Tous les États, toutes les armées, tous les nationalismes tuent.

Nous exigeons un corridor humanitaire maintenant, appelons à une véritable solidarité et à des caravanes vers la Grèce, la Turquie et la Syrie.

Depuis la semaine dernière, plusieurs dizaines milliers de Syrien.ne.s, Afghan.e.s, Irakien.ne.s tentent de passer la frontière pour l’Europe, après l’annonce de la Turquie d’ouverture de ses postes frontières. Ils font face aux tirs de grenades lacrymogènes de la police grecque, mais aussi aux balles réelles : deux réfugiés Syriens ont été tués depuis ce lundi 2 mars, près de la ville frontière d’Ipsala, il y a 6 blessés graves et combien de disparu.es.

Lundi aussi, un enfant réfugié est mort après un naufrage de bateau au large de l’île grecque de Lesbos. Dans les îles de la Mer Egée, près de 40.000 personnes sont parquées dans des camps, dont 21.000 dans le seul camp de Moria, dans l’attente indéterminée de rejoindre le continent. Elles sont régulièrement la cible de l’extrême droite grecque, qui a repris émeutes, blocages de routes et attaques des bateaux en détresse. La police grecque intervient peu, quand elle n’exerce pas elle-même ces violences, et tout porte à croire que l’Etat grec laisse le champ libre à l’extrême-droite.

En 2018, plus de 2000 personnes sont mortes dans la traversée de la mer Egée.

Mais ce n’est pas un drame humanitaire qui se joue : il faut sortir du silence les causes politiques de l’exil.

Le 27 février, c’est suite à la mort de 33 militaires turcs dans les bombardements russes en Syrie, que la Turquie annonce l’ouverture de ses postes frontières et appellent les réfugiés à rejoindre la Grèce. Le lendemain, la Grèce fermait sa frontière nord à Kastanies, alors que des forces de police sont déployées le long de la rivière Evros, qui constitue une périlleuse traversée pour les réfugié.e.s.

Ce n’est pas la première fois que la Turquie d’Erdogan se prête à ce genre de marchandage avec l’Union Européenne. Le pacte migratoire conclu par l’Europe en juin 2016 prévoit le renvoi systématique des réfugié.es vers la Turquie en échange de 6 milliards d’euros. Le régime turc menace régulièrement d’ouvrir sa frontière avec la Syrie à plus d’un million de Syriens et Syriennes, pris au piège, qui tentent d’échapper aux bombardements de Bachar Al Assad. Dans la balance, sa volonté d’un accord d’exclusion aérienne à Idleb et de stabiliser les territoires conquis en Syrie.

Erdogan est un fasciste qui n’a jamais été l’ami des rebelles, ni des peuples de Syrie. Si tel avait été le cas, il aurait concentré son soutien aux mouvements émancipateurs. Au contraire il a concentré ses troupes pour massacrer les Kurdes, faire grandir Daesh et les milices djihadistes. Pour les ressortissant.e.s Syriens (comme Afghans ou Irakiens), il ne fait pas bon vivre sous le régime turc, où l’hostilité est croissante.

Coté syrien, le régime de Bachar Al Assad poursuit sa reconquête des zones rebelles, qui avaient échappé à son emprise à la suite de la révolution de 2011 (dans la suite des « Printemps arabes »). Des formes d’auto-organisation avaient émergées à Deraya, Douma, Idleb, qui avaient retrouvé un goût de liberté. Puis, en pleine contre-offensive du dictateur, soutenu par ses alliés russes et iraniens, les révolutionnaires avaient été contraints de poursuivre la lutte sous le joug de milices, armées par les pays du Golfe, la Turquie, les États-Unis : la révolution syrienne a été confisquée, par le jeu des proxy-war (guerres interposées).

Depuis lors, l’État syrien et de ses bailleurs de fonds étrangers pratiquent une politique de la terre brûlée : plus d’un demi-million de morts, un pays en ruine, 80% de la population dans la pauvreté, la prison et la torture systémique pour les opposants. Fin 2019, l’État syrien a entamé des représailles sans précédents sur la province d’Idleb, au nord de la Syrie, dont les habitant.es sont assiégés. Plusieurs millions de personnes vivent dans une prison à ciel ouvert, sous les bombes. Chaque famille est touchée.

Aujourd’hui, malgré la violence de l’État syrien, seule 11% de la population syrienne réfugiée est arrivée en Europe. 3.6 millions de Syrien.ne.s attendent en Turquie. Malgré les droitistes qui prônent le retour « à la normale » avec le régime d’Assad, la Syrie ne sera plus jamais un pays sûr : les garanties de retour des réfugié.e.s syriens, prévues lors des négociations internationales, n’ont jamais été respectées, les jeunes sont systématiquement enrôlés de force et servent de chair à canon sur les fronts de Bachar.

Cette situation est connue et les États européens sont complices :

* complices, car leur unique réponse est le soutien diplomatique et financier à la Turquie d’Erdogan (l’union européenne vient de lui proposer 1 milliard de dollars) ;
* complices, dans l’attente d’un retour en grâce du dictateur syrien Bachar Al Assad, dont ils n’hésiteront pas à serrer à nouveau la main ensanglantée du sang des révolutionnaires ;
* complices de fait des Talibans en Afghanistan, où les puissances impérialistes sèment la guerre depuis 40 ans, mais où l’Europe n’hésite pas à renvoyer les demandeurs d’asile ;
* complices de faire des réfugié.e.s en Europe les boucs émissaires de leurs desseins géopolitiques, attisant la xénophobie et le nationalisme ;
* criminels, à force d’investir des milliards dans la guerre géopolitique au Moyen-Orient et contre les réfugié.e.s, pour payer la police des frontières extérieures de l’Europe, Frontex, les polices grecque et bulgare à qui cette gestion meurtrière est confiée.

Toutes les Etats, tous les nationalismes, toutes les armées tuent.

Notre solidarité doit s’attaquer aux raisons profondes de l’exil et se doubler d’un soutien actif à toutes les révolutions populaires. Il faut faire grandir une campagne mondiale contre cette guerre internationale qui ne dit pas son nom.

Il est temps de défoncer les frontières européennes, et tous les États criminels !

El Manba, AlarmPhone

[Italie] lettre depuis un centre de rétention

Nous vous rediffusons la lettre envoyée par mail d’un détenu de la prison de Ancora qui nous est arrivée par liste mail interposée. En Janvier cette personne a commencé une grève de la faim pour protester contre un ordre d’expulsion et contre les conditions de détention. Cette personne veut faire sortir son histoire et demande un support de type légal. Nous ne savons pas quelle est sa situation aujourd’hui, la lettre ne nous est arrivée que depuis quelques jours.


Lettre de Faris Hammami

Je m’appelle Faris et depuis dix jours, je fais une grève de la faim, comme je l’avais déjà fait auparavant, pour protester contre un ordre d’expulsion et contre les conditions de la prison de Montacuto et contre certains faits que j’ai vus de mes propres yeux pendant mon emprisonnement. Le jour 05-01, je me suis également immolé devant les différents assistants qui n’ont rien fait pour éteindre le feu et pour cela je ne peux que remercier mes camarades de section, qui m’ont aussi aidé avec quelques pansements improvisés que je n’ai pas reçus de l’infirmerie de la prison. C’est pourquoi je me suis ensuite jeté sur le personnel de garde.

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai vu beaucoup de choses au fil des ans, je suis ici depuis plus de cinq ans et j’ ai travaillé au MOF depuis longtemps. Ces faits que je vais énumérer, je les ai racontés lors d’une réunion devant tous les prisonniers, le commandant et le garant qui étaient là, et à l’occasion de violences à Pérouge, au juge qui a enregistré mes déclarations spontanées.

Je peux vous parler des salutations fascistes qu’un directeur a l’habitude d’adresser à Traini Luca, qui, précisément en raison de cette camaraderie, jouit de nombreux privilèges dans cette prison, comme la cellule individuelle. Le même directeur avec son entourage a l’habitude de donner aux prisonniers étrangers et noirs un traitement spécial fait d’abus et de coups et parfois de torture quand il peut profiter de l’isolement comme je pouvais le voir et toujours pendant que je me promenais dans la prison. En outre, de nombreux autres prisonniers peuvent témoigner avec moi que le même directeur du bureau du responsable du rond-point a toujours gardé une batte rudimentaire avec les mots « Thérapie » inscrits dessus, qu’il portait évidemment sur lui dans ses actions, qu’à l’occasion d’autres tensions il a utilisé un « Taser » sur un prisonnier, le traînant sur le sol et continuant à se déchaîner sur lui.

D’autres fois dans la cinquième section ont été utilisées par les gardes du gaz ou du gaz poivré. J’ai également vu qu’à certaines occasions, on crachait dans le plat des détenus noirs enfermés en isolement, sans parler de certains détenus qui ont facilement profité de l’article 21 en raison du fait, d’après ce qu’il a lui-même déclaré, d’être amis avec le commandant en tant que fils d’un agent de la force publique. Un traitement qui n’est pas réservé aux prisonniers qui font leur chemin avec dignité pendant des années et des années, en observant un bon comportement et qui se voient ensuite dépassés par les différents confidents de la prison, qui peuvent bénéficier d’avantages autrement inexistants pour le reste de la population détenue.

J’ai commencé ma grève le 09-01, mais ils n’ont commencé à me rendre visite qu’à partir du 14-01, sans se soucier du fait que j’avais commencé beaucoup plus tôt, et après le jour où je me suis mis en feu, j’ai cousu ma bouche. Tous mes camarades connaissent ce fait que la prison semble ignorer. J’ai appris que vous avez peut-être des avocats disponibles qui peuvent me soutenir dans ce combat et j’aurais besoin de votre proximité et de votre soutien pour mettre en lumière ces méfaits qui ont lieu dans ces murs.

J’attends avec impatience de vous entendre si vous pouvez me contacter. Je vous remercie.

Faris Hammami 16 janvier 2020 CASA CIRCONDARIALE – Via Monte Cavallo 73/A – 60129 Ancona (AN)

13 Février : Procès des deux maraudeuse.eur.s

Mise à jour 13 février : le « verdict » en correctionnelle à Gap reconnu coupables les deux prévenu.e.s (appréhendées lors de maraudes) des deux chefs d’inculpation (outrage à agent et refus de signalétique) et les a condamné.e.s chacun.e à 600 € d’amende avec sursis total, et solidairement à 150€ de dommages et intérêts en faveur de chacun des cinq militaires constitués partie civile, à l’exclusion de leurs frais de justice. L’interjection en appel n’est pas encore décidée.


 

Le jeudi 13 février prochain, deux maraudeuse.eur.s passent en procès au tribunal de Gap pour « outrage sur agents » et « refus de signalétique» suite à une maraude effectuée le 26 novembre dernier.

Ce procès s’inscrit pleinement dans le contexte de répression qui existe aujourd’hui aux frontières et partout ailleurs, sur les personnes en soutien mais aussi et surtout sur les migrant.e.s.

Effectivement, les intimidations et la répression qu’exerce l’État sur les personnes solidaires à travers des contrôles ciblés, des amendes, du harcèlement policier, des procès,etc., ne sont qu’une petite partie de l’arsenal de répression mis en place par les autorités dans le cadre des politiques anti-migratoires.

Les contrôles au faciès, les tabassages et vols de la part des flics, le parcours du combattant en préfecture, la non prise en charge des mineurs dans certaines villes, l’enfermement en CRA (Centre de Rétention Administratif) dans des conditions atroces, les expulsions réalisées « parce que ton pays n’est pas considéré comme suffisamment dangereux » ou alors juste que la France s’en fout.

Tout ceci est le quotidien que peuvent vivre les gens arrivant ici sans les bons papiers.

Ces répressions orchestrées par l’État et mises en place par le duo Police-Justice semblent viser toutes les personnes et organisations considérées comme indésirables, toutes les formes de solidarités n’étant pas au profit de leur nation, toutes les formes d’actions ne s’inscrivant pas dans leur patriotisme.

Face à ces politiques mortifères, continuons à nous organiser !

Rendez-vous Jeudi 13 février dès 8h30 devant le tribunal de GAP.

N’hésitez pas à faire passer l’info

Feu aux frontières

Tract pour diffusion

Week end contre les frontières et les déportations

Week-end d’évènements contre la frontière !

SAMEDI 11 JANVIER
RASSEMBLEMENT AU CPR DE TURIN (CORSO BRUNELLESCHI)
RDV A 14h30 PIAZZA CASTELLO, AMENE TON VELO !
Rdv à 16h devant le mur du CPR à l’angle du cours Brunelleschi et de la Via Monginevro.
En cas de pluie, rdv à 15h Piazza della Repubblica au niveau du portique devant le kiosque.

DIMANCHE 12 JANVIER
JOURNEE A LA FRONTIERE
RDV A 11h DEVANT L’EGLISE DE CLAVIERE, AMENE TA LUGE !
REPAS PARTAGE

Les frontières intérieures se multiplient et se perfectionnent. Des rafles, des caméras de reconnaissance faciale,interdiction de territoire, lois de sécurisation.
Les murs extérieurs ne font qu’augmenter : des frontières économiques et sociales créées pour sélectionner, contrôler, exploiter. Des frontières composées de gardes, de documents, avec une marée d’argent européen.
L’UE devient de plus en plus une forteresse, avec des murs extérieurs construits directement en Afrique, et des systèmes de sélection et d’expulsion de plus en plus sophistiqués.
En attendant, de nouveaux CRA s’ouvrent en Italie, des centres permanents de rapatriement. Des prisons où les rébellions ne s’arrêtent jamais. Il y a deux semaines, les prisonniers du CPR de Bari ont brulé la prison et depuis elle est fermée. A Turin, les révoltes sont quotidiennes. Mais le décret Minniti a sanctionné la naissance de nouvelles lagers, et le nouveau CRA de Gradisca a déja commencé a fonctionner. Puis ce sera le tour du CPR de Macomer, en Sardaigne. Et les CPR de Milan et de Modène sont attendus.

En Valsusa, à la frontière franco-italienne, les personnes sans le « bon document » continuent d’être bloquées et persécutées par les différentes polices. Chasse à l’homme dans la neige, contrôles racistes dans les villes et sur les moyens de transport. Pendant ce temps, ces mêmes montagnes sont traversées par des milliers de touristes, de sorte que la frontière n’existe pas.
Invisibiliser, taire et réprimer sont les mots clés autour desquels se retrouvent les gardiens et les acteurs du tourisme.
Brisons l’indifférence de ces pistes !

Pour un monde sans frontières ni autoritarisme.

PS : ces derniers temps les personnes encagées au CRA de Turin ont réussi à briser une partie de leurs chaînes en incendiant leur geôle : cf https://www.passamontagna.info/?p=1275&lang=fr

Montgenèvre : Contre les frontières, les flics et le tourisme – 4 et 5 janvier 2020

Au cours du week-end des 4 et 5 janvier, de nombreux tags contre les frontières, les flics et le tourisme ont été inscrits à Montgenèvre (Hautes-Alpes).

« Ce lundi matin, près de 25 tags visant le capitalisme, les forces de l’ordre et plus globalement le tourisme ont été découverts à Montgenèvre (Hautes-Alpes), station de ski située à la frontière franco-italienne. Parmi les inscriptions taguées sur des murs, sur des panneaux de signalisation, ou dans le tunnel de Montgenèvre (RN94) : « la frontière tue, le tourisme est complice« , « mort à l’État« , « Acab« , « No border, no nation, stop deportation«  […]. Une voiture de luxe stationnée, en l’occurrence une Porsche, a été taguée de l’inscription « brûlez-la« .

Le mois dernier, toujours à Montgenèvre, trois tags avaient été retrouvés sur la commune visant notamment les forces de l’ordre et soutenant le mouvement anarchiste. […] »

NB : Repris du site Sans Attendre Demain

Semaine anti-carcérale à Bure

Une semaine anti-carcérale aura lieu près de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville, du 2 au 8 mars 2020. L’idée est de prendre le temps de se rencontrer, entre personnes et groupes de différents pays, lors de temps formels et informels de discussions, d’ateliers, de projections de films…

Un premier brouillon de programme a été imaginé, il évoluera et se précisera dans les semaines à venir. Les thématiques, susceptibles d’évoluer (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des suggestions), seraient les suivantes :

  • Répression et anti-répression
  • (No)Borders
  • Questions de genre, LGBTQ+, prisons pour femmes
  • La cavale + discussions hors thématiques
  • Abolition de la prison (discussions autour de visions anarchistes de la justice, la loi, le crime, la punition)

On a aussi envie de prévoir des temps de lecture de correspondances avec des personnes en prison et des ateliers d’écriture aux détenu.e.s. Chacun-e est bienvenu-e à proposer un atelier et vous pouvez nous contacter pour l’annoncer ou si vous avez des besoins spécifiques, qu’ils soient personnels ou techniques.

On a envie de porter une attention particulière à la traduction lors de la semaine. On aimerait assurer des traductions lors des discussions, au moins en français et anglais, et si possible en allemand, polonais et italien.

Une cantine vegan, à prix libre et participative, sera organisée du lundi midi au dimanche soir. Pour dormir, il y aura des places dans des dortoirs et des caravanes, et la possibilité de dormir en tente ou en camion sur le terrain (il y a de la place !).

Le terrain accueillant la semaine anti-carcérale est relativement plat mais pas très accessible aux personnes en béquilles/fauteuils. Si vous avez des besoins particuliers à ce niveau là, vous pouvez nous contacter.

Par ailleurs, le terrain n’est pas raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Il y a des panneaux solaires – notamment pour l’éclairage et les projections de film – mais l’électricité disponible sera limitée.

La zone autour de Bure est assez surveillée, et les patrouilles de gendarmes sont très fréquentes. Les contrôles routiers s’intensifient souvent lors des évènements annoncés publiquement. Avant de venir, vous pouvez consulter le brief légal en contexte burien (également disponible en anglais, allemand et italien).

N’hésitez pas à partager cet événement avec d’autres personnes qui pourraient être interessées. Vous pouvez aussi envoyer des lettres à des prisonnier-es pour les inviter à contribuer par lettres.

On se voit en mars !

Anarchist Bure Cross
anarchistburecross.noblogs.org
aburecross@riseup.net
bureburebure.info

Communiqué du CESAI suite à la décision du tribunal

Mardi 10 décembre la cour d’appel de Grenoble a rendu son verdict : le CESAI bénéficie d’un délai de sept mois avant l’évacuation des lieux.

Nous nous doutions que le verdict accordé en première instance à Gap nous accordant 30 mois de délai ne serait pas suivi par le tribunal de Grenoble : en effet nous ne nous faisons pas d’illusions sur ce que pourrait accorder la justice bourgeoise en faveur des migrant.e.s.

Cela confirme l’hypocrisie des pouvoirs publics se dédouanant de leurs responsabilités de venir en aide aux éxilé.e.s. tout en criminalisant les personnes qui le font. Outre la pression sur les lieux d’habitation, nous rappelons que de nombreuses personnes ont été poursuivies suite à des actions de solidarité, écopant de prison ferme et/ou de sursis.

Le maire prétend que ce n’est pas de sa compétence de gérer cette situation, allant jusqu’à refuser l’ouverture d’un centre d’accueil proposé par l’État. Depuis plusieurs mois nous assistons au jeu de la patate chaude où mairie et état se renvoient la balle.

Expulser le CESAI ne nous effacera pas du paysage gapençais : bien au contraire nous continuerons à lutter contre les frontières, la précarité et les problèmes de logement.

Que Roger se prépare car 2020 sera une année mouvementée !

De l’indifférence comme « mode de vie européen »

Il est des maux que l’on ne peut oublier. Ceux de l’immigration, malgré un passé chargé de souffrances et de désillusions, ont pourtant longtemps subi un déni généralisé et une constante propension à être rayés des lignes des histoires officielles.

Ce dernier siècle et demi écoulé en Europe a pourtant vu bien des hommes et des femmes quitter leur pays, parfois poussés par la misère ou par les persécutions, parfois appelés pour renforcer la chair ouvrière nécessaire au développement des puissances industrielles se constituant. Bien des raisons ont conduit à l’exil, et bien des difficultés ont connu les exilés. Mais l’un des points constitutifs d’une histoire commune à ces parcours torturés pourrait certainement être désigné par l’omission du rôle pourtant primordial qu’ils ont joué. Une sorte d’histoire inscrite en négatif, où l’immigré ne pourrait avoir d’existence qu’au regard de l’intérêt des états l’accueillant.

Ainsi, de nombreux états-nations européens se sont construits dès la fin du XIXème siècle par l’artificialisation d’un « nous » identitaire s’opposant à un « eux » étranger, comprendre ceux du dehors, ceux risquant de venir envahir des patries alors en pleine formation. Les concepts de xénophobie et de nationalisme ont largement puisé dans ce registre oppositionnel, et donné lieu à quelques uns des conflits mondiaux les plus sanglants. Ils ont aussi marqué le point de départ à l’assimilation de l’immigré à une menace, et ainsi inauguré les premières réglementations venant légiférer tout déplacement humain passant d’une frontière à une autre.

Mais l’immigration vue par les états est aussi celle d’une hypocrisie sans borne où le bénéfice tiré de l’apport fourni par l’immigration, tant économique, politique que culturel, n’a eu pour retour que le refus des droits les plus légitimes. À celles et ceux qui ont contribué – dans le silence et le mépris le plus souvent – aux travaux les plus harassants, ceux nécessaires aux besoins fluctuants d’une économie en pleine expansion, ceux là n’ont eu pour seul choix soit de se plier à une sous-existence sociale et juridique, soit de disparaître par l’assimilation ou par le retour au pays. La doctrine du marche où crève prenant ici une limpide réalité.

L’on dit pourtant que l’histoire se répète mais ne se ressemble pas. Les camps d’internement français où furent parqués avant-guerre les espagnols républicains fuyant le franquisme pourraient-ils faire écho aux camps grecs où sont parqués aujourd’hui les révolutionnaires syriens fuyant le régime d’Al-Assad ? Les travailleurs belges, italiens, ou algériens construisant autoroutes et banlieues des trente glorieuses sont-ils les mêmes travailleurs maliens, camerounais ou ivoiriens ramassant tomates et oranges dans les champs aujourd’hui ? Les politiciens qui ont usé de l’antisémitisme hier usent-ils des mêmes subterfuges pour se porter au pouvoir que ceux qui insufflent la peur des étrangers où de l’islam aujourd’hui ?

La récente dénomination du portefeuille de la nouvelle commission européenne concernant les migrations s’intitulant « Protection de notre mode de vie européen » ne pourrait ainsi sembler qu’une étape logique dans la continuité de l’acceptation des conceptions identitaires européennes. Qu’une banalisation de plus où se protéger d’un étranger reviendrait à ce protéger d’un ennemi. Où un mode de vie bâti sur le rejet de l’autre et sur son exploitation vaudrait tout de même la peine d’être défendu. Dans son ouvrage sur « Les origines du totalitarisme », Hannah Arendt rapportait : « Avant de faire fonctionner les chambres à gaz, les nazis avaient soigneusement étudié la question et découvert à leur grande satisfaction qu’aucun pays n’allait réclamer ces gens-là. Ce qu’il faut bien savoir, c’est qu’une privation complète de droits avait été créée bien avant que le droit de vivre ne soit contesté. » Si notre mémoire laisse aujourd’hui vivre – et mourir – dans l’indifférence celles et ceux qui errent ici dans l’exil, qu’en sera t-il demain ?

Texte initialement paru dans le journal « Episode Cévenol »

Plusieurs centaines de personnes refoulées chaque semaine à la frontière franco-italienne à Vintimille

Ci-dessous, plusieurs rapports du collectif Kesha Niya publiés récemment
et témoignant des refoulements en augmentation et des violences
policières à la frontière franco-italienne à Vintimille.

Pour plus d’infos : https://www.facebook.com/KeshaNiyaProject/

 

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Hello, this is our weekly border report from the 03.- 09. November.

Bonjour à tou.te.s

Au cours de la dernière semaine (03.11.-09.11.), Nous avons rencontré à Grimaldi Inferiore 631 personnes qui avaient été arrêtées par la police française et renvoyées en Italie. C’est de loin le plus grand nombre depuis le début de notre collecte de données, les chiffres augmentent très rapidement ces dernières semaines. Nous savons qu’un total de 648 personnes ont été renvoyées en Italie. Ces 17 personnes supplémentaires sont arrivées à Vintimille en bus public, avec la Croix-Rouge ou la police italienne, raison pour laquelle nous ne les avons pas rencontrées directement.

Le nombre total de personnes déportées comprend 34 femmes, dont au moins 3 femmes enceintes, 24 mineurs voyageant seuls et 18 enfants (âgés de quelques mois à 13 ans) accompagnés d’un membre de la famille.

Les chiffres ci-dessus n’incluent pas environ 25 personnes déportées de Vintimille à Tarente.

Cette semaine a été celle où nous avons enregistré le plus grand nombre de rapports de violence de la police.

Mineurs

Sur les 24 mineurs non accompagnés que nous avons rencontrés, nous pouvons signaler deux incidents particuliers qui se sont démarqués.

Nous avons rencontré un jeune de 17 ans qui souffrait de diabète mais n’avait pas les médicaments nécessaires. Il est arrivé avec un pied très enflé, ce qui est probablement dû à son manque de soins médicaux.

Un autre adolescent de 17 ans a déclaré qu’il avait été gazé (spray au poivre) pendant sa détention dans les conteneurs.

Violence policière

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, environ 80 personnes étaient dans les conteneurs. Plusieurs personnes nous ont signalé qu’au cours de la journée du 3, la police pénétrait régulièrement (au moins toutes les heures) dans les conteneurs et utilisait du spray au poivre sur un grand nombre de personnes. Ils ont ensuite souffert de nausées et de problèmes respiratoires après plusieurs utilisations. Un homme a dû vomir plusieurs fois au cours de cette journée. Lorsqu’il est arrivé à notre niveau, il a eu de grandes difficultés à respirer et était incapable de parler. Nous avons dû l’emmener aux urgences.

Trois personnes nous ont dit avoir également été aspergées de gaz lors de leur libération. L’un d’entre eux a déclaré qu’il avait également été frappé par la police à ce moment-là.

Quelqu’un nous a signalé qu’à 13 heures, toujours le 03/11, 6 personnes avaient été libérées. Peu de temps après la libération, la police est revenue dans les conteneurs et a annoncé qu’une autre personne pourrait sortir. Un homme s’est rendu à la porte de sortie et quand il y est arrivé, il explique qu’il a reçu un coup de poing au visage, a été directement gazé et a reçu un coup de pieds à la hanche. Il est tombé au sol et s’est blessé 2 doigts que nous avons vus très gonflés, c’était aussi le cas de sa lèvre. Beaucoup de personnes étaient présentes à ce moment et ont confirmé l’histoire. (Voir photo)

Plusieurs personnes ont également parlé d’un autre incident: Au cours de la journée, nombre d’entre elles ont demandé de la nourriture à la police française parce qu’elles étaient détenues depuis de nombreuses heures déjà, mais on leur a répondu qu’il n’y en avait pas. Ces personnes ont cependant déclaré que certains policiers avaient jeté leurs restes de pommes et de biscuits de l’extérieur vers la cour intérieure des conteneurs.

Une personne nous a dit qu’elel avait demandé à la police française de me libérer car tous ses amis l’avaient déjà été. La demande a été refusée. Plus tard, il a essayé de sortir quand les personnes suivantes ont été relâchées, même s’il n’était pas autorisé à le faire. Il a ajouté que les policiers présents avaient remarqué la tentative et l’un d’entre eux lui avait donné un coup de coude au visage/nez. Il s’est ensuite fait insulter en se faisant libérer. Deux personnes de notre groupe ont vu cette personne sortir des conteneurs en se tenant le nez. Quand nous sommes allés lui demander ce qui s’était passé, il a juste dit qu’il avait été frappé au nez. La même personne aurait déjà demandé de la nourriture pendant sa détention et aurait reçu du gaz poivré au visage.

Lorsqu’une personne a été libérée des conteneurs, il a constaté que son chargeur et son argent n’étaient plus dans son sac et a tenté d’alerter la police. Il témoigne que le policier a utilisé un pistolet paralysant (taser à main) sur sa cuisse gauche et l’a exhorté à disparaître.

Juste après la rencontre avec cet homme, deux autres personnes ont expliqué qu’un policier français avait menacé d’utiliser son Taser déjà allumé contre eux quand ils lui avaient demandé de récupérer un récépissé de demande d’asile gardé par la police. L’un d’eux a été renvoyé en Italie alors qu’il est demandeur d’asile en France. Selon lui, la police française aurait volé son récépissé valable et sa carte d’assurance maladie italienne. Leur raison serait que des noms différents figurent sur les deux documents.

Quelqu’un est arrivé avec une petite tache de sang sur le nez. Il a déclaré qu’un policier l’avait frappé lors de sa libération.

Deux hommes ont indépendamment demandé à la police française de la nourriture pendant leur détention dans les conteneurs. Tous deux ont dit que la police a utilisé du spray au poivre contre eux et en ont frappé un à l’oreille. (Image)

Le 06/11, les 40 premières personnes qui sont venues nous voir dans la matinée ont été relâchées au même moment. Plusieurs femmes arrêtées la veille par la police française ont souligné que pendant la nuit, il n’y avait pas de séparation entre les sexes, toutes personnes étaient maintenues ensemble (femmes, hommes et enfants).

Une de ces femmes nous a raconté son expérience pendant sa détention dans les conteneurs. Nous avons enregistré son témoignage. Elle y disait qu’elle se rendait en France en train pour suivre un traitement. A 19 heures le 05/11. Elle a été arrêtée par la police française dans le train à Menton-Garavan.

Durant sa détention dans les conteneurs, elle a demandé de l’eau à la police. Ils ont répondu qu’elle devrait boire l’eau des toilettes. Elle nous a également dit que la police lui avait volé 500 € et sa carte médicale. Lorsqu’elle a demandé à récupérer ses biens, un policier lui a donné un coup de poing au visage.

Nous avons reçu plusieurs confirmations de témoins oculaires de ce fait, y compris une petite fille de 6 ans. Sa famille et elle-même ont dit qu’elle était très effrayée après avoir vu cela. La fillette et sa famille ont passé la nuit du 05 au 06 novembre dans des conteneurs et pendant la détention elle a eu de la fièvre. La famille a demandé une l’aide médicale, mais la police a répondu que c’était normal.

Une jeune femme de cette famille nous a également dit que lorsqu’elle était en détention, elle avait demandé à la police un médecin parce qu’elle avait un coude très douloureux (suspicion d’entreprise). Le médecin n’a pas été consulté et aucune autre aide n’a été fournie.

Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils dormaient à même le sol et que la police a fait fonctionner la climatisation pendant la nuit.

Une personne nous a dit qu’elle avait demandé de la nourriture à la police française pendant sa détention. Il aurait ensuite été frappé par un policier.

Plusieurs personnes cette semaine ont expliqué que la police les frappaient quand ils demandaient quoi que ce soit.

Une autre personne nous a dit qu’un policier français l’avait insulté après qu’il ait demandé de l’eau. C’était sa deuxième nuit en détention, la premiere il a reçu un coup de poing à l’oreille, comme indiqué ci-dessus.

Cet homme faisait partie d’un groupe de personnes arrêtées dans les montagnes dans la nuit du 5 au 6 novembre. Tandis que la police amenait cette personne dans le conteneur, il raconte avoir été frappé avec une matraque au niveau des genoux. (Voir l’image).

2 autres hommes voyageant avec lui nous ont raconté que la même chose leur était arrivée.

L’un d’eux a déclaré avoir également été giflé à plusieurs reprises aux deux oreilles par un policier portant des gants renforcés. Lorsque cette personne est entrée en contact avec nous, il ne pouvait plus bien entendre d’une oreille.

L’autre a déclaré avoir été frappée par un des policiers français sur l’un de ses tibias. Nous avons enregistré son témoignage.

Un 4ème homme a été blessé sur l’arcade sourcillère gauche, il n’était pas clair s’il s’agissait d’un coup de poing ou d’un coup de tête. (Voir photo)

Toujours le 6, les 40 premières personnes libérées ont presque toutes déclaré avoir été gazées. 28 autres cas ont été rapportés au cours de la semaine.

Le 7, un homme a expliqué que lors de son arrestation, l’un de ses poignets était attaché à celui d’un jeune homme de 17 ans par des câbles en plastique. Comme ils étaient trop serrés, il a demandé à la police française si elle pouvait les relâcher un peu. En réponse, ils l’ont giflé et lui ont donné un coup de pied au tibia.

Nous avons rencontré une femme enceinte avec un gros bleu au front. Elle a déclaré avoir été battue par un policier français.

Une autre personne nous a dit que la police française avait volé le reçu prouvant le renouvellement de ses documents italiens.

Nous avons entendu parler de trois cas dans lesquelles la police a gardé des personnes entre 21 et 22 heures dans des conteneurs. Beaucoup plus entre 10 et 16 heures.

Kesha Niya

 

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Hello folk’s, this is our weekly border report from the 27.10.- 02.11. It’s in French and English. Next one is following soon.

Cette semaine (27-10 – 02-11), nous avons rencontré 565 personnes à la frontière franco-italienne, à Grimaldi Inferiore, qui ont été arrêtées par la police française puis refoulées en Italie. Encore une fois, le nombre le plus élevé a été dépassé depuis le début de la collecte de données. De plus, nous savons que 6 autres personnes ont été refoulees, mais ne sont pas entrées en contact directement avec nous. Ces 6 personnes se sont rendues à Vintimille en bus, avec la Croix-Rouge ou la police italienne. Donc, au moins 571 personnes ont été refoulées.

Les chiffres susmentionnés (565/571) comprennent 14 mineurs non accompagnés, 18 femmes (une enceinte), 5 enfants et un mineur non accompagné, que la police italienne, sans notre intervention, a ramenés en France.

Mineurs

Parmi les 14 mineurs rencontrés cette semaine, ces 4 cas se distinguent plus particulièrement.

Un adolescent de 14 ans a été enregistré par la police française en tant qu’adulte âgé de 40 ans (1979 avec refus d’entrée) et la police italienne l’a apparemment enregistré avec 4 empreintes digitales comme ayant 40 ans. Nous sommes retournés voir la police italienne avec le jeune homme de 14 ans et leur avons demandé comment cette erreur d’enregistrement évidente pouvait se produire. La policière présente a déclaré qu’elle ne pouvait rien faire à ce sujet et que, pour le moment, il n’y avait aucune connection avec la base de données de l’État. Il faut se demander si c’était vraiment le cas, car les empreintes digitales avaient été prises juste avant et cela n’est possible que si l’accès à la base de données est disponible et si le système d’enregistrement est fonctionnel. En outre, il est souvent arrivé par le passé que, lorsque nous sommes retournés avec des mineurs à la police italienne, le système d’enregistrement ne fonctionne pas comme par hasard.

Le lendemain, le même adolescent a de nouveau été repoussé par la France, mais cette fois, il avait 19 an et plus 40 sur le papier français.

Un jeune homme de 16 ans, enregistré en Italie comme ayant 20 ans, était en possession de tous ses documents officiels de Côte d’Ivoire confirmant qu’il avait 16 ans, mais ne les a pas montrés à la police car il avait peur de se les faire voler.

On nous a parlé de deux cas de violence contre des mineurs.

Le 2 novembre, un jeune âgé de 17 ans aurait été frappé au nez par la police française. Il a dit qu’il avait 20 ans parce qu’il ne voulait pas être séparé de ses amis. La police française aurait également utilisé du spray au poivre lors de sa libération. (Voir l’image)

La violence

Ce jour-là (2 novembre 2011), nous avons été informés d’au moins 24 cas dans lesquels la police française avait utilisé du spray au poivre sur des personnes lors de leur libération. L’une de ces personnes, après en avoir recu au visage, a perdu conscience, est tombée au sol et s’est blessé au genou. Ses amis ont rapporté que la police française lui avait donné des coups de pied alors qu’il gisait inconscient sur le sol.

Au cours de cette semaine, nous avons entendu parler de 17 autres situations dans lesquelles des policiers français ont pulvérisé du gaz au poivre lors de libérations des algecos.

Un homme nous a expliqué qu’à 21 heures, le soir du 27 octobre, il était près d’un tunnel sur l’A8, dans les montagnes au-dessus de Menton. Il était sur un chemin qui mène à Menton et a réussi à se rapprocher d’une propriété privée. L’instant suivant, il entendit quelqu’un crier « Stop ». Il se retourna et courut vers l’Italie. Il raconte avoir alors entendu des coups de feu. Il a pu rentrer en Italie sans être arrêté. Avant tout cela, cette personne a vu un groupe de 5 personnes qui ont également tenté de franchir la frontière à pied. Ce groupe a été arrêté dans les montagnes par l’armée française et nous a rencontré le lendemain, confirmant que des coups de feu avaient été tirés à 21 heures.

Deux personnes auraient été frappées par des policiers français après avoir été arrêtées dans les toilettes d’un train.

Un homme a déclaré qu’il avait été frappé par cinq policiers français sur la voie 1 à la gare de Menton-Garavan à 18h12 le 31 octobre, jour de son arrestation. Il se souvient des auteurs, mais comme il s’est protégé la tête avec les mains lors de l’attaque, il n’a pas pu nous donner plus de détails.

Un policier français a demandé à des personnes détenues de lui donner des documents par la porte. Un homme a fait passer les siens à travers la porte et a signalé qu’à ce moment-là le policier lui avait claqué la porte sur mes doigts. Il était blessé quand nous l’avons rencontré.

Un activiste marocain des droits de l’homme a également été arrêté par la police française et placé dans les algecos. Pendant sa détention, il a fait une vidéo avec son téléphone portable, qui est en notre possession. Dans cette vidéo, diverses violations des droits et comportements qiestinnables de la police française ont été enregistrés. L’homme a demandé aux policiers français de demander l’asile politique et en retour ils se moquaient de lui. Une personne est allongée inconsciente sur le sol. Cela s’est produit après que la police ait utilisé du gaz au poivre contre les personnes privées de liberté. Nous pouvons également voir un homme qui demande de la nourriture et la police qui répond qu’il n’y en a pas. La mauvaise situation d’hygiène dans les conteneurs est également claire dans cette vidéo, nous pouvons voir les toilettes couler sur le sol. Le militant des droits de l’homme nous a dit que son ami et lui avaient dû signer le refus d’entrée qui leur appartenait avant que celui-ci ne soit rempli par la police française. Il a également signalé que, ce jour-là (29/ 10), la police est entrée dans les conteneurs à 13 heures et a utilisé du spray au poivre sur plusieurs personnes. Sur une autre vidéo qu’il a faite, on peut voir un autre homme inconscient en train d’être emmené hors des conteneurs par la police et d’autres personnes détenues à ce moment-là.

Deux personnes nous ont informé que la police française leur avait refusé l’aide médicale alors qu’elles avaient en leur possession des documents médicaux officiels et qu’elles les avaient montrées à la police. Dans le premier cas, il s’agissait d’une personne atteinte d’une maladie pulmonaire, confirmée par un médecin allemand de Cologne. La personne concernée a demandé de l’eau et des médicaments à la police. Ils ont d’après elle refusé les deux demandes.

Le deuxième cas était une personne souffrant de problèmes dentaires, confirmée par un médecin espagnol. La demande de soins médicaux qu’il a faite a également été refusée.

Dans un autre cas, un policier français a frappé un homme venant Mali. Il nous a également dit que ce policier avait volé sa carte bancaire par la suite.

Une personne nous a raconté qu’un policier français avait volé son récépissé expiré de demande d’asile en france.

Nous savons que 10 personnes ont été privées de liberté entre 12 et 23 heures par la police française. Nous pouvons supposer que le nombre de cas non signalés est beaucoup plus élevé, car des personnes sont détenues toute la nuit tous les jours et certaines d’entre elles ne sont pas parmi les premières à être libérées. Elles font souvent même partie des dernières à sortir.

Kesha niya

Et à ce lien, une vidéo prise clandestinement dévoilant les conditions
d’enfermement des exilés dans les locaux de la PAF à Menton :
https://www.humanite.fr/videos/police-aux-frontieres-menton-les-images-de-la-honte-680650?fbclid=IwAR1SMKE90EGHtwX0bp3-CYmvmCQuv9oG7L3HCgLhJgiXmotb3KOAEDx3j3I

LES CHAUFFEURS PARLENT ET RESALP SE TAIT…

La compagnie francaise Resalp gère plusieurs lignes de bus, dont l’une fait la liaison entre l’Italie et la France. Chaque jour, la ligne Oulx-Briancon permet aux passagers qui ne peuvent pas passer la frontière « légalement » de faire un bout de chemin.

Ainsi, ils descendent à Clavière, à quelques mètres de la PAF (police aux frontières) avant de rejoindre la France par les montagnes. C’est là que commence la chasse à l’homme, jours et nuits les flics traquent celleux qui n’ont pas les bons papiers.

Au poste de frontière, certains chauffeurs rapportent aux flics de la PAF le nombre de personnes descendues à Clavière, les informant par là meme du nombre de personnes à pourchasser. Cette conversation qui peut sembler anodine est en fait une quasi assurance de leur arrestation quelques heures plus tard dans la montagne.
Comment appeler ca autrement que de la délation ?

Tout ca sans parler des comportements humiliants et discriminatoires de quelques chauffeurs qui interdisent meme parfois aux personnes noires de monter dans le bus. Ces pratiques sont racistes, et pour ce que ca vaut, illégales.

La ligne Oulx-Briancon étant un passage obligé pour le franchissement de cette frontière, les chauffeurs qui y travaillent deviennent alors des indics parfaits pour la police. Se mélangent la responsabilité individuelle du chauffeur et celle de l’entreprise: les chauffeurs ne sont pas tenus de livrer des informations sur les passagers à la police, et l’entreprise doit garantir que ce passage d’infos n’aie pas lieu.

Tant que Resalp ne délivrera aucun message clair a ses salariées sur la position à adopter, la compagnie continuera de fait à collaborer et restera une extension du controle policier.

Passager/ère: ouvre l’oeil et ne sois pas complice !
Chauffeur/euse: ne parle pas à la police!

STOP A LA DELATION ET A LA COLLABORATION !

 

GLI AUTISTI PARLANO… E RESALP TACE. Su come gli autobus diventano strumenti repressivi

Compte rendu du procès du Cesaï à la cour d’appel de Grenoble

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du CESAÏ

Les dés sont lancés

Nous étions une quarantaine du CESAI à avoir fait le déplacement le 28 octobre dernier. Peu importe le temps que nous mettrions à poireauter devant le tribunal, il n’était pas concevable pour nous de ne pas être présent.e .s !!

C’est dans la salle 13 du palais de justice que se jouait l’avenir de plus de 6O habitant.e.s du Centre Social Autogéré de l’Imprimerie.

Ces derniers mois le maire de Gap a redoublé d’énergie afin de nous discréditer et de nous mettre la pression par tout les moyens, alternant recours juridiques, faux rapports de pompiers et communiqué de presse dégueulasse.

En vain. Toute cette agitation n’a fait que renforcer nos liens et notre motivation à nous battre.

Selon les dires des avocats de la ville et de l’EPFR, Roger Didier n’en dormirait plus la nuit.

L’affaire du CESAI l’affecterait tellement qu’il s’en cognerait la tête contre les murs. Serait est ce de la culpabilité ???

Dans la salle, c’était l’usine. Des affaires n’ayant rien à voir les unes avec les autres se succedaient à grande vitesse. Les magistrates n’accordaient que dix minutes à chaque avocat pour plaider. On se demande bien comment c’est possible de se faire une idée réaliste d’une situation un tant soit peu complexe en si peu de temps. Voire même comment rester concentré.e pendant 7h, en écoutant un flot de gens qui se contredisent sur les sujets les plus divers tout en parlant le plus vite possible…

Mais passons.

Il semblerait que la mairie tente de se rabibocher avec l’EPF, car iels les ont rejoint à la barre pour associer leurs plaidoiries sur les points suivants : ils sont rentrés par voie de fait, ils se mettent en danger en se mettant à l’abri et on va leur sauver la vie en les mettant dehors, le carré de l’imprimerie et ses 24 millions, et c’est pas notre responsabilité de loger les gens mais celle de l’état.

Ce dernier point est assez drôle si l’on se rappelle que Roger est passé sur Fr3 et sur Alpes 1 il y a deux ans pour annoncer qu’il s’opposait à la création, à l’initiative de l’état, de 80 places (soit à peu près la population du Césaï) pour mineurs isolés et demandeurs d’asile à Gap alors même qu’à cette époque il était en procédure pour expulser la maison Cézanne !

Délibéré le 10 décembre.

Une chose est sûre : la justice sociale ne s’obtiendra jamais dans un palais de justice…

Quoi qu’il en soit, nous expulser ne nous effacera pas du paysage, nous continuerons à lutter.

Si Roger veut retrouver l’esprit tranquille, il n’a qu’une chose à faire : nous octroyer un lieu légal d’accueil et d’hébergement. Aux normes ERP si ça lui chante.

Nous remercions toutes les personnes, associations, collectifs qui nous ont soutenu et nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous le 10 Décembre à 20h pour une auberge Espagnole ainsi que pour le verdict au CESAI.

 

CESAI COEUR DE VILLE FOR LIFE !!!!

L’Etat monte le niveau d’un cran

A l’occasion du procès de trois camarades accusé.es de « menace sur les biens d’une personne représentante de l’autorité publique » pour avoir chanté un refrain,

nous tentons ici de recoller les morceaux et de proposer une synthèse.
 

L’été commence avec l’arrestation de deux maraudeurs à la PAF (police aux frontières). Lors de la GAV, une perquisition a été effectuée au domicile de l’un d’entre eux. Cette perquisition a été faite sans raisons tangibles et pour l instant aucune poursuite n a été engagée. C est l énième épisode de représailles policières contre les maraudeurs.

Le soir même, les flics, à Briançon, cherchent à s’introduire sur un terrain privé où quelques camarades dorment dans leurs camions. Très vite, les camarades comprennent qu’ils n’ont aucun mandat et les flics sont vivement invités à quitter les lieux. Suite à ça, une camarade est accusée d’outrage au tribunal. Elle a été jugée le 17 Septembre, et condamnée à 270 euros de préjudice moral et 1200 euros d amende et frais divers.

A la même période,, les convocations et les gardes à vue pour la manifestation du 20 février 2019 tombent et trois camarades sont arrêté.es avec un mandat de recherche. Les flics semblent davantage intéressés par l identité des organisateur.rices de la manifestation que par les faits : ils ont été jugés le jeudi 17 octobre et le procureur requiert 4 mois de prison avec sursis et 3000 euros d’amende pour préjudice moral. Rappelons que c est le slogan « Jérôme Boni, chef de la PAF, on va tout casser chez toi » qui motive cette requête.

L’une de ces trois camarades avait justement été arrêtée lors de la manifestation à Montgenèvre le 20 avril dernier (voir communiqué). Pour cette manif là par ailleurs quatre convocations et deux GAV ont eu lieu. Sont reprochés des faits de blocage, de dissimulation de visage et de résistance en réunion, mais il semble que flics cherchent plutôt des responsables : les interrogatoires portent (entre autre) sur les organisateurices de la manif et leurs motivations.
Le 2 octobre, s’est tenu le procès de K., un camarade accusé d’aide au passage illégal, parce qu’il aurait été arrêté en voiture en zone frontalière avec des personnes n ayant pas les bons papiers ; le procureur demande 4 mois de sursis. Le rendu du 23 octobre le condamne à deux mois avec sursis.

Le lendemain du rendu, c’est-à-dire le 24 Novembre, un autre solidaire, P., a été jugé pour les memes accusations : comme nous étion prêt à le parier, les requêtes sont sensiblement les mêmes, trois mois de prison avec sursis.

Le dernier épisode en date remonte au 27 septembre, lorsqu un camarade italien a été arrêté dans les vignes en France alors qu’il travaillait, puis emmené au poste de police. Il a été interrogé sur la manifestation du 22 septembre 2018 à Montgenèvre, à l’occasion du camping Passamontagna. Il est accuse d avoir participe a une manifestation non autorisee, et de faits de resistance. Etrange que pour si peu la police française de deplace pour le choper directement dans les vigne. La encore, les questions concernent les prétendues « organisateurices » de la journée. Il est évident que son identité a été transmise directement par la Digos italienne (département de police politique, genre RG-PSIG) aux flics français.

Il semblerait que cette coopération s affine et se structure de plus en plus, y compris en terme de logistique des refoulements à la frontière. Depuis quelques mois en effet, la police italienne vient chercher les personnes refoulées directement dans les bureaux de la PAF, du jamais vu dans le coin…

Au deuxième étage de la gendarmerie de Briançon se trouve le bureau dédié aux « questions frontalières ». Des affiches et des autocollants attribués au mouvement de lutte contre la frontière égaient les murs. On se croirait dans une enquete de meurtre à la 24 heure Chrono.

Il y aurait donc une instruction plus large en cours ? Peut-etre bien.

Il est certain néanmoins que tout ces événements font partie dune stratégie de harcélement visant à intimider et isoler, en somme mettre sous pression, les personnes solidaires qui agissent et s organisent dans la région.

Cette stratégie va de pair avec la logique de contrôle et de répression ciblées des personnes qui tentent chaque jour de franchir la frontière au col de Montgenèvre, refusant d accepter les conditions de vie dictées par les états que ces dispositifs policiers protègent et soutiennent.

Il ne s’agit ni de bloquer complètement les activités solidaires à la frontière, ni le passage des personnes, mais bien de créer des conditions dans lesquelles les premières paient toujours plus le prix de leur actions (et idéalement, s’épuisent), et les secondes sont systématiquement fichées, battues et harcelées, afin qu elles intériorisent quel est et quel sera, où qu elles aillent, le traitement qui leur sera réservé.
C est bien le même systeme qui les défini et les traite comme de l «humanité en excès», et qui par là, cherche à les effrayer et à les rendre à merci du capitalisme, en les maintenant sous menace constante grâce à des bouts de carton plastifié appelés « papiers ».

Essayons d’élargir un peu plus nos horizons. Au cours de l’année passée, l’Etat français a mis en œuvre une très forte répression à l’encontre du mouvement des Gilets Jaunes, forte aussi bien au niveau du nombre de personnes arrêtées et jugées que de la dureté des peines.

Ces événements ont contribué à reclarifier l objectif de la répression : sanctionner toute expression d opposition politique, tout en les récupérant dans ce qu elles ont de plus facilement désamorçable. C est la pratique de la dissociation qui permet de doser ce savant équilibre : elle consiste à séparer sur le plan médiatico-pénal les protestations considérées « démocratiques », et celle qui ne le sont pas.

Les espaces de dissonance toléré par cette démocratie tendent à se réduire comme peau de chagrin, et ces jours-ci, de simple slogans ou bien la participation à une manifestation non autorisée peuvent conduire devant les tribunaux. Rien de nouveau sous le soleil finalement : lorsque l état se sent menacé (ou trop puissant), il essaie de ressèrer les mailles du contrôle social et politique en tirant sur le fil de la « sécurité ».

L état français n a pas encore l expérience de l état italien en terme de montage pénal des fameuses « bandes organisées ». Mais il commence à faire ses gammes ( il suffit de s’intéresser à l’instruction en coeur sur « l’association de malfaiteur » à Bure, pour s’en rendre compte). De la même façon, il expérimente les nouveaux espaces légitime de répression qu’il s’est arrogé en promulguant les lois les plus récentes, telles que la loi casseur.

Les états montent d’un cran le niveau de la répression et du contrôle social.
De nouvelles lois anti-terrorisme, des accords pour les rapatriementavec toujours plus de pays, et des technologies de contrôle et d’identification toujours plus sophistiquées. Des caméra à reconnaissance facile, ADN, contrôles croisés de GPS et téléphones…

Les état montent le niveau d’un cran.
Il ne s’agit pas de le faire baisser, mais bien de faire exploser le baromètre. Enfin, disons que c’est l’idée …

Rejet du référé de la mairie de Gap contre le Cesai

Comme on pouvait s’y attendre, le référé de la mairie de Gap, visant à permettre à des pompiers et à des agents administratifs un peu trop zélés de s’introduire chez nous contre notre volonté afin de trouver des prétextes pour nous expulser au plus vite sous couvert de sécurité a été rejeté.

Après l’audience la greffière est venue nous voir pour nous glisser que « c’est inhumain de vouloir mettre des gens à la rue, sous prétexte de sécurité, pour des projets immobiliers inexistants » ! Ah, si seulement Mme Pigeau, la représentante de la mairie, avait pu l’entendre ! Venant d’une membre du tribunal, au statut social sûrement plus respectable à ses yeux que celui de squatteur, ça lui ferait peut-être un petit choc. La juge a même qualifié « d’inutile », la mesure intentée par la mairie. Voilà qui fera les pieds au seigneur de Gap.

Malgré tout, gardons les yeux ouvert sur ce qu’est le Tribunal Administratif : il s’agit aussi de l’institution qui confirme, chaque semaine, des dizaines de « décisions de transfert » (le terme en langue de bois pour déportation) de nombreuses personnes vers l’Italie ou autre, apparemment sans trouver cela inhumain ou immoral. Il y avait quelque chose de cocasse dans cette situation : par la force des choses, l’EPF PACA, propriétaire de notre maison et jusqu’ici allié de la mairie, s’est retrouvé, en quelque sorte, de notre coté.

En effet, dans sa précipitation, et probablement aveuglé par sa colère, le maire a choisi de faire cavalier seul dans cette manœuvre en nous qualifiant d’ERP. Il oubliait ainsi que la loi stipule que l’exploitation d’un ERP implique l’autorisation du propriétaire et que ce dernier est également responsable de la mise aux normes sous peine de lourdes sanctions. L’EPF a donc fait le déplacement au tribunal pour nous aider à démontrer que notre maison n’est pas un ERP, qu’elle doit être démolie et qu’il est donc doublement inutile de demander une telle mise aux normes. Un grand merci à l’EPF PACA donc, de nous avoir assisté face aux magouilles de Monsieur le Maire, fils de Maire !

Ce cher Roger est décidément un adepte des doubles discours : quand il parle de son projet du carré de l’imprimerie, il explique que la ville mène une politique de requalification (novlangue pour gentrification) du centre-ville, insiste sur son étroite collaboration avec l’EPF et sur le fait que les acquisitions de ce dernier se font au nom et pour le compte de la mairie. Quand on parle de nous c’est un tout autre son de cloche : ce bâtiment appartient à l’EPF et n’a plus rien à voir avec la commune. Il n’hésite pas à laisser entendre que nous fonctionnons avec leur accord, à nous mettre dans le même panier devant la justice, et à écrire des arrêtés municipaux à leur encontre, rejetant sur eux la responsabilité de notre relogement et les menaçant de poursuites pénales !

…Et c’est leur « étroite collaboration » qui doit donner naissance à un projet immobilier après avoir englouti 24 millions de deniers publics ? Cela nous paraît plus que mal parti…

Quelques habitant.e.s du CÉSAÏ

La vendetta de Roger Didier et les avant-premières du procès en appel

Hey salut ! Ça faisait longtemps qu’on ne vous avait pas donné de nouvelle ! Permettez-nous de rattraper le temps perdu. Il s’en est passé des aventures depuis le jour ou le tribunal de gap décidait de nous accorder un délai de 30 mois. Et ceci est rare de voir un squat bénéficier d’une période de répit aussi importante.

Voici donc la suite de la saga : la vendetta de Roger et les avant-premières du procès en appel. Car ce n’est pas une audience au tribunal qui attend le CÉSAÏ ce mois-ci, mais trois. Si, si !

Attendez, on vous explique. Comme dans toutes les sagas, commençons par un résumé de l’épisode précédent. Vous verrez, ça aide à mieux comprendre notre protagoniste : Roger 1er.

Résumé de l’épisode précédent : Nous sommes au printemps 2019. A cette époque la ville de Gap (propriétaire officieux de la maison) avait mit un maximum d’énergie pour nous rendre la vie dure. Ils nous avaient assigné en référé d’heure à heure, procédure expéditive qui leur permettait de faire juger le contentieux rapidement. Nous laissant donc moins de temps pour organiser notre défense.

Roger Didier avait, en parallèle, envoyé une lettre à la préfecture demandant explicitement l’évacuation illégale du Cesai, sans aucun respect pour la procédure qui venait à peine de commencer. C’est cette même personne qui, au conseil municipal, aime donner de grandes leçons sur la loi et la démocratie.

Afin de préparer son plan de bataille, il demanda au tribunal l’autorisation de rentrer à l’intérieur de la maison avec la police et un huissier, soit disant pour vérifier les identités des occupant.e.s. Cette manœuvre a consisté en réalité à relever des éléments qui, potentiellement, pouvaient donner motivation au tribunal d’ordonner notre expulsion. En ce qui concerne le noms des habitant.e.s, ils sont repartis avec les mêmes noms qu’ils avaient déjà et qui était inscrits sur la boite aux lettres.

Le jour de l’audience, leur avocate présenta un dossier ultra-alarmiste faisant état d’urgence et de dangereux danger : notre maison était insalubre. À tel point qu’on allait tous mourir électrocuté.e.s puis brûlé.e.s vif.ve.s avant que tout le quartier ne s’écroule… C’est sûr c’était bien mieux quand une trentaine de personnes dormaient devant les portes de la préfecture en début d’automne 2018 !

Bref sa manœuvre ne payera pas le collectif du CESAI SE BATTERA CORPS ET AME.

Nous avons su démontrer l’importance de notre maison et, pour une fois, le tribunal a pris une décision raisonnée par rapport a la situation des habitant.e.s.

Le lendemain du verdict, Mr le maire publia un communiqué de presse sur le facebook de la ville de gap. Il s’y indigne de la décision, arguant que cela permettait à certaines personnes de ne pas payer de loyer pendant que d’autres familles tout autant démunies, galéraient à régler les leurs.

Que se cache t-il derrière cette phrase, si ce n’est l’envie de monter des pauvres contre des pauvres afin de créer tension et haine là ou il n’y en avait pas ? La grande question qu’on est en droit de se poser est : qu’est ce que Roger a fait en tant que maire pour aider ces familles aux fins de mois difficiles ???

Une autre phrase suscitera notre attention « Je ne discuterai pas la décision du tribunal ».

Mr le maire aurait-il un cœur d’artichaut pour nous émouvoir autant en une seule ligne ? Les paris étaient ouvert et on aurait presque pu y croire. Mais notre naïveté a ses limites. Pourquoi se priverait-il de faire appel, étant donné qu’il l’avait déjà fait contre la maison Cezanne ?

Dans la dernière semaine du délai légal, notre avocat nous confirme que la ville faisait appel de la décision de justice. Roger n’a donc pas de parole, rien de nouveau sous le soleil, on s’en doutait.

Pardon pour ce texte un peu long mais c’est maintenant qu’arrive le partie intéressante. Celle que vous n’avez peut-être pas pu suivre à cause des vacances.

La Vendetta de Roger 1er

On est début juillet, le soleil est de la partie et la chaleur est au rendez-vous. Un cocktail parfait pour ronronner tranquillou le chat sur notre petite terrasse du premier étage. Le bon temps ne fut que de courte durée. Notre béatitude fut rompue par l’acharnement de quelques policier véreux et agents de la ville, obéissant aux ordres du parrain Roger venus pour enlever notre banderole.

Ce geste pourrait paraître anodin, après tout ce n’est qu’un morceau de tissu. Mais derrière cet acte, c’est la volonté de faire taire une lutte qui apparaît, de nettoyer toute trace de revendication contre les frontières et leur monde.

Il faut surtout pas que les touristes se posent des questions pendant leurs vacances. Nous décidons de ne pas lâcher l’affaire, nous récupérons la banderole et la remettons à sa place. Cet épisode se répétera plusieurs fois en moins d’une semaine. Un véritable acharnement.

La ville va jusqu’à ramener une nacelle élévatrice. N’a t-elle pas de chose plus importante à faire que de monopoliser des agents et mettre des moyens démesurés pour enlever une petite banderole ? On frôle le n’importe quoi. Quelques jours plus tard nous découvrons un communiqué de presse du Maire affirmant vouloir nous éradiquer. Roger ne fait pas dans la dentelle : le choix des mots est lourd de sens. Il fût une époque ou les nazis parlaient aussi d’éradication. L’histoire nous a montré où la folie d’un homme peut nous mener.

Il nous accuse de manière diffamatoire de presque tous les problèmes rencontrés dans la ville. Selon ses dires, une pétition contre le Cesai serait en cours et une réunion publique aurait eu lieu avec les commerçants et le voisinage se plaignant fortement de notre présence. Une « colère sourde chez les résidents de ce quartier du centre-ville » serait en train de « prendre une ampleur jamais connue à Gap ».

Après quelques jours d’investigation et de longues discussions avec plusieurs voisins, nous comprenions que tout ceci n’était qu’une manœuvre de la part de Roger pour attiser des tensions. La fameuse pétition avait pour objet les nuisances sonore en ville de manière générale et ne nous ciblait pas directement. De la même manière, en réalité aucun riverain ne s’est plaint « d’incivilité » ni de « comportement agressif », contrairement à ce qu’il affirme. Seulement du bruit jusqu’à dix heures du soir. Rien de transcendantal en centre ville. Aucune « colère sourde » ne monte dans le quartier. En fait, les personnes qui nous détestent sont très minoritaires. Le maire est seul dans cette histoire. C’est tout de même avec habilité qu’il a détourné le sens de cette réunion soit-disant publique et réussi à remonter quelques voisin.e.s réactionnaires et sympathisant.e.s du Rassemblement National contre nous.

On doit lui reconnaître ce talent de manipulateur. Ce qui nous invite à nous demander si il est un habitué de cette technique, pour être aussi bon dans ce domaine. Car les constats parlent d’eux même.

Deux jours après, la mairie nous installe une caméra devant la porte de notre maison. Histoire d’entretenir une forme de pression. Puis quelques temps plus tard nous recevons la visite de la police (agents et gradés) venant faire de la médiation. En effet, depuis le communiqué du maire 3-4 voisin.e.s réac’ d’extrême droite se sentent pousser des ailes. Allant jusqu’à nous menacer de mort devant des agents de la bac stoïques ! On n’en demandait pas tant, on sait qui sont les électeurs de Marine.

L’échange avec les policiers médiateurs a été courtois. Notre discussion a tourné autour des nuisances sonores et nous avons expliqué que nous faisions le maximum pour porter un point d’attention à cette problématique. Le papotage se poursuit, portant ensuite sur un habitant ayant des problème psys, qui occasionne quelques situations rocambolesques en ville et a proximité de la maison.

Nous faisons comprendre à la police que l’on fait de notre mieux pour cohabiter avec lui, et pour faire l’interface entre lui et les voisins quand c’est nécessaire. Nous leur précisons que nous ne sommes pas soignant.e.s et qu’il lui faudrait peut-être une place dans un établissement spécialisé. Avant de partir les agents nous on dit « on va s’occuper de lui». Dès le lendemain, plus aucune nouvelle de l’ami en question. Une semaine plus tard, une personne du réseau nous apprend qu’il a été transféré par la police de Gap au centre de rétention de Nice ! Effectivement ils s’en sont occupés… Sacrés enflures ! La semaine qui suit c’est au tour de la DDCSPP de rentrer en scène en venant toquer à notre porte, soucieux de l’avenir des habitant.e.s.

Aurions nous loupé un épisode ? Cela fait des années que le collectif Un Toit Un Droit et bien d’autres essaient de les faire bouger pour permettre aux personnes en exil de trouver un hébergement, et jamais ils n’ont daigné bouger le petit doigt. Pas besoin d’être visionnaire pour avoir une lecture de ce qu’il se trame, tellement la mascarade est limpide. Le CESAI occupe le carré de l’imprimerie où était censé se réaliser un projet d’urbanisation qui n’a jamais abouti car la ville ne possède qu’une petite partie du foncier. Bizarrement depuis que nous y sommes, Roger pleurniche comme un enfant qui n’a pas eu son jouet, menaçant l’état de retirer la ville de Gap du dispositif « cœur de ville » si rien n’est fait contre les résidents.

Dans cette visite impromptue, nous voyons clairement l’action du Parrain, surtout qu’au détour d’une phrase, ils avouent n’avoir rien à nous proposer. Toutefois nous laissons la porte ouverte à la discussion avec la DDCSPP et nous sommes curieux de savoir comment ils comptent nous aider.

Pendant cette période de cohue, 4 copain.e.s ont été entendu.e.s en audition libre pour trois enquêtes à la demande du procureur de Gap. L’occupation de la préfecture en janvier dernier et deux autres affaires de dégradations. Mr Balland (proc) est généreux, il fait des pack familiaux : un savoureux mélange d’affaires n’ayant rien en commun en une seule et même instruction.

Revenons à nos moutons car les rebondissement ne sont pas terminés. Roger est en pleine vendetta : il n’est pas concevable pour lui qu’une petite poignée d’irréductibles s’oppose au Don Corleon Gapençais.

Des procès en avant-première !

C’est alors qu’on croyait le caprice de Roger terminé, qu’il abat son joker : des policiers viennent – encore – nous rendre visite. Cette fois-ci c’est pour nous remettre en main-propre une convocation. Nous recevrions, le 11 septembre prochain, la visite d’une commission de sécurité sur demande du seigneur.

Après avoir voulu nous éradiquer, voici qu’il veut s’assurer que nous ne soyons pas en danger !

Le hic, c’est qu’il semble maintenant nous considérer comme, non plus des SDF, mais les « exploitants d’un Établissement Recevant du Public (ERP) ». Des déléguées de la mairie, de la préfecture, ainsi que des pompiers nous ont donc demandé de leur fournir « le registre de sécurité », avec notamment « l’état du personnel chargé du service incendie, les dates d’exercices (évacuation, entraînement) » etc. Le temps de trouver nos mots, et nous tentions une réponse.

« Hum, désolé.e.s, Mesdames et Messieurs les pompiers et représentantes des autorités, il doit y avoir une erreur. Nous ne sommes pas une entreprise, mais de simples squatteurs.euses. « CESAI » n’est pas une personne morale, mais le nom que nous donnons à l’immeuble que nous habitons. Nous ne sommes pas en mesure de vous donner le moindre de ces documents car nous n’avons pas de personnel. Par conséquent, nous pensons que votre visite est sans objet. Aussi, nous ne vous laisserons pas rentrer. »

Autant vous dire qu’il y a eu un léger malaise…

Ni une ni deux, notre représentant préféré se fend d’un arrêté prescrivant travaux en date du 13 septembre, soit deux jours plus tard, dans lequel il nous ordonne d’évacuer les lieux immédiatement et de tout mettre aux normes ERP dans un délai d’un mois, sous peine de poursuites pénales et de sanctions qui-font-peur. Qu’importe si la justice nous avait accordé trente mois. Qu’importe si le procès en appel n’aura même pas encore eu lieu à la fin de son délai ridicule. Monsieur le maire, fils de maire, a parlé.

Pourquoi tout ça ? Il semblerait que les deux raisons officielles soient :

– L’immeuble aurait toujours été un ERP, indépendamment du fait qu’il soit occupé ou pas. Étrange, car la mairie compte introduire en justice un document attestant qu’il est interdit au public depuis 2013…

– Une cheminée pourrait être dangereuse. Ce qui est drôle, c’est qu’en première instance la mairie a pris cette cheminée pour un pilier soutenant le plafond et en a déduit que tout allait s’effondrer. Maintenant, ce n’est plus un pilier mais une cause possible d’intoxication au monoxyde de carbone ou d’incendie. Est-ce que tous les possesseurs de poêle à bois ou de cheminée se font visiter par de telles commissions de sécurité ? Nous en doutons…

Les normes ERP sont les plus sévères, évidemment. Elles sont normalement réservées aux salles de concerts, magasins etc. et imposent des précautions drastiques liées à la présence d’un flux important de personnes. C’est bien sûr inutile dans le cas d’une habitation : un immeuble HLM n’est pas un ERP par exemple.

La mairie et la préfecture font décidément preuve d’une hypocrisie sans borne. Selon ce qui les arrange, nous sommes gratifié.e.s, dans leurs documents officiels, tantôt du statut « d’occupants sans droit ni titre », tantôt de celui « d’exploitants d’un établissement recevant du public ». Mais le pire est sans doute qu’à les écouter, on croirait presque que c’est pour notre bien que ces gens veulent nous mettre dehors.

Surtout, nous devons éviter de mourir intoxiqué.e.s ou brûlé.e.s dans la maison, mais si nous mourrons de froid ou autre dans la rue, là ce n’est plus un problème. Le 27 septembre, rebelote !

« Bonjour, c’est la commission de sécurité. – Encore ?! Mais on ne vous a pas déjà dit que vous n’étiez pas les bienvenus ? – On s’en fout on veut rentrer. – Hé d’ailleurs, selon la loi, vous avez obligation de nous prévenir. Vos policiers ne sont pas venus nous remettre la convocation en main propre cette fois-ci ! – Blablabla… Mais si, mais vous ne les avez peut-être pas vu… Blablabla… De toute façon, on reviendra jusqu’à ce qu’on puisse rentrer… Blablabla. »

S’en suit un discours plein de mauvaise foi, d’hypocrisie et de bonne conscience de la part des « autorités ». Re-malaise. Un peu plus teinté de colère cette fois. Des déblatérations, des éclats de voix, trois petits tours et puis s’en vont. C’est pas trop tôt !

Une semaine plus tard, un avis de passage du facteur apparaît dans la boite aux lettres : c’est un courrier recommandé adressé à « Centre Social Autogéré de l’Imprimerie », sans aucun autre nom. On vous épargne la mission que c’était pour le récupérer à la poste, sans pièce d’identité au nom de Centre Social Autogéré de l’Imprimerie.

C’est une assignation en référé (hé oui, encore) « mesures utiles » au Tribunal Administratif de Marseille. Le maire demande, entre autres, le droit pour la commission de sécurité de pénétrer chez nous avec le concours de la force publique. L’audience a lieu jeudi 10 octobre à 14h30, soit dans moins d’une semaine.

Sympa ! Décidément on n’a pas le temps de s’ennuyer à Gap ! Enfin, peut-être que le maire si. Lui, on dirait qu’il n’a que ça à foutre : nous pourrir la vie. C’est con parce que nous avions justement l’intention d’effectuer un recours en référé pour annuler l’arrêté du Parrain. Du coup on va devoir aller deux fois au TA, avant d’aller à la cour d’appel… Tout ça en un mois !

Au programme, donc :

– le 10/10, le référé du maire qui veut inviter des pompiers chez nous pour l’aider à nous foutre dehors le plus vite possible tout en nous donnant des leçons sur comment on doit vivre en sécurité.

– le ?/10, notre référé pour tenter de couper court aux velléités de toute puissance du seigneur de Gap. La date est encore inconnue mais l’audience devrait avoir lieu avant le 28.

– et le 28/10, le procès devant la cour d’appel de Grenoble. Ce mois d’octobre s’annonce chargé. La suite au prochain épisode…

Allez, à la revoyure ! ACABisous !

Procès des solidaires avec les exilés les 2 et 24 octobre à Grenoble

Les 2 et 24 octobre prochains, deux solidaires passeront au tribunal de Grenoble (38) en appel pour délit de solidarité… Ils sont accusés d’aides à l’entrée de personnes en situation irrégulière sur le territoire français alors qu’ils portaient assistance à personnes en danger. Ces appels font suite à des peines de prison prononcées à leur encontre par le tribunal de Gap (05) en janvier dernier.

Cette répression s’inscrit dans une politique générale de harcèlement et d’intimidation tant pour les solidaires que pour les exilés d’ici et d’ailleurs. Kevin et Pierre ont besoin de soutien comme les 3+4 de Briançon ou comme encore Blessing, Tamimou… qui en auraient eu besoin avant de mourir à la frontière des Hautes-Alpes (05).

Rendez vous à tous le 2 octobre à 14h et le 24 octobre à 14h, devant le tribunal de Grenoble, pour soutenir les solidaires et lutter contre les répressions et les politiques migratoires actuelles.

Le comité de soutien des 3+4+2+…. de Briançon.

INFOS PRATIQUES :

Pour le 2 octobre (kevin) rdv directement devant le tribunal de Grenoble à 13h45 ou si vous venez des Hautes-Alpes, nous vous proposons un car. Un car partira de Mont-Dauphin gare à 8h30 (arrêts : la Roche, l’Argentière, Briançon, Monêtier, la Grave) Pour cela vous devez obligatoirement vous inscrire en y indiquant votre lieu de départ avant le 26 septembre à cette adresse mail comitesoutien3dbfrance@gmail.com . Le prix du trajet aller-retour est de 5 euros minimum ou plus si affinités… Le retour se fera le soir même. Prévoyez d’amener un plat salé ou sucré à partager ensemble, vos banderoles et vos instruments de musique.

Pour le 24 octobre (Pierre) rdv directement devant le tribunal de Grenoble à 13h45 ou si vous venez des Hautes-Alpes, nous vous proposons deux cars. Un car au départ de Mont Dauphin gare à 8h30 par Briançon (arrêts la Roche, l’Argentière, Briançon, Monêtier, la Grave) et un car au départ d’Embrun 8h30 par Gap (arrêts : Savines, Chorges, Gap). Pour cela vous devez obligatoirement vous inscrire en y indiquant votre lieu de départ avant le 06 octobre à cette adresse mail comitesoutien3dbfrance@gmail.com . Le prix du trajet aller-retour est de 5 euros minimum ou plus si affinités… Le retour se fera le soir même. Prévoyez d’amener un plat salé ou sucré à partager ensemble, vos banderoles et vos instruments de musique.

Frontière italienne : mise à jour sur la répression

(In italiano)

Comme annoncé dans les journaux (https://torino.repubblica.it/cronaca/2019/04/09/news/controlli_sui_migranti_ai_valichi_scoppia_la_pace_tra_l_italia_e_la_francia-223598646/?refresh_ce) en avril, dans les dernières semaines une intensification des relations entre flics italiens et flics français s’est vérifiée.

En premier lieu une collaboration sur le contrôle de la frontière : La présence de militaires français venant inspecter le village de Clavière a été notée deux fois, et au moins trois fois la police italienne s’est déployée en voiture ou à pied au départ d’un sentier reliant Clavière à la France, en bloquant l’accès selon des critères racistes, illégitimes bien que suivant leurs lois de merde.

Nous ne nous lasserons pas de dire que CHAQUE FLIC EST UNE FRONTIERE.

Autre chose a changé dans les modalités de refoulement. Depuis l’expulsion de Chez Jésus (refuge autogéré à Clavière expulsé en Octobre dernier) jusqu’au mois dernier, le point de rencontre entre la police française et italienne se trouvait à l’entrée de Clavière, où il y avait en permanence un commissariat mobile pour identifier les personnes refoulées.

Maintenant, à l’inverse les personnes arrêtées sur les sentiers sans le bout de papier demandé sont traînées au poste de la Police aux frontières (PAF) française en attente de l’arrivée de la police italienne. Cette dernière, selon témoignages directs, peut se faire attendre pendant plusieurs heures après l’arrestation. La police italienne procède ensuite à l’identification, dans les bureaux de la PAF, en créant probablement une situation de contrôle réciproque sur le respect des accords entre les deux pays.

Le temps d’enfermement à la PAF varie sans certitude sur ce qui se passera après: le comportement de la police italienne est totalement aléatoire. Parfois les personnes sont laissées à Clavière, parfois elles sont relâchées à Suse ou à Bardonecche, et parfois elles sont laissées au beau milieu de la nuit sur la nationale à 10 kilomètres d’Oulx.

Même dans les cas où les personnes se font refouler au milieu de la nuit,elles sont emmenées jusqu’à Oulx, et souvent laissées par la police devant la gare. Incidemment les personnes qui étaient passées par la Casa Cantoniera (refuge autogéré à Oulx) reviennent à la maison, mais certaines nuits il y a du monde qui dort dehors devant la gare.L’intensification de la collaboration entre l’Italie et la France prouve que, malgré la stupide propagande salvinienne, l’intention du décret « sécurité et immigration » (avec l’abolition de l’ « aide humanitaire », la fermeture de nombreux centre d’accueil et la création de nouveaux CRAs ) n’est pas tant de se « libérer des migrants » mais plutot de mettre encore plus de personnes dans des conditions de clandestinité et de précarité. Cela rend alors cette force de travail complètement dépendante des patrons, les exposant aux chantages, sous la menace permanente de finir dans un CRA s’ils n’acceptent pas ces conditions.

La dernière « solution » pour ceux qui restent sans documents et qui ne veulent pas céder au chantage d’un travail sous-payé et précaire est souvent de partir. Outre les patrons se lamentant d’une diminution des travailleurs, nous avons beaucoup de témoignages sur cette situation.

Voici par exemple celui d’une homme ayant passé 10 ans en Italie : « En Capitanata, (une des plus grandes zones agro-industrielle pour la transformation et l’exportation de tomates située dans le Sud de l’Italie ), les travailleurs doivent payer pour vivre et être exploité, puisque chaque besoin quotidien se trouve monnayé : chaque repas est payant, tout comme chaque nuit passée dans les tentes, même le trajet du camp au lieu de travail leur coûte 5E par jour s’ils y vont en véhicule. Bien sûr, toujours pour un salaire aussi misérable. S’ajoute à ça la dangerosité des conditions de travail qui a déjà entraîné la mort de plusieurs travailleurs, ceci dans une totale impunité ». Face à ces conditions de travail et de vie plus que misérables, mais également avec les nouvelles complications bureaucratiques pour le renouvellement des papiers et l’augmentation du racisme dans la rue, beaucoup de travailleurs, présents parfois depuis des années, sont poussés à migrer vers le nord de l’Europe.

Le chantage de l’état n’arrête pas pour autant celles et ceux qui transgressent et se rebellent contre les lois racistes. Chaque jour, la frontière continue d’être traversée par des personnes déterminées à continuer leur voyage. Dans les CRA (https://www.autistici.org/macerie/?p=33679) et les ghettos de travailleurs du Sud (http://campagneinlotta.org/foggia-6-maggio-primo-sciopero-della-stagione-per-lavoratrici-e-lavoratori-delle-campagne-torneremo/) il y a de nombreuses réactions contre l’ordre établi.

Au CRA de Turin notamment, les détenus dénoncent que des calmants sont mis dans leur nourriture. Pour cette raison, ils demandent à celles et ceux qui sont à l’extérieur d’apporter : Des légumes pré-cuits en tetrapack (à l’intérieur, le verre et les canettes ne sont pas acceptées et il n’est pas possible de cuisiner), des fruits et légumes emballés, du lait à longue conservation, et tout ce qui peut être consommé sans cuisson et avec un emballage ni en en verre ni en fer.

Nous vous invitons à nous contacter en privé si vous souhaitez envoyer des colis

Vintimille : 18.000 personnes refoulées en 12 mois

Les médias italiens ont récemment rapporté que, selon les données du ministère de l’Intérieur, 18 125 personnes auraient été refoulées vers l’Italie au cours des 12 derniers mois par les autorités françaises à la frontière de Vintimille. Les collectifs militants qui surveillent les pratiques quotidiennes à la frontière italo-française ont de leur côté comptabilisé pour le seul mois de juin 897 personnes arrêtées puis renvoyées depuis le poste frontalier du pont San Luigi.

A ces chiffres se rajoutent des témoignages recueillis par ces derniers sur les pratiques illégales de la police des frontières française : « Parmi ces personnes [arrêtées durant le mois du juin], il y avait 40 femmes, 6 enfants et 16 mineurs non accompagnés. Leur âge a été falsifié [par la police à la frontière], où elles sont enregistrées comme étant des enfants de familles de leur nationalité, même si ce n’est pas le cas. Elles arrivent à notre point d’information après avoir été détenues pendant 10, 12, jusqu’à 15 heures dans des conteneurs, sans eau ni nourriture. […] Le flux a changé aujourd’hui. Peu de gens sont des nouveaux arrivants qui viennent de Méditerranée. Il y a des gens chassés des centres d’accueil italiens, il y a les victimes des lois Salvini qui possèdent encore un permis de séjour pour des raisons humanitaires mais comme ceux-ci sont maintenant abolis et donc non renouvelables, essayent de quitter le pays avant la date d’expiration. Certains sont des demandeurs d’asile en France, expulsés sans raison juridique valable. D’autres viennent d’Allemagne et de Suisse expulsés à cause du traité de Dublin, mais nous avons aussi rencontré des hommes et des femmes qui vivent en Europe depuis 5 ou 10 ans et qui sont expulsés en prenant pour excuse qu’ils viennent d’arriver. »

Les violences policières sont toujours courantes et viennent renforcer les moyens de dissuasion mis en place pour bloquer la frontière. En juin, deux bus privés ont été affrétés par les autorités italiennes pour transférer de force 25 personnes (arrêtées après leur tentative de passage) au hotspot de Tarante, situé 1000 km au sud de l’Italie. Des militants témoignent de la répression envers ceux qui ont refusé de monter à bord du bus : « Un demandeur d’asile qui ne devait pas être embarqué a protesté contre ce qui se passait pour ses amis. Cela a suffi pour qu’on lui fasse prendre le bus également et être transféré à Tarante. La police a reconnu son erreur une fois qu’ils étaient déjà dans le sud et, prétendument, a payé le billet de train pour qu’il puisse revenir à Vintimille, mais celui-ci n’a pas été revu depuis. »

Pourtant, la frontière entre les deux pays est loin d’être fermée et reste perméable. Les collectifs présents sur place constatent : « presque chaque jour 20 personnes arrivent à Vintimille et 20 personnes la quittent. » Cette frontière, ainsi que beaucoup d’autres, fonctionne comme un laboratoire pour expérimenter de nouveaux niveaux d’abus et de brutalité. Elle montre également l’absurdité des entraves et des atteintes aux droits des personnes à circuler librement.

Repris sur le site Cévennes sans frontières

Réponse au communiqué de presse de la ville de Gap

Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Gap
et aux riverains du carré de l’imprimerie.

Le 20 juillet 2019

Nous, quelques habitants du Cesaï, squat de la rue de l’imprimerie, tenons à répondre au communiqué de presse de la ville de Gap du 18 juillet 2019.

Monsieur le maire souhaite selon ses propres termes « éradiquer la « zone de non-droit » que constitue le squat ». Sachant qu’on parle en réalité d’êtres humains, le choix du terme « éradiquer » n’est pas anodin. Il fut un temps où des hommes politiques éradiquaient ceux qu’ils considéraient comme de la vermine, cette époque n’était pas glorieuse. Quel avenir prépare-t-on en utilisant un tel vocabulaire fascisant ?
La « zone de non-droit » est en fait un lieu de défense des droits fondamentaux des êtres humains c’est à dire le droit au logement, l’accès à la nourriture, l’accès aux soins et à l’aide juridique, le droit à l’autonomie des individus et le droit au respect. Croyez vous que tout ceci devrait passer après le droit à la propriété privée, alors que ce bâtiment était inutilisé depuis plus de 7 ans ? N’est-ce pas une honte pour le pays des droits de l’homme ?

Monsieur le maire, il y a bien écrit « liberté, égalité, fraternité » sur votre mairie ? Ou bien « tourisme, croissance et carrière » ? Nous n’avons pas besoin de détruire des cinémas pour construire des cinémas. Nous n’avons pas besoin d’expulser des personnes pour loger des personnes. Et nous n’avons pas besoin de 24 millions d’euros publics pour faire tout ça.

La justice ne nous a pas octroyé un délai de 30 mois par erreur, mais bien parce qu’on lui a prouvé notre utilité sociale.

La loi exige que les demandeurs d’asile soient logés. Or ce n’est pas le cas. Pourtant, le plan grand froid prévoit un hébergement d’une centaine de places à la Providence. Pourquoi personne n’y a jamais été orienté ?

Le Cesaï répond à une carence de l’État et de la commune et devrait être félicité plutôt que stigmatisé. Ses habitants existent et ont le droit à un accueil digne. Ils ne disparaîtront pas parce que Mr le Maire a décidé que ce n’était pas de sa compétence. Nous vous rappelons que le maire de Briançon a mis des locaux municipaux à disposition pour accueillir les personnes en exil.

Si Roger Didier se souciait tant de la quiétude des riverains et des touristes, il ferait de même au lieu de demander l’expulsion de plusieurs dizaines de personnes. Cette expulsion ne manquera pas de provoquer un trouble à l’ordre public plus important qu’un simple immeuble habité.

Dans le même communiqué, il est écrit qu’ «à la suite de plusieurs pétitions qu’il a reçu, le maire a organisé une réunion publique » (étrangement nous n’étions pas conviés). Les personnes participantes « ont souligné des problèmes d’incivilités, de nuisances, de comportements agressifs, tous liés à ce squat ». Or, l’unique pétition dont nous avons eu vent avait pour objet des problèmes de voisinage banals, plus loin dans la rue. Des déjections canines non nettoyées, des enfants qui font du bruit en jouant… Aucun rapport avec notre lieu de vie. La réunion était loin de ne parler que du Cesaï, contrairement à ce que le communiqué voudrait faire croire. Les scooters y étaient mentionnés, les personnes alcoolisées rue Jean Eymar, etc. Nous ne sommes pas responsables de tous les problèmes qu’une ville peut rencontrer.

Par ailleurs, la mairie s’est abstenue jusque là de prouver le moindre trouble à l’ordre public et la moindre plainte des riverains alors qu’il lui était loisible de le faire dans le cadre de la procédure d’expulsion au printemps dernier.

Oui nous vivons à plus d’une soixantaine dans cet immeuble ce qui engendre du bruit, surtout l’été. Oui il y a du monde qui traîne dehors pour capter la wi-fi. Oui certains conflits sont apparus et ont été réglés au mieux, vu nos faibles moyens. Oui ces gens existent !

La pauvreté est juste sous vos fenêtres et vous ne pouvez plus l’ignorer.

Les personnes en exil ont interdiction stricte de travailler. Elles sont victimes de ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre leur précieux bout de papier.

Ils et elles souhaitent juste avoir les mêmes droits que vous, la même sécurité après avoir quitté des pays ravagés par la guerre ou la misère. Mais ils ne sont simplement pas nés sur le bon continent…

Le Cesaï est particulièrement attentif au gaspillage de l’argent public et au désarroi des laissés pour compte de cette ville et tente de proposer des moyens de rendre la misère plus supportable.


 

On dirait que Roger est vraiment fâché. C’était écrit en tout petit dans un coin de son communiqué de presse haineux de vendredi dernier et nos avocat.e.s l’on confirmé, la mairie a fait appel du jugement donnant un délai de 30 mois au squat hébergeant les migrants à Gap. Le CÉSAÏ comparaîtra devant la cour d’appel de Grenoble.

C’est dommage, on y croyait presque !

Pour le moment, on n’a pas encore de date mais on nous promet que ça arrivera « rapidement ». À voir ce que ça veut dire…

La suite au prochain épisode !

Silvia, Anna et Natascia en grève de la faim depuis un mois dans la prison de l’Aquila, Italie

repris de mars-infos.org

Un texte de Silvia, Natascia et Anna en grève de la faim depuis un mois à la prison de L’Aquila, Italie (publié sur nantes.indymedia.org)
Rappel du contexte : Silvia a été arrêtée le 7 février pour l’Opération Scintilla – opération du pouvoir judiciaire visant à réprimer la lutte contre les Centres de Rétention Administratif. Elle comme Anna sont incarcérées dans la prison de haute sécurité de l’Aquila (plus d’infos sur passamontagna.info)

« Un coup de dés

Que la vie soit un jeu de dés contre le destin, cela a été écrit par un poète. Que les anarchistes aiment jouer, ça, nous le savons. Nous avons conclu un premier match. Un mois pour tâter le terrain et renifler les confins de la cage, un mois de grève de la faim pour faire comprendre que nous sommes du matériel difficile à mettre en boîte.

Au trentième jour, nous la suspendons, avec l’intention de recommencer (la lutte) avec plus de force. Le premier bilan positif se trouve dans la solidarité vive, spontanée, immédiate, à l’intérieur ou à l’extérieur des prisons, ce qui a porté haut et fort le problème.

A l’intérieur : Marco et Alfredo qui sont en AS2 (haute surveillance de niveau 2) à Alessandria et Ferrara ont fait un mois de grève, auxquels s’est ajoutée Natascia, à son arrivée à Rebibbia et avec qui nous avons continué lorsqu’elle est arrivée ici, puis d’autres compagnons, Stecco, Ghespe, Giovanni, Madda, Paska et Leo.

A côté : nous avons entendu les battituras des sections 41bis féminine et masculine, une musique qui rompt le silence de cette forteresse montagnarde et auxquelles nous avons répondu et continuerons à répondre tant qu’elles dureront, solidaires avec tou-te-s celles et ceux qui subissent depuis des années, dans leur propre chair, cet ignoble régime.

A l’extérieur : actions directes, incursions informatives, actions de bordellisation un peu partout en Italie et dans le monde, ont servi de mégaphone à quelque chose qui n’est pas un jeu : la différenciation des régimes de détention, les circuits punitifs, le perfectionnement des stratégies répressives sur le plan anti-anarchiste mais pas seulement. Il n’y a rien de tout cela que nous ne savions pas déjà et nous restons conscientes qu’à l’intérieur comme à l’extérieur, les étincelles prêtes à se propager sont partout et cela nous donne force et détermination.

C’est seulement le début et nous espérons que cela a été une injection de confiance dans les potentialités et dans la force que nous portons avec nous, aussi bien dedans que dehors. »

L’Aquila, 28 juin 2019

Silvia, Natascia, Anna

Appel à résister à la frontière Franco-italienne

Besoin de soutien à la Casa Cantoniera Occupata di Oulx

Dans un moment historique où la répression est toujours plus forte et notre capacité d’action de plus en plus limitée, nous sentons la nécessité de nous organiser toujours mieux, en essayant de réfléchir ensemble pour réagir. Des luttes contre les CRA, à celles contre les rafles, contre les déportations et le système de discrimination et de sélection des gens, contre le système de repression et de contrôle étatique et policier qui se reserre autour de nous, la frontière est partout. Croiser des expériences de luttes et des moyens d’action de différentes villes est fondamental.

A la frontière la situation évolue en permanence, mais au fond reste la meme. Les gens continuent à chercher à traverser ces montagnes pour arriver en France et ailleurs en Europe. La répression policière est toujours présente et violente. La journée, les flics aiment bien s’habiller comme des randonneurs pour arreter les migrants de passage, la nuit ils se cachent dans les bosquets, souvent avec des lunettes thermiques et de fortes lampes, pour surprendre les gens qui traversent. Ils sortent des pistolets en menaçant de tirer sur les gens s’ils ne s’arretent pas.
C’est clair que la frontière est un terrain d’entrainement pour les forces de police et militaire françaises et pour tester leurs technologies.
Par ailleurs, l’alliance et la coopéeration entre les polices italiennes et françaises se renforçent, ainsi que la pression sur celleux qui veulent agir contre la folie des frontières.
Face à ça, plein de formes de solidarité et de résistance et lutte ont été mises en place depuis plusieurs années. Des lieux d’accueil et des lieux de lutte ont été ouverts dans le briançonnais et dans la vallée de Susa. Des gens cherchent à casser le système de contrôle et de sélection qu’est la frontière (présence en montagne, manifs, blocages, campings, Passamontagna, etc..)
Parmi ces lieux, la Casa Cantoniera Occupata, maison squattée à Oulx après l’expulsion du refuge autogéré Chez Jésus à Clavières. Occupée en décembre, c’est un lieu antiraciste, antisexiste, antifasciste et où on lutte contre tous les autoritarismes, les Etats et leur frontières et les keufs qui les contrôlent. Oulx, carrefour obligé sur la route vers la France, est à 10 km de la frontière physique. La Casa est un lieu autogéré pour toutes celleux qui veulent s’organiser contre le dispositif frontalier, pour celleux qui veulent le franchir ou le détruire.
Le risque d’expulsion reste arbitraire, mais est de plus en plus présent. La maison est en effet un enjeu politique pour les autorités italiennes. Il existe une surveillance et un fichage quotidien, notamment à la gare d’Oulx, de la part de la police italienne qui contrôle les papiers d’identité des personnes qui passent du temps à la Casa où qui rentrent en contact avec les exillé.e.s.

Nous sommes bientot à la nouvelle saison touristique, et nous savons que les intérêts touristiques (et donc économiques) figurent parmi les priorités de l’ordre public dans la gestion de la frontière. Il n’y aura donc pas d’hésitation à amplifier la répression, à améliorer sa logistique, à faire en sorte que les misères des un.e.s ne s’opposent pas aux privilèges des autres.

Ici, dans la Casa Cantoniera occupée de Oulx, la lutte contre les frontières est constante et continue, mais elle nécessite toujours des forces, des idées et des énergies supplémentaires.
Nous lancons un appel à toutes celleux qui veulent agir avec nous dès maintenant et pour tout l’été.
En ce moment, nous ne sommes pas assez nombreuses et il y a plein de choses à penser et à faire.
A la Casa, ainsi que dans d’autres lieux sur Briançon, il y a toujours la place pour dormir.
Si tu sais quand tu veux venir, c’est cool de nous prévenir.
N’hesite pas à venir en crew, et avec ta voiture : ici elles sont utiles et précieuses.
Comprendre et saisir les enjeux prend du temps: c’est toujours mieux de venir au moins une ou plusieurs semaines.

Malgré toutes ces étincelles, la frontière n’a pas encore brulé. Ramène tes allumettes!

Pour nous écrire: info@passamontagna.info

Contre tous les etats , toutes les frontières et les uniformes qui les protègent.

SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB