[MAJ régulières] Sélection d’articles et actualité sur le Covid-19 pour réflechir et agir en période de confinement

En attendant que des réponses collectives s’organisent, comme des grèves sauvages se déclarant dans les secteurs non-essentiels de l’économie afin de réelement lutter contre la propagation du Covid-19, ou une solidarité effective afin d’éviter le total abandon des personnes isolées par la société, nous semblons désarmer face à la puissance de l’état, pouvant annoncé à l’intégralité de la population d’oublier ses activités qui ne sont pas économiquement productive du jour au lendemain. Quitte à rester cloitrer chez soi, et pour ne pas spéculer sur d’éventuels complots, ou juste laisser monter l’anxiété et l’angoisse en nous, le mieux reste de s’instruire sur la situation en cours afin d’être capable d’y répondre, individuellement, collectivement et le plus vite possible, à cet état d’exeption qui risque d’inspirer le futur du contrôle des populations. Comme l’état d’urgence est en partie devenu la normalité, nous pouvons nous attendre à voir cet état rentrer en partie dans nos vies quotidiennes dans le futur quand l’état, qui préfère équiper de masque la police pour gêrer une manifestation plutôt que les soignant.e.s en situation de pandémie, en aura besoin.

 

Traduction de l’attestation pour les sorties

Aucune idée si les flics acceptent les attestations dans d’autres langues.

 

Du point de vue de la santé, et de la situation dans d’autres pays :

Prédiction en France

Attention les données date un peu (16 mars), et sont réalisées par régions, donc les situations locales peuvent être plus critique comme dans le Grand-Est, où la saturation arrive plus tard que dans les hopitaux de Mulhouse et Colmar.

Source

 

Rapide détail sur le virus

Virus 10 fois plus virulent que la grippe saisonnière et 10 fois plus contagieux. Comparable à la grippe espagnole (55 millions de morts en 1920). Mais on a aujourd’hui les moyens modernes pour soigner une très grosse partie des malades.

A condition que les services hospitaliers ne soient pas débordés : soigner un malade grave c’est plusieurs semaine avec du matériel lourd. Les capacités sont limités. Si capacités dépassées, les gents sont mals soignées et meurent.

Les jeunes risquent quasiment rien (sauf s’ils prennent de l’ibuprofen ou de l’advil – que du doliprane) ; Les risques augmentent avec l’âge et deviennent très important au-delà de 60 ans.

Croissance exponentielle = lente au début, rapide puis explosif. (ici ça double tous les 2-3j)

Enjeux : ralentir la diffusion pour limiter l’ampleur de la vague. Plus on arrive à la ralentir, plus les hopitaux peuvent encaisser le choc.

Comment ? : Mesures de « distance sociale » + hygiène rigoureuse (Cf. consignes données actuellement – 2 m de dist pour temps limité, pas de contact direct, lavages mains et objets fréquents). C’est TRES efficace pour ralentir la propagation et éviter des contamination.

Le virus vit ~4h dans l’air (plus sur des surface). Rester chez soi au max est nécessaire, surtout pour personnes malades qui toussent ou mouchent.

Chaque jour compte : 1 jour de retard = 40 % d’infection en plus. 1 semaine = fois 5 et 15 jours = x100.

On a déjà pris beaucoup de retard et les services seront débordés. Les soignants en hôpitaux vont vivre quelque chose de TERRIBLE. Mais plus on agit vite et fort plus on réduit l’ampleur du choc et le nombre de morts.

Aucune méthode autre de se protéger que les gestes « barrières » ci dessus (/!\ plein de recettes bidon circulent – boissons chaudes, … ).

Durée estimée de la crise sanitaire sous sa forme aigue, 2 ou 3 mois ; (la sortie de crise sanitaire, c’est pas clair).

Extrait de « COVID-19 : Réagir face à la crise. En ressortir gagnant.e.s »

Coronavirus : La synthèse – Ce qu’il faut savoir sur le COVID-19

Pour des informations plus précises sur le virus et l’épidémie.

Informations sur la COVID-19 destinées à informer le public sous forme de questions/réponses. Cet article sera mis à jour quasi-quotidiennement. Si vous pensez avoir détecté une erreur, ou si vous vous posez une question qui n’est pas traitée, intervenez dans le forum d’échanges sous l’article.

Quelques conseils de précautions :

Bien sûr lavez vous les mains régulièrement, portez un masque si vous avez les symptômes du Covid19.

Mais également, évitez les lieux fort fréquentés, évitez de vous agglutiner dans les grands magasins, il y a une pénurie d’infirmièr·e pas de denrées alimentaires. Restez chez vous tant que possible.

Évitez votre lieu de travail s’il ne garantit pas les mesures adéquates de précaution (éviter les espaces fermés, les endroits fort fréquentés, distances de sécurité, matériel pour se laver correctement les mains, etc.). Organisez-vous entre travailleur·euse·s pour faire entendre vos préoccupations concernant votre santé et celle de votre entourage.

Nous répétons qu’il nous semble irraisonnable de maintenir au travail dans des conditions risquées pour leur santé une partie importante de la population sous prétexte d’intérêt économique. Les employeurs doivent garantir les revenus et permettre la mise en sécurité de la population.

Mais en plus, ne vous rendez pas aux urgences si vous pensez avoir le Covid19 mais que vous n’avez pas de fièvre ou de difficultés respiratoires. Vous risquez fortement d’engorger les hôpitaux et vous ne serez très probablement pas dépisté·e·s. Ceci est normal, c’est que vous n’êtes pas fortement atteint·e·s par le Covid19. Restez chez vous, évitez les contacts sociaux.

Extrai de COVID-19 : ÉTAT DE LA SITUATION AU 15 MARS 2020 par santéenlutte.org

 

COVID-19 : ÉTAT DE LA SITUATION AU 15 MARS 2020

Nous vous proposons ici de faire un état sur la situation grâce aux différents retours que nous avons pu avoir de la part du personnel qui affronte le coronavirus sur le terrain.

Premièrement, le sous-effectif. Accueillir une masse considérable de charge de travail supplémentaire à effectif égal, de plus est, dans un contexte de pénurie d’infirmièr·e est plus que problématique. La surcharge est évidente. Les urgences, assaillies par une population inquiète, ne savent plus où donner de la tête. Les soins intensifs se remplissent et les unités de confinements travaillent à plein régime.

Deuxièmement, le manque de matériel. La gestion managériale du « juste à temps » qui consiste à ne pas maintenir de stock « superflu » dans l’hôpital a pour conséquence qu’en moment de crise le matériel n’est pas disponible. De plus, le matériel est parfois de piètre qualité, résultat des désirs d’économie de nos dirigeants. En effet, on nous rapporte de nombreux cas d’unité à risque où le personnel ne dispose pas de masque en suffisance ou de bonne qualité. La mise en danger du personnel en général est donc évident.

« Nous ne sommes même pas testés nous-mêmes » – Entretien avec une médecin généraliste

D’abord, en ce qui concerne les masques et autres matériels de protection, il n’y a pas de service qui nous les fournit. Nous devons faire le tour des pharmacies pour nous en procurer – gratuitement, quand même ! Il a été annoncé dans les médias que nous pourrions nous réapprovisionner dès cette semaine en masques – c’est là que nous sommes le plus en pénurie – mais je viens d’apprendre par mon collègue que les pharmacies étaient toujours en rupture de stock de FFP2 et nous sommes mardi…

[…] Bien sûr, la gravité ne dépend pas que de facteurs médicaux, mais aussi de critères médicaux-sociaux : l’isolement et la précarité, par exemple.

[…] Nous n’avons aucun accès à ces tests. Nous ne sommes pas en mesure de savoir si un patient a le virus ou non. Nous pouvons simplement mesurer s’il doit être hospitalisé ou renvoyé chez lui : en mesurant la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire, la fièvre, la tension. Mais ce n’est pas suffisant. Nous aurions dû avoir accès à ces tests afin de tester les patients avant le passage au stade 3, maintenant, ça ne servirait quasiment plus à rien.

[…] Je voudrais aussi rajouter qu’en plus de ne pas pouvoir tester les patients, nous ne sommes même pas testés nous-mêmes, et c’est assez étonnant. Il n’y a eu aucune campagne de test, pour la population d’une part, mais surtout pour les personnels de santé ! Jusqu’à très récemment, même en présentant les symptômes, les médecins n’étaient pas testés. Si on se mettait à tousser, qu’on présentait certains symptômes légers, on ne nous testait pas, donc on a continué de travailler. C’est comme ça que ça s’est passé ces dernières semaines.

[…] Une tendance générale, qui va dans le sens des consignes de confinement maximal, est de faire des téléconsultations. Ça permet aux gens, notamment aux personnes fragiles, de ne pas avoir à se déplacer. Il faut quand même noter que ça ne nous permet pas de prendre tout le monde : ce protocole nécessite que le patient ait un ordinateur, ce qui participe à exclure des personnes précaires, des personnes âgées, etc. Par ailleurs, les serveurs sont déjà saturés, et les consultations sont rendues très difficiles voir quasi impossibles tant ça « saute » régulièrement.

[…] Les gens ne comprennent pas trop ce qui se passe. Ils appellent aussi pour avoir des explications. Il y a beaucoup d’inquiétude, mais pas de paranoïa. Les gens sont scrupuleux, attentifs, et compréhensifs, ils veulent des avis.

 

Après cette crise sanitaire je crois qu’il sera temps de régler nos comptes avec les politiques et instances concernées.

Terrasson le coronavirus et la marchandisation de la santé

Néanmoins, nous restons perplexes sur certains points. En effet, nous notons le compromis qui a été réalisé pour maintenir l’activité économique des grandes entreprises, pourtant majoritairement non essentielle au bon fonctionnement de notre société. Il nous semble que les principaux acteurs économiques impactés par les mesures seront les travailleur·euse·s de l’horeca, les étudiant·e·s, le milieu culturel et associatif, ainsi que les petits indépendants qui ont parfois déjà du mal à boucler leur fin de mois.

En effet, la précarisation de la population va engendrer des dégâts sanitaires que nous redoutons fortement. Plusieurs études révèlent la corrélation immédiate entre le niveau de revenus et le niveau de santé de la population. Nous sommes donc très préoccupé·e·s par ce risque de paupérisation et par les difficultés d’accès aux soins qui ne vont pas faciliter la lutte contre le Covid-19.

[Italie] CoVid-19 : Point d’arrivée, points de départ

Depuis le 22 février, la courbe de croissance de malades a suivi une trajectoire exponentielle (ce n’est pas une exagération, c’est littéralement ainsi), jusqu’à atteindre en Italie, le 13 mars 2020, plus de 17 600 contaminations vérifiées et plus de 1 200 mort·e·s. Les structures sanitaires publiques italiennes n’ont pas les moyens matériels nécessaires pour faire face à ces chiffres : on manque notamment de respirateurs artificiels et de lits en thérapie intensive, nécessaires pour assurer le soin des manifestations plus graves de la maladie.

Comme dans toute situation de crise, les contradictions émergent maintenant plus clairement. Nous vivons une époque où la suspension de la « normalité » prend une forme beaucoup plus aiguë que celles que nous avons connues jusqu’à présent. Par son caractère même « d’exception dans l’exception », la suspension de la « normalité » que nous vivons met à nu et amplifie toutes les contradictions et les dispositifs déjà en place au quotidien, aussi ceux que, en tant que habitant·e·s de ce monde, nous avons intériorisé.

[…] Les camarades se sont organisé·e·s en petits groupes qui assurent la diffusion en continu de contre-informations et de réflexions culturelles, afin de promouvoir un regard critique sur ce qui se passe de nos jours.

 

Du point de vue de la répression, du contrôle et de l’état d’urgence

Si des personnes ont des informations sur les contrôle dans les vallées, n’hésitez pas à nous les transmettre, on essayera de tenir au courant de ce qu’on nous dit.

 

Etat d’urgence sanitaire

Une loi d’état d’urgence sanitaire est en cours de préparation, voté le 20/03 au sénat, le 21/03 au parlement, elle pourrait être activé par décret par le président. Peu d’informations pour l’instant, les lois décreté par le président, n’ont pour l’instant pas de durée limité légal, nous somme à la merci de l’exicutif si l’état d’urgence est activé. Ils pensent revenir sur les 35h et les congés payés, sans durée annoncée pour l’instant.

 

L’acharnement sur la population de Seine Saint Denis en temps d’épidemie

Un article particulièrement servile du Parisien nous apprends que 10% des amendes en France ont été dressées en Seine Saint-Denis. Il semble évident qu’il s’agit d’un contrôle accru plutôt que d’une « indiscipline » des habitants confinés.

 

Augmentation des contrôles, augmentation de la répression

– 1ers cas de prison ferme suite à des contrôles. Les individus (2 personnes pour l’instant) très certainement dangereux, et contaminer par moultes virus, n’avait pas signer leurs mots d’excuse pour sortir de chez eux. INADMISSIBLE ! La police a donc du les sanctionner, chose qu’ils ont refuser, 3 mois de prison ferme sans mandat de dépot. Une autre personne, n’acceptant pas la situation a mordu les flics.

– Les flics aurait verbalisé des soignants n’ayant pas d’attestation, plus cocasse des gendarmes aurait verbalisé des flics n’ayant pas d’attestation non plus, leur syndicat de flic s’est insurgé sur la crise que traverse la police, aucun mot sur la verbalisation des soignants…

 

Du point de vue de la lutte et des réponses collectives que l’on peut donner :

Covid-entraide infos France

Le réseau #COVID-ENTRAIDE FRANCE se monte depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et le terrain avec toutes les bonnes volontées qui s’accordent sur ces points :
1) Diffuser des infos vérifiées et sourcées
2) Participer à l’entraide et l’auto-organisation dans les immeubles, quartiers, villages, villes, régions. Sur le terrain et en ligne.
3) Soutenir les personnes les plus vulnérables face à la pandémie de Covid-19
4) Soutenir les soignant-e-s et tous les services publics exsangues
5) Se méfier de la gestion gouvernementale et de toute instrumentalisation autoritaire de la pandémie

> REJOINDRE LES OUTILS EXISTANTS

SUR TELEGRAM (groupe national) : https://t.me/joinchat/Kd5EWxK0U1v0qbOffsqp0w

SUR FACEBOOK (groupe national) : https://www.facebook.com/groups/208192820288100/

INSCRIS TON GROUPE D’ENTRAIDE SUR LA CARTOGRAPHIE COLLABORATIVE : https://covidentraide.gogocarto.fr

Utilise le hashtag #COVID-ENTRAIDE si tu es en accord avec les points exposés avant) :

Crée un groupe via les réseaux sociaux (Facebook, Telegram, Whatsapp, etc) et/ou une adresse mail pour pouvoir être contacté facilement

ANNUAIRE DE TOUS LES GROUPES LOCAUX/THÉMATIQUES : https://t.me/joinchat/AAAAAES_fYIBQZKebijd3g

Appel à une grève des loyers

Tu ne peux plus travailler, tu ne sais pas si tu vas être payé ni quand, ton contrat est fini, ou juste tu ne trouve pas ça normal de payer un loyer, que l’Etat renfloue les banques plutôt que ton découvert au début du mois.

L’épidémie du covid-19 provoque actuellement une crise sanitaire qui a un impact à l’échelle nationale. Durant cette dépression, une grande partie des français.es sera dans l’incapacité de payer tout ou partie de son logement, du fait de la réduction de nos revenus. Les conséquences de cette crise étant dues aux politiques libérales des 40 dernières années, nous sommes déterminé.es à nous battre de toutes nos forces par tous les moyens à notre disposition.

Nous avons donc décidé de nous organiser de manière à lancer une grève des loyers à l’échelle du pays pour protéger les personnes les plus précaires.

Lettre type disponible

 

Coronavirus, confinement et résistances : suivi en continu

La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, qui traverse la France et d’autres pays, nous contraint à l’isolement et à la dispersion. Bien qu’il nous semble plus que nécessaire de rester chez soi afin de limiter la propagation virale, il s’agit également de tirer profit de l’agora numérique qu’offre internet à la fois pour organiser la solidarité populaire et pour produire la contre-information vis-à-vis des discours dominants.

En ce sens, nous proposons d’ouvrir un suivi continu pour centraliser et mieux comprendre l’actualité : mesures prises par les différents gouvernements ; luttes de travailleurs, de prisonniers ou d’autres catégories susceptibles de se mobiliser car victimes d’un délaissement par l’État ; situation dans les hôpitaux ; articles d’analyse ; témoignages divers et variés.

 

Echos de l’organisation populaire contre le coronavirus en Italie

Compte-rendu Réseau des biens communs émergents et à usage civique.

L’Italie a une dizaine de jour d’avance sur nous en matière de propagation de l’épidémie, il est donc intéressant d’observer ce qui s’y met en place en matière d’organisation contre le virus et malgré le confinement.

Nous publions le compte-rendu de l’assemblée du 12 mars, qui a été un premier moment de rencontre, avec plus de 65 personnes connectées en visioconférence, pour ouvrir par voie numérique nos espaces de rencontre et de réflexion.

Assemblée numérique extraordinaire
12 mars 2020

Nous avons échangé sur : réflexions communes, échanges de pratiques et propositions opérationnelles.

 

Contre le confinement généralisé

Alors oui nous traversons une crise sanitaire importante qu’il ne s’agit pas de négliger, mais même si Corona est assez coriace et contagieux, il reste assez peu mortel. l’extrême majorité de la population peut donc (et va sûrement) le contracter et en guérir tranquillement. Bien sûr le problème est la saturation de l’accès aux soins et cela sans surprise puisque les moyens accordés au secteurs de la santé n’ont fait que diminuer au fil des politiques capitalistes et libérales. L’État et les gouvernements successifs sont responsable de la situation actuelle, c’est à cause de leurs politiques, leur négligence de l’humain, du soin, des secteurs « non rentables » en général qu’aujourd’hui nous sommes obligés d’essayer de retarder la propagation du Covid-19 qui sinon aurait bien pu se répandre à la vitesse qu’il voulait sans plus de conséquence qu’une mobilisation intensive des services de santé (et de tout à chacun.e niveau hygiène).

Par solidarité avec celleux qui ont besoin de se déplacer pour survivre et avec celleux qui hier comme aujourd’hui ne peuvent pas se permettre un contrôle de police, on propose pour commencer un info-traflic des contrôles sur Nantes, ce peut être au moins ici en commentaires ou sur d’autres plateformes sécurisées. On espère aussi que les camarades continuerons de s’organiser (pensez outils informatiques sécurisés) pour résister et lutter contre toutes les oppressions, la lutte ne doit pas s’arrêter. S’adapter, trouver de nouveaux outils, de nouvelles failles, l’épidémie et l’état de restrictions sanitaires que nous traversons peuvent être un bon exercice, un bon test pour les milieux militant.e.s face au sécuritaire. Il nous faut dès aujourd’hui échanger les informations : Qui se fait contrôle ? Est ce qu’ils demandent les attestations ? Est ce qu’ils vérifient les identités ? Est ce qu’ils donnent des amandes systématiquement, envoient en vérif ou en gardav’ ? Tester et si besoin déjouer ou saboter les dispositifs de contrôle (tout en restant lucides sur les risques sanitaires), observer, produire de la réflexion et de l’analyse sur les évènements mais surtout garder coûte que coûte notre esprit de solidarité et d’autonomie, passons nous autant que faire se peut des institutions.

Comme toujours c’est la balance entre liberté et sécurité, si vous pencher vers l’un vous payerez par l’autre. L’État nous ordonne la sécurité sanitaire et nous la fait payer de notre liberté de circulation. Que chacun.e trouve l’équilibre qui lui convient mais par pitié qu’on arrête, par peur, de cracher sur celleux qui choisiront toujours la liberté parce que mourir du coronavirus ou d’autre chose leur importe peu, vivre est un risque et vivre sans liberté c’est, pour elleux être déjà mort.e.s !

 

Covid-19 : Mesures minimales

[Nantes] L’autre cantine continue à distribution de repas

Il est nous paraît évident que pandémie ou pas, les 400 repas quotidiens que nous distribuons seront plus que nécessaires.
Il nous paraît évident qu’il faut garder le lien envers les personnes que l’on soutient, pour aussi expliquer et traduire les mesures sanitaires à prendre, proposer du savon et des thermomètres, aider à téléphoner au 15 en cas de symptômes alarmants pour les personnes qui ne parlent pas français etc …

[Italie] #RestonsÀLaMaison mais ne restons pas silencieux

Chacun ne vit pas pour autant le confinement de la même façon : les précaires et intérimaires se retrouvent au chômage technique ; les parents à devoir assurer la garde de leurs enfants tout en travaillant ; les prisonniers, isolés de leurs proches interdits de visites, continuent de vivre dans des cellules surpeuplées. La guerre sociale se prolonge dans l’épidémie.

[…] De notre côté, nous sommes en train d’organiser la solidarité dans notre quartier, en distribuant du désinfectant, en nous rendant disponibles pour faire des courses pour les personnes âgées. Nous essayons de ne laisser personne seul, comme est en train de le faire la meilleure partie de ce pays : hall par hall, bâtiment par bâtiment. Mais le mutualisme ne peut suffire, nous devons trouver un moyen de reprendre la parole. Nous ne sommes pas capables de construire des communautés autosuffisantes, nous ne le voulons même pas, nous devons commencer à nous demander comment répondre à cette violence.

Contre le virus, contre la peur. Solidarité et entraide.

Pour soi. Pour les autres. Parce que la lutte doit continuer, maintenant et après. Pour foutre en l’air ce monde, mais sans précipiter la catastrophe.

[…] Faisons un peu de fiction. Imaginons qu’avec la crise sanitaire, les crises économique et politique qui l’accompagnent, nous sommes aux prémices d’une crise du capitalisme hors norme, faut-il vraiment s’en réjouir ? Qui d’entre nous pourrait souhaiter que l’État s’effondre non parce que nos mots et nos actes l’auraient abattu mais parce qu’il a été balayé par une crise sanitaire ?

Il s’agit aujourd’hui de penser à demain. Bien que le propos de ce texte soit de demander à chacun·e de se confiner volontairement pendant un certains temps, je pense que nous n’avons pas non plus intérêt à tout arrêter et à nous isoler. Il faut encore lutter. Il s’agit d’imaginer, pour un temps, faire différemment. En créant des réseaux de solidarités dans nos immeubles et nos quartiers (courses, garderies, prise de nouvelles des vieux, etc), en affichant l’exigence d’une amnistie des personnes en taules et en CRA [8], en réclamant ou en appliquant par nous-mêmes les seules mesures économiques nécessaires pour éviter que les plus précaires se retrouvent la corde au cou dans les prochaines semaines (à minima la suspension des loyers et factures d’énergies et d’eau, bouffe et transports gratuits [9].

[…] Une fois la tempête passée, nous devrons être présent·e·s pour que ne subsiste de cette période que ses aspects les plus autoritaires et hygiénistes. Que ce ne soit pas une simple étape du renouvellement du capitalisme.

 

Comment poser un droit de retrait du fait du coronavirus ?

Nombreux sont les gens encore au travail. En effet, Macron a pris la décision irresponsable mais logique du point de vu capitaliste de ne pas stopper la production. On voit donc certains secteurs profiter réellement de la crise. C’est le cas d’Amazon qui va recruter 100 000 personnes aux États-Unis. Mais il est possible de lutter contre ce fatalisme et de refuser d’aller se faire infecter au travail. Certains syndicats ont posé des préavis mais il est aussi possible de résister individuellement grâce au droit de retrait.

Foodtech : « On est en guerre ou on bouffe des burgers ? »

La situation des livreurs de repas à domicile est alarmante. Pendant que les cadres des plateformes comme Uber Eats, Deliveroo ou Frichti sont confinés au chaud, des milliers de coursiers n’ont d’autres choix que de s’exposer au virus et potentiellement le transmettre pour pouvoir payer leurs loyers et remplir leurs frigos. Un mépris de classe hallucinant pour la flotte des livreurs déjà sur-précarisés qui n’ont aujourd’hui qu’une interrogation : jusqu’à quand ?

[…] Pour sauver le chiffre d’affaire des plateformes, le gouvernement, qui ne cache plus son soutien à ces multinationales qui piétinent le droit du travail sans vergogne, a diffusé dimanche 15 mars un « guide des précautions sanitaires à respecter dans le cadre de la livraison de repas à domicile ». Celui-ci recommandant la livraison sans contact selon laquelle le livreur sonne chez le client avec ses gants, désinfecte le sac, l’ouvre, recule de deux mètres pendant que le client se sert, puis part.

[…] Pour Damien, secrétaire général du SCALA (Syndicat des Coursiers Autonomes de Loire-Atlantique), c’est du flan : « Même si on applique la livraison sans contact, le sac est touché par tous les restaurateurs, tous les clients, on a pas le matériel pour désinfecter et on a pas le temps. (…) C’est n’importe quoi, sur une semaine à temps plein on croise environ 200 personnes. ».

 

RATP et Coronavirus : briser l’omerta

Face à la crise du Coronavirus, la tension monte à la RATP. Plongés dans le flou depuis des semaines, les agents se sentent laissés pour compte par la direction, alors qu’ils sont particulièrement exposés et qu’au moins 8 d’entre eux ont été testés positifs au virus.

 

Des grèves pour se protéger du coronavirus éclatent en Italie

Les travailleurs-euses de différents secteurs arrêtent le travail et organisent des grèves spontanées à Naples, Gênes, Rome, Milan, Mantoue ou encore à Modène. Les travailleurs-euses répondent à l’appel du syndical Si Cobas Lavoratori Autorganizzati, ielles refusent de tomber malade pour le profit des patrons !

Les travailleurs-euses de différents secteurs se mettent à l’arrêts, faute des conditions de sécurité minimales. Tandis que le gouvernement italien ferme les écoles et les magasins, les entreprises restent ouvertes sous la pression des principales associations patronales qui veulent des entrepôts et des usines ouvertes, menaçant ainsi des millions de travailleurs-euses.

Dans toute l’Italie, les arrêts de travail et les grèves spontanées de la production se multiplient, elles pourraient conduire dans les prochains jours à la proclamation de la grève générale !

 

La révolte se répand dans les prisons française.

Des mouvements collectifs ont lieu dans plus de 10 prisons francaises à notre connaissance.
Ces mouvements sont souvent dûs à la restriction des parloirs jusqu’au 31 mars. Un prisonnier est décédé à Fresnes du Covid-19, et cinq autres cas ont été détectés. Sachant qu’il y a finalement peu d’informations qui circulent sur ce qui se passe à l’interieur des prisons francaises, nous mettons ici les quelques informations reçues :
A Val de reuil, les détenus refusent de regagner leurs cellules, comme à la prison de la santé le mardi 17 mars au soir. Les mouvements de révolte ont lieu également à Bois d’arcy, Réau, Lyon le corba, Aiton, Grenoble, Villefranche, Saint-Quentin-Fallavier, Osny, Maubege, Perpignan, Reims, Anger. Parfois, les Eris sont intervenus contre les mutins.

 

Révoltes dans les centres de rétention

Plusieurs révoltes éclatent actuellement dans les centres de rétention administrative, notamment sous forme de grèves de la faim. La crise sanitaire actuelle ne fait en effet qu’aggraver une situation déjà insupportable en temps normal dans ces prisons pour étranger-es. Nos camarades de « À bas les CRA » suivent et relaient ces résistances, liberté pour toutes et tous !

 

Des occasions qui se présentent ?

– Service minimum dans les tribunaux

– Des enquêtes au ralenti

– Des prolongations de détention sans débat

– Limiter les incarcérations

– Des contrôles judiciaires simplifiés

…en attendant encore plus de militaires dans les rues

 

Du point de vue de la théorie politique sur les événements en cours :

De l’utilisation de la « guerre sanitaire » pour perfectionner le controle

Face au Covid-19, les gouvernements de tous les pays touchés déploient chaque jour un arsenal technologique innovant pour contrôler la population.

Détail de la répression en cours en Chine, en Israël, en Corée du Sud, en Italie, au Etats-Unis, en Belgique et en France

 

Contagion sociale Guerre de classe microbiologique en Chine

« Un article aussi long qu’intéressant sur l’histoire des liens entre épidémies et production, sur la réponse actuelle de l’Etat chinois et sur le coronavirus comme symptôme des logiques contemporaines d’accumulation du capital. Faut s’accrocher, ça se lit en plusieurs fois mais ça vaut vraiment le coup. »

Agrobusiness & épidémie : d’où vient le coronavirus ?

Le réseau mondial de transport n’a jamais été aussi connecté. En l’absence de vaccins ou d’antiviraux spécifiques pour les coronavirus, et en l’absence de toute immunité collective, même une souche dont le taux de mortalité n’est que de 1 % peut présenter un danger considérable. Avec une période d’incubation allant jusqu’à deux semaines et des preuves de plus en plus nombreuses d’une certaine transmission avant la maladie – c’est-à-dire avant que nous sachions que des personnes sont infectées -, il est probable que peu d’endroits seront exempts d’infection.

[…] Qui faut-il blâmer ?

J’ai évoqué l’agriculture industrielle, mais elle s’inscrit dans un champ bien plus large. Le capital est le fer de lance de l’accaparement des dernières forêts primaires et des terres agricoles détenues par les petits exploitants dans le monde. Ces investissements favorisent la déforestation et le développement, ce qui entraîne l’apparition de maladies. La diversité et la complexité fonctionnelles que représentent ces immenses étendues de terre sont rationalisées de telle sorte que des agents pathogènes auparavant enfermés se répandent dans le bétail local et les communautés humaines.

Il faut mettre définitivement fin à l’agrobusiness en tant que mode de reproduction sociale, ne serait-ce que pour des raisons de santé publique. La production alimentaire capitaliste repose sur des pratiques qui mettent en danger l’humanité tout entière, contribuant en l’occurrence à déclencher une nouvelle pandémie mortelle.

Nous devons exiger que les systèmes alimentaires soient socialisés de manière à empêcher l’émergence d’agents pathogènes aussi dangereux. Pour cela, il faudra d’abord réintégrer la production alimentaire dans les besoins des communautés rurales. Cela nécessitera des pratiques agroécologiques qui protègent l’environnement et les agriculteurs qui cultivent nos aliments. En gros, nous devons combler les fossés métaboliques qui séparent nos écologies de nos économies. En bref, nous avons un monde à gagner.

 

Panagiotis Sotiris – Coronavirus. Contre Agamben, pour une biopolitique populaire.

Nous avons publié récemment un texte de Giorgio Agamben sur l’état d’urgence et le coronavirus. Il semble aujourd’hui qu’il s’appuyait sur des données scientifiques – officielles – erronées qui le conduisaient à minimiser l’importance de l’épidémie. Il n’en reste pas moins qu’il rappelait utilement combien l’état d’urgence s’inscrit dans une généalogie inquiétante et combien l’État moderne s’est toujours servi des crises de tous types pour accroître et exercer son emprise violente sur les peuples. Tout cela en se cachant sous une apparente neutralité savante.

L’épidémie frappe désormais l’Italie de plein fouet et prolifère à toute vitesse en France, rendant nécessaires des mesures à grande échelle pour contrer son expansion. Alors que commencent à s’esquisser, notamment en Italie, des formes d’auto-organisation populaires et que fait jour la nécessité d’une lecture rationnelle et antagonique des mesures prises par les gouvernements, il nous a semblé important de publier ce texte de Panagiotis Sotiris. Prolongeant le dernier Foucault, il s’attache en effet à imaginer ce que pourrait être une biopolitique communiste, s’appuyant sur les luttes populaires et l’intelligence collective.

Répétition générale d’une apocalypse différenciée

Critiquant ironiquement le débat entre Giorgio Agamben, Jean-Luc Nancy et Roberto Esposito sur cette question, l’auteur propose comme grille d’analyse non pas la répétition ad libitum du concept d' »état d’exception », ni l’idée d’une sombre puissance totalitaire du « bio-pouvoir », mais plutôt le lien organique entre le déséquilibre environnemental, le risque d’effondrement des systèmes sanitaires et le tournant autoritaire du néolibéralisme. La « catastrophe » qui se dessine à l’horizon se révèle ainsi historiquement et socialement déterminée, c’est-à-dire différenciée selon les positions de classe et les rapports hiérarchiques structurant la société.

 

L’épidémie n’a pas de vertu

 

Si l’on en croit la multiplication des analyses médiatiques allant dans ce sens dernièrement, l’épidémie de COVID-19 serait bonne pour la planète. Le principal bénéfice écologique évoqué se rapporte à la baisse d’1/4 des émissions chinoises de CO2 sur les deux derniers mois[1], dont les effets positifs sont évidemment climatiques mais aussi sanitaires. L’intérêt autour de cette réduction de la pollution émise par la deuxième puissance mondiale a notamment été renforcé par des images satellites de la NASA illustrant très nettement le phénomène.

[…] Dans la continuité de cette thématisation des épidémies comme pathologies sociales, les tendances (néo)malthusiennes de la présentation de l’épidémie liée au coronavirus comme « régulation naturelle » (ou de « retour à la normale »[32]) sont assez flagrantes : chez Malthus, c’est la famine qui vient inévitablement corriger le décalage entre croissances démographique et des ressources disponibles (la première étant plus rapide que la seconde) ; ici c’est l’épidémie qui joue ce rôle, régulant cette fois le développement des activités humaines face aux capacités de charge – ou limites – de la planète. L’analogie se confirme lorsque l’on s’intéresse plus en détail aux populations touchées par ces « régulations naturelles » : les pauvres chez Malthus, ou plus généralement les dominé-es – pauvres et racisé-es – dans les théories néomalthusiennes, tandis que les plus touché-es par l’épidémie due au coronavirus sont pour l’heure majoritairement chinois-es – environ 80% des personnes infectées.

[…] Souligner le caractère répressif du confinement et du calcul des risques tels qu’ils sont employés par les gouvernements de la plupart des pays infectés doit déboucher sur des propositions pour une autre gestion, écologiste, des épidémies (futures – parce que pour celle-ci, il semble que ce soit trop tard). Pour des pathogènes proches de ceux déjà étudiés, le recours au confinement ne semble en effet pas pouvoir être évité.

Le monde Covid-19 : les épidémies à l’ère du Capitalisme

L’apparition du virus connu sous le nom de Covid-19 est une conséquence de la civilisation industrielle ; pour nous, l’important n’est pas que le virus a muté à partir d’une chauve-souris, peut-être en raison de l’industrialisation de son habitat, ou qu’il s’agisse d’une attaque des États-Unis contre l’économie chinoise ; pour nous, l’important est qu’il s’agit de la conséquence d’un système qui transforme en marchandise chaque processus, objet ou être vivant sur terre, c’est l’avidité d’un système qui poursuit l’anéantissement de tous les êtres vivants, en direction de l’artificialisation le monde.

Afin de mettre fin à la pandémie, l’État a décrété l’« état d’urgence », ce qui implique l’interdiction de se déplacer, le confinement, un contrôle accru, la suspension des réunions et en général de la vie publique, le contrôle des moyens de transport et qui sait si bientôt ce ne sera pas aussi le contrôle de la distribution de la nourriture. Dans ce processus, nous voyons comment l’État prend une forme éco-fasciste, où le gouvernement sera de plus en plus contraint d’agir pour gérer les ressources et l’espace, chaque fois plus « rares », ce qui fait que la préservation des ressources les plus nécessaires n’est garantie qu’en sacrifiant un autre besoin : la liberté.

En l’absence d’un ennemi interne ou externe, l’État a trouvé un ennemi devant lequel il peut montrer tout son potentiel de guerre et en même temps accentuer l’asservissement de la population par la peur et la répression, alors qu’il se pose comme seule possibilité de salut face à la terreur produite par l’épidémie. Pour nous, la solution n’est pas un État plus autoritaire, mais la disparition de toute forme d’autorité. Désormais, il est possible que les états d’alarme, d’urgence… se succèdent, à cause de la dévastation écologique et sociale du monde, car nous sommes sûrs que les catastrophes continueront. Nous n’exagérons pas lorsque nous parlons de potentiel de guerre : on voit déjà l’armée prendre position dans des endroits stratégiques, la police contrôler davantage les rues et des drones dotés des caméras surveiller les mouvements de la population. Les mesures de l’état d’urgence visent non seulement à mettre fin à la pandémie de grippe mais aussi à propager une autre pandémie : celle de la servitude volontaire de la population par l’obéissance aux lois, face au danger de la pandémie ; elles visent à mettre fin aux critiques de l’État et du Capitalisme, face à la peur et aux risques éventuels.

De même, les conséquences de cette épidémie, ou de tout autre désastre industriel, seront économiquement dévastatrices ; on voit déjà la situation critique de milliers de personnes qui seront contraintes au chômage ou à la précarisation de leurs emplois ; comme toujours, la détérioration des conditions de vie sera subie par les couches les plus défavorisées de la société, qui depuis, des années, subissent déjà les durs assauts de la « crise capitaliste » et de ses coupes budgétaires. Au contraire, elle apportera certainement des grands profits aux classes supérieures, comme les propriétaires des grandes entreprises pharmaceutiques.

Et après le virus, on fait quoi ?

Solidarité en temps de crise… et après ?

 

A la crise sanitaire succédera une crise économique et sociale dont nous peinons aujourd’hui à imaginer la dimension qu’elle pourrait prendre. Alors que les gouvernements mettent en place des mesures d’exception, celles et ceux qui désormais s’activent par solidarité ou qui espèrent une autre organisation de la société peuvent également tenter d’en tirer des enseignements.

Lors de la dernière crise financière et économique majeure de 2007-2008, les Etats étaient largement venus en aide aux secteurs bancaire et automobile. L’addition a été reportée sur les finances publiques et donc payée in fine par la population, déjà affaiblie par la crise. Il y a fort à parier que sans une action collective déterminée de grande ampleur le même scénario se reproduise.

De cette crise sanitaire surgissent d’un peu partout des solidarités inédites. On a rarement autant parlé à ses voisins, proposé de faire des courses pour les personnes âgées confinées chez elles. Or, au fond, il ne tient qu’à nous toutes et tous, que ces comportements de solidarité qui surgissent ne s’évaporent pas quand la crise sanitaire aura disparu. Les formes locales d’organisation, souvent à l’échelle du quartier, peuvent être porteuses d’une autre perspective une fois le droit de réunion rétabli. Elles peuvent être la base d’une démocratie radicale. Avec un peu plus d’ambition, elles peuvent être les structures à partir desquelles repenser un nouveau modèle de production économique basé sur la satisfaction des besoins.

Néanmoins, ne soyons pas naïfs sur les capacités locales, quand les décisions se prennent à l’échelle nationale, voire au-delà. Pour que les 10 milliards (même pas l’équivalent d’une semaine de la production intérieure brute !) débloqués par le Conseil fédéral ne financent pas les bénéfices des actionnaires, il faudra une forte mobilisation et à une autre échelle. Et ces formes d’organisations locales, surgies dans l’urgence pour faire face à une situation inédite et imprévue, pourraient être un espace puissant de prise de conscience et de mobilisation. D’elles peuvent partir des revendications unificatrices et indépendantes des structures discréditées des partis, associations profesionnelles et autres lobbys.

 

 

 

Revue de presse du 06 au 12 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur le mouvement contre les retraites.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

– Mardi 14 janvier : 14h pref gap

– Mercredi 15 janvier : 9h30 esplanade de la paix gap

– Jeudi 16 janvier : 10h30 place des aires laragne

 

La semaine du 06 au 12 janvier

– Manifestation du jeudi 09 janvier :

Entre 2650 et 4500 personnes à Gap et Digne-les-bains :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/09/reforme-des-retraites-les-avocats-demarrent-la-journee-de-mobilisation

– Vendredi 10 janvier : Piquet de greve devant l’inspection acadamique

Piquet de greve

Piquet de grève interpro devant l’inspection académique ce matin
Des profs, des cheminots, des territoriaux, …
Une cinquantaine de personnes
Belle réussite

– Pique-nique devant la permanence de la député LREM

Pique nique permanence député

https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2020/01/10/gap-des-manifestants-taguent-la-permanence-de-la-deputee-pascale-boyer

– Samedi 11 janvier : AG constituante du collectif inter-santé sud alpes :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/11/gap-pres-d-une-centaine-de-personnes-manifestent-devant-l-hopital

Collectif inter santé sud alpes : www.facebook.com/groups/533503474175301

– Manifestation du samedi 11 janvier

– Gap

manif 11 janvier

Près de 600 personnes dans les rues de Gap
On est pas près de lâcher

– Manosque :

manif 11 janvier manosque

500 manifestant.e.s à manosque

Global :

– Violence policière à Paris le 09 janvier et réponse des manifestants le 11 janvier :

Violence policière le 09 janvier :

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE Jeudi 9 janvier, un voile supplémentaire s’est levé sur la réalité de ce qu'est la Police. Le point de bascule est atteint. La mutation fasciste accomplie. Ce film grave la douloureuse mémoire de cette journée. (Activez le son)Une mémoire qui resurgit des heures sombres, d’une Histoire particulière : celle d'une Police qui s’est longuement entraînée dans les quartiers, les cités pour commettre ses exactions et ses expérimentations d’armes et de techniques… C’est une Histoire tachée de sang et aujourd’hui tout le monde la voit enfin au grand jour. Aujourd’hui, plus personne ne sera épargné.vidéos : Brice Ivanovic (twitter), mtgphotographe (twitter), Gabin pour Vécu, Laurent Bigot (twitter), Line Press, Spunick

Gepostet von Cerveaux non disponibles am Freitag, 10. Januar 2020

La réponse des manifestants le 11 janvier :

– La grêve dans tout le pays :

https://expansive.info/La-greve-dans-tout-le-pays-a-travers-les-sites-du-reseau-Mutu-1943

– Regagner du pouvoir quand on est salarié.e :

https://manif-est.info/Regagner-en-pouvoir-quand-on-est-salarie-e-1292.html

– Sur la réforme des retraites :

Réforme des retraites

– Communiqué de l’intersyndical du 11 janvier :

Communiqué de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-SOLIDAIRES-MNL-UNEF-UNL ce samedi 11 janvier 2020Jusqu’à la victoire Les …

Gepostet von CGT Confédération Générale du Travail am Samstag, 11. Januar 2020

 

Parution de Nunatak n°5 (Hiver-printemps 2019/20)

Si vous souhaitez recevoir des exemplaires, vous pouvez  contacter l’équipe de rédaction en précisant le nombre désiré ainsi que l’adresse de réception. N’hésitez pas à les contacter si vous voulez  aider dans la diffusion, participer à la revue,  envoyer vos propositions de textes, d’illustrations, commentaires ou critiques.

 

SOMMAIRE :
Promenons-nous dans les bois/Nicole écoute aux Portes/La fin du monde, l’eau et le feu/Transhumances/Imbroglio sur le Markstein/Voyage, voyage !

 

Édito

La randonnée que nous allons entamer nous mènera sur des chemins escarpés où l’équilibre risque d’être difficile à tenir. Tel un funambule des montagnes, nous essayerons de ne pas chuter car il nous faudra mettre en évidence des contradictions sans tomber dans la critique facile qui vise à moraliser ou à faire culpabiliser.

Nous observons autour de nous un intérêt grandissant pour tout un ensemble de choix de vie qu’on pourrait qualifier d’alternatifs. Autonomie alimentaire ou énergétique, écoconstruction, écoles alternatives, médecines douces, régimes alimentaires divers et variés, économie sociale et solidaire, etc.

On pourrait a priori se dire « Eh bien quoi ? Chacun fait fait fait c’qui lui plaît plaît plaît, non ? » Certes. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici de juger ce que chacun·e met dans son assiette ou comment on occupe son temps libre.
Plus questionnant par contre est le fait que ces choix de vie individuels sont très souvent présentés comme des choix militants et forts, une solution politique aux problèmes sociaux et environnementaux. Dans ce foisonnement d’alternatives, certains y verront un moyen de détruire le capitalisme, mettant ainsi en pratique la théorie dite « de la tâche d’huile » : montrer l’exemple, la voie à suivre, en incitant les autres à « s’y mettre aussi » et alors, peu à peu, le nouveau monde remplacera l’ancien. Ce mouvement ne se trouve-t-il pas amplifié par les angoisses liées à « l’effondrement programmé du capitalisme et de la planète » ?

Ces choix sont-ils réellement à la portée de tout un chacun ? Ces alternatives souvent mises en avant par des individus et groupes plutôt bien dotés culturellement et financièrement, ne délimiteraient-elles pas une nouvelle frontière symbolique des rapports de classe ? On voit d’ailleurs facilement venir les rengaines culpabilisantes envers celles et ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas appliquer ces recommandations d’usage1.
Se livrer à une démarche individuelle soit-disant vertueuse ne se ferait-il pas au détriment de perspectives collectives d’émancipation, avec ce qu’elles peuvent comporter de confrontations avec l’ordre établi ?
Et puis, ne serait-ce pas illusoire de croire à un changement fondamental des structures de cette société en s’en remettant à « si tout le monde faisait comme-ci… » ?

Nous voilà bien chargés pour continuer l’ascension. Nous tanguons. Avant de chuter vers une pente un peu trop raide, reprenons notre souffle et jetons un œil de l’autre côté de notre ligne de crête.

Lire la suite…

L’imprimerie calue vous salue !

Calu.e : adj. Fada, folle, déraisonnable

À quelques un.e.s, nous nous occupons depuis plusieurs années d’une mini-imprimerie à Gap.

Nous avons actuellement une imprimante laser de qualité professionnel, couleur et noir, pour des affiches jusqu’au A3, des brochures agrafées en A4 et A3, des tracts…

L’idée est d’avoir un outil pour imprimer pas trop cher des fanzines, des journaux, des tracts pour les luttes, de remplir les infokiosques. Les outils sont pensés pour être utilisés de manière autonome par les personnes souhaitant imprimer.

Nous pouvons vous accompagner sur le fonctionnement de la machine, du massicot, mais aussi sur la mise en page grâce au poste informatique qui lui est dédié.

Nous partons d’une critique de l’autorité, du capitalisme et des rapports sociaux de domination. Nous souhaitons que cet outil permette de diffuser ces critiques, de permettre des rencontres, des discussions à partir des productions éditées ici.

Pour nous rencontrer, imprimer et en savoir plus, contactez-nous :

imprimeriecalue [at] riseup.net

Matériel calu :

-imprimante A3 recto-verso, CMJN, 1200*600 Dpi

-agrafeuse avec bras jusqu’à 25 cm

-massicot longueur de coupe 46 cm (format A3)

-papier 64g à 268g- mat/brillant- couché ou non – blanc ou couleur.

-PC linux/windows- logiciels de mise en page/traitement d’image – internet.

Le squat de A à Z : nouvelle mouture !

Ceci est le produit d’une écriture collective, par des squatteur-euse-s passé-e-s, présent-e-s et futur-e-s, pour des squatteur-euse-s présent-e-s ou futur-e-s.

Envoyez vos contacts, critiques, idées, infos ou propositions de modifications à a-z [@] squat.net. Cette adresse e-mail peut aussi être utilisée pour poser des questions spécifiques auxquelles ne répondrait pas ce guide, pour faire des demandes de conseils, de documents juridiques, de défense-type… Envoyez-nous vos jurisprudences, récits, bilans d’expériences, notamment ce qui pourrait s’avérer contradictoire avec ce qui est écrit dans ce guide, pour que l’on puisse continuer à l’améliorer en fonction de l’évolution des situations et continuer à diffuser des infos utiles à travers la France. Même si certaines infos sont valables aussi dans d’autres cas, nous ne donnons ici que peu de renseignements sur les occupations de terrain et les réalités des rapports de force plus propres aux gens installés en camion, roulotte, caravane, nomades, etc. car il s’agit d’une réalité que nous connaissons moins. Nous ne voulons pas prendre le risque de dire des bêtises ou de parler en théorie en dehors de situations vécues directement. Cela dit, ça nous intéresse bien de compléter ce guide en ce sens à l’avenir… avec votre aide.

Le squat de A à Z étant régulièrement réédité, demandez-nous la dernière version !

Le squat de A à Z (a-z@@@squat.net), juin 2019

Pour lire en ligne c’est ici

pour télécharger la brochure en pdf c’est ici

et pous plus : https://infokiosques.net

Chasse, pêche, nature et réintroduction

Une critique de la gestion de la faune

[ Extrait de Nunatak, revue d’histoires, cultures et luttes des montagnes, n°4, hiver-printemps 2019.]

[Retranscription reprise de https://www.non-fides.fr/]

« Car oui ! Camarades ! C’est bien grâce à une alliance entre les espèces que nous mettrons une race au capitalisme ! » Bakounine Michou

« Évitez les sujets polémiques, bande d’abrutis ! Ne parlez pas du loup, ne parlez pas de l’ours » conseillait avec bienveillance un formateur à ses poulains lors d’une séance dédiée à la faune. « Imaginez qu’un chasseur se cache dans le groupe auquel vous vous adresserez ! » Dans le petit monde libéral de l’éducation à l’environnement, le client est roi, et aucune remarque ou affirmation ne doit passer au travers des mailles de la neutralité. Cette petite anecdote plutôt à côté de la plaque n’était qu’un prétexte pour introduire la question – elle aussi hors sujet – de la chasse.

Hors sujet car l’intention première de ce texte est de vous parler de la réintroduction animale, pratiquée entre autres par les fédérations de chasse et supervisée par l’ONCFS [1]. Point n’est besoin, donc, de se perdre en considérations sur les pratiques cynégétiques comme c’est le cas dans les premiers paragraphes qui suivent. Quelle mesquinerie ! Mieux vaudrait aller au but sans trop de circonvolutions plutôt que de se livrer à un trop bref exercice de critique de ce loisir mêlant sport et passion, que certains interpréteront comme partisan en plus d’être gratuit, et ce bien qu’il soit exécuté avec le détachement de rigueur…

Car comme le soulignait le formateur, il ne faut pas heurter les chasseurs, ces âmes sensibles que tout le monde semble vouloir se mettre dans la poche. Mais voilà le hic : il se pourrait bien qu’à l’image de nombre de ses congénères, l’auteur de ces lignes étouffe sous le poids de cette pratique exclusive et qu’il ait la conviction de ne pas être un cas isolé. Alors tant pis pour le consensus militant qui voudrait que tout ce qui est populaire soit sacré et à brosser dans le sens du poil. Après tout, nous ne sommes pas à la chasse aux votes… Les internationalistes lecteurs du Chasseur Français éviteront un possible choc cardiaque en sautant les deux premiers paragraphes… Toutefois, ils relativiseront en se disant que deux paragraphes ne sont pas grand chose face à une industrie ayant un gouvernement et pléthore de revues à sa disposition. Quant aux autres, soyez indulgents et allez jusqu’à la fin si la curiosité vous pousse au-delà de ces quelques involontaires divagations.

Avec plus d’un million de chasseurs [2], la France fait donc figure de très bonne élève dans le domaine de la tuerie de délassement. S’il ne s’agit pas spécialement de s’en prendre à ce rituel consistant à tromper l’ennui en dégommant des animaux, force est de constater que nos intrépides trappeurs occupent le territoire aussi bien pendant la saison de chasse que pendant les quelques mois où les armes sont censées rester à la maison. Non parce qu’ils braveraient en masse la période d’interdiction, mais parce que le discours d’ un million d’adeptes de ce loisir 100% tradition résonne autrement plus fort que – par exemple – celui de millions de travailleurs précarisés. Les courbettes du chef actuel de l’État français envers la chasse, qui semblent décidément une marque de fabrique chez les présidents jeunes et dynamiques [3], ont marqué l’actualité de l’ hiver dernier et de ce que l’on appelle la rentrée politique. Outre cet anachronisme imbécile qu’est la tradition française ou ce fétichisme crétin pour les armes à feu, la chasse prétend être à la croisée d’autres valeurs. Les chasseurs seraient ainsi les premiers écologistes. Dans le sens où leur action – de masse pour une fois – participerait au rééquilibrage d’une chaîne alimentaire depuis longtemps atrophiée par l’acharnement des hommes. En tentant d’endiguer le pullulement d’animaux qu’ils ont pourtant largement contribué à répandre, les chasseurs seraient le dernier rempart qui préserverait certains villages d’ une attaque en règle par des hordes de cochons sauvages. Si rien n’est fait, ceux-ci ne se contenteront plus de piétiner nos potagers mais transformeront les villages en champs de ruine et dévoreront les enfants à la sortie des écoles. Si, d’une certaine manière, ce discours ne comporte pas uniquement du faux, il est toutefois porteur de ce cynisme que tout gestionnaire du désastre doit faire sien : il n’est pas moins faux d’affirmer que, pour pouvoir continuer à fonctionner, le système économique a besoin aussi bien d’ énergie polluante que d’une réserve d’ esclaves.

Faut-il pour autant accepter la gestion de la faune telle que nous la propose l’industrie de la chasse, comme il nous faudrait accepter la fuite en avant nucléaire sous prétexte que les centrales existent déjà ? Pour qui loue la grandeur de l’esprit de l’homme, son implacable supériorité dans le domaine du vivant, le génie d’une espèce qui a été capable d’institutionnaliser, légiférer et militariser la loi de la jungle, alors la réponse est certainement positive. Au rebours de cette posture consistant à gérer la catastrophe, une autre se plaît à présenter la chasse comme une pratique qui replace les humains dans une chaîne alimentaire et une relation à l’animal forcément saine, puisque naturelle. On se cassera donc les dents pour y déceler autre chose qu’une énième conjugaison du mot nature, son simple emploi ayant force d’autorité. On ne sait pas à quelle mythification de l’histoire des sociétés humaines, ni à quelle naturalité de la chaîne alimentaire cette esquisse de la chasse renvoie, mais quoi qu’il en soit, ce n’est certainement pas au territoire européen où les forêts primaires ont disparu, où les grands prédateurs mangent bien plus de bastos que de moutons, où rongeurs et mustélidés ont été des siècles durant transformés en manteaux ou en paires de gants que l’on cherchera quelque chose pouvant s’apparenter à une chaîne alimentaire complète et assurant son cycle. Bref, d’une part, il est difficile de comprendre en quoi telle pratique serait plus naturelle que telle autre dans un monde peuplé de plus de 7,5 milliards de consommateurs ou aspirants à le devenir. D’autre part, l’ambiguïté du terme de nature appliqué à un fonctionnement sociétal lui donne une plasticité telle qu’on l’entend sortir aussi bien de la bouche d’un hippie exalté que de celle d’un apôtre du darwinisme social ; de celle d’un chasseur né avec un fusil en bandoulière aussi bien que de celle d’un nazillon embrassant la loi du plus fort.

La nature peut s’interpréter aussi bien comme la source d’inégalités qu’elle est souvent que comme le formidable réservoir de solidarités interspécifiques qu’elle est parfois. Tout peut s’argumenter en son nom : l’homophobe y puise de quoi justifier sa haine ; le libertaire terrassé par une crise de poésie voit dans son harmonie apparente un beau jour de printemps le modèle d’une société libérée. Aussi nous abstiendrons-nous de l’emploi de ce mot, dès lors que l’on cherche à lui faire revêtir une idée plutôt que la simple description d’un milieu un minimum à l’écart de la civilisation.

Mais revenons-en à nos mouflons. Les espèces sont classées entre nuisibles ou utiles, non en fonction du rôle qu’elles pourraient avoir dans les rares zones où un semblant d’équilibre écologique aurait pu se maintenir, mais en fonction de la concurrence que celles-ci font au fanatisme hégémonique de la nôtre. Un loup bouffe un agneau : il faut buter tous les loups. Un requin mal inspiré se claque la cuisse d’un surfeur blond avant de la recracher : il faut tuer tous les squales (au lieu de tuer tous les surfeurs blonds). Une vipère mord la cheville du distrait randonneur qui la piétinait : il faut fumer tous les serpents. La fouine ou l’hermine s’adonne à des incursions nocturnes dans les poulaillers : il faut exterminer les mustélidés. C’est uniquement en fonction des contraintes qu’elles apportent à nos modes de vie que les espèces sont autorisées à vivre ou condamnées à la persécution. Mais même – et c’est vous dire ! – dans les projets de certains gestionnaires du présent, cette logique a fait long feu. Car s’il était normal de penser sans se l’avouer « après nous le déluge » il y a à peine une génération, nombreux sont les indices permettant d’entrevoir à court terme le déclenchement incontrôlable de réactions en chaînes consécutives au dérèglement généralisé du vivant. On se fout des générations futures : c’est une chose évidente et presque admise par chacun, depuis le dirigeant jusqu’au consommateur. Mais on ne se fout pas de la nôtre : à quoi bon trimer quarante et quelques années au turbin si, le jour de la retraite, tout s’effondre ?

Arrivé à ce point du texte, le risque est grand de basculer dans le concours de descriptions du cataclysme qui inonde toute revue plus ou moins de gauche. Nous tenterons donc péniblement de faire l’économie des sempiternelles jérémiades et autres surenchères quant à l’étendue du problème écologique. Ouvrez n’ importe quelle revue citoyenne si vous voulez continuer de déprimer à coup de chiffres sur le réchauffement climatique, la surpopulation ou la biomagnification du plastique. En attendant, les faits sont là : le taux d’extinction des espèces est aujourd’hui de plusieurs centaines à plusieurs milliers de fois plus rapide qu’il ne le serait sans la présence de l’ homme. La proportion précise est affaire de spécialiste. Nous ne nous en mêlerons d’ autant moins que même réduite à son minimum, elle est indubitablement la conséquence des agissements du meilleur des mondes et de ses habitants. Destruction de l’habitat, réchauffement, urbanisation galopante, perturbation de la chaîne alimentaire, pollution massive ou disparition pure et simple des sols et des cours d’eau, dérangement lors de périodes de reproduction… rien n’est épargné à nos camarades animaux. La plupart des victimes de cette extinction massive – du jamais vu depuis 66 millions d’années –, n’ ont pas une taille, une appartenance ou une anatomie suffisamment proches des nôtres pour mériter davantage qu’une mention furtive et vite oubliée : on est généralement plus attristé par l’extinction d’un mammifère que par celle d’ un insecte ou d’une graminée. La disparition massive de la microfaune a pourtant des conséquences immédiates et désastreuses, facilement observables pour le grimpeur qui entreprend la périlleuse ascension de la chaîne alimentaire : pour ne citer qu’un exemple largement connu et commenté, les passereaux, privés d’insectes en quantité suffisante, s’éteignent les uns après les autres [4]. La chaîne alimentaire ressemble à une échelle dont on scie aléatoirement chaque année un nouveau barreau : elle n’ est plus une ligne continue mais une suite de segments de plus en plus courts et donc éloignés les uns des autres.

Comme il est de règle en ces temps d’ abrutissement consumériste, l’usage consiste à proposer des palliatifs. Le capitalisme vert et le tourisme équitable répondent à une angoisse massive par l’ ouverture d’espaces où, moyennant souvent monnaie, le vacancier responsable mais néanmoins inquiet pourra mimer l’ insouciance. Quelques kilomètres carrés sans trop de coupes rases et d’acharnement direct contre la vie animale devraient, à défaut de faire oublier que c’ est la merde ailleurs, conforter dans la croyance en une manière juste de gérer l’ équilibre entre destruction et préservation de l’environnement… C’est dans ce cadre que la réintroduction animale entre en scène. C’est-à-dire dans un cadre intégrable et intégré au marché, où la valorisation de la faune et de la flore n’a guère d’autre finalité que celle d’attirer le citoyen paré de son complet naturaliste Quechua. Comme n’importe quelle saloperie engendrée par le capitalisme, la disparition des espèces ne peut être considérée séparément du reste. Elle ne peut pas être endiguée sans une remise en cause radicale d’un monde qui se doit de tout écraser sur son passage. Incorrigibles mécontents, nous ne chercherons donc pas ici à saluer la réintroduction animale telle qu’elle est pratiquée, dans les territoires de montagne entre autres, par les parcs nationaux ou les fédérations de chasse. Cela ne changera rien à ce que l’ on peut penser de telle ou telle politique de réintroduction particulière, et n’empêchera pas les sceptiques que nous sommes face à ces opérations d’être fascinés par l’ impeccable vol plané d’un vautour fauve ou de sourire devant la démarche pataude d’ un castor sur une berge, deux espèces dont les retours mêlant protection juridique et réintroduction ont été couronnés de succès. Mais la séduisante carte postale cache une politique de gestion qui n’ a d’autre horizon que de panser tardivement une hémorragie, et dont les moyens restent soumis à l’impératif du retour sur investissement. C’est sur ces deux points que nous allons nous étendre pour mettre au clair quelques idées sur les ressorts et la finalité de la réintroduction.

« Et puis, le charme du produit touristique « Parc National des Cévennes » n’ est-il pas, entre autres, de proposer des animaux sauvages qu’on puisse voir, même quand on n’est pas un trappeur [5] ? » La réintroduction, tout d’abord, est une opération souvent de la dernière chance consistant à effectuer des lâchés d’espèces menacées sur des territoires où elles ont disparu ou presque disparu. On ne la confondra pas avec l’introduction qui consiste en la même opération, mais sur des territoires où ces espèces n’ont jamais été présentes. On comprend tout de suite mieux pourquoi l’introduction est une pratique dangereuse : des relations complexes régissent les relations entre les espèces, ainsi qu’entre les espèces et le milieu. La totalité des aspects de la vie d’une espèce doit être imbriquée dans l’écosystème qui l’accueille, depuis son inclusion dans la chaîne alimentaire jusqu’à la biodégradation de ses déjections et de sa dépouille. Introduire une espèce là où elle n’a jamais évolué bouleverse ce cycle et peut donner lieu aussi bien aux fameux et tant décriés pullulements [6] qu’à des déséquilibres dans les cycles de la biomasse [7].

L’introduction est de toute manière une opération soit involontaire (les innombrables cas d’insectes qui s’invitent sans titre dans le transport international et se répandent partout), soit liée directement aux impératifs industriels, comme les ragondins d’Amérique du Sud ramenés en Europe pour répondre à la demande de l’immonde marché de la fourrure. Quant à la réintroduction, elle ne peut contrecarrer que l’ une des raisons de la disparition des espèces : la persécution directe et délibérée par l’homme. Cette persécution a plusieurs origines. L’une d’elles, déjà évoquée plus haut, consiste à se divertir. D’autres sont liées à des fantasmes ancestraux qui ont la peau dure dans certaines régions : le loup qui va pulluler, les serpents coupables de nous faire peur, le grand rapace qui, si on laisse faire, va bientôt s’attaquer à des nourrissons [8]. En limitant par une action de police cette persécution à l’intérieur de territoires où s’applique une juridiction spéciale accompagnant les entreprises de réintroduction, les autorités prétendent construire des îlots verts au milieu d’un océan pollué par l’action conjointe de toutes leurs autres politiques. Mais à quoi bon s’acharner à réintroduire des coqs de bruyère au sommet du Mont Lozère si, dans le reste du pays, les herbicides font disparaître en masse insectes et passereaux ? À quoi bon créer des ministères de l’ Écologie quand les autres ont pour mission de détruire l’environnement directement (ministère de la Défense, ministère de l’Agriculture) ou indirectement (à peu près tous les autres) ? À part se forger une image écoresponsable et faire passer un message en phase avec son époque, seul l’habituel exercice de contorsion bien-pensante permettra de trouver une réponse à ces questions. Mais l’acharnement direct n’est pas la seule raison de la disparition des espèces : celles-ci doivent faire face aux menaces de fond. Et c’est à nouveau dans l’action de notre propre espèce que se logent ces causes. Nous aurions peut-être parlé de menaces à long ou moyen terme en rédigeant ce texte il y a quelques années. Mais la nouvelle extinction massive est désormais un processus reconnu et entamé : le capitalisme triomphant n’ est plus un cadeau empoisonné que nous laisserons aux générations futures, mais bien une grenade dégoupillée que nous tenons entre les mains.

Destruction des milieux, bétonisation massive, dérangement, réchauffement climatique etc. sont autant de causes du recul du vivant à la surface du globe. C’ est ce que nous entendions lorsque nous soulignions plus haut qu’aucun dommage engendré par la domination capitaliste, aussi collatéral soit-il, ne peut être considéré et enrayé isolément. Un agent d’un quelconque parc national aura beau mettre une prune à un braconnier abattant une espèce protégée, il n’empêchera pas les entreprises de vendre plus d’automobiles, les groupes de photographes naturalistes de faire échouer les reproductions, les stations de ski et les infrastructures routières de morceler les populations, les hordes d’aventuriers portant des baudriers en guise de slips de débouler en masse dans les milieux fragiles. Il n’empêchera pas non plus le réchauffement de grignoter le territoire de ces animaux dont l’écologie est basée sur la présence de la neige : avec une couverture blanche se réduisant à peau de chagrin, la survie d’ espèces telles que le renard polaire, le lièvre variable, le lagopède ou encore l’ hermine est en péril. L’avenir de ces espèces consiste-t-il en un élevage dans des centres spécialisés effectuant chaque année des lâchés d’animaux semi-domestiqués ? Et pourquoi pas, tant que nous y sommes, effectuer ces lâchés à l’intérieur d’enceintes grillagées, ces zoos qui ne veulent pas dire leur nom, tels ces loups du Gévaudan vantés par les plaquettes touristiques ? Sont-elles guettées par le même avenir pathétique que ces pandas géants à qui des équipes de scientifiques projettent des films coquins afin de stimuler une reproduction en déclin ? Car c’ est bien par une grève des parties honteuses que ces animaux ont réagi à la disparition de leur biotope et à leur conservation artificielle… Aussi surréelle que puisse sembler cette situation, nous en sommes là et ce texte n’est pas le début d’un livre de science-fiction.

Enfin, un constat s’impose dès lors que l’ on observe la pratique de la réintroduction dans les parcs nationaux et autres réserves naturelles : c’est parmi les espèces spectaculaires que ces opérations grappillent généralement leurs candidats, plutôt que parmi celles dont la disparition ou raréfaction a des conséquences autrement plus graves. Citons pour exemple les grands ongulés (cerfs, mouflons, bouquetins…) qui en imposent par leur taille, ou l’ ours, spectaculaire dans un monde où la fausse sensation forte est une demande. Quant au castor, bien que moyennement imposant, il bénéficie d’ une certaine sympathie dans l’imaginaire collectif, en plus de faire faire des économies aux collectivités territoriales en assumant une partie de l’entretien des berges et en permettant de les maintenir accessibles. C’ est du moins une des raisons de sa réintroduction dans certains pays d’ Europe. La mise en valeur des espèces dans la stratégie de communication des parcs ou réserves sert bien entendu à valoriser le territoire d’un point de vue économique. Car dans le pur intérêt de ces animaux, le battage médiatique autour de leur présence est une véritable tare. N’importe quel responsable de programme de réintroduction sait pertinemment que le silence est le meilleur allié d’ un lâché de faune sauvage. Car outre les éternels chasseurs, c’est en images que d’ autres cherchent à les capturer, avec les conséquences que l’on sait sur l’ échec de la reproduction. L’aigle royal n’a certes plus grand chose à craindre de cette triste habitude paysanne qui consistait à tirer systématiquement les rapaces. Mais c’ est désormais la chasse au plus beau cliché qui le menace, et particulièrement les couples dont les nids se situent dans des territoires à peu près accessibles pour les naturalistes : ces territoires dits de moyenne montagne, dénués de grandes parois isolées.

Avec une période de nidification occupant environ les trois quarts de l’année et l’habitude établie d’abandonner le nid en cas de dérangement, le danger que font peser certains amoureux de la nature sur ces espèces est maintenant un fait reconnu. La gestion de la réintroduction à la sauce parc national est donc embourbée dans une contradiction indépassable. Les commissions responsables des programmes de réintroduction auront beau croire sincèrement dans le bien-fondé de leur action, leurs membres auront beau penser individuellement que le problème est global, la promotion faite autour de ces opérations participe à la création du problème qu’elles se proposent de freiner. Et personne n’imagine cette publicité disparaître de sitôt. Le capitalisme ayant depuis longtemps atteint l’étroite limite géographique qu’est la planète, il s’agit désormais de la presser et d’intensifier son exploitation là où cela n’a pas encore été suffisamment effectué. On ne produira certes jamais autant de valeur marchande dans les territoires montagnards et ruraux que dans les quartiers d’affaires, mais le fonctionnement sous forme de crise permanente de l’économie mondiale passe par l’augmentation et la multiplication des cadences partout où cela est possible. La mise en valeur du territoire, ce n’est pas une tentative de revenir à des pratiques supposées authentiques afin de juguler les ravages qu’y a causé la marchandise. C’est au contraire extraire de la valeur de régions où l’industrie et le service se sont peu implantés et où, comme partout, la loi de la rentabilité doit plus que jamais s’appliquer. La course à la croissance passe également par là. C’est donc aussi à travers la promotion de parcs nationaux riches en biodiversité que l’on attire et que l’on fait tourner l’économie locale. Mais foin de démonstrations prétendant faire croire au lecteur que nous comprenons quelque chose à l’économie !

De nature compréhensive, nous ne profiterons pas de cette amorce de conclusion pour vous enquiquiner par un pseudo-maniement de science marxisante. En insistant sur la richesse faunistique de ses territoires, l’État, par l’intermédiaire de ses parcs et autres zones classées, stimule le tourisme et se veut une courroie de transmission vers les acteurs économiques locaux : hébergements, restauration, industrie du loisir et de l’activité pleine nature. Ces derniers le savent d’ autant mieux que la plupart agitent, qui un bouquetin, qui un ours, qui – faute de mieux – une marmotte, telles les mascottes de leurs vertes vallées. « Ariège, pays de l’Ours », chantent les commerçants de cette partie des Pyrénées dès lors qu’ils vendent autre chose que de la viande ou du fromage. C’est finalement en gardant en tête les perspectives larges dans lesquelles se situent les politiques de réintroduction que l’envie de nous positionner à leur sujet nous est coupée nette. La disparition des espèces nous inquiète, mais pas seulement celle des espèces commerciales, loin s’en faut. Nous nous foutons de la perspective purement contemplative, provisoire et palliative que l’ État propose à l’intérieur d’une poignée de périmètres balisés. On ne combat pas un cataclysme en en attisant un autre, ou en menant des expériences isolées qui ressemblent de plus en plus à des musées ou à des zoos à ciel ouvert, mais en sapant les fondements d’un système sénile qui nous impose un tel spectacle comme la normalité.

  Andy Manché.

 

1Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage, sous l’égide des ministères dédiés à l’Environnement et à l’Agriculture. Le rôle et le rapport à la chasse sont centraux dans l’orientation, les choix et les mises en place des politiques de réintroduction.

[2Ce chiffre tient compte aussi bien des bons que des mauvais chasseurs.

[3Avant Macron, c’était Giscard qui avait été le plus jeune président élu. Fort de son image de jeune loup au top de la forme, il pensait casser l’ image de la vieille politique en allant boire des coups avec le petit peuple dans les villages, en prenant le petit déjeuner avec des éboueurs ou en serrant la paluche d’un détenu… avant d’aller honorer la politique françafricaine et, après les signatures de contrats et autres accords militaires, de partir chasser l’éléphant sous le feu des projecteurs.

[4À part quelques champions de l’adaptation, comme par exemple les mésanges dont le bec somme toute assez robuste permet de passer à un régime granivore en hiver. Mais pour les passereaux dits spécialisés qui ont le malheur de ne pas être migrateurs, débusquer des insectes en quantité suffisante toute l’année s’avère de plus en plus une vraie prise de tête/crâne.

[5Sauvages et de tous poils, n°44/45 de la revue du Parc National des Cévennes.

[6Le pullulement est souvent reproché à des espèces dont une des caractéristiques est justement de ne pas pulluler. Le renard ne pullule pas : lorsque sa population atteint un seuil défini par la disponibilité des ressources alimentaires, la femelle donne naissance à beaucoup moins de renardeaux. Le loup qui cristallise crainte et haine ancestrales obéit à la même règle que son cousin goupil : la femelle va jusqu’à renoncer à ses chaleurs en cas de saturation démographique. On ne pourra que constater sans la moindre ironie que l’espèce qui reproche aux autres de pulluler – homo sapiens –, compte 7,5 milliards d’individus auxquels s’en seront ajoutés quelques millions entre la rédaction de cette note de bas de page et son passage sous presse…

[7Citons pour exemple le fécal retour de bâton consécutif à l’introduction massive de vaches en Australie. En l’absence du bousier, insecte consommateur exclusif de bonnes vieilles bouses, les pâturages australiens se sont recouverts de déjections dont le recyclage n’était plus assuré par personne, les humains ne mangeant de la merde qu’à condition qu’elle soit estampillée McDonald’s ou Carrefour…

[8Si effectivement la présence de certaines de ces espèces peut compliquer la vie d’un éleveur ou du propriétaire d’une basse-cour, elles payent cependant souvent le prix de la rancœur de corps de métiers devenus obsolètes dans l’économie mondialisée. On a régulièrement besoin de boucs émissaires, faute de s’attaquer aux causes directes de son mal-être. Autrement dit, il est plus commode pour un éleveur ariégeois de blâmer l’ours qui s’attaque épisodiquement à un troupeau, qu’un pouvoir dont les orientations laisseront toujours les paysans osciller entre dépôt de bilan et burn-out. L’ acharnement franco-français contre les grands prédateurs est également à rechercher dans le fait qu’ayant été exterminés, et donc absents pendant plus d’un demi-siècle, leur retour est vécu comme une contrainte supplémentaire par des filières professionnelles aux abois. Quant à la disparition de la profession du fait de l’agressivité, pour ne pas dire la sournoiserie, du grand méchant loup, un petit détour par l’Espagne ou l’Italie renvoie cet argument à ce qu’il est : un fantasme. Des millénaires de cohabitation ininterrompue entre le loup, l’ours et l’homme n’a fait disparaître ni éleveurs, ni proies.

Résistons ensemble N°181

Voici en pdf, le No 181 du 31 mars 2019, du petit journal mobile recto-verso A4
« RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques …

L’équipe de rédaction

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« Nous ne sommes pas des terroristes, mais le peuple en difficulté ! »

Mutilations, prisons fermes, et maintenant la menace létale…

Répression dans l’éducation

chronique de l’arbitraire

-Région lyonnaise : Vérité et Justice pour Adam et Fatih et pour toutes les victimes de la police
-Pour Adama, pour Wissam la bataille en justice des expertises médicales
-Techniques de pointe pour un flicage généralisé
-« Comme on a pas de papiers on a pas de droits mais on est des êtres humains comme tous »
-Agressions contre les Rroms

« Résistons ensemble » contre les violences policières et sécuritaires N°180

Voici en pdf, le No 180 du 26 février 2019, du petit journal mobile recto-verso A4  « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal  vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,  propositions, critiques …
à bientôt.
L’équipe de rédaction

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> Grâce aux Gilets jaunes, le « roi est nu »

> « Blanquer LBD de l’éducation »

> Contrôler les gestes et la parole

> chronique de l’arbitraire
Marche de solidarité avec Sébastien Maillet
La police tue par balle dans le nord de la France
La fin des fables médicales ?
Qui nous protège de la police ?

– A G I R
Contre le racisme d’État et les violences policières
Manif contre les centres de rétention

[MàJ du 12/03/2019] Brochure sur l’opération étincelle et Manifestation contre les frontièresle 30 Mars à Turin

COMME UNE ÉTINCELLE AU TRAVERS DE LA GORGE

Compil de textes traduits de l’italien sur les deux opérations répressives à Turin, Trento, Rovereto en début de l’année 2019.

L’ASILO NON SI TOCCA

opération “scintilla”

Jeudi 7 février 2019, l’Asilo occupato à Turin est expulsé après 24 ans d’occupation.
La police a fait son entrée en force dans le bâtiment, au moins 600 flics qui ont débarqué de tout le nord de l’Italie. Les compagnon.nes ne se sont pas laissé.es surprendre: ielles ont réussi à monter sur le toit et résister pendant 30 heures avant de descendre. Assez vite un rassemblement solidaire est apparu en se déplaçant dans les rues du quartier pour faire face aux charges, contrôles et arrestations. La situation s’est tendue dans la soirée quand une manif sauvage d’environ 300 personnes est partie de la Radio blackout pour se diriger vers l’Asilo : affrontements, lacrymos et barricades enflammées dans un quartier complètement
militarisé.

La police a débarqué non seulement pour expulser l’Asilo mais aussi pour arrêter 7 compagnon.nes dont une toujours en cavale. Toutes seraient accusées “d’association subversive” (article de loi 270 du code pénal italien) et d’attaques (incendiaires ou explosives) contre des entreprises et institutions qui collaborent avec la machine à expulser et qui s’occupent de la gestion des CPR (Centri di Permanenza per il Rimpatrio, l’équivalent des CRA, centres de rétention administrative). Dans l’histoire récente de la répression italienne, l’article 270 a été utilisé plusieurs fois et particulièrement contre des anarchistes.
Les juges accusent les compagnon.nes d’avoir constitué une association dédiée à des pratiques illégales et violentes dans le but de subvertir l’ordre démocratique.
Dans la plupart des situations passées, le parquet n’a pas réussi lors des procès à soutenir cette thèse. Mais la gravité des chefs d’inculpations permet d’allonger la prison préventive jusqu’à 2 ans.
De plus les compagnon.nes sont soumis.es au régime de “Haute surveillance”, réservé aux inculpations liées au terrorisme. Cela signifie concrètement qu’ielles ne peuvent pas rencontrer de détenus dits de droit commun, que leur courrier est censuré (toutes les lettres reçues ou envoyées sont ouvertes et lues par les matons) et que les parloirs sont fortement limités. Une forme lourde d’isolement.
La solidarité a été de suite très forte. Et ce n’est pas un hasard. Pendant de nombreuses années, l’Asilo a été un des lieux repère dans le conflit en ville et une base de passage pour beaucoup de compagnon.nes d’Europe et d’ailleurs. C’est de là que s’est organisée la lutte contre les expulsions locatives, dans les quartiers de Barriera et Aurora, qui a fait trembler beaucoup de proprios. C’est de là aussi qu’on partait pour aller devant le CPR et soutenir les révoltes des détenu.es de différentes façons. L’Asilo était un lieu ressource pour celleux qui, dans ces quartiers, essayent de résister aux transformations du tissu urbain; toujours ces mêmes processus qui favorisent une petite partie de la population au détriment des autres.
C’est pour cela que le samedi 9 février 2019, nous étions plus d’un millier à manifester et à s’affronter pendant des heures contre la police, dans les rues d’un Turin complètement militarisé: militants-es, squatteurs-es, personnes rencontré-és dans la lutte contre les
expulsions locatives et les CPR, habitant-es du quartier qui voient leur possibilité de survie chaque jour plus réduite face à la gentrification. Une manifestation enragée. Et elle n’aurait pas pu être autrement. Entre vitres et voitures brisées, institutions communales détruites, autobus assaillis et affrontements directs contre la police, il y avait toute une partie de cette ville qui ne baisse pas la tête, qui n’en peut plus de la maire et du climat politique nationale.
Le bilan est d’une dizaine de flics blessés et de 11 compagnon.nes arrété.es vers la fin de la manif.
Le lendemain, 10 février 2019, le cortège annuel contre la commémoration fasciste de “le foibe”, dans le quartier des Vallette, se finit devant la prison pour un parloir sauvage chaleureux. Dans le bâtiment pénitencier un hangar qui sert d’atelier prend feu. Aucun
blessé et beaucoup de dégats!

Ce n’est que le début.
Face à une telle attaque, on ne s’est pas laissé-e surprendre. La suite reste à construire…

 

Cliquer sur l’image pour télécharger la brochure

 

Version cahier ici Comme.une.etincelle_v1_Booklet

 

ET AUSSI

Manifestation internationale contre les frontières le 30 Mars à Turin :

plus d’infos sur https://www.autistici.org/macerie/

et en français sur https://www.passamontagna.info/

 

 

BLOQUONS LA VILLE!
“Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification. Résistons contre les proprios de la ville!”
Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.
Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet
ordre social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à resister et à lutter!

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO,
NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO,
AGNESE,SASHA, RUPERT, GIULIO.

LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES!

 

SAMEDI 16 MARS à 15H, CORTEGE A TRENTO

Moins d’une semaine après l’opération répressive «scintilla» qui a causé l’expulsion de l’Asile à Turin et l’arrestation de 6 compagnon.ne.s inculpé.e.s d’association subversive, en Trentino démarre l’opération «Renata». Il s’agit d’un énorme dispositif policier entrainant l’arrestation de 7 compagnon.ne.s pour terrorisme et la perquisition de 50 lieux (lieux de vie, espaces de luttes,
salle de boxe populaire).
Ils veulent nous étouffer avec une normalité faite de guerres, de militarisation et de haine entre pauvres. Ils voudraient mettre hors jeux les luttes, la solidarité et l’action directe. Afin qu’il ne reste que le silence et les applaudissements.
Participons à la manifestation de Trento! Affichons notre solidarité!
Pour s’organiser avec des départs collectifs depuis Turin écrire à: breccia@autistici.log

SAMEDI 23 MARS 15H A FLORENCE

Rassemblement en solidarité avec tous et toutes les prisonnier.e.s anarchistes! Sans trêve pour l’anarchie!
Au mois de mars il y aura le rendu du procès contre nos compagnon.ne.s inculpé.e.s dans l’ enquête «operazione panico»* .
Desertons le tribunal!
* Operazione panico: Le 31 Décembre 2016, un engin explosif placé devant la librairie (proche de CasaPound) “Il Bargello” explose dans les mains d’un artificier particulièrement stupide qui tente maladroitement de déminer l’engin sur place, il perdra un œil et une main. La librairie “Il Bargello” et CasaPound Italia se sont portés parties civiles en plus de l’artificier-flic.
Trois personnes accusées de «tentative de meurtre», «d’association de malfaiteur» pour deux d’entre eux, ainsi que de «transport et fabrication d’engin explosif» se retrouvent incarcérées. Paska, Ghespe, et Giova sont depuis incarcérés dans les geôles italiennes. Ndt. Pour plus d’infos sur l’opération Panico: https://nantes.indymedia.org/articles/42084

Yoyo n°4, journal de lutte contre les barreaux!

La prison sert à punir toutes les personnes qui ne respectent pas les règles imposées par ceux qui les gouvernent. En les enfermant l’état conserve son autorité sur elles et toutes les autres à l’aide de ses flics, ses juges, ses procureurs et ses matons. Une lutte anti-carcérale, celle à laquelle ce journal cherche à contribuer, vise à détruire tout ce système autoritaire et punitif, qu’il prenne finalement la forme d’une cellule, d’un bracelet électronique ou d’un TIG*.

 

Cliquer sur l’image pour ouvrir le journal!

La prison sert à punir toutes les personnes qui ne respectent pas les règles imposées par ceux qui les gouvernent. En les enfermant l’état conserve son autorité sur elles et toutes les autres à l’aide de ses flics, ses juges, ses procureurs et ses matons. Une lutte anti-carcérale, celle à laquelle ce journal cherche à contribuer, vise à détruire tout ce système autoritaire et punitif, qu’il prenne finalement la forme d’une cellule, d’un bracelet électronique ou d’un TIG*.

Construire des prisons, ce que l’état entreprend de nouveau un peu partout en France actuellement, n’est qu’un moyen parmi d’autres pour maintenir son contrôle sur nos vies. L’enfermement, matérialisé ici par des murs et des barbelés, prend ailleurs la forme de dispositifs de surveillance toujours plus précis et étendus. Dans les rues des villes, le nombre de caméras ne cesse d’augmenter tandis que la reconnaissance faciale s’invite désormais à l’entrée des écoles. En effet, à Nice et Marseille, deux lycées s’apprêtent à tester cette technologie, fournie par l’entreprise Cisco, pour « éviter les intrusions » et « sécuriser les accès aux lieux ».

Yoyo, c’est une initiative parmi d’autres pour tenter d’enrayer le fonctionnement de la société carcérale, en donnant un aperçu des résistances collectives et individuelles à l’intérieur des prisons mais aussi des solidarités qui prennent forme à l’extérieur. C’est un petit journal contre toutes les prisons, avec ou sans barreaux, que ce soit les centres de rétention administrative (CRA) où l’on enferme les étrangè.re.s, ou celles qui se cachent derrière un discours médical, comme les hôpitaux psy. Déjà 2019, l’année a filé mais le réveillon s’est déroulé en beauté, et pas seulement sur les Champs-Elysées.

Dans ce numéro tant attendu, vous trouverez également des nouvelles du rassemblement du 12 janvier contre toutes les taules à l’occasion de la réouverture de la Santé. Mais aussi des infos à propos du contrôle à la frontière franco?italienne ainsi que des luttes qui se déroulent actuellement dans les CRA et les soutiens qu’elles trouvent. Déjà qu’on était content.e.s d’apprendre l’évasion d’un détenu de la maison d’arrêt de Fresnes, en plus ça se bouge dans plein de villes contre l’enfermement, alors bonne lecture et à bientôt ! * travail d’intérêt général (voir yoyo n°3 disponible sur le site paris-luttes.info)

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PERSONA NON GRATA

Persona non grata – Conséquences des politiques sécuritaires et migratoires à la frontière franco-italienne, Rapport d’observations 2017-2018 del’ANAFE

 

Faisant écho à l’actualité particulièrement tragique de ces dernières semaines à la frontière franco-italienne, l’Anafé publie aujourd’hui son rapport d’observations 2017-2018 sur les conséquences des politiques sécuritaires et migratoires à la frontière franco-italienne intitulé Persona non grata. Ce rapport décrit les pratiques illégales, les privations de liberté irrégulières et les violations des droits que subissent les personnes exilées. Il aborde également la question de la solidarité qui, bien que menacée par les autorités publiques, se renforce et fédère des milliers de personnes autour d’un idéal commun de fraternité.

Le durcissement croissant des politiques européenne et française pour lutter contre un soi-disant afflux massif de personnes en situation irrégulière et la multiplication des lois liberticides au profit d’une rhétorique sécuritaire mettent en danger la société démocratique européenne. Si cette situation n’est pas nouvelle, le rétablissement des contrôles frontaliers à l’intérieur de l’espace Schengen a ajouté des entraves supplémentaires. Les premières victimes sont d’abord les personnes étrangères qui sont bien souvent érigées en indésirables à expulser du territoire, puis les personnes solidaires qu’il faut museler.

C’est la réalité depuis 2015 à la frontière franco-italienne. Les personnes exilées font ainsi quotidiennement l’objet de pratiques illégales de l’administration française qui ne respecte pas la législation en vigueur, met en œuvre des procédures expéditives et viole les droits humains et les conventions internationales pourtant ratifiées par la France. Les personnes exilées sont pourchassées dans les montagnes ou sur les chemins de randonnée, sont traquées dans les bus et les trains par les forces de l’ordre mais aussi par des groupes d’extrême-droite et peuvent faire l’objet de violences. Bien souvent, les personnes en exil sont privées de liberté irrégulièrement dans des conditions inhumaines et refoulées irrégulièrement. Les personnes souhaitant demander l’asile se voient opposer un refus d’enregistrement systématique avant d’être refoulées. Si certains mineurs ont pu être pris en charge suite aux dénonciations courant 2018 de pratiques illégales, nombre d’entre eux continuent d’en être victimes et une enquête a d’ailleurs été ouverte par le parquet de Nice [1].

Ces politiques et ces pratiques ont eu pour conséquence la perte de vies humaines des deux côtés de la frontière et ce, encore très récemment près de Briançon [2].

Face à cette situation, des personnes et des associations travaillent des deux côtés de la frontière franco-italienne pour faire vivre la solidarité et la fraternité et ainsi redonner aux personnes exilées un peu d’espoir et de dignité. Certaines de ces personnes militantes – dont plusieurs membres de l’Anafé – font l’objet de pressions quotidiennes, de poursuites judiciaires et de condamnations. Ce qui leur est reproché ? Leur humanité !

« Ce rapport est accablant pour les autorités françaises. Nous appelons d’urgence le ministère de l’intérieur et les préfectures concernées à faire respecter le droit et les conventions internationales, afin de protéger et non rejeter les personnes exilées à la frontière franco-italienne » affirme Laure Palun, co-directrice de l’Anafé.

Depuis 2011, l’Anafé suit de manière attentive les évolutions à la frontière franco-italienne et a entrepris dès 2015 un travail de collecte d’informations et de témoignages. Aux côtés des acteurs associatifs locaux et nationaux, français et italiens, l’Anafé ne cesse, depuis, de dénoncer les violations exercées par les autorités françaises à la frontière franco-italienne.

POUR LIRE LE RAPPORT, CLIQUEZ ICI.

Documents joints

Parution de Jaune n°2, toujours pour gagner !

Le journal Jaune remet ça, toujours pour l’extension et l’approfondissement du mouvement des GJ. Contre la récupération et le pourrissement !

Le journal Jaune n°2 est désormais disponible.

On l’a tiré à 15000 exemplaires comme le premier. Il sera disponible sur les différents points GJ en France dans le courant de la semaine et bien sûr dans toutes les manifs de l’acte XVI !

Mais bien sûr, sa diffusion dépend aussi de vous donc les personnes motivées pour le diffuser, contactez-nous.

Bon on va pas faire long alors on vous propose l’édito du numéro 2, le lien vers le journal en version A3. N’hésitez pas à parcourir le site jaune.noblogs.org qui a été mis à jour.

Dans ce numéro 2, on fait des propositions concrètes en dernière page pour renforcer le mouvement. Nous souhaitons vos avis concernant ces propositions, et vos retours si jamais vous pratiquez déjà des actions qui y ressemblent.

Nous sommes toujours en quête de récits de lutte. C’est la meilleure façon pour qu’on puisse se faire une vision d’ensemble du mouvement et y intervenir pour son extension et son approfondissement.

Edito Jaune n°2 :

La première saison des gilets jaunes s’achève. Nous entrons dans la seconde avec appréhension : le mouvement tiendra-t-il ? Le pouvoir macronien, de son côté, a montré sa capacité d’adaptation et de résistance. Pour l’instant, lui aussi, bien qu’amoché, tient. Mais cette confrontation avec le petit César est aussi une forme d’illusion. Nous n’y remporterons aucune victoire définitive, ce n’est qu’un méchant de fin de niveau, comme dans un jeu-vidéo.
Sous la surface de ce gouvernement, des forces bien plus grandes que le mauvais duo comique Macron-Benalla sont à l’œuvre. La puissance des possédants, les capitalistes, nous n’avons fait que l’effleurer. C’est déjà énorme. Le capital est un système immense et fragile. L’effleurer suffit presque à l’enrhumer tant il craint les courants d’airs.
Et la bourrasque approche : nous ne sommes pas des experts en économie, mais tout indique qu’une nouvelle crise économique couve. Gardons nous de faire des prévisions précises. Mais disons que la fébrilité qui règne aujourd’hui chez les boursicoteurs pue l’accès de fièvre. Le système claque des dents. Les États bandent des muscles bien faiblards, se préparent au choc comme ils en ont l’habitude depuis dix ans, en essayant de grappiller encore un peu de nos retraites, notre chômage, nos salaires. Ils font du teasing pour leur prochain film et leur saga commence franchement à nous lasser parce qu’on perd toujours à la fin.
Macron ne veut rien lâcher pour une raison simple : il a dans son dos le mur des riches. Un mur de film d’horreur, bourré de dents, de mâchoires acérées qui claquent … Car un peu partout sur ce globe, c’est leur place que les bourges défendent. S’en prendre à leur profit, c’est accélérer encore l’arrivée de la crise économique, dans laquelle toutes les ruines sont possibles y compris celles des plus gros. Mais le capitalisme, c’est une bête qu’on ne peut pas se contenter de blesser. Si on ne l’achève pas, elle viendra nous le faire comprendre. Pensons à la crise mondiale de 2008 et la cure d’austérité qui l’a suivie … Ironiquement, c’est grâce à elle qu’on est ensemble dans la rue aujourd’hui ! Pour y mettre fin.
Allons jusqu’au bout de nos ambitions, elles sont belles, elles sont à la hauteur des efforts que nous déployons. Nous voulons en finir avec ce qui nous exploite et nous opprime. Nous voulons rire le cœur léger. Ne plus nous gâcher l’existence dans le chagrin d’un boulot sans horizon. Ne plus enchaîner ces petits matins gris, seuls devant BFM, avant de partir à l’usine ou au bureau ou rester entre des murs trop proches – car où peut aller un chômeur désargenté, un retraité isolé ? Nous voulons vivre.
Notre mouvement est condamné à sortir de l’enfance. A s’endurcir, tenir sur la durée. Ce n’est pas nous qui le décidons, c’est l’ogre en face qui attend un faux pas pour nous bouffer tout cru. Ce numéro de JAUNE, à la différence du premier, aura donc un ton un peu plus sombre. Nous y parlons de prison, de répression, de nos difficultés aussi, et du deuil nécessaire de nos illusions. Le combat continue comme nous le rappellent les lettres de nos camarades emprisonnés au quatre coin de la France. Libérons-les, libérons-nous. Nous sommes déterminés. Les Gilets Jaunes triompheront.

Le journal en A3 : https://jaune.noblogs.org/jaune-n2/

Bien combativement,

Jaune

Parution de Nunatak n°4 (Hiver-Printemps/2019)

Des stocks sont disponibles dans les Hautes-Alpes, si vous en désirez, écrivez nous revuenunatak@riseup.net

Si vous souhaitez recevoir des exemplaires, vous pouvez nous contacter en précisant le nombre désiré ainsi que l’adresse de réception. Dorénavant, pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore fait, il est possible de s’inscrire dans notre carnet d’adresses et de recevoir les prochains numéros dès leur parution. Il suffit de nous le préciser par retour de mail. N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez nous aider dans la diffusion, participer à la revue,  nous envoyer vos propositions de textes, d’illustrations, commentaires ou critiques.

Ps: nous souhaitons faire une tournée de présentation de la revue dans le Massif Central (Limousin, Haute-Loire, Nord-Ardeche, Auvergne…) au début du printemps, si vous souhaitez proposer des dates et/ou des lieux pour les présentations, n’hésitez pas à nous contacter!

SOMMAIRE :
Belle époque et xénophobie/Brigante se more/Chasse, pêche, nature et réintroduction/Pour une poignée de riz/Choucas des tours/Le bruit du fleuve Congo n’ empêche pas les poissons de dormir/Un compteur intelligent n’est pas le contraire d’ un compteur idiot

Dictionnaire des idées soumises

 


Vous trouverez en cliquant sur l’image ci-dessous la brochure de la collection avec les dernières parutions.

Si vous souhaitez recevoir un exemplaire gratuit afin d’en faire la promotion, merci de m’en faire la demande par mail.

Commandes : gros.textes@laposte.net
Frais de port : 2 € quel que soit le nombre d’exemplaires commandé

Voir un extrait du livre : https://www.calameo.com/accounts/5813287

Les éditions Gros Textes : le site Internet Gros Textes
La collection Les Tilleuls du Square : le site Internet Les Tilleuls du Square

Editions Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes

              Le langage médiatique, telles des œillères, réduit-il notre pensée ? Après avoir consigné pendant de nombreuses années les mots et expressions récurrents entendus dans les médias, Guy Tiberghien nous offre ici une analyse précise de l’origine et du rôle de ces mots qui façonnent notre pensée à notre insu, révélant la direction unique qu’ils nous amènent à suivre. Comment, au travers des mots, le capitalisme formate nos actes et nos pensées et lessive notre conscience politique.

En se référant à de nombreuses figures intellectuelles tels que Noam Chomsky, Etienne de La Boétie, Hannah Arendt, Serge Halimi, ou encore Claude Hagège… cet ouvrage ouvre une multitude de portes vers la compréhension du processus de manipulation mis en œuvre dans le choix des mots fait par les pouvoirs médiatiques et politiques.

Le ton caustique et l’ironie employés dans les définitions permettent une lecture légère et agréable. L’écriture simple de cet ouvrage le rend abordable à tous, nul besoin d’être un universitaire pour comprendre le propos.

PENSÉE — A la pensée, préférer toujours la bien-pensance. Dire, avec gravité, comme Pierre Moscovici que « le vieux fonds de pensée marxiste doit être toiletté ». Cela fait moderne et propre. Bien qu’il y ait de nombreuses raisons de penser, il y a encore plus de pensées sans raison. Pour disqualifier la pensée de votre contradicteur, dire avec dégoût : « Mais c’est de l’idéologie ». Très efficace. Noter que la pensée permise n’est pas une pensée mais un lieu commun, et elle devient vite une pensée unique. Soyez plus technologique et affirmez même : il nous faut un logiciel de pensée. Voir BIEN-PENSANCE, CORRECT (POLITIQUEMENT —)

Guy Tiberghien, professeur de psychologie cognitive, a enseigné à l’Université de Grenoble et à l’Institut des sciences cognitives de Lyon. Il est membre de l’Institut universitaire de France, et l’auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages dans le domaine des sciences cognitives et, en particulier, sur la mémoire humaine et la reconnaissance des visages. Il a notamment publié : Initiation à la Psychophysique, (PUF, 1984) ; La Mémoire Oubliée, (Mardaga, 1997) ; Dictionnaire des Sciences Cognitives, (Armand Colin, 2002).

Illustration de couverture : Anne Fleutot

ISBN : 978-2-35082-398-0

Format : 14 x21 cm

120 pages

Prix : 10 €

Jaune : le journal pour gagner

Le journal

Jaune est un état d’esprit. Celui de la détermination. Après deux mois de lutte, on a ressenti le besoin de porter clairement les positions de la victoire au sein d’un mouvement qui ne manque pas de VRP en tout genre pour nous vendre les solutions de la défaite clé en main. Ces gens-là ont des forces, ils ont des thunes, des moyens de propagande, et on se retrouve parfois séduits par leur mirage, souvent étouffés dans leur proposition. Ce constat, on l’a retrouvé dans plusieurs villes de France et c’est à partir du partage d’expériences qu’on a lancé le journal. Nous voulions faire exister les positions de la victoire, les assumer et permettre leurs discussions. En parallèle du journal papier dont la publication dépend de nos capacités financières logiquement maigres, nous tenons un journal en ligne jaune.noblogs.org sur lequel nous publierons les différentes contributions qui vont dans le sens de l’extension et l’approfondissement du mouvement. Nous les publierons ensuite dans la prochaine édition. Pour nous faire parvenir vos impressions, vos récits, vos analyses, pour nous soutenir financièrement, pour commander des journaux, vous pouvez écrire à lisezjaune@riseup.net 

Edito de Jaune N°1 :

Gagner. Cela peut paraître ambitieux pour celui qui n’a pas participé au mouvement des Gilets Jaunes. Les voitures tournent à l’essence, nous on carbure à l’ambition. Depuis le 17 novembre, nous sommes des centaines de milliers à passer à l’action. On se rencontre sur les ronds-points, on s’organise pour bloquer l’économie, on se défend ensemble contre la police en manifestation. On n’a jamais vu une telle détermination des « gens de rien » depuis des lustres. Et on ne compte pas s’arrêter là. Ce journal, c’est pour ça. C’est pour continuer. Et surtout, c’est pour gagner. Mais gagner quoi ? Ou plutôt jusqu’où ? Personne n’est en mesure d’y répondre mais nous prenons le parti de ne pas brider nos ambitions. Nous sommes pour l’extension et l’approfondissement du mouvement, contre une vie trop chère pour être vécue. Qu’il rentre dans le quotidien de tous les gens qui galèrent dans ce pays. Qu’il déborde des frontières de la France sans aucune modération, comme c’est déjà le cas en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en Irak, au Soudan etc.

Pour cela, le mouvement n’a pas besoin de direction. Bien au contraire, ce que les politiciens appellent « orientation », qu’elle soit nationaliste, confusionniste, citoyenniste ou raciste, c’est une façon de canaliser la révolte, d’en écraser certains avant d’écraser tout le monde, pour que les bourges continuent à se gaver. Dans ce journal, on cherche plutôt à savoir comment on peut rendre ce mouvement moins contrôlable et plus fort qu’il ne l’est déjà. Comment on développe des solidarités avec tous les prolos sans exception pour tenir ensemble contre cette vie misérable ? On y discute des stratégies de lutte, comme la grève ou encore le blocage, mais aussi des manœuvres ennemies, en particulier de la répression qui nous frappe et de la réponse pratique qu’on doit fournir pour ne laisser personne sur le carreau.

On voit la presse, la classe politique et les patrons s’époumoner pour diviser le mouvement. Ils crient « casseurs », « violence », « terroristes ». Ils n’ont que ça à la bouche pour nous dissuader de lutter, et ce qui est magique, c’est que leur tour ne fonctionne pas. On ne va pas pour autant dire que tout est rose dans ce qu’on vit depuis deux mois. L’engagement est exigeant, les vautours sont à l’affût, nos galères de fin de mois sont toujours là et l’horizon qu’on nous promet ressemble à un film apocalyptique. Nous refusons ce futur et c’est pour cette raison qu’on bricole les moyens d’en finir. On en propose quelques uns dans les pages qui suivent. Jaune, le journal pour gagner.

Vous pouvez télécharger la version papier qu’on diffuse en cliquant ici : Jaune#1 (web)

Indy Grenoble : le retour !

Tout le monde pensait qu’indymedia grenoble était mort, il n’en est rien.

L’équipe se doit de faire la lumière sur ce qui s’est passé pour indymedia durant ces derniers mois : un bug technique, et l’indisponibilité de certaines personnes pendant plusieurs mois ont révélés qu’au sein de l’équipe les compétences n’étaient pas assez partagées, nous empêchant de remettre le site en route rapidement.

Les péripéties de cette été nous rappellent que l’outil informatique n’est pas un outil anodin ; que se soit pour sa mise en oeuvre ou son usage. _Pour des raisons de confidentialité , nous n’en diront pas d’avantage sur les souçis techniques que nous avons rencontré. Rassurez vous, ce n’est ni une attaque de la police, ni une volonté de notre part d’arrêter indy gre.

Bien au contraire, nous sommes toujours de fervant-e-s défenseur-e-s de la publication ouverte. Indy grenoble n’est pas un site en plus ; nous pensons qu’il a sa place aux côtés d’Ici-grenoble et du CRIC, comme les nombreuses visites du sites avant la coupure le laissent penser. La publication ouverte que pratique Indymedia grenoble, c’est permettre à tout un chacun de publier en toute facilité sans être soumis au filtre d’exigences rédactionnelles précises. Nous n’imposons ni restictions de sujet ni attentes stylistiques particulière (au delà d’une lisibilité minimale). Au delà d’assurer la maintenance technique du site et de mettre à jour les éditos, le rôle du collectif d’Indymedia Grenoble n’est que de modérer en fonction des principes de la charte (ici), en toute transparence puisque même les articles refusés restent consultables. Indymedia Grenoble, c’est donc avant tout ce que vous en faites, et c’est ce qui nous semblait important de préserver.

Concernant les perspectives d’avenir d’Indymedia Grenoble, avec les aléas de notre équipe, nous serons peut être contraint-e-s de revoir à la baisse notre ambition pour pouvoir assurer une stabilité de la maintenance, mais nous gardons en tête l’objectif de renforcer notre collectif et d’ouvrir la voie à de futurs développements de notre activité. Dans l’immédiat, notre volonté est déjà de voir le retour d’un agenda des luttes et des initiatives critiques, outil primodial pour la vie du milieu anti-autoritaire local. Nous comptons sur vous à ce sujet ! Nous désirons aussi garder un rythme régulier de mise à jour des éditos, permettant ainsi une meilleure visibilisation d’informations importantes, méconnues ou urgentes. Là aussi, encore une fois, n’hésitez pas à vous approprier cet outil en demandant la mise en édito d’un article que vous avez écrit. Vous pouvez pour celà nous contacter (ici)

Nous ferons de notre mieux pour continuer à offrir cette plateforme indépendante et anti-autoritaire de la région grenobloise. Nous espérons que vous aussi !


Et pour rappel à nos aimables contributeur-euse-s, concernant l’usage d’indymedia (et d’internet en général), nous vous conseillons de rester le plus possible anonyme. Dans cette optique nous vous recommandons l’utilisation de TOR (lien du service caché : https://grenwtbfmktcindy.onion/) lors de vos navigation. Et afin d’aller plus loin dans votre sécurité sur le net nous vous recommandons les ouvrage disponible sur le site guide.boum.org

Après l’affaires indymedia Linksuntehttps (voir ici ), et des revendications d’actions directes à Grenoble et ailleurs, nous pensons qu’il existe une réelle surveillance de la police sur les médias libres. Se connecter sans Tor c’est rajouter des informations personnelles facilement trouvable par les Renseignements. Et n’hésitez pas à vous faire des clés usb Tails (ici) Et bien entendu l’anonymat sur internet ne doit pas faire négliger l’anonymat dans la vie réelle.

Faisons le procès des frontières ! Feuille d’info de la Coordination régionale des collectifs du sud-est

4 pages d’infos pour faire le procès des frontières ! Ce journal a été réalisé et diffusé le jour du procès des 3+4 de Briançon à Gap par la Coordination régionale des collectifs sud-est contre les frontières. Continuons la mobilisation jusqu’au délibéré le 13 décembre !! Relaxe pour nos camarades !!

Feuille d’info téléchargeable ici. Contact : coordo.mig.sudest@riseup.net Repris de cevennessansfrontieres.noblogs.org

Le troisième numéro de yoyo est sorti en ligne et dans la rue !

Yoyo numero 2, journal de lutte contre les barreaux.

Yoyo, c’est un petit journal contre toutes les prisons qui paraît régulièrement de manière irrégulière. Ce numéro 2 est en réalité un troisième numéro, où on aura l’occasion de mettre un bon coup de dissolvant sur le vernis humaniste de la justice.

Celle-ci redore son blason par la construction d’un nouveau tribunal à Paris, écrasant mais néanmoins inflammable. Dans la même veine on évoquera les lieux d’hébergement, qui sous couvert d’accueil et de solidarité, sont là pour fliquer toujours plus les personnes demandeuses d’asile.

Un bon coup de décapant sera également passé sur la façade anti-carcérale de certains discours parfois dégueulasses,
du style « pas de ça chez nous », lorsqu’il s’agit d’une nouvelle prison.
À l’inverse, on adhère à certaines formes de résistance et de révolte contre les prisons et toutes leurs composantes. Par exemple quand à l’intérieur, des prisonnièr.es se révoltent et agissent collectivement contre leur geôliers ou les murs qui les entourent. Ce fût le cas des personnes jugées à Poitiers en septembre dernier ainsi que de celles qui se sont mutinées récemment à la prison de Liancourt pour s’opposer à une fouille massive. Et puis d’autres continuent d’essayer de briser la glace par des parloirs sauvages !

A bientôt et bonne lecture !

pour télécharger le journal : yoyowebg