CRÈVE LE POUVOIR, récit d’agression et violence psychologique à Oulx

[version italienne plus bas]

[TW : attention ce texte cause de viol et de violences psychologiques]
Ceci est une lettre ouverte à propos de violences sexistes et de prises de pouvoir qui se sont déroulées à Oulx, un squat à la frontière franco-italienne entre septembre et novembre 2019.

J’ai commencé à écrire ce texte plusieurs mois après mon départ de Oulx dans un contexte de soin. Si j’en suis arrivée là, c’est parce que c’est ma dernière option pour qu’il y ait des réactions à ce qu’il s’est passé là bas. Je voulais qu’il se passe un truc, que la place que cette histoire prend dans ma vie soit un peu diluée et j’ai compris que j’étais la seule à pouvoir apaiser ma rage. Jusque là je n’avais jamais créé le temps pour re-brasser tout ce qui s’est passé là bas. J’ai écrit, re-lu, modifié, recommencé. Les quatre derniers mois où j’ai vécu là bas ont été hyper denses en terme d’événements et d’émotions. J’ai re-transcrit comme j’ai pu l’essentiel à mes yeux. Dans ce texte je fais des raccourcis, sûrement des trucs trop binaires sur des groupes de gens : « eux »/ »nous », et ça semble évident que je ne peux pas être objective. Mais voilà, j’ai fait ce que j’ai pu pour qu’il n’y ait pas que la colère qui anime ce texte.
Je suis OK pour éclaircir des trucs, répondre à des questions, bref échanger sur ce texte ça me va.

Crève le pouvoir

Ceci est une lettre ouverte à propos de violences sexistes et de prises de pouvoir qui se sont déroulées à Oulx, un squat à la frontière franco-italienne entre septembre et novembre 2019.
Cette lettre a pour objectif de visibiliser ce qui s’est passé là bas, parce que c’est encore trop banal dans nos milieux. Mais aussi clairement pour cramer des gens dans notre petit monde de toto (autonome) où la réputation peut être si importante. Ce texte cible plusieurs personnes d’un crew de gens très impliqués à la frontière depuis 2-3 ans (M, G, M et Mi vont être cité).

J’ai besoin de les cramer dans nos réseaux, car leurs positions et comportements ont été hyper dangereux pour ma santé mentale. Et sûrement pas que pour la mienne. Je n’ai pas envie de parler à la place d’autres gens mais suite, entre autres, à cet événement, on a été une petite dizaine de personnes, habitants ou étant impliquées à Oulx depuis plusieurs mois, à se barrer définitivement.
Mais si tout ça a pu se passer c’est aussi à cause de plein de gens qui ont cautionné ou soutenu les positions de leurs potes. Ça faisait déjà plusieurs semaines que des personnes essayaient d’alerter sur l’ambiance méga sexiste du lieu mais que, sous couvert d’efficacité et d’urgence, y’avait pas le temps d’en parler.

A l’été 2019, ça fait plusieurs mois que je vis à Oulx. J’y vis quotidiennement, c’est ma base principale, le lieu où je m’implique et aussi ma maison. Je suis pas la seule, on est beaucoup à vivre là et à considérer cet endroit comme un chez-soi. C’est aussi un espace qui brasse pleins de gens : venus pour habiter, pour passer la frontière, filer la patte pendant une semaine et aussi des personnes qui traînent autour d’ici depuis longtemps et qui passent régulièrement.
Au mois de septembre, avec des personnes qui habitent la maison, on est saoulées après une réunion de trop où on se sent infantilisées et/ou dominées par des personnes qui ont plus d’ancienneté que nous. On propose alors à des gens présents à cette réunion de créer des discussions autour des dynamiques de pouvoir, parce qu’on trouve qu’iels prennent trop de place. On se sent méprisées par rapport à ce qu’on fait ici (gérer du quotidien, faire à bouffer, capter les gens qui débarquent…). On nous fait sentir qu’on fait pas assez de « politique ». Bref, ça nous gave, on veut en parler, que ça existe et qu’on puisse se questionner ensemble sur comment toustes on exerce du pouvoir sur des gens. Nous on est maladroites dans notre proposition, les personnes concernées ont pas du tout envie de se remettre en question.

A partir de là, c’est la guerre froide, des gens sont hyper vexés par les critiques qu’on porte : « Moi qui suis anti-autoritaire, l’autoritarisme c’est la pire insulte que je peux recevoir » blablabla …
On lâche pas l’affaire et je finis par être en conflit personnel avec plusieurs personnes. Le temps passe, nos relations se tendent davantage avec le début des discussions qu’on a proposées.
Les « discussions » sur les prises de pouvoirs prennent la forme d’AGs qui durent 10h, où on se retrouve qu’entre blanc.hes. Chacun.e y étale sa vision de ce que doit être la lutte à la frontière, c’est merdique, on parle pas de pouvoir et tous les potes non-blancs qui vivent là se sentent pas de participer. J’en arrive à me dire qu’en fait, j’ai pas envie de composer avec le « grand collectif » imaginaire de Oulx. Je suis là simplement parce que ça me fait du sens d’habiter ici et que je kiffe les gens avec qui je vis et ce qui s’y passe. La super lutte pour « détruire » la frontière entre petit.es blanc.hes politisé.es, ça me parle pas.

Dans le même temps, je parle à des potes d’un viol que j’ai subi deux mois plus tôt. La personne qui m’a violée est un ami proche, il vit avec nous, passe beaucoup de temps avec moi. Je leur explique que mon cerveau vient juste de réaliser qu’il s’est passé un truc crade avec lui, je raconte qu’un matin au mois d’août je me suis réveillée à poil dans son lit après une soirée où j’étais ivre morte. J’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est passé. Pendant deux mois j’ai fait du déni pour protéger ma relation avec cette personne, qui était très importante pour moi, j’ai enterré ce matin hardcore loin au fond de ma tête. Je dis aux potes que le déni a bien fonctionné pendant un temps mais que là, je me reprends tout dans la gueule et j’ai besoin d’aide. D’autant plus que j’ai déjà essayé de capter l’agresseur et qu’il m’assure ne pas savoir ce qu’il s’est passé, que lui aussi était bourré et qu’il n’a pas de souvenir. Je sais qu’il ment, il m’a avoué récemment avoir des sentiments pour moi depuis cette nuit là, ça me fait vriller, j’ai besoin de faire exister « cette nuit là » et qu’il y ait un processus de réparation.

Mes demandes sont :

  • Que des potes le captent pour qu’il raconte ce qu’il s’est passé et que je puisse moi aussi être au courant et qu’il comprenne qu’il a merdé.
  • Qu’il parte quelques semaines me faire de l’air pour que j’encaisse et que je puisse rester à Oulx.
  • Que des gens proches de lui gardent le lien une fois qu’il sera parti pour l’aider à avancer sur sa notion du consentement, qu’il reproduise pas de la merde et aussi pour qu’il se retrouve pas isolé du jour au lendemain.
  • Que le processus se fasse qu’avec des personnes en qui j’ai confiance.

Un crew de copines le capte le lendemain, il finit par raconter qu’on a « couché ensemble », que c’était une erreur parce qu’on était bourré.es, mais que c’est notre faute à toustes les deux. Il dit que si je ne me sens pas bien en sa présence, il peut bouger.
Les potes me font un retour, je suis en miette. Je me connais quand j’ai 4 grammes, en fin de soirée ça devient compliqué de tenir debout. Qu’il ait pu s’imaginer qu’on « couche ensemble » alors qu’il a juste baisé un cadavre me donne la gerbe, me fait trembler, ça me révulse. Mais je me dis que je gérerai l’émotionnel plus tard et que là, la priorité c’est le processus qui s’est lancé et qu’il faut absolument qu’il capte pourquoi NON on est pas toustes les deux responsables et qu’il a abusé de moi.
D’autres potes le captent les jours suivants, il commence à comprendre des trucs et à un peu reconnaître qu’il a merdé. Il accepte de partir mais demande du temps pour le faire, j’accepte qu’il ait une semaine pour préparer son départ.
Deux jours plus tard G. passe sur le lieu, l’agresseur lui parle de ma demande qu’il s’en aille et du fait que je sois soutenue. Elle fait scandale dans toute la maison, dit que c’est pas possible d’exclure quelqu’un.e sans décision collective, exige un récit complet de ce qui s’est passé. Des gens lui répondent que ça cause de viol et que c’est tout ce qu’il y a à savoir. Elle lâche pas l’affaire, alerte toute la maison et les personnes qui y gravitent : Mon histoire devient le sujet de conversation du moment. Je pète les plombs, l’insulte et menace de la frapper si elle ferme pas sa gueule.

Le lendemain je ne suis pas là, quand je rentre le soir je comprends que plein de gens sont venus pour une réunion dans la suite de celles commencées sur les prises de pouvoirs. Cette réunion était prévue depuis un moment mais avec le chaos de la veille, elle se transforme en débat sur l’exclusion de l’agresseur. Des potes me racontent ce qui en ressort de plus crade :

  • Pas d’exclusion sans assemblée à 40 où on veut m’entendre raconter le viol.
  • Si l’agresseur mérite l’exclusion, alors moi aussi car j’ai fait de la violence verbale et des menaces la veille sur G.

L’agresseur se saisit de tout ça, se sent protégé, et reprend de la place dans la maison en disant qu’il ne partira pas sans décision commune. Le début du processus est complètement saboté.
Le ragotage est une pratique fréquente à Oulx, hyper utilisée pour mettre la pression. Cette fois, les bruits de couloirs racontent que c’est sûr que j’abuse, que c’est pas un viol, que de toute façon j’exagère tout depuis quelques semaines.
J’en prends plein la gueule, les gens cristallisent le conflit sur les prises de pouvoirs autour de ma demande que l’agresseur quitte le lieu. On me dit que c’est moi qui fait du pouvoir en décidant seule de comment se passe la prise en charge.
Dans les jours qui suivent, M. une pote en qui je crois avoir confiance sur des questions de sexisme m’assure de son soutien : Je lui raconte le viol. Elle est pas bien, je sens que ça la touche mais elle ajoute que la situation actuelle est compliquée. Je sens qu’elle veut pas assumer du conflit avec ses potes, j’imagine qu’elle va se tenir à l’écart. Pas du tout, elle repasse sur le lieu pour aller boire un café avec l’agresseur et une autre personne. Elle m’explique en rentrant que c’était pour entendre sa version, que lui et moi on dit pas la même chose. Sans déconner ? Elle dit que ça la perturbe pour me soutenir comme elle avait promis de le faire : Je vrille, je me sens hyper trahie, les faits deviennent réellement publics et un débat se crée pour savoir si oui ou non c’est un viol.

Ça fait deux jours que la deadline imposée à l’agresseur est passée, et je suis en état d’alerte permanent entre sa présence et la pression des connasses. J’impose son départ immédiat en menaçant de le jeter par la violence physique. Il part avec elles, hurle, veut m’attaquer, elles le rassurent en lui disant qu’il se vengera plus tard du mal que je lui fais. Elles l’hébergent trois jours et le jettent.

L’agresseur coupe les ponts avec toutes les personnes ayant proposé de garder du lien pour poursuivre le processus. Tous mes espoirs qu’il capte des trucs se cassent la gueule alors que sur le moment, c’était ma priorité. Pour soigner mes traumas, mais aussi parce que malgré tout il était mon ami et que je le pensais pas trop con.
Je sens qu’on veut me pousser vers la sortie, que le fait que j’ai parlé de ce viol et que j’ai des attentes me rend vulnérable. C’est le bon moment pour m’attaquer et que je remette en question ma place ici. Je dérange, des gens voudraient que je ne traîne plus là et iels ont capté que c’était l’occas’ que je m’en aille.

Je me suis accrochée encore pendant un mois, je voulais survivre dans ce lieu pour pas avoir à faire une croix dessus. Je voulais partir par choix, pas par dégoût. Ce lieu et les personnes qui l’habitaient représentaient beaucoup pour moi. J’aurais voulu prendre des vacances, souffler un peu mais j’avais l’impression que bouger à ce moment là, c’était laisser de la place pour qu’il revienne et j’avais peur de ne pas avoir la force de revenir. J’avais l’impression d’être en guerre permanente pour prouver que j’avais encore la force d’être ici et qu’elles n’avaient pas réussi à me faire du mal.
6 mois plus tard je vais mieux, je me soigne, mais ma colère n’a pas bougée. Ce viol c’était ni le premier ni le dernier mais une « prise en charge » comme celle-ci c’est la dernière sans casser des bouches.

C’est pas la première fois dans ce milieu que des personnes avec un fort capital social, genre stars-des-totos, se sentent légitimes à faire taire une victime, en lui mettant la pression, voire en se liguant contre elle avec une/des personnes accusée/s d’oppression. Le résultat est souvent le même : celles qui ont ouvert leur gueule sur les violences vécues se cassent ou sont poussées dehors, et se retrouvent isolées à gérer leurs traumas et le manque de soutien. C’est humainement dégueulasse, psychiquement hardcore et politiquement indéfendable dans un milieu qui se croit anti-autoritaire. Prendre d’emblée la défense d’un mec-cis accusé de viol contre la meuf qui s’en dit victime, c’est déjà cautionner le patriarcat. Et focaliser l’attention des discussions sur les rapports de pouvoir sur cette histoire, c’était bien pratique pour pas se poser la question du racisme qu’on véhicule dans nos squats, à la frontière ou ailleurs.
Ça c’est mon expérience d’oppression par ce crew là. Sur la même période, on a été plusieurs à subir de la pression pour ne pas que l’on reste. Il y a eu beaucoup de racisme, de classisme, aussi de la psychophobie et de la toxicophobie.
Quand un crew de gens élitistes détient les outils, le réseau, les privilèges et la légitimité dans un lieu c’est ce genre de chose qui peut se passer.

Crève le patriarcat crève le pouvoir

Si besoin d’échanger sur ce texte : nik2prenso1@protonmail.com

QuiproquoDans la publication « Récit d’agression et de violence psychologique à Oulx », ce n’est pas Mi l’agresseur.J’ai eu deux retours où des personnes ont interprété que c’était lui, désolé si je n’ai pas été assez clair.

Si j’avais besoin de citer Mi dans ce texte, c’est parce qu’il a été un soutien actif pour l’agresseur. Il a entres autres :

  • Protégé socialement l’agresseur
  • Tenté de décrédibiliser toute la parole des meufs dénonçant les violences sexistes du lieu
  • Retourné la chambre d’une copine pour lui foutre la pression
  • Fait de la violence psychologique avec des copines (Regard insistant, sourire mesquin, caché derrière les connasses dans les moments où c’est le chaos)
  • Il a martelé que c’était la dictature des meufs et que c’était nous qui faisions de l’oppression
  • Recouvert des tags anti-sexistes en y dessinant des bites.

 


* attenzione questo testo parla di stupro e violenza psicologica

Ho iniziato a scrivere questo testo diversi mesi dopo aver lasciato Oulx in un contesto di cura. Ho scelto di rispondere a ciò che è successo attraverso la scrittura e la trasmissione, ma nella vita reale questa non è la mia arma. Se sono arrivata a questo punto è perché è una delle mie ultime opzioni per reagire a quello che è successo lì, e mi sono resa conto che potevo contare solo su me stessa per calmare la mia rabbia. Fino ad allora non avevo mai trovato il tempo per liberarmi di tutto ciò che era accaduto laggiù. Ho scritto, riletto, cambiato, ricominciato da capo. Gli ultimi quattro mesi che ho vissuto lì sono stati molto densi di eventi e di emozioni. Ho trascritto come potevo cio che era essenziale ai miei occhi. In questo testo faccio delle scorciatoie, probabilmente troppo binarie su gruppi di persone: « loro »/ »noi », e mi sembra ovvio che non posso essere obiettiva. Ma qui, vi avverto, ho fatto quello che potevo affinché non sia solo la rabbia ad animare questo testo.
Sono disponibile a chiarire le cose, rispondere alle domande, insomma, avere degli scambi intorno a questo testo mi va bene.

MORTE AL POTERE

Si tratta di una lettera aperta sulle violenze di genere e le prese di potere che hanno avuto luogo a Oulx, un occupazione sul confine italo-francese tra settembre e novembre 2019. nostri ambienti. Ma anche chiaramente per bruciare le persone nel nostro piccolo mondo di militanti dove la reputazione può essere così importante. Questa lettera vuole rendere visibile ciò che vi è accaduto perché è ancora troppo comune nei ambienti. Ma anche chiaramente per bruciare le persone nel nostro piccolo mondo di militanti dove la reputazione può essere così importante :

– Due sorelle (M e G) che bazzicano tra Torino e il confine e anche in luoghi della Francia.
– M, francese con capelli neri corti, occhiali, occhi azzurri, frequenta soprattutto l’Italia, ma anche la Francia
– Mi, uomo cis, spagnolo, capelli neri mezzi lunghi, barba.
All’epoca dei fatti, si trascina dietro diverse storie di comportamento schifoso con delle tipe. Tutte queste persone non vivono tutti i giorni a Oulx, ma ci passano tutti regolarmente. Loro e lui, voglio bruciarli nelle nostre reti, perché le loro posizioni e i loro comportamenti sono stati iper pericolosi per la mia salute mentale. E certamente non solo per la mia… Non voglio parlare al posto di altre persone, ma dopo questo evento, siamo stati una dozzina di persone che hanno vissuto o sono state coinvolte in Oulx per diversi mesi per andarsene definitivamente.
Ma se tutto questo è potuto accadere è anche a causa di molte persone che hanno sostenuto o appoggiato le posizioni dei loro amici. Erano già diverse settimane che la gente aveva cercato di mettere in guardia dall’atmosfera mega sessista del luogo e che, sotto la copertura dell’efficienza e dell’urgenza, non c’è stato il tempo di parlarne…

Nell’estate del 2019, ho vissuto a Oulx per diversi mesi. Ci vivo ogni giorno, è la mia base principale, il luogo in cui mi impegno e anche la mia casa. Non sono l’unica, ci sono molte persone che vivono lì e considerano questo posto come una casa. È anche uno spazio pieno di persone: persone che sono venute ad attraversare il confine, che sono qui da una settimana e persone che sono state coinvolte al confine per diversi anni e che passano regolarmente.
A settembre, con le persone che vivono in casa, dopo un incontro di troppo dove ci sentiamo infantilizzate e/o dominate da persone che sono lì da molto tempo siamo stufe. Proponiamo quindi alle persone presenti a questo incontro di creare discussioni intorno alle dinamiche di potere perché troviamo che occupano troppo spazio. Ci sentiamo disprezzate in relazione a ciò che facciamo qui (gestire la vita quotidiana, preparare il cibo, entrare in contatto con le persone…).
Ci sembra di non fare abbastanza « politica ». Insomma, siamo stufe, vogliamo parlarne, che esista e che si possa andare avanti insieme su come ognuno ha potere sulle persone. Siamo maldestre nella nostra proposta, le persone interessate non vogliono affatto mettersi in discussione.

Da quel momento in poi, è la guerra fredda, la gente è molto turbata dalle critiche che facciamo: « Sono anti-autoritario, l’autoritarismo è il peggior insulto che possa ricevere » bla, bla, bla…
Non ci arrendiamo e finisco per essere in conflitto personale con diverse persone (M&G, Mi, altre persone…).
Con il passare del tempo, i nostri rapporti si fanno più tesi con le discussioni che abbiamo avviato. Le « discussioni » sulle prese di potere sono discussioni di 10 ore in cui ci si trova solo tra i bianchi. Ognuno diffonde la sua visione di come dovrebbe essere la lotta al confine, è una merda, non si parla di potere e tutti gli amici non bianchi che ci vivono non si sentono di partecipare.
Arrivo a un punto in cui mi dico che in realtà non ho voglia di fare parte dell’immaginario « grande collettivo » di Oulx. Sono qui semplicemente perché per me ha senso vivere qui e amo le persone con cui vivo e quello che succede qui. La grande lotta per « distruggere » il confine tra le piccole ragazze bianche politicizzate non mi parla.
Allo stesso tempo, parlo con alcuni amici di uno stupro che ho subito due mesi prima. La persona che mi ha violentata è un amico intimo, vive con noi, passa molto tempo con me. Spiego loro che il mio cervello si è appena reso conto che con lui è successo qualcosa di schifoso, dico loro che una mattina di agosto mi sono svegliato nuda nel suo letto dopo una serata in cui ero ubriaca fradicia. Non ho memoria di quello che è successo. Ho negato per due mesi per proteggere il mio rapporto con questa persona che era molto importante per me, ho seppellito quella mattina hardcore lontano nella mia testa. Dico ai ragazzi che la negazione ha funzionato per un po’, ma ora me la prendo in faccia e ho bisogno di aiuto. E in più che avevo già cercato di parlare con l’aggressore e lui mi aveva assicurato di non sapere cosa fosse successo, che anche lui era ubriaco e che non ricordava. So che mi sta mentendo, mi ha confessato poco prima di quella volta che ha avuto dei sentimenti per me a partire da quella notte, mi fa impazzire, ho bisogno di far esistere « quella notte » e che ci sia un processo di riparazione.
Le mie richieste sono:
– che degli amici vadano a parlarci, così che possa raccontare quello che è successo e che io lo sappia e che lui possa capire che ha fatto della merda.
– he lui se ne vada via per qualche settimana per darmi un po’ d’aria, in modo e io possq incassare il colpo e rimanere a Oulx.
– Che le persone a lui vicine mantengano il legame una volta che se ne è andato per aiutarlo ad andare avanti sul suo concetto di consenso, che faccia meno stronzate e anche che non si trovi isolato da un giorno all’altro.
– Che il processo sia fatto solo con persone di cui mi fido.
Un gruppo di amiche lo va a prendere il giorno dopo, lui finisce per dire che siamo « andati a letto insieme », che è stato un errore perché eravamo ubriachi, ma che è colpa nostra. Dice che se non mi sento bene in sua presenza, può andarsene. Le amiche mi anno un resoconto, sono in crisi. Mi riconosco quando sono ubriaca, a fine serata è difficile stare in piedi. Il fatto che abbia immaginato che « andiamo a letto insieme » quando si è appena scopato un cadavere mi fa vomitare, mi fa tremare, mi ripugna. Ma mi dico che mi occuperò dell’emotività in seguito e che la priorità ora è il processo che è iniziato e che deve assolutamente capire perché NO non siamo entrambi responsabili e che ha abusato di me.
Altri amici gli parlano nei giorni successivi, lui comincia a capire le cose e ammette di aver fatto un po’ di casino. Accetta di andarsene ma chiede tempo per farlo, sono d’accordo che ha una settimana di tempo per preparare la sua partenza.

Due giorni dopo, arriva una delle sorelle (G), l’aggressore gli racconta la mia richiesta di andarsene e il fatto che sono sostenuta. Causa uno scandalo in tutta la casa, dice che non è possibile escludere qualcuno senza una decisione collettiva, chiede un resoconto completo di ciò che è successo. La gente le dice che è a causa di uno stupro e questo è tutto quello che c’è da sapere. Non si arrende, avverte tutta la casa e le persone che la abitano: la mia storia diventa il tema di conversazione del momento.
Mi spavento, la insulto e minaccio di picchiarla se non tiene la bocca chiusa.
Il giorno dopo non ci sono, quando torno a casa la sera, capisco che molte persone sono venute per un incontro nel proseguimento di quelli iniziati sulle prese di potere. Questo incontro era stato pianificato da tempo, ma con il caos del giorno prima si è trasformato in un dibattito sull’esclusione dell’aggressore.
Alcuni dei miei amici mi dicono che quello che è venuto fuori da quell’incontro è stata la cosa più brutta che sia mai successa:
– Nessuna espulsione senza un incontro di 40 persone per sentirmi raccontare la storia dello stupro. – Se l’aggressore merita l’esclusione, allora lo merito anch’io, perché ho fatto violenza verbale e minacce il giorno prima su G.

L’aggressore si impossessa di tutto questo, si sente protetto e si riprende il suo posto in casa, dicendo che non se ne andrà senza una decisione comune. L’inizio del processo è completamente sabotato…
Sparlare è una pratica comune in Oulx, iper usato per mettere pressione. Questa volta, i rumori nei corridoi dicono che è sicuro che sto abusando, che non è uno stupro, che comunque ho esagerato tutto nelle ultime settimane.
Mi arrivano tante cose dritte in faccia, la gente sta cristallizzando il conflitto per le prese di potere intorno alla mia richiesta che l’aggressore lasci il posto. Mi viene detto che sono io quella che prende il potere decidendo da sola come avviene la presa in carico.

Nei giorni successivi, M una compagna a cui credo di potere fare fiducia sui temi del sessismo mi assicura il suo sostegno: gli parlo dello stupro. Riconosce lo stupro, ma aggiunge che la situazione attuale è complicata. Sento che non vuole affrontare il conflitto con i suoi compagni, immagino che se ne starà alla larga.
Per niente… Torna sul posto per prendere un caffè con l’aggressore e M (una delle sorelle). Mi spiega quando torna a casa che è stato per sentire la sua versione, che lui ed io non diciamo la stessa cosa, ma scherziamo? Dice che le dà fastidio sostenermi come aveva promesso di fare: do di matto, mi sento iper tradita, i fatti diventano davvero pubblici e creano un dibattito sul fatto che si tratti o meno di stupro.
Sono passati due giorni dalla scadenza del termine imposto all’aggressore, e sono in uno stato di allerta permanente tra la sua presenza e la pressione delle stronze. Forzo la sua partenza immediata minacciando di buttarlo fuori con la violenza fisica.
Lui se ne va con lei, urla, vuole aggredirmi, loro lo rassicurano dicendogli che poi si vendicherà per il male che gli faccio. Lo ospitano per tre giorni e lo mandano via, perché non è loro amico e ora che non possono più usarlo per arrivare a me sta diventando ingombrante. L’abusante interrompe ogni contatto con tutte le persone che si sono offerte di rimanere in contatto per continuare il processo. Tutte le mie speranze che capisca delle cose sono andate in frantumi, quando invece all’epoca era la mia priorità per la guarigione dei miei traumi.

Sento che vogliono mandarmi via, che il fatto di aver parlato di questo stupro e di avere delle aspettative mi rende vulnerabile. È un buon momento per attaccarmi e mettere in discussione il mio posto qui. Sono inquieta, la gente vorrebbe che non restassi più qui e ha intuito che questa è l’opportunità per me di andarmene.
Ho resistito un altro mese, volevo sopravvivere in quel posto per non dovermi arrendere. Volevo andarmene per scelta, non per disgusto. Questo posto e le persone che lo abitano hanno significato molto per me. Avrei voluto prendermi una vacanza, una pausa, ma sentivo che muoversi in quel momento lasciava spazio al ritorno di lui e avevo paura di non avere la forza di tornare.
Mi sentivo come se fossi in una guerra permanente per dimostrare che avevo ancora la forza di stare qui e che non erano riusciti a farmi del male.

6 mesi dopo sto meglio, mi prendo cura di me stessa, ma la mia rabbia non si è ancora placata. Questo stupro non è stato né il primo né l’ultimo, ma un « trattamento » come questo è l’ultimo senza rompere la faccia a qualcuno.

Non é la prima volta che in questo ambiente delle persone con un forte capitale sociale, tipo grandi star tra i militanti, si sentono legittimi a far tacere una vittima, mettendole la pressione, se non pure alleandosi, contro di lei , con una o più persone accusate di oppressioni. Il risultato é spesso lo stesso : coloro che hanno aperto la bocca sulle violenze vissute se ne vanno o sono spinti via, si ritrovano isolati a gestire i loro traumi e la mancanza di sostegno. É umanamente schifoso, psicologicamente hardcore, e politicamente indefendibile in un ambiente che si dice anti-autoritario. Prendere a priori la difesa di un uomo-cis accusato di stupro contro la donna che dice di esserne la vittima, é già sostenere il patriarcato. E focalizzare l’attenzione delle discussioni sui rapporti di potere su questa storia, é stata una buona pratica per non porsi la questione del razzismo che trasmettiamo nei nostri squat, alla frontiera o altrove.

Questa è la mia esperienza di oppressione da parte di questo gruppo. Nello stesso periodo, molti di noi erano sotto pressione per non rimanere. C’era molto razzismo, classismo, psico-fobia e tossicofobia. Quando un gruppo di persone elitarie possiede gli strumenti, la rete, i privilegi e la legittimità di un luogo, questo è ciò che accade.

MORTE AL PATRIARCATO, MORTE AL POTERE.

Si c’è bisogno di parlare di questo testo : nik2prenso1@protonmail.com

Women! – Une soirée dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

19h00 Gap – Bar au gorille

Le Planning familial 05, l’association « 𝐓𝐨𝐮𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧𝐞 », et le bar au Gorille vous proposent une soirée dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

A partir de 19h : Vernissage de l’Exposition photographique «Les (CUL)ottées » visant à lutter contre le #bodyshaming et prôner le #bodypositism, par la photographe Chloé Martinez : https://www.chloe-martinez.fr/ https://www.instagram.com/chloefromtheblock/

A partir de 19h30 : cantine ivoirienne, nigériane et gambienne. Repas de soutien/prix libre

A 21h : La DJ « Amy B » assurera l’ambiance : Originaire de São Paulo, âMy B. a posé ses valises à Lyon depuis quelques d’années. Grande connaisseuse des musiques du pays, elle partage son amour du « som brasileiro » lors de mix éclectique navigant entre pépites méconnues, grands classiques et nouveaux sons. Très vite remarquée sur la scène lyonnaise, elle a déjà joué dans la plupart des clubs lyonnais en plus d’être résidente au Baràgones et au Livestation, et de faire partie des collectifs Maracuyá Lab, Sonora Popular et Carnavália. Elle a déjà mixé à São Paulo, Nantes, Marseille, Paris, Porto et Cologne. https://www.facebook.com/djamyb/?epa=SEARCH_BOX https://www.instagram.com/djamyb.brasil/

En fil rouge, infokiosque des Dérangeuses, collectif féministe.

Semaine anti-carcérale à Bure

Une semaine anti-carcérale aura lieu près de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville, du 2 au 8 mars 2020. L’idée est de prendre le temps de se rencontrer, entre personnes et groupes de différents pays, lors de temps formels et informels de discussions, d’ateliers, de projections de films…

Un premier brouillon de programme a été imaginé, il évoluera et se précisera dans les semaines à venir. Les thématiques, susceptibles d’évoluer (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des suggestions), seraient les suivantes :

  • Répression et anti-répression
  • (No)Borders
  • Questions de genre, LGBTQ+, prisons pour femmes
  • La cavale + discussions hors thématiques
  • Abolition de la prison (discussions autour de visions anarchistes de la justice, la loi, le crime, la punition)

On a aussi envie de prévoir des temps de lecture de correspondances avec des personnes en prison et des ateliers d’écriture aux détenu.e.s. Chacun-e est bienvenu-e à proposer un atelier et vous pouvez nous contacter pour l’annoncer ou si vous avez des besoins spécifiques, qu’ils soient personnels ou techniques.

On a envie de porter une attention particulière à la traduction lors de la semaine. On aimerait assurer des traductions lors des discussions, au moins en français et anglais, et si possible en allemand, polonais et italien.

Une cantine vegan, à prix libre et participative, sera organisée du lundi midi au dimanche soir. Pour dormir, il y aura des places dans des dortoirs et des caravanes, et la possibilité de dormir en tente ou en camion sur le terrain (il y a de la place !).

Le terrain accueillant la semaine anti-carcérale est relativement plat mais pas très accessible aux personnes en béquilles/fauteuils. Si vous avez des besoins particuliers à ce niveau là, vous pouvez nous contacter.

Par ailleurs, le terrain n’est pas raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Il y a des panneaux solaires – notamment pour l’éclairage et les projections de film – mais l’électricité disponible sera limitée.

La zone autour de Bure est assez surveillée, et les patrouilles de gendarmes sont très fréquentes. Les contrôles routiers s’intensifient souvent lors des évènements annoncés publiquement. Avant de venir, vous pouvez consulter le brief légal en contexte burien (également disponible en anglais, allemand et italien).

N’hésitez pas à partager cet événement avec d’autres personnes qui pourraient être interessées. Vous pouvez aussi envoyer des lettres à des prisonnier-es pour les inviter à contribuer par lettres.

On se voit en mars !

Anarchist Bure Cross
anarchistburecross.noblogs.org
aburecross@riseup.net
bureburebure.info