbires du capital tombent déjà. Bruno Lemaire et le président du Medef parlent de mettre en place le service économique minimum pour empêcher les travailleurs d’exercer leur droit de retrait, Edouard Philippe prévient qu’il faudra faire de gros efforts après la crise pour relancer l’économie, tout ceci en faisant passer « l’état d’urgence sanitaire », dont un volet comprend 300 milliards donnés aux entreprises, un pouvoir accru donné aux patrons qui peuvent rallonger le temps de travail de leurs salariés, forcer ou annuler des congés payés, etc. Edouard Philippe l’a bien compris, l’État d’urgence actuel est l’occasion de « modifier en profondeur nos habitudes ». L’après coronavirus, c’est la normalisation de nouvelles technologies de surveillance au nom de notre « santé », la télé-médecine, l’école et l’université sur plateformes numériques, le télétravail généralisé, et donc des travailleurs encore plus isolés dans et face au travail. Tout cela pendant que la main d’œuvre qui construit toutes les infrastructures nécessaires à ces technologies d’isolement et de contrôle restent à trimer dans le froid ou la canicule, ou pendant les pandémies ! « Modifier en profondeur nos habitudes », c’est aussi nous habituer à des check-point policiers dans les villes et les campagnes, des drônes dans la rue effectuant toutes sortes de contrôles, etc.

Après la crise sanitaire viendra la crise économique, elle sera encore plus dure que celle de 2008. Les marchés financiers, les multinationales et les États (qui vont encore se surendetter pour “sauver l’économie”) sont en train de perdre beaucoup d’argent, et une fois la première vague passée de la pandémie, ils vont vouloir nous faire payer. Ils vont nous imposer de nouvelles mesures d’austérité sous couvert d’union nationale, afin de ressusciter les marges de plus value du capital et de renflouer les caisses de l’État.

Plutôt que de se perdre dans des monologues ridicules, prenons la mesure de la situation : pour l’État et le capital, la pandémie est aussi l’opportunité d’opérer brutalement un passage à un régime beaucoup plus autoritaire. Le véritable problème ce n’est pas l’apathie que provoque la société de masse, l’apathie qui désole tant les auteurs du Monologue du Virus, le problème c’est l’exploitation de masse tenue d’une main de fer par les capitalistes, l’État et sa police. Faut-il rappeler les chiffres de la répression du mouvement GJ ?

Nous ne croyons donc pas au Monologue du Virus rédempteur, ni à l’Appel du Parti imaginaire ou encore aux Prophéties du Comité Invisible, nous ne voulons pas profiter du désastre engendré par la pandémie pour créer des écovillages ou des formes de vie suffisamment dignes aux yeux du Virus Rédempteur. Comme nous venons de le dire, pour le moment nous assistons à un renforcement du pouvoir, qui ne s’effondrera pas de lui-même — et qui s’accommode très bien de la désertion rurale de ceux qui en ont les moyens, ou de quelque énigmatique geste pseudo poétique de l’infime.

À la différence des slogans moralistes et religieux du Monologue et de leurs injonctions culpabilisatrices stériles du type « demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner », nous revendiquons l’histoire des luttes prolétariennes et des campagnes rebelles. Ce mépris pour l’histoire des luttes est intolérable, les exploités ne le sont jamais de leur plein gré, la servitude volontaire n’existe pas, l’histoire des résistances populaires est là pour le prouver.

Personne ne peut dire ce qui va se passer dans les prochains mois, mais il faudra être attentif et ne pas rester sous l’emprise de la peur et de l’état d’urgence permanent dans lequel les gouvernants vont essayer de nous maintenir pour faire passer leurs mesures de sauvegarde, puis de relance de l’économie. Avec cette “crise” s’il fallait le démontrer encore, c’est nous, les exploités condamnés au travail et à la misère, que les capitalistes sacrifieront encore et toujours sur l’autel du pouvoir et du profit. La pandémie touche le monde entier. Les mesures autoritaires de sauvegarde puis de relance de l’économie toucheront aussi le monde entier puisque nos économies sont interconnectées à un point jamais atteint. Il ne faudra pas se laisser abattre mais se révolter contre ces mesures dont l’injustice criante se verra comme le nez au milieu de la figure. C’est peut-être là un espoir de révolution sociale internationale. Nous avons besoin de comprendre ce dans quoi nous sommes pris afin de dégager nos marges de manœuvre dans les temps à venir.

Articles provenant de Paris-luttes.info

Révoltes dans les prisons suite aux restrictions et à la situation sanitaire

Depuis le début de l’épidémie, l’Etat a pris des mesures très restrictives dans les prisons : fin des parloirs, fin des activités collectives, plus de cantines, plus de lavage du linge… tandis que la situation sanitaire est désastreuse : pas de protection, encore moins de dépistage ni de traitement, toujours la même promiscuité…

Face à cela des mobilisations ont eu lieu dans de nombreuses prisons, voire des mutineries comme à Uzerches où des détenus sont montés sur le toit ; par la suite, la moitié des prisonniers ont été transférés dans d’autres centres de détention.

La ministre de la justice a annoncé 5000 libérations, une goutte d’eau par rapport aux 70000 détenus ; pour l’instant il n’y a pas eu de libération, peut-être est-ce simplement un effet d’annonce et qu’il s’agit simplement d’un nombre moindre de nouveaux détenus dû au fonctionnnement ralenti de la justice. Ce qu’on peut dire c’est que la répression est plus que jamais « en marche », avec la prison comme perpective pour ceux qui ne respectent pas les mesures de confinement et osent mettre le nez dehors hors du cadre imposé.

Dans les centres de rétention administrative (prisons pour sans papiers), plusieurs grèves de la faim ont eu lieu. Si certains détenus ont été libérés faute de perspective d’éloignement du territoire, d’autres continuent à y être enfermés notamment ceux qui finissent leur peine de prison (double peine).

Pour un suivi de la situation, on peut suivre le site de l’Envolée :

Ainsi qu’un suivi quotidien à 19 h sur la radio Fréquence Paris Plurielle.

Pandeminium, une plateforme pour partager les choses que nous inspire la période

Sous les glaciers la rage « spécial confinement » – mars 2020

Ola ola !

l’équipe (renouvelée pour l’occasion) de sous les glaciers la rage a réussi à braver la psychose collective sanitaire et les mesures répressives post-confinement pour pondre une émission spéciale confinement du point de vue des bouseux-ses haut-alpins, avec un bon paquet de pépites virales et quand même une dose de sérieux guerrier, le tout entrecoupé de musique éclectique bien à propos ! Le tout en réécoute ci-dessous et…tenez vous informé-e-s, c’est bien possible qu’une récidive se prépare dans les prochains jours, toujours en avant-première sur radio zinzine (vous ne connaissez pas ? c’est bien le moment de se brancher sur les ondes FM ou sur internet et de découvrir cet univers sonore local autogéré) et très rapidement sur vallées en lutte évidemment !

Allez, la bise ! (on déconne haha)

PS : pour écouter sans coupure les 2 parties de l’émission (faut savoir que certain-e-s saturent la bande passante depuis que Pornhub a ouvert gratuitement ses contenus…haha il parait que ça empêche les rats de bureau de télétravailler !), mieux vaut click droit puis Enregistrez la cible du lien sous, comme ça l’émission est téléchargée sur votre ordi et vous l’écoutez comme bon vous semble)