Tribune collective pour une véritable liberté d’expression et d’information – Soutien au média Ricochets

Le 10 mars 2021, la presse locale indiquait que le préfet de la Drôme avait de nouveau lancé une plainte contre le média libre et participatif de la Drôme RICOCHETS (http://ricochets.cc) suite à la publication d’un article provenant d’un collectif se voulant solidaire des saboteurs et saboteuses d’installations internet et mobile dans la Drôme par rapport à leur répression (voir notre communiqué).

Cet article visé par les autorités locales voulait visiblement lancer le débat sur le sujet de la prolifération des antennes 5G et autres installations technologiques, sur le problème des atteintes écologiques par le système en place et l’économie numérique, et sur les manières d’y faire face.

Par cette tribune, nous, citoyen.ne.s, médias, organisations, collectifs, associations :

  • Apportons notre soutien au média Ricochets qui subit des pressions innacceptables et demandons la levée des éventuelles poursuites dont il fait l’objet.
  • Dénonçons les pressions et répressions visant les journalistes, lanceurs d’alerte et médias en tout genre (lois « sécurité globale » et « séparatismes », amendement autorisant l’extension du fichage des opinions, cellule DEMETER, loi sur le « secret des affaires »…).
  • Revendiquons le droit à la liberté d’expression et d’opinion, vecteurs de débats même pour les sujets sensibles.
  • Dénoncons le délétère climat de surveillance et de répression policière qui s’accroit partout.

Beaucoup de personnes, d’organisations militantes ou non et venant de divers horizons, ont déjà protesté contre ces mesures liberticides depuis plusieurs mois. Cette lutte est essentielle car la question des libertés fondamentales et de l’expression nous concerne toutes et tous, et concerne toutes les autres luttes, tous les engagements sociaux, politiques, écologiques, féministes, etc.

https://ricochets.cc/Tribune-collective-pour-une-veritable-liberte-d-expression-et-d-information-Soutien-au-media-RICOCHETS.html?lang=fr

Carapatage, une nouvelle émission de radio contre les prisons

« Carapatage, c’est une émission contre les prisons, la répression et le
contrôle à travers l’actualité de l’enfermement mais aussi son histoire,
en racontant les luttes à l’intérieur et à l’extérieur en échangeant ce
qu’on a vu, lu et entendu.
Carapatage, c’est tous les 1er et 3e mercredis du mois de 20H30 à 22H30,
sur radio libertaire, 89.4 FM (en Île-de-France). »

Depuis début octobre, vous pouvez retrouver cette nouvelle émission de
radio anticarcérale sur les ondes.
On peut l’écouter sur 89.4FM en Île-de-France (reçue dans les prisons de
la région) le 1er et 3e mercredi du mois à 20h30 et la réécouter en
podcast, quand on veut.

Dans Carapatage, on parle de l’enfermement au sens large, dans les
prisons, les CRA, les hôpitaux psychiatriques ou les lieux d’enfermement
pour mineurs mais aussi des proches de personnes enfermés. On peut y
écouter aussi des émissions autour de l’enfermement et du contrôle qui
se prolongent à l’extérieur, avec les peines « alternatives » où autour
des « échanges internationaux » en matière d’enfermement.

Podcasts des 12 premières émissions disponibles, prochaine émission le
mercredi 7 avril !

Où nous trouver :

En direct à la radio, sur 89.4 fm ou en streaming, sur
https://www.anarchiste.info/radio/libertaire/streaming/, de 20h30 à
22h30 le 1er et 3e mercredi mois
Prochaines émissions : mercredi 17 février, mercredi 3 mars,
mercredi 17 mars
Sur le blog https://carapatage.noblogs.org/ (avec les podcasts des
émissions)
Par mail : carapatage@riseup.net
Sur instagram @carapatage
Par courrier : Carapatage, 4 villa Stendhal, 75020 Paris.

19 ans de prison pour avoir chanté en kurde

À 33 ans, Nûdem Durak purge une peine de 19 ans pour avoir chanté et persisté à chanter en kurde. Le kurde est sa langue maternelle ainsi que celle parlée par 40 millions de personnes. Son seul tort, celui d’être née et de vivre en Turquie, sous l’autorité Recep Tayyip Erdoğan, sinistre président, qui a décidé et met en œuvre l’anéantissement du peuple kurde.

L’article complet sur le site abyayala

Le lien vers la video ici

Les voix en cage épisode 16

Les voix en cage ce sont celles de personnes qui ont été enfermées dans des Centres de rétention administratifs. Ce sont des étrangers qui nous racontent leurs histoires, celles qui les ont fait arriver dans ces prisons destinées à les garder enfermés jusqu’à ce que les autorités les renvoient de force hors de France. Ils nous racontent aussi leurs conditions de vie, ou plutôt de survie, dans les CRA. Nous sommes un collectif qui souhaite diffuser ces voix pour rendre audible des réalités invisibles, pour offrir une écoute à ces personnes et qu’elles soient entendues par d’autres. Nous souhaitons garder ces voix anonymes pour plus de sécurité. Et si ces témoignages peuvent être relayés et que les conditions inhumaines des CRA peuvent être dénoncées alors cette radio aura permis d’être ensemble ! Faisons résonner ces histoires individuelles souvent trash et grattons le plaqué or de l’histoire officielle.

Ce mois-ci :
– Un soutien pour le journal l’envolée
– Des témoignages
– un point actu

Le lien audio ici :
https://audioblog.arteradio.com/blog/146183/podcast/161180/infos-et-temoignages-dans-les-cra-fevrier-2021-la-soumission-par-la-norme#

Communiqué du journal L’Envolée suite à la censure du n°52 dans les prisons françaises

Y a que la vérité qui blesse !

Le 4 janvier dernier, par une « note de la direction » placardée dans toutes les prisons, l’administration pénitentiaire (AP) a interdit la diffusion du n° 52 du journal L’Envolée aux prisonnier·e·s abonné·e·s ; en même temps, elle a porté plainte pour diffamation et injure. Depuis vingt ans, L’Envolée soutient que les prisonniers, les prisonnières et leurs proches sont les mieux placés pour énoncer quelques vérités sur la prison. À travers cette censure et cette plainte, il s’agit de réduire au silence cet espace de libre expression, d’information et d’élaboration collective d’une critique de la prison.

L’Envolée publie des textes et des lettres qui décrivent le quotidien carcéral, dénoncent les conditions de détention et luttent contre l’enfermement. Notre journal est un porte-voix pour celles et ceux qui ont été mis au ban de l’humanité ; en effet, aucune parole de prisonnier·e·s ne peut être rendue publique hors du contrôle de l’administration pénitentiaire : conversations téléphoniques et parloirs peuvent être écoutés ; les courriers sont lus systématiquement et les passages « dérangeants » censurés. De plus, pour trop de gens à l’extérieur, toute parole sortie des prisons est forcément une parole infâme, toujours suspecte d’exagération ou de mensonge.

Les pages mises en cause par l’AP reviennent sur plusieurs morts en détention.

Lire la suite sur le site du journal l’Envolée

Manifestation contre la loi sécurité globale

le 30 janvier à 14h devant la préfecture de Gap

Police – justice – prison : qu’entendons nous par sécurité ?

Ce samedi c’est la 6ème journée de manifestation nationale contre la loi “sécurité globale”.
Cette loi part de l’idée que “la sécurité est la première des libertés” et que la police est là pour les défendre. Et que donc on peut étendre à l’infini les pouvoirs de la police. Parmi les articles “big brother” de la loi “sécurité globale” :
• l’article 21 prévoit que les caméras piéton (dont vont être équipés les flics en 2021) pourront être visionnées en direct depuis le poste de commandement de la police.
• L’article 22 offre la possibilité aux services de faire décoller des flottes de drones et autres aéronefs, entre autres pour surveiller les manifestations. De plus les techniques de pistage vidéo seront couplées avec la reconnaissance faciale.
• L’article 23 accentue les peines en cas d’accusation de violence contre les dépositaires de la violence d’État. Lors d’un conflit avec un flic celui-ci peut facilement accuser la personne d’« outrage et rebellion ». Le juge suit systématiquement la parole du flic. En témoigne le tabassage médiatisé du producteur de musique noir et parisien Michel Zecler, contre lequel les pandores avaient préparé un dossier d’« outrage et rebellion » alors que ce sont les flics qui l’avaient tabassé.
• L’article 24 interdit la diffusion d’images de la police.
• Les flics pourront avoir leur arme de service même quand il ne sont pas en service.
• On pourra être fiché pour ses opinions politiques, philosophiques, syndicales et religieuses.

Or nous savons, de part l’expérience, que loin d’éviter la violence, la police est violente :
• Blessie est morte dans la Durance après une chasse à l’homme organisée par la police aux frontières près de Briançon pour avoir tenté de passer la frontière franco-italienne sans papiers.
• Adama Traoré est mort suite à un placage ventral des gendarmes de Persan qui se sont rués à trois sur lui.
• Plus de 50 manifestants ont été éborgnés ou amputés suite aux manifesations de gilets jaunes.

Dans les textes, la police ne rend pas la justice, elle travaille sous les ordres du procureur de la république. C’est pour alimenter les tribunaux que la police travaille.

Or la justice est aussi violente. elle fabrique des « délinquants » (selon ses termes) :
• en interdisant de passer le permis de conduire à des gens qui ne peuvent se passer de véhicule ;
• en pénalisant les moments de convivialité en période de COVID ;
• en criminalisant ceux qui n’ont d’autre choix que de vivre de débrouille (par exemple ceux qui survivent avec de petits trafics de stups se retrouvent condamnés alors que ceux qui ont des hauts salaires et les consomment sont à l’abri des poursuites).

On le sait également, les tribunaux remplissent les prisons (et également, depuis l’invention du bracelet électronique les prisons à domicile). Or la prison est violente :
• Fabrice est à l’isolement depuis 9 ans, sans possibilité de faire du sport ou des études, ne croisant que des matons muets ou casqués.
• David, et plein d’autres, sont privés de parloir avec leurs familles depuis presque un an : pas de contacts avec ses enfants qui croient qu’il les a abandonnés.
• Idri est mort au mitard, la cellule disciplinaire de la prison, tabassé par les surveillants parcequ’il ne supportait pas l’enfermement et le mépris, augmenté par sa maladie psychiatrique non prise en compte.

Pour éradiquer la violence, supprimons la violence d’état
Supprimons les institutions violentes
Abolissons la police, la justice institutionnelle, la prison et l’état

Contact : cafe_taule@riseup.net

Marche des libertés contre la loi sécurité globale

samedi 16 janvier 2021 à 14h, départ devant la préfecture de Gap

Communiqué de plusieurs collectifs

Pas de trêve dans la lutte pour retrouver nos libertés. Retrouvons nous dans toutes les villes de France pour cette nouvelle grande marche des libertés, pour dire non à la Loi Sécurité globale mais également la loi séparatisme, pour refuser l’impunité face aux violences policières et toutes les dérives liberticides du pouvoir. En jaune, en noir, en arc en ciel, en rose… soyons tous présents et solidaires ! Ne laissons pas l’autoritarisme et la terreur gagner.

 

Prison ferme pour un membre du collectif « Désarmons les » !

Depuis des années, le collectif Désarmons les mène un travail précieux de documentation, de recensement et de partage de savoir autour des violences policières et des armes du maintien de l’ordre. Désarmons-les est intervenu plusieurs fois à Nantes, et a toujours apporté son soutien aux blessés dans notre ville.

L’un de ses membres, Ian, qui avait été violenté et arrêté lors d’une manifestation à Montpellier, vient de prendre une peine de prison ferme pour l’exemple.*Nous appelons à soutenir Ian et partageons le communiqué de Désarmons-les* :

« Communiqué suite à la condamnation d’un membre de Désarmons-les !

Ce jeudi 3 décembre au tribunal de Montpellier, ian, membre de Désarmons-les, se faisait juger sur la base d’un faux en écriture publique réalisé par un agent des Compagnies départementales d’intervention, Jean-Charles Notolan. Ce dernier, après avoir maltraité une observatrice de la LDH au cours de la manifestation du 28 septembre 2019 [1], en lui assénant des coups répétés de bouclier (affaire faisant l’objet d’une plainte IGPN de la part de ladite observatrice), s’était plaint de violences imaginaires de la part de ian, mais aussi d’outrage (il faut bien arrondir sa paie), avant que ses collègues n’ajoutent un délit de groupement en vue de commettre des violences, prétextant la présence dans sa sacoche d’un résidu de grenade lacrymogène percutée [2]

Le déroulé des faits avait été publié ici : https://desarmons.net/2019/10/01/ianb-membre-de-desarmons-les-revient-sur-son-arrestation-a-montpellier-le-28-septembre-2019

Une affaire somme toute banale qui ne laissait pas présager un coup de massue comme celui qui est tombé sur la tête de ian en fin d’audience : *8 mois de prison ferme et 600 euros* au titre des dommages et intérêts !

L’audience s’est avérée être une farce, dans laquelle le procureur Lionel Sabater Bono, la juge Gisèle Bresdin et l’avocat du policier Panis Guilhem se sont livrés à des simagrées digne d’un tartuffe. Dans leurs certitudes bourgeoises, le policier est couvert d’un blanc-seing qui l’absout par avance de tout mensonge et de toute violence sous prétexte qu’il a prêté serment (la réalité des abus et violences dénoncée à corps et à cris par l’ensemble de la société leur est indifférente) : malgré les évidences criantes, leur prisme d’analyse totalement binaire et manichéen les amène à considérer toute personne critique envers l’action des forces de l’ordre comme un parasite à écraser sous sa botte, à réduire au silence. Et c’est ainsi que ian a été traité tout au long de l’audience, avec un violent mépris, sans retenue.

Dans une ambiance d’abattage caractéristique des audiences de comparution immédiate, ian s’est d’abord vu reprocher les deux renvois antérieurs de l’affaire, alors que la justice, débordée en raison du zèle agressif de la police, n’avait pas su trouver elle-même le temps de le juger lors de la précédente audience. Ian devenait soudainement responsable de leur propre incurie, alors même qu’il aurait préféré être jugé lors de la précédente audience, renvoyée à 20h30 après un après-midi d’attente.

La juge Bresdin a eu son moment d’éructation primitive, vociférant à qui voulait bien l’écouter que ian avait déployé ce 28 septembre une “violence inouïe contre les policiers”. Brandissant les captures d’écran d’enregistrements de vidéosurveillance que la cour a étrangement refusé de visionner, elle s’est mise à annoner “Votre visage est déformé ! Regardez là, et là, votre visage est déformé !” tandis que ian tentait de l’interrompre en lui enjoignant de se calmer et pour lui rappeler que la capture d’écran d’un visage ne pouvait être extraite comme ça de son contexte et ne caractérisait pas des violences. Inutile, car la raison n’était à l’évidence pas au rendez-vous.

Le procureur Lionel Sabater Bono, d’une médiocrité rhétorique assourdissante, s’est ensuite empêtré dans un réquisitoire honteux, présentant ian comme un complice du terrorisme, du fait qu’il prenait l’initiative de réagir aux injustices au lieu de laisser faire la police : “Si Mohammed Merah se faisait interpeller par la police, vous le sauveriez aussi ?” (SIC). Dans son argumentaire scabreux, il s’est également retrouvé involontairement à comparer les policiers avec des chiens enragés : “Si des chiens attrapaient quelqu’un par les crocs, vous iriez vous jeter dans leurs griffes pour le libérer ?” Au delà de l’ineptie de la question, le pire est sans doute que la réponse normale devrait être “oui”. Au vu du pâle personnage, on se doute qu’il fait plutôt partie de ceux qui laissent faire les pires injustices. Et si l’on devait ici énumérer les autres imbécilités prononcées par ce serviteur de la police (comme il l’a bien dit lui-même en introduction de sa prise de parole), ce texte ne trouverait sans doute pas de fin. Au final, il a requis 5 mois de prison ferme comme on commande une glace à la vanille au kiosque voisin. Ces gens là détruisent des vies avec une facilité déconcertante.

L’avocat du policier Panis Guilhem ne fut pas en reste, déblatérant sans conviction le discours coutumier d’un avocat de policier : la pression, la fatigue, le terrorisme, les méchants gilets jaunes, le malaise, blablabla. Il s’est même pris à inventer la présence de “gants de protection et de tout un attirail” dans la sacoche de ian, avant d’être contredis dans la foulée (NB : ce qui n’est pas dans la fouille n’existe pas, il ne faut pas l’inventer). Pour défendre son menteur de client (l’argent n’a pas d’odeur), le mauvais avocat a donc menti lui aussi (c’est si facile quand on est du côté du pouvoir) et s’est contenté de demander la peine la plus sévère pour ian, qui avait commis à n’en pas douter les pires des méfaits.

Il est inutile d’énumérer toutes les élucubrations prononcées lors de cette audience, tant l’indécence des acteurs de cette mascarade est caractérisée. La connivence entre les un-es et les autres sautait aux yeux. Tous les acteur-ices contre laquelle Ian se bat y étaient réuni-es : une police violente, mensongère, faisant régner la terreur au nom de lois iniques, et une institution judiciaire et ses valets, dont les verdicts dépendent de l’humeur d’un-e procureur-e « au service » et d’un-e juge partiale du fait de sa position sociale, prompt à envoyer en prison tout-es celles et ceux qui sont traîné-es devant ell/eux.

Ce qu’on retient, c’est que le déroulement d’une telle audience témoigne de la manière dont se passent la plupart des procès au pénal. On sait pourquoi les prisons sont saturées…

En définitive, Ian a été condamné à 8 mois de prison ferme pour une paume de main sur un bouclier, un outrage non caractérisé (“putes à Macron”), un cadavre de grenade lacrymogène emballée dans un sac en papier et un refus de prélèvement ADN. Notolan, lui, reçoit 600 euros au passage pour payer des cadeaux de Noël à ses enfants… Gosses de menteur ! [3]Pour ses proches et ami-es il est une évidence, au vu des faits et des poursuite engagées, que Ian subit un acharnement policier et judiciaire lié à son combat politique, contre les violences d’Etat, à son soutien aux familles de victimes de crimes policiers, aux mutilé-es, aux blessé-es et aux victimes de violences judiciaires; ainsi qu’à son implication tant au niveau local que national, et international. Ce n’est en effet pas la première affaire au cours de laquelle ian est poursuivi sur la base de procès verbaux mensongers établis par des policiers et d’accusations affabulatoires de violences. Dans ce dossier, les mentions au TAJ et l’identité politique de ian sont encore une fois venues donner à l’affaire une couleur politique, transformant une affaire anodine en procès politique.

Ian a 10 jours pour interjeter l’appel, avec le risque que les institutions judiciaires engorgées de Montpellier sanctionnent cet appel d’une peine plus lourde encore. *Justice expéditive, sur-judiciarisation et frénésie policière s’associent dans une fuite en avant, une politique de la “tolérance zéro” *qui conduit à la construction de nouvelles prisons, un machine à enfermer, briser des vies pour préserver aveuglément et autoritairement une “tranquillité publique”. La tranquillité au prix des libertés, on a compris le message : l’Etat policier et judiciaire avance à pas de géants avec des politiciens, des juges, des procureurs, des cadres de police qui n’ont pas de yeux, pas d’oreilles, mais une grande bouche qui vocifère et légifère frénétiquement derrière ses murailles barbelées, bardées de caméras et gardées par une horde policière aux abois, débridée et incitée à mordre sans retenue. Présomption de culpabilité, délit d’intention, justice expéditive, préventive et punitive, partialité politique des magistrats, droits de la défense piétinés, procès inéquitables, le système judiciaire, encouragé par une politique revancharde, anxiogène et xénophobe, montre chaque jour davantage le masque grimaçant d’une grande imposture.

Il est toujours temps de réagir.

Le collectif Désarmons-les !

NOTES :

[1] Les observateur-ices de la LDH de Montpellier subissent eux-mêmes un harcèlement policier dans leur travail : https://lepoing.net/ligue-des-droits-de-lhomme-de-montpellier-2-police-0-camille-halut-encore-relaxee <https://lepoing.net/ligue-des-droits-de-lhomme-de-montpellier-2-police-0-camille-halut-encore-relaxee/?fbclid=IwAR3GzvkfbDei_7XvXfLaoLg085LVflUOYymEfJhsF2N81ErIUevPc0R5gjk>

[2] Le collectif Désarmons-les collecte notoirement des restes de grenades pour ses travaux d’information sur les armements du maintien de l’ordre.

[3] A ce sujet, lire l’article ancien mais plus que d’actualité à propos du business juteux des outrages et rebellions pour des flics et leurs avocats : https://paris-luttes.info/outrage-et-rebellion-un-bon-filon <https://paris-luttes.info/outrage-et-rebellion-un-bon-filon?lang=fr&fbclid=IwAR31xjnxDqJxCqjy7q1REXLReIx-T8F0NTOiLE5vEz5mbscMGJzKbCIo7v8>

Source : https://desarmons.net/2020/12/04/communique-suite-a-la-condamnation-dun-membre-de-desarmons-les <https://desarmons.net/2020/12/04/communique-suite-a-la-condamnation-dun-membre-de-desarmons-les/?fbclid=IwAR31xjnxDqJxCqjy7q1REXLReIx-T8F0NTOiLE5vEz5mbscMGJzKbCIo7v8>

Lu sur: https://www.nantes-revoltee.com/prison-ferme-pour-un-membre-du-collectif-desarmons-les/

Communiqué des prisonnières de la maison d’arrêt pour femmes de Marseille

Communiqué (07/11/2020)

Durant toute la nuit du mardi 3 au mercredi 4 novembre, à partir de 23h, les ERIS (Équipes régionales d’intervention et de sécurité) de Marseille sont intervenues pour une fouille sectorielle surprise au sein de la MAF (maison d’arrêt pour femmes) des Baumettes. Les membres cagoulés et lourdement armés de ce « GIGN de la pénitentiaire » ont fait subir à des prisonnières un traitement dégradant en leur demandant de se dénuder entièrement sous leurs yeux. Tout en les exposant à leurs regards, les autorités ont férocement procédé à la fouille en saccageant plusieurs cellules, perçant les sachets de nourriture, répandant au sol les vêtements, insultant les prisonnières. Le prétexte avancé par l’administration pénitentiaire (AP) pour cette intervention violente et humiliante serait la lutte contre le terrorisme en prison.

De fait, ces violences servent avant-tout à intimider les prisonnières que l’AP juge trop « radicalisées ». À cela s’ajoutent les nouvelles conditions imposées par l’AP depuis plusieurs mois : impossibilité de cantiner du tabac, distribution de masques aux prisonnières seulement à partir de mi-octobre, UVF (Unités de visite familiales) et activités supprimées, stricts protocoles sanitaires (parloirs hygiaphones, vitres en plexiglas, etc.) mais réduction des temps de parloir. Plein de salles de parloir sont pourtant vides. Des prisonnières ont organisé collectivement des refus de remonter de promenade ces derniers jours, protestant contre des coupures d’eau arbitraires, et ont été pour cette raison transférées au QI (quartier d’isolement).

Comme ces événements le prouvent, la répression liée aux états d’urgence dehors est amplifiée à l’intérieur.

Force et soutien aux prisonnières de la MAF !

« Chez Roger » devant le tribunal de Gap Mardi 3 novembre

Mise à jour : le verdict sera rendu le 5 janvier.


Le procès de « Chez Roger » passe donc au tribunal ce Mardi 3 Novembre a 10h30.

Malgré le confinement, on maintient le rassemblement.

C’est maintenant ou jamais que l’ont doit être solidaire et en profiter pour ne pas tout accepter à l’aveugle.

RDV à 9h30 Chez Roger pour un convoi jusqu’au tribunal tous ensemble.

Ou rdv à 10h30 sur Place.

Sur Place:

-Vente de jus de pomme chaud

-table petit dej

Dans tout les cas, il y a un grand besoin en nourriture chez Roger.

Donc,  même formule qu’au premier Mai, ramener de la bouffe et cocher « assistance à personne dans le besoins »!

Riz / sardines / œuf / huile / poulet / cube magie / oignons / semoule / sauce tomate / savon / sac poubelles

Apporter directement chez Roger (3bis cours du Vieux Moulin, derrière la pep) à 9h30 ou sur place vers 10h30.

On ramène son croissant, son masque, son attestation et on vient sans sa carte d’identité. ;-)

Merci et à Mardi!!

Compte-rendu d’un an de collectif anti-répression 04-05

Voilà un an maintenant que, suite aux rencontres/ateliers organisés lors de l’Atomik Tour en avril 2019, nous avons lancé le Café_Taule.

A la base, réuni.e.s autour de la création d’une légal team, nous avons basculé vers l’anti rép car, même si nous continuons à tenter de soutenir des personnes inculpées qui le demandent (reconnaissons que la plupart avaient les connaissances nécessaires pour trouver un avocat sans nous, tel Fabrice par exemple https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2162 ) et à organiser des temps d’inter formation ( https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 mais aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 ), nous avons très vite dit que l’idéal était de se débarrasser du triptyque police-tribunal-prison.

Pour soutenir les prisonniers et leurs proches, concrètement, nous avons mis en place une permanence hebdomadaire devant le mur de la Maison d’Arrêt de Gap, baptisée Café-Taule. L’ambition principale était de créer du lien avec les familles des enfermés (exclusivement des hommes à Gap). On a passé la plupart de nos mercredis à offrir le café et le croissant aux personnes se rendant aux parloirs.

Ça c’était l’objectif principal. On a rapidement eu envie d’avoir un support écrit qui regrouperait le maximum d’infos pratiques sur la taule et à destination des proches. En janvier sort donc la « Brochure à destination des proches de prisonniers de la Maison d’Arrêt de Gap » (https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf ).

À cette occasion on est invités à Paris à la journée du GENEPI (https://www.genepi.fr/journee-anticarcerale-du-genepi/) pour présenter nos actions en présence de nombreuses personnes et collectifs venus échanger autour de la taule. Avant ça, à l’automne, on était aussi partis trois jours dans la Drôme animer trois soirées (Romans, Saillans, Die) sur l’enfermement (écoutes d’émissions de radio, ateliers de correspondances avec des prisonnier.e.s, discussions, projections de films et pièce de théâtre : https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2251 ).

On a proposé aussi des correspondances avec les prisonniers, qui ont donné lieu à quelques échanges de lettres, mais qui ne se sont guère poursuivis dans le temps.

++++++++++++++++++++++++++++++

Aujourd’hui on essaie de présenter un bilan de cette année, pour nous d’abord, parce qu’on est peu (vraiment très peu !) et remplis de questionnements.

On pense que les systèmes répressifs et carcéraux sont absolument au cœur de toutes les luttes, tout comme devraient l’être la lutte antipatriarcale ou antiraciste par exemple. Bien sûr on peut s’opposer à un projet de nouveau CRA (prisons pour sans papiers), de nouvelle taule, de nouvel aéroport, de nouveau Center Parc, de femeture d’un service public local, de projet de loi, ou d’une politique. Mais l’enfermement et la répression ne sont pas un projet mais les « valeurs » d’un système et donc présents partout. Dans tous les combats on est potentiellement confronté à la répression qui s’abat dès que la lutte sort des sentiers battus. On ne peut pas penser lutter en omettant de parler de taule, d’HP, de flics etc. Ce combat ne se superpose pas à d’autres, peut-être plus concrets parce que matérialisés, mais en est au cœur.

D’où un premier constat, notre action parle peu. Que ce soit avec les familles des taulards, avec les prisonniers eux mêmes, avec les militants du coin (gilets jaunes ou syndicalistes), nous ne parvenons pas assez à créer du lien et à mettre sur la table les questions sur l’enfermement. Est ce qu’on est totalement à coté de la plaque et que la taule et la répression sont quelque chose de totalement admis et normal pour qu’on en parle pas ? Les médias ont ils tellement bien fait leur boulot que la justice de classe ne fait qu’entériner ce discours comme quoi les étrangers et les pauvres sont forcément des délinquants et des terroristes?

Pourtant, nous , on a envie de parler d’autonomie de la justice, de justice non institutionnelle et réparatrice, d’abolition de la police, des tribunaux et de la prison, de prise en charge au sein d’une communauté. On n’est pas là pour nier les faits mais on veut poser la question : face à l’état et au capitalisme, comment imaginer l’abolition de la répression, au même titre qu’on cultive son potager pour se passer de la grande distribution ou de l’agriculture industrielle. Et on ne se la joue pas « faut faire comme ci ou comme ça », on veut aborder la question de façon humble.

Deuxième constat : on a du mal à s’investir avec les familles et les proches qui vont aux parloirs (neuf fois sur dix des femmes…). Déjà parce que la plupart sont rodé.e.s : la prison fait partie de leur vie et en fera sans doute toujours partie, alors on est qui pour eux-elles ? Quand le mec, le fils, le frère, le père sort, plus de nouvelles et on comprend. On comprend que c’est chouette de boire un café à la sortie du parloir et de tchatcher dix minutes de comment c’est en ce moment, des nouvelles d’un procès, d’une demande de mise en liberté, d’une hospitalisation, d’une recherche de taff. Puis quand on demande si ça intéresse de corriger la brochure parce que ça change tout le temps à l’intérieur, « oui, oui », puis en fait rien ou peu.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

Alors est-ce qu’on continue les perms ? À qui ça sert à part nous ? Nous, on aime bien, c’est l’occasion de se voir, de discuter, d’aller manger un kebab en ville…

Ce qui est sûr c’est que ça emmerde les flics et la matonnerie. La police municipale passe systématiquement, il y a des amendes, il y a eu le procès du 12 mars (https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/05/06/un-exemple-banal-dun-systeme-repressif-qui-sauto-alimente/ et aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2749 ), il y a aussi le regard noir du taulier, de ses surveillants et de certains riverains. C’est peut être un peu pour ça aussi qu’on aime bien !

Mais quand même on aimerait être plus nombreux-ses d’autant que certain.e.s d’entre nous ne vont pas pouvoir assurer ces prochains temps et que si on n’est pas régulier, c’est mort. Les maisons d’arrêt c’est que des peines (relativement) courtes, du coup ça rentre et ça sort tout le temps, ce qui veut dire nouvelles familles, nouveaux liens et tout à recommencer ; alors si on n’est pas là tous les mercredis on perd les contacts et notre légitimité.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

Aussi on recrute ! Pour l’instant c’est les mercredis mais ça peut aussi être le samedi. Et plus globalement on est ouverts pour discuter, s’organiser etc.

Donc on vous attend au café-taule tous les mercredis devant la maison d’arrêt de Gap. On a aussi programmé une réunion, laissez-nous un message sur cafe_taule@riseup.net pour savoir le lieu et la date précises.

Des nouvelles des centres de rétention

Des nouvelles des Centres de rétentions sont en ligne sur le blog des voix en cages : https://audioblog.arteradio.com/blog/146183/les-voix-en-cages

Un témoignage de Oissel, des violences policières et des histoires de vie. Il est toujours aussi important et prenant d’entendre la réalité de l’interieur, de se sentir en lien malgré les barbelés repressifs qui nous séparent.

Ensuite dans la deuxième partie du son, une actualité de toutes les infos trouvables sur les différents CRA de france. Les CRA réouvrent, les prefectures mentent dans les dossiers, il y a des mouvements de libération ciblés à Vincennes, et des mouvements de libération collectifs à Lille…

Bonne écoute

S’il vous plait on n’est pas trop d’accord Madame la comtesse !

J’étais convoqué au poulailler d’embrun ce mercredi pour plainte de Mme Boyer la députée de Gap. Elle porte plainte pour la décoration de son local de députée sans dégradation (tout était propre une heure après) lors d’une manif contre les retraites. Je suis accusée de menaces, diffamation et tentative d’influence auprès d’élus afin d’obtenir un vote en faveur de ses opinions… 

Je ne savais pas si puissant avec une bombe de peinture… Elle devrait faire un stage de confiance en soi, parce qu’elle fragile cette dame…. 

On ne peut donc plus manifester sa colère, ces aristocrates veulent punir la populace qui se met colère. Elle peut voter le fait que je dois travailler jusqu’à 67 ans, c’est à dire monter encore 20 ans sur un toit en plein cagnard alors que parfois à 47 ans mon corps rechigne…. Elle la bureaucrate qui n’a jamais travaillé de sa vie (attaché parlementaire et députée que du show business), elle qui détruit l’hôpital public avec les politiques qu’elle vote ou soutien depuis 2012 …… Je l’aurais insulté et menacé en la traitant de raclure ou en marquant qu’elle détruisait l’hôpital public, elle qui a soutenu tout et son contraire pour se faire élire députée…. Doit-on manifester en disant, comme slogan “si vous plait on n’est pas trop d’accord” 

Elle, l’actionnaire de la polyclinique privée dont son mari est président…. Le développement des services privées passent par la destruction des services publiques… Le jour vous avez que des écoles publiques qui ne marchent pas, vous mettez vos enfants dans le privé. La destruction de l’hôpital public est en marche et cela fait la fortune des actionnaires des cliniques privés qui sont en plein boom…. 

Lire la suite sur le blog Le monde est une île

Mobilisations contre les violences policières et le racisme

Après plusieurs semaines de confinement où les contestations sociales furent misent à l’arrêt, c’est pour lutter contre les violences policières, le racisme et les discriminations que des milliers de manifestants sont descendues dans les rues du monde entier. A Paris, le 30 mai le ton a été donné par des milliers de Sans-papiers pour exiger leur régularisation, et le 2 juin, un manifestation massive a eu lieu en soutien aux proches des victimes tuées par la police, dont notamment Adama Traoré, mais aussi en écho au meurtre de Georges Floyd aux États-Unis.


– De Minneapolis à Paris : c’est maintenant que ça se joue ! – Paru dans A2C le 2 juin

Il est bien sûr trop tôt pour dire que ce samedi 30 mai aura été un tournant. Mais les ingrédients sont là. Le matin des milliers ont défilé dans les rues de Maubeuge dans le Nord contre les annonces de suppressions d’emplois à Renault et la menace de fermeture de leur usine. Et l’après-midi à Paris des milliers de Sans-Papiers ont imposé leur droit de manifester pour leur régularisation.

https://www.autonomiedeclasse.org/antiracisme/de-minneapolis-a-paris-cest-maintenant-que-ca-se-joue/

– « Ce n’est plus seulement le combat de la famille Traoré, c’est votre combat à vous tous » – Paru dans Bastamag le 3 juin

Plus de 20 000 personnes se sont rassemblées le 2 juin à Paris contre les violences policières racistes. En écho au vaste mouvement qui secoue les États-Unis, ces milliers de manifestants ont demandé justice aux côtés du Comité Adama et d’autres familles endeuillées par des homicides commis par la police.

https://www.bastamag.net/Adama-Assa-Traore-George-Floyd-Justice-Black-lives-matter-manifestation-revolte-violences-policieres

– Le jour d’après à commencé – Paru dans Actazone le 3 juin

La journée d’hier est de celles qui peuvent marquer le coup d’envoi d’une nouvelle séquence politique. Par sa mobilisation : massive – au moins 30 000 personnes, probablement plus. Par sa composition : une majorité de personnes non blanches, ce qui ne s’était sans doute plus vu à Paris depuis les émeutes pour Gaza en 2014. Par sa détermination : offensive et conflictuelle.

https://acta.zone/le-jour-dapres-a-commence/

”Ici on est solidaires” : communiqué et témoignage des prisonniers en lutte au CRA de Mesnil

Au CRA du Mesnil-Amelot les prisonniers se sont à nouveau mis en grève de la faim aux bâtiments 9, 10 et 11 à partir de vendredi et pendant 2 jours. Ils racontent les violences, humiliations, refus de soins de la PAF. Mais ils racontent aussi la solidarité entre prisonnier.ères.

Voici le communiqué des prisonnier.ères le 1 juin 2020 :

Nous sommes les prisonniers du centre de rétention Mesnil-Amelot. Hommes, femmes, tous les bâtiments : ici on est solidaires !

Car on se sent vraiment en prison.
Car ils nous traitent comme des chiens, ils nous parlent comme à des chiens.
Car en France ça n’existe pas la double peine alors qu’ici c’est est vraiment une 2e peine.
Car le centre c’est pire que la prison et qu’on préfère retourner en prison que de rester ici.

Car ici on mange pas bien et que dans la nourriture il y a des calmants.
Car on dort le ventre vide parce qu’on peu pas sortir même un morceau de pain de la cantine.
Car ici la nourriture c’est l’entreprise GEPSA qui a un long contrat avec le CRA et que même en prison c’est pas GEPSA.

Car chaque jour on se fait fouiller les cellules.
Car chaque jour on se fait agresser par les surveillants pour un morceau de pain de trop ou une carte oubliée.
Car on en a marre de la saleté et les agressions des policiers.

Car on paye des avocats très cher pour rien.
Car quand on demande à manger halal ils nous servent du porc.
Car ils agressent des personnes qui en ont encore des traces sur le visages et sur le corps.
Car on est coincé là alors qu’il y a pas d’avion.

Car la police ne respecte pas la santé des personnes, l’une d’entre nous est tombé ce matin parce qu’elle n’avais pas reçu son traitement.
Car on a porté plainte tous et toutes ensemble solidairement et qu’on a reçu aucune réponse, que personne nous écoute.

Pour toutes ces raisons on a fait plusieurs fois la grève de la faim ces dernières semaines mais sans solution. Ils nous disent : « même si on vous voit mourir devant nous on va rien faire. »

On peut pas rester ici si c’est pour vivre comme ça ! On veut la liberté !

Lire la suite sur le site Abaslescras

Opération répressive dans la Drôme

Le 29 avril, une opération de flics a eu lieu dans un appart et dans un lieu collectif dans la Drome.

Les flics sont venus avec une commission rogatoire émise par la juge d’instruction Celine Lavigne de la magistrature de Grenoble. Elle sert à une enquête qui concerne la Drome, l’Ardèche et l’Isère à propos de la destruction d’un bien matériel survenue à Crest dans la nuit du 11 au 12 avril 2020. Les flics précisent plus tard que c’est l’incendie d’un mac donald. La commission rogatoire est contre X et n’a pas de date de fin. Elle leur donne le droit de perquisitionner, arrêter, interroger….. Là ou ça leur semble pertinent.

Ils se sont pointés à 6 h et 6h30 du matin Ils étaient 6 dans l’appartement et une cinquantaine dans le lieu collectif. Il y avait des gendarmes de base, le PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie), la brigade de recherche, et la brigade cynophile. Et ils venaient de Crest, Chabeuil, Montélimar, Grenoble, Romans, Taulignan et peut être ailleurs encore.

Ils n’ont rien saisi pour cette enquête, ils ont fouillé, auditionné, relevé des références de matériel informatique et pris beaucoup de photos de différentes choses: casquettes, frontales, trucs affichés, des écrits, allumettes, briquets, marqueurs, bidons d’essence, produits inflammables … Personne n’a été embarqué.

Contre toutes les formes de répression solidarité avec toutes celles et ceux qui la subissent.
ACAB !

Un exemple banal d’un système répressif qui s’auto-alimente

Christine Ribailly, ancienne prisonnière et militante anticarcérale en révolte, était convoquée au tribunal de Gap le jeudi 12 mars 2020.
Les raisons légales : elle comparaissait pour avoir renvoyé un objet de type rond au dessus de la maison d’arrêt de Gap, une balle de ping pong. Joli prétexte qui a réveillé notre créativité militante pour écrire quelques slogans :

Un maton une balle de ping-pong, un proc’ un smash
Balle de ping-pong à Gap, balles réelles à Palerme

En effet, le procès intervenait en même temps que des émeutes avaient cours dans les prisons italiennes suite aux mesures de confinement (cf texte Italie emeutes).
Pourtant, lors de l’audience, les motifs d’accusation discutés n’avaient rien à voir avec cette balle de ping-pong. On en vient là aux réelles raisons qui ont poussé le procureur de Gap à ne pas classer sans suite ces faits, des raisons éminemment politiques. En effet, Christine fait partie de l’équipe du Café Taule, un groupe anti rep qui assure des permanences devant la maison d’arrêt de Gap depuis bientôt un an afin de soutenir et d’informer les familles de proches de prisonniers mais aussi departager et récupérer des infos sur ce qui se passe en taule.

C’est donc une membre de cette équipe qui a été poursuivie pour avoir refusé de donner sa signalétique lors d’une garde à vue, rendue par la suite illégale,et pour s’être rebellée lorsque les 7 gendarmes lui ont mis de force les menottes lors de son interpellation (c’est sûr que Christine était une grande menace face à 7 keufs sur-armés). Et cette fameuse balle de ping-pong n’a même pas été évoquée… En fait, ces poursuites ne sont qu’un prétexte pour ordonner une interpellation avec violences et obtenir des motifs valables de poursuites.
Les réelles motivations de l’interpellation de Christine sont donc la distribution de kawa, la discussion, l’entraide, et le soutien aux enfermés.

Puisque l’un des buts de la taule c’est d’isoler les gens, une solidarité entre proches et enfermé.e.s ça ne plait pas à l’administration pénitentiaire.
On est face à un procès qui ne dit pas son nom, ou plutôt une pièce de théâtre. On se retrouve face à une juge, qui ne se présente surtout pas comme féministe et qui trouve le dossier de Christine « intéressant » parce qu’elle n’en voit pas souvent des casiers de femmes avec autant de mentions. Tu m’étonnes la taule elle, elle est pas féministe (cf. tract du genepi sur le feminisme anticarcéral page x) ! En fait, cette juge elle se présentait surtout comme « la police de l’audience », et elle a bien utilisé son pouvoir puisque la pièce de théâtre intitulée « audience au TGI de Gap du 12 mars » a été entrecoupée d’entractes. La juge suspendait l’audience car il y avait du son dehors, du son pour Christine,du son contre les prisons, et ça, aux portes du TGI, ce n’était pas acceptable, pour elle.

Du coup, Christine elle a été muselée, il fallait qu’elle montre qu’elle avait fauté. Il fallait qu’elle courbe l’échine devant la justice car c’est ça que la justice, à travers les juges et les procureurs, veut :qu’on ferme notre gueule. Christine, comme plein d’autres qui se retrouvent confronté.e.s à cette mascarade raciste et classiste, voulait faire un pladoyer politique, un plaidoyer contre ce système, mais elle n’a pas pu.
Pourquoi ? Parce que la GAV a été déclarée illlégale. Pourtant, cette GAV Christine elle l’a subi dans son corps et dans sa tête. Alors c’est vrai, que « ces pas très malins de gendarmes » n’avaient pas respecté la procédure, soit l’appel aux proches. Mais en fait, Christine, ça l’a frustré. C’était le personnage central de la pièce, celle qui devait pouvoir avoir la parole et donc critiquer ce système en son sein. Eh bien non, elle en a été refusée, réduite à la posture habituelle et exigée des accusé.e.s : celle de fermer sa bouche et avaler quand des gens qui ne te connaissent pas (juges, procureurs, avocats), décident de façon moralisatrice et condescendante de quelle sanction tu vas écoper.

En effet, je suis de celleux qui pensent que la sanction ne commence pas à l’issue du tribunal mais plutôt dès que le processus judiciaire est enclenché. Et encore dire ça, c’est ne pas prendre en compte, l’épée de Damoclès qu’est la justice, prête à tomber à tout instant sur les racisé.e.s les pauvres, les antisociaux. Du coup Christine, elle n’a pas eu de « punition » cette fois-ci mais ce n’est que « partie de ping pong remise » car le procureur et ses sbires ont le café taule dans leur mirados. Et comme nous l’avons affiché sur le TGI pendant cette journée : CREVE LA TAULE !

Et pour illustrer ce slogan et finir cette journée, les soutiens à l’équipe du Café Taule se sont rendu.e.s devant l’entrée de la maison d’arrêt pour faire une partie de ping pong symbolique (la prison est dans le centre ville de Gap). Bruyante comme il fallait pour espérer que cela soit entendu derrière les hauts murs, cette partie de ping pong a été accompagnée de feux d’artifices, pour célébrer la victoire. Laquelle ? A vous d’imaginer celle qui vous plaît

Lien vers la brochure dédiée à la prison de GAP :
https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf

Voici un texte sur les révoltes dans les prisons italiennes évoqué plus haut :
https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/03/12/contre-la-peur-et-le-controle-la-revolte-eclate-dans-les-prisons-en-italie/

Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

Source : mars-infos.org

Comment contester une amende, quels sont mes droits, qu’est-ce qui a changé avec l’état d’urgence sanitaire, comment faire une demande de mise en liberté… Un guide pour tenter d’apporter quelques moyens et informations afin d’arriver à déjouer la répression policière et judiciaire.

Ce guide a été réalisé au mieux de nos connaissances, des recherches que nous avons effectuées, et avec le retour d’avocat·es que nous avons consulté·es. Cependant nous ne nous prévalons d’aucune expertise en la matière.

Il se peut qu’il y ait des erreurs, que la pratique diffère grandement de la théorie, et de plus tant le droit que les pratiques judiciaires évoluent rapidement sur les questions liées au confinement, notamment sur les aspects liés à la détention. Il y a également plusieurs procédures en cours contre le délit de non-respect du confinement.

N’hésitez pas à nous écrire à legalteam-marseille@riseup.net pour nous signaler d’éventuelles erreurs, pour nous faire part de vos retours d’expériences, ou pour nous informer d’évolutions dans les procédures.

Sommaire de la brochure

  •  Contester une amende pour non respect du confinement
  •  Fouilles
  •  Garde à vue et convocations
  •  Délit de violation répétée du confinement
  •  CRA : Demande de mise en liberté
  •  Taule : Demande de mise en liberté et aménagement de peine
Guide d’autodéfense juridique en temps de confinement

Depuis le 17 mars, l’état impose un confinement extrêmement strict en France et a pris plusieurs mesures afin de contrôler les déplacements de chaque personne. Avec la mise en place de l’état d’urgence sanitaire, il s’est rapidement donné des moyens de plus en plus illimités de frapper une nouvelle fois, dans les corps, les esprits et au porte-monnaie, une large partie de la population.

Depuis le début du confinement, les réseaux sociaux et les médias diffusent chaque jour ces pratiques policières qui ne sont pas nouvelles (notamment pour les quartiers populaires, les personnes en lutte, les précaires…), mais qui sont largement accentuées et normalisées par la situation. Chaque jour des dizaines de milliers d’amendes sont distribuées (480 000 recensées au 6 avril), et les directives données à la police durant cette période lui permettent d’augmenter les contrôles d’identité, d’établir des fouilles partout sur le territoire, de harceler une partie de la population ou de s’attaquer physiquement aux personnes. Alors que nous devons rester confiné·es chez nous, la police continue donc son travail en compagnie de la justice, en maintenant les possibilités de garde à vue ou de comparution immédiate.

En France comme ailleurs, les personnes enfermées en prison et en centre de rétention administrative subissent un traitement particulièrement violent de la part de toutes les forces répressives. Suite à la suppression des parloirs et de toute activité possible, les prisonnier·es ont montré à plusieurs reprises leurs désaccords face aux administrations pénitentiaires, au prix de sanctions judiciaires ou physiques importantes. Par ces choix, l’état maintient et renforce cette gestion inhumaine des populations. Nous voulons ici affirmer notre soutien aux prisonnier·es et à toutes les formes d’opposition qu’ils et elles peuvent mettre en place pour conserver leur peu de droits encore existants et pour déstabiliser et mettre à mal l’administration pénitentiaire. Pour cela, des modèles de lettres de demande de mise en liberté sont en lien à la fin des chapitres correspondants. Bien sûr, ces procédures permettent à l’état de trier les « bon·nes » et les « mauvais·es » prisonnier·es en étudiant leurs profils. Cependant, il nous semble important que chaque personne incarcérée et leurs proches puissent, s’ils et elles le souhaitent, disposer de ces informations pour tenter de sortir de prison ou de CRA. Pour suivre la situation et les différentes luttes en cours à ce sujet, les émissions Parloir Libre sur Radio Galère et celle diffusée par l’envolée.net s’en font le relais plusieurs fois par semaine.

Le constat est accablant : encore une fois, les classes sociales les plus précaires sont touchées, et toute expression déviante de la parole du pouvoir est criminalisée. On voit chaque jour de plus en plus de personnes nécessitant un approvisionnement en colis alimentaire, les personnes les distribuant subir des intimidations de la police, les travailleurs et travailleuses non déclaré.es n’ayant plus de revenus, des personnes envoyées en prison pour non respect du confinement, et les médias dominants cautionner sans relâche la politique du gouvernement… L’isolement est renforcé partout : en prison, en Ephad, en HP ou chez soi… Faire un inventaire des problèmes engendrés par la situation serait trop long, et les mesures prises par le pouvoir sont dérisoires, et laissent imaginer que nous en payerons les conséquences dès la fin du confinement. Par ailleurs, les mesures sanitaires sont trop peu financées, encore trop peu de masques sont livrés et les tests semblent être à l’heure de l’écriture du texte quelque chose de peu envisageable pour une grande partie de la population. La question sanitaire ne doit donc en aucun cas être une raison pour laisser l’état mener ses politiques sécuritaires de plus en plus offensives.

Nous invitons chaque personne à se saisir des moyens juridiques utilisés par la police afin de se défendre contre elle. Nous savons que les expériences diverses face aux policier·es créent tour à tour peur ou résistance, désespoir ou petite victoire. L’objectif de ce guide n’est en aucun cas d’en faire une marche à suivre face à la police, mais plutôt d’apporter quelques moyens et informations afin d’arriver à déjouer la répression policière et judiciaire.

Covid 19 :Info pratique + Traductions de l’attestation + Comment contester une amende

Traductions de la nouvelle attestation de déplacement Coronavirus. (Paris-lutes.info)
L’attestation dérogatoire de déplacement avec traduction ou explications en plusieurs langues, versions accessibles (simplifiée, pour personnes déficientes visuellement) et justificatif de déplacement professionnel.
Comment contester une amende pour non respect du confinement ? (a-louest.info) 

Infos pratiques sur GAP ici et ici (lanouvellecommune.fr)