Pourquoi le nouveau lieu d’accueil « Chez Roger » ?

Le continent africain, déchiré par la colonisation et l’esclavagisme récent est meurtri de profondes blessures. Les climats politiques y sont souvent devenus sanglants et autoritaires. Les pays riches occidentaux en profitent au passage pour perpétuer un colonialisme désormais économique. A la clé, notamment, l’accès à des minerais qui composent ensuite nos ordinateurs, smartphones, télés, ou alimentent nos centrales nucléaires.

Fuyant la persécution, l’exploitation, la misère, des personnes se retrouvent prises dans un parcours migratoire forcé. On ne peut plus fermer les yeux sur le réseau de trafic d’êtres humains existant qui les menent vers des pays où le travail forcé est de mise (Algérie, Lybie) et qui les poussent à chercher la sécurité toujours plus loin : vers les riches pays occidentaux. Fuir son foyer, ses enfants, sa famille, ses amis, n’est un plaisir pour personne. Le chemin est semé d’embûches, bien souvent de torture et de sinistres événements.

Les personnes exilées arrivent donc en Europe, souvent par l’Italie. Certaines décident de venir en France par les montagnes, une partie arrivant par Briançon. Dans la loi française, le gouvernement doit proposer un hébergement aux demandeurs d’asile le temps de la procédure. En réalité, nombre d’entre eux et notamment des mineurs sont sans logement et à la rue dans le département, entre autre, à Gap.

C’est pourquoi :

* En Octobre 2016, la maison Cézanne a été occupée pour loger les exilés sans toit. Le collectif « un toit un droit » à été créé.

* Fin 2017. Le gouvernement propose d’ouvrir un centre d’hébergement pour les exilés d’une cinquantaine de places. La mairie s’y oppose.

[Deux structures sont en projet à Gap. L’une pour accueillir 30 mineurs non accompagnés, l’autre pour 50 demandeurs d’asile. L’état et le conseil départemental sont à l’origine de ces créations de structures. Selon nos confrères de Alpes 1, Roger Didier, le maire de Gap, dit non à la création de ces 80 places. Il déclare : « La commune dispose déjà sur son territoire de suffisamment de places d’hébergement officielles pour ne pas y concentrer 80 places supplémentaires ».

Source : France Info PACA : publié le 6 Décembre 2017.]

Dans les faits, une trentaine de mineurs non pris en charge et une cinquantaine de personnes laissées pour compte. Les chiffres parlent d’eux même.

* 16 Octobre 2018: La maison Cézanne est expulsée : 20 personnes à la rue. Un campement se fait devant la préfecture. Malgré une tentative de dialogue, aucune proposition de lieu perenne n’est enclenchée, ni d’hébergement.

* 19 Octobre 2018 : Ouverture du CESAI en centre ville qui protège vite une cinquantaine de personnes exilées (notamment des mineurs, des familles, des femmes et enfants) et des personnes sans domicile fixe. Différentes associations y gravitent en soutient (Médecin du monde, réseau hospitalités, les 3 + 4 de Birançon, divers soutien autonome…), mais aucune collaboration ni dialogue, entre cette réalité et la mairie ne s’opère.

* 19 Aout 2020 : Le CESAI se voit expulser de force. L’expulsion est autorisée par la préfète de Gap Martine Clavel, orchestrée par le directeur du cabinet de la préfète et soutenue par le Maire de Gap Roger Didier. La cour d’appel de Grenoble stipule dans sa décision qu’après le passage de l’huissier pour délivrer le commandement de quitter les lieux, les occupants disposent d’un délai de deux mois supplémentaire pour quitter les lieux. Une expulsion de force peut être appliquée seulement après ce délai. Dans les faits, l’huissier, Mr Scarcella, a appliqué une expulsion de force autorisée par la préfecture sans respecter le délai de deux mois.

Une cinquantaine de personnes se retrouvent du jour au lendemain sans toit sur la tête. Quelques familles sont relogés en camping pour une durée inconnue. Le camping ne serait payé que jusqu’à la fin du mois d’août. Les mineurs ne sont pas pris en charge. La préfecture confond allègrement « adresse » et « domiciliation postale » pour grossir ses chiffres de prise en charge.

* 28 Août 2020 : Le 3 Cours du Vieux Moulin « Chez Roger » est occupé, pour mettre ces personnes à l’abri. À ce jour, une vingtaine de mineurs, une quarantaine de personnes sont protégées. Une nouvelle fois, Roger Didier n’est pas dans la coopération et le dialogue pour considérer cette situation et trouver une solution perenne. Ce lieu est vide depuis plusieurs années, alors que des gens dorment dehors.

N’oublions pas que certaines mairies sont solidaires et coopèrent avec les associations pour faciliter l’accueil de ces personnes. Ce n’est pas le cas de Roger Didier qui se contente de renvoyer la responsabilité à la préfecture. Celle-ci agit contre la dignité de ces personnes. Ils devient donc nécessaire d’occuper des lieux vides pour les protéger tant que cette réalité ne sera pas prise en compte globalement.

Nous demandons un lieu d’hébergement pérenne pour toutes les personnes à la rue, avec ou sans papiers.

Nous alertons également sur le fait que certaines personnes solidaires ne vivant pas sur place passent pour apporter un soutien matériel, moral ou juridique pour s’y retrouver dans les abîmes de la justice et de l’administration française.

Ces personnes donnent énormément de leur temps sans contrepartie autre qu’humaine, nous tenons à les remercier et à rappeler qu’il est inadmissible de devoir s’épuiser et lutter contre l’administration française pour quelle prenne soin des plus fragiles alors que nous sommes soit disant dans le pays des droits de l’Homme…

Nouveau squat pour les exilés à Gap

Venez toutes et tous au nouveau squat d’exilés « Chez Roger » (le Cesai 2) à Gap !

Nous avons besoin de monde pour tenir la batisse pour le week end. ‘adresse : 3 cours du vieux moulin. Ex bâtiment Afpa. Entre la Pépinière et Leclerc. Venez dès que vous pouvez.

Si possible prenez de quoi faire à manger, nettoyer les lieux, dormir, meubler, aménager, de la bouffe…et du soutien ! faites tourner !


Communiqué du collectif Cesaï :

Le collectif Césaï tient à remercier Roger Didier

Roger Didier ayant été choqué par le communiqué de presse de la préfète du 20/08/2020 concernant l’expulsion du Césaï, a décidé de mettre l’un de ses nombreux bâtiments personnels vides à la disposition des plus démunis.

Ne pouvant plus rester sans rien faire face à ces 52 personnes expulsées mercredi 19 août, il a choisi de transformer en actes ses convictions démocratiques. « Chez Roger » ouvre donc ses portes pour offrir un toit à tout ceux que l’État met à la rue.

Conscient que chaque demandeur d’asile a droit à des conditions matérielles d’accueil ; une aide financière et un logement (décret n° 2012-1208 du 30 octobre 2012) et que l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et le 115 (Samu Social) ont trop peu de moyens à leur disposition, il se devait d’agir.

Les témoignages du personnel du 115 expliquant que, dépassé par le nombre de SDF gapençais dans le besoin n’avait d’autre possibilité que de les rediriger vers le Césaï (squat expulsé rue de l’imprimerie), n’ont pas laissé notre maire indifférent et une solution s’est imposée : ouvrir un de ses bâtiments vides à Gap.

En effet, sur 52 personnes présentes le jour de l’évacuation du Cesaï, seules 21 se sont vu proposer des places provisoires au camping Napoléon (les fameux hébergements d’urgence de l’État). En parallèle, les femmes demandeuses d’asile logées à l’hôtel par le Samu Social ont été informées mi-août qu’elles devaient quitter leur chambre à la fin du mois. Étant donné que les 115 places en Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) proposées aux personnes vivant dans les rues des grandes villes, que les 40 places en Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asiles (HUDA) correspondent à des nuitées en hôtel sans la possibilité de se faire à manger et que les 105 places en hébergement d’urgence généraliste (HU) ne suffisent déjà pas à mettre à l’abri les SDF et qu’en plus l’ensemble de ces places sont réparties dans tout le département : le calcul est simple il n’y a pas assez de place pour toutes les personnes dans le besoin.

Ainsi, par ce geste Roger Didier a décidé de palier lui-même aux carences de l’État dans un soucis de représenter nos belles valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, la fraternité et rend ainsi un juste hommage à l’armée Africaine qui a libéré notre ville en ce jour fatidique du 20 août 1944.

Communiqué expulsion du Cesaï

Mise à jour 23/08

La place de la préfecture a été évacuée samedi 22 août par les « forces de l’ordre ».


Mercredi 19 août, six heures, des policiers enfoncent à coup de bélier les portes des chambres des habitants du Césaï, le centre social auto-géré de Gap. Ils regroupent tout le monde dans une cour, effectuent des vérifications d’identité. C’est le début de l’expulsion du Cesaï.

Bilan : 43 personnes dehors, 20 hébergées dans des camping, 2 embarquées au poste. 43 exilé.e.s et sans abris qui ont à peine eu le temps de prendre leurs affaires, de ramasser de la nourriture avant que le Cesaï ne soit muré. 43 personnes sur la place Saint Arnoux, devant la préfecture, bientôt rejoints par des militant.e.s.

Un campement s’organise en attendant une solution qui ne viendra pas de la préfecture, celle-ci craignant toujours plus le fameux «appel d’air». En attendant un endroit où dormir et poser leur sac, familles, jeunes déminorisés, dublinés, sans abris, sont tous ébahis de se retrouver en quelques heures sans logement.

Une expulsion au mépris de toutes les règles, de toutes les lois. La préfecture s’est bien gardé de dire qu’un délai supplémentaire de deux mois était prévu par la cour d’appel de Grenoble après la visite préalable de l’huissier, sans les forces de l’ordre, qui n’a jamais eu lieu. N’ayant pas été prévenus, les habitants n’ont pas exprimé de refus.

Ce n’était pas une opération dans la loi mais une expulsion violente et illégale, menée tambour battant. En bonus, le sarcasme de Mr Scarcella, huissier assermenté, qui assure avoir remis le commandement de quitter le lieu, puis ment sur la décision de la cour d’appel et finit par déclarer : «c’est votre parole contre la mienne».

Et maintenant ? On a besoin de soutien. 43 personnes à la rue qui auront besoin d’un toit, de lits, de couvertures. On dort ce soir devant la préfecture. Et demain ? Impro totale.

Pour la forêt, et suite à l’abandon du projet de Center Parc de Roybon

Après 10 ans de lutte, Gérard Brémond, dirigeant du groupe Pierre & Vacances a annoncé hier l’abandon du projet de Center Parc de Roybon, dont la mise en place impliquait, entre autre, la destruction de 80 hectares de la forêt millénaire des Chambarans. L’abandon de ce projet est le fruit de l’association vertueuse, mais sans dialogue, de méthodes de luttes diversifiées : occupations illégales, recours juridiques, communication politique.

« On était dans une impasse, c’était devenu inextricable entre l’occupation du site, les changements de réglementations, les autorisations pour les permis de construire, pour le défrichement, la loi sur l’eau, la préservation des espèces et les lenteurs de la justice dans les différents stades, la cour d’appel, le tribunal administratif, le Conseil d’Etat. Tout cela se superposait, c’était interminable »

Gérard Brémond – Lemonde.fr – Après plus de dix ans de guerre d’usure, Center Parcs abandonne son projet à Roybon.

Ce triumvirat fût la pierre angulaire du succès des différentes occupations du mouvement des Zads de 2012 à 2018. Du moins jusqu’à la capitulation des tenants de la communication politique de Notre-Dame-des-Landes, qui rendirent les armes à l’état pour sauver quelques fermes. Achevant par cet acte toute perspective d’extension du mouvement, et, fidèles à l’histoire humaine des révoltes, actant l’existence d’interlocuteurs crédibles pour l’état au sein du mouvement de lutte.

Ayant fait partir des premièr.e.s occupant.e.s de la forêt de Roybon pour bloquer le projet, je parle en mon nom, et en mon nom seulement. La maison de la marquise, sur la partie ouest de la forêt, fût occupée au lendemain de la mort de Rémi Fraisse, tué par la grenade d’un Gendarme à Sivens. L’état en proie à l’angoisse de voir un mouvement de révolte s’étendre dans tout le pays, fût contraint de lever le pied sur la répression de certaines luttes. En autre sur cet embryon d’occupation, sous le feu des projecteurs, et qui, au regard des circonstances, se rendait intouchable.
Les premières semaines virent des hordes de journalistes camper devant la barricade d’accès à la marquise rebaptisée « Maquizad », entraînant un mouvement de solidarité impressionnant, malgré une communication du mouvement encore précaire. De tout.e.s la région les soutiens affluèrent pour nous porter vêtement chauds, nourriture, essence, palette.etc. Alors que les associations de luttes locales hésitaient encore à se mouiller dans cette occupation aux allures très post-apo, nous, occupants, occupantes, avons essaimé sur la forêt pour la défendre par centaines.
A peine 15 jours après l’occupation de la marquise, une épaisse couche de neige s’est abattue sur nos sentiers, nos cabanes et nos maigres K-ways. Certains.e.s occupant.e.s dormaient déjà dans les algécos du site de surveillance des vigiles de P&V, expulsés par un marche nocturne au flambeau. Certain.e.s occupant.e.s dormaient sur des plateformes de palettes à 15 mètre de haut bercé par le lent balancement des chênes et des chataîgners qui nous accueillaient. Pendant que des centaines d’universitaires, glosent, publient et animent des séminaires sur ces mouvement d’occupations, nous étions au cœur de ces luttes. Et aucun mot, ni du lexique de Deleuze, ne de celui de Foucault ne saura décrire ce que c’était.

Cette histoire,
cette histoire nous appartient.

Dans l’ombre de la belle et rayonnante Zad de Notre-Dame-des-Landes, nous existions. Nous n’étions pas beaux, pas belles. Nous n’étions pas de séduisant.e.s paysan.ne.s de carte postale attirant le tourisme sans scrupules des premier.e.s collaptiologues et écologistes décroissants. Les opportunistes de tout crins qui déferlent sur les les lieux de luttes quand ils deviennent un temps soit peu médiatisés, choisirent en grande parti de dénigré ce combat, voir de le boycotter. Car, malgré nos sourires, et la chaleur de nos cafés à la turc, nous n’avions pas les apparats d’une belle lutte rejoignable. Ce qui déferla sur le bois des Avenières cet hiver là ce furent tout.e.s les orphelin.e.s de la lutte de Sivens, choqué.e.s par les méthodes de guerre que la préfecture du Tarn abatti sur elles et eux. Ce furent tout.e.s les acharné.e.s, les désespérés de la terre prêtent à défendre ce monde, non pas pour une belle et grande victoire révolutionnaire, éclatante de lumière, mais comme des animaux blessés défendant leur tanière. Nous n’avions pas besoin d’un énième rapport du Giec pour savoir que tout était foutu. Que la planète est en train de cramer et qu’il n’existe nul perspective éclatante de lumière devant nous. Les nuits au coin du feu, les camions embourbés, les compteurs piratés, les tisanes échangés avec les soutiens, ce sont des souvenirs pleins de chaleurs que je n’oublierai jamais. Les longues randonnées chargées de bois dans la neige, les cours de grimpe improvisés, les réunions chaotiques dans la poussière de la vieille marquise, repeinte à notre goût ; cela n’avait rien d ’épique, ni de spectaculaire, c’était absolument pittoresque et hors de tout contrôle.

Elle est là notre victoire, l’existence de tous ces gestes de révolte, de rencontre, de solidarité pendant cinq longues années, sans que l’hydre étatique vienne réclamer son arpent.

https://cric-grenoble.info/local/cache-vignettes/L500xH302/Roybon_5jpg-e453-cf1a1.jpg?1594305303

Par ce texte je ne veux en rien dénigrer le travail des associations et leurs recours juridiques, ni le travail de publication de certains médias tenaces alors que tout le monde regardait à l’ouest. Je tiens ici à rappeler l’histoire des occupant.e.s qui ont lutté et luttent encore pour cette forêt. Avant que quelques historien.ne.s, révolutionnaires ou non, qui n’y ont jamais mis les pieds nous volent nos récits et notre histoire pour en faire quelque salade ingérable au grand public.

L’abandon du projet n’entérine aujourd’hui aucune victoire, il annonce une nouvelle étape dans la défense de cette forêt. Avant le Center Parc, un projet de décharge avait été étudié pour le bois des Avenières. On peut s’attendre sans trop d’hésitation à ce que Serge Perraud, maire de Roybon et figure de la grande bourgeoisie propriétaire, nous prépare une nouvelle horreur pour raser ces arbres, qui nous ne nous ont jamais fait défauts.

En tant qu’espace vivant non rentabilisé, cette forêt reste en proie à la prédation économique. Restons donc à l’affût des communications de la bête immonde et ses sbirs. Rappelle toi « Souris », rappelle toi « l’Allemagne », rappelle toi « Tropique ». Que ces sourires, ces souvenirs, ces rencontres, occupant.e.s et soutiens, qui nous ont tant marqué nous rappelle à l’engagement que nous prîmes le soir de l’occupation de la Marquise :

« Défendre cette forêt contre leur monde,
ET contre le monde qui va avec ».

Un ancien de la forêt

Repris de cric-grenoble.info

Importante descente policière au Cesaï

Alors qu’on aurait aimé s’attendre à une opération de grande envergure de l’État en faveur des occupants du CÉSAÏ, ce fut une intervention policière de grande ampleur qui nous a été offerte. Une centaine de policiers, CRS, gendarmes, armés de fusils d’assaut et de tout un attirail pare-balle furent mobilisés dès 6h du matin pour une poignée de personnes non armées, suspectées et appréhendées pour stupéfiants.

Une personne solidaire s’est également vue fracturer sa porte et perquisitionnée.

Comment peut-on en arriver là ?

En vérité, c’est la faute des législateurs s’il y a du trafic là où il y a de la misère. Les habitants du CÉSAÏ ont interdiction de travailler, d’avoir de l’argent liquide et d’avoir un compte en banque. Leurs ressources sont au mieux très faibles, au pire inexistantes. Les gens font simplement ce qu’ils peuvent pour se sortir de la galère. Quiconque prétend faire mieux en pareilles conditions se met certainement le doigt dans l’œil.

Le niveau de délinquance et de criminalité qui frappe une société est proportionnel aux inégalités qui la déchirent.

Pendant les 55 jours d’un confinement qui a exacerbé leur précarité, des habitants du CÉSAÏ se sont portés volontaires pour aider les agriculteurs demandeurs, mais cette démarche a également été stoppée par la préfecture.

Malgré les beaux discours, la grande solidarité des autorités s’est limité, au CÉSAÏ, à la présence régulière de l’ONG Médecins du Monde, qui ne peut pas suffire à surmonter toutes les difficultés auxquelles sont confrontées ces personnes.

Comment donc s’étonner de quelques écarts, qui sont finalement minimes face au déploiement totalement disproportionné de ces forces de « sécurité » ?

Interrogeons nous sur ces sommes d’argent public dépensées ! N’aurait-il pas été plus judicieux de les attribuer à la prévention et à l’accompagnement de ces gens incriminés… systématiquement discriminés ?

N’oublions pas que le CÉSAÏ, depuis bientôt 2 ans, et après la maison Cézanne (2016-18), pallie aux carences de l’État en matière d’accueil et d’accompagnement des demandeurs d’asile.

Revus d’actu notamment sur la situation des exilées dans les Hautes Alpes.

MAJ 6 avril:

Victoire ! la justice ordonne à l’État de mettre à l’abri 23 jeunes
Le tribunal administratif de Marseille enjoint au préfet des Hautes-Alpes d’assurer l’hébergement d’urgence des 23 jeunes migrants isolés.
Lire la suite sur lacimade.org


Article de La Cimade:
Gap : malgré le confinement, les solidaires ne lâchent rien pour les droits des mineurs déclarés majeurs.
30 mars 2020
Face à la situation alarmante de 23 mineurs logés dans le squat du Césai à Gap, La Cimade 05 et le Réseau Hospitalité avec une dizaine d’associations ont décidé d’interpeller la préfète pour demander leur mise à l’abri.
Lire la suite sur lacimade.org

Courrier à la Préfète – Réponse préfète 24.3.20.

 


Articles de Human Rights Watch sur la situation à Marseille et Gap

France : Des enfants livrés à eux-mêmes malgré le Covid-19

(Paris) – L’incapacité des autorités de protection de l’enfance des départements français des Bouches-du-Rhône et des Hautes-Alpes à fournir un hébergement et d’autres services essentiels aux enfants migrants non accompagnés à Marseille et Gap, dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, met ces derniers en situation de risque et affaiblit la réponse des autorités à la pandémie, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Malgré les mesures de confinement et de prévention décidées par le gouvernement français, des enfants migrants non accompagnés à Marseille et Gap continuent de vivre dans des conditions précaires et de promiscuité, sans protection sociale, alors qu’ils devraient avoir accès aux services de protection de l’enfance.
Lire la suite sur hrw.org 

 


Communiqué de presse de l’intersyndicale du 20 mars 2020

Violence au refuge solidaire

Dans la nuit post-électorale du dimanche 15 au lundi 16 mars, 3 personnes se sont « invitées » au refuge solidaire de Briançon (lieu d’accueil d’urgence pour les migrant-e-s qui viennent de passer la frontière).
Ces 3 individus – semblant avoir des affinités avec l’extrème droite sont venues vers 02h00 du matin boire des bierres (le refuge est un lieu sans alcool) et y foutre le bordel, puis ont essayé de monter dans les chambres où des personnes dormaient. Un habitant du lieu leur a donc demmandé de partir, ce à quoi ils ont tenté de répondre par une attitude violente et viriliste (ils cherchaient clairement la baston). Ils ont fini par être mis dehors par les habitants après avoir renversé des meubles et cassé la vitre de la porte d’entrée.

Cette visite nocturne de la part d’individus s’apparentant à l’extrême droite s’inscrit dans un certain contexte électoral :
Effectivement, les résultats des municipales de Briançon ont mis en tête (à 37%) la liste de Arnaud Murgia ; liste divers droite aux positions et aux discours clairement xénophobes et du registre de l’extreme droite. Il ont notamment affirmé vouloir fermer « chez Marcel » (lieu d’habitation pour des exilés), sont hostiles à toute politique d’accueil et souhaitent renforcer le dispositif de répression à la frontière, pourtant déjà surdimensionné et violent. Serait-ce pour fêter leur score éléctoral que les fachos s’invitent au refuge ?

Dans tout les cas face aux intimidations racistes et xénophobes restons mobilisés. Que le contexte de l’épidémie et des mesures qui en découlent ne nous fassent pas oublier ce qu’il se passe à la frontière et les luttes politiques en cours.

Communiqué du CESAI suite à la décision du tribunal

Mardi 10 décembre la cour d’appel de Grenoble a rendu son verdict : le CESAI bénéficie d’un délai de sept mois avant l’évacuation des lieux.

Nous nous doutions que le verdict accordé en première instance à Gap nous accordant 30 mois de délai ne serait pas suivi par le tribunal de Grenoble : en effet nous ne nous faisons pas d’illusions sur ce que pourrait accorder la justice bourgeoise en faveur des migrant.e.s.

Cela confirme l’hypocrisie des pouvoirs publics se dédouanant de leurs responsabilités de venir en aide aux éxilé.e.s. tout en criminalisant les personnes qui le font. Outre la pression sur les lieux d’habitation, nous rappelons que de nombreuses personnes ont été poursuivies suite à des actions de solidarité, écopant de prison ferme et/ou de sursis.

Le maire prétend que ce n’est pas de sa compétence de gérer cette situation, allant jusqu’à refuser l’ouverture d’un centre d’accueil proposé par l’État. Depuis plusieurs mois nous assistons au jeu de la patate chaude où mairie et état se renvoient la balle.

Expulser le CESAI ne nous effacera pas du paysage gapençais : bien au contraire nous continuerons à lutter contre les frontières, la précarité et les problèmes de logement.

Que Roger se prépare car 2020 sera une année mouvementée !

Compte rendu du procès du Cesaï à la cour d’appel de Grenoble

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du CESAÏ

Les dés sont lancés

Nous étions une quarantaine du CESAI à avoir fait le déplacement le 28 octobre dernier. Peu importe le temps que nous mettrions à poireauter devant le tribunal, il n’était pas concevable pour nous de ne pas être présent.e .s !!

C’est dans la salle 13 du palais de justice que se jouait l’avenir de plus de 6O habitant.e.s du Centre Social Autogéré de l’Imprimerie.

Ces derniers mois le maire de Gap a redoublé d’énergie afin de nous discréditer et de nous mettre la pression par tout les moyens, alternant recours juridiques, faux rapports de pompiers et communiqué de presse dégueulasse.

En vain. Toute cette agitation n’a fait que renforcer nos liens et notre motivation à nous battre.

Selon les dires des avocats de la ville et de l’EPFR, Roger Didier n’en dormirait plus la nuit.

L’affaire du CESAI l’affecterait tellement qu’il s’en cognerait la tête contre les murs. Serait est ce de la culpabilité ???

Dans la salle, c’était l’usine. Des affaires n’ayant rien à voir les unes avec les autres se succedaient à grande vitesse. Les magistrates n’accordaient que dix minutes à chaque avocat pour plaider. On se demande bien comment c’est possible de se faire une idée réaliste d’une situation un tant soit peu complexe en si peu de temps. Voire même comment rester concentré.e pendant 7h, en écoutant un flot de gens qui se contredisent sur les sujets les plus divers tout en parlant le plus vite possible…

Mais passons.

Il semblerait que la mairie tente de se rabibocher avec l’EPF, car iels les ont rejoint à la barre pour associer leurs plaidoiries sur les points suivants : ils sont rentrés par voie de fait, ils se mettent en danger en se mettant à l’abri et on va leur sauver la vie en les mettant dehors, le carré de l’imprimerie et ses 24 millions, et c’est pas notre responsabilité de loger les gens mais celle de l’état.

Ce dernier point est assez drôle si l’on se rappelle que Roger est passé sur Fr3 et sur Alpes 1 il y a deux ans pour annoncer qu’il s’opposait à la création, à l’initiative de l’état, de 80 places (soit à peu près la population du Césaï) pour mineurs isolés et demandeurs d’asile à Gap alors même qu’à cette époque il était en procédure pour expulser la maison Cézanne !

Délibéré le 10 décembre.

Une chose est sûre : la justice sociale ne s’obtiendra jamais dans un palais de justice…

Quoi qu’il en soit, nous expulser ne nous effacera pas du paysage, nous continuerons à lutter.

Si Roger veut retrouver l’esprit tranquille, il n’a qu’une chose à faire : nous octroyer un lieu légal d’accueil et d’hébergement. Aux normes ERP si ça lui chante.

Nous remercions toutes les personnes, associations, collectifs qui nous ont soutenu et nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous le 10 Décembre à 20h pour une auberge Espagnole ainsi que pour le verdict au CESAI.

 

CESAI COEUR DE VILLE FOR LIFE !!!!

Rejet du référé de la mairie de Gap contre le Cesai

Comme on pouvait s’y attendre, le référé de la mairie de Gap, visant à permettre à des pompiers et à des agents administratifs un peu trop zélés de s’introduire chez nous contre notre volonté afin de trouver des prétextes pour nous expulser au plus vite sous couvert de sécurité a été rejeté.

Après l’audience la greffière est venue nous voir pour nous glisser que « c’est inhumain de vouloir mettre des gens à la rue, sous prétexte de sécurité, pour des projets immobiliers inexistants » ! Ah, si seulement Mme Pigeau, la représentante de la mairie, avait pu l’entendre ! Venant d’une membre du tribunal, au statut social sûrement plus respectable à ses yeux que celui de squatteur, ça lui ferait peut-être un petit choc. La juge a même qualifié « d’inutile », la mesure intentée par la mairie. Voilà qui fera les pieds au seigneur de Gap.

Malgré tout, gardons les yeux ouvert sur ce qu’est le Tribunal Administratif : il s’agit aussi de l’institution qui confirme, chaque semaine, des dizaines de « décisions de transfert » (le terme en langue de bois pour déportation) de nombreuses personnes vers l’Italie ou autre, apparemment sans trouver cela inhumain ou immoral. Il y avait quelque chose de cocasse dans cette situation : par la force des choses, l’EPF PACA, propriétaire de notre maison et jusqu’ici allié de la mairie, s’est retrouvé, en quelque sorte, de notre coté.

En effet, dans sa précipitation, et probablement aveuglé par sa colère, le maire a choisi de faire cavalier seul dans cette manœuvre en nous qualifiant d’ERP. Il oubliait ainsi que la loi stipule que l’exploitation d’un ERP implique l’autorisation du propriétaire et que ce dernier est également responsable de la mise aux normes sous peine de lourdes sanctions. L’EPF a donc fait le déplacement au tribunal pour nous aider à démontrer que notre maison n’est pas un ERP, qu’elle doit être démolie et qu’il est donc doublement inutile de demander une telle mise aux normes. Un grand merci à l’EPF PACA donc, de nous avoir assisté face aux magouilles de Monsieur le Maire, fils de Maire !

Ce cher Roger est décidément un adepte des doubles discours : quand il parle de son projet du carré de l’imprimerie, il explique que la ville mène une politique de requalification (novlangue pour gentrification) du centre-ville, insiste sur son étroite collaboration avec l’EPF et sur le fait que les acquisitions de ce dernier se font au nom et pour le compte de la mairie. Quand on parle de nous c’est un tout autre son de cloche : ce bâtiment appartient à l’EPF et n’a plus rien à voir avec la commune. Il n’hésite pas à laisser entendre que nous fonctionnons avec leur accord, à nous mettre dans le même panier devant la justice, et à écrire des arrêtés municipaux à leur encontre, rejetant sur eux la responsabilité de notre relogement et les menaçant de poursuites pénales !

…Et c’est leur « étroite collaboration » qui doit donner naissance à un projet immobilier après avoir englouti 24 millions de deniers publics ? Cela nous paraît plus que mal parti…

Quelques habitant.e.s du CÉSAÏ

Réponse au communiqué de presse de la ville de Gap

Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Gap
et aux riverains du carré de l’imprimerie.

Le 20 juillet 2019

Nous, quelques habitants du Cesaï, squat de la rue de l’imprimerie, tenons à répondre au communiqué de presse de la ville de Gap du 18 juillet 2019.

Monsieur le maire souhaite selon ses propres termes « éradiquer la « zone de non-droit » que constitue le squat ». Sachant qu’on parle en réalité d’êtres humains, le choix du terme « éradiquer » n’est pas anodin. Il fut un temps où des hommes politiques éradiquaient ceux qu’ils considéraient comme de la vermine, cette époque n’était pas glorieuse. Quel avenir prépare-t-on en utilisant un tel vocabulaire fascisant ?
La « zone de non-droit » est en fait un lieu de défense des droits fondamentaux des êtres humains c’est à dire le droit au logement, l’accès à la nourriture, l’accès aux soins et à l’aide juridique, le droit à l’autonomie des individus et le droit au respect. Croyez vous que tout ceci devrait passer après le droit à la propriété privée, alors que ce bâtiment était inutilisé depuis plus de 7 ans ? N’est-ce pas une honte pour le pays des droits de l’homme ?

Monsieur le maire, il y a bien écrit « liberté, égalité, fraternité » sur votre mairie ? Ou bien « tourisme, croissance et carrière » ? Nous n’avons pas besoin de détruire des cinémas pour construire des cinémas. Nous n’avons pas besoin d’expulser des personnes pour loger des personnes. Et nous n’avons pas besoin de 24 millions d’euros publics pour faire tout ça.

La justice ne nous a pas octroyé un délai de 30 mois par erreur, mais bien parce qu’on lui a prouvé notre utilité sociale.

La loi exige que les demandeurs d’asile soient logés. Or ce n’est pas le cas. Pourtant, le plan grand froid prévoit un hébergement d’une centaine de places à la Providence. Pourquoi personne n’y a jamais été orienté ?

Le Cesaï répond à une carence de l’État et de la commune et devrait être félicité plutôt que stigmatisé. Ses habitants existent et ont le droit à un accueil digne. Ils ne disparaîtront pas parce que Mr le Maire a décidé que ce n’était pas de sa compétence. Nous vous rappelons que le maire de Briançon a mis des locaux municipaux à disposition pour accueillir les personnes en exil.

Si Roger Didier se souciait tant de la quiétude des riverains et des touristes, il ferait de même au lieu de demander l’expulsion de plusieurs dizaines de personnes. Cette expulsion ne manquera pas de provoquer un trouble à l’ordre public plus important qu’un simple immeuble habité.

Dans le même communiqué, il est écrit qu’ «à la suite de plusieurs pétitions qu’il a reçu, le maire a organisé une réunion publique » (étrangement nous n’étions pas conviés). Les personnes participantes « ont souligné des problèmes d’incivilités, de nuisances, de comportements agressifs, tous liés à ce squat ». Or, l’unique pétition dont nous avons eu vent avait pour objet des problèmes de voisinage banals, plus loin dans la rue. Des déjections canines non nettoyées, des enfants qui font du bruit en jouant… Aucun rapport avec notre lieu de vie. La réunion était loin de ne parler que du Cesaï, contrairement à ce que le communiqué voudrait faire croire. Les scooters y étaient mentionnés, les personnes alcoolisées rue Jean Eymar, etc. Nous ne sommes pas responsables de tous les problèmes qu’une ville peut rencontrer.

Par ailleurs, la mairie s’est abstenue jusque là de prouver le moindre trouble à l’ordre public et la moindre plainte des riverains alors qu’il lui était loisible de le faire dans le cadre de la procédure d’expulsion au printemps dernier.

Oui nous vivons à plus d’une soixantaine dans cet immeuble ce qui engendre du bruit, surtout l’été. Oui il y a du monde qui traîne dehors pour capter la wi-fi. Oui certains conflits sont apparus et ont été réglés au mieux, vu nos faibles moyens. Oui ces gens existent !

La pauvreté est juste sous vos fenêtres et vous ne pouvez plus l’ignorer.

Les personnes en exil ont interdiction stricte de travailler. Elles sont victimes de ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre leur précieux bout de papier.

Ils et elles souhaitent juste avoir les mêmes droits que vous, la même sécurité après avoir quitté des pays ravagés par la guerre ou la misère. Mais ils ne sont simplement pas nés sur le bon continent…

Le Cesaï est particulièrement attentif au gaspillage de l’argent public et au désarroi des laissés pour compte de cette ville et tente de proposer des moyens de rendre la misère plus supportable.


 

On dirait que Roger est vraiment fâché. C’était écrit en tout petit dans un coin de son communiqué de presse haineux de vendredi dernier et nos avocat.e.s l’on confirmé, la mairie a fait appel du jugement donnant un délai de 30 mois au squat hébergeant les migrants à Gap. Le CÉSAÏ comparaîtra devant la cour d’appel de Grenoble.

C’est dommage, on y croyait presque !

Pour le moment, on n’a pas encore de date mais on nous promet que ça arrivera « rapidement ». À voir ce que ça veut dire…

La suite au prochain épisode !

Le squat de A à Z : nouvelle mouture !

Ceci est le produit d’une écriture collective, par des squatteur-euse-s passé-e-s, présent-e-s et futur-e-s, pour des squatteur-euse-s présent-e-s ou futur-e-s.

Envoyez vos contacts, critiques, idées, infos ou propositions de modifications à a-z [@] squat.net. Cette adresse e-mail peut aussi être utilisée pour poser des questions spécifiques auxquelles ne répondrait pas ce guide, pour faire des demandes de conseils, de documents juridiques, de défense-type… Envoyez-nous vos jurisprudences, récits, bilans d’expériences, notamment ce qui pourrait s’avérer contradictoire avec ce qui est écrit dans ce guide, pour que l’on puisse continuer à l’améliorer en fonction de l’évolution des situations et continuer à diffuser des infos utiles à travers la France. Même si certaines infos sont valables aussi dans d’autres cas, nous ne donnons ici que peu de renseignements sur les occupations de terrain et les réalités des rapports de force plus propres aux gens installés en camion, roulotte, caravane, nomades, etc. car il s’agit d’une réalité que nous connaissons moins. Nous ne voulons pas prendre le risque de dire des bêtises ou de parler en théorie en dehors de situations vécues directement. Cela dit, ça nous intéresse bien de compléter ce guide en ce sens à l’avenir… avec votre aide.

Le squat de A à Z étant régulièrement réédité, demandez-nous la dernière version !

Le squat de A à Z (a-z@@@squat.net), juin 2019

Pour lire en ligne c’est ici

pour télécharger la brochure en pdf c’est ici

et pous plus : https://infokiosques.net

Appel à résister à la frontière Franco-italienne

Besoin de soutien à la Casa Cantoniera Occupata di Oulx

Dans un moment historique où la répression est toujours plus forte et notre capacité d’action de plus en plus limitée, nous sentons la nécessité de nous organiser toujours mieux, en essayant de réfléchir ensemble pour réagir. Des luttes contre les CRA, à celles contre les rafles, contre les déportations et le système de discrimination et de sélection des gens, contre le système de repression et de contrôle étatique et policier qui se reserre autour de nous, la frontière est partout. Croiser des expériences de luttes et des moyens d’action de différentes villes est fondamental.

A la frontière la situation évolue en permanence, mais au fond reste la meme. Les gens continuent à chercher à traverser ces montagnes pour arriver en France et ailleurs en Europe. La répression policière est toujours présente et violente. La journée, les flics aiment bien s’habiller comme des randonneurs pour arreter les migrants de passage, la nuit ils se cachent dans les bosquets, souvent avec des lunettes thermiques et de fortes lampes, pour surprendre les gens qui traversent. Ils sortent des pistolets en menaçant de tirer sur les gens s’ils ne s’arretent pas.
C’est clair que la frontière est un terrain d’entrainement pour les forces de police et militaire françaises et pour tester leurs technologies.
Par ailleurs, l’alliance et la coopéeration entre les polices italiennes et françaises se renforçent, ainsi que la pression sur celleux qui veulent agir contre la folie des frontières.
Face à ça, plein de formes de solidarité et de résistance et lutte ont été mises en place depuis plusieurs années. Des lieux d’accueil et des lieux de lutte ont été ouverts dans le briançonnais et dans la vallée de Susa. Des gens cherchent à casser le système de contrôle et de sélection qu’est la frontière (présence en montagne, manifs, blocages, campings, Passamontagna, etc..)
Parmi ces lieux, la Casa Cantoniera Occupata, maison squattée à Oulx après l’expulsion du refuge autogéré Chez Jésus à Clavières. Occupée en décembre, c’est un lieu antiraciste, antisexiste, antifasciste et où on lutte contre tous les autoritarismes, les Etats et leur frontières et les keufs qui les contrôlent. Oulx, carrefour obligé sur la route vers la France, est à 10 km de la frontière physique. La Casa est un lieu autogéré pour toutes celleux qui veulent s’organiser contre le dispositif frontalier, pour celleux qui veulent le franchir ou le détruire.
Le risque d’expulsion reste arbitraire, mais est de plus en plus présent. La maison est en effet un enjeu politique pour les autorités italiennes. Il existe une surveillance et un fichage quotidien, notamment à la gare d’Oulx, de la part de la police italienne qui contrôle les papiers d’identité des personnes qui passent du temps à la Casa où qui rentrent en contact avec les exillé.e.s.

Nous sommes bientot à la nouvelle saison touristique, et nous savons que les intérêts touristiques (et donc économiques) figurent parmi les priorités de l’ordre public dans la gestion de la frontière. Il n’y aura donc pas d’hésitation à amplifier la répression, à améliorer sa logistique, à faire en sorte que les misères des un.e.s ne s’opposent pas aux privilèges des autres.

Ici, dans la Casa Cantoniera occupée de Oulx, la lutte contre les frontières est constante et continue, mais elle nécessite toujours des forces, des idées et des énergies supplémentaires.
Nous lancons un appel à toutes celleux qui veulent agir avec nous dès maintenant et pour tout l’été.
En ce moment, nous ne sommes pas assez nombreuses et il y a plein de choses à penser et à faire.
A la Casa, ainsi que dans d’autres lieux sur Briançon, il y a toujours la place pour dormir.
Si tu sais quand tu veux venir, c’est cool de nous prévenir.
N’hesite pas à venir en crew, et avec ta voiture : ici elles sont utiles et précieuses.
Comprendre et saisir les enjeux prend du temps: c’est toujours mieux de venir au moins une ou plusieurs semaines.

Malgré toutes ces étincelles, la frontière n’a pas encore brulé. Ramène tes allumettes!

Pour nous écrire: info@passamontagna.info

Contre tous les etats , toutes les frontières et les uniformes qui les protègent.

SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB

Le CESAÏ a besoin de coups de main et d’argent !

Le CESAI, bâtiment occupé depuis octobre 2018 en plein centre-ville de Gap accueille une 60aine de sans abris de tous pays.

Les frais du quotidien sont minimisés grâce à la récupération d’invendus notamment.
Néanmoins, les dépenses minimales frôlent les 500€ /mois pour le gaz, les bases alimentaires, voire quelques travaux de rénovation.

En plus de COUPS DE MAINS (tout le monde est la bienvenue !), ce lieu indépendant a besoin de SOUTIEN FINANCIER.
On a donc mis en place un pot commun sur la toile pour couvrir ces dépenses mensuelles:
https://www.lepotcommun.fr/pot/t9rafseh

On compte sur vous tou.tes ! Parlez-en !
Une idée: donner peu mais régulièrement.

Merci à vous !

Pour plus d’informations : https://cesai.noblogs.org/

Rendu du procès du Césaï : 30 mois de délai !

C’est avec plein d’étincelles dans les yeux que nous vous transmettons le délibéré. Le tribunal nous a accordé 30 mois, plus la trêve hivernale, plus deux mois à partir de la délivrance du commandement de quitter les lieux. Ce qui revient à un délai de quasiment 3 ans.

La cour a su reconnaître le rôle important de la maison. Cela dit la mairie de gap a 15 jours pour faire appel de cette décision. Connaissant Roger Didier et son ego démesuré, il y a des fortes chances qu’il ne s’en prive pas. Quoi qu’il advienne, nous nous battrons de toutes nos forces pour que ce lieu perdure un maximum de temps.

Nous vous remercions toutes et tous pour votre soutien et votre présence que vous nous apportez depuis l’ouverture du CESAI.

Il est important de pas oublier que cette maison est aussi un outil pour créer du lien, de la convergence entre personnes,collectifs, associations, mouvements sociaux et luttes environnementales. Tout reste encore à construire ensemble. Maintenant que nous pouvons y voir plus clair, nous allons pouvoir lancer des projets : chantiers collectifs, activité, cantine… vous êtes toutes et tous les bienvenus à y participer et à être force de proposition. Nous vous tiendrons au courant pour les futurs RDV.

La suite au prochain épisode.

Des bisous.

CESAI FOR LIFE

Quelques phtos du Procès du 4 juin :

Salut les ami.e.s l’été arrive à grand pas. La ville de Gap va laisser place aux nocturnes commercial et aux flux touristiques. De notre maison nous ressentons déjà les prémices, cette semaine nous avons reçu plusieurs coup de pression de la police allant jusqu’à essayer de nous voler à deux reprises notre banderole ou est inscrit nos modestes revendications « pas d’expulsion, au CESAi on y est et on y reste ».

Monsieur le Maire est pressé de nous voir dégager du paysage : c’est vrai que montrer à des touristes qu’ici il y a des gens qui luttent contre les frontières ça ne vends pas du rêve mais ça remet sûrement les pieds sur terre. Mardi 18 nous allons recevoir notre verdict et plus que jamais nous avons besoin votre présence et de tout votre soutien pour montrer que nous sommes pas seuls et qu’aucune expulsion ne pourra effacer le combat que nous menons.

Rendez-vous Mardi 18 à 14h devant le tribunal de Gap. Le soir même à 19h nous organisons une rencontre de coordination et de lutte contre les frontières,vous êtes toutes et tous les bienvenus (vous pouvez apporter de quoi grignoter si vous le pouvez).

Des Bisous Le CESAI

Procès du CESAI le 4 juin – Appel à soutien

Message reçu des camarades du CESAI (centre social autogéré de Gap) :

Salut les ami.e.s !
Le 4 juin approche à grand pas, c’est de pied ferme que nous nous préparons à défendre le CESAI devant le tribunal. Peu importe l’issue du verdict nous continuerons à écrire notre histoire de manière subversive, on ne se fait pas d’illusions sur l’issue de cette audience, dans le meilleur des cas nous avons un délais, mais dans la finalité nous finirons par être expulsés.
Nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous devant le tribunal le 4 juin à partir de 13h30 pour un rassemblement festif.
Ramenez vos instruments de musique, vos envies et votre bonne humeur, il y aura tellement de choses à fêter qu’ aucune expulsion ne pourra assombrir cette journée.(l’Aïd, des anniversaires, peut-être un délai pour le CESAI)
Cela nous permettra aussi de continuer à tisser des liens entre nous : personnes, associations, collectisf, de parler de perspective et de créer du commun.Le CESAI c’est bien plus qu’une maison, c’est bien plus qu’un collectif c’est un projet qui s’inscrira au long terme dans le paysage Gapençais.La où Roger Didier divise, Nous, nous construisons des ponts.CESAI for life
Pour plus d’informations : https://cesai.noblogs.org/

Le lieu a besoin d’argent pour fonctionner (environ 500€ par mois) pour couvrir les dépenses de gaz, les bases alimentaires, les travaux de rénovation, etc. Pour contribuer en ligne : https://www.lepotcommun.fr/pot/t9rafseh

Lutte contre les politique anti-migratoire et situation juridique du Cesaï

Voici un communiqué afin de faire un point sur les actions que nous avons menées ces derniers temps à Gap contre les politiques liberticides envers les sans-papier et autour de la situation juridique actuelle du Cesaï. Deux institutions oppressives nous ont attaqué et auxquelles nous avons répondus.

La préf’

Suite au refus de l’état de permettre au personne sans-papier de se domicilié à gap ou dans les environs, une suite d’action a été mené afin de faire pression sur la préfecture dans le but qu’iels laissent les personnes concernées se domicilier où elles veulent.

Suite à ce changement de pratique de la préfecture, nous sommes allé.e.s leur demander des comptes en personne. Après s’être infiltré dans les bureaux, zbeulant leur paisible vie de travailleur, un rendez-vous a été obtenu avec la préfète dans la journée, ne débouchant sur rien d’autre qu’une promesse de solution en l’air.

N’ayant même pas daigné nous contacter, nous avons donc saturé leurs standard téléphonique pendant une matinée. Suite à quoi la préfecture a enfin répondu a notre demande par un mail de réponse contenant seulement des rappels de la loi ne menant à aucune solution, remettant la faute sur l’OFII, et nous disant qu’ils allaient contacter la préf’ de Marseille. Une réponse leur a été envoyée, les mettant face à leur responsabilité.

En parallèle, nous pensons à réaliser des référés-libertés pour chaque personne n’ayant pas pu librement choisir leurs domiciliations, afin de rajouter des dossiers au tribunal administratif et en espérant qu’au moins pour quelques individus, la situation s’améliorera.

La mairie

Le squat du Cesaï a été réquisitionné depuis quelques mois afin de loger une soixantaine de personne et de réalisé des activités libres et ouvertes à tou.te.s. Le lendemain de l’ouverture une plainte est déposée par la mairie, propriétaire des lieux, s’en suit une visite du commissaire fraîchement nommé à Gap et d’un huissier. Ils sont empêché de rentrer sur les lieux.

Après plusieurs mois sans visite de la part des institutions, le tribunal a autorisé les flics a faire usage de la force afin de permettre à l’huissier de venir réaliser un dossier pour la future expulsion. Ils ont choisi de passer le 26 mars.

De son coté, Roger Didier, le maire de Gap, fanfaronne dans le Daubé, et prépare médiatiquement l’expulsion qu’il souhaite le plus rapide possible. Ne comptant pas nous laisser faire nous sommes allé.e.s le voir lors du récent conseil municipal afin de lui faire la lecture (retour sur l’action). Un dossier est aussi en cours de composition afin de défendre le lieu lors du futur procès, tout témoignage pouvant montré l’utilité du lieu est la bienvenue, nous avons les documents disponible à la maison.

Nous sommes maintenant en attente d’une date de procès, que l’on cherchera bien évidement à ralentir.

Pendant ce temps, les fachos, ou autres blaireaux, s’amusent. Nous avons eu le droit à une visite un dimanche matin, de personne ayant arraché la banderole, saccagé tous les objets devant le lieux et cassé des vitres. Heureusement, ils n’ont pas pu rentrer et n’ont pas attaqué l’intérieur. Il paraîtrait que les flics les auraient arrêté mais nous n’avons aucune information la dessus et nous n’attendons rien de leur part.

 

Pour la suite

De notre coté, des réflexions sur les politiques de la ville sont en cours, les projets foireux du maire, et ses politiques répugnantes, mais malheureusement peine à avancer ces derniers temps.

Le constat commence à se faire partout en France, les contrôles de flic dans les gares se généralisent, et les personnes n’ayant pas les bons papiers ont de plus en plus de mal a se déplacé.

Concernant les billets de train, ils devraient être financé par la pref’ ou l’OFII, ce qui n’est bien évidement pas fait. Les voyages dans d’autres villes devenant de plus en plus régulier, les financements des associations ne deviennent plus suffisant.

N’hésitez pas à venir faire un tour au squat si une de ces problématiques vous intéresse, on a toujours besoin de monde pour tracter, coller des affiches ou plus

Concernant la partie centre social, elle tourne au ralenti en ce moment, n’hésitez pas à proposer des activités, projections, débats …

Désolé pour les copaines n’ayant pas participé à l’écriture du communiqué, il a été fait assez spontanément.

No border

No nation

Stop deportation

Le CESAÏ (centre social autogéré de l’Imprimerie) a ouvert ses portes le 19 octobre 2018. C’est un espaces de vie et d’habitations pour des personnes mises à la rue par L’État notamment les habitant(e)s expulsé(e)s de la maison Cézanne.

https://cesai.noblogs.org/

[CESAÏ] Action au conseil municipal de GAP

Ce vendredi 28 mars , un collectif d’habitants et de soutiens du centre social CESAÏ (Squat humanitaire et culturel installé rue de l’imprimerie) est intervenu lors du Conseil municipal de Gap.

Le CESAÏ est aussi un lieu d’échange culturel ouvert à tous et s’est très vite intégré dans le centre-ville. Mais le maire ne l’entend pas ainsi… C’est une « occupation sans droit ni titre » qui « ne donne pas le droit à la parole ». Peu importe, pour lui, la nature du projet.

 

Repris de https://alpternatives.org

 

Le CESAÏ (centre social autogéré de l’Imprimerie) a ouvert ses portes le 19 octobre 2018. C’est un espaces de vie et d’habitations pour des personnes mises à la rue par L’État notamment les habitant(e)s expulsé(e)s de la maison Cézanne.

https://cesai.noblogs.org/