Revue de presse du 13 au 19 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur les mouvements contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes et plus.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

C’est ici

 

La semaine du 13 au 19 :

Mardi 14 : Blocage du conseil départemantal, manifestation et apéros festifs devant les voeux du MEDEF.

Après un blocage du conseil départental le matin, plusieurs centaines (300 ou 400) de manifestants ont défilé dans les rues de Gap, en faisant plusieurs arrêts sur des endroits stratégiques pour la circulation économique. Le cortège est ensuite allé jusqu’à l’inspection acadamique puis, est reparti en sauvage jusqu’au Quattro, où le MEDEF devait se retrouver pour leurs voeux. Un accueil fetifs et coloré leur à été préparé.

 

Mercredi 15 :

Blocage surprise des trains et des voitures à Gap pendant 1h30.

Occupation devant le site de Géométhane

Jeudi 16 : manifestations à Laragne, à Gap et à Digne

Manifestation à Laragne le matin pour soutenir l’hopital psychiatrique qui s’est vu divisé par 2 son nombre de lite depuis 2015, discours sur les conditions de travail et sur les conditions des personnes soignées. Le soir, c’était une manifestation aux flambeaux qui était organisé à Gap, où une vente de pain avait été organisé par les grêvistes pour leur caisse de grêve. Un cheque de 6000€ a aussi été donné aux cheminots.

800 personnes à Digne-les-Bains

Actualité nationale :

Du 08 au 12 janvier

Du 13 au 18 janvier

D’autres actions au niveau national

Blocages de lycées

 

Analyse du mouvement en cours :

Appel à bloquer les villes le 26
Que les ténèbres soient
Il faut durcir le mouvement
Mediapart : Un mois après, un mouvement social devenu « hors normes »
Acta : Autonomie et contre-pouvoir repenser la question de l’organisation après le mouvement des Gilets Jaunes

Chronique d’un monde en lutte :

Deux mois de révolte contre l’état du Chili – Bilan rapide, projection instinctives et négations permanentes

 

SOIRÉE DE SOUTIENT CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES organisé par les G-J de Saillans

Vendredi 17 Janvier dès 18h, chez Nanard
à Aouste sur Sye 9 rue pasteur Boegneur (derrière la chocolaterie)

Les Gilets jaunes de Saillans proposent une soirée d’info, de discussion et de soutien au mouvement contre la réforme des retraites et son monde.

Au programme:
18h assemblée populaire ouverte à Toutes et à tous.
20H cantine populaire
21h projection de « Une histoire de la grève générale,de la commune au front populaire » >> de Olivier Azam

Les bénéfices de la soirée seront pour la caisse de grève et la caisse anti-répression.

« Briser le mur qui sépare la prison de la zone du dehors »

Le 18 décembre dernier, Loïc a enfin été libéré après 16 mois de détention. Le texte qui suit constitue sa première déclaration. Notre ami revient sur les conditions de cette libération, sa vie à l’intérieur de la prison, le procès qui continuera au moins jusqu’en avril et sa détermination à continuer ses combats et à soutenir le mouvement social partout où il s’étend.

Après un an et quatre mois d’enfermement, comment assembler les mots ? Comment connecter la réalité carcérale à la zone du dehors, briser le mur qui le sépare ? En prison, je me suis effacé, je n’ai plus pensé à moi. J’ai fait le vide afin de ne pas souffrir. Je me suis également fermé à mes souvenirs, à ce qui se passe au-delà de ces murs afin de me concentrer sur cette nouvelle vie avec les autres détenus. Ce fut une des raisons pour laquelle j’ai eu peu de forces pour répondre aux nombreuses lettres reçues. Aujourd’hui, je remarque que je ne ressens plus grand chose, que je n’ai plus de passion (si ce n’est la neige). Il y a un vide. Mon esprit est ailleurs. Une nouvelle conception de temps m’habite, j’ai des moments de contemplations, de silences, d’absences.

Le procès n’a pas arrêté d’être repoussé. Il devrait désormais finir en avril. La libération conditionnelle de ce 18 décembre était inespérée, quelques semaines auparavant, le procureur avait prévenu qu’il ferait appel contre la décision du tribunal de remise en liberté. Je m’attendais au mieux à bénéficier de deux heures de liberté avant de devoir retourner en prison, comme ce fut le cas précédemment pour les deux autres accusés qui ont été libérés mais contraints de revenir en prison après l’appel du procureur. Je me préparais à dire que je souhaiterais rester en cellule jusqu’à la décision finale. Car sortir deux heures, en plus de déglinguer votre cerveau, c’est risquer de devoir retourner dans le bâtiment A.

LE BÂTIMENT A

Ce bâtiment, c’est celui des arrivants. Là, on doit rester 23h/24 en cellule. C’est un endroit sombre où des détenus craquent, crient et tapent sur les murs. J’y suis resté quatre mois. Pendant le premier mois après mon extradition de France, je n’avais que les habits que je portais sur moi en arrivant. Impossible de récupérer mes affaires pourtant arrivées en même temps.

Dans ce bâtiment, c’est deux douches collectives par semaine, à 6h45 du matin. J’y lavais alors mon caleçon puis je me rhabillais sans car il fallait d’abord le faire sécher sur le radiateur de ma cellule. Dans ce bâtiment, c’est des gardiens qui vous gueulent dessus et vous poussent si vous dépassez la ligne invisible entre votre cellule et le couloir lors de la distribution du repas. L’unique instant de respiration dans une cellule de moins de deux mètres de large sur quatre mètres de long : c’est une heure de promenade par jour. Dans ce bâtiment, il y avait essentiellement des étrangers dont le crime est d’être sans papiers, des petits dealers ou des accusés de vols. J’ai vu des gardiens frapper un détenu d’origine étrangère qui voulait simplement récupérer un livre de la cellule d’à côté en retour de promenade. J’ai vu des regards haineux de gardiens se porter longuement sur des détenus racisés. La plupart des étrangers que j’ai croisés en promenade dans ce bâtiment A définissent les gardiens comme des nazis. Cela m’a fait bizarre d’entendre ça aujourd’hui, sachant que, dans cette même prison, il y a moins d’un siècle, des nazis ont tué plusieurs centaines de personnes.


LE PROCÈS ELBCHAUSSEE OU L’IMPROBABLE COMPLICITÉ

Le procès est particulier. 99 % des faits reprochés n’ont rien à voir avec les accusés. L’accusation s’étend à plus de 1 million d’euros de dégâts. Le procureur tente de construire et d’imposer une vision très large de la complicité, au point qu’il désire même l’étendre au-delà de la présupposée présence des accusés. Concrètement, imaginez-vous dans une manifestation, quelqu’un brûle une voiture à 50 mètres de vous : vous êtes considérés comme responsable des dégâts. Mais ce n’est rien ! Imaginez-vous maintenant quittant une manifestation, 10 minutes plus tard, un cocktail molotov est lancé : bien que vous n’êtes plus présent, vous êtes aussi considéré comme responsable.

Il y a beaucoup de problème dans ce procès, dans la prison, dans la police, dans le capitalisme, dans l’État et son monde. Ces différents thèmes ont, entre autres, comme pourritures communes : la soif de gestion, la globalisation, la classification. Votre personnalité, identité, créativité, unicité, doit rentrer dans une case.

« Le caractère unique d’un homme se manifeste dans chaque trait de son visage et dans chacune de ses actions. Confondre un homme avec un autre et toujours les considérer globalement est une marque de stupidité. Les esprits obtus ne distinguent que des races, des nations ou des clans, quand l’homme sage distingue des individus. »

Thoreau, Journal – juillet 1848, 169 ans avant le G20 de Hambourg

Au mois de novembre dernier, près d’un an après le début de ce procès, j’avais proposé de faire une déclaration à condition quelle soit entendue publiquement. La juge a d’abord dit que cela serait possible, avant de changer d’avis, probablement à cause de la procédure de huis-clos. Je n’ai donc pour le moment fait aucune déclaration malgré près de cinquante journées d’audiences. Les dernières devront obligatoirement être ouvertes au public, à la fin du procès. Depuis ma sortie de prison le 18 décembre, des personnes que je croise me disent que c’est un beau cadeau de Noël. Le soucis, c’est que le cadeau a un an de retard, j’ai déjà passé un Noël en prison.

LES RAISONS ET LES CONDITIONS DE LA LIBERATION

Toujours est-il que le tribunal a fini par accepter cette libération. Dans sa décision, il avance que le risque de fuite est écarté pour plusieurs raisons. D’abord, fuir signifierait retomber sous un nouveau mandat d’arrêt européen et alors le procès devrait recommencer depuis le début. Par ailleurs, si au mois de juin la demande de libération a été refusée, le tribunal considère six mois plus tard que la proportion de la peine qui reste à faire par rapport à ce qui a été réalisé a diminué. Le tribunal suppose également que je ne voudrais pas compromettre cette liberté de contact avec ma famille en m’échappant. Il s’appuie pour cela sur l’étude de ma correspondance privée. Le tribunal me reproche toutefois un manque de coopération avec l’État. On aurait voulu que je m’exprime, dans le cadre du huis clos, ce que j’ai refusé jusqu’ici. Cependant, ayant annoncé que je ferai une déclaration publique à la fin du procès, le tribunal considère que je ne vais pas fuir car je désire avoir la parole. D’une manière générale, le jugement de libération conditionnelle explique que la Cour considère que je suis « un jeune homme poli et amical », ce qui justifie apparemment la confiance qui m’est accordée.

Me voici donc depuis le 18 décembre 2019 en libération conditionnelle. Jusqu’à la fin du procès, je dois respecter les obligations suivantes :

Avoir une adresse de domiciliation à Hambourg.

Pointer le lundi et le jeudi à la police Hambourgeoise.

Travailler en tant que jardinier, dans le soin des arbres.

Donner mon passeport et mes papiers au tribunal.

Aller aux prochaines dates de procès.

Ne participer à aucune action illégale.

LA LIBERTÉ CONDITIONNELLE DE PENSÉE

Me voilà donc dehors et libre de m’exprimer. Mais cette liberté aussi est théorique et sous conditions. Ce n’est pas l’envie qui manque ou les choses à dire mais, compte tenu de ce que le tribunal dit attendre de moi et des risques qui pèsent encore sur moi, il est illusoire de croire que je peux m’exprimer « librement ». Dans ce domaine également, ma liberté retrouvée est très relative.

Pourtant, mon regard sur le monde n’a pas changé. Déconnecté depuis 16 mois, c’est particulièrement choquant de s’informer sur la répression à l’encontre des manifestations en France (gilets jaunes et autres). Il y a eu près d’un millier de peines de prison. J’ai entendu des peines allant jusqu’à 5 ans, et récemment 3 ans et demi de prison ferme pour une personne condamnée à Nancy. Pendant ce temps, un policier prend deux mois de sursis pour avoir lancé un pavé sur des gens non protégés. Il pourra continuer à exercer : aucune inscription au casier judiciaire. Si vous jetez un pavé sur des gens qui ont des casques et des boucliers, vous prenez plusieurs années de prison. C’est cela, la justice ? La prison est une folie. L’accepter est une folie. Les préjugés sont une folie générant des souffrances dans l’indifférence.

Les violeurs et assassins ne représentent que moins de 5% de la population carcérale. Ce sont des pauvres qui sont derrière les barreaux. Je n’ai pas vu, en prison, de bourgeois, de banquiers ni de policiers. Pourtant, la première des violences, la première des criminalités, c’est celle qui vient d’en haut de la pyramide sociale. Les personnes qui sont jetées en prison – dans la quasi-totalité des cas – le sont à cause de la pression qu’exercent les classes supérieures, l’exploitation des riches sur les pauvres et l’inégalité sociale. Je n’ai pas vu de riches en prison, seulement des pauvres. Il est temps d’admettre que le choix n’a presque aucun impact face à la situation. C’est la situation de pauvreté qui est criminelle. Huit personnes possèdent autant de richesse que la moitié de la population mondiale !

À CELLES ET CEUX QUI LUTTENT

Ayant goûté à l’incarcération, je me sens solidaire à l’égard des personnes qui restent encore enfermées.

C’est pourquoi, j’exprime une grande :

Solidarité & force à toutes les personnes incarcérées en France suite aux manifestations des gilets jaunes, contre la réforme des retraites de Macron & son monde privatisé et néolibéral.

Solidarité & force aux révolté.e.s du Chili souffrant de la même politique néolibérale & de privatisation.

Solidarité & force aux révolté.e.s de Catalogne.

Solidarité & force au quartier autonome d’Exarcheia en Grèce.

Solidarité & force aux anarchistes torturé.e.s en Russie.

Solidarité & force aux prisonnier.e.s torturé.e.s de Guantanamo.

Solidarité & force aux révolté.e.s de HongKong, que fleurissent toujours plus de drapeaux noir dans les cortèges, remplaçant les drapeaux américains.

Solidarité & force aux anarchistes & anti-nucléaires incarcéré.e.s aux USA, en France, en Allemagne & un peu partout dans le monde.

Solidarité & force au Rojava, que perdure l’histoire concrète de l’émancipation, de l’autonomie, de l’écologie & du féminisme.

Solidarité & force à l’Afrique, grande oubliée, pillée encore & toujours pour le confort des pays du Nord.

Que chaque prisonnie.r.e témoigne de son passage en prison, afin que le plus rapidement possible, nous brisions ces murs horribles qui sèment la souffrance. Ces murs que l’on accepte seulement parce que l’on ne peut pas voir dans les yeux celles et ceux qui y sont enfermé.e.s.

Loïc, Assigné à procès interminable à Hambourg.

Ps. Voici quelques brochures intéressantes pour repenser ensemble la société carcérale.

Pourquoi faudrait-il punir ? : https://infokiosques.net/spip.php?article578
La prison est-elle obsolète ? : https://infokiosques.net/spip.php?article1507
Historiques des luttes anticarcérales : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=753

Plus d’infos : https://laneigesurhambourg.noblogs.org

Appel à don pour soutenir Loïc : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/appel-a-dons-contre-la-repression-a-bure-et-son-monde

Revue de presse du 06 au 12 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur le mouvement contre les retraites.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

– Mardi 14 janvier : 14h pref gap

– Mercredi 15 janvier : 9h30 esplanade de la paix gap

– Jeudi 16 janvier : 10h30 place des aires laragne

 

La semaine du 06 au 12 janvier

– Manifestation du jeudi 09 janvier :

Entre 2650 et 4500 personnes à Gap et Digne-les-bains :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/09/reforme-des-retraites-les-avocats-demarrent-la-journee-de-mobilisation

– Vendredi 10 janvier : Piquet de greve devant l’inspection acadamique

Piquet de greve

Piquet de grève interpro devant l’inspection académique ce matin
Des profs, des cheminots, des territoriaux, …
Une cinquantaine de personnes
Belle réussite

– Pique-nique devant la permanence de la député LREM

Pique nique permanence député

https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2020/01/10/gap-des-manifestants-taguent-la-permanence-de-la-deputee-pascale-boyer

– Samedi 11 janvier : AG constituante du collectif inter-santé sud alpes :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/11/gap-pres-d-une-centaine-de-personnes-manifestent-devant-l-hopital

Collectif inter santé sud alpes : www.facebook.com/groups/533503474175301

– Manifestation du samedi 11 janvier

– Gap

manif 11 janvier

Près de 600 personnes dans les rues de Gap
On est pas près de lâcher

– Manosque :

manif 11 janvier manosque

500 manifestant.e.s à manosque

Global :

– Violence policière à Paris le 09 janvier et réponse des manifestants le 11 janvier :

Violence policière le 09 janvier :

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE Jeudi 9 janvier, un voile supplémentaire s’est levé sur la réalité de ce qu'est la Police. Le point de bascule est atteint. La mutation fasciste accomplie. Ce film grave la douloureuse mémoire de cette journée. (Activez le son)Une mémoire qui resurgit des heures sombres, d’une Histoire particulière : celle d'une Police qui s’est longuement entraînée dans les quartiers, les cités pour commettre ses exactions et ses expérimentations d’armes et de techniques… C’est une Histoire tachée de sang et aujourd’hui tout le monde la voit enfin au grand jour. Aujourd’hui, plus personne ne sera épargné.vidéos : Brice Ivanovic (twitter), mtgphotographe (twitter), Gabin pour Vécu, Laurent Bigot (twitter), Line Press, Spunick

Gepostet von Cerveaux non disponibles am Freitag, 10. Januar 2020

La réponse des manifestants le 11 janvier :

– La grêve dans tout le pays :

https://expansive.info/La-greve-dans-tout-le-pays-a-travers-les-sites-du-reseau-Mutu-1943

– Regagner du pouvoir quand on est salarié.e :

https://manif-est.info/Regagner-en-pouvoir-quand-on-est-salarie-e-1292.html

– Sur la réforme des retraites :

Réforme des retraites

– Communiqué de l’intersyndical du 11 janvier :

Communiqué de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-SOLIDAIRES-MNL-UNEF-UNL ce samedi 11 janvier 2020Jusqu’à la victoire Les …

Gepostet von CGT Confédération Générale du Travail am Samstag, 11. Januar 2020

 

Procès en appel de deux gilets jaunes lourdement comdamnées en Décembre 2018 à Valence

Communiqué de Stephane et Tom

L’heure est venue de retourner faire face à la justice et de reprendre le chemin du tribunal, de Grenoble cette fois, plus d’un an après notre procès à Valence (l’affaire avait pris le nom du procès des 4 de Valence : Dylan, Maria, Stéphane et Tom).

Le rendu avait été très lourd, nous condamnant tous les 4 à de la prison ferme (de 3 mois à 12 mois) et à 3 ans d’interdiction de manifester sur toute la France. Un rendu s’inscrivant dans un traitement judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes pour le moins sévère et questionnant. Entre Novembre 2018 et décembre 2019, 10 000 gardes à vue ont été effectuées, 3200 personnes ont été condamnées à de la prison et 300 à de la prison ferme. Du jamais vu en France. Sans parler des nombreu.x.ses bléssé.e.s, éborgné.e.s, démembré.e.s.

Nous sommes 2 (Tom et Stéphane) à avoir fait appel, ne reconnaissant pas les faits pour lesquels nous avons été condamnés (violence sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion) et estimant avec nos avocat.e.s que la sanction était disproportionnée et injustifiée.
De leur côté, Maria et Dylan n’ont pas souhaité retourner devant la machine judiciaire. Un cinquième Gilet Jaune, jugé plus tard dans la même affaire, a été condamné à 24 mois de prison dont 8 mois ferme et n’a pas fait appel.

Nous serons donc de nouveau à la barre le jeudi 6 février à 14h à la cour d’appel de Grenoble. A cette occasion, un rassemblement s’organise devant le tribunal. Plus d’info viendront sur le site d’infos libres et indépendants de la vallée de la Drôme, ricochets.cc

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent depuis 1 an et qui nous donnent envie de rester debout et combatif.

Ensemble, on est nombreu.x.ses !

Stéphane et Tom

Semaine anti-carcérale à Bure

Une semaine anti-carcérale aura lieu près de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville, du 2 au 8 mars 2020. L’idée est de prendre le temps de se rencontrer, entre personnes et groupes de différents pays, lors de temps formels et informels de discussions, d’ateliers, de projections de films…

Un premier brouillon de programme a été imaginé, il évoluera et se précisera dans les semaines à venir. Les thématiques, susceptibles d’évoluer (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des suggestions), seraient les suivantes :

  • Répression et anti-répression
  • (No)Borders
  • Questions de genre, LGBTQ+, prisons pour femmes
  • La cavale + discussions hors thématiques
  • Abolition de la prison (discussions autour de visions anarchistes de la justice, la loi, le crime, la punition)

On a aussi envie de prévoir des temps de lecture de correspondances avec des personnes en prison et des ateliers d’écriture aux détenu.e.s. Chacun-e est bienvenu-e à proposer un atelier et vous pouvez nous contacter pour l’annoncer ou si vous avez des besoins spécifiques, qu’ils soient personnels ou techniques.

On a envie de porter une attention particulière à la traduction lors de la semaine. On aimerait assurer des traductions lors des discussions, au moins en français et anglais, et si possible en allemand, polonais et italien.

Une cantine vegan, à prix libre et participative, sera organisée du lundi midi au dimanche soir. Pour dormir, il y aura des places dans des dortoirs et des caravanes, et la possibilité de dormir en tente ou en camion sur le terrain (il y a de la place !).

Le terrain accueillant la semaine anti-carcérale est relativement plat mais pas très accessible aux personnes en béquilles/fauteuils. Si vous avez des besoins particuliers à ce niveau là, vous pouvez nous contacter.

Par ailleurs, le terrain n’est pas raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Il y a des panneaux solaires – notamment pour l’éclairage et les projections de film – mais l’électricité disponible sera limitée.

La zone autour de Bure est assez surveillée, et les patrouilles de gendarmes sont très fréquentes. Les contrôles routiers s’intensifient souvent lors des évènements annoncés publiquement. Avant de venir, vous pouvez consulter le brief légal en contexte burien (également disponible en anglais, allemand et italien).

N’hésitez pas à partager cet événement avec d’autres personnes qui pourraient être interessées. Vous pouvez aussi envoyer des lettres à des prisonnier-es pour les inviter à contribuer par lettres.

On se voit en mars !

Anarchist Bure Cross
anarchistburecross.noblogs.org
aburecross@riseup.net
bureburebure.info

Pour l’abolition de la retraite !

Nous publions ici un texte reçu sur notre boîte mail qui aborde la question de la réforme des retraites sous un angle intéressant…

 

Mon père a attendu toute sa vie sa retraite pour, disait-il, pouvoir enfin faire ce qui lui plaisait. Il n’a pu « profiter » de sa pension et de son temps que pendant quelques mois… Ceci pour souligner que si on ne peut pas profiter de la vie avant l’âge de la retraite, ce n’est pas après que cela sera vraiment possible.

La retraite est une vaste escroquerie, un miroir aux alouettes, le colifichet que l’on agite aux salariés pour les aider à supporter une réalité économique quotidienne de plus en plus vide de sens pour une majorité d’entre nous. La retraite n’a jamais consisté en une « récompense » d’une vie de labeur et de renonciation : elle ne consiste au final qu’à prendre acte qu’au-delà un certain point la « machine humaine » n’est plus assez rentable, plus assez fiable, plus assez souple, que son taux de pannes devient contre-productif… Ce n’est pas un hasard si l’âge de départ à la retraite correspond en gros à l’espérance de vie en bonne santé…

Ce qui se joue aujourd’hui dans ce dernier projet en date de réforme des retraites, c’est la détermination de ce seuil de compromission entre les besoins en main-d’œuvre des grands acteurs de l’économie et la soutenabilité de sa charge financière pour les finances d’Etat : la qualité de vie résiduelle des laissés pour compte de cette mécanique infernale n’est bien sûr que la cinquième roue du carrosse. Son objectif est on ne peut plus simple : il s’agit de réduire les coûts sociaux globaux de ce poste comptable sur le dos des bénéficiaires individuels en enrobant le tout dans un pseudo discours égalitariste et sous de faux oripeaux universalistes pour faire passer l’amère pilule.

Chaque euro cotisé donnerait les mêmes « droits » à chacun : l’arnaque est bien entendu ici que chacun n’a pas le même nombre d’euros, et que donc ce mécanisme ne fera que renforcer et aggraver pendant la retraite les insupportables niveaux d’inégalités de la période dite active. L’explosion de la précarisation des emplois ne fera mécaniquement que plomber les « droits » disponibles en fin de parcours.

Mais tout cela n’est pas le plus grave : le scandale de la retraite est ailleurs. En effet celle-ci est présentée comme une sorte de « libération » ou de « récompense » alors qu’elle ne fait qu’aggraver et radicaliser tous les processus d’exclusion sociale déjà à l’œuvre dans la vie dite active. La mise sur la touche des « vieux », palpable pour les retraités, est cependant un processus qui commence très longtemps avant, et je serais tenté de dire dès le début de l’entrée dans le salariat (salariat standard ou auto-salariat au rabais dans ses diverses formes plus contemporaines). L’exclusion du retraité de la vie sociale n’est en fait que le revers pervers de la privation de vie sociale du salarié. Que les salariés partagent en commun cette privation ne peut pas vraiment être considéré positivement comme vie sociale…

Entre deux maux, sans doute vaut-il mieux être à la retraite qu’au boulot. C’est du moins mon avis – et ma situation. Mais la retraite n’est pas un « droit », c’est, ou ce devrait être vécu comme un infamant solde pour tout compte d’une vie spoliée. Le compte n’y sera jamais. La retraite ne compensera jamais le temps perdu, le temps volé, le temps détourné pendant les plus belles années de notre existence au service de la marchandisation de tout et de tous.

Accepter le principe de la retraite, c’est accepter le principe du découpage arbitraire de nos vies, c’est accepter que nous ne soyons pas maîtres de la dimension sociale de nos existences, c’est accepter ce marché de dupes selon lequel il y aurait une quelconque équité à échanger la sueur de nos meilleures années contre le temps sans véritables moyens de nos plus ou moins poussives, toussives, dernières années.

Le concept de « droit à la retraite » est aussi horripilant et crispant que celui de « droit au travail » : ces « droits » ne sont au final que des conventions qui institutionnalisent un rapport de force donné, et provisoire, entre les intérêts complémentaires des acteurs économiques. Discuter du caractère économiquement raisonnable et soutenable du montant des retraites, comme du montant des salaires, c’est nécessairement tresser la corde avec laquelle on sera pendu.

Ce qui est ici en cause ce n’est pas le montant les retraites ou des salaires, c’est le contenu de la vie que l’on accepte d’avoir en échange de ces montants, c’est le contenu de la vie auquel on renonce en échange de ces pauvres compensations. La question qu’il faut se poser est celle de savoir quelle vie est rendue impossible par l’existence du système des salaires et des retraites, du fait même de leur existence, et non pas de la plus ou moins grande faiblesse de leurs montants.

Derrière ce projet de réformes des retraites, par-delà son aspect comptable, ce qui est en cause c’est la tentative de créer un nouveau consensus politico-économique. Il s’agit d’acter dans les réformes institutionnelles en cours, dont celle des retraites, la fin idéologique des dites « trente glorieuses », fin idéologique qui n’est que le pendant de la disparition effective de l’organisation fordiste du travail qui avait atteint son apogée à cette période. Les derniers grands contingents de travailleurs qui ont encore connu cette époque viennent d’ailleurs ces derniers temps d’accéder à la retraite…

La perte d’influence des syndicats et des partis politiques, amorcée il y a une quarantaine d’année, débouche aujourd’hui sur un no man’s land historique qui met aux prises un capitalisme sans projet (le néo-libéralisme a sombré dans la crise de 2008), caractérisé par ses seuls soucis de rentabilité à très court terme, et un corps sociétal orphelin de tous ses repères passés. Ce serait à mon sens une très grave erreur d’opposer un capitalisme idéologiquement puissant à une société idéologiquement anémiée : les deux sont nécessairement de même niveau. C’est pour moi un impératif dialectique.

Le projet de retraite défendu par le pouvoir ne peut pas être fondamentalement attaqué sur des bases comptables, ni non plus en cherchant à réactiver l’esprit du CNR (Conseil Nationale de le Résistance) avec ses impératifs de solidarité et de partage entre générations, fondement du principe des retraites par répartition. : son socle sociologique et industriel a disparu pour l’essentiel.

Ce projet a pour ambition de faire bouger les lignes, dans la continuité des récentes « lois travail ». Il s’agit d’essayer de réorganiser la société en positivant la technocratie comme remède au vide politique. Ce projet nécessite donc de gommer toutes les références aux anciennes socialités collectivement vécues : d’où le remplacement du principe de solidarité issu d’un collectif partagé, par celui de droits abstraits économiques (1 euro cotisé etc.). L’enjeu semble bien être d’abord idéologique, puisque le gouvernement semble prêt à lâcher tout le lest nécessaire quant à son application dans le temps : s’il réussit à faire passer son principe, l’organisation de la disparition des solidarités anciennes, il est vrai que plus grand chose ne pressera vraiment à court terme.

L’enjeu du conflit qui s’annonce est pourtant important : non pas à travers la « défense des acquis sociaux » comme prétendent nous le servir une fois de plus les syndicats, mais plus fondamentalement par la définition active de la place souhaitable des humains dans ce monde déboussolé, place souhaitable de plus en plus visiblement en contradiction avec la défense des statu quo salariés. Même pour « sauvegarder » un minimum de ces anciens acquis à défaut de mieux, cela ne pourra se faire qu’en affolant le pouvoir en portant le dissensus social sur un autre terrain que celui de l’économie : celui du (non-)sens de la vie avant, pendant et en-dehors du travail, plutôt que sur le degré de préservation de la capacité de consommation des retraités après leur mise au rebut.

Nous sommes confrontés au paradoxe suivant : si le capitalisme ne peut survivre sans remettre en cause les statu quo salariés, la critique du capitalisme passe également par leur remise en question, mais bien entendu, nécessairement, sur d’autres bases.

Dans une vie digne d’être vécue, la notion de retraite ne devrait avoir aucun sens.

Louis – Colmar, le 2 décembre 2019

Appel à solidarité inculpés GJ de Narbonne

Solidarité avec les inculpés de Bessan et Narbonne

La coordination des Défenses Collectives du Languedoc appelle à organiser des événements de soutien aux inculpés de Bessan et de Narbonne partout en France et ailleurs.

Entre le 1er et le 19 décembre, les péages de Narbonne et de Bessan ont été incendiés plusieurs fois dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes. Les instructions liées à ces affaires sont en cours de clôture et les procès vont bientôt débutés pour des dizaines d’inculpés. Les frais de justice, d’avocats, les mandats aux détenus demandent énormément d’argent. Nous appelons donc à la plus grande solidarité financière et militante possible.

lire la suite ici

Plusieurs centaines de personnes refoulées chaque semaine à la frontière franco-italienne à Vintimille

Ci-dessous, plusieurs rapports du collectif Kesha Niya publiés récemment
et témoignant des refoulements en augmentation et des violences
policières à la frontière franco-italienne à Vintimille.

Pour plus d’infos : https://www.facebook.com/KeshaNiyaProject/

 

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Hello, this is our weekly border report from the 03.- 09. November.

Bonjour à tou.te.s

Au cours de la dernière semaine (03.11.-09.11.), Nous avons rencontré à Grimaldi Inferiore 631 personnes qui avaient été arrêtées par la police française et renvoyées en Italie. C’est de loin le plus grand nombre depuis le début de notre collecte de données, les chiffres augmentent très rapidement ces dernières semaines. Nous savons qu’un total de 648 personnes ont été renvoyées en Italie. Ces 17 personnes supplémentaires sont arrivées à Vintimille en bus public, avec la Croix-Rouge ou la police italienne, raison pour laquelle nous ne les avons pas rencontrées directement.

Le nombre total de personnes déportées comprend 34 femmes, dont au moins 3 femmes enceintes, 24 mineurs voyageant seuls et 18 enfants (âgés de quelques mois à 13 ans) accompagnés d’un membre de la famille.

Les chiffres ci-dessus n’incluent pas environ 25 personnes déportées de Vintimille à Tarente.

Cette semaine a été celle où nous avons enregistré le plus grand nombre de rapports de violence de la police.

Mineurs

Sur les 24 mineurs non accompagnés que nous avons rencontrés, nous pouvons signaler deux incidents particuliers qui se sont démarqués.

Nous avons rencontré un jeune de 17 ans qui souffrait de diabète mais n’avait pas les médicaments nécessaires. Il est arrivé avec un pied très enflé, ce qui est probablement dû à son manque de soins médicaux.

Un autre adolescent de 17 ans a déclaré qu’il avait été gazé (spray au poivre) pendant sa détention dans les conteneurs.

Violence policière

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, environ 80 personnes étaient dans les conteneurs. Plusieurs personnes nous ont signalé qu’au cours de la journée du 3, la police pénétrait régulièrement (au moins toutes les heures) dans les conteneurs et utilisait du spray au poivre sur un grand nombre de personnes. Ils ont ensuite souffert de nausées et de problèmes respiratoires après plusieurs utilisations. Un homme a dû vomir plusieurs fois au cours de cette journée. Lorsqu’il est arrivé à notre niveau, il a eu de grandes difficultés à respirer et était incapable de parler. Nous avons dû l’emmener aux urgences.

Trois personnes nous ont dit avoir également été aspergées de gaz lors de leur libération. L’un d’entre eux a déclaré qu’il avait également été frappé par la police à ce moment-là.

Quelqu’un nous a signalé qu’à 13 heures, toujours le 03/11, 6 personnes avaient été libérées. Peu de temps après la libération, la police est revenue dans les conteneurs et a annoncé qu’une autre personne pourrait sortir. Un homme s’est rendu à la porte de sortie et quand il y est arrivé, il explique qu’il a reçu un coup de poing au visage, a été directement gazé et a reçu un coup de pieds à la hanche. Il est tombé au sol et s’est blessé 2 doigts que nous avons vus très gonflés, c’était aussi le cas de sa lèvre. Beaucoup de personnes étaient présentes à ce moment et ont confirmé l’histoire. (Voir photo)

Plusieurs personnes ont également parlé d’un autre incident: Au cours de la journée, nombre d’entre elles ont demandé de la nourriture à la police française parce qu’elles étaient détenues depuis de nombreuses heures déjà, mais on leur a répondu qu’il n’y en avait pas. Ces personnes ont cependant déclaré que certains policiers avaient jeté leurs restes de pommes et de biscuits de l’extérieur vers la cour intérieure des conteneurs.

Une personne nous a dit qu’elel avait demandé à la police française de me libérer car tous ses amis l’avaient déjà été. La demande a été refusée. Plus tard, il a essayé de sortir quand les personnes suivantes ont été relâchées, même s’il n’était pas autorisé à le faire. Il a ajouté que les policiers présents avaient remarqué la tentative et l’un d’entre eux lui avait donné un coup de coude au visage/nez. Il s’est ensuite fait insulter en se faisant libérer. Deux personnes de notre groupe ont vu cette personne sortir des conteneurs en se tenant le nez. Quand nous sommes allés lui demander ce qui s’était passé, il a juste dit qu’il avait été frappé au nez. La même personne aurait déjà demandé de la nourriture pendant sa détention et aurait reçu du gaz poivré au visage.

Lorsqu’une personne a été libérée des conteneurs, il a constaté que son chargeur et son argent n’étaient plus dans son sac et a tenté d’alerter la police. Il témoigne que le policier a utilisé un pistolet paralysant (taser à main) sur sa cuisse gauche et l’a exhorté à disparaître.

Juste après la rencontre avec cet homme, deux autres personnes ont expliqué qu’un policier français avait menacé d’utiliser son Taser déjà allumé contre eux quand ils lui avaient demandé de récupérer un récépissé de demande d’asile gardé par la police. L’un d’eux a été renvoyé en Italie alors qu’il est demandeur d’asile en France. Selon lui, la police française aurait volé son récépissé valable et sa carte d’assurance maladie italienne. Leur raison serait que des noms différents figurent sur les deux documents.

Quelqu’un est arrivé avec une petite tache de sang sur le nez. Il a déclaré qu’un policier l’avait frappé lors de sa libération.

Deux hommes ont indépendamment demandé à la police française de la nourriture pendant leur détention dans les conteneurs. Tous deux ont dit que la police a utilisé du spray au poivre contre eux et en ont frappé un à l’oreille. (Image)

Le 06/11, les 40 premières personnes qui sont venues nous voir dans la matinée ont été relâchées au même moment. Plusieurs femmes arrêtées la veille par la police française ont souligné que pendant la nuit, il n’y avait pas de séparation entre les sexes, toutes personnes étaient maintenues ensemble (femmes, hommes et enfants).

Une de ces femmes nous a raconté son expérience pendant sa détention dans les conteneurs. Nous avons enregistré son témoignage. Elle y disait qu’elle se rendait en France en train pour suivre un traitement. A 19 heures le 05/11. Elle a été arrêtée par la police française dans le train à Menton-Garavan.

Durant sa détention dans les conteneurs, elle a demandé de l’eau à la police. Ils ont répondu qu’elle devrait boire l’eau des toilettes. Elle nous a également dit que la police lui avait volé 500 € et sa carte médicale. Lorsqu’elle a demandé à récupérer ses biens, un policier lui a donné un coup de poing au visage.

Nous avons reçu plusieurs confirmations de témoins oculaires de ce fait, y compris une petite fille de 6 ans. Sa famille et elle-même ont dit qu’elle était très effrayée après avoir vu cela. La fillette et sa famille ont passé la nuit du 05 au 06 novembre dans des conteneurs et pendant la détention elle a eu de la fièvre. La famille a demandé une l’aide médicale, mais la police a répondu que c’était normal.

Une jeune femme de cette famille nous a également dit que lorsqu’elle était en détention, elle avait demandé à la police un médecin parce qu’elle avait un coude très douloureux (suspicion d’entreprise). Le médecin n’a pas été consulté et aucune autre aide n’a été fournie.

Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils dormaient à même le sol et que la police a fait fonctionner la climatisation pendant la nuit.

Une personne nous a dit qu’elle avait demandé de la nourriture à la police française pendant sa détention. Il aurait ensuite été frappé par un policier.

Plusieurs personnes cette semaine ont expliqué que la police les frappaient quand ils demandaient quoi que ce soit.

Une autre personne nous a dit qu’un policier français l’avait insulté après qu’il ait demandé de l’eau. C’était sa deuxième nuit en détention, la premiere il a reçu un coup de poing à l’oreille, comme indiqué ci-dessus.

Cet homme faisait partie d’un groupe de personnes arrêtées dans les montagnes dans la nuit du 5 au 6 novembre. Tandis que la police amenait cette personne dans le conteneur, il raconte avoir été frappé avec une matraque au niveau des genoux. (Voir l’image).

2 autres hommes voyageant avec lui nous ont raconté que la même chose leur était arrivée.

L’un d’eux a déclaré avoir également été giflé à plusieurs reprises aux deux oreilles par un policier portant des gants renforcés. Lorsque cette personne est entrée en contact avec nous, il ne pouvait plus bien entendre d’une oreille.

L’autre a déclaré avoir été frappée par un des policiers français sur l’un de ses tibias. Nous avons enregistré son témoignage.

Un 4ème homme a été blessé sur l’arcade sourcillère gauche, il n’était pas clair s’il s’agissait d’un coup de poing ou d’un coup de tête. (Voir photo)

Toujours le 6, les 40 premières personnes libérées ont presque toutes déclaré avoir été gazées. 28 autres cas ont été rapportés au cours de la semaine.

Le 7, un homme a expliqué que lors de son arrestation, l’un de ses poignets était attaché à celui d’un jeune homme de 17 ans par des câbles en plastique. Comme ils étaient trop serrés, il a demandé à la police française si elle pouvait les relâcher un peu. En réponse, ils l’ont giflé et lui ont donné un coup de pied au tibia.

Nous avons rencontré une femme enceinte avec un gros bleu au front. Elle a déclaré avoir été battue par un policier français.

Une autre personne nous a dit que la police française avait volé le reçu prouvant le renouvellement de ses documents italiens.

Nous avons entendu parler de trois cas dans lesquelles la police a gardé des personnes entre 21 et 22 heures dans des conteneurs. Beaucoup plus entre 10 et 16 heures.

Kesha Niya

 

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Hello folk’s, this is our weekly border report from the 27.10.- 02.11. It’s in French and English. Next one is following soon.

Cette semaine (27-10 – 02-11), nous avons rencontré 565 personnes à la frontière franco-italienne, à Grimaldi Inferiore, qui ont été arrêtées par la police française puis refoulées en Italie. Encore une fois, le nombre le plus élevé a été dépassé depuis le début de la collecte de données. De plus, nous savons que 6 autres personnes ont été refoulees, mais ne sont pas entrées en contact directement avec nous. Ces 6 personnes se sont rendues à Vintimille en bus, avec la Croix-Rouge ou la police italienne. Donc, au moins 571 personnes ont été refoulées.

Les chiffres susmentionnés (565/571) comprennent 14 mineurs non accompagnés, 18 femmes (une enceinte), 5 enfants et un mineur non accompagné, que la police italienne, sans notre intervention, a ramenés en France.

Mineurs

Parmi les 14 mineurs rencontrés cette semaine, ces 4 cas se distinguent plus particulièrement.

Un adolescent de 14 ans a été enregistré par la police française en tant qu’adulte âgé de 40 ans (1979 avec refus d’entrée) et la police italienne l’a apparemment enregistré avec 4 empreintes digitales comme ayant 40 ans. Nous sommes retournés voir la police italienne avec le jeune homme de 14 ans et leur avons demandé comment cette erreur d’enregistrement évidente pouvait se produire. La policière présente a déclaré qu’elle ne pouvait rien faire à ce sujet et que, pour le moment, il n’y avait aucune connection avec la base de données de l’État. Il faut se demander si c’était vraiment le cas, car les empreintes digitales avaient été prises juste avant et cela n’est possible que si l’accès à la base de données est disponible et si le système d’enregistrement est fonctionnel. En outre, il est souvent arrivé par le passé que, lorsque nous sommes retournés avec des mineurs à la police italienne, le système d’enregistrement ne fonctionne pas comme par hasard.

Le lendemain, le même adolescent a de nouveau été repoussé par la France, mais cette fois, il avait 19 an et plus 40 sur le papier français.

Un jeune homme de 16 ans, enregistré en Italie comme ayant 20 ans, était en possession de tous ses documents officiels de Côte d’Ivoire confirmant qu’il avait 16 ans, mais ne les a pas montrés à la police car il avait peur de se les faire voler.

On nous a parlé de deux cas de violence contre des mineurs.

Le 2 novembre, un jeune âgé de 17 ans aurait été frappé au nez par la police française. Il a dit qu’il avait 20 ans parce qu’il ne voulait pas être séparé de ses amis. La police française aurait également utilisé du spray au poivre lors de sa libération. (Voir l’image)

La violence

Ce jour-là (2 novembre 2011), nous avons été informés d’au moins 24 cas dans lesquels la police française avait utilisé du spray au poivre sur des personnes lors de leur libération. L’une de ces personnes, après en avoir recu au visage, a perdu conscience, est tombée au sol et s’est blessé au genou. Ses amis ont rapporté que la police française lui avait donné des coups de pied alors qu’il gisait inconscient sur le sol.

Au cours de cette semaine, nous avons entendu parler de 17 autres situations dans lesquelles des policiers français ont pulvérisé du gaz au poivre lors de libérations des algecos.

Un homme nous a expliqué qu’à 21 heures, le soir du 27 octobre, il était près d’un tunnel sur l’A8, dans les montagnes au-dessus de Menton. Il était sur un chemin qui mène à Menton et a réussi à se rapprocher d’une propriété privée. L’instant suivant, il entendit quelqu’un crier « Stop ». Il se retourna et courut vers l’Italie. Il raconte avoir alors entendu des coups de feu. Il a pu rentrer en Italie sans être arrêté. Avant tout cela, cette personne a vu un groupe de 5 personnes qui ont également tenté de franchir la frontière à pied. Ce groupe a été arrêté dans les montagnes par l’armée française et nous a rencontré le lendemain, confirmant que des coups de feu avaient été tirés à 21 heures.

Deux personnes auraient été frappées par des policiers français après avoir été arrêtées dans les toilettes d’un train.

Un homme a déclaré qu’il avait été frappé par cinq policiers français sur la voie 1 à la gare de Menton-Garavan à 18h12 le 31 octobre, jour de son arrestation. Il se souvient des auteurs, mais comme il s’est protégé la tête avec les mains lors de l’attaque, il n’a pas pu nous donner plus de détails.

Un policier français a demandé à des personnes détenues de lui donner des documents par la porte. Un homme a fait passer les siens à travers la porte et a signalé qu’à ce moment-là le policier lui avait claqué la porte sur mes doigts. Il était blessé quand nous l’avons rencontré.

Un activiste marocain des droits de l’homme a également été arrêté par la police française et placé dans les algecos. Pendant sa détention, il a fait une vidéo avec son téléphone portable, qui est en notre possession. Dans cette vidéo, diverses violations des droits et comportements qiestinnables de la police française ont été enregistrés. L’homme a demandé aux policiers français de demander l’asile politique et en retour ils se moquaient de lui. Une personne est allongée inconsciente sur le sol. Cela s’est produit après que la police ait utilisé du gaz au poivre contre les personnes privées de liberté. Nous pouvons également voir un homme qui demande de la nourriture et la police qui répond qu’il n’y en a pas. La mauvaise situation d’hygiène dans les conteneurs est également claire dans cette vidéo, nous pouvons voir les toilettes couler sur le sol. Le militant des droits de l’homme nous a dit que son ami et lui avaient dû signer le refus d’entrée qui leur appartenait avant que celui-ci ne soit rempli par la police française. Il a également signalé que, ce jour-là (29/ 10), la police est entrée dans les conteneurs à 13 heures et a utilisé du spray au poivre sur plusieurs personnes. Sur une autre vidéo qu’il a faite, on peut voir un autre homme inconscient en train d’être emmené hors des conteneurs par la police et d’autres personnes détenues à ce moment-là.

Deux personnes nous ont informé que la police française leur avait refusé l’aide médicale alors qu’elles avaient en leur possession des documents médicaux officiels et qu’elles les avaient montrées à la police. Dans le premier cas, il s’agissait d’une personne atteinte d’une maladie pulmonaire, confirmée par un médecin allemand de Cologne. La personne concernée a demandé de l’eau et des médicaments à la police. Ils ont d’après elle refusé les deux demandes.

Le deuxième cas était une personne souffrant de problèmes dentaires, confirmée par un médecin espagnol. La demande de soins médicaux qu’il a faite a également été refusée.

Dans un autre cas, un policier français a frappé un homme venant Mali. Il nous a également dit que ce policier avait volé sa carte bancaire par la suite.

Une personne nous a raconté qu’un policier français avait volé son récépissé expiré de demande d’asile en france.

Nous savons que 10 personnes ont été privées de liberté entre 12 et 23 heures par la police française. Nous pouvons supposer que le nombre de cas non signalés est beaucoup plus élevé, car des personnes sont détenues toute la nuit tous les jours et certaines d’entre elles ne sont pas parmi les premières à être libérées. Elles font souvent même partie des dernières à sortir.

Kesha niya

Et à ce lien, une vidéo prise clandestinement dévoilant les conditions
d’enfermement des exilés dans les locaux de la PAF à Menton :
https://www.humanite.fr/videos/police-aux-frontieres-menton-les-images-de-la-honte-680650?fbclid=IwAR1SMKE90EGHtwX0bp3-CYmvmCQuv9oG7L3HCgLhJgiXmotb3KOAEDx3j3I

Parution de Nunatak n°5 (Hiver-printemps 2019/20)

Si vous souhaitez recevoir des exemplaires, vous pouvez  contacter l’équipe de rédaction en précisant le nombre désiré ainsi que l’adresse de réception. N’hésitez pas à les contacter si vous voulez  aider dans la diffusion, participer à la revue,  envoyer vos propositions de textes, d’illustrations, commentaires ou critiques.

 

SOMMAIRE :
Promenons-nous dans les bois/Nicole écoute aux Portes/La fin du monde, l’eau et le feu/Transhumances/Imbroglio sur le Markstein/Voyage, voyage !

 

Édito

La randonnée que nous allons entamer nous mènera sur des chemins escarpés où l’équilibre risque d’être difficile à tenir. Tel un funambule des montagnes, nous essayerons de ne pas chuter car il nous faudra mettre en évidence des contradictions sans tomber dans la critique facile qui vise à moraliser ou à faire culpabiliser.

Nous observons autour de nous un intérêt grandissant pour tout un ensemble de choix de vie qu’on pourrait qualifier d’alternatifs. Autonomie alimentaire ou énergétique, écoconstruction, écoles alternatives, médecines douces, régimes alimentaires divers et variés, économie sociale et solidaire, etc.

On pourrait a priori se dire « Eh bien quoi ? Chacun fait fait fait c’qui lui plaît plaît plaît, non ? » Certes. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici de juger ce que chacun·e met dans son assiette ou comment on occupe son temps libre.
Plus questionnant par contre est le fait que ces choix de vie individuels sont très souvent présentés comme des choix militants et forts, une solution politique aux problèmes sociaux et environnementaux. Dans ce foisonnement d’alternatives, certains y verront un moyen de détruire le capitalisme, mettant ainsi en pratique la théorie dite « de la tâche d’huile » : montrer l’exemple, la voie à suivre, en incitant les autres à « s’y mettre aussi » et alors, peu à peu, le nouveau monde remplacera l’ancien. Ce mouvement ne se trouve-t-il pas amplifié par les angoisses liées à « l’effondrement programmé du capitalisme et de la planète » ?

Ces choix sont-ils réellement à la portée de tout un chacun ? Ces alternatives souvent mises en avant par des individus et groupes plutôt bien dotés culturellement et financièrement, ne délimiteraient-elles pas une nouvelle frontière symbolique des rapports de classe ? On voit d’ailleurs facilement venir les rengaines culpabilisantes envers celles et ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas appliquer ces recommandations d’usage1.
Se livrer à une démarche individuelle soit-disant vertueuse ne se ferait-il pas au détriment de perspectives collectives d’émancipation, avec ce qu’elles peuvent comporter de confrontations avec l’ordre établi ?
Et puis, ne serait-ce pas illusoire de croire à un changement fondamental des structures de cette société en s’en remettant à « si tout le monde faisait comme-ci… » ?

Nous voilà bien chargés pour continuer l’ascension. Nous tanguons. Avant de chuter vers une pente un peu trop raide, reprenons notre souffle et jetons un œil de l’autre côté de notre ligne de crête.

Lire la suite…

Loca ! La délocalisation.

Il est des réalités dans lesquelles nous baignons au quotidien, sans nous en rendre compte, lointaines jusqu’à en devenir presque des abstractions : ainsi la notion de délocalisation. Jusqu’à ce qu’un simple coup de téléphone, presque une anecdote, nous rende cette réalité plus proche et concrète. Ainsi, fin juillet, cet appel que je reçois sur le téléphone fixe. Dès la première seconde, je sais qu’il s’agit d’une publicité ; et il faut dire qu’au long des années, je me suis armée pour y faire face, sans avoir réussi à neutraliser complètement le poison.

Parmi les remèdes, que je vous livre volontiers, j’ai naturellement objecté (c’était il y a longtemps) que je n’avais besoin de rien et surtout pas de publicités, pas besoin non plus qu’on m’ « informe » de quoi que ce soit et qu’il n’y avait pas de différence entre leur prétendue information et une publicité déguisée, j’ai tenté l’explication du dérangement provoqué par la démarche, surtout à huit heures le soir, ou le samedi, ou enfin à n’importe quel moment de la semaine, demandé de communiquer directement avec le chef de la personne, parlementé pour qu’on me donne la base de donnée ou qu’on me raye des listes de ces bases de données, j’ai réclamé les coordonnées téléphoniques des appelants au temps où leur numéro étaient cachés, et répondu (lorsqu’on m’en demandait la raison car la plupart du temps, on me raccrochait au nez) que si l’autre s’autorisait à me joindre à mon domicile, j’avais à l’inverse tout autant le droit de le faire, j’ai sollicité le nom de la personne et qu’elle me l’épelle (pour la même raison évoquée), démenti l’identité qu’on me présentait, demandé le nom de l’entreprise qui commanditait ces appels et aussi qu’on me l’épelle lentement avec les vraies coordonnées téléphoniques, j’ai interrogé pour savoir de quelle partie du monde venait l’appel (ce à quoi la MAIF a eu l’occasion de m’affirmer que tous leurs appels venaient de France), j’ai menacé de porter plainte pour appels anonymes, puis rappelé ces fameux numéros lorsqu’ils sont apparus (en 01 quelque chose) sans résultat car ces numéros sont des leurres en vertu de je ne sais quelle possibilité perverse, j’ai tenté d’avertir avec sérénité qu’une plainte était déposée pour appels anonymes et harcèlement et que donc … (c’est pas vrai mais…, bon !), j’ai joué l’étonnement, la gentillesse, la compréhension, la méchanceté, le raisonnement, l’imbécilité, le détachement, la plaisanterie, la galopinerie, la ruse, le mensonge, la clownerie, l’indifférence, l’assurance, la menace (jamais l’insulte), j’ai aussi fait silence absolu au bout du fil (avec des résultats comiques lorsque l’appel venait de proches). Aujourd’hui encore, tous ces calmants ne sont pas inefficaces, mais force est de constater qu’ils n’ont été que palliatifs, apportant malgré tout de larges plages de pauses dans les propositions de ventes et contrats en tous genres.

Depuis quelques temps, j’ai décidé de manifester de l’intérêt, avec des résultats plusieurs fois édifiants. « Bonjour ! Je suis Brckjhohoiendjjjk et blabla… l’isolation. – Ah c’est toi ! Comment vas-tu ? – … (!). Je vous appelle car … – Mais dis-moi d’abord, tu vas bien ? – … (!). Non Madame, je vais pas bien. – Forcément, avec ce qu’on vous demande de faire, ça doit pas être marrant tous les jours. – Non Madame, c’est très dur. – Je peux vous demander combien d’heures par jour vous travaillez comme ça ? – Oui, je fais 10 heures par jour, de 9 heures le matin à 19 heures. Et 5 jours par semaines. – Vous avez quels jours de libres ? – Les samedis et dimanches. – Vous devez vous faire insulter souvent, j’imagine. – Oui, mais au bout d’un moment, on finit par s’y faire. – Non, on croit que ça passe, mais il ne faut pas s’habituer à ces choses, c’est pas bon, ni pour vous ni pour personne. Vous êtes dans un centre d’appels (j’entends un bruit de fond connu) ? – Oui. – Et est-ce que je peux savoir d’où vous m’appelez ? – Je suis au Maroc (tous les centres d’appels d’Orange sont également basés au Maroc). Mais moi, je suis sénégalais (j’avais presque deviné à son accent). Je vous ai dit que je m’appelle Laurent Martin, mais en vérité je m’appelle Abdou. Mais si je dis mon vrai nom, les gens raccrochent directement. – Mon jeune voisin a fait le même travail que vous mais il a démissionné : il donnait 600 coups de téléphone par jour à des médecins, et parfois il n’avait qu’une seule réponse dans la journée. – Oui, c’est ça, 600 appels. – Pourquoi vous faites ce travail ? – Je suis obligé. J’ai un bac plus 3, j’ai fait des études au Sénégal et j’étais admis, à Metz, en physique/chimie à l’université, je devais travailler dans un laboratoire. Je viens de demander un visa pour continuer en France mes études, mais le Maroc m’a refusé le visa, je ne sais pas pourquoi. – Je sais que c’est indiscret, mais est-ce que je peux connaître votre salaire ? – Je gagne 500 euros par mois.

La voix laconique, il m’explique à quoi cela correspond en dinars et en francs CFA mais tout est allé très vite et je n’ai pas compris, sauf que c’est abusé, comme on dit en raccourci. J’ai bafouillé alors que personne ne devrait travailler dans de si mauvaise conditions et qu’il méritait davantage et qu’il fallait qu’il renouvelle ses tentatives pour obtenir son visa. En vérité, je ne savais trop quoi dire pour lui communiquer courage et optimisme, tant je me sentais moi-même écrasée par la réalité de la délocalisation qui a pris ce tour si proche, à ce moment-là.

Aujourd’hui 2 août, Abdou a rappelé. Directement, il me rappelle son surnom français que j’avais parfaitement retenu et son dernier coup de téléphone pour blabla l’isolation. – Vous vous souvenez ? – Oui, bien sûr. – Et bien ce mois-ci, ils m’ont donné 250 euros, alors que j’ai travaillé 50 heures par semaine. – Pour quelles raisons ? – … (Il ne sait pas, il parle d’une histoire de papiers et je n’ai pas compris). Puis il me répète qu’il a étudié au Sénégal pendant trois ans en bio-technologie, Sciences de la matière. – Vous n’avez pas peur d’être sur écoute, dans votre centre d’appels ? – Ils n’écoutent pas tous les appels.

Mais, très vite, il a raccroché.

Bure : Le bois Lejuc est réoccupé

Près de Bure, le bois Lejuc est réoccupé depuis le 18 juillet à 14h. De nombreuses personnes ont réinvesti ce lieu au sol comme dans les arbres pour réaffirmer leur opposition au projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo, au nucléaire et à son monde, industriel, colonial, militaire. Les forces policières qui occupaient jusque là ce lieu stratégique et protégeaient les intérêts de l’Andra ont été contraintes de quitter les lieux. Nous appelons dès maintenant à converger dans le bois Lejuc ainsi que dans les villages de Bure et Mandres-en-Barrois, situés à deux kilomètres de la forêt.

Continue reading

Des Gilets Jaunes des Hautes-Alpes emprisonné.e.s à Montpellier

Quelques articles repris de-ci, de là nous permettent d’en savoir plus.

Liberté pour tou.te.s !

 

 

Le Daubé le 13/06/2019

Deux gilets jaunes haut-alpins écroués dans l’Hérault

Un appel aux dons a été lancé sur les réseaux sociaux après que deux Haut-Alpins, dont l’une est fer de lance des gilets jaunes à Gap, ont été placés en détention pour purger une peine de trois mois de prison ferme.

https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/06/13/deux-gilets-jaunes-haut-alpins-ecroues-dans-l-herault-apres-l-acte-xxx

 

 

Le Poing le 12/06/2019

Montpellier : la juge Boussaguet surpasse le procureur et envoie 4 gilets jaunes en prison

Après les brutalités policières, l’arbitraire judiciaire. Le tribunal de grande instance de Montpellier a fait preuve ce mardi d’une extrême sévérité à l’égard des six gilets jaunes présentés en comparution immédiate. Malgré des accusations bancales, quatre d’entre eux sont partis en prison à l’issue de l’audience, un autre a pris du sursis et un autre a été libéré sous contrôle judiciaire. La juge Geneviève Boussaguet a été au-delà des réquisitions du procureur et ne s’est pas vraiment intéressé au droit. Le Poing fait le point.

Des prévenus maltraités et sévèrement condamnés

Conformément aux consignes du gouvernement, les policiers sont allés au contact samedi dernier à Montpellier lors de l’acte 30 des gilets jaunes. De nombreux manifestants ont été blessés, et les autorités parlent de dix-neuf personnes interpellées et placées en garde à vue. Six personnes auraient été relâchées de la garde à vue, et treize autres auraient été déférées lundi pour passer devant le juge des libertés et de la détention.
Sur ces treize, sept ont été libérées lundi avec des contrôles judiciaires stricts, comprenant notamment des interdictions de paraître à Montpellier, et des convocations ultérieures au tribunal pour des procès qui auront lieu cet été. Parmi eux figurent Dylan, éborgné le 1er mai à Montpellier par une grenade de désencerclement, et Casti, éborgné par un lanceur de balles de défense en 2012. Parmi ces sept personnes, certaines présentaient des marques de blessures causées par les policiers lors de l’interpellation : l’un boitait, un autre avait un œil au beurre noir, et un autre, qui n’a pas pu prendre ses médicaments lors de sa garde à vue, souffrait d’une contusion à l’épaule.
Six autres ont été placés en détention provisoire et sont passés mardi en comparution immédiate. Après deux jours de garde à vue et une nuit en détention provisoire, ils avaient tous l’air exténués et une gilet jaune, violentée lors de son interpellation, est arrivée en béquille et ne parvenait pas à se lever pendant l’audience. Ces stigmates n’ont visiblement pas ému la juge Boussaguet, qui a prononcé deux condamnations à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt plus trois mois de sursis et une condamnation à huit mois de prison avec sursis pour les trois qui n’ont pas demandé de délai lors de l’audience, et deux détentions préventives et une libération sous contrôle judiciaire pour les trois autres qui ont réclamé un report (les procès se tiendront cet été). Ces peines sont supérieures à celles requises par le procureur Tixier, qui avait réclamé un mandat de dépôt, et non quatre. On notera d’ailleurs que pour l’une des deux personnes envoyées en détention provisoire, le procureur avait requis, en vain, une libération sous contrôle judiciaire pour « des raisons de santé ».

Le Pressoir le 11/06/2019

Gilets Jaunes interpellé·e·s à Montpellier lors de l’Acte 30 : 4 détentions provisoire et 7 libération sous contrôle judiciaire

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Lu sur la page facebook de l’assemblée générale de Montpellier contre les violences d’état – commission juridique gilets Jaunes de Montpellier.

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont Dylan, éborgné par la police le 13 mai dernier, et Casti, éborgné par la police en 2012. Certaines personnes ont été libérées du commissariat (avec ou sans convocation ultérieure au tribunal, nous ne le savons pas), et d’autres ont été déférées ce lundi 10 juin au tribunal de grande instance (TGI) de Montpellier pour passer devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui en a placé quatre en détention provisoire en attendant les procès en comparution immédiate qui auront lieu ce mardi 11 juin à 14h au TGI. Nous appelons à cette occasion à se rassembler ce mardi à 13h30 devant les grilles du TGI (place Pierre Flotte) pour soutenir les prévenus.

Le détail :

  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet au TGI pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une libérée sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 22 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 5 août à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 29 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations.

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article1490

Luttes locales contre l’industrie de l’énergie : plateau radio ATOMIK TOUR à Aspremont le 28 avril

Lors de l’étape haut-alpine de l’ATOMIK TOUR à Aspremont le 28 avril dernier, le studio mobile de RADIO ZINZINE a capté les riches discussions entre protagonistes de diverses luttes (plus ou moins) locales contre l’industrie de l’énergie, en ré-écoute via les liens ci-dessous :
Avec la participation de :
– Jean, engagé contre la privatisation des barrages hydrauliques,
– Philippe de l’Association pour la Promotion de Politiques responsables en matière d’énergie et engagé contres projets éoliens et solaires dans le sud de la vallée du Buech,
– Thomas et Etienne des collectifs contre la ligne THT dans la vallée de la Haute-Durance,
– Jean-Philippe de l’association Haut-Buëch Nature en lutte à La Beaume contre un projet éolien,
– Hélène de l’Association de Défense de l’Environnement du Haut-Buëch contre un projet éolien à St Julien en Beauchêne,
– Nick sur la centrale à biomasse à Gardanne,
– et enfin des amis venus de Bure (poubelle nucléaire) et de l’Amassada (méga transformateur pour 1000 éoliennes) dans le sud de l’Aveyron.

ÉLECTIONS : NE VOTE PLUS, PRÉPARE LA RÉVOLTE

– « Celui qui donne sa voix n’a plus rien à dire » –

(Un post de Nantes Révoltée)

La campagne pour les élections européennes est officiellement lancée depuis deux jours. Le 26 mai, dans un contexte de révolte sociale inédite, tout le monde sera invité à aller s’enfermer dans un isoloir et à glisser un morceau de papier dans une urne. Quelques éléments de réflexions :

- Les grands médias ont déjà choisi leurs grands favoris : en couverture des magazines, deux partis sont mis en avant. En Marche, et sa candidate issue de l’extrême droite, et le Rassemblement National, et son candidat d’extrême droite. C’est un duo, mis en scène par le pouvoir. Vous l’avez compris, plutôt que d’écouter les revendications sociales qui s’expriment depuis des mois, les médias du pouvoir tentent de rejouer la finale de 2017. Mais depuis 2 ans, le gouvernement Macron, élu uniquement pour faire « barrage » à Le Pen, a appliqué méthodiquement les idées de l’extrême droite : manifestants mutilés, journalistes arrêtés, casse sociale sans précédent, lois racistes, propos insultants …

- En réalité, l’extrême droite et le Régime en place se nourrissent l’un l’autre : Le Pen a permis à Macron d’accéder au pouvoir, et l’extrême droite tente aujourd’hui de capitaliser sur le rejet de Macron. Mais les deux partis n’ont pas de différences fondamentales : ils sont tous deux au service des plus riches. Le Pen est une héritière millionnaire, qui tient des propos xénophobes pour opposer les français aux étrangers, en évitant de s’attaquer aux riches, les vrais responsables des souffrances. On entend parfois dire qu’il faudrait faire « barrage » à Macron de la même manière qu’il y a deux ans, il fallait faire « barrage » à l’extrême droite. Il s’agit dans les deux cas de chantage électoral : refusons tous les chantages.

- La dernière fois qu’un vote concernant l’Europe a été décisif, c’était un référendum. Celui de 2005 : pour ou contre la Constitution Européenne, et ses orientations ultra-libérales. A l’époque, les éditorialistes avaient mené une intense campagne en faveur du « oui », alors que les partisans du « non » étaient traités de populistes, de factieux, d’irresponsables … Ça ne vous rappelle rien ? A l’époque, la participation avait été massive, et le « non » l’avait emporté largement. Quelques mois plus tard, Sarkozy et ses amis avaient piétiné le suffrage, en imposant, contre le choix des urnes, le Traité de Lisbonne. Une démocratie à géométrie variable. Une nouvelle preuve que le vote ne change rien sans un rapport de force.

- Aucun des grands partis ne prend au sérieux la question des violences d’Etat. Alors que les exactions commises par la police se sont généralisées, et que nous vivons la plus grande vague de répression depuis la Guerre d’Algérie, c’est l’omerta dans la classe politique. Pour cause : l’extrême droite a toujours soutenu les forces de l’ordre, et réclame même une répression plus violente encore. Le parti de Macron est sur la même ligne. A gauche, c’est un silence gêné. Des dizaines de personnes ont été défigurées dans les manifestations, des dizaines de milliers d’autres ont été arrêtées, la population des quartiers populaires subit depuis des décennies ces mêmes violences, la police est un corps au dessus les lois. Une situation alarmante : la classe politique dans sa globalité en est responsable.

- Aucune grande avancée sociale n’a été obtenue par le vote. Toutes les conquêtes sociales ont été arrachées de haute lutte, par des grèves, des blocages, des mobilisations, de 1936 à 1968, de la sécurité sociale aux augmentations de salaires. Alors il n’y a rien à attendre d’élections européennes jouées d’avance. Voter ou pas ne change rien, reprenons nos vies en main.

- « Si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de te plaindre » entend-t-on souvent. C’est exactement l’inverse : aller voter signifie accepter les règles du jeu. Accepter le ou les futurs gagnants. S’abstenir au contraire, c’est refuser de désigner ses maîtres. Il est donc plus logique de contester les règles d’un jeu auquel on n’a pas participé. Même si la lutte et le vote ne sont pas nécessairement incompatibles.

- Quoiqu’il en soit, l’abstention sera massive. Moins d’un français sur deux inscrit sur les listes électorales ira voter. La grande majorité de la jeunesse boycottera les urnes. Le résultat sera donc illégitime, comme l’a été la victoire de Macron. Un tel niveau d’abstention sera le signe d’un désaveu général pour les politiciens, alors qu’on ne s’est pourtant jamais autant intéressée aux questions sociales et politiques.

Mais la politique ne se joue pas dans un isoloir. Elle s’écrit dans les rues, sur les ronds points, dans les assemblées. Le parti utile, c’est la lutte !

Appel à soutien procès gilet jaune à Toulouse le 17 mai : déjà 3 mois de détention provisoire pour un dossier vide !

Depuis plus de six mois, les manifestations des gilets jaunes commencent bien avant l’heure de rendez-vous : contrôles d’identité, arrestations préventives, communication anxiogène et arrêtés municipaux préparent leurs terrains répressifs.

C’est d’ailleurs le cas le 2 février, le jour de l’acte XII, R. se fait contrôler près du lieu de manifestation à Toulouse : peu importe l’intention d’y aller ou non, l’arrêté préfectoral autorise contrôles et fouilles dans le périmètre. R. finit en garde à vue puis en prison pour “association de malfaiteurs”. Il est depuis maintenu en détention provisoire depuis bientôt quatre mois.

Ici la justice ne s’embarrasse pas de faits ou d’associé·e·s : les éléments à charge sont quelques clés en sa possession : allen, ptt et torx ainsi qu’une appartenance supposée à la mouvance anarchiste et/ou “ultragauche”. On comprend alors que c’est grossièrement l’ensemble des évènements des derniers mois qu’ils essaient de lui imputer : flics, procs et juges ont ici un bouc-émissaire idéal.

Lire la suite sur https://malfaiteursassocionsnous.noblogs.org/

Appel au secours de l’intérieur du CRA

Cet appel au secours depuis le Centre de Rétention Administrative de
Lyon a été publié hier et relate la situation actuelle à
l'intérieur.

« -Ok donc y a deux jours y en a qui ont essayé de faire une tentative de s ’évader. Il y en a trois qui ont réussi et trois qui se sont fait attrapés, ont été grave blessés. Ils ont été quarante-huit heures en garde à vue et ils ont passé en quarante-huit heures et aujourd’hui ils rentrent au centre, et aujourd’hui il y a quelqu’un tout à l’heure qui a monté sur la porte où il y a le barbelé. Et il s’est suicidé avec le barbelé. Et il s’est étranglé avec le barbelé. Et la police ils on rien fait c’est nous qu’on l’a descendu. La police ils ont mis à peu près 25 minutes juste pour ramener une échelle. Ils étaient même pas loin à 200 ou 300 mètres. Nous on a voulu le récupérer malgré tout y a les portes entre nous, donc on s’est grimpé tout le monde et on a essayé de descendre mais sauf que eux ils nous a gazé ils nous a frappé ils nous a violé, laisse tomber. Ici tout le monde ils ont pété un plomb, tout l’monde ils ont commencé à brûler, brûler les chambres, à brûler les matelas, à brûler tout. Donc ici les gens ils sont traités comme des chiens, si il y a moyen de nous aider, ici on est des êtres humains on est pas des animaux, voilà notre seul délit qu’on a pas de papiers, c’est notre seul délit notre seul problème dans cette vie. Vous pouvez appeler les associations, ou appeler les médias ou appeler les journalistes, ou toutes les personnes qui sont là pour l’humanitaire, pour de vrai, il faut qu’ils soient là pour nous, pas de cinéma, pas de spectacle, pas de théâtre, ici c’est des êtres humains, on n’a pas besoin de théâtre, on n’a pas besoin de spectacle, on a besoin des gens qui luttent pour nous. C’est un message d’au secours.

-D’accord

-Voilà c’que j’veux dire, et c’est pour ça que aujourd’hui, vraiment, y en a un qui s’est suicidé, y a même pas 20 minutes ou 25 minutes, y a du sang partout, y a des gens ici qui sont prêts à faire même plus que ça parce qu’on est traité comme des chiens. C’est pour ça on fait appel à tout l’monde, c’est un appel au secours ça.

-D’accord et là qu’est-ce que vous faites en ce moment ?

-Là en ce moment on essaie de se calmer mais malheureusement il nous a fermé mais c’est brûlé, y a des chambres qu’ont déjà brûlé, malheureusement y a rien on n’a pas le choix, si on reste ici on va mourir brûler, ou on va s’étouffer avec la fumée. Les gens ici ils peuvent plus enfaite c’est, c’est, c’est… pire que la prison ici c’est la prison politique c’est pas la prison humanitaire ici, c’est pas un centre de rétention, c’est la prison, c’est même pas la prison je sais pas c’que c’est. Faut aider ces gens-là, aujourd’hui on est des êtres humains, des étrangers, il faut les aider. J’peux plus trop parler là« 

 

plus d’infos :https://crametoncralyon.noblogs.org/