Drame pendant la récolte des pommes dans les Alpesde haute-Provence – Communiqué de presse

A la Motte du Caire, en pleine campagne de récolte des pommes, dimanche 11 octobre 2020, une saisonnière de 32 ans est retrouvée morte asphyxiée dans son véhicule. Un chauffage de fortuneimprovisé par la victime serait à l’origine de son décès. Cette terrible nouvelle amène à se (re)questionnersur les conditions d’accueil des travailleurs saisonniers.

En effet, en guise d’hébergement, son utilitaire, stationné sur un bout de parcelle, non aménagé, alloué parson employeur à une partie des travailleurs venus récolter les pommes depuis septembre. Sans pointd’eau, toilettes, ou douche, le campement de fortune n’est bien évidemment pas non plus équipé enélectricité, malgré les requêtes répétées des saisonniers. Dans cette petite commune rurale de montagne, lefroid se fait ressentir rapidement en cette saison automnale, ce jour là le thermomètre est déjà descendusous 0°C. La victime s’est fabriqué de quoi se réchauffer, selon un tutoriel trouvé sur internet, et mourraasphyxiée par inhalation de la fumée du système de chauffage improvisé. Le lendemain, ni deuil, nihommage, ses collègues ouvriers, encore sous le choc, sont exhortés à venir travailler. Les pommes doivent être ramassées. Dans la presse locale, quelques lignes aux informations erronées et laissantplaner le vague sur les raisons de la présence de la jeune fille sont publiées. Un accident de plus est évoqué. C’en est trop pour les saisonniers pour qui ce drame terrible aurait probablement pu et dû êtreévité, si la travailleuse avait été accueillie dans des conditions dignes.

Les travaux saisonniers agricoles comme les récoltes nécessitent une main d’œuvre importante sur unecourte période, la main d’œuvre locale n’étant pas assez importante pour assurer la saison. Les exploitantsagricoles en appellent alors aux saisonniers étrangers et français d’autres région, qui doivent se logerprovisoirement, le temps que les travaux agricoles soient accomplis. L’offre privée reste insuffisante,inadaptée, et économiquement peu intéressante pour ces nombreux travailleurs précaires rarementrémunérés plus que les minimas sociaux imposés (lorsqu’ils ont la chance d’être déclarés). Face à ceproblème, pour disposer de la main d’oeuvre suffisante et la fidéliser, certains employeurs proposent deloger les travailleurs, cependant les saisonniers en habitat mobile autonome (camping-car, vans…) et lescampeurs restent très présents, et indispensables face à l’offre d’hébergement déficitaire en ces périodes.Mais les petits campings de ces régions rurales sont rapidement saturés. En connaissance de cause,certains exploitants se donnent les moyens de recevoir leurs ouvriers dans des conditions dignes(aménagement d’aire de camping aux normes, mise à disposition de mobil-home, d’espace communchauffé, et/ou avec électricité…) et malheureusement d’autres ne le font pas (logements collectifssurpeuplés, camping sauvage sur une parcelle, sans mise à disposition de sanitaires ni d’eau potable, sansélectricité…) quitte à mettre en danger les ouvriers contraints d’accepter des conditions indignes pourpouvoir travailler, tant il est devenu aisé d’être remplacé. Le cas de cette saisonnière n’est pas isolé,beaucoup d’exploitants agricoles adoptent cette attitude, embauchant des travailleurs sans pouvoir garantirdes conditions d’hébergement dignes, dans l’indifférence la plus totale. D’autres secteurs comme letourisme et la restauration faisant appel également à des saisonniers sont régulièrement pointés du doigtsuite à de nombreux décès liés aux conditions d’hébergement.Entre tristesse et colère, les saisonniersencore présents dans le paisible village, bouleversés par le décès de leur collègue s’organisent pourinformer par leurs propres moyens consommateurs, population, acteurs locaux et autres saisonniers de cesinistre accident qui pour eux n’est pas une fatalité. Ci-joint le tract rédigé par les saisonniers, traduit enplusieurs langues et diffusé par leurs propre moyens pour alerter et appeler à la solidarité, afin que lalongue liste des travailleurs, morts à cause des conditions précaires offertes aux ouvriers, ne s’allonge plusjamais.

D’après les témoignages recueillis auprès des saisonniers locaux, le tract rédigé, et les informations parues dans La Provence extraites du rapport de gendarmerie.

Contact : solidarite.saisonniers@mailo.com

Communiqué de presse

Tract

Le 3 octobre nous marchons sur l’aérodrome de Gap-Tallard !!!

Contexte local
L’aéroport de Gap-Tallard est le symbole archaïque d’une économie absurde, dépassée et réservée à une élite aisée : l’économie liée aux sports et loisirs aériens. Cette économie accompagne également la destruction du vivant via l’artificialisation des milieux naturels, l’utilisation toujours plus importante d’énergies fossiles, le gaspillage des ressources en eau…
Exemple: Pour un saut en parachute de 1 minute c’est l’équivalent d’un déplacement de 100 km en voiture !
L’aérodrome de Gap-Tallard c’est :
70 000 mouvements annuels d’avion 330 jours par an.
L’exemple de l’aérodrome de Narbonne:
ATTENTION : Aller simple pour le crash climatique !

Mais pourquoi ?

1– Si Le transport aérien était un pays, il serait le 7ème plus gros pollueur de la planète. Avec les émissions de CO2 dues à la combustion du kérosène et l’impact des traînées de condensation et des oxydes d’azote rejetés, le transport aérien est à l’origine de 5% du réchauffement climatique mondial.2– Au niveau mondial, les émissions de CO2 du transport aérien ont plus que doublé en 20 ans.

3– En 2018, les émissions de CO2 pour le transport aérien en France se sont élevées à 22,7 Mt (millions de tonnes).
4– Le trafic aérien français a connu une hausse de près de 62% de ses émissions de CO2 depuis 1990.

5– Le transport aérien échappe à toute taxe sur le carburant en France.

6– Les Français·es qui volent beaucoup sont les 10 à 20% les plus riches, avec des revenus mensuels de plus de 2500 €.

7– Le bruit engendré par les avions reste une des nuisances sonores les plus durement ressenties par la population.

Rendez-vous samedi 3 octobre à 11h 
Parking intermarché aérodrome de Gap-Tallard.
 
 
Salutations « aériennes »
Le collectif Ras le rallye 05
Contact : raslerallye05@gmail

NOUS EXIGEONS JUSTICE ! MARCHE DE RESISTANCE

Ces derniers mois, les combats dans la Vallée de Susa s’intensifient. En même temps que la résistance No Tav dans les montagnes, l’opposition de milliers de personnes qui rejettent les frontières arbitrairement délimitées par les Etats, et qui tentent d’autodéterminer leur vie future se poursuit.
L’ impitoyable système capitaliste continue de diviser les gens entre les productifs et les exclus de la société, créant une hiérarchie mondiale dans laquelle les biens et les intérêts économiques jouissent d’une liberté illimitée, tandis que les « damnés de la terre » sont confrontés aux barrières politiques, économiques, physiques et mentales créées par le système des frontières. Ces dernières années, nous avons assisté à un processus croissant de militarisation des territoires européens le long des principales routes de passage : du maroc-ceuta à l’espagne, de la route de la méditerranée centrale de la libye à l’italie, et de la turquie à travers les balkans. Cette militarisation s’est faite parallèlement aux différents accords politiques et policiers entre les états européens et les états avoisinants (maroc, libye, turquie en premier lieu) visant à externaliser les frontières et à renforcer les contrôles, le refoulement et la chasse aux indésirables – appelés « migrant », « réfugié » – définis comme tels parce qu’ils ne sont pas en possession du « bon document ».
Au niveau local, le nouveau maire de Briançon a déclaré une hostilité ouverte à toutes les initiatives de solidarité de la ville, avec l’intention de fermer le refuge Solidaire et le local de maraude dans les prochaines semaines. Il veudrait fermer aussi le squat de Chez Marcel. A cela s’ajoute l’arrivée de nouveaux pelotons de gendarmerie (environ 60 unités), employés à la frontière entre Montgenèvre et Claviere pour augmenter le niveau de surveillance et de refoulement, soutenus par une collaboration renouvelée avec la police italienne.
De ce côté de la frontière, à Oulx, la Casa Cantoniera Occupata, offre un espace libre et autogéré à tous ceux qui veulent prendre leur destin en main et vivre collectivement la lutte à la frontière. Les principes d’autogestion, d’anti-autoritarisme et de solidarité directe guident ce projet comme un phare dans l’obscurité dystopique contemporaine dans laquelle nous vivons.
Dans ce contexte, depuis la Vallée de Susa, depuis le Refuge Solidaire autogéré chezJesOulx, nous lançons un nouvel appel déterminé à exiger justice pour tous les êtres humains affectés et invisibilisés par les frontières et nous invitons toutes et tous les solidaires à participer à une marche de résistance, dimanche 20 septembre à 11h à Claviere, en partant symboliquement de l’église, pour réaffirmer notre position contre les frontières et les murs artificiels des états au nom de la liberté pour toutes.s !

SOLIDARITE AVEC LES COPAINES DU BRENNERO AFFECTES PAR LA REPRESSION ET A TOUS CELLEUX QUI LUTTENT CONTRE LES FRONTIERES!
LIBERTÉ DE VIVRE ET DE VOYAGER OÙ ET COMME ON VEUT

Refuge autogéré chez JesOulx

Nouveau squat pour les exilés à Gap

Venez toutes et tous au nouveau squat d’exilés « Chez Roger » (le Cesai 2) à Gap !

Nous avons besoin de monde pour tenir la batisse pour le week end. ‘adresse : 3 cours du vieux moulin. Ex bâtiment Afpa. Entre la Pépinière et Leclerc. Venez dès que vous pouvez.

Si possible prenez de quoi faire à manger, nettoyer les lieux, dormir, meubler, aménager, de la bouffe…et du soutien ! faites tourner !


Communiqué du collectif Cesaï :

Le collectif Césaï tient à remercier Roger Didier

Roger Didier ayant été choqué par le communiqué de presse de la préfète du 20/08/2020 concernant l’expulsion du Césaï, a décidé de mettre l’un de ses nombreux bâtiments personnels vides à la disposition des plus démunis.

Ne pouvant plus rester sans rien faire face à ces 52 personnes expulsées mercredi 19 août, il a choisi de transformer en actes ses convictions démocratiques. « Chez Roger » ouvre donc ses portes pour offrir un toit à tout ceux que l’État met à la rue.

Conscient que chaque demandeur d’asile a droit à des conditions matérielles d’accueil ; une aide financière et un logement (décret n° 2012-1208 du 30 octobre 2012) et que l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et le 115 (Samu Social) ont trop peu de moyens à leur disposition, il se devait d’agir.

Les témoignages du personnel du 115 expliquant que, dépassé par le nombre de SDF gapençais dans le besoin n’avait d’autre possibilité que de les rediriger vers le Césaï (squat expulsé rue de l’imprimerie), n’ont pas laissé notre maire indifférent et une solution s’est imposée : ouvrir un de ses bâtiments vides à Gap.

En effet, sur 52 personnes présentes le jour de l’évacuation du Cesaï, seules 21 se sont vu proposer des places provisoires au camping Napoléon (les fameux hébergements d’urgence de l’État). En parallèle, les femmes demandeuses d’asile logées à l’hôtel par le Samu Social ont été informées mi-août qu’elles devaient quitter leur chambre à la fin du mois. Étant donné que les 115 places en Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) proposées aux personnes vivant dans les rues des grandes villes, que les 40 places en Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asiles (HUDA) correspondent à des nuitées en hôtel sans la possibilité de se faire à manger et que les 105 places en hébergement d’urgence généraliste (HU) ne suffisent déjà pas à mettre à l’abri les SDF et qu’en plus l’ensemble de ces places sont réparties dans tout le département : le calcul est simple il n’y a pas assez de place pour toutes les personnes dans le besoin.

Ainsi, par ce geste Roger Didier a décidé de palier lui-même aux carences de l’État dans un soucis de représenter nos belles valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, la fraternité et rend ainsi un juste hommage à l’armée Africaine qui a libéré notre ville en ce jour fatidique du 20 août 1944.

Compte-rendu d’un an de collectif anti-répression 04-05

Voilà un an maintenant que, suite aux rencontres/ateliers organisés lors de l’Atomik Tour en avril 2019, nous avons lancé le Café_Taule.

A la base, réuni.e.s autour de la création d’une légal team, nous avons basculé vers l’anti rép car, même si nous continuons à tenter de soutenir des personnes inculpées qui le demandent (reconnaissons que la plupart avaient les connaissances nécessaires pour trouver un avocat sans nous, tel Fabrice par exemple https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2162 ) et à organiser des temps d’inter formation ( https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 mais aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 ), nous avons très vite dit que l’idéal était de se débarrasser du triptyque police-tribunal-prison.

Pour soutenir les prisonniers et leurs proches, concrètement, nous avons mis en place une permanence hebdomadaire devant le mur de la Maison d’Arrêt de Gap, baptisée Café-Taule. L’ambition principale était de créer du lien avec les familles des enfermés (exclusivement des hommes à Gap). On a passé la plupart de nos mercredis à offrir le café et le croissant aux personnes se rendant aux parloirs.

Ça c’était l’objectif principal. On a rapidement eu envie d’avoir un support écrit qui regrouperait le maximum d’infos pratiques sur la taule et à destination des proches. En janvier sort donc la « Brochure à destination des proches de prisonniers de la Maison d’Arrêt de Gap » (https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf ).

À cette occasion on est invités à Paris à la journée du GENEPI (https://www.genepi.fr/journee-anticarcerale-du-genepi/) pour présenter nos actions en présence de nombreuses personnes et collectifs venus échanger autour de la taule. Avant ça, à l’automne, on était aussi partis trois jours dans la Drôme animer trois soirées (Romans, Saillans, Die) sur l’enfermement (écoutes d’émissions de radio, ateliers de correspondances avec des prisonnier.e.s, discussions, projections de films et pièce de théâtre : https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2251 ).

On a proposé aussi des correspondances avec les prisonniers, qui ont donné lieu à quelques échanges de lettres, mais qui ne se sont guère poursuivis dans le temps.

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Aujourd’hui on essaie de présenter un bilan de cette année, pour nous d’abord, parce qu’on est peu (vraiment très peu !) et remplis de questionnements.

On pense que les systèmes répressifs et carcéraux sont absolument au cœur de toutes les luttes, tout comme devraient l’être la lutte antipatriarcale ou antiraciste par exemple. Bien sûr on peut s’opposer à un projet de nouveau CRA (prisons pour sans papiers), de nouvelle taule, de nouvel aéroport, de nouveau Center Parc, de femeture d’un service public local, de projet de loi, ou d’une politique. Mais l’enfermement et la répression ne sont pas un projet mais les « valeurs » d’un système et donc présents partout. Dans tous les combats on est potentiellement confronté à la répression qui s’abat dès que la lutte sort des sentiers battus. On ne peut pas penser lutter en omettant de parler de taule, d’HP, de flics etc. Ce combat ne se superpose pas à d’autres, peut-être plus concrets parce que matérialisés, mais en est au cœur.

D’où un premier constat, notre action parle peu. Que ce soit avec les familles des taulards, avec les prisonniers eux mêmes, avec les militants du coin (gilets jaunes ou syndicalistes), nous ne parvenons pas assez à créer du lien et à mettre sur la table les questions sur l’enfermement. Est ce qu’on est totalement à coté de la plaque et que la taule et la répression sont quelque chose de totalement admis et normal pour qu’on en parle pas ? Les médias ont ils tellement bien fait leur boulot que la justice de classe ne fait qu’entériner ce discours comme quoi les étrangers et les pauvres sont forcément des délinquants et des terroristes?

Pourtant, nous , on a envie de parler d’autonomie de la justice, de justice non institutionnelle et réparatrice, d’abolition de la police, des tribunaux et de la prison, de prise en charge au sein d’une communauté. On n’est pas là pour nier les faits mais on veut poser la question : face à l’état et au capitalisme, comment imaginer l’abolition de la répression, au même titre qu’on cultive son potager pour se passer de la grande distribution ou de l’agriculture industrielle. Et on ne se la joue pas « faut faire comme ci ou comme ça », on veut aborder la question de façon humble.

Deuxième constat : on a du mal à s’investir avec les familles et les proches qui vont aux parloirs (neuf fois sur dix des femmes…). Déjà parce que la plupart sont rodé.e.s : la prison fait partie de leur vie et en fera sans doute toujours partie, alors on est qui pour eux-elles ? Quand le mec, le fils, le frère, le père sort, plus de nouvelles et on comprend. On comprend que c’est chouette de boire un café à la sortie du parloir et de tchatcher dix minutes de comment c’est en ce moment, des nouvelles d’un procès, d’une demande de mise en liberté, d’une hospitalisation, d’une recherche de taff. Puis quand on demande si ça intéresse de corriger la brochure parce que ça change tout le temps à l’intérieur, « oui, oui », puis en fait rien ou peu.

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Alors est-ce qu’on continue les perms ? À qui ça sert à part nous ? Nous, on aime bien, c’est l’occasion de se voir, de discuter, d’aller manger un kebab en ville…

Ce qui est sûr c’est que ça emmerde les flics et la matonnerie. La police municipale passe systématiquement, il y a des amendes, il y a eu le procès du 12 mars (https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/05/06/un-exemple-banal-dun-systeme-repressif-qui-sauto-alimente/ et aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2749 ), il y a aussi le regard noir du taulier, de ses surveillants et de certains riverains. C’est peut être un peu pour ça aussi qu’on aime bien !

Mais quand même on aimerait être plus nombreux-ses d’autant que certain.e.s d’entre nous ne vont pas pouvoir assurer ces prochains temps et que si on n’est pas régulier, c’est mort. Les maisons d’arrêt c’est que des peines (relativement) courtes, du coup ça rentre et ça sort tout le temps, ce qui veut dire nouvelles familles, nouveaux liens et tout à recommencer ; alors si on n’est pas là tous les mercredis on perd les contacts et notre légitimité.

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Aussi on recrute ! Pour l’instant c’est les mercredis mais ça peut aussi être le samedi. Et plus globalement on est ouverts pour discuter, s’organiser etc.

Donc on vous attend au café-taule tous les mercredis devant la maison d’arrêt de Gap. On a aussi programmé une réunion, laissez-nous un message sur cafe_taule@riseup.net pour savoir le lieu et la date précises.

Communiqué expulsion du Cesaï

Mise à jour 23/08

La place de la préfecture a été évacuée samedi 22 août par les « forces de l’ordre ».


Mercredi 19 août, six heures, des policiers enfoncent à coup de bélier les portes des chambres des habitants du Césaï, le centre social auto-géré de Gap. Ils regroupent tout le monde dans une cour, effectuent des vérifications d’identité. C’est le début de l’expulsion du Cesaï.

Bilan : 43 personnes dehors, 20 hébergées dans des camping, 2 embarquées au poste. 43 exilé.e.s et sans abris qui ont à peine eu le temps de prendre leurs affaires, de ramasser de la nourriture avant que le Cesaï ne soit muré. 43 personnes sur la place Saint Arnoux, devant la préfecture, bientôt rejoints par des militant.e.s.

Un campement s’organise en attendant une solution qui ne viendra pas de la préfecture, celle-ci craignant toujours plus le fameux «appel d’air». En attendant un endroit où dormir et poser leur sac, familles, jeunes déminorisés, dublinés, sans abris, sont tous ébahis de se retrouver en quelques heures sans logement.

Une expulsion au mépris de toutes les règles, de toutes les lois. La préfecture s’est bien gardé de dire qu’un délai supplémentaire de deux mois était prévu par la cour d’appel de Grenoble après la visite préalable de l’huissier, sans les forces de l’ordre, qui n’a jamais eu lieu. N’ayant pas été prévenus, les habitants n’ont pas exprimé de refus.

Ce n’était pas une opération dans la loi mais une expulsion violente et illégale, menée tambour battant. En bonus, le sarcasme de Mr Scarcella, huissier assermenté, qui assure avoir remis le commandement de quitter le lieu, puis ment sur la décision de la cour d’appel et finit par déclarer : «c’est votre parole contre la mienne».

Et maintenant ? On a besoin de soutien. 43 personnes à la rue qui auront besoin d’un toit, de lits, de couvertures. On dort ce soir devant la préfecture. Et demain ? Impro totale.

CRÈVE LE POUVOIR, récit d’agression et violence psychologique à Oulx

[version italienne plus bas]

[TW : attention ce texte cause de viol et de violences psychologiques]
Ceci est une lettre ouverte à propos de violences sexistes et de prises de pouvoir qui se sont déroulées à Oulx, un squat à la frontière franco-italienne entre septembre et novembre 2019.

J’ai commencé à écrire ce texte plusieurs mois après mon départ de Oulx dans un contexte de soin. Si j’en suis arrivée là, c’est parce que c’est ma dernière option pour qu’il y ait des réactions à ce qu’il s’est passé là bas. Je voulais qu’il se passe un truc, que la place que cette histoire prend dans ma vie soit un peu diluée et j’ai compris que j’étais la seule à pouvoir apaiser ma rage. Jusque là je n’avais jamais créé le temps pour re-brasser tout ce qui s’est passé là bas. J’ai écrit, re-lu, modifié, recommencé. Les quatre derniers mois où j’ai vécu là bas ont été hyper denses en terme d’événements et d’émotions. J’ai re-transcrit comme j’ai pu l’essentiel à mes yeux. Dans ce texte je fais des raccourcis, sûrement des trucs trop binaires sur des groupes de gens : « eux »/ »nous », et ça semble évident que je ne peux pas être objective. Mais voilà, j’ai fait ce que j’ai pu pour qu’il n’y ait pas que la colère qui anime ce texte.
Je suis OK pour éclaircir des trucs, répondre à des questions, bref échanger sur ce texte ça me va.

Crève le pouvoir

Ceci est une lettre ouverte à propos de violences sexistes et de prises de pouvoir qui se sont déroulées à Oulx, un squat à la frontière franco-italienne entre septembre et novembre 2019.
Cette lettre a pour objectif de visibiliser ce qui s’est passé là bas, parce que c’est encore trop banal dans nos milieux. Mais aussi clairement pour cramer des gens dans notre petit monde de toto (autonome) où la réputation peut être si importante. Ce texte cible plusieurs personnes d’un crew de gens très impliqués à la frontière depuis 2-3 ans (M, G, M et Mi vont être cité).

J’ai besoin de les cramer dans nos réseaux, car leurs positions et comportements ont été hyper dangereux pour ma santé mentale. Et sûrement pas que pour la mienne. Je n’ai pas envie de parler à la place d’autres gens mais suite, entre autres, à cet événement, on a été une petite dizaine de personnes, habitants ou étant impliquées à Oulx depuis plusieurs mois, à se barrer définitivement.
Mais si tout ça a pu se passer c’est aussi à cause de plein de gens qui ont cautionné ou soutenu les positions de leurs potes. Ça faisait déjà plusieurs semaines que des personnes essayaient d’alerter sur l’ambiance méga sexiste du lieu mais que, sous couvert d’efficacité et d’urgence, y’avait pas le temps d’en parler.

A l’été 2019, ça fait plusieurs mois que je vis à Oulx. J’y vis quotidiennement, c’est ma base principale, le lieu où je m’implique et aussi ma maison. Je suis pas la seule, on est beaucoup à vivre là et à considérer cet endroit comme un chez-soi. C’est aussi un espace qui brasse pleins de gens : venus pour habiter, pour passer la frontière, filer la patte pendant une semaine et aussi des personnes qui traînent autour d’ici depuis longtemps et qui passent régulièrement.
Au mois de septembre, avec des personnes qui habitent la maison, on est saoulées après une réunion de trop où on se sent infantilisées et/ou dominées par des personnes qui ont plus d’ancienneté que nous. On propose alors à des gens présents à cette réunion de créer des discussions autour des dynamiques de pouvoir, parce qu’on trouve qu’iels prennent trop de place. On se sent méprisées par rapport à ce qu’on fait ici (gérer du quotidien, faire à bouffer, capter les gens qui débarquent…). On nous fait sentir qu’on fait pas assez de « politique ». Bref, ça nous gave, on veut en parler, que ça existe et qu’on puisse se questionner ensemble sur comment toustes on exerce du pouvoir sur des gens. Nous on est maladroites dans notre proposition, les personnes concernées ont pas du tout envie de se remettre en question.

A partir de là, c’est la guerre froide, des gens sont hyper vexés par les critiques qu’on porte : « Moi qui suis anti-autoritaire, l’autoritarisme c’est la pire insulte que je peux recevoir » blablabla …
On lâche pas l’affaire et je finis par être en conflit personnel avec plusieurs personnes. Le temps passe, nos relations se tendent davantage avec le début des discussions qu’on a proposées.
Les « discussions » sur les prises de pouvoirs prennent la forme d’AGs qui durent 10h, où on se retrouve qu’entre blanc.hes. Chacun.e y étale sa vision de ce que doit être la lutte à la frontière, c’est merdique, on parle pas de pouvoir et tous les potes non-blancs qui vivent là se sentent pas de participer. J’en arrive à me dire qu’en fait, j’ai pas envie de composer avec le « grand collectif » imaginaire de Oulx. Je suis là simplement parce que ça me fait du sens d’habiter ici et que je kiffe les gens avec qui je vis et ce qui s’y passe. La super lutte pour « détruire » la frontière entre petit.es blanc.hes politisé.es, ça me parle pas.

Dans le même temps, je parle à des potes d’un viol que j’ai subi deux mois plus tôt. La personne qui m’a violée est un ami proche, il vit avec nous, passe beaucoup de temps avec moi. Je leur explique que mon cerveau vient juste de réaliser qu’il s’est passé un truc crade avec lui, je raconte qu’un matin au mois d’août je me suis réveillée à poil dans son lit après une soirée où j’étais ivre morte. J’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est passé. Pendant deux mois j’ai fait du déni pour protéger ma relation avec cette personne, qui était très importante pour moi, j’ai enterré ce matin hardcore loin au fond de ma tête. Je dis aux potes que le déni a bien fonctionné pendant un temps mais que là, je me reprends tout dans la gueule et j’ai besoin d’aide. D’autant plus que j’ai déjà essayé de capter l’agresseur et qu’il m’assure ne pas savoir ce qu’il s’est passé, que lui aussi était bourré et qu’il n’a pas de souvenir. Je sais qu’il ment, il m’a avoué récemment avoir des sentiments pour moi depuis cette nuit là, ça me fait vriller, j’ai besoin de faire exister « cette nuit là » et qu’il y ait un processus de réparation.

Mes demandes sont :

  • Que des potes le captent pour qu’il raconte ce qu’il s’est passé et que je puisse moi aussi être au courant et qu’il comprenne qu’il a merdé.
  • Qu’il parte quelques semaines me faire de l’air pour que j’encaisse et que je puisse rester à Oulx.
  • Que des gens proches de lui gardent le lien une fois qu’il sera parti pour l’aider à avancer sur sa notion du consentement, qu’il reproduise pas de la merde et aussi pour qu’il se retrouve pas isolé du jour au lendemain.
  • Que le processus se fasse qu’avec des personnes en qui j’ai confiance.

Un crew de copines le capte le lendemain, il finit par raconter qu’on a « couché ensemble », que c’était une erreur parce qu’on était bourré.es, mais que c’est notre faute à toustes les deux. Il dit que si je ne me sens pas bien en sa présence, il peut bouger.
Les potes me font un retour, je suis en miette. Je me connais quand j’ai 4 grammes, en fin de soirée ça devient compliqué de tenir debout. Qu’il ait pu s’imaginer qu’on « couche ensemble » alors qu’il a juste baisé un cadavre me donne la gerbe, me fait trembler, ça me révulse. Mais je me dis que je gérerai l’émotionnel plus tard et que là, la priorité c’est le processus qui s’est lancé et qu’il faut absolument qu’il capte pourquoi NON on est pas toustes les deux responsables et qu’il a abusé de moi.
D’autres potes le captent les jours suivants, il commence à comprendre des trucs et à un peu reconnaître qu’il a merdé. Il accepte de partir mais demande du temps pour le faire, j’accepte qu’il ait une semaine pour préparer son départ.
Deux jours plus tard G. passe sur le lieu, l’agresseur lui parle de ma demande qu’il s’en aille et du fait que je sois soutenue. Elle fait scandale dans toute la maison, dit que c’est pas possible d’exclure quelqu’un.e sans décision collective, exige un récit complet de ce qui s’est passé. Des gens lui répondent que ça cause de viol et que c’est tout ce qu’il y a à savoir. Elle lâche pas l’affaire, alerte toute la maison et les personnes qui y gravitent : Mon histoire devient le sujet de conversation du moment. Je pète les plombs, l’insulte et menace de la frapper si elle ferme pas sa gueule.

Le lendemain je ne suis pas là, quand je rentre le soir je comprends que plein de gens sont venus pour une réunion dans la suite de celles commencées sur les prises de pouvoirs. Cette réunion était prévue depuis un moment mais avec le chaos de la veille, elle se transforme en débat sur l’exclusion de l’agresseur. Des potes me racontent ce qui en ressort de plus crade :

  • Pas d’exclusion sans assemblée à 40 où on veut m’entendre raconter le viol.
  • Si l’agresseur mérite l’exclusion, alors moi aussi car j’ai fait de la violence verbale et des menaces la veille sur G.

L’agresseur se saisit de tout ça, se sent protégé, et reprend de la place dans la maison en disant qu’il ne partira pas sans décision commune. Le début du processus est complètement saboté.
Le ragotage est une pratique fréquente à Oulx, hyper utilisée pour mettre la pression. Cette fois, les bruits de couloirs racontent que c’est sûr que j’abuse, que c’est pas un viol, que de toute façon j’exagère tout depuis quelques semaines.
J’en prends plein la gueule, les gens cristallisent le conflit sur les prises de pouvoirs autour de ma demande que l’agresseur quitte le lieu. On me dit que c’est moi qui fait du pouvoir en décidant seule de comment se passe la prise en charge.
Dans les jours qui suivent, M. une pote en qui je crois avoir confiance sur des questions de sexisme m’assure de son soutien : Je lui raconte le viol. Elle est pas bien, je sens que ça la touche mais elle ajoute que la situation actuelle est compliquée. Je sens qu’elle veut pas assumer du conflit avec ses potes, j’imagine qu’elle va se tenir à l’écart. Pas du tout, elle repasse sur le lieu pour aller boire un café avec l’agresseur et une autre personne. Elle m’explique en rentrant que c’était pour entendre sa version, que lui et moi on dit pas la même chose. Sans déconner ? Elle dit que ça la perturbe pour me soutenir comme elle avait promis de le faire : Je vrille, je me sens hyper trahie, les faits deviennent réellement publics et un débat se crée pour savoir si oui ou non c’est un viol.

Ça fait deux jours que la deadline imposée à l’agresseur est passée, et je suis en état d’alerte permanent entre sa présence et la pression des connasses. J’impose son départ immédiat en menaçant de le jeter par la violence physique. Il part avec elles, hurle, veut m’attaquer, elles le rassurent en lui disant qu’il se vengera plus tard du mal que je lui fais. Elles l’hébergent trois jours et le jettent.

L’agresseur coupe les ponts avec toutes les personnes ayant proposé de garder du lien pour poursuivre le processus. Tous mes espoirs qu’il capte des trucs se cassent la gueule alors que sur le moment, c’était ma priorité. Pour soigner mes traumas, mais aussi parce que malgré tout il était mon ami et que je le pensais pas trop con.
Je sens qu’on veut me pousser vers la sortie, que le fait que j’ai parlé de ce viol et que j’ai des attentes me rend vulnérable. C’est le bon moment pour m’attaquer et que je remette en question ma place ici. Je dérange, des gens voudraient que je ne traîne plus là et iels ont capté que c’était l’occas’ que je m’en aille.

Je me suis accrochée encore pendant un mois, je voulais survivre dans ce lieu pour pas avoir à faire une croix dessus. Je voulais partir par choix, pas par dégoût. Ce lieu et les personnes qui l’habitaient représentaient beaucoup pour moi. J’aurais voulu prendre des vacances, souffler un peu mais j’avais l’impression que bouger à ce moment là, c’était laisser de la place pour qu’il revienne et j’avais peur de ne pas avoir la force de revenir. J’avais l’impression d’être en guerre permanente pour prouver que j’avais encore la force d’être ici et qu’elles n’avaient pas réussi à me faire du mal.
6 mois plus tard je vais mieux, je me soigne, mais ma colère n’a pas bougée. Ce viol c’était ni le premier ni le dernier mais une « prise en charge » comme celle-ci c’est la dernière sans casser des bouches.

C’est pas la première fois dans ce milieu que des personnes avec un fort capital social, genre stars-des-totos, se sentent légitimes à faire taire une victime, en lui mettant la pression, voire en se liguant contre elle avec une/des personnes accusée/s d’oppression. Le résultat est souvent le même : celles qui ont ouvert leur gueule sur les violences vécues se cassent ou sont poussées dehors, et se retrouvent isolées à gérer leurs traumas et le manque de soutien. C’est humainement dégueulasse, psychiquement hardcore et politiquement indéfendable dans un milieu qui se croit anti-autoritaire. Prendre d’emblée la défense d’un mec-cis accusé de viol contre la meuf qui s’en dit victime, c’est déjà cautionner le patriarcat. Et focaliser l’attention des discussions sur les rapports de pouvoir sur cette histoire, c’était bien pratique pour pas se poser la question du racisme qu’on véhicule dans nos squats, à la frontière ou ailleurs.
Ça c’est mon expérience d’oppression par ce crew là. Sur la même période, on a été plusieurs à subir de la pression pour ne pas que l’on reste. Il y a eu beaucoup de racisme, de classisme, aussi de la psychophobie et de la toxicophobie.
Quand un crew de gens élitistes détient les outils, le réseau, les privilèges et la légitimité dans un lieu c’est ce genre de chose qui peut se passer.

Crève le patriarcat crève le pouvoir

Si besoin d’échanger sur ce texte : nik2prenso1@protonmail.com

QuiproquoDans la publication « Récit d’agression et de violence psychologique à Oulx », ce n’est pas Mi l’agresseur.J’ai eu deux retours où des personnes ont interprété que c’était lui, désolé si je n’ai pas été assez clair.

Si j’avais besoin de citer Mi dans ce texte, c’est parce qu’il a été un soutien actif pour l’agresseur. Il a entres autres :

  • Protégé socialement l’agresseur
  • Tenté de décrédibiliser toute la parole des meufs dénonçant les violences sexistes du lieu
  • Retourné la chambre d’une copine pour lui foutre la pression
  • Fait de la violence psychologique avec des copines (Regard insistant, sourire mesquin, caché derrière les connasses dans les moments où c’est le chaos)
  • Il a martelé que c’était la dictature des meufs et que c’était nous qui faisions de l’oppression
  • Recouvert des tags anti-sexistes en y dessinant des bites.

 


* attenzione questo testo parla di stupro e violenza psicologica

Ho iniziato a scrivere questo testo diversi mesi dopo aver lasciato Oulx in un contesto di cura. Ho scelto di rispondere a ciò che è successo attraverso la scrittura e la trasmissione, ma nella vita reale questa non è la mia arma. Se sono arrivata a questo punto è perché è una delle mie ultime opzioni per reagire a quello che è successo lì, e mi sono resa conto che potevo contare solo su me stessa per calmare la mia rabbia. Fino ad allora non avevo mai trovato il tempo per liberarmi di tutto ciò che era accaduto laggiù. Ho scritto, riletto, cambiato, ricominciato da capo. Gli ultimi quattro mesi che ho vissuto lì sono stati molto densi di eventi e di emozioni. Ho trascritto come potevo cio che era essenziale ai miei occhi. In questo testo faccio delle scorciatoie, probabilmente troppo binarie su gruppi di persone: « loro »/ »noi », e mi sembra ovvio che non posso essere obiettiva. Ma qui, vi avverto, ho fatto quello che potevo affinché non sia solo la rabbia ad animare questo testo.
Sono disponibile a chiarire le cose, rispondere alle domande, insomma, avere degli scambi intorno a questo testo mi va bene.

MORTE AL POTERE

Si tratta di una lettera aperta sulle violenze di genere e le prese di potere che hanno avuto luogo a Oulx, un occupazione sul confine italo-francese tra settembre e novembre 2019. nostri ambienti. Ma anche chiaramente per bruciare le persone nel nostro piccolo mondo di militanti dove la reputazione può essere così importante. Questa lettera vuole rendere visibile ciò che vi è accaduto perché è ancora troppo comune nei ambienti. Ma anche chiaramente per bruciare le persone nel nostro piccolo mondo di militanti dove la reputazione può essere così importante :

– Due sorelle (M e G) che bazzicano tra Torino e il confine e anche in luoghi della Francia.
– M, francese con capelli neri corti, occhiali, occhi azzurri, frequenta soprattutto l’Italia, ma anche la Francia
– Mi, uomo cis, spagnolo, capelli neri mezzi lunghi, barba.
All’epoca dei fatti, si trascina dietro diverse storie di comportamento schifoso con delle tipe. Tutte queste persone non vivono tutti i giorni a Oulx, ma ci passano tutti regolarmente. Loro e lui, voglio bruciarli nelle nostre reti, perché le loro posizioni e i loro comportamenti sono stati iper pericolosi per la mia salute mentale. E certamente non solo per la mia… Non voglio parlare al posto di altre persone, ma dopo questo evento, siamo stati una dozzina di persone che hanno vissuto o sono state coinvolte in Oulx per diversi mesi per andarsene definitivamente.
Ma se tutto questo è potuto accadere è anche a causa di molte persone che hanno sostenuto o appoggiato le posizioni dei loro amici. Erano già diverse settimane che la gente aveva cercato di mettere in guardia dall’atmosfera mega sessista del luogo e che, sotto la copertura dell’efficienza e dell’urgenza, non c’è stato il tempo di parlarne…

Nell’estate del 2019, ho vissuto a Oulx per diversi mesi. Ci vivo ogni giorno, è la mia base principale, il luogo in cui mi impegno e anche la mia casa. Non sono l’unica, ci sono molte persone che vivono lì e considerano questo posto come una casa. È anche uno spazio pieno di persone: persone che sono venute ad attraversare il confine, che sono qui da una settimana e persone che sono state coinvolte al confine per diversi anni e che passano regolarmente.
A settembre, con le persone che vivono in casa, dopo un incontro di troppo dove ci sentiamo infantilizzate e/o dominate da persone che sono lì da molto tempo siamo stufe. Proponiamo quindi alle persone presenti a questo incontro di creare discussioni intorno alle dinamiche di potere perché troviamo che occupano troppo spazio. Ci sentiamo disprezzate in relazione a ciò che facciamo qui (gestire la vita quotidiana, preparare il cibo, entrare in contatto con le persone…).
Ci sembra di non fare abbastanza « politica ». Insomma, siamo stufe, vogliamo parlarne, che esista e che si possa andare avanti insieme su come ognuno ha potere sulle persone. Siamo maldestre nella nostra proposta, le persone interessate non vogliono affatto mettersi in discussione.

Da quel momento in poi, è la guerra fredda, la gente è molto turbata dalle critiche che facciamo: « Sono anti-autoritario, l’autoritarismo è il peggior insulto che possa ricevere » bla, bla, bla…
Non ci arrendiamo e finisco per essere in conflitto personale con diverse persone (M&G, Mi, altre persone…).
Con il passare del tempo, i nostri rapporti si fanno più tesi con le discussioni che abbiamo avviato. Le « discussioni » sulle prese di potere sono discussioni di 10 ore in cui ci si trova solo tra i bianchi. Ognuno diffonde la sua visione di come dovrebbe essere la lotta al confine, è una merda, non si parla di potere e tutti gli amici non bianchi che ci vivono non si sentono di partecipare.
Arrivo a un punto in cui mi dico che in realtà non ho voglia di fare parte dell’immaginario « grande collettivo » di Oulx. Sono qui semplicemente perché per me ha senso vivere qui e amo le persone con cui vivo e quello che succede qui. La grande lotta per « distruggere » il confine tra le piccole ragazze bianche politicizzate non mi parla.
Allo stesso tempo, parlo con alcuni amici di uno stupro che ho subito due mesi prima. La persona che mi ha violentata è un amico intimo, vive con noi, passa molto tempo con me. Spiego loro che il mio cervello si è appena reso conto che con lui è successo qualcosa di schifoso, dico loro che una mattina di agosto mi sono svegliato nuda nel suo letto dopo una serata in cui ero ubriaca fradicia. Non ho memoria di quello che è successo. Ho negato per due mesi per proteggere il mio rapporto con questa persona che era molto importante per me, ho seppellito quella mattina hardcore lontano nella mia testa. Dico ai ragazzi che la negazione ha funzionato per un po’, ma ora me la prendo in faccia e ho bisogno di aiuto. E in più che avevo già cercato di parlare con l’aggressore e lui mi aveva assicurato di non sapere cosa fosse successo, che anche lui era ubriaco e che non ricordava. So che mi sta mentendo, mi ha confessato poco prima di quella volta che ha avuto dei sentimenti per me a partire da quella notte, mi fa impazzire, ho bisogno di far esistere « quella notte » e che ci sia un processo di riparazione.
Le mie richieste sono:
– che degli amici vadano a parlarci, così che possa raccontare quello che è successo e che io lo sappia e che lui possa capire che ha fatto della merda.
– he lui se ne vada via per qualche settimana per darmi un po’ d’aria, in modo e io possq incassare il colpo e rimanere a Oulx.
– Che le persone a lui vicine mantengano il legame una volta che se ne è andato per aiutarlo ad andare avanti sul suo concetto di consenso, che faccia meno stronzate e anche che non si trovi isolato da un giorno all’altro.
– Che il processo sia fatto solo con persone di cui mi fido.
Un gruppo di amiche lo va a prendere il giorno dopo, lui finisce per dire che siamo « andati a letto insieme », che è stato un errore perché eravamo ubriachi, ma che è colpa nostra. Dice che se non mi sento bene in sua presenza, può andarsene. Le amiche mi anno un resoconto, sono in crisi. Mi riconosco quando sono ubriaca, a fine serata è difficile stare in piedi. Il fatto che abbia immaginato che « andiamo a letto insieme » quando si è appena scopato un cadavere mi fa vomitare, mi fa tremare, mi ripugna. Ma mi dico che mi occuperò dell’emotività in seguito e che la priorità ora è il processo che è iniziato e che deve assolutamente capire perché NO non siamo entrambi responsabili e che ha abusato di me.
Altri amici gli parlano nei giorni successivi, lui comincia a capire le cose e ammette di aver fatto un po’ di casino. Accetta di andarsene ma chiede tempo per farlo, sono d’accordo che ha una settimana di tempo per preparare la sua partenza.

Due giorni dopo, arriva una delle sorelle (G), l’aggressore gli racconta la mia richiesta di andarsene e il fatto che sono sostenuta. Causa uno scandalo in tutta la casa, dice che non è possibile escludere qualcuno senza una decisione collettiva, chiede un resoconto completo di ciò che è successo. La gente le dice che è a causa di uno stupro e questo è tutto quello che c’è da sapere. Non si arrende, avverte tutta la casa e le persone che la abitano: la mia storia diventa il tema di conversazione del momento.
Mi spavento, la insulto e minaccio di picchiarla se non tiene la bocca chiusa.
Il giorno dopo non ci sono, quando torno a casa la sera, capisco che molte persone sono venute per un incontro nel proseguimento di quelli iniziati sulle prese di potere. Questo incontro era stato pianificato da tempo, ma con il caos del giorno prima si è trasformato in un dibattito sull’esclusione dell’aggressore.
Alcuni dei miei amici mi dicono che quello che è venuto fuori da quell’incontro è stata la cosa più brutta che sia mai successa:
– Nessuna espulsione senza un incontro di 40 persone per sentirmi raccontare la storia dello stupro. – Se l’aggressore merita l’esclusione, allora lo merito anch’io, perché ho fatto violenza verbale e minacce il giorno prima su G.

L’aggressore si impossessa di tutto questo, si sente protetto e si riprende il suo posto in casa, dicendo che non se ne andrà senza una decisione comune. L’inizio del processo è completamente sabotato…
Sparlare è una pratica comune in Oulx, iper usato per mettere pressione. Questa volta, i rumori nei corridoi dicono che è sicuro che sto abusando, che non è uno stupro, che comunque ho esagerato tutto nelle ultime settimane.
Mi arrivano tante cose dritte in faccia, la gente sta cristallizzando il conflitto per le prese di potere intorno alla mia richiesta che l’aggressore lasci il posto. Mi viene detto che sono io quella che prende il potere decidendo da sola come avviene la presa in carico.

Nei giorni successivi, M una compagna a cui credo di potere fare fiducia sui temi del sessismo mi assicura il suo sostegno: gli parlo dello stupro. Riconosce lo stupro, ma aggiunge che la situazione attuale è complicata. Sento che non vuole affrontare il conflitto con i suoi compagni, immagino che se ne starà alla larga.
Per niente… Torna sul posto per prendere un caffè con l’aggressore e M (una delle sorelle). Mi spiega quando torna a casa che è stato per sentire la sua versione, che lui ed io non diciamo la stessa cosa, ma scherziamo? Dice che le dà fastidio sostenermi come aveva promesso di fare: do di matto, mi sento iper tradita, i fatti diventano davvero pubblici e creano un dibattito sul fatto che si tratti o meno di stupro.
Sono passati due giorni dalla scadenza del termine imposto all’aggressore, e sono in uno stato di allerta permanente tra la sua presenza e la pressione delle stronze. Forzo la sua partenza immediata minacciando di buttarlo fuori con la violenza fisica.
Lui se ne va con lei, urla, vuole aggredirmi, loro lo rassicurano dicendogli che poi si vendicherà per il male che gli faccio. Lo ospitano per tre giorni e lo mandano via, perché non è loro amico e ora che non possono più usarlo per arrivare a me sta diventando ingombrante. L’abusante interrompe ogni contatto con tutte le persone che si sono offerte di rimanere in contatto per continuare il processo. Tutte le mie speranze che capisca delle cose sono andate in frantumi, quando invece all’epoca era la mia priorità per la guarigione dei miei traumi.

Sento che vogliono mandarmi via, che il fatto di aver parlato di questo stupro e di avere delle aspettative mi rende vulnerabile. È un buon momento per attaccarmi e mettere in discussione il mio posto qui. Sono inquieta, la gente vorrebbe che non restassi più qui e ha intuito che questa è l’opportunità per me di andarmene.
Ho resistito un altro mese, volevo sopravvivere in quel posto per non dovermi arrendere. Volevo andarmene per scelta, non per disgusto. Questo posto e le persone che lo abitano hanno significato molto per me. Avrei voluto prendermi una vacanza, una pausa, ma sentivo che muoversi in quel momento lasciava spazio al ritorno di lui e avevo paura di non avere la forza di tornare.
Mi sentivo come se fossi in una guerra permanente per dimostrare che avevo ancora la forza di stare qui e che non erano riusciti a farmi del male.

6 mesi dopo sto meglio, mi prendo cura di me stessa, ma la mia rabbia non si è ancora placata. Questo stupro non è stato né il primo né l’ultimo, ma un « trattamento » come questo è l’ultimo senza rompere la faccia a qualcuno.

Non é la prima volta che in questo ambiente delle persone con un forte capitale sociale, tipo grandi star tra i militanti, si sentono legittimi a far tacere una vittima, mettendole la pressione, se non pure alleandosi, contro di lei , con una o più persone accusate di oppressioni. Il risultato é spesso lo stesso : coloro che hanno aperto la bocca sulle violenze vissute se ne vanno o sono spinti via, si ritrovano isolati a gestire i loro traumi e la mancanza di sostegno. É umanamente schifoso, psicologicamente hardcore, e politicamente indefendibile in un ambiente che si dice anti-autoritario. Prendere a priori la difesa di un uomo-cis accusato di stupro contro la donna che dice di esserne la vittima, é già sostenere il patriarcato. E focalizzare l’attenzione delle discussioni sui rapporti di potere su questa storia, é stata una buona pratica per non porsi la questione del razzismo che trasmettiamo nei nostri squat, alla frontiera o altrove.

Questa è la mia esperienza di oppressione da parte di questo gruppo. Nello stesso periodo, molti di noi erano sotto pressione per non rimanere. C’era molto razzismo, classismo, psico-fobia e tossicofobia. Quando un gruppo di persone elitarie possiede gli strumenti, la rete, i privilegi e la legittimità di un luogo, questo è ciò che accade.

MORTE AL PATRIARCATO, MORTE AL POTERE.

Si c’è bisogno di parlare di questo testo : nik2prenso1@protonmail.com

Pour la forêt, et suite à l’abandon du projet de Center Parc de Roybon

Après 10 ans de lutte, Gérard Brémond, dirigeant du groupe Pierre & Vacances a annoncé hier l’abandon du projet de Center Parc de Roybon, dont la mise en place impliquait, entre autre, la destruction de 80 hectares de la forêt millénaire des Chambarans. L’abandon de ce projet est le fruit de l’association vertueuse, mais sans dialogue, de méthodes de luttes diversifiées : occupations illégales, recours juridiques, communication politique.

« On était dans une impasse, c’était devenu inextricable entre l’occupation du site, les changements de réglementations, les autorisations pour les permis de construire, pour le défrichement, la loi sur l’eau, la préservation des espèces et les lenteurs de la justice dans les différents stades, la cour d’appel, le tribunal administratif, le Conseil d’Etat. Tout cela se superposait, c’était interminable »

Gérard Brémond – Lemonde.fr – Après plus de dix ans de guerre d’usure, Center Parcs abandonne son projet à Roybon.

Ce triumvirat fût la pierre angulaire du succès des différentes occupations du mouvement des Zads de 2012 à 2018. Du moins jusqu’à la capitulation des tenants de la communication politique de Notre-Dame-des-Landes, qui rendirent les armes à l’état pour sauver quelques fermes. Achevant par cet acte toute perspective d’extension du mouvement, et, fidèles à l’histoire humaine des révoltes, actant l’existence d’interlocuteurs crédibles pour l’état au sein du mouvement de lutte.

Ayant fait partir des premièr.e.s occupant.e.s de la forêt de Roybon pour bloquer le projet, je parle en mon nom, et en mon nom seulement. La maison de la marquise, sur la partie ouest de la forêt, fût occupée au lendemain de la mort de Rémi Fraisse, tué par la grenade d’un Gendarme à Sivens. L’état en proie à l’angoisse de voir un mouvement de révolte s’étendre dans tout le pays, fût contraint de lever le pied sur la répression de certaines luttes. En autre sur cet embryon d’occupation, sous le feu des projecteurs, et qui, au regard des circonstances, se rendait intouchable.
Les premières semaines virent des hordes de journalistes camper devant la barricade d’accès à la marquise rebaptisée « Maquizad », entraînant un mouvement de solidarité impressionnant, malgré une communication du mouvement encore précaire. De tout.e.s la région les soutiens affluèrent pour nous porter vêtement chauds, nourriture, essence, palette.etc. Alors que les associations de luttes locales hésitaient encore à se mouiller dans cette occupation aux allures très post-apo, nous, occupants, occupantes, avons essaimé sur la forêt pour la défendre par centaines.
A peine 15 jours après l’occupation de la marquise, une épaisse couche de neige s’est abattue sur nos sentiers, nos cabanes et nos maigres K-ways. Certains.e.s occupant.e.s dormaient déjà dans les algécos du site de surveillance des vigiles de P&V, expulsés par un marche nocturne au flambeau. Certain.e.s occupant.e.s dormaient sur des plateformes de palettes à 15 mètre de haut bercé par le lent balancement des chênes et des chataîgners qui nous accueillaient. Pendant que des centaines d’universitaires, glosent, publient et animent des séminaires sur ces mouvement d’occupations, nous étions au cœur de ces luttes. Et aucun mot, ni du lexique de Deleuze, ne de celui de Foucault ne saura décrire ce que c’était.

Cette histoire,
cette histoire nous appartient.

Dans l’ombre de la belle et rayonnante Zad de Notre-Dame-des-Landes, nous existions. Nous n’étions pas beaux, pas belles. Nous n’étions pas de séduisant.e.s paysan.ne.s de carte postale attirant le tourisme sans scrupules des premier.e.s collaptiologues et écologistes décroissants. Les opportunistes de tout crins qui déferlent sur les les lieux de luttes quand ils deviennent un temps soit peu médiatisés, choisirent en grande parti de dénigré ce combat, voir de le boycotter. Car, malgré nos sourires, et la chaleur de nos cafés à la turc, nous n’avions pas les apparats d’une belle lutte rejoignable. Ce qui déferla sur le bois des Avenières cet hiver là ce furent tout.e.s les orphelin.e.s de la lutte de Sivens, choqué.e.s par les méthodes de guerre que la préfecture du Tarn abatti sur elles et eux. Ce furent tout.e.s les acharné.e.s, les désespérés de la terre prêtent à défendre ce monde, non pas pour une belle et grande victoire révolutionnaire, éclatante de lumière, mais comme des animaux blessés défendant leur tanière. Nous n’avions pas besoin d’un énième rapport du Giec pour savoir que tout était foutu. Que la planète est en train de cramer et qu’il n’existe nul perspective éclatante de lumière devant nous. Les nuits au coin du feu, les camions embourbés, les compteurs piratés, les tisanes échangés avec les soutiens, ce sont des souvenirs pleins de chaleurs que je n’oublierai jamais. Les longues randonnées chargées de bois dans la neige, les cours de grimpe improvisés, les réunions chaotiques dans la poussière de la vieille marquise, repeinte à notre goût ; cela n’avait rien d ’épique, ni de spectaculaire, c’était absolument pittoresque et hors de tout contrôle.

Elle est là notre victoire, l’existence de tous ces gestes de révolte, de rencontre, de solidarité pendant cinq longues années, sans que l’hydre étatique vienne réclamer son arpent.

https://cric-grenoble.info/local/cache-vignettes/L500xH302/Roybon_5jpg-e453-cf1a1.jpg?1594305303

Par ce texte je ne veux en rien dénigrer le travail des associations et leurs recours juridiques, ni le travail de publication de certains médias tenaces alors que tout le monde regardait à l’ouest. Je tiens ici à rappeler l’histoire des occupant.e.s qui ont lutté et luttent encore pour cette forêt. Avant que quelques historien.ne.s, révolutionnaires ou non, qui n’y ont jamais mis les pieds nous volent nos récits et notre histoire pour en faire quelque salade ingérable au grand public.

L’abandon du projet n’entérine aujourd’hui aucune victoire, il annonce une nouvelle étape dans la défense de cette forêt. Avant le Center Parc, un projet de décharge avait été étudié pour le bois des Avenières. On peut s’attendre sans trop d’hésitation à ce que Serge Perraud, maire de Roybon et figure de la grande bourgeoisie propriétaire, nous prépare une nouvelle horreur pour raser ces arbres, qui nous ne nous ont jamais fait défauts.

En tant qu’espace vivant non rentabilisé, cette forêt reste en proie à la prédation économique. Restons donc à l’affût des communications de la bête immonde et ses sbirs. Rappelle toi « Souris », rappelle toi « l’Allemagne », rappelle toi « Tropique ». Que ces sourires, ces souvenirs, ces rencontres, occupant.e.s et soutiens, qui nous ont tant marqué nous rappelle à l’engagement que nous prîmes le soir de l’occupation de la Marquise :

« Défendre cette forêt contre leur monde,
ET contre le monde qui va avec ».

Un ancien de la forêt

Repris de cric-grenoble.info

Les voix en cages: nouvel audioblog actu et témoignage des CRA

Depuis le Confinement, avec une équipe de personnes soutiens aux éxilé.es, nous avons voulu faire face à l’actualité des Centre de rétention administrative. C’est à dire, la suivre, chercher des infos, appeller dans les CRA et tenter par différents moyens diffuser ces témoignages et ces nouvelles.

Les conditions sont terribles dans les prisons pour étrangers et les révoltes y alternent avec de longues attentes. Nous vous invitons à suivre cela sur l’audioblog LES VOIX EN CAGES:

https://audioblog.arteradio.com/blog/146183/les-voix-en-cages

Une actu partielle hébdomadaire y est postée ainsi que des témoignages, bouts de vie, actualité depuis les coups de fils direct dans les CRA. Environ 15 minutes de son chaque semaine :

Parceque l’invisibilisation et l’oubli tissent le mépris et la violence des politiques d’expulsion, nous espérons que ces sons seront diffusés. Et que l’on y trouvera de la force pour soutenir les luttes contre les frontières et leur monde.

Bonnes suites dans les luttes et ce qui ressource.

La petite équipe des voix en cages

Opération répressive dans la Drôme

Le 29 avril, une opération de flics a eu lieu dans un appart et dans un lieu collectif dans la Drome.

Les flics sont venus avec une commission rogatoire émise par la juge d’instruction Celine Lavigne de la magistrature de Grenoble. Elle sert à une enquête qui concerne la Drome, l’Ardèche et l’Isère à propos de la destruction d’un bien matériel survenue à Crest dans la nuit du 11 au 12 avril 2020. Les flics précisent plus tard que c’est l’incendie d’un mac donald. La commission rogatoire est contre X et n’a pas de date de fin. Elle leur donne le droit de perquisitionner, arrêter, interroger….. Là ou ça leur semble pertinent.

Ils se sont pointés à 6 h et 6h30 du matin Ils étaient 6 dans l’appartement et une cinquantaine dans le lieu collectif. Il y avait des gendarmes de base, le PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie), la brigade de recherche, et la brigade cynophile. Et ils venaient de Crest, Chabeuil, Montélimar, Grenoble, Romans, Taulignan et peut être ailleurs encore.

Ils n’ont rien saisi pour cette enquête, ils ont fouillé, auditionné, relevé des références de matériel informatique et pris beaucoup de photos de différentes choses: casquettes, frontales, trucs affichés, des écrits, allumettes, briquets, marqueurs, bidons d’essence, produits inflammables … Personne n’a été embarqué.

Contre toutes les formes de répression solidarité avec toutes celles et ceux qui la subissent.
ACAB !

Déconfinons la solidarité à partir du 11 mai !

Rassemblements et Discussions le 11 mai à 20h devant les hôpitaux de Sisteron, Laragne, Gap, Embrun et Briançon

MAJ : Rassemblements reconduits lundi 18 mai à 20h! 

en prenant soin de nous protéger : masques, distances physiques…

Suite au succès de la mobilisation du 1er mai à Gap (et ailleurs), tant en terme de collecte alimentaire pour les habitant-e-s du CESAÏ à Gap (squat d’hébergement de SDF et d’exilé-e-s), que de détermination collective à briser un confinement autoritaire et souvent absurde, nous ne comptons pas en rester là !

Aujourd’hui, le plan de déconfinement imposé par Macron et sa clique de patrons est inexistant et surtout dangereux pour nous toutes et tous !

Dangereux tout d’abord pour les 1ers de corvée (soignant-e-s, caissier-e-s, ouvrier-e-s, livreurs, postier-e-s…) qui devront continuer à « aller au front » du travail sans beaucoup plus de protections que pendant le confinement, risquant encore la contamination puis celles en cascades de leurs familles, ami-e-s…

Dangereux également pour les personnes les plus vulnérables vis à vis du virus, forcées de s’isoler encore plus chez elles de peur d’une contamination sous une forme grave.

Sans oublier la réouverture chaotique et à marche forcée des écoles, avec des directives gouvernementales intenables qui engendrent stress et traumatismes chez les enfants, leurs parents et les enseignant-e-s.

Le tout avec une bonne dose de rabotage des libertés individuelles et collectives, sous un état d’urgence sanitaire qui ne vise qu’à garantir l’ordre social avant tout, pour la prospérité économique de quelques-uns uniquement.

Alors que notre système de santé et nos hôpitaux sont à bout de souffle !

La faute à qui ? Après 20 ans de coupes budgétaires, courses à la rentabilité, diminution du nombre de soignant-e-s et déshumanisation de l’hôpital, notre système de santé est aujourd’hui incapable de réellement prendre soin de toutes les personnes qui en ont besoin, et encore plus en ces temps d’épidémie de coronavirus. Et pourtant, toujours aucuns moyens conséquents ne sont débloqués sur le moyen terme pour inverser la tendance ! Macron préfère sauver Air France (7 milliards d’un coup de baguette magique !) et d’autres multinationales de la pollution plutôt que nos poumons !

DU FRIC ET DE L’HUMAIN POUR L’HÔPITAL ET LES EPHAD !!

En écho aux multiples appels de soignant-e-s, dont le fameux « BAS LES MASQUES », nous appelons à remettre le soin et la solidarité au centre de nos préoccupations fondamentales, partout et dès maintenant !

Sans attendre un quelconque changement de la politique d’État tristement gestionnaire, qui s’achemine vers une santé déshumanisée et réservée aux plus riches. Au contraire, nous savons que nous avons collectivement les compétences, l’intelligence, l’empathie et l’envie pour prendre en main directement et à l’échelle de nos territoires de vie (quartier, village, vallée…) ce pan essentiel de notre existence qu’est la santé, sur une base de solidarité totale.

Ainsi, nous appelons, à partir de ce lundi 11 mai – acte I du déconfinement – à se regrouper collectivement (à bien plus que 10 personnes si possible !) devant les centres de soin de nos territoires de vie (hôpitaux, dispensaires de quartier, centres de soin ruraux, etc.) pour discuter, prendre confiance, puis s’organiser et agir pour déconfiner la solidarité !

Plusieurs manifestant-e-s du 1er mai, habitant-e-s de Gap et des environs

 

Le tract en Pdf ici : 11_mai

Un exemple banal d’un système répressif qui s’auto-alimente

Christine Ribailly, ancienne prisonnière et militante anticarcérale en révolte, était convoquée au tribunal de Gap le jeudi 12 mars 2020.
Les raisons légales : elle comparaissait pour avoir renvoyé un objet de type rond au dessus de la maison d’arrêt de Gap, une balle de ping pong. Joli prétexte qui a réveillé notre créativité militante pour écrire quelques slogans :

Un maton une balle de ping-pong, un proc’ un smash
Balle de ping-pong à Gap, balles réelles à Palerme

En effet, le procès intervenait en même temps que des émeutes avaient cours dans les prisons italiennes suite aux mesures de confinement (cf texte Italie emeutes).
Pourtant, lors de l’audience, les motifs d’accusation discutés n’avaient rien à voir avec cette balle de ping-pong. On en vient là aux réelles raisons qui ont poussé le procureur de Gap à ne pas classer sans suite ces faits, des raisons éminemment politiques. En effet, Christine fait partie de l’équipe du Café Taule, un groupe anti rep qui assure des permanences devant la maison d’arrêt de Gap depuis bientôt un an afin de soutenir et d’informer les familles de proches de prisonniers mais aussi departager et récupérer des infos sur ce qui se passe en taule.

C’est donc une membre de cette équipe qui a été poursuivie pour avoir refusé de donner sa signalétique lors d’une garde à vue, rendue par la suite illégale,et pour s’être rebellée lorsque les 7 gendarmes lui ont mis de force les menottes lors de son interpellation (c’est sûr que Christine était une grande menace face à 7 keufs sur-armés). Et cette fameuse balle de ping-pong n’a même pas été évoquée… En fait, ces poursuites ne sont qu’un prétexte pour ordonner une interpellation avec violences et obtenir des motifs valables de poursuites.
Les réelles motivations de l’interpellation de Christine sont donc la distribution de kawa, la discussion, l’entraide, et le soutien aux enfermés.

Puisque l’un des buts de la taule c’est d’isoler les gens, une solidarité entre proches et enfermé.e.s ça ne plait pas à l’administration pénitentiaire.
On est face à un procès qui ne dit pas son nom, ou plutôt une pièce de théâtre. On se retrouve face à une juge, qui ne se présente surtout pas comme féministe et qui trouve le dossier de Christine « intéressant » parce qu’elle n’en voit pas souvent des casiers de femmes avec autant de mentions. Tu m’étonnes la taule elle, elle est pas féministe (cf. tract du genepi sur le feminisme anticarcéral page x) ! En fait, cette juge elle se présentait surtout comme « la police de l’audience », et elle a bien utilisé son pouvoir puisque la pièce de théâtre intitulée « audience au TGI de Gap du 12 mars » a été entrecoupée d’entractes. La juge suspendait l’audience car il y avait du son dehors, du son pour Christine,du son contre les prisons, et ça, aux portes du TGI, ce n’était pas acceptable, pour elle.

Du coup, Christine elle a été muselée, il fallait qu’elle montre qu’elle avait fauté. Il fallait qu’elle courbe l’échine devant la justice car c’est ça que la justice, à travers les juges et les procureurs, veut :qu’on ferme notre gueule. Christine, comme plein d’autres qui se retrouvent confronté.e.s à cette mascarade raciste et classiste, voulait faire un pladoyer politique, un plaidoyer contre ce système, mais elle n’a pas pu.
Pourquoi ? Parce que la GAV a été déclarée illlégale. Pourtant, cette GAV Christine elle l’a subi dans son corps et dans sa tête. Alors c’est vrai, que « ces pas très malins de gendarmes » n’avaient pas respecté la procédure, soit l’appel aux proches. Mais en fait, Christine, ça l’a frustré. C’était le personnage central de la pièce, celle qui devait pouvoir avoir la parole et donc critiquer ce système en son sein. Eh bien non, elle en a été refusée, réduite à la posture habituelle et exigée des accusé.e.s : celle de fermer sa bouche et avaler quand des gens qui ne te connaissent pas (juges, procureurs, avocats), décident de façon moralisatrice et condescendante de quelle sanction tu vas écoper.

En effet, je suis de celleux qui pensent que la sanction ne commence pas à l’issue du tribunal mais plutôt dès que le processus judiciaire est enclenché. Et encore dire ça, c’est ne pas prendre en compte, l’épée de Damoclès qu’est la justice, prête à tomber à tout instant sur les racisé.e.s les pauvres, les antisociaux. Du coup Christine, elle n’a pas eu de « punition » cette fois-ci mais ce n’est que « partie de ping pong remise » car le procureur et ses sbires ont le café taule dans leur mirados. Et comme nous l’avons affiché sur le TGI pendant cette journée : CREVE LA TAULE !

Et pour illustrer ce slogan et finir cette journée, les soutiens à l’équipe du Café Taule se sont rendu.e.s devant l’entrée de la maison d’arrêt pour faire une partie de ping pong symbolique (la prison est dans le centre ville de Gap). Bruyante comme il fallait pour espérer que cela soit entendu derrière les hauts murs, cette partie de ping pong a été accompagnée de feux d’artifices, pour célébrer la victoire. Laquelle ? A vous d’imaginer celle qui vous plaît

Lien vers la brochure dédiée à la prison de GAP :
https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf

Voici un texte sur les révoltes dans les prisons italiennes évoqué plus haut :
https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/03/12/contre-la-peur-et-le-controle-la-revolte-eclate-dans-les-prisons-en-italie/

Festival Les Alpes d’après

C’est lancé ! Le festival virtuel haut-alpin « Les Alpes d’après… » vous propose une seconde session la veille du jour annoncé du déconfinement.

Merci de relayer au maximum notre appel à vos contacts et réseaux, afin de faire de cette seconde session un succès comparable à la première (+de 6200 vues !)

Nous continuerons ainsi à construire notre récit collectif de l’après confinement, un monde basé sur de nouveaux modèles, plus coopératifs et solidaires.

Nous souhaitons éviter un retour à l’anormal, tenir compte de nos diversités et de nos différences et mettre en avant ce qu’il est maintenant nécessaire d’organiser dans de nombreux domaines (alimentation, économie, culture, énergie, mobilité, éducation, santé, solidarités, implication citoyenne….)

Nous vous donnons rendez-vous Dimanche 10 mai de 15h30 à 19h pour trois nouvelles tables rondes, et la diffusion de nouveaux témoignages.

La première session est toujours accessible via le lecteur sur www.alpesdapres.site et le programme de la seconde session sera publié dès que possible sur ce site internet et sur la page facebook : https://www.facebook.com/alpesdapres/

Pour construire cette seconde session, et alimenter le contenu, nous lançons un appel à témoignages !

Au grand public :

Quelque-soit ton âge tu souhaites témoigner car l’un de ces sujets te parle :

– tu as vécu des prises de conscience durant le confinement

– tu as lu ou entendu des choses qui t’ont choqué ou enthousiasmé et que tu aimerais évoquer

– tu as des interrogations que tu aimerais partager

– tu te sens transformé.e et tu veux témoigner de tes nouvelles idées / visions / actions

– tu as envie de parler de tes idées, de tes projets pour l’avenir de la société

– tu as besoin de trouver des personnes ou du matériel pour te suivre dans ton projet

Nous proposons de diffuser ta vidéo lors du festival Alpes d’après

Aux associations, collectifs, mouvements, acteurs économiques, élu-e-s, etc… :

Vous souhaitez présenter un témoignage ou vos actions :
– quelle est ma vision d’un demain souhaitable ?
– qu’est est la nature de mon engagement ou de mes actions ? En quoi s’inscrivent-elles dans cette vision ?
– quels sont mes besoins (humain, financiers, politiques,etc….) ?

Vos vidéos :

– Doivent faire 2 minutes maximum (filmées depuis votre caméra, ordinateur, téléphone portable…)

– Doivent-être envoyées à l’adresse email contact@alpesdapres.site par un service d’envoi de fichier (WeTransfer, FromSmash, Framadrop…)
– Pas de pièce jointes !!!
– A envoyer avant le samedi 09 mai 12h00 (pas de garantie de traitement pour les vidéos envoyées après…)

Pour toute aide technique concernant la réalisation et/ou l’envoi de vos vidéos, vous pouvez envoyer un mail à contact@alpesdapres.site avec votre coordonnées (téléphone) et nous prendrons contact avec vous, dans la mesure de nos disponibilités pour vous accompagner.

Aide / Bénévole :

Nous avons toujours besoin d’aide et de bénévoles pour nous aider à préparer l’évènement et le jour J :

– Communication (web/réseaux sociaux)
– Technique (aide à la connexion, suivi…)
– Prise de note
– Et autre…..

Si vous souhaitez nous aider merci de rentrer en contact avec le collectif des alpes d’après contact@alpesdapres.site

A très bientôt !
Le collectif Alpes d’après

Bas les masques ! Un appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire !

Appel repris depuis le site https://mars-infos.org

 

Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

 

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnel.le.s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée », qui sont exposé.e.s pour faire tourner la machine.
Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en œuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.
Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnel.le.s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs.euses « essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps).
Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

« Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante.

Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes.
N’hésitez pas à la diffuser partout autour de vous !
Pour rejoindre l’initiative « Bas les masques ! »

Un 1er mai déconfiné et dans la rue à Gap !

Malgré les semaines de confinement et la répression qui va avec, sous une pluie continue, nous étions une bonne centaine à nous rassembler ce vendredi 1er mai à Gap devant la préfecture des Hautes-Alpes pour déconfiner la solidarité et agréger les colères qui montent de toute parts contre la clique des gouvernants macroniens, leurs potes patrons bourgeois et leurs meutes policières. Avec l’absence remarquée de l’intersyndicale qui a préféré rester bien au chaud (en appelant à des mobilisations de balcons) plutôt que de prendre le risque (sic) de manifester pour de vrai…

Peu importe, après une collecte de nourriture très réussie en faveur des habitant-e-s du Césaï (squat d’hébergement de personnes sans domicile, majoritairement des exilé-e-s), nous sommes parti-e-s manifester dans les rues quasi désertes de Gap, en faisant plusieurs arrêts symboliques devant l’hôpital (aux cris de « du fric pour l’hopital »), la bourse du travail, la prison (où les conditions d’enfermement ont été encore un peu plus dégradés en temps de confinement avec l’interdiction des parloirs notamment) et le commissariat (duquel sont sortis quelques gros bras cagoulés – covid oblige – de la BAC, toujours prêts à provoquer et cogner dans l’impunité). Le cortège est ensuite retourné à la bourse du travail pour un apéro bien mérité (mais sans les merguez de la cégète aux abonnées absents…). Encore un point positif,  aucune arrestation ou PV n’est à déplorer, en tout cas à l’heure où nous écrivons ces lignes… même si les pseudo-journaleux de d’ICI TV – absents – reprennent un communiqué des flics parlant de la verbalisation de 6 organisateurs fauteurs de troubles…sans aucun contrôle trop fort ! Comme quoi en étant un peu malins-malignes (avec une attestation qui va bien…) et en faisant groupe, on arrive à contourner leur répression omniprésente !

Côté ambiance, l’atmosphère était bien déterminée : des banderoles de toute parts, beaucoup de slogans dans l’air et sur les murs, du désormais traditionnel « on est là, on est là, même si Macron ne veut pas… », aux plus nouveaux « déconfinons la solidarité », « 1er de cordée 1er pendu », « covid-ons les prisons », en passant par les classiques « tout le monde déteste la police », « à bas l’enfermement » et « Grève Sabotage Autogestion »… Le tout entrecoupé de chants inspirés lancés par nos ami-e-s de la CAB (chorale autogérée du Buëch), et notamment une belle reprise de la chorale des canulars (Lyon) en réécoute ci-dessous :

Ambiance déterminée… et surtout joyeuse à l’idée de briser collectivement ce confinement autoritaire et souvent absurde, d’autant plus un jour symbolique comme le 1er mai (commémoration de la mort de militants anarchistes à Chicago en 1886 et devenue depuis journée internationale de lutte des travailleurs-euses). Tout en assumant que nous étions suffisamment responsables pour organiser nos propres « gestes barrière » contre le risque de l’épidémie du coronavirus, en portant masques et gants (pour une fois que c’est encouragé en manif’ !), sans pratiquer d’embrassades, etc. Et en rappelant que nous nous méfions des injonctions strictes et arbitraires venues d’en haut, sauf peut être celle de bien se distancer d’un maître…

Et on va pas s’arrêter là ! RDV dans la rue dès le déconfinement pour montrer notre envie de vivre et faire payer les pots cassés de la crise en cours à ceux qui en sont vraiment responsables !

 

Et un petit florilège des photos du cortège :

 

Avec une mention spéciale aux flics qui – semble-t-il – n’ont pas bien compris ce qu’il leur reste à faire :

Sous les glaciers la rage – Spéciale Confinement – Avril 2020

Et encore une émission spéciale confinement en ce mois d’avril 2020 pour l’équipe confinée et renouvelée de « sous les glaciers la rage », diffusée sur radio zinzine et radio dragon avec au programme :

– une chronique belge

– un grand débat sur la (non)responsabilisation populaire face à la pandémie, la peur de la mort et la gestion de la crise par le gouvernement

– une petite revue d’actu des hautes-alpes avec notre fameuse préfète crétine des Alpes, des nouvelles du Césaï et d’autres

– et pour finir un agenda déconfiné avec un appel à manifester le 1er mai à Gap et partout dans nos vallées (voir plus de précisions ici)

sans oublier des musiques aux petits oignons confits !

Bonne écoute !! (l’émission est en 3 parties)

PS :  pour une meilleure écoute il vaut mieux télécharger les 3 parties sur votre ordinateur en cliquant droit sur chaque piste de lecture puis Enregistrer la cible sous.

1er Mai Ni fête, Ni Procession !

En France, la journée du 1er Mai, originellement teintée du sang des compagnons de Chicago et de tous ceux et celles qui crevèrent de l’oppression régnante, a été rebaptisée par Pétain « Fête du travail et de la concorde sociale », en 1941.
Pour illustrer cette déviation historique sur les origines de cette date qui cicatrise encore, partout sur la planète, voilà un texte ancien, mais toujours brûlant d’actualité.

La journée du premier Mai est considérée dans le monde socialiste comme la fête du Travail. C'est une fausse définition du 1er Mai qui a tellement pénétré la vie des travailleurs qu'effectivement dans beaucoup de pays, ils le célèbrent ainsi. En fait, le premier mai n'est pas un jour de fête pour les travailleurs. Non, les travailleurs ne doivent pas, ce jour là rester dans leurs ateliers ou dans les champs. Ce jour là, les travailleurs de tous pays doivent se réunir dans chaque village, dans chaque ville, pour organiser des réunions de masse, non pour fêter ce jour ainsi que le conçoivent les socialistes étatistes et en particulier les bolcheviks, mais pour faire le compte de leurs forces, pour déterminer les possibilité de lutte directe contre l'ordre pourri, lâche esclavagiste, fondé sur la violence et le mensonge. En ce jour historique déjà institué, il est plus facile à tous les travailleurs de se rassembler et plus commode de manifester leur volonté collective, ainsi que de discuter en commun de tout ce qui concerne les questions essentielles du présent et de l'avenir.Il y a plus de quarante ans les travailleurs américains de Chicago et des environs se rassemblaient le premier Mai. Ils écoutèrent là des discours de nombreux orateurs socialistes, et plus particulièrement ceux des orateurs anarchistes, car ils assimilaient parfaitement les idées libertaires et se mettaient franchement du côté des anarchistes.

Les travailleurs américains tentèrent ce jour là, en s'organisant, d'exprimer leur protestation contre l'infâme ordre de l'Etat et du Capital des possédants. C'est sur cela qu'interviennent les libertaires américains Spiess, Parsons et d'autres. C'est alors que ce meeting fut interrompu par des provocations de mercenaires du Capital et s'acheva par le massacre de travailleurs désarmés, suivi de l'arrestation et de l'assassinat de Spiess, Parsons et d'autres camarades.

Les travailleurs de Chicago et des environs ne se rassemblaient pas pour fêter la journée du premier Mai. Ils s'étaient rassemblés pour résoudre en commun les problèmes de leur vie et de leurs luttes.

Actuellement aussi, partout où les travailleurs se sont libérés de la tutelle de la bourgeoisie et de la social démocratie liée à elle (indifféremment menchevique ou bolchevique) ou bien tentent de le faire, ils considèrent le 1er Mai comme l'occasion d'une rencontre pour s'occuper de leurs affaires directes et se préoccuper de leur émancipation. Ils expriment, à travers ces aspirations, leur solidarité et leur estime à l'égard de la mémoire des martyrs de Chicago. Ils sentent donc que cela ne peut être pour eux un jour de fête. Ainsi, le premier Mai, en dépit des affirmations des "socialistes professionnels" tendant à le présenter comme la fête du travail, ne peut pas l'être pour les travailleurs conscients.

Le premier Mai, c'est le symbole d'une ère nouvelle dans la vie et la lutte des travailleurs, une ère qui présente chaque année pour les travailleurs, de nouvelles, de plus en plus difficiles, et décisives batailles contre la bourgeoisie, pour la liberté et l'indépendance qui leur sont arrachées, pour leur idéal social.

Makhno 1928

Texte paru dans le Pirate n°5 (février 2019).

Le/La Pirate publication de l’Union des Travailleuses et des Travailleurs Antiautoritaires (utta at riseup.net)

1er mai : Journée de mémoire, de lutte et de résistance!

MAJ : ci-dessous des mises à jour avec infos pratiques.

– On  vous invite à réfléchir à des ruses pour pouvoir venir plus tranquillement.

Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

-Un deuxième appel complémentaire qui ce passe à une heure et un lieu identique est sortie avec quelque conseil pour venir plus tranquillement :

Pour un 1er mai solidaire

Retrouvons-nous devant la Préfecture de Gap à 10h30

  • À 10h30, une collecte alimentaire sera organisée en solidarité avec les habitante·s du Césaï1Apporter en priorité : riz, huile, sardines, œufs, oignons, sauce tomate, produits d’hygiène (savon, shampoing).

  • Nous partirons ensuite manifester : ne nous résignons pas face aux attaques de l’État et du patronat sur nos conditions d’existence (liberté, écologie, travail, services publics)

Tout ceci, en prenant soin de nous protéger : amenons des masques et gardons les distances physiques, car nous ne sommes pas tou·te·s égaux face au virus.

Vous pouvez nous rejoindre avec des denrées, en cochant la case de l’attestation : « Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants ».

Lire la suite


Le 1er mai à Gap sera dans la rue et revendicatif !

Contre la guerre faite aux travailleurs, aux chomeurs, aux personnes agées et aux malades, aux banlieusards et aux nomades, aux enfermés, aux sans papiers, à tous les précaires, au service public  et surtout à la liberté et à l’entraide. Pour des jours meilleurs et sans hypocrisie.

RDV, avec masques et gestes barrières, à 10h30 devant la préfecture de Gap pour une Manif
Puis un apéro convivial et protégé.

Faites le savoir autour de vous et organisez une manif dans votre ville ou venez à Gap ! 

Tract d’appel 1erMai20-vf

Les mauvais jours finiront !


L’Union des Travailleuses et Travailleurs Antiautoritaires ce joint à ces deux appels!
Nous voullons rappeler les bases qui font pour nous l’essence de cette date, le souvenir des « martyrs de chicago » 8 anarchistes assassinés par l’état bourgeois  suite aux manifestations à HYMARKET  aux Etats Unis.
Ils réclamaient la limitation du temps de travail, les trois 8 (8heures de travail , 8heures de sommeil, 8heures de culture) mais  ces revendications  avaient pour but de cristaliser un besoin pour faire emerger quelque chose de plus vaste et plus juste que la revendication immédiate.
Ce but était l’abolition réel des privilèges, l’emmancipation complete de l’humanité, la fin de l’explotation salariale ….. l’anarchie !
Que l’emancipation des travailleurs et travailleuses sera l’oeuvre des travailleuses et travailleurs eux-elles memes !!!!!
Contact : utta at riseup.net

Revus d’actu notamment sur la situation des exilées dans les Hautes Alpes.

MAJ 6 avril:

Victoire ! la justice ordonne à l’État de mettre à l’abri 23 jeunes
Le tribunal administratif de Marseille enjoint au préfet des Hautes-Alpes d’assurer l’hébergement d’urgence des 23 jeunes migrants isolés.
Lire la suite sur lacimade.org


Article de La Cimade:
Gap : malgré le confinement, les solidaires ne lâchent rien pour les droits des mineurs déclarés majeurs.
30 mars 2020
Face à la situation alarmante de 23 mineurs logés dans le squat du Césai à Gap, La Cimade 05 et le Réseau Hospitalité avec une dizaine d’associations ont décidé d’interpeller la préfète pour demander leur mise à l’abri.
Lire la suite sur lacimade.org

Courrier à la Préfète – Réponse préfète 24.3.20.

 


Articles de Human Rights Watch sur la situation à Marseille et Gap

France : Des enfants livrés à eux-mêmes malgré le Covid-19

(Paris) – L’incapacité des autorités de protection de l’enfance des départements français des Bouches-du-Rhône et des Hautes-Alpes à fournir un hébergement et d’autres services essentiels aux enfants migrants non accompagnés à Marseille et Gap, dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, met ces derniers en situation de risque et affaiblit la réponse des autorités à la pandémie, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Malgré les mesures de confinement et de prévention décidées par le gouvernement français, des enfants migrants non accompagnés à Marseille et Gap continuent de vivre dans des conditions précaires et de promiscuité, sans protection sociale, alors qu’ils devraient avoir accès aux services de protection de l’enfance.
Lire la suite sur hrw.org 

 


Communiqué de presse de l’intersyndicale du 20 mars 2020

Covid 19 :Info pratique + Traductions de l’attestation + Comment contester une amende

Traductions de la nouvelle attestation de déplacement Coronavirus. (Paris-lutes.info)
L’attestation dérogatoire de déplacement avec traduction ou explications en plusieurs langues, versions accessibles (simplifiée, pour personnes déficientes visuellement) et justificatif de déplacement professionnel.
Comment contester une amende pour non respect du confinement ? (a-louest.info) 

Infos pratiques sur GAP ici et ici (lanouvellecommune.fr)