Procès de travailleur.euses détaché.e.s contre Laboral Terra et 7 entreprises agricoles françaises

Luttons contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère et contre les discriminations, pour une égalité de droits entre tous les travailleur.euse.s du monde agricole !

Mardi 16 juin 2020¹, au conseil de prud’hommes d’Arles, est prévue une nouvelle audience du procès de cinq travailleur.euse.s agricoles marocain.e.s et espagnol.e.s contre l’entreprise de travail temporaire (ETT) Laboral Terra et sept entreprises agricoles françaises. Face aux multiples renvois et au dépôt de bilan de l’ETT Laboral Terra qui a perturbé le déroulement de l’affaire, cette nouvelle audience devrait être l’ultime étape de cette procédure entamée en 2017 ! Cette plainte a été déposée pour des motifs de travail dissimulé, de non-paiement d’heures travaillées, de non-respect des personnes, du code du travail et des conventions collectives.

Parallèlement à cette affaire, une autre plainte a été déposée par une partie de ces travailleur.euse.s auprès du procureur de la République d’Avignon pour faire la lumière sur les conditions de travail de ces salarié.e.s. L’enquête est toujours en cours.

Le patriotisme alimentaire de circonstance et la rhétorique martiale du gouvernement appelant à « lever une armée de volontaires » pour « sauver l’agriculture française » cache mal ce que la fermeture des frontières consécutive à la pandémie liée au Covid-19 a rendu manifeste : la dépendance de la société entière aux travailleur.euse.s saisonnier.ère.s agricoles étranger.ère.s venant chaque année combler le besoin de main-d’œuvre dit « temporaire » des exploitations agricoles françaises.

Il est important de dépasser les discours dominants qui réduisent les travailleur.euse.s détaché.e.s à une variable d’ajustement aisément remplaçable par des volontaires dévoué.e.s, alors que leur présence constitue au contraire une nécessité structurelle du système agro-industriel. D’ailleurs les employeurs le savent bien, puisqu’ils vantent tous, le professionnalisme et les compétences de cette main-d’œuvre étrangère indispensable au fonctionnement de leurs entreprises. Il est d’autant plus urgent d’apporter un autre éclairage sur les enseignements de cette crise, condamner les inégalités de traitement, de qualification et de rémunération, tout en renforçant la solidarité avec et entre les travailleur.eus.es de la terre.

Ainsi, nous avons besoin d’une décision forte de la part du Conseil de prud’hommes d’Arles pour dénoncer le dumping social à l’œuvre, les pratiques illégales et indignes qui dégradent les conditions d’existence des travailleur.euse.s détaché.e.s, et la logique d’exploitation, de discrimination systémique qui gouverne et grangrène l’emploi dans le monde agricole contemporain.

Le 4 mai 2020, CODETRAS – Collectif de défense des travailleur.euse.s étranger.ère.s dans l’agriculture

¹ Le procès qui devait se tenir initialement le 12 mai a été reporté au 16 juin. L’audience pourrait se tenir à huis clos pour des raisons sanitaires.

Bas les masques ! Un appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire !

Appel repris depuis le site https://mars-infos.org

 

Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

 

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnel.le.s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée », qui sont exposé.e.s pour faire tourner la machine.
Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en œuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.
Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnel.le.s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs.euses « essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps).
Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

« Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante.

Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes.
N’hésitez pas à la diffuser partout autour de vous !
Pour rejoindre l’initiative « Bas les masques ! »

Travailleurs étrangers agricoles, l’exploitation en plus de la crise sanitaire

La fermeture des frontières et les mesures de confinement mises en place suite à l’épidémie du coronavirus ont rendu criante la nécessité d’embauche des travailleurs étrangers saisonniers pour le maintien de la production dans les grandes exploitations agricoles en France et dans différents pays de l’Europe de l’ouest. Comme on peut le lire dans l’un des articles proposé ci-dessous : « Cette difficulté à recruter de la main-d’œuvre saisonnière, incontournable dans le secteur, jette une lumière crue sur le système du premier pays agricole européen. Les grosses exploitations françaises reposent en grande partie sur l’emploi précaire d’une main-d’œuvre étrangère, mal payée, souvent externalisée, invisibilisée dans les statistiques et parfois non déclarée. »

Les solutions envisagées récemment pour pallier à ce manque de main d’œuvre prennent ainsi différentes formes selon les pays : affrètement par vols charters depuis les pays de provenance des ouvriers agricoles jusqu’au pays d’embauche comme pour l’Allemagne, l’Autriche ou l’Angleterre, proposition de régularisation massive de travailleurs sans papiers en Italie, ou encore grande opération de recrutement cherchant à substituer les travailleurs étrangers par une main d’œuvre locale en France. Le respect de la santé des travailleurs et les précautions sanitaires face à l’épidémie trouvent ici encore, comme dans bien d’autres secteurs, des limites s’arrêtant aux besoins de l’économie. Et si le recours massif à l’exploitation de la main d’œuvre étrangère nécessaire à la compétitivité du secteur agricole ne peut être aujourd’hui que difficilement nié, les conditions de travail ne sont pas pour autant améliorées, et la liberté de circulation des personnes demeure quant à elle encore et toujours soumise aux intérêts financiers…

Quelques articles à lire :

– Communiqué – Collectif de Défense des travailleur-euses étranger-ères dans l’agriculture

Créé en 2003, les objectifs du CODETRAS restent la lutte contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère, contre les dénis de droits, contre les discriminations et contre toutes formes d’exploitation dans l’agriculture. Il associe en son sein des paysans, des syndicats, des associations, des militants, des chercheurs.ses, des journalistes, des avocats et juristes…

Publié sur Mars Infos Autonomes, le 30 avril : https://mars-infos.org/communique-collectif-de-defense-5051

– Derrière l’appel à la main-d’œuvre, les difficultés d’un monde agricole précarisé

L’appel à venir renforcer « la grande armée de l’agriculture », lancé par le ministère de l’agriculture, a vu affluer quelque 240 000 candidats. Mais la plupart restent sans réponse, tant les offres d’emploi restent limitées. Explications sur la précarisation du monde salarial agricole.

Paru dans Médiapart, le 21 avril.

– Appel à travailler dans les champs : « Tout est fait pour maintenir un système qui précarise et appauvrit »

Face au manque de main d’œuvre étrangère, plus de 200 000 personnes se sont portées candidates pour rejoindre des exploitations agricoles. Des professionnels s’inquiètent cependant de cet afflux précipité de travailleurs, mal préparés à affronter des conditions d’emploi difficiles, voire dangereuses.

Paru dans Bastamag, le 17 avril : https://www.bastamag.net/contrat-saisonnier-agricole-condition-de-travail-SMIC-pesticides-TMS-covid19-coronavirus

– Travailleuses détachées dans l’agriculture, elles racontent leur calvaire en France

Les « travailleurs détachés » — qui viennent de Pologne, d’Espagne, de Roumanie… — fournissent une grande part de la main d’œuvre dans les campagnes françaises. Ce statut vulnérable et précaire permet de nombreux abus, dont sont notamment victimes les femmes, que certaines ont courageusement décidé de dénoncer.

Article plus ancien paru le 20 janvier dans Reporterre, mais qui revient notamment sur le procès porté par cinq travailleurs et travailleuses marocain.es contre leurs employeurs et dont l’audience se tiendra prochainement : https://reporterre.net/Travailleuses-detachees-dans-l-agriculture-elles-racontent-leur-calvaire-en-France

Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

Source : mars-infos.org

Comment contester une amende, quels sont mes droits, qu’est-ce qui a changé avec l’état d’urgence sanitaire, comment faire une demande de mise en liberté… Un guide pour tenter d’apporter quelques moyens et informations afin d’arriver à déjouer la répression policière et judiciaire.

Ce guide a été réalisé au mieux de nos connaissances, des recherches que nous avons effectuées, et avec le retour d’avocat·es que nous avons consulté·es. Cependant nous ne nous prévalons d’aucune expertise en la matière.

Il se peut qu’il y ait des erreurs, que la pratique diffère grandement de la théorie, et de plus tant le droit que les pratiques judiciaires évoluent rapidement sur les questions liées au confinement, notamment sur les aspects liés à la détention. Il y a également plusieurs procédures en cours contre le délit de non-respect du confinement.

N’hésitez pas à nous écrire à legalteam-marseille@riseup.net pour nous signaler d’éventuelles erreurs, pour nous faire part de vos retours d’expériences, ou pour nous informer d’évolutions dans les procédures.

Sommaire de la brochure

  •  Contester une amende pour non respect du confinement
  •  Fouilles
  •  Garde à vue et convocations
  •  Délit de violation répétée du confinement
  •  CRA : Demande de mise en liberté
  •  Taule : Demande de mise en liberté et aménagement de peine
Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

Depuis le 17 mars, l’état impose un confinement extrêmement strict en France et a pris plusieurs mesures afin de contrôler les déplacements de chaque personne. Avec la mise en place de l’état d’urgence sanitaire, il s’est rapidement donné des moyens de plus en plus illimités de frapper une nouvelle fois, dans les corps, les esprits et au porte-monnaie, une large partie de la population.

Depuis le début du confinement, les réseaux sociaux et les médias diffusent chaque jour ces pratiques policières qui ne sont pas nouvelles (notamment pour les quartiers populaires, les personnes en lutte, les précaires…), mais qui sont largement accentuées et normalisées par la situation. Chaque jour des dizaines de milliers d’amendes sont distribuées (480 000 recensées au 6 avril), et les directives données à la police durant cette période lui permettent d’augmenter les contrôles d’identité, d’établir des fouilles partout sur le territoire, de harceler une partie de la population ou de s’attaquer physiquement aux personnes. Alors que nous devons rester confiné·es chez nous, la police continue donc son travail en compagnie de la justice, en maintenant les possibilités de garde à vue ou de comparution immédiate.

En France comme ailleurs, les personnes enfermées en prison et en centre de rétention administrative subissent un traitement particulièrement violent de la part de toutes les forces répressives. Suite à la suppression des parloirs et de toute activité possible, les prisonnier·es ont montré à plusieurs reprises leurs désaccords face aux administrations pénitentiaires, au prix de sanctions judiciaires ou physiques importantes. Par ces choix, l’état maintient et renforce cette gestion inhumaine des populations. Nous voulons ici affirmer notre soutien aux prisonnier·es et à toutes les formes d’opposition qu’ils et elles peuvent mettre en place pour conserver leur peu de droits encore existants et pour déstabiliser et mettre à mal l’administration pénitentiaire. Pour cela, des modèles de lettres de demande de mise en liberté sont en lien à la fin des chapitres correspondants. Bien sûr, ces procédures permettent à l’état de trier les « bon·nes » et les « mauvais·es » prisonnier·es en étudiant leurs profils. Cependant, il nous semble important que chaque personne incarcérée et leurs proches puissent, s’ils et elles le souhaitent, disposer de ces informations pour tenter de sortir de prison ou de CRA. Pour suivre la situation et les différentes luttes en cours à ce sujet, les émissions Parloir Libre sur Radio Galère et celle diffusée par l’envolée.net s’en font le relais plusieurs fois par semaine.

Le constat est accablant : encore une fois, les classes sociales les plus précaires sont touchées, et toute expression déviante de la parole du pouvoir est criminalisée. On voit chaque jour de plus en plus de personnes nécessitant un approvisionnement en colis alimentaire, les personnes les distribuant subir des intimidations de la police, les travailleurs et travailleuses non déclaré.es n’ayant plus de revenus, des personnes envoyées en prison pour non respect du confinement, et les médias dominants cautionner sans relâche la politique du gouvernement… L’isolement est renforcé partout : en prison, en Ephad, en HP ou chez soi… Faire un inventaire des problèmes engendrés par la situation serait trop long, et les mesures prises par le pouvoir sont dérisoires, et laissent imaginer que nous en payerons les conséquences dès la fin du confinement. Par ailleurs, les mesures sanitaires sont trop peu financées, encore trop peu de masques sont livrés et les tests semblent être à l’heure de l’écriture du texte quelque chose de peu envisageable pour une grande partie de la population. La question sanitaire ne doit donc en aucun cas être une raison pour laisser l’état mener ses politiques sécuritaires de plus en plus offensives.

Nous invitons chaque personne à se saisir des moyens juridiques utilisés par la police afin de se défendre contre elle. Nous savons que les expériences diverses face aux policier·es créent tour à tour peur ou résistance, désespoir ou petite victoire. L’objectif de ce guide n’est en aucun cas d’en faire une marche à suivre face à la police, mais plutôt d’apporter quelques moyens et informations afin d’arriver à déjouer la répression policière et judiciaire.

La Gazette des confiné·es #8 – Révoltes, perspectives et travail

Contre quoi faudra-t-il lutter et comment le ferons-nous dans les prochaines semaines et mois ? Comment limiter l’influence du pouvoir politique sur nos propres corps ? C’est par des questions ouvertes que la gazette commence et vous apporte ensuite les dernières nouvelles. En France, des révoltes éclatent dans les centres de rétention administrative, les sous-traitants du nucléaire bossent pour EDF comme si de rien n’était, l’été s’assombrit pour les intermittent·es et Amazon subit un sérieux revers. A l’international, confinement et pauvreté forment un cocktail explosif.

 

Il faudra lutter un peu plus…

Le Medef et le gouvernement se lâchent en petites phrases pour préparer les esprits à des attaques d’envergure contre le code du travail. Contre la musique du «travailler plus pour sauver l’économie», il va falloir lutter encore plus pour la détruire!

On peut craindre des manifestations interdites pour «raisons sanitaires» pendant encore longtemps surtout vu que les services de renseignement s’inquiètent d’un embrasement. Il va falloir réfléchir à comment continuer à se révolter, à lutter. D’autant plus que la situation d’une crise non prévue par le capitalisme ouvre le champ des possibles révolutionnaires et contre-révolutionnaires : d’un côté l’émancipation, de l’autre l’extrême droite qui vient et la surveillance généralisée (comme le montre ce reportage glaçant en Chine diffusé par Arte).

Espérons que la prédiction de la Une du numéro de janvier 2020 de CQFD se réalise!

Les pistes envisagées à la fin du long article de Jérôme Baschet dans Lundi Matin sont les suivantes : amplifier la colère légitime (notamment vis-à-vis de la situation de l’hôpital public), profiter du temps du confinement pour réfléchir à des modèles alternatifs (stratégie de L’An 01 mais seulement applicable pour les privilégié·es du confinement), ne pas redémarrer l’économie (stratégies de grève, blocages, ZAD…), multiplier les initiatives d’auto-organisation et d’entraides locales (on en a parlé dans la gazette numéro 6). Il y a de quoi faire!

 

D’autres histoires à partir de nos corps

Le gouvernement, dans cette gestion de la crise sanitaire, s’attache particulièrement à gérer nos corps. Certains corps vont être sommés de ne plus sortir de chez eux tandis que d’autres sont forcés de servir les flux économiques qui «doivent» être maintenus dans des conditions plus que critiquables. Et ils sont violentés s’ils contreviennent aux règles édictées. Ces corps sont des territoires où les politiques s’expriment : barrières individuelles contre une propagation, pions des flux économiques, externalités d’un système carcéral qui veut conserver sa maîtrise hégémonique.

Panneau gauche d’un triptyque fait en 1981 par Francis Bacon qui anticipait deux policiers à cheval allant verbaliser une personne qui ne respecte pas le confinement.

Sur les corps des femmes se matérialise aujourd’hui de façon accentuée la violence du système patriarcal, notamment pour les femmes confinées avec des partenaires violents. Nous pouvons dire que leur interdire de fuir est une violence supplémentaire quel’on peut signaler. Dans nos corps se matérialise aussi l’incompréhension de la situation présente : nombre d’entre nous ont des règles chamboulées, décalées, retardées. Bien sûr, des explications biologiques existent et sont cohérentes pour cela.

Cependant, souhaitons-nous accepter tout cela? Nous pouvons nous donner des outils pour modifier ces emprises sur nos corps. On nous enjoint à prendre soin de nous et de nos proches : mais la guérison et le soin, ce sont aussi des processus de transformation politique. Collectivement, proposons de nouvelles histoires, qui guérissent, à partir de nos vécus et de ceux que les autres partagent avec nous.

 

Révoltes aux CRA de Mesnil-Amelot et de Vincennes

Le 11 avril au soir, les sans-papiers détenu·es dans le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot occupent la cour du bâtiment et bloquent la promenade pour protester contre leurs conditions de détention, notamment après qu’une personne porteuse du coronavirus est temporairement enfermée dans le centre, risquant de contaminer nombre de prisonnièr·es.

Les détenu·es (ainsi que les policièr·es du centre) ne disposent ni de masque, ni de gel hydro-alcoolique. La répression policière s’abat sur le CRA le 12 avril au matin, et plusieurs détenu·es sont déporté·es vers d’autres centres en France, menaçant d’y répandre l’épidémie.

Le 12 avril, au CRA de Vincennes, des affrontements éclatent entre sans-papiers et policièr·es, ces dernièr·es refusant le transport d’un détenu malade à l’hôpital; les détenu·es obtiennent finalement gain de cause.

Le 25 mars, la demande de fermeture des CRA pour circonstances exceptionnelles déposée par plusieurs associations dont le Gisti devant le Conseil d’État avait été rejetée. Le ministre de l’Intérieur soutenait alors que «la condition d’urgence n’[était] pas remplie et que ne [pouvait] être retenue aucune carence de l’autorité publique de nature à constituer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, dès lors que les mesures de rétention actuellement en cours sont nécessaires et proportionnées, que des mesures de prévention ont été prises et que l’accès aux soins en rétention est garanti».

Le site abaslescra.noblogs.org propose des ressources et analyses pour lutter contre les Cra

Pour plus d’infos, on vous invite à consulter le suivi détaillé sur Paris-luttes.

 

Sous-traitants et illuminations nucléaires

EDF s’est vanté en début de confinement de réussir à faire tourner les centrales nucléaires avec une petite fraction de ses salarié·es. Or, les salarié·es d’EDF ne sont que des cadres : toutes les opérations de manipulation sur ses sites sont assurées par des sous-traitants. C’est donc oublier que le monde de la production énergétique nucléaire ne se restreint pas à un contrôle depuis une salle couverte digne d’un film de science-fiction. Les installations nucléaires nécessitent aussi un entretien, qu’il soit celui, basique, du nettoyage, ou celui moins classique des opérations à réaliser sur les tranches (c’est à dire les réacteurs) comme les arrêts qui permettent de renouveler le combustible.

Dessin de Damien Rondeau pour illustrer l’enquête de la revue Z sur les sous-traitants du nucléaire

Lorsqu’on a que des salarié·es qui peuvent travailler à distance, il devient bien plus simple d’afficher des chiffres de télé-travail élevés. Les salarié·es des sous-traitants, quant à eux, sont pour pas mal au boulot. Les syndicats continuent à réclamer des conditions de travail conformes aux mesures sanitaires, dénoncent une ambiance anxiogène, et s’inquiètent d’une communication imprécise. Les salarié·es partent parfois en «grand déplacement» d’une centrale à l’autre sans être testé·es et sans savoir si du boulot est disponible là-bas plutôt qu’ici.

Et c’est le contexte choisi par le gouvernement pour publier un décret accordant un délai supplémentaire à l’EPR de Flammanville, pour lequel les retards et dépassements de budget sont déjà bien nombreux. Plus localement, la préfecture de la Meuse a autorisé le 10 avril l’Andra à capturer et recenser des amphibiens dans le cadre du projet d’enfouissement Cigéo.

Pour finir sur une note joyeuse : de très jolies illuminations sont apparemment prévues pour l’anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (c’est le 26 avril, préparez-vous)!

 

Amazon : le tribunal de Nanterre fait un carton chez les salarié·es

«Première victoire syndicale» jubile Solidaires mardi 14 avril. L’Union syndicale fait plier Amazon France devant le tribunal judiciaire de Nanterre. Le risque d’attraper le covid-19 dans les entrepôts de la firme justifie la réduction drastique de ses activités. La décision est relayée par CNN.

Les critiques répétées de Muriel Pénicaud à l’endroit du géant du commerce en ligne ne disaient rien qui vaille. Ce n’est toutefois pas l’action de ses services qui contraint Amazon à réduire la voilure, mais l’assignation en référé d’un syndicat.

Gigantisme des entrepôts d’Amazon

L’inspection du travail s’était contentée d’une mise en demeure à partir du 3 avril concernant quatre sites où l’absence de matériel de prévention et de mesures de distanciation entraînaient un risque de contagion des travailleur·ses. Nous vous en parlions dans notre sixième numéro. Affaire classée cinq jours plus tard pour trois d’entre eux. Aux yeux du ministère, mais pas de la justice!

La juge Pascale Loué-Williaume observe dans l’ordonnance que nous nous sommes procuré·es (à partir de la page 9) que les représentant·es des salarié·es n’ont pas été associé·es à l’évaluation des risques, en ce qui concerne le portique d’entrée ou l’utilisation des vestiaires.

Au sujet des transporteurs, «il n’est toujours pas justifié des protocoles de sécurité prévus par le code du travail». Le risque de contamination par le biais des chariots automoteurs sur les quais de livraison n’a pas été suffisamment évalué. Pas plus que celui lié à la manipulation des cartons. Sur le site nordiste de Lauwin-Planque, des «non-respects» ponctuels des mesures de distanciation ont été relevées et partout les formations dispensées tout comme la prise en compte des risques psycho-sociaux sont insuffisantes.

«Il y a lieu […] d’ordonner […] à la société de restreindre les activités de ses entrepôts à la réception des marchandises, la préparation et l’expédition des commandes de produits alimentaires, d’hygiène et médicaux tant que la société n’aura pas mis en œuvre, en y associant les représentants du personnel, une évaluation des risques professionnels inhérents à l’épidémie de covid-19 sur l’ensemble de ses centres de distributions.»

L’implantation d’Amazon en France, illustration d’un rapport publié conjointement par Solidaires, Attac et les Amis de la Terre.

Pour s’assurer d’être entendue, la première vice-présidente du tribunal assortit sa décision d’une astreinte d’un million d’euros par jour et par infraction constatée. Une somme qui doit être rapportée aux 4,5 milliards de chiffres d’affaires déclarés en 2018 sur le territoire. Conséquence, la multinationale ferme ses entrepôts jusqu’au lundi 20 avril.

Les salaires seront maintenus à 100% durant ces cinq jours, mais la firme qui emploie environ 10.000 personnes dans le pays, dont un tiers en intérim envisage de les subventionner grâce au chômage partiel. Une demande qui ne manquerait pas d’audace pour une multinationale suspectée de dissimuler des milliards au fisc. Sur France Info, le directeur général d’Amazon France prend une posture de victime, tout en agitant la carte du chantage à l’emploi.

Solidaires espère que ce jugement permettra de donner raison aux salarié·es qui ont tenté d’user de leur droit de retrait. Et même qu’il «ouvre la voie à d’autres actions». Dans ce dossier éminemment politique, le juge d’appel pourrait néanmoins revenir sur cette décision dans les prochains jours, par exemple si Amazon arrive à fournir les pièces manquantes à son dossier.

Le tribunal des référés de Paris avait rendu le 9 avril une décision similaire, dans l’affaire qui oppose Sud-PTT et la direction de La Poste. Le groupe doit «recenser les activités essentielles et non essentielles à la vie de la nation» et associer le personnel à une évaluation des risques liés à l’épidémie.

 

Les intermittent·es fragilisé·es

La culture n’aura jamais semblé aussi accessible. De nombreux contenus sont désormais disponibles en ligne, temporairement ou pendant toute la durée du confinement : collections de musées (https://www.fondation-giacometti.fr…, Louvre), expositions (Frida Kahlo…), musique (Opéra de Paris…), littérature ou encore théâtre (par exemple le Théâtre des Amandiers…). Cette soudaine manne de libre accès ne doit pourtant pas nous faire oublier que les artisan·nes de la culture, et notamment du monde du spectacle, déjà précaires, sont fragilisé·es par le confinement.

Page web du théâtre des Amandiers à Nanterre le 15 avril 2020

Le gouvernement a fait un premier pas en banalisant toute la période du confinement (à partir du 15 mars), qui ne comptera donc pas dans les 365 jours. De plus, les intermittent·es qui arrivent en fin de droits verront ceux-ci prolongés jusqu’à la fin du confinement. La déclaration mensuelle auprès de Pôle emploi reste d’ailleurs de rigueur.

Néanmoins, nombre de spectacles ont été annulés à partir du 4 mars, date des premières restrictions de rassemblement; par ailleurs, la liste des événements annulés (Aucard de Tours, etc.) jusqu’à mi-juillet est longue, faisant non seulement disparaître des contrats mais aussi les bénéfices escomptés des répétitions menées au cours des derniers mois.

Un premier décret publié le 14 avril est jugé très incomplet par la CGT Spectacle, qui réclame une facilitation du recours à l’activité partielle pour les personnes en CDD d’usage, notamment. Une pétition qui anticipe une longue période de vaches maigres demande la prolongation des droits un an après la date de reprise, pour tous les artistes, technicien·nes et intermittent·es.

Sur ce dossier comme sur d’autres – pensons aux pigistes, nous vous vous parlions dans notre cinquième gazette -, l’attentisme du ministère inquiète. Franck Riester n’a fait qu’ajouter à la cacophonie en déclarant jeudi 16 avril sur France Inter que les «petits festivals» pourraient se tenir à partir du 11 mai. On se pince, quand on sait que les hôtels et restos garderont portes closes et surtout que les scientifiques craignent une «seconde vague».

Dans l’attente d’une probable interdiction de tous les événements estivaux, les organisateur·ices peuvent théoriquement poursuivre leur travail et leurs dépenses, mais c’est bien pour une annulation qu’iels optent majoritairement. Une option qui, en l’absence d’arrêté les sécurisant financièrement, remet en cause leur pérennité, dans un secteur très soumis aux aléas.

Dans ces conditions, le plan spécifique du ministre de la Culture dont l’annonce est prévue dans quinze jours promet de susciter d’instances manœuvres en coulisses.

 

Note

La Gazette des confiné·es est un collectif ouvert d’ami·es basé·es entre autres à Nantes, Tours et Paris qui souhaitent mutualiser la prise d’informations portant sur la crise du Covid-19 sur internet afin de ne pas rester chacun·e de son côté isolé·e face aux écrans et de nous libérer du temps pour faire et penser à autre chose. La gazette paraît deux fois par semaines sur La Déviation et le réseau Mutu.

Consultez aussi nos précédents numéros et en particulier La Gazette des confiné·es #6 (précarité, santé mentale et masques), et La Gazette des confiné·es #7 (guerre, cocarde et propagande).

Tous les retours sont les bienvenus! Écrivez-nous à gazette.des.confine.es at protonmail.com

Illustration de une : Graffiti à Bagnolet, en Ile-de-France.

 

Repris de Paris-luttes.info

L’abject « Monologue du Virus »

« Le monologue du virus », publié sur lundimatin a déjà beaucoup circulé. Ce texte nous invite à accueillir le coronavirus comme le Messie venant nous sortir de notre servitude volontaire et de notre apathie quotidienne. Mais dans ce monologue abject, il est oublié (ou dénié) que tout le monde n’a pas le luxe de se demander s’il faut concevoir le temps de la pandémie comme des vacances ou bien comme l’occasion de cultiver son jardin et l’art de se saluer.

« Le monologue du virus », écrit dans une prose post-situationniste mal digérée, et publié sur lundi.am, a déjà beaucoup circulé. Ce texte nous invite à accueillir le coronavirus comme le Messie : « Voyez donc en moi votre sauveur ». Pourtant, comme toujours ce sont les plus vulnérables, les plus fragiles, les plus pauvres d’entre nous, les plus exploités, qui sont les plus exposés et les plus menacés : des camarades enfermés dans les prisons ou dans les CRA aux SDF dont presque tout le monde se fout en passant par les retraités entassés mais isolés dans des barres d’immeubles et tous les exploités du 21e siècle, caissières, livreurs, ouvriers du bâtiment, préparateurs de commandes pour la vente en ligne (Amazon, La redoute, etc.), sans oublier bien sûr les soignants des EPHAD, des CHU, etc., qui sont volontairement sous-équipés… Et que dire des milliers de vies qui seront prises dans les camps de réfugiés de guerres, dans les villes détruites en Syrie et ailleurs, dans tous les bidonvilles du monde, et chez tous ceux qui sont forcés au travail malgré le confinement généralisé ? La réponse est toute trouvée pour les rédacteurs de ce monologue : le virus ne vient « qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes ». Dans ce monologue abject, il est oublié (ou dénié) que tout le monde n’a pas le luxe de se demander s’il faut concevoir le temps de la pandémie comme des vacances ou bien comme l’occasion de cultiver son jardin et l’art de se saluer. Quel mépris, quelle éviction des conditions réelles de l’exploitation de masse derrière le pauvre petit ennui des propriétaires embourgeoisés de la gauche néo-rurale.

Non, le virus n’est pas notre Sauveur. En plein délire éco-messianique, le Monologue glorifie la sois-disante stratégie du virus : nous réveiller de notre servitude volontaire pour nous transformer en des jardiniers conscients. Mais la stratégie qui s’observe actuellement, c’est surtout celle, implacable, des États et de la bourgeoisie : nous maintenir sous contrôle, nous forcer au travail. Les conséquences immédiates de la pandémie, c’est le déploiement sans précédent des technologies de contre-insurrection, et plus largement du techno-fascisme, que l’on voyait arriver depuis un moment. Bien sûr, nous ne nions pas la dangerosité du virus, mais cela ne doit pas masquer la violence de la réponse autoritaire qui se déchaîne actuellement et ce que cela annonce. Si la Chine fait figure depuis un moment de modèle envié par les techno-capitalistes occidentaux, la pandémie est l’occasion de l’imiter à vitesse grand V sous couvert d’état d’urgence sanitaire. En Chine, des drônes viennent vous prendre la température dans la rue et il n’est plus possible de sortir sans smartphone, car il faut être géolocalisable et avoir la preuve de son état de santé sur son smartphone. L’Allemagne et les États-Unis travaillent avec des StartUp à des solutions de ce type. En France, comme à Madrid, les drônes sont de sortie pour démultiplier les capacités de contrôle de la police.

Macron et E. Philippe ont prévenu : il y aura un avant et un après le coronavirus, les menaces des sbires du capital tombent déjà. Bruno Lemaire et le président du Medef parlent de mettre en place le service économique minimum pour empêcher les travailleurs d’exercer leur droit de retrait, Edouard Philippe prévient qu’il faudra faire de gros efforts après la crise pour relancer l’économie, tout ceci en faisant passer « l’état d’urgence sanitaire », dont un volet comprend 300 milliards donnés aux entreprises, un pouvoir accru donné aux patrons qui peuvent rallonger le temps de travail de leurs salariés, forcer ou annuler des congés payés, etc. Edouard Philippe l’a bien compris, l’État d’urgence actuel est l’occasion de « modifier en profondeur nos habitudes ». L’après coronavirus, c’est la normalisation de nouvelles technologies de surveillance au nom de notre « santé », la télé-médecine, l’école et l’université sur plateformes numériques, le télétravail généralisé, et donc des travailleurs encore plus isolés dans et face au travail. Tout cela pendant que la main d’œuvre qui construit toutes les infrastructures nécessaires à ces technologies d’isolement et de contrôle restent à trimer dans le froid ou la canicule, ou pendant les pandémies ! « Modifier en profondeur nos habitudes », c’est aussi nous habituer à des check-point policiers dans les villes et les campagnes, des drônes dans la rue effectuant toutes sortes de contrôles, etc.

Après la crise sanitaire viendra la crise économique, elle sera encore plus dure que celle de 2008. Les marchés financiers, les multinationales et les États (qui vont encore se surendetter pour “sauver l’économie”) sont en train de perdre beaucoup d’argent, et une fois la première vague passée de la pandémie, ils vont vouloir nous faire payer. Ils vont nous imposer de nouvelles mesures d’austérité sous couvert d’union nationale, afin de ressusciter les marges de plus value du capital et de renflouer les caisses de l’État.

Plutôt que de se perdre dans des monologues ridicules, prenons la mesure de la situation : pour l’État et le capital, la pandémie est aussi l’opportunité d’opérer brutalement un passage à un régime beaucoup plus autoritaire. Le véritable problème ce n’est pas l’apathie que provoque la société de masse, l’apathie qui désole tant les auteurs du Monologue du Virus, le problème c’est l’exploitation de masse tenue d’une main de fer par les capitalistes, l’État et sa police. Faut-il rappeler les chiffres de la répression du mouvement GJ ?

Nous ne croyons donc pas au Monologue du Virus rédempteur, ni à l’Appel du Parti imaginaire ou encore aux Prophéties du Comité Invisible, nous ne voulons pas profiter du désastre engendré par la pandémie pour créer des écovillages ou des formes de vie suffisamment dignes aux yeux du Virus Rédempteur. Comme nous venons de le dire, pour le moment nous assistons à un renforcement du pouvoir, qui ne s’effondrera pas de lui-même — et qui s’accommode très bien de la désertion rurale de ceux qui en ont les moyens, ou de quelque énigmatique geste pseudo poétique de l’infime.

À la différence des slogans moralistes et religieux du Monologue et de leurs injonctions culpabilisatrices stériles du type « demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner », nous revendiquons l’histoire des luttes prolétariennes et des campagnes rebelles. Ce mépris pour l’histoire des luttes est intolérable, les exploités ne le sont jamais de leur plein gré, la servitude volontaire n’existe pas, l’histoire des résistances populaires est là pour le prouver.

Personne ne peut dire ce qui va se passer dans les prochains mois, mais il faudra être attentif et ne pas rester sous l’emprise de la peur et de l’état d’urgence permanent dans lequel les gouvernants vont essayer de nous maintenir pour faire passer leurs mesures de sauvegarde, puis de relance de l’économie. Avec cette “crise” s’il fallait le démontrer encore, c’est nous, les exploités condamnés au travail et à la misère, que les capitalistes sacrifieront encore et toujours sur l’autel du pouvoir et du profit. La pandémie touche le monde entier. Les mesures autoritaires de sauvegarde puis de relance de l’économie toucheront aussi le monde entier puisque nos économies sont interconnectées à un point jamais atteint. Il ne faudra pas se laisser abattre mais se révolter contre ces mesures dont l’injustice criante se verra comme le nez au milieu de la figure. C’est peut-être là un espoir de révolution sociale internationale. Nous avons besoin de comprendre ce dans quoi nous sommes pris afin de dégager nos marges de manœuvre dans les temps à venir.

Articles provenant de Paris-luttes.info

Révoltes dans les prisons suite aux restrictions et à la situation sanitaire

Depuis le début de l’épidémie, l’Etat a pris des mesures très restrictives dans les prisons : fin des parloirs, fin des activités collectives, plus de cantines, plus de lavage du linge… tandis que la situation sanitaire est désastreuse : pas de protection, encore moins de dépistage ni de traitement, toujours la même promiscuité…

Face à cela des mobilisations ont eu lieu dans de nombreuses prisons, voire des mutineries comme à Uzerches où des détenus sont montés sur le toit ; par la suite, la moitié des prisonniers ont été transférés dans d’autres centres de détention.

La ministre de la justice a annoncé 5000 libérations, une goutte d’eau par rapport aux 70000 détenus ; pour l’instant il n’y a pas eu de libération, peut-être est-ce simplement un effet d’annonce et qu’il s’agit simplement d’un nombre moindre de nouveaux détenus dû au fonctionnnement ralenti de la justice. Ce qu’on peut dire c’est que la répression est plus que jamais « en marche », avec la prison comme perpective pour ceux qui ne respectent pas les mesures de confinement et osent mettre le nez dehors hors du cadre imposé.

Dans les centres de rétention administrative (prisons pour sans papiers), plusieurs grèves de la faim ont eu lieu. Si certains détenus ont été libérés faute de perspective d’éloignement du territoire, d’autres continuent à y être enfermés notamment ceux qui finissent leur peine de prison (double peine).

Pour un suivi de la situation, on peut suivre le site de l’Envolée :

Ainsi qu’un suivi quotidien à 19 h sur la radio Fréquence Paris Plurielle.

Pandeminium, une plateforme pour partager les choses que nous inspire la période

Sous les glaciers la rage « spécial confinement » – mars 2020

Ola ola !

l’équipe (renouvelée pour l’occasion) de sous les glaciers la rage a réussi à braver la psychose collective sanitaire et les mesures répressives post-confinement pour pondre une émission spéciale confinement du point de vue des bouseux-ses haut-alpins, avec un bon paquet de pépites virales et quand même une dose de sérieux guerrier, le tout entrecoupé de musique éclectique bien à propos ! Le tout en réécoute ci-dessous et…tenez vous informé-e-s, c’est bien possible qu’une récidive se prépare dans les prochains jours, toujours en avant-première sur radio zinzine (vous ne connaissez pas ? c’est bien le moment de se brancher sur les ondes FM ou sur internet et de découvrir cet univers sonore local autogéré) et très rapidement sur vallées en lutte évidemment !

Allez, la bise ! (on déconne haha)

PS : pour écouter sans coupure les 2 parties de l’émission (faut savoir que certain-e-s saturent la bande passante depuis que Pornhub a ouvert gratuitement ses contenus…haha il parait que ça empêche les rats de bureau de télétravailler !), mieux vaut click droit puis Enregistrez la cible du lien sous, comme ça l’émission est téléchargée sur votre ordi et vous l’écoutez comme bon vous semble)

 

[MAJ régulières] Sélection d’articles et actualité sur le Covid-19 pour réflechir et agir en période de confinement

En attendant que des réponses collectives s’organisent, comme des grèves sauvages se déclarant dans les secteurs non-essentiels de l’économie afin de réelement lutter contre la propagation du Covid-19, ou une solidarité effective afin d’éviter le total abandon des personnes isolées par la société, nous semblons désarmer face à la puissance de l’état, pouvant annoncé à l’intégralité de la population d’oublier ses activités qui ne sont pas économiquement productive du jour au lendemain. Quitte à rester cloitrer chez soi, et pour ne pas spéculer sur d’éventuels complots, ou juste laisser monter l’anxiété et l’angoisse en nous, le mieux reste de s’instruire sur la situation en cours afin d’être capable d’y répondre, individuellement, collectivement et le plus vite possible, à cet état d’exeption qui risque d’inspirer le futur du contrôle des populations. Comme l’état d’urgence est en partie devenu la normalité, nous pouvons nous attendre à voir cet état rentrer en partie dans nos vies quotidiennes dans le futur quand l’état, qui préfère équiper de masque la police pour gêrer une manifestation plutôt que les soignant.e.s en situation de pandémie, en aura besoin.

 

Traduction de l’attestation pour les sorties

Aucune idée si les flics acceptent les attestations dans d’autres langues.

 

Du point de vue de la santé, et de la situation dans d’autres pays :

Prédiction en France

Attention les données date un peu (16 mars), et sont réalisées par régions, donc les situations locales peuvent être plus critique comme dans le Grand-Est, où la saturation arrive plus tard que dans les hopitaux de Mulhouse et Colmar.

Source

 

Rapide détail sur le virus

Virus 10 fois plus virulent que la grippe saisonnière et 10 fois plus contagieux. Comparable à la grippe espagnole (55 millions de morts en 1920). Mais on a aujourd’hui les moyens modernes pour soigner une très grosse partie des malades.

A condition que les services hospitaliers ne soient pas débordés : soigner un malade grave c’est plusieurs semaine avec du matériel lourd. Les capacités sont limités. Si capacités dépassées, les gents sont mals soignées et meurent.

Les jeunes risquent quasiment rien (sauf s’ils prennent de l’ibuprofen ou de l’advil – que du doliprane) ; Les risques augmentent avec l’âge et deviennent très important au-delà de 60 ans.

Croissance exponentielle = lente au début, rapide puis explosif. (ici ça double tous les 2-3j)

Enjeux : ralentir la diffusion pour limiter l’ampleur de la vague. Plus on arrive à la ralentir, plus les hopitaux peuvent encaisser le choc.

Comment ? : Mesures de « distance sociale » + hygiène rigoureuse (Cf. consignes données actuellement – 2 m de dist pour temps limité, pas de contact direct, lavages mains et objets fréquents). C’est TRES efficace pour ralentir la propagation et éviter des contamination.

Le virus vit ~4h dans l’air (plus sur des surface). Rester chez soi au max est nécessaire, surtout pour personnes malades qui toussent ou mouchent.

Chaque jour compte : 1 jour de retard = 40 % d’infection en plus. 1 semaine = fois 5 et 15 jours = x100.

On a déjà pris beaucoup de retard et les services seront débordés. Les soignants en hôpitaux vont vivre quelque chose de TERRIBLE. Mais plus on agit vite et fort plus on réduit l’ampleur du choc et le nombre de morts.

Aucune méthode autre de se protéger que les gestes « barrières » ci dessus (/!\ plein de recettes bidon circulent – boissons chaudes, … ).

Durée estimée de la crise sanitaire sous sa forme aigue, 2 ou 3 mois ; (la sortie de crise sanitaire, c’est pas clair).

Extrait de « COVID-19 : Réagir face à la crise. En ressortir gagnant.e.s »

Coronavirus : La synthèse – Ce qu’il faut savoir sur le COVID-19

Pour des informations plus précises sur le virus et l’épidémie.

Informations sur la COVID-19 destinées à informer le public sous forme de questions/réponses. Cet article sera mis à jour quasi-quotidiennement. Si vous pensez avoir détecté une erreur, ou si vous vous posez une question qui n’est pas traitée, intervenez dans le forum d’échanges sous l’article.

Quelques conseils de précautions :

Bien sûr lavez vous les mains régulièrement, portez un masque si vous avez les symptômes du Covid19.

Mais également, évitez les lieux fort fréquentés, évitez de vous agglutiner dans les grands magasins, il y a une pénurie d’infirmièr·e pas de denrées alimentaires. Restez chez vous tant que possible.

Évitez votre lieu de travail s’il ne garantit pas les mesures adéquates de précaution (éviter les espaces fermés, les endroits fort fréquentés, distances de sécurité, matériel pour se laver correctement les mains, etc.). Organisez-vous entre travailleur·euse·s pour faire entendre vos préoccupations concernant votre santé et celle de votre entourage.

Nous répétons qu’il nous semble irraisonnable de maintenir au travail dans des conditions risquées pour leur santé une partie importante de la population sous prétexte d’intérêt économique. Les employeurs doivent garantir les revenus et permettre la mise en sécurité de la population.

Mais en plus, ne vous rendez pas aux urgences si vous pensez avoir le Covid19 mais que vous n’avez pas de fièvre ou de difficultés respiratoires. Vous risquez fortement d’engorger les hôpitaux et vous ne serez très probablement pas dépisté·e·s. Ceci est normal, c’est que vous n’êtes pas fortement atteint·e·s par le Covid19. Restez chez vous, évitez les contacts sociaux.

Extrai de COVID-19 : ÉTAT DE LA SITUATION AU 15 MARS 2020 par santéenlutte.org

 

COVID-19 : ÉTAT DE LA SITUATION AU 15 MARS 2020

Nous vous proposons ici de faire un état sur la situation grâce aux différents retours que nous avons pu avoir de la part du personnel qui affronte le coronavirus sur le terrain.

Premièrement, le sous-effectif. Accueillir une masse considérable de charge de travail supplémentaire à effectif égal, de plus est, dans un contexte de pénurie d’infirmièr·e est plus que problématique. La surcharge est évidente. Les urgences, assaillies par une population inquiète, ne savent plus où donner de la tête. Les soins intensifs se remplissent et les unités de confinements travaillent à plein régime.

Deuxièmement, le manque de matériel. La gestion managériale du « juste à temps » qui consiste à ne pas maintenir de stock « superflu » dans l’hôpital a pour conséquence qu’en moment de crise le matériel n’est pas disponible. De plus, le matériel est parfois de piètre qualité, résultat des désirs d’économie de nos dirigeants. En effet, on nous rapporte de nombreux cas d’unité à risque où le personnel ne dispose pas de masque en suffisance ou de bonne qualité. La mise en danger du personnel en général est donc évident.

« Nous ne sommes même pas testés nous-mêmes » – Entretien avec une médecin généraliste

D’abord, en ce qui concerne les masques et autres matériels de protection, il n’y a pas de service qui nous les fournit. Nous devons faire le tour des pharmacies pour nous en procurer – gratuitement, quand même ! Il a été annoncé dans les médias que nous pourrions nous réapprovisionner dès cette semaine en masques – c’est là que nous sommes le plus en pénurie – mais je viens d’apprendre par mon collègue que les pharmacies étaient toujours en rupture de stock de FFP2 et nous sommes mardi…

[…] Bien sûr, la gravité ne dépend pas que de facteurs médicaux, mais aussi de critères médicaux-sociaux : l’isolement et la précarité, par exemple.

[…] Nous n’avons aucun accès à ces tests. Nous ne sommes pas en mesure de savoir si un patient a le virus ou non. Nous pouvons simplement mesurer s’il doit être hospitalisé ou renvoyé chez lui : en mesurant la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire, la fièvre, la tension. Mais ce n’est pas suffisant. Nous aurions dû avoir accès à ces tests afin de tester les patients avant le passage au stade 3, maintenant, ça ne servirait quasiment plus à rien.

[…] Je voudrais aussi rajouter qu’en plus de ne pas pouvoir tester les patients, nous ne sommes même pas testés nous-mêmes, et c’est assez étonnant. Il n’y a eu aucune campagne de test, pour la population d’une part, mais surtout pour les personnels de santé ! Jusqu’à très récemment, même en présentant les symptômes, les médecins n’étaient pas testés. Si on se mettait à tousser, qu’on présentait certains symptômes légers, on ne nous testait pas, donc on a continué de travailler. C’est comme ça que ça s’est passé ces dernières semaines.

[…] Une tendance générale, qui va dans le sens des consignes de confinement maximal, est de faire des téléconsultations. Ça permet aux gens, notamment aux personnes fragiles, de ne pas avoir à se déplacer. Il faut quand même noter que ça ne nous permet pas de prendre tout le monde : ce protocole nécessite que le patient ait un ordinateur, ce qui participe à exclure des personnes précaires, des personnes âgées, etc. Par ailleurs, les serveurs sont déjà saturés, et les consultations sont rendues très difficiles voir quasi impossibles tant ça « saute » régulièrement.

[…] Les gens ne comprennent pas trop ce qui se passe. Ils appellent aussi pour avoir des explications. Il y a beaucoup d’inquiétude, mais pas de paranoïa. Les gens sont scrupuleux, attentifs, et compréhensifs, ils veulent des avis.

 

Après cette crise sanitaire je crois qu’il sera temps de régler nos comptes avec les politiques et instances concernées.

Terrasson le coronavirus et la marchandisation de la santé

Néanmoins, nous restons perplexes sur certains points. En effet, nous notons le compromis qui a été réalisé pour maintenir l’activité économique des grandes entreprises, pourtant majoritairement non essentielle au bon fonctionnement de notre société. Il nous semble que les principaux acteurs économiques impactés par les mesures seront les travailleur·euse·s de l’horeca, les étudiant·e·s, le milieu culturel et associatif, ainsi que les petits indépendants qui ont parfois déjà du mal à boucler leur fin de mois.

En effet, la précarisation de la population va engendrer des dégâts sanitaires que nous redoutons fortement. Plusieurs études révèlent la corrélation immédiate entre le niveau de revenus et le niveau de santé de la population. Nous sommes donc très préoccupé·e·s par ce risque de paupérisation et par les difficultés d’accès aux soins qui ne vont pas faciliter la lutte contre le Covid-19.

[Italie] CoVid-19 : Point d’arrivée, points de départ

Depuis le 22 février, la courbe de croissance de malades a suivi une trajectoire exponentielle (ce n’est pas une exagération, c’est littéralement ainsi), jusqu’à atteindre en Italie, le 13 mars 2020, plus de 17 600 contaminations vérifiées et plus de 1 200 mort·e·s. Les structures sanitaires publiques italiennes n’ont pas les moyens matériels nécessaires pour faire face à ces chiffres : on manque notamment de respirateurs artificiels et de lits en thérapie intensive, nécessaires pour assurer le soin des manifestations plus graves de la maladie.

Comme dans toute situation de crise, les contradictions émergent maintenant plus clairement. Nous vivons une époque où la suspension de la « normalité » prend une forme beaucoup plus aiguë que celles que nous avons connues jusqu’à présent. Par son caractère même « d’exception dans l’exception », la suspension de la « normalité » que nous vivons met à nu et amplifie toutes les contradictions et les dispositifs déjà en place au quotidien, aussi ceux que, en tant que habitant·e·s de ce monde, nous avons intériorisé.

[…] Les camarades se sont organisé·e·s en petits groupes qui assurent la diffusion en continu de contre-informations et de réflexions culturelles, afin de promouvoir un regard critique sur ce qui se passe de nos jours.

 

Du point de vue de la répression, du contrôle et de l’état d’urgence

Si des personnes ont des informations sur les contrôle dans les vallées, n’hésitez pas à nous les transmettre, on essayera de tenir au courant de ce qu’on nous dit.

 

Etat d’urgence sanitaire

Une loi d’état d’urgence sanitaire est en cours de préparation, voté le 20/03 au sénat, le 21/03 au parlement, elle pourrait être activé par décret par le président. Peu d’informations pour l’instant, les lois décreté par le président, n’ont pour l’instant pas de durée limité légal, nous somme à la merci de l’exicutif si l’état d’urgence est activé. Ils pensent revenir sur les 35h et les congés payés, sans durée annoncée pour l’instant.

 

L’acharnement sur la population de Seine Saint Denis en temps d’épidemie

Un article particulièrement servile du Parisien nous apprends que 10% des amendes en France ont été dressées en Seine Saint-Denis. Il semble évident qu’il s’agit d’un contrôle accru plutôt que d’une « indiscipline » des habitants confinés.

 

Augmentation des contrôles, augmentation de la répression

– 1ers cas de prison ferme suite à des contrôles. Les individus (2 personnes pour l’instant) très certainement dangereux, et contaminer par moultes virus, n’avait pas signer leurs mots d’excuse pour sortir de chez eux. INADMISSIBLE ! La police a donc du les sanctionner, chose qu’ils ont refuser, 3 mois de prison ferme sans mandat de dépot. Une autre personne, n’acceptant pas la situation a mordu les flics.

– Les flics aurait verbalisé des soignants n’ayant pas d’attestation, plus cocasse des gendarmes aurait verbalisé des flics n’ayant pas d’attestation non plus, leur syndicat de flic s’est insurgé sur la crise que traverse la police, aucun mot sur la verbalisation des soignants…

 

Du point de vue de la lutte et des réponses collectives que l’on peut donner :

Covid-entraide infos France

Le réseau #COVID-ENTRAIDE FRANCE se monte depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et le terrain avec toutes les bonnes volontées qui s’accordent sur ces points :
1) Diffuser des infos vérifiées et sourcées
2) Participer à l’entraide et l’auto-organisation dans les immeubles, quartiers, villages, villes, régions. Sur le terrain et en ligne.
3) Soutenir les personnes les plus vulnérables face à la pandémie de Covid-19
4) Soutenir les soignant-e-s et tous les services publics exsangues
5) Se méfier de la gestion gouvernementale et de toute instrumentalisation autoritaire de la pandémie

> REJOINDRE LES OUTILS EXISTANTS

SUR TELEGRAM (groupe national) : https://t.me/joinchat/Kd5EWxK0U1v0qbOffsqp0w

SUR FACEBOOK (groupe national) : https://www.facebook.com/groups/208192820288100/

INSCRIS TON GROUPE D’ENTRAIDE SUR LA CARTOGRAPHIE COLLABORATIVE : https://covidentraide.gogocarto.fr

Utilise le hashtag #COVID-ENTRAIDE si tu es en accord avec les points exposés avant) :

Crée un groupe via les réseaux sociaux (Facebook, Telegram, Whatsapp, etc) et/ou une adresse mail pour pouvoir être contacté facilement

ANNUAIRE DE TOUS LES GROUPES LOCAUX/THÉMATIQUES : https://t.me/joinchat/AAAAAES_fYIBQZKebijd3g

Appel à une grève des loyers

Tu ne peux plus travailler, tu ne sais pas si tu vas être payé ni quand, ton contrat est fini, ou juste tu ne trouve pas ça normal de payer un loyer, que l’Etat renfloue les banques plutôt que ton découvert au début du mois.

L’épidémie du covid-19 provoque actuellement une crise sanitaire qui a un impact à l’échelle nationale. Durant cette dépression, une grande partie des français.es sera dans l’incapacité de payer tout ou partie de son logement, du fait de la réduction de nos revenus. Les conséquences de cette crise étant dues aux politiques libérales des 40 dernières années, nous sommes déterminé.es à nous battre de toutes nos forces par tous les moyens à notre disposition.

Nous avons donc décidé de nous organiser de manière à lancer une grève des loyers à l’échelle du pays pour protéger les personnes les plus précaires.

Lettre type disponible

 

Coronavirus, confinement et résistances : suivi en continu

La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, qui traverse la France et d’autres pays, nous contraint à l’isolement et à la dispersion. Bien qu’il nous semble plus que nécessaire de rester chez soi afin de limiter la propagation virale, il s’agit également de tirer profit de l’agora numérique qu’offre internet à la fois pour organiser la solidarité populaire et pour produire la contre-information vis-à-vis des discours dominants.

En ce sens, nous proposons d’ouvrir un suivi continu pour centraliser et mieux comprendre l’actualité : mesures prises par les différents gouvernements ; luttes de travailleurs, de prisonniers ou d’autres catégories susceptibles de se mobiliser car victimes d’un délaissement par l’État ; situation dans les hôpitaux ; articles d’analyse ; témoignages divers et variés.

 

Echos de l’organisation populaire contre le coronavirus en Italie

Compte-rendu Réseau des biens communs émergents et à usage civique.

L’Italie a une dizaine de jour d’avance sur nous en matière de propagation de l’épidémie, il est donc intéressant d’observer ce qui s’y met en place en matière d’organisation contre le virus et malgré le confinement.

Nous publions le compte-rendu de l’assemblée du 12 mars, qui a été un premier moment de rencontre, avec plus de 65 personnes connectées en visioconférence, pour ouvrir par voie numérique nos espaces de rencontre et de réflexion.

Assemblée numérique extraordinaire
12 mars 2020

Nous avons échangé sur : réflexions communes, échanges de pratiques et propositions opérationnelles.

 

Contre le confinement généralisé

Alors oui nous traversons une crise sanitaire importante qu’il ne s’agit pas de négliger, mais même si Corona est assez coriace et contagieux, il reste assez peu mortel. l’extrême majorité de la population peut donc (et va sûrement) le contracter et en guérir tranquillement. Bien sûr le problème est la saturation de l’accès aux soins et cela sans surprise puisque les moyens accordés au secteurs de la santé n’ont fait que diminuer au fil des politiques capitalistes et libérales. L’État et les gouvernements successifs sont responsable de la situation actuelle, c’est à cause de leurs politiques, leur négligence de l’humain, du soin, des secteurs « non rentables » en général qu’aujourd’hui nous sommes obligés d’essayer de retarder la propagation du Covid-19 qui sinon aurait bien pu se répandre à la vitesse qu’il voulait sans plus de conséquence qu’une mobilisation intensive des services de santé (et de tout à chacun.e niveau hygiène).

Par solidarité avec celleux qui ont besoin de se déplacer pour survivre et avec celleux qui hier comme aujourd’hui ne peuvent pas se permettre un contrôle de police, on propose pour commencer un info-traflic des contrôles sur Nantes, ce peut être au moins ici en commentaires ou sur d’autres plateformes sécurisées. On espère aussi que les camarades continuerons de s’organiser (pensez outils informatiques sécurisés) pour résister et lutter contre toutes les oppressions, la lutte ne doit pas s’arrêter. S’adapter, trouver de nouveaux outils, de nouvelles failles, l’épidémie et l’état de restrictions sanitaires que nous traversons peuvent être un bon exercice, un bon test pour les milieux militant.e.s face au sécuritaire. Il nous faut dès aujourd’hui échanger les informations : Qui se fait contrôle ? Est ce qu’ils demandent les attestations ? Est ce qu’ils vérifient les identités ? Est ce qu’ils donnent des amandes systématiquement, envoient en vérif ou en gardav’ ? Tester et si besoin déjouer ou saboter les dispositifs de contrôle (tout en restant lucides sur les risques sanitaires), observer, produire de la réflexion et de l’analyse sur les évènements mais surtout garder coûte que coûte notre esprit de solidarité et d’autonomie, passons nous autant que faire se peut des institutions.

Comme toujours c’est la balance entre liberté et sécurité, si vous pencher vers l’un vous payerez par l’autre. L’État nous ordonne la sécurité sanitaire et nous la fait payer de notre liberté de circulation. Que chacun.e trouve l’équilibre qui lui convient mais par pitié qu’on arrête, par peur, de cracher sur celleux qui choisiront toujours la liberté parce que mourir du coronavirus ou d’autre chose leur importe peu, vivre est un risque et vivre sans liberté c’est, pour elleux être déjà mort.e.s !

 

Covid-19 : Mesures minimales

[Nantes] L’autre cantine continue à distribution de repas

Il est nous paraît évident que pandémie ou pas, les 400 repas quotidiens que nous distribuons seront plus que nécessaires.
Il nous paraît évident qu’il faut garder le lien envers les personnes que l’on soutient, pour aussi expliquer et traduire les mesures sanitaires à prendre, proposer du savon et des thermomètres, aider à téléphoner au 15 en cas de symptômes alarmants pour les personnes qui ne parlent pas français etc …

[Italie] #RestonsÀLaMaison mais ne restons pas silencieux

Chacun ne vit pas pour autant le confinement de la même façon : les précaires et intérimaires se retrouvent au chômage technique ; les parents à devoir assurer la garde de leurs enfants tout en travaillant ; les prisonniers, isolés de leurs proches interdits de visites, continuent de vivre dans des cellules surpeuplées. La guerre sociale se prolonge dans l’épidémie.

[…] De notre côté, nous sommes en train d’organiser la solidarité dans notre quartier, en distribuant du désinfectant, en nous rendant disponibles pour faire des courses pour les personnes âgées. Nous essayons de ne laisser personne seul, comme est en train de le faire la meilleure partie de ce pays : hall par hall, bâtiment par bâtiment. Mais le mutualisme ne peut suffire, nous devons trouver un moyen de reprendre la parole. Nous ne sommes pas capables de construire des communautés autosuffisantes, nous ne le voulons même pas, nous devons commencer à nous demander comment répondre à cette violence.

Contre le virus, contre la peur. Solidarité et entraide.

Pour soi. Pour les autres. Parce que la lutte doit continuer, maintenant et après. Pour foutre en l’air ce monde, mais sans précipiter la catastrophe.

[…] Faisons un peu de fiction. Imaginons qu’avec la crise sanitaire, les crises économique et politique qui l’accompagnent, nous sommes aux prémices d’une crise du capitalisme hors norme, faut-il vraiment s’en réjouir ? Qui d’entre nous pourrait souhaiter que l’État s’effondre non parce que nos mots et nos actes l’auraient abattu mais parce qu’il a été balayé par une crise sanitaire ?

Il s’agit aujourd’hui de penser à demain. Bien que le propos de ce texte soit de demander à chacun·e de se confiner volontairement pendant un certains temps, je pense que nous n’avons pas non plus intérêt à tout arrêter et à nous isoler. Il faut encore lutter. Il s’agit d’imaginer, pour un temps, faire différemment. En créant des réseaux de solidarités dans nos immeubles et nos quartiers (courses, garderies, prise de nouvelles des vieux, etc), en affichant l’exigence d’une amnistie des personnes en taules et en CRA [8], en réclamant ou en appliquant par nous-mêmes les seules mesures économiques nécessaires pour éviter que les plus précaires se retrouvent la corde au cou dans les prochaines semaines (à minima la suspension des loyers et factures d’énergies et d’eau, bouffe et transports gratuits [9].

[…] Une fois la tempête passée, nous devrons être présent·e·s pour que ne subsiste de cette période que ses aspects les plus autoritaires et hygiénistes. Que ce ne soit pas une simple étape du renouvellement du capitalisme.

 

Comment poser un droit de retrait du fait du coronavirus ?

Nombreux sont les gens encore au travail. En effet, Macron a pris la décision irresponsable mais logique du point de vu capitaliste de ne pas stopper la production. On voit donc certains secteurs profiter réellement de la crise. C’est le cas d’Amazon qui va recruter 100 000 personnes aux États-Unis. Mais il est possible de lutter contre ce fatalisme et de refuser d’aller se faire infecter au travail. Certains syndicats ont posé des préavis mais il est aussi possible de résister individuellement grâce au droit de retrait.

Foodtech : « On est en guerre ou on bouffe des burgers ? »

La situation des livreurs de repas à domicile est alarmante. Pendant que les cadres des plateformes comme Uber Eats, Deliveroo ou Frichti sont confinés au chaud, des milliers de coursiers n’ont d’autres choix que de s’exposer au virus et potentiellement le transmettre pour pouvoir payer leurs loyers et remplir leurs frigos. Un mépris de classe hallucinant pour la flotte des livreurs déjà sur-précarisés qui n’ont aujourd’hui qu’une interrogation : jusqu’à quand ?

[…] Pour sauver le chiffre d’affaire des plateformes, le gouvernement, qui ne cache plus son soutien à ces multinationales qui piétinent le droit du travail sans vergogne, a diffusé dimanche 15 mars un « guide des précautions sanitaires à respecter dans le cadre de la livraison de repas à domicile ». Celui-ci recommandant la livraison sans contact selon laquelle le livreur sonne chez le client avec ses gants, désinfecte le sac, l’ouvre, recule de deux mètres pendant que le client se sert, puis part.

[…] Pour Damien, secrétaire général du SCALA (Syndicat des Coursiers Autonomes de Loire-Atlantique), c’est du flan : « Même si on applique la livraison sans contact, le sac est touché par tous les restaurateurs, tous les clients, on a pas le matériel pour désinfecter et on a pas le temps. (…) C’est n’importe quoi, sur une semaine à temps plein on croise environ 200 personnes. ».

 

RATP et Coronavirus : briser l’omerta

Face à la crise du Coronavirus, la tension monte à la RATP. Plongés dans le flou depuis des semaines, les agents se sentent laissés pour compte par la direction, alors qu’ils sont particulièrement exposés et qu’au moins 8 d’entre eux ont été testés positifs au virus.

 

Des grèves pour se protéger du coronavirus éclatent en Italie

Les travailleurs-euses de différents secteurs arrêtent le travail et organisent des grèves spontanées à Naples, Gênes, Rome, Milan, Mantoue ou encore à Modène. Les travailleurs-euses répondent à l’appel du syndical Si Cobas Lavoratori Autorganizzati, ielles refusent de tomber malade pour le profit des patrons !

Les travailleurs-euses de différents secteurs se mettent à l’arrêts, faute des conditions de sécurité minimales. Tandis que le gouvernement italien ferme les écoles et les magasins, les entreprises restent ouvertes sous la pression des principales associations patronales qui veulent des entrepôts et des usines ouvertes, menaçant ainsi des millions de travailleurs-euses.

Dans toute l’Italie, les arrêts de travail et les grèves spontanées de la production se multiplient, elles pourraient conduire dans les prochains jours à la proclamation de la grève générale !

 

La révolte se répand dans les prisons française.

Des mouvements collectifs ont lieu dans plus de 10 prisons francaises à notre connaissance.
Ces mouvements sont souvent dûs à la restriction des parloirs jusqu’au 31 mars. Un prisonnier est décédé à Fresnes du Covid-19, et cinq autres cas ont été détectés. Sachant qu’il y a finalement peu d’informations qui circulent sur ce qui se passe à l’interieur des prisons francaises, nous mettons ici les quelques informations reçues :
A Val de reuil, les détenus refusent de regagner leurs cellules, comme à la prison de la santé le mardi 17 mars au soir. Les mouvements de révolte ont lieu également à Bois d’arcy, Réau, Lyon le corba, Aiton, Grenoble, Villefranche, Saint-Quentin-Fallavier, Osny, Maubege, Perpignan, Reims, Anger. Parfois, les Eris sont intervenus contre les mutins.

 

Révoltes dans les centres de rétention

Plusieurs révoltes éclatent actuellement dans les centres de rétention administrative, notamment sous forme de grèves de la faim. La crise sanitaire actuelle ne fait en effet qu’aggraver une situation déjà insupportable en temps normal dans ces prisons pour étranger-es. Nos camarades de « À bas les CRA » suivent et relaient ces résistances, liberté pour toutes et tous !

 

Des occasions qui se présentent ?

– Service minimum dans les tribunaux

– Des enquêtes au ralenti

– Des prolongations de détention sans débat

– Limiter les incarcérations

– Des contrôles judiciaires simplifiés

…en attendant encore plus de militaires dans les rues

 

Du point de vue de la théorie politique sur les événements en cours :

De l’utilisation de la « guerre sanitaire » pour perfectionner le controle

Face au Covid-19, les gouvernements de tous les pays touchés déploient chaque jour un arsenal technologique innovant pour contrôler la population.

Détail de la répression en cours en Chine, en Israël, en Corée du Sud, en Italie, au Etats-Unis, en Belgique et en France

 

Contagion sociale Guerre de classe microbiologique en Chine

« Un article aussi long qu’intéressant sur l’histoire des liens entre épidémies et production, sur la réponse actuelle de l’Etat chinois et sur le coronavirus comme symptôme des logiques contemporaines d’accumulation du capital. Faut s’accrocher, ça se lit en plusieurs fois mais ça vaut vraiment le coup. »

Agrobusiness & épidémie : d’où vient le coronavirus ?

Le réseau mondial de transport n’a jamais été aussi connecté. En l’absence de vaccins ou d’antiviraux spécifiques pour les coronavirus, et en l’absence de toute immunité collective, même une souche dont le taux de mortalité n’est que de 1 % peut présenter un danger considérable. Avec une période d’incubation allant jusqu’à deux semaines et des preuves de plus en plus nombreuses d’une certaine transmission avant la maladie – c’est-à-dire avant que nous sachions que des personnes sont infectées -, il est probable que peu d’endroits seront exempts d’infection.

[…] Qui faut-il blâmer ?

J’ai évoqué l’agriculture industrielle, mais elle s’inscrit dans un champ bien plus large. Le capital est le fer de lance de l’accaparement des dernières forêts primaires et des terres agricoles détenues par les petits exploitants dans le monde. Ces investissements favorisent la déforestation et le développement, ce qui entraîne l’apparition de maladies. La diversité et la complexité fonctionnelles que représentent ces immenses étendues de terre sont rationalisées de telle sorte que des agents pathogènes auparavant enfermés se répandent dans le bétail local et les communautés humaines.

Il faut mettre définitivement fin à l’agrobusiness en tant que mode de reproduction sociale, ne serait-ce que pour des raisons de santé publique. La production alimentaire capitaliste repose sur des pratiques qui mettent en danger l’humanité tout entière, contribuant en l’occurrence à déclencher une nouvelle pandémie mortelle.

Nous devons exiger que les systèmes alimentaires soient socialisés de manière à empêcher l’émergence d’agents pathogènes aussi dangereux. Pour cela, il faudra d’abord réintégrer la production alimentaire dans les besoins des communautés rurales. Cela nécessitera des pratiques agroécologiques qui protègent l’environnement et les agriculteurs qui cultivent nos aliments. En gros, nous devons combler les fossés métaboliques qui séparent nos écologies de nos économies. En bref, nous avons un monde à gagner.

 

Panagiotis Sotiris – Coronavirus. Contre Agamben, pour une biopolitique populaire.

Nous avons publié récemment un texte de Giorgio Agamben sur l’état d’urgence et le coronavirus. Il semble aujourd’hui qu’il s’appuyait sur des données scientifiques – officielles – erronées qui le conduisaient à minimiser l’importance de l’épidémie. Il n’en reste pas moins qu’il rappelait utilement combien l’état d’urgence s’inscrit dans une généalogie inquiétante et combien l’État moderne s’est toujours servi des crises de tous types pour accroître et exercer son emprise violente sur les peuples. Tout cela en se cachant sous une apparente neutralité savante.

L’épidémie frappe désormais l’Italie de plein fouet et prolifère à toute vitesse en France, rendant nécessaires des mesures à grande échelle pour contrer son expansion. Alors que commencent à s’esquisser, notamment en Italie, des formes d’auto-organisation populaires et que fait jour la nécessité d’une lecture rationnelle et antagonique des mesures prises par les gouvernements, il nous a semblé important de publier ce texte de Panagiotis Sotiris. Prolongeant le dernier Foucault, il s’attache en effet à imaginer ce que pourrait être une biopolitique communiste, s’appuyant sur les luttes populaires et l’intelligence collective.

Répétition générale d’une apocalypse différenciée

Critiquant ironiquement le débat entre Giorgio Agamben, Jean-Luc Nancy et Roberto Esposito sur cette question, l’auteur propose comme grille d’analyse non pas la répétition ad libitum du concept d' »état d’exception », ni l’idée d’une sombre puissance totalitaire du « bio-pouvoir », mais plutôt le lien organique entre le déséquilibre environnemental, le risque d’effondrement des systèmes sanitaires et le tournant autoritaire du néolibéralisme. La « catastrophe » qui se dessine à l’horizon se révèle ainsi historiquement et socialement déterminée, c’est-à-dire différenciée selon les positions de classe et les rapports hiérarchiques structurant la société.

 

L’épidémie n’a pas de vertu

 

Si l’on en croit la multiplication des analyses médiatiques allant dans ce sens dernièrement, l’épidémie de COVID-19 serait bonne pour la planète. Le principal bénéfice écologique évoqué se rapporte à la baisse d’1/4 des émissions chinoises de CO2 sur les deux derniers mois[1], dont les effets positifs sont évidemment climatiques mais aussi sanitaires. L’intérêt autour de cette réduction de la pollution émise par la deuxième puissance mondiale a notamment été renforcé par des images satellites de la NASA illustrant très nettement le phénomène.

[…] Dans la continuité de cette thématisation des épidémies comme pathologies sociales, les tendances (néo)malthusiennes de la présentation de l’épidémie liée au coronavirus comme « régulation naturelle » (ou de « retour à la normale »[32]) sont assez flagrantes : chez Malthus, c’est la famine qui vient inévitablement corriger le décalage entre croissances démographique et des ressources disponibles (la première étant plus rapide que la seconde) ; ici c’est l’épidémie qui joue ce rôle, régulant cette fois le développement des activités humaines face aux capacités de charge – ou limites – de la planète. L’analogie se confirme lorsque l’on s’intéresse plus en détail aux populations touchées par ces « régulations naturelles » : les pauvres chez Malthus, ou plus généralement les dominé-es – pauvres et racisé-es – dans les théories néomalthusiennes, tandis que les plus touché-es par l’épidémie due au coronavirus sont pour l’heure majoritairement chinois-es – environ 80% des personnes infectées.

[…] Souligner le caractère répressif du confinement et du calcul des risques tels qu’ils sont employés par les gouvernements de la plupart des pays infectés doit déboucher sur des propositions pour une autre gestion, écologiste, des épidémies (futures – parce que pour celle-ci, il semble que ce soit trop tard). Pour des pathogènes proches de ceux déjà étudiés, le recours au confinement ne semble en effet pas pouvoir être évité.

Le monde Covid-19 : les épidémies à l’ère du Capitalisme

L’apparition du virus connu sous le nom de Covid-19 est une conséquence de la civilisation industrielle ; pour nous, l’important n’est pas que le virus a muté à partir d’une chauve-souris, peut-être en raison de l’industrialisation de son habitat, ou qu’il s’agisse d’une attaque des États-Unis contre l’économie chinoise ; pour nous, l’important est qu’il s’agit de la conséquence d’un système qui transforme en marchandise chaque processus, objet ou être vivant sur terre, c’est l’avidité d’un système qui poursuit l’anéantissement de tous les êtres vivants, en direction de l’artificialisation le monde.

Afin de mettre fin à la pandémie, l’État a décrété l’« état d’urgence », ce qui implique l’interdiction de se déplacer, le confinement, un contrôle accru, la suspension des réunions et en général de la vie publique, le contrôle des moyens de transport et qui sait si bientôt ce ne sera pas aussi le contrôle de la distribution de la nourriture. Dans ce processus, nous voyons comment l’État prend une forme éco-fasciste, où le gouvernement sera de plus en plus contraint d’agir pour gérer les ressources et l’espace, chaque fois plus « rares », ce qui fait que la préservation des ressources les plus nécessaires n’est garantie qu’en sacrifiant un autre besoin : la liberté.

En l’absence d’un ennemi interne ou externe, l’État a trouvé un ennemi devant lequel il peut montrer tout son potentiel de guerre et en même temps accentuer l’asservissement de la population par la peur et la répression, alors qu’il se pose comme seule possibilité de salut face à la terreur produite par l’épidémie. Pour nous, la solution n’est pas un État plus autoritaire, mais la disparition de toute forme d’autorité. Désormais, il est possible que les états d’alarme, d’urgence… se succèdent, à cause de la dévastation écologique et sociale du monde, car nous sommes sûrs que les catastrophes continueront. Nous n’exagérons pas lorsque nous parlons de potentiel de guerre : on voit déjà l’armée prendre position dans des endroits stratégiques, la police contrôler davantage les rues et des drones dotés des caméras surveiller les mouvements de la population. Les mesures de l’état d’urgence visent non seulement à mettre fin à la pandémie de grippe mais aussi à propager une autre pandémie : celle de la servitude volontaire de la population par l’obéissance aux lois, face au danger de la pandémie ; elles visent à mettre fin aux critiques de l’État et du Capitalisme, face à la peur et aux risques éventuels.

De même, les conséquences de cette épidémie, ou de tout autre désastre industriel, seront économiquement dévastatrices ; on voit déjà la situation critique de milliers de personnes qui seront contraintes au chômage ou à la précarisation de leurs emplois ; comme toujours, la détérioration des conditions de vie sera subie par les couches les plus défavorisées de la société, qui depuis, des années, subissent déjà les durs assauts de la « crise capitaliste » et de ses coupes budgétaires. Au contraire, elle apportera certainement des grands profits aux classes supérieures, comme les propriétaires des grandes entreprises pharmaceutiques.

Et après le virus, on fait quoi ?

Solidarité en temps de crise… et après ?

 

A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les Etats étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations profesionnelles et autres lobbys.

 

 

 

Tous les États, toutes les armées, tous les nationalismes tuent.

Nous exigeons un corridor humanitaire maintenant, appelons à une véritable solidarité et à des caravanes vers la Grèce, la Turquie et la Syrie.

Depuis la semaine dernière, plusieurs dizaines milliers de Syrien.ne.s, Afghan.e.s, Irakien.ne.s tentent de passer la frontière pour l’Europe, après l’annonce de la Turquie d’ouverture de ses postes frontières. Ils font face aux tirs de grenades lacrymogènes de la police grecque, mais aussi aux balles réelles : deux réfugiés Syriens ont été tués depuis ce lundi 2 mars, près de la ville frontière d’Ipsala, il y a 6 blessés graves et combien de disparu.es.

Lundi aussi, un enfant réfugié est mort après un naufrage de bateau au large de l’île grecque de Lesbos. Dans les îles de la Mer Egée, près de 40.000 personnes sont parquées dans des camps, dont 21.000 dans le seul camp de Moria, dans l’attente indéterminée de rejoindre le continent. Elles sont régulièrement la cible de l’extrême droite grecque, qui a repris émeutes, blocages de routes et attaques des bateaux en détresse. La police grecque intervient peu, quand elle n’exerce pas elle-même ces violences, et tout porte à croire que l’Etat grec laisse le champ libre à l’extrême-droite.

En 2018, plus de 2000 personnes sont mortes dans la traversée de la mer Egée.

Mais ce n’est pas un drame humanitaire qui se joue : il faut sortir du silence les causes politiques de l’exil.

Le 27 février, c’est suite à la mort de 33 militaires turcs dans les bombardements russes en Syrie, que la Turquie annonce l’ouverture de ses postes frontières et appellent les réfugiés à rejoindre la Grèce. Le lendemain, la Grèce fermait sa frontière nord à Kastanies, alors que des forces de police sont déployées le long de la rivière Evros, qui constitue une périlleuse traversée pour les réfugié.e.s.

Ce n’est pas la première fois que la Turquie d’Erdogan se prête à ce genre de marchandage avec l’Union Européenne. Le pacte migratoire conclu par l’Europe en juin 2016 prévoit le renvoi systématique des réfugié.es vers la Turquie en échange de 6 milliards d’euros. Le régime turc menace régulièrement d’ouvrir sa frontière avec la Syrie à plus d’un million de Syriens et Syriennes, pris au piège, qui tentent d’échapper aux bombardements de Bachar Al Assad. Dans la balance, sa volonté d’un accord d’exclusion aérienne à Idleb et de stabiliser les territoires conquis en Syrie.

Erdogan est un fasciste qui n’a jamais été l’ami des rebelles, ni des peuples de Syrie. Si tel avait été le cas, il aurait concentré son soutien aux mouvements émancipateurs. Au contraire il a concentré ses troupes pour massacrer les Kurdes, faire grandir Daesh et les milices djihadistes. Pour les ressortissant.e.s Syriens (comme Afghans ou Irakiens), il ne fait pas bon vivre sous le régime turc, où l’hostilité est croissante.

Coté syrien, le régime de Bachar Al Assad poursuit sa reconquête des zones rebelles, qui avaient échappé à son emprise à la suite de la révolution de 2011 (dans la suite des « Printemps arabes »). Des formes d’auto-organisation avaient émergées à Deraya, Douma, Idleb, qui avaient retrouvé un goût de liberté. Puis, en pleine contre-offensive du dictateur, soutenu par ses alliés russes et iraniens, les révolutionnaires avaient été contraints de poursuivre la lutte sous le joug de milices, armées par les pays du Golfe, la Turquie, les États-Unis : la révolution syrienne a été confisquée, par le jeu des proxy-war (guerres interposées).

Depuis lors, l’État syrien et de ses bailleurs de fonds étrangers pratiquent une politique de la terre brûlée : plus d’un demi-million de morts, un pays en ruine, 80% de la population dans la pauvreté, la prison et la torture systémique pour les opposants. Fin 2019, l’État syrien a entamé des représailles sans précédents sur la province d’Idleb, au nord de la Syrie, dont les habitant.es sont assiégés. Plusieurs millions de personnes vivent dans une prison à ciel ouvert, sous les bombes. Chaque famille est touchée.

Aujourd’hui, malgré la violence de l’État syrien, seule 11% de la population syrienne réfugiée est arrivée en Europe. 3.6 millions de Syrien.ne.s attendent en Turquie. Malgré les droitistes qui prônent le retour « à la normale » avec le régime d’Assad, la Syrie ne sera plus jamais un pays sûr : les garanties de retour des réfugié.e.s syriens, prévues lors des négociations internationales, n’ont jamais été respectées, les jeunes sont systématiquement enrôlés de force et servent de chair à canon sur les fronts de Bachar.

Cette situation est connue et les États européens sont complices :

* complices, car leur unique réponse est le soutien diplomatique et financier à la Turquie d’Erdogan (l’union européenne vient de lui proposer 1 milliard de dollars) ;
* complices, dans l’attente d’un retour en grâce du dictateur syrien Bachar Al Assad, dont ils n’hésiteront pas à serrer à nouveau la main ensanglantée du sang des révolutionnaires ;
* complices de fait des Talibans en Afghanistan, où les puissances impérialistes sèment la guerre depuis 40 ans, mais où l’Europe n’hésite pas à renvoyer les demandeurs d’asile ;
* complices de faire des réfugié.e.s en Europe les boucs émissaires de leurs desseins géopolitiques, attisant la xénophobie et le nationalisme ;
* criminels, à force d’investir des milliards dans la guerre géopolitique au Moyen-Orient et contre les réfugié.e.s, pour payer la police des frontières extérieures de l’Europe, Frontex, les polices grecque et bulgare à qui cette gestion meurtrière est confiée.

Toutes les Etats, tous les nationalismes, toutes les armées tuent.

Notre solidarité doit s’attaquer aux raisons profondes de l’exil et se doubler d’un soutien actif à toutes les révolutions populaires. Il faut faire grandir une campagne mondiale contre cette guerre internationale qui ne dit pas son nom.

Il est temps de défoncer les frontières européennes, et tous les États criminels !

El Manba, AlarmPhone

Foutre Machin – Notes et propositions vulgaires pour en finir

Ci-dessous un texte et une vidéo mêlant analyse du mouvement actuel et appel à se mobiliser massivement pour le rendez-vous du 14 mars à Paris (lien vers le blog dédié en fin d’article).
Cette manifestation suscite actuellement une forte émulation et fait l’objet de plusieurs appels, pages, groupes et vidéos sur facebook.
Comme une invitation au voyage…

Tic, tac, tic, tac : c’est l’histoire d’un ras-le-bol populaire qui balance

 

Premier mouvement : l’heure de la révolte (quand on plongeait vers l’inconnu)

À partir du 17 novembre 2018, le soulèvement des gilets jaunes a marqué une série de ruptures au sein des « traditions » de contestation en France :

  • rupture d’avec les formes classiques et leurs initiateurs habituels, tant par les lieux choisis pour montrer sa présence (les ronds-points, les parcours non déclarés) qu’à travers l’indiscipline revendiquée des interventions, ou le fait d’avoir choisi les samedis comme repères hebdomadaires ;
  • rupture dans la composition sociale des contestataires, qui en se disant et se comportant comme « apartisans », ont affirmé d’abord un rejet de toute affiliation aux organisations politiques (considérées à raison comme n’étant d’aucun secours), mais surtout que ce qui les tenait ensemble dépassait de loin ces clivages mensongers ;
  • rupture par l’exercice d’un certain art des conséquences, puisqu’il ne s’agissait plus d’intervenir pour se mettre en scène, mais bien pour qu’advienne sans médiation ce qui était exigé (la justice sociale, la démocratie réelle…) ;
  • rupture, encore, de par les effets produits par ce soulèvement chez les gouvernants, qui n’ont pas pu cacher que pour la première fois depuis des années, pendant quelques semaines au moins, le pouvoir tremblait sur ses bases.
    Autant de ruptures, un même saut qualitatif. Un tel basculement, tant de vies jetées dans la bataille, tant de ténacité, une telle reprise de l’offensive… et d’un coup, le retour du connu.

 

Deuxième mouvement : retour à l’horloge système

Le 5 décembre, c’est donc reparti pour des Bastille-Nation dans toutes les villes de France, au son des camions syndicaux cacophoniques (modèle « j’en ai une plus grosse que toi ») qui réduisent les manifestants et manifestantes au silence, des ballons géants et des calicots sérigraphiés pour montrer qu’on est sympa (plutôt que mal éduqué et imprévisible), des services d’ordre devant les grands magasins (histoire de bien rappeler que négocier, c’est le contraire de faire justice soi-même), des guerres d’influence et des calculs politiciens et complaisants.
Une mécanique bien huilée pour affronter un thème pourtant fort présent dans la colère des gilets jaunes, sous la forme sans doute trop généraliste (et pour cela bien moins assimilable par les corporations) d’une demande de partage des richesses.
Les leaders de la CGT reprennent leur figure de tête de la contestation « ferme mais ouverte au dialogue », ceux de la CFDT celle de « partenaires raisonnables mais qui ont tout de même des limites » (en l’occurrence, un âge-pivot jeté dans le faux débat public comme un os à ronger), et les gens… les gens, syndiqués ou non, GJ ou non, les voilà intégrés à un jeu dont ils ne sont que les pions, à défiler paisiblement « en espérant que… ». C’en est fini d’exprimer sa colère à la sauvage, sans limite et sans leader, on redevient civilisé, et on s’en remet à ceux et celles dont c’est la spécialité. Ou alors on se casse en claquant la porte, on va lécher ses plaies dans un coin, ou on se fait arrêter en préparant des actions radicales esseulées.
Écoutons un quelconque normalien se soulager en direct à la radio publique, après 3 semaines d’opposition à la contre-réforme des retraites : « […] cette mobilisation, au contraire de celle des gilets jaunes l’année dernière, s’inscrit dans un répertoire de mobilisation assez classique, et au fond c’est assez rassérénant, parce qu’on voit qu’il y a un gouvernement, il y a un parlement, il y a des partis d’opposition, il y a des syndicats, il y a des corps intermédiaires qui jouent leur rôle […], ce qui forme une grande différence avec ce qu’on a pu voir l’année dernière. » (David Djaïz, journal de 8h de France Culture, le samedi 28 décembre 2019).

La messe semble dite. Elle a juste ajouté quelques cantiques « On-est-là » à son carnet de chants, en adaptant les paroles à l’occasion ; mais pour le reste, circulez, il n’y a plus aucun système à renverser.

 

Troisième mouvement : quand tout recommence à tanguer

Ce même 28 décembre, pourtant, ne fut pas tout à fait un jour comme les autres : ce fut plutôt un samedi comme les autres, de ceux qu’on avait inventés et réinventés pendant plus d’un an, dont la tradition menaçait déjà de disparaître. L’acte 59 des gilets jaunes à Paris n’a certes pas fait la « une » des médias, mais il fut un beau moment pour affirmer que la « trêve », c’était pour les confiseurs et les vendeurs de pacotille. Une vraie manif déter, sans direction, GJ-BB-travailleureuses vénères, qui part dans tous les sens et ne veut pas s’arrêter.
Et puis le mois de janvier : avec la CFDT et l’UNSA qui rentrent dans le rang après avoir fait semblant de chouiner, avec les actions de blocage qui se multiplient bien au-delà du contrôle des « centrales » restantes, avec les groupes de travailleureuses du public ou du privé qui débrayent en bandes joyeuses, avec celles et ceux qui ont mis un mois et demi à se réveiller mais entrent enfin dans la danse, avec les coordinations interpro qui font savoir à leurs pseudo-représentants qu’elles ne s’en laisseront pas conter, avec les GJ qui reviennent en sentant bien que le temps de la naïveté est passé, une fois de plus, et que les portes de l’inconnu pourraient se rouvrir encore…
Des grévistes qui s’étonnent d’être si peu entendus après avoir tant donné. Des manifestants et manifestantes qui comprennent dans leur chair de quoi on parle depuis un an quand on dit que les flics et les fliquettes sont en roue libre. Des membres du Parti au pouvoir qui ne peuvent plus s’exposer nulle part sans être poursuivis par des hordes d’opposants, dont on ne sait même plus si ce sont des gilets jaunes sans gilet ou des syndicalistes radicalisés…

Et toujours la menace d’un retour à l’horloge système (auquel les cadres des pompiers ont malheureusement commencé à rouvrir la voie le 28 janvier) : quand les « centrales » décideront que pousser plus loin voudrait dire perdre le contrôle, quand celles et ceux qu’elles veulent encadrer accepteront de se demander si, au fond, on n’a pas déjà assez gagné pour cette fois-ci (et assez perdu d’argent), quand celles et ceux qui sont en train de tout donner auront l’impression d’avoir tout donné… est-ce que ce sera comme en 2010 ? Ou comme en 68 à Grenelle, avant que tout ne soit achevé par les élections ?

Jusqu’au bout du mouvement : retrouver les fondamentaux, mettre fin au spectacle

 

Post-it (ne pas oublier)

Là où la révolte des gilets jaunes s’est rapidement transformée en offensive de fond pour une vie plus digne (pour une vie plus dingue !?), s’opposer à la contre-réforme des retraites n’est jamais que le refus d’une régression de plus.
Ça fait quand même une différence.

 

Saut qualitatif

Les gilets jaunes ont imposé au cœur de l’hiver occidental un retour aux fondamentaux qui ne peut que rappeler les soulèvements du récent « printemps arabe », et qui d’ailleurs a suscité à son tour des échos dans le monde entier ; après quoi toute contestation qui se contenterait de faire semblant apparaît pour ce qu’elle est : une mauvaise mise en scène. Le « mouvement des retraites », au grand dam de ses meneurs, a été sensiblement déterminé par ce « saut qualitatif » qui l’a précédé.
C’est bien là où se déploie le jeu de balancier esquissé plus haut : entre la possibilité d’une rupture sérieuse et conséquente d’avec l’ordre des choses (où « tout le monde veut la chute du régime »), et la mise en scène spectaculaire et inoffensive de cette rupture pour qu’à la fin rien ne change.

 

Synchronisations

  • « Tout le monde sait bien » au fond que la question des retraites est loin d’être la seule mesure gouvernementale qui mérite qu’on se soulève, et que c’est toute la clique qui se relaie au pouvoir depuis des années qu’il faut dégager. De même que tout le monde, hormis quelques abrutis, s’était bien rendu compte que la question du carburant n’était pour les gilets jaunes que la goutte d’eau de trop dans un océan d’humiliations.
  • Beaucoup de celles et ceux qui ont endossé leurs gilets en 2018 n’avaient eu cure, dans les années précédentes, des appels répétés à se mobiliser pour stopper la régression sociale ; le mépris et la bien-pensance de gauche leur auront depuis fait comprendre ce que c’est que de hurler dans le vide alors qu’on voudrait tellement être « tous ensemble ». Beaucoup de ceux et celles qui ont commencé à défiler en décembre 2019 n’avaient eu cure, au cours de l’année précédente, des appels répétés des gilets jaunes à les rejoindre sur leurs bases inédites ; la collaboration de classe et les efforts d’encadrement des centrales auront fait comprendre à un certain nombre, depuis bientôt deux mois, combien toute contestation sérieuse du pouvoir a besoin de se réinventer, et combien les GJ ont (r)ouvert la voie.
  • De la même manière, les uns comme les autres ont eu l’occasion de constater le « mépris » de nos gouvernants, la réalité incontestable des « violences policières », et le fait que malgré tout cela, les gens refusent de rentrer chez eux et s’étonnent de leur propre persévérance.
    Et si on commençait à être synchro ?

 

Le haut et le bas

Les GJ sont en bas, se foutant de savoir s’ils sont à droite ou à gauche.
Les travailleureuses mobilisées sont à gauche, ou à droite, mais beaucoup ont oublié qu’ils étaient aussi en bas.
Pour ceux-là comme pour tous les autres, tout doit donc d’abord se passer en bas : sans quoi rien n’aura lieu que ce qui a lieu en haut.
Le bas, au demeurant, c’est le pouvoir aux assemblées de base – que le reste en découle, qui sera simplement la vérité du peuple. La « démocratie » mérite peut-être qu’on croie en elle.

 

« Pour l’honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur… »

Il est tout de même notable qu’un chant au ton aussi suranné, dans le pur style XIXe, soit devenu un hymne de la révolte au XXIe siècle. Il s’agit alors de se demander de quels travailleurs parlent les gilets jaunes qui le scandent, et qui les défend. Les grandes centrales ont donné leur réponse (« c’est pas nous »), et les gilets jaunes ont inventé celle dont ils avaient besoin (« personne d’autres que nous-mêmes »), retrouvant au passage les formes fondamentales de la solidarité populaire.
Un peu plus d’un an (ou un siècle) plus tard, les organisateurs d’un mouvement au style autrement suranné (bien qu’ils se refusent encore à l’admettre) étouffent les conversations des manifestants en diffusant des mensonges à 3 kilos de son : « c’est dans la rue qu’ça’s’passe » – alors que tout se négocie dans les salons, et qu’ils veulent la rue inoffensive ; « on lâche rien on lâche rien » – alors qu’en fait « on » lâche presque tout, sauf son pré carré…
La fraction des travailleureuses revendiquée par les syndicats majoritaires est celle qui perdure malgré leurs défaites. Elle existe, mais il faut bien reconnaître qu’elle ne représente plus vraiment tout le monde – les gilets jaunes, c’est juste tous les autres.
La question se pose alors de savoir si les uns ou les autres ont vraiment besoin d’un tel encadrement.

 

Grève à la crème et tarte générale

La grève générale « à la papa » a donc fait long feu. Dans une société uberisée, précarisée, éclatée par des années de contre-révolution négociée, l’imaginaire de l’usine de masse prolétarienne dont la fumée prend la forme d’un point rageur ne sied plus qu’à quelques secteurs en voie de disparition ; elle a d’ailleurs bien du mal à retrouver la folie collective des occupations à l’heure où la grève ne s’exerce plus qu’un ou deux jours par semaine.
Pendant ce temps-là, le peuple des ronds-points s’est occupé d’inventer la « perruque » de notre temps : c’est-à-dire un détournement des outils de l’entreprise au profit des intérêts du peuple, qui ne s’exerce plus seulement dans les usines mais dès la forme de l’auto-entreprise (devenue dans l’intervalle le déguisement quasi-obligatoire pour tout précaire). Les gilets jaunes ont ainsi donné le meilleur de ce qu’ils et elles savaient faire pour apporter de la consistance à leur révolte. Les travailleurs et travailleuses paupérisées des Zones Artisanales et Commerciales ont amené palettes et visseuses, utilitaires bondés et savoir-faire professionnels pour ériger des cabanes du peuple aux quatre coins du pays. Des électriciens, des serruriers, des assistantes maternelles, des transporteurs routiers, des restaurateurs et restauratrices, ont aussi donné à la lutte le meilleur de leur travail dès que le besoin collectif s’en est fait sentir.
Au reste, c’est aussi une forme de perruque que pratiquent certains des grévistes du mouvement actuel quand ils détournent les habilitations et compétences liées à leur emploi, par exemple en coupant l’électricité aux riches pour la donner aux pauvres.

Toutes ces pratiques ne relèvent pas du spectacle de la contestation, de l’incantation à un « tous ensemble » qui ne s’adresse en fait qu’à une fraction instrumentalisée de la population, mais d’un mouvement réel qui n’attend plus après aucune « direction » – ou plutôt qui perce et percole malgré les tentatives des directions. Il manque encore à cela que les voix parlant de la grève à la radio cessent de nous « pri[er] de les en excuser » et mettent leur outil de travail au profit de la lutte et d’un véritable débat public ; que les cheminots se décident enfin à envoyer chier cadres et dirigeantes pour transporter les foules jusqu’à Paris (ou dans d’autres centres du pouvoir) en osant parier sur la solidarité et la victoire qui suivront ; que les « gestionnaires » des caisses de grève reversent leur dû à toutes celles et ceux qui, syndiquées ou non, mettent leurs vies en jeu en dehors du cadre d’un mi-temps syndical ; etc. De vraies prises de risque pour un vrai basculement…
Ce qu’il nous faut, plutôt que des tartes à la crème, c’est une sorte de perruque généralisée, qui emporte avec elle la réappropriation réelle des outils de travail et l’arrêt effectif par tous les moyens (y compris la grève lorsque c’est la forme opérante) de ce monde tel qu’il va, tel qu’il est « en marche ».

 

Tic, tac (bis)

Pendant ce temps, la planète aussi balance. On ne l’a pas oublié. Mais ceux et celles qui n’ont pas la chance d’être à l’abri de la misère humaine savent bien qu’aucune justice climatique n’est possible sans justice sociale (ou que, comme le dit une sympathique formule, « la planète bleue a besoin de jaune pour rester verte »).
Horloge système, horloge planétaire : ce sont les mêmes cadres qu’il faut exploser pour éviter que tout ne s’effondre sur nous cependant que certains iraient s’abriter dans quelques quartiers bunkerisés. Un seul et même compte à rebours, qui a bel et bien commencé.

 

Pour en finir avec le spectacle

Les gilets jaunes ont exercé une poussée révolutionnaire exceptionnelle sur la clique macroniste. Celle-ci s’en est réellement trouvée affaiblie : plus personne ne se bouscule au portillon de la valetaille, le pouvoir a été contraint de se montrer de plus en plus cru, à tel point qu’il ne reviendra sans doute jamais en arrière.
Le mouvement commencé le 5 décembre, quant à lui, a débuté comme un retour au conformisme le plus plat, mais quelque chose de ce qui l’a précédé s’y est bientôt infiltré partout.
Dit autrement, il n’est pas impossible désormais qu’une poussée suffisamment sérieuse (et non pas mise en scène), du même ordre que celle de 2018, permette d’en finir vraiment avec Macron et son monde.
Finissons-en donc avec tout ce qui fait ce mauvais spectacle, « municipales » et autres illusions de changement par les urnes comprises !

Que chacun et chacune considère cette proposition (qui ne sera sans doute pas isolée dans la séquence actuelle).
Que l’on prépare de quoi bloquer les flux marchands et de quoi s’éloigner des dangers, de quoi se défendre et de quoi attaquer, de quoi se nourrir et de quoi se restaurer, de quoi prendre soin de ses proches et de quoi s’enjailler, de quoi se retrouver et de quoi faire la fête du siècle.

Histoire d’arrêter enfin de se mentir quand on crie depuis des générations : « Machin, t’es foutu, le peuple est dans la rue ». Car le temps semble venu d’enfin foutre Machin.

 

À toutes celles et ceux qui ne veulent pas moraliser le système
mais le mettre à terre ;

À celles et ceux qui s’activent sincèrement, depuis des semaines ou plus d’un an
pour en finir avec les mensonges et l’arrogance des puissants
et établir la solidarité et la justice ;

À celles et ceux qui n’ont pas compris les gilets jaunes,
ou n’ont pas cru aux illusions des manifestations encadrées,
mais qui continuent de ronger leur frein en attendant le moment.

Donnons-nous ce moment.
Préparons-nous à mettre vraiment ce monde à l’arrêt.
Ceci est une invitation au voyage.
(et le premier qui monte dans son hélicoptère a perdu)

 

Depuis une périphérie quelconque de la métropole globale
Des gilets jaunes du Limousin et quelques complices
Le 31 janvier 2020

 

[Italie] lettre depuis un centre de rétention

Nous vous rediffusons la lettre envoyée par mail d’un détenu de la prison de Ancora qui nous est arrivée par liste mail interposée. En Janvier cette personne a commencé une grève de la faim pour protester contre un ordre d’expulsion et contre les conditions de détention. Cette personne veut faire sortir son histoire et demande un support de type légal. Nous ne savons pas quelle est sa situation aujourd’hui, la lettre ne nous est arrivée que depuis quelques jours.


Lettre de Faris Hammami

Je m’appelle Faris et depuis dix jours, je fais une grève de la faim, comme je l’avais déjà fait auparavant, pour protester contre un ordre d’expulsion et contre les conditions de la prison de Montacuto et contre certains faits que j’ai vus de mes propres yeux pendant mon emprisonnement. Le jour 05-01, je me suis également immolé devant les différents assistants qui n’ont rien fait pour éteindre le feu et pour cela je ne peux que remercier mes camarades de section, qui m’ont aussi aidé avec quelques pansements improvisés que je n’ai pas reçus de l’infirmerie de la prison. C’est pourquoi je me suis ensuite jeté sur le personnel de garde.

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai vu beaucoup de choses au fil des ans, je suis ici depuis plus de cinq ans et j’ ai travaillé au MOF depuis longtemps. Ces faits que je vais énumérer, je les ai racontés lors d’une réunion devant tous les prisonniers, le commandant et le garant qui étaient là, et à l’occasion de violences à Pérouge, au juge qui a enregistré mes déclarations spontanées.

Je peux vous parler des salutations fascistes qu’un directeur a l’habitude d’adresser à Traini Luca, qui, précisément en raison de cette camaraderie, jouit de nombreux privilèges dans cette prison, comme la cellule individuelle. Le même directeur avec son entourage a l’habitude de donner aux prisonniers étrangers et noirs un traitement spécial fait d’abus et de coups et parfois de torture quand il peut profiter de l’isolement comme je pouvais le voir et toujours pendant que je me promenais dans la prison. En outre, de nombreux autres prisonniers peuvent témoigner avec moi que le même directeur du bureau du responsable du rond-point a toujours gardé une batte rudimentaire avec les mots « Thérapie » inscrits dessus, qu’il portait évidemment sur lui dans ses actions, qu’à l’occasion d’autres tensions il a utilisé un « Taser » sur un prisonnier, le traînant sur le sol et continuant à se déchaîner sur lui.

D’autres fois dans la cinquième section ont été utilisées par les gardes du gaz ou du gaz poivré. J’ai également vu qu’à certaines occasions, on crachait dans le plat des détenus noirs enfermés en isolement, sans parler de certains détenus qui ont facilement profité de l’article 21 en raison du fait, d’après ce qu’il a lui-même déclaré, d’être amis avec le commandant en tant que fils d’un agent de la force publique. Un traitement qui n’est pas réservé aux prisonniers qui font leur chemin avec dignité pendant des années et des années, en observant un bon comportement et qui se voient ensuite dépassés par les différents confidents de la prison, qui peuvent bénéficier d’avantages autrement inexistants pour le reste de la population détenue.

J’ai commencé ma grève le 09-01, mais ils n’ont commencé à me rendre visite qu’à partir du 14-01, sans se soucier du fait que j’avais commencé beaucoup plus tôt, et après le jour où je me suis mis en feu, j’ai cousu ma bouche. Tous mes camarades connaissent ce fait que la prison semble ignorer. J’ai appris que vous avez peut-être des avocats disponibles qui peuvent me soutenir dans ce combat et j’aurais besoin de votre proximité et de votre soutien pour mettre en lumière ces méfaits qui ont lieu dans ces murs.

J’attends avec impatience de vous entendre si vous pouvez me contacter. Je vous remercie.

Faris Hammami 16 janvier 2020 CASA CIRCONDARIALE – Via Monte Cavallo 73/A – 60129 Ancona (AN)

Revue de presse du 20 au 26 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur les mouvements contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes et plus.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local

Les rendez-vous à venir
– Lundi 27 janvier devant les urgences de Sisteron

– Mercredi 29 janvier : appel intersyndicale national

– Jeudi 30 et 31 : appel à des initiatives

Pas d’info précise pour le locale pour l’instant

– Samedi 15 fevrier : Appel à la greve dans les stations de ski contre la réforme du chomage.

Semaine du 20 au 26 :

Durant le week end du 18 au 20 :

Affichage de la,désormais bien connu, banderole « quand tout sera privé, on sera privé de tout » sur le pont de savine, elle y est toujours.

Lundi 20 janvier : Toujours devant les urgences

Pour la 30eme fois, une centaine de personne sont présentes devant les urgences de Sisteron contre leur fermeture pendant la nuit.

Mardi 21 janvier : Occupation bruyante devant l’hotel du département
Jeudi 23 janvier

– Blocage de la centrale EDF de Oraison

– Manif au flambeau à Gap
La manif au flambeau s’élance dans Gap vers 18h30 en passant rue Carnot. Blocage du rond point des vaches en musique, un chauffard force le passage en essayant d’écraser des personnes devant les flics qui ne bouge pas hormis pour le protéger lorsqu’il est revenu taper embrouille, la foule leur fait comprendre qu’ils sont des pourritures. un feu de cagette est allumé sur le rond point, un flic, alias « le roquet » tente d’éteindre le feu, un deuxième feu est allumé, il repart bredouille devant les manifestants lui faisant comprendre qu’ieles toléraient ses manière. Ca repart pour une petite manif sauvage en passant devant la prison, où un parloir sauvage est improvisé. Les flics un peu sur les dents, semblaient chercher quelqu’un à la fin de la manif.

Vendredi 24 janvier

– manif à Gap
1000 personnes à la manif de gap pour un moment joyeux, ça chante ça danse jusqu’à la fin devant le commisariat, où la tête de macron est lancé en l’air sous des airs de musique. Une nouvelle embrouille avec un auto-mobiliste qui a agressé des manifestants et s’est vu protégé par les flics.

– manifestation à Digne

– rassemblement des avocats à l’audience solennel du tribunal de Digne, la grève a été reconduite en début de semaine.

– banderolle pendant une épreuve du rallye Monte Crado

– Soirée de soutien aux grèvistes
Bon moment à l’impro, avec plusieurs groupes de musique et les fameuses merguez de la CGT.

Samedi 25 janvier

Blocage de l’assistance du rallye, CRS en masse, manif écolo

Aparté sur la machine répressive dans les Alpes du Sud :

– Un nouveau procès dans les hautes alpes : https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/01/24/repression-devant-la-prison-de-gap-pour-avoir-manifeste-du-soutien-aux-prisonniers/

– Audience annulé au tribunal de Digne mardi par une grève des avocats.
https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/01/22/la-machine-judiciaire-toujours-grippee

– 8 jours et tout son sursis pour une personne n’ayant pas accepter son refus d’aménagement de peine, et y ayant répondu par une fuite. Une peine clémente pour le daubé …

– Garde à vue sans avocat ni interprète, 1 dossier pour 9 avocats, refus de l’audience par ses avocats, préventive pour l’accusé
https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/01/22/hautes-alpes-neuf-avocats-pour-la-defense-d-un-prevenu

National :

Quand la France se rebelle : une cartographie des mouvements sociaux en cours

https://www.bastamag.net/Education-sante-justice-retraites-cartographie-des-mouvements-sociaux-en-cours

– Manifestation du 24 janvier, détour par plusieurs villes :

Manifestations du 24 janvier contre la réforme des retraites

– Ca chauffe à Valence :
https://www.ledauphine.com/societe/2020/01/25/a-valence-la-manifestation-des-gilets-jaunes-contre-la-reforme-des-retraites-prend-la-route

– Actualité du mouvement jour par jour et en musique :
https://www.youtube.com/channel/UC8geRssRS17GW-KtCmr8HYw

– Les permanences LREM dans le viseur :
https://sansattendre.noblogs.org/post/2020/01/22/dinan-cotes-darmor-le-depute-lrem-se-fait-repeindre-sa-permanence-lintersyndicale-a-son-chevet-21-janvier-2020/
https://sansattendre.noblogs.org/post/2020/01/25/les-permanences-lrem-continuent-a-prendre-des-couleurs-24-janvier-2020/

Chaque jour apporte son lot de permanences politiques défigurées

De Grenoble à l’Hérault, les permanences électorales continuent à être prises pour cible

– Lycée bloquée partout en France :

C’est l’heure des épreuves du nouveau bac, mais les lycéen.ne.s bloquent les bahuts

Internationnalisme :

– Parce que le Chili s’est réveillé et n’est pas prêt à aller se pieuter !

Ouverture d’une page d’information pour aider la communication entre francophone et hispanophone
https://paris-luttes.info/parce-que-le-chili-s-est-reveille-13382?lang=fr

Analyse :

– Le sentiment national en manif
https://rebellyon.info/Le-Sentiment-National-en-manif-21553

– Étouffer, intimider, criminaliser : bilan d’une année de maintien du désordre à Lyon :
https://rebellyon.info/communique-Etouffer-intimider-21761

Revue de presse du 13 au 19 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur les mouvements contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes et plus.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

C’est ici

 

La semaine du 13 au 19 :

Mardi 14 : Blocage du conseil départemantal, manifestation et apéros festifs devant les voeux du MEDEF.

Après un blocage du conseil départental le matin, plusieurs centaines (300 ou 400) de manifestants ont défilé dans les rues de Gap, en faisant plusieurs arrêts sur des endroits stratégiques pour la circulation économique. Le cortège est ensuite allé jusqu’à l’inspection acadamique puis, est reparti en sauvage jusqu’au Quattro, où le MEDEF devait se retrouver pour leurs voeux. Un accueil fetifs et coloré leur à été préparé.

 

Mercredi 15 :

Blocage surprise des trains et des voitures à Gap pendant 1h30.

Occupation devant le site de Géométhane

Jeudi 16 : manifestations à Laragne, à Gap et à Digne

Manifestation à Laragne le matin pour soutenir l’hopital psychiatrique qui s’est vu divisé par 2 son nombre de lite depuis 2015, discours sur les conditions de travail et sur les conditions des personnes soignées. Le soir, c’était une manifestation aux flambeaux qui était organisé à Gap, où une vente de pain avait été organisé par les grêvistes pour leur caisse de grêve. Un cheque de 6000€ a aussi été donné aux cheminots.

800 personnes à Digne-les-Bains

Actualité nationale :

Du 08 au 12 janvier

Du 13 au 18 janvier

D’autres actions au niveau national

Blocages de lycées

 

Analyse du mouvement en cours :

Appel à bloquer les villes le 26
Que les ténèbres soient
Il faut durcir le mouvement
Mediapart : Un mois après, un mouvement social devenu « hors normes »
Acta : Autonomie et contre-pouvoir repenser la question de l’organisation après le mouvement des Gilets Jaunes

Chronique d’un monde en lutte :

Deux mois de révolte contre l’état du Chili – Bilan rapide, projection instinctives et négations permanentes

 

SOIRÉE DE SOUTIENT CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES organisé par les G-J de Saillans

Vendredi 17 Janvier dès 18h, chez Nanard
à Aouste sur Sye 9 rue pasteur Boegneur (derrière la chocolaterie)

Les Gilets jaunes de Saillans proposent une soirée d’info, de discussion et de soutien au mouvement contre la réforme des retraites et son monde.

Au programme:
18h assemblée populaire ouverte à Toutes et à tous.
20H cantine populaire
21h projection de « Une histoire de la grève générale,de la commune au front populaire » >> de Olivier Azam

Les bénéfices de la soirée seront pour la caisse de grève et la caisse anti-répression.

« Briser le mur qui sépare la prison de la zone du dehors »

Le 18 décembre dernier, Loïc a enfin été libéré après 16 mois de détention. Le texte qui suit constitue sa première déclaration. Notre ami revient sur les conditions de cette libération, sa vie à l’intérieur de la prison, le procès qui continuera au moins jusqu’en avril et sa détermination à continuer ses combats et à soutenir le mouvement social partout où il s’étend.

Après un an et quatre mois d’enfermement, comment assembler les mots ? Comment connecter la réalité carcérale à la zone du dehors, briser le mur qui le sépare ? En prison, je me suis effacé, je n’ai plus pensé à moi. J’ai fait le vide afin de ne pas souffrir. Je me suis également fermé à mes souvenirs, à ce qui se passe au-delà de ces murs afin de me concentrer sur cette nouvelle vie avec les autres détenus. Ce fut une des raisons pour laquelle j’ai eu peu de forces pour répondre aux nombreuses lettres reçues. Aujourd’hui, je remarque que je ne ressens plus grand chose, que je n’ai plus de passion (si ce n’est la neige). Il y a un vide. Mon esprit est ailleurs. Une nouvelle conception de temps m’habite, j’ai des moments de contemplations, de silences, d’absences.

Le procès n’a pas arrêté d’être repoussé. Il devrait désormais finir en avril. La libération conditionnelle de ce 18 décembre était inespérée, quelques semaines auparavant, le procureur avait prévenu qu’il ferait appel contre la décision du tribunal de remise en liberté. Je m’attendais au mieux à bénéficier de deux heures de liberté avant de devoir retourner en prison, comme ce fut le cas précédemment pour les deux autres accusés qui ont été libérés mais contraints de revenir en prison après l’appel du procureur. Je me préparais à dire que je souhaiterais rester en cellule jusqu’à la décision finale. Car sortir deux heures, en plus de déglinguer votre cerveau, c’est risquer de devoir retourner dans le bâtiment A.

LE BÂTIMENT A

Ce bâtiment, c’est celui des arrivants. Là, on doit rester 23h/24 en cellule. C’est un endroit sombre où des détenus craquent, crient et tapent sur les murs. J’y suis resté quatre mois. Pendant le premier mois après mon extradition de France, je n’avais que les habits que je portais sur moi en arrivant. Impossible de récupérer mes affaires pourtant arrivées en même temps.

Dans ce bâtiment, c’est deux douches collectives par semaine, à 6h45 du matin. J’y lavais alors mon caleçon puis je me rhabillais sans car il fallait d’abord le faire sécher sur le radiateur de ma cellule. Dans ce bâtiment, c’est des gardiens qui vous gueulent dessus et vous poussent si vous dépassez la ligne invisible entre votre cellule et le couloir lors de la distribution du repas. L’unique instant de respiration dans une cellule de moins de deux mètres de large sur quatre mètres de long : c’est une heure de promenade par jour. Dans ce bâtiment, il y avait essentiellement des étrangers dont le crime est d’être sans papiers, des petits dealers ou des accusés de vols. J’ai vu des gardiens frapper un détenu d’origine étrangère qui voulait simplement récupérer un livre de la cellule d’à côté en retour de promenade. J’ai vu des regards haineux de gardiens se porter longuement sur des détenus racisés. La plupart des étrangers que j’ai croisés en promenade dans ce bâtiment A définissent les gardiens comme des nazis. Cela m’a fait bizarre d’entendre ça aujourd’hui, sachant que, dans cette même prison, il y a moins d’un siècle, des nazis ont tué plusieurs centaines de personnes.


LE PROCÈS ELBCHAUSSEE OU L’IMPROBABLE COMPLICITÉ

Le procès est particulier. 99 % des faits reprochés n’ont rien à voir avec les accusés. L’accusation s’étend à plus de 1 million d’euros de dégâts. Le procureur tente de construire et d’imposer une vision très large de la complicité, au point qu’il désire même l’étendre au-delà de la présupposée présence des accusés. Concrètement, imaginez-vous dans une manifestation, quelqu’un brûle une voiture à 50 mètres de vous : vous êtes considérés comme responsable des dégâts. Mais ce n’est rien ! Imaginez-vous maintenant quittant une manifestation, 10 minutes plus tard, un cocktail molotov est lancé : bien que vous n’êtes plus présent, vous êtes aussi considéré comme responsable.

Il y a beaucoup de problème dans ce procès, dans la prison, dans la police, dans le capitalisme, dans l’État et son monde. Ces différents thèmes ont, entre autres, comme pourritures communes : la soif de gestion, la globalisation, la classification. Votre personnalité, identité, créativité, unicité, doit rentrer dans une case.

« Le caractère unique d’un homme se manifeste dans chaque trait de son visage et dans chacune de ses actions. Confondre un homme avec un autre et toujours les considérer globalement est une marque de stupidité. Les esprits obtus ne distinguent que des races, des nations ou des clans, quand l’homme sage distingue des individus. »

Thoreau, Journal – juillet 1848, 169 ans avant le G20 de Hambourg

Au mois de novembre dernier, près d’un an après le début de ce procès, j’avais proposé de faire une déclaration à condition quelle soit entendue publiquement. La juge a d’abord dit que cela serait possible, avant de changer d’avis, probablement à cause de la procédure de huis-clos. Je n’ai donc pour le moment fait aucune déclaration malgré près de cinquante journées d’audiences. Les dernières devront obligatoirement être ouvertes au public, à la fin du procès. Depuis ma sortie de prison le 18 décembre, des personnes que je croise me disent que c’est un beau cadeau de Noël. Le soucis, c’est que le cadeau a un an de retard, j’ai déjà passé un Noël en prison.

LES RAISONS ET LES CONDITIONS DE LA LIBERATION

Toujours est-il que le tribunal a fini par accepter cette libération. Dans sa décision, il avance que le risque de fuite est écarté pour plusieurs raisons. D’abord, fuir signifierait retomber sous un nouveau mandat d’arrêt européen et alors le procès devrait recommencer depuis le début. Par ailleurs, si au mois de juin la demande de libération a été refusée, le tribunal considère six mois plus tard que la proportion de la peine qui reste à faire par rapport à ce qui a été réalisé a diminué. Le tribunal suppose également que je ne voudrais pas compromettre cette liberté de contact avec ma famille en m’échappant. Il s’appuie pour cela sur l’étude de ma correspondance privée. Le tribunal me reproche toutefois un manque de coopération avec l’État. On aurait voulu que je m’exprime, dans le cadre du huis clos, ce que j’ai refusé jusqu’ici. Cependant, ayant annoncé que je ferai une déclaration publique à la fin du procès, le tribunal considère que je ne vais pas fuir car je désire avoir la parole. D’une manière générale, le jugement de libération conditionnelle explique que la Cour considère que je suis « un jeune homme poli et amical », ce qui justifie apparemment la confiance qui m’est accordée.

Me voici donc depuis le 18 décembre 2019 en libération conditionnelle. Jusqu’à la fin du procès, je dois respecter les obligations suivantes :

Avoir une adresse de domiciliation à Hambourg.

Pointer le lundi et le jeudi à la police Hambourgeoise.

Travailler en tant que jardinier, dans le soin des arbres.

Donner mon passeport et mes papiers au tribunal.

Aller aux prochaines dates de procès.

Ne participer à aucune action illégale.

LA LIBERTÉ CONDITIONNELLE DE PENSÉE

Me voilà donc dehors et libre de m’exprimer. Mais cette liberté aussi est théorique et sous conditions. Ce n’est pas l’envie qui manque ou les choses à dire mais, compte tenu de ce que le tribunal dit attendre de moi et des risques qui pèsent encore sur moi, il est illusoire de croire que je peux m’exprimer « librement ». Dans ce domaine également, ma liberté retrouvée est très relative.

Pourtant, mon regard sur le monde n’a pas changé. Déconnecté depuis 16 mois, c’est particulièrement choquant de s’informer sur la répression à l’encontre des manifestations en France (gilets jaunes et autres). Il y a eu près d’un millier de peines de prison. J’ai entendu des peines allant jusqu’à 5 ans, et récemment 3 ans et demi de prison ferme pour une personne condamnée à Nancy. Pendant ce temps, un policier prend deux mois de sursis pour avoir lancé un pavé sur des gens non protégés. Il pourra continuer à exercer : aucune inscription au casier judiciaire. Si vous jetez un pavé sur des gens qui ont des casques et des boucliers, vous prenez plusieurs années de prison. C’est cela, la justice ? La prison est une folie. L’accepter est une folie. Les préjugés sont une folie générant des souffrances dans l’indifférence.

Les violeurs et assassins ne représentent que moins de 5% de la population carcérale. Ce sont des pauvres qui sont derrière les barreaux. Je n’ai pas vu, en prison, de bourgeois, de banquiers ni de policiers. Pourtant, la première des violences, la première des criminalités, c’est celle qui vient d’en haut de la pyramide sociale. Les personnes qui sont jetées en prison – dans la quasi-totalité des cas – le sont à cause de la pression qu’exercent les classes supérieures, l’exploitation des riches sur les pauvres et l’inégalité sociale. Je n’ai pas vu de riches en prison, seulement des pauvres. Il est temps d’admettre que le choix n’a presque aucun impact face à la situation. C’est la situation de pauvreté qui est criminelle. Huit personnes possèdent autant de richesse que la moitié de la population mondiale !

À CELLES ET CEUX QUI LUTTENT

Ayant goûté à l’incarcération, je me sens solidaire à l’égard des personnes qui restent encore enfermées.

C’est pourquoi, j’exprime une grande :

Solidarité & force à toutes les personnes incarcérées en France suite aux manifestations des gilets jaunes, contre la réforme des retraites de Macron & son monde privatisé et néolibéral.

Solidarité & force aux révolté.e.s du Chili souffrant de la même politique néolibérale & de privatisation.

Solidarité & force aux révolté.e.s de Catalogne.

Solidarité & force au quartier autonome d’Exarcheia en Grèce.

Solidarité & force aux anarchistes torturé.e.s en Russie.

Solidarité & force aux prisonnier.e.s torturé.e.s de Guantanamo.

Solidarité & force aux révolté.e.s de HongKong, que fleurissent toujours plus de drapeaux noir dans les cortèges, remplaçant les drapeaux américains.

Solidarité & force aux anarchistes & anti-nucléaires incarcéré.e.s aux USA, en France, en Allemagne & un peu partout dans le monde.

Solidarité & force au Rojava, que perdure l’histoire concrète de l’émancipation, de l’autonomie, de l’écologie & du féminisme.

Solidarité & force à l’Afrique, grande oubliée, pillée encore & toujours pour le confort des pays du Nord.

Que chaque prisonnie.r.e témoigne de son passage en prison, afin que le plus rapidement possible, nous brisions ces murs horribles qui sèment la souffrance. Ces murs que l’on accepte seulement parce que l’on ne peut pas voir dans les yeux celles et ceux qui y sont enfermé.e.s.

Loïc, Assigné à procès interminable à Hambourg.

Ps. Voici quelques brochures intéressantes pour repenser ensemble la société carcérale.

Pourquoi faudrait-il punir ? : https://infokiosques.net/spip.php?article578
La prison est-elle obsolète ? : https://infokiosques.net/spip.php?article1507
Historiques des luttes anticarcérales : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=753

Plus d’infos : https://laneigesurhambourg.noblogs.org

Appel à don pour soutenir Loïc : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/appel-a-dons-contre-la-repression-a-bure-et-son-monde

Revue de presse du 06 au 12 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur le mouvement contre les retraites.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

– Mardi 14 janvier : 14h pref gap

– Mercredi 15 janvier : 9h30 esplanade de la paix gap

– Jeudi 16 janvier : 10h30 place des aires laragne

 

La semaine du 06 au 12 janvier

– Manifestation du jeudi 09 janvier :

Entre 2650 et 4500 personnes à Gap et Digne-les-bains :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/09/reforme-des-retraites-les-avocats-demarrent-la-journee-de-mobilisation

– Vendredi 10 janvier : Piquet de greve devant l’inspection acadamique

Piquet de greve

Piquet de grève interpro devant l’inspection académique ce matin
Des profs, des cheminots, des territoriaux, …
Une cinquantaine de personnes
Belle réussite

– Pique-nique devant la permanence de la député LREM

Pique nique permanence député

https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2020/01/10/gap-des-manifestants-taguent-la-permanence-de-la-deputee-pascale-boyer

– Samedi 11 janvier : AG constituante du collectif inter-santé sud alpes :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/11/gap-pres-d-une-centaine-de-personnes-manifestent-devant-l-hopital

Collectif inter santé sud alpes : www.facebook.com/groups/533503474175301

– Manifestation du samedi 11 janvier

– Gap

manif 11 janvier

Près de 600 personnes dans les rues de Gap
On est pas près de lâcher

– Manosque :

manif 11 janvier manosque

500 manifestant.e.s à manosque

Global :

– Violence policière à Paris le 09 janvier et réponse des manifestants le 11 janvier :

Violence policière le 09 janvier :

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE Jeudi 9 janvier, un voile supplémentaire s’est levé sur la réalité de ce qu'est la Police. Le point de bascule est atteint. La mutation fasciste accomplie. Ce film grave la douloureuse mémoire de cette journée. (Activez le son)Une mémoire qui resurgit des heures sombres, d’une Histoire particulière : celle d'une Police qui s’est longuement entraînée dans les quartiers, les cités pour commettre ses exactions et ses expérimentations d’armes et de techniques… C’est une Histoire tachée de sang et aujourd’hui tout le monde la voit enfin au grand jour. Aujourd’hui, plus personne ne sera épargné.vidéos : Brice Ivanovic (twitter), mtgphotographe (twitter), Gabin pour Vécu, Laurent Bigot (twitter), Line Press, Spunick

Gepostet von Cerveaux non disponibles am Freitag, 10. Januar 2020

La réponse des manifestants le 11 janvier :

– La grêve dans tout le pays :

https://expansive.info/La-greve-dans-tout-le-pays-a-travers-les-sites-du-reseau-Mutu-1943

– Regagner du pouvoir quand on est salarié.e :

https://manif-est.info/Regagner-en-pouvoir-quand-on-est-salarie-e-1292.html

– Sur la réforme des retraites :

Réforme des retraites

– Communiqué de l’intersyndical du 11 janvier :

Communiqué de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-SOLIDAIRES-MNL-UNEF-UNL ce samedi 11 janvier 2020Jusqu’à la victoire Les …

Gepostet von CGT Confédération Générale du Travail am Samstag, 11. Januar 2020

 

Procès en appel de deux gilets jaunes lourdement comdamnées en Décembre 2018 à Valence

Communiqué de Stephane et Tom

L’heure est venue de retourner faire face à la justice et de reprendre le chemin du tribunal, de Grenoble cette fois, plus d’un an après notre procès à Valence (l’affaire avait pris le nom du procès des 4 de Valence : Dylan, Maria, Stéphane et Tom).

Le rendu avait été très lourd, nous condamnant tous les 4 à de la prison ferme (de 3 mois à 12 mois) et à 3 ans d’interdiction de manifester sur toute la France. Un rendu s’inscrivant dans un traitement judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes pour le moins sévère et questionnant. Entre Novembre 2018 et décembre 2019, 10 000 gardes à vue ont été effectuées, 3200 personnes ont été condamnées à de la prison et 300 à de la prison ferme. Du jamais vu en France. Sans parler des nombreu.x.ses bléssé.e.s, éborgné.e.s, démembré.e.s.

Nous sommes 2 (Tom et Stéphane) à avoir fait appel, ne reconnaissant pas les faits pour lesquels nous avons été condamnés (violence sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion) et estimant avec nos avocat.e.s que la sanction était disproportionnée et injustifiée.
De leur côté, Maria et Dylan n’ont pas souhaité retourner devant la machine judiciaire. Un cinquième Gilet Jaune, jugé plus tard dans la même affaire, a été condamné à 24 mois de prison dont 8 mois ferme et n’a pas fait appel.

Nous serons donc de nouveau à la barre le jeudi 6 février à 14h à la cour d’appel de Grenoble. A cette occasion, un rassemblement s’organise devant le tribunal. Plus d’info viendront sur le site d’infos libres et indépendants de la vallée de la Drôme, ricochets.cc

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent depuis 1 an et qui nous donnent envie de rester debout et combatif.

Ensemble, on est nombreu.x.ses !

Stéphane et Tom