Sur l’expulsion de la Casa Cantoniera (Oulx)

Depuis un an, la pandémie a bouleversé la vie de milliards de personnes, et dans ce monde dystopique où l’augmentation considérable des systèmes de surveillance et de contrôle est légitimée par la doctrine de la guerre au virus, où tout est illégal sauf aller au travail, les expulsions et les évictions locative ne cessent pas.

Deux ans et demi après son ouverture, la Casa Cantoniera Occupata, le refuge autogéré d’Oulx, a été expulsée.
Il y avait plein de monde ce jour-là à l’intérieur : la pandémie n’a jamais arrêté ceux qui voyagent sans avoir le privilège d’avoir un endroit où s’arrêter.

Occupé en décembre 2018, c’était un lieu créé pour apporter de la solidarité aux personnes qui voulaient traverser la frontière italo-française au col du Montgenèvre. Un lieu de lutte et d’auto-organisation, contre toutes les frontières et les dispositifs militaires et politiques qui cherchent à contrôler et à sélectionner.
Un refuge libre pour tous ceux qui croient que la terre n’a pas de frontières ni de maîtres, et que chacun devrait avoir la liberté de choisir où et comment vivre. Une occupation qui a fait de la solidarité active et quotidienne sa base, et qui a tenté de se mettre en travers de ces lois racistes qui font des frontières et de leurs contrôleurs une ligne maudite et meurtrière. Un lieu qui a soutenu une direction précise de la lutte, qui a indiqué un outil pratique à tous ceux qui voulaient lutter activement contre les politiques ségrégationnistes de cette Europe meurtrière.
Dans nos Alpes, des gens sont obligés de marcher sur des sentiers de haute montagne, se cachant uniquement parce qu’ils n’ont pas le « bon » papier, tandis que les marchandises et les touristes, pour qui cette frontière est invisible, passent tranquillement. Tout comme dans les bois de Croatie et de Bosnie, où la police frappe et vole, massacrant les pieds des gens pour les empêcher de marcher. Du désert de Tamarasset à la mer Égée et dans toute la Méditerranée, où un génocide conscient est en cours, fait de prisons et de patrouilleurs payés par l’Union européenne, où les gens continuent de mourir tandis que les gouvernements s’engagent à bloquer les bateaux de sauvetage et à réprimer toute forme de solidarité. Une partie de ce génocide se déroule ici, dans nos montagnes, et il se poursuit de jour en jour.

La maison a été évacuée le mardi 23 mars ; ils sont arrivés à 7 heures du matin : le défilé habituel de policiers, de carabiniers, de digos. Il leur a fallu plus d’une heure et demie pour entrer.
Plus de 60 personnes, dont de nombreuses familles avec des mineurs, ont été libérées et emmenées.
L’intervention des pompiers a été déterminante : ils ont positionné une échelle afin de pouvoir entrer par le toit et ont aidé les digos à franchir les barricades de protection qu’ils ne pouvaient pas ouvrir. La Croix-Rouge a également contribué à l’évacuation, en installant une tente devant la Maison pour faire des prélèvements anti-covid.
Les « sans-papiers » et leurs familles ont été conduits dans des dortoirs de premier accueil à Susa (au couvent des religieuses), à Bardonecchia (à l’association Alveare) et à Oulx (au refuge salésien). Ceux qui n’avaient pas de famille ont été emmenés au poste de police de Bardonecchia pour être identifiés, puis relâchés.
Maintenant, au refuge des salésiens d’Oulx, personne ne peut entrer s’il n’est pas « autorisé ». La police et les digos sont très présents et oppressants dans toute la zone frontalière. Dans le village il y a quelques camions de Celere (équivalent CRS) fixes. La mairie a expressément demandé aux citoyens de signaler à la police toute personne « suspecte » errant dans Oulx, après l’expulsion tant souhaitée.

La responsabilité de cette expulsion est entièrement politique.

La préfecture à la municipalité d’Oulx (l’expulsion a été demandée dès le premier jour d’occupation et le maire Andrea Terzolo, élu il y a presque deux ans, a fait de nous une partie de sa campagne électorale). Les états, italiens et français, et leurs bras armés, diverses polices et digossini. L’ANAS (propriétaire de dizaines de maisons abandonnées depuis des décennies dans toute l’Italie – ainsi que de l’immeuble d’Oulx – qui a immédiatement porté plainte contre les occupants) le petit journalisme national, qui s’est engagé à diffamer ce lieu de toutes les manières possibles. Ils ont tous joué un rôle actif dans la criminalisation de cette expérience et ont rendu sa fermeture matériellement possible.
Et cela nous rend encore plus furieux de savoir que l’ANAS, qui a traîné 24 d’entre nous (plus 13 camarades / / solidaires présents à l’intérieur de la Maison au moment de l’entrée des flics) dans un procès pour occupation qui a fort à propos commencé le matin meme de l’expulsion, a mis en vente 100 Case Cantoniere. Il est question de les convertir en bars, restaurants, stations de charge pour voitures électriques.
Les gens seront heureux d’être libres de voyager où ils veulent, de boire du café et de recharger leurs voitures de luxe sur une route souillée du sang de ceux qui doivent marcher la nuit, en se cachant des coups des flics et des griffes d’un système d’accueil qui se remplit les poches sur la peau du peuple.
Désormais, des centaines de milliers d’euros arriveront également aux municipalités frontalières pour la « gestion des migrants », nouvelle marchandise. Au moins 600 000 euros à Bardonecchia, plus 162 000 euros à la municipalité de Claviere.

Et de l’autre côté du visage explicitement répressif, les responsabilités « invisibles ».
Même le jour de l’expulsion, Rainbow for Africa a joué son rôle de bonne association qui fournit un abri aux migrants expulsés du terrible abri anarchique : la même ONG qui, depuis trois ans, travaille entre Bardonecchia et Oulx pour donner une réponse institutionnelle aux « flux migratoires », en essayant de décourager les départs en offrant des solutions irréelles d’un accueil qui n’est qu’un business ; la même qui a récemment gagné un appel d’offres pour la fabrication de tampons à Turin et qui essaie de trouver une légitimité même à l’intérieur des lieux occupés.
Nous savons que les organisations de ce type font appel à des bénévoles qui ne cherchent qu’à aider, et qui le font avec leur cœur. Mais le fonctionnement et les choix politiques de cette ONG ont des conséquences spécifiques, des responsabilités précises et nous ne les partageons pas, et nous voulons nous en souvenir. De plus, le président, Paolo Narcisi, nous a toujours diffamé.
Et de la même manière, nous rejetons les « beaux mots »de l’archevêque de Turin, Nosiglia, qui comme l’evêque de Susa Confalonieri appelle maintenant à la solidarité catholique . Les hommes d’Entram de cette Église qui, d’un côté, prétend parler d’aide et de solidarité et, de l’autre, s’applique à autoriser les expulsions (procés pour l’occupation de Chez Jesus, le sous-eglise de Claviere en cours) et de mettre fin à concrètes expériences de solidarité.

En conclusion : l’expulsion de la Casa Cantoniera fait partie d’une répression globale contre la liberté de mouvement, contre les lieux de solidarité et les espaces occupés où s’organiser en toute liberté. Partout en Europe, les espaces de lutte font l’objet d’attaques répressives de la part des États. La militarisation des frontières et la normalisation des refoulements et des rapatriements à l’intérieur et à l’extérieur des frontières européennes sont alimentées par les sentiments de plus en plus racistes et fascistes de la société et de la politique. Pendant ce temps, ceux qui continuent à apporter leur solidarité aux personnes en mouvement et refusent d’entrer dans cette logique raciste et normative sont constamment attaqués.
Sur cette frontière, de nombreux procès sont en cours pour aide à l’immigration clandestine (deux grands procès dans les mois à venir du côté français). De nombreuses personnes font l’objet d’une enquête pour des initiatives, actions, occupations, marches sur la frontière des deux côtés.
La répression contre les personnes de passage se manifeste par une augmentation visible de la militarisation, de plus en plus de violence, et maintenant dans les contrôles également dans les structures où ils sont hébergés.
Pourtant, les gens continuent et continueront à passer, car le désir et la détermination de décider où vivre ne s’arrêteront jamais.
Nous remercions tous ceux qui, ces dernières années, ont été solidaires de cette expérience, depuis la vallée de Suse – qui, bien qu’elle ait été contrainte d’accueillir cette frontière infâme, a trouvé de nombreux amis et sœurs qui ont partagé cette lutte avec nous – et depuis tous les coins du monde.

Maintenant la nécessité de reconstruire une véritable solidarité est grande. Tout est nécessaire, il y a un besoin de réorganisation. Une autre assemblée ouverte sera convoquée, également dans le but de donner une réponse à la répression toujours plus forte.
Nous recherchons également un moyen de transport collectif, que ce soit une camionnette ou une grosse voiture, pour pouvoir continuer à être présents à la frontière. Si quelqu’un a un véhicule (à bon marché :), ou des matériaux utiles, merci de nous écrire.

Toute contribution est la bienvenue.
Toujours contre toutes les frontières.
Nous reviendrons.
Certains et certaines ennemis des frontières

Repris du site passamontagna.info

Expulsion de la Casa Cantoniera à Oulx

Venez soutenir la lutte côté français à la frontière franco-italienne !

Plus de soixante personnes expulsées

Hier matin, la Casa Cantoniera occupée à Oulx a été expulsée. À l’intérieur, il y avait plus de soixante personnes, dont plusieurs familles.
Malgré la pandémie et les zones rouges, une fois de plus, l’État n’a eu aucun problème à jeter les gens à la rue, dans le but de détruire une réalité solidaire et d’affaiblir la lutte à la frontière.
Outre le déploiement habituel de digos et de divers policiers, les complices de cette opération ont été les pompiers, qui ont permis l’accès au toit et la rupture des barricades. La Croix-Rouge, déjà impliquée dans les refoulements aux frontières, était chargée de transporter les personnes vers les postes de police et les dortoirs entre Oulx, Bardonecchia et Suse.
Nous convoquons une assemblée publique pour nous réorganiser.
Ce mercredi 24 mars, à 18 heures, devant Radio Blackout, via Antonio Cecchi 21/a (Turin) .

En lire plus sur mars-infos.org

Communiqué sur le délibéré du procès du squat Chez Roger

Une nouvelle fois le verdict tombe: une expulsion dans six mois pour « Chez Roger ». Le 5 juillet, on recommence. Une cinquantaine de personnes vont se retrouver à nouveau dans une situation d’extrême précarité, d’instabilité sociale, d’insécurité physique.

Une nouvelle fois, on est plongé dans une situation schizophrénique. Un État, une mairie, incohérents, qui soutiennent une expulsion sans proposer de solution et légitiment donc l’occupation de tels lieux. Conséquences de l’absence de considération et du cercle vicieux enclenché depuis 2016. Maison Cézanne, Cesaï, Chez Roger, et après ?

Une nouvelle fois, monsieur le Maire nie la question des exilé·es sur le territoire en refusant de réagir à la fois à titre privé et à la fois à titre d’élu. Estimant que c’est « une affaire privée », Roger Didier refuse également en tant que Maire de répondre à nos sollicitation de coopération face à cette situation et ne se souci donc pas des conséquences d’une telle inconsidération et irresponsabilité. Monsieur le Maire a récemment communiqué qu’il se « souciait de ces concitoyens », mais a priori pas de tous.

Une nouvelle fois, le problème de fond n’est pas traité, aucun solution d’accueil pérenne n’est envisagé. Être logé, nourrit, dans des conditions dignes d’existence n’est toujours pas possible à Gap. Des enfants de trois ans vont commencer leur scolarisation en septembre et vont donc se retrouver dans un contexte incertain.

Des jeunes mineurs vont certes terminer leur année scolaire mais leur scolarisation n’est pas terminée et se retrouver à la rue juste avant la rentrée n’est pas une solution.

Certains majeurs travaillent, certains ont besoin d’être accompagnés pour leur demande d’Asile, au niveau de la santé et de leur droits. Les femmes présentes sur le lieu s’y sentent en sécurité (au regard de l’accueil proposé par le 115), c’est encore une nouvelle insécurisante et instable que de s’imaginer encore sans toit sur la tête.

Une nouvelle fois, il n’y a pas non plus de prise en compte que c’est une situation globale aux frontières qui est gérée de manière inhumaine. Que dans le contexte mondial politique, social, économique et écologique, les exilé·es tentent de trouver de meilleurs conditions de vie, et qui ne ferait pas la même chose ? La situation à Gap n’est que la conséquence d’une gestion inhumaine de l’État à la frontière, qui est reproduite à l’identique de manière locale.

Une nouvelle fois le collectif de soutien et les habitants de « Chez Roger » n’ont pas de raison d’être satisfait de cette décision. On appelle encore à la solidarité, à l’humanité, à la mise à disposition de logements vides, à considérer et protéger toutes les personnes dans le besoin sans conditions, ni discrimination, à trouver une solution pérenne d’accueil et hébergement pour tous et toutes.

Signer la pétition

« Chez Roger » devant le tribunal de Gap Mardi 3 novembre

Mise à jour : le verdict sera rendu le 5 janvier.


Le procès de « Chez Roger » passe donc au tribunal ce Mardi 3 Novembre a 10h30.

Malgré le confinement, on maintient le rassemblement.

C’est maintenant ou jamais que l’ont doit être solidaire et en profiter pour ne pas tout accepter à l’aveugle.

RDV à 9h30 Chez Roger pour un convoi jusqu’au tribunal tous ensemble.

Ou rdv à 10h30 sur Place.

Sur Place:

-Vente de jus de pomme chaud

-table petit dej

Dans tout les cas, il y a un grand besoin en nourriture chez Roger.

Donc,  même formule qu’au premier Mai, ramener de la bouffe et cocher « assistance à personne dans le besoins »!

Riz / sardines / œuf / huile / poulet / cube magie / oignons / semoule / sauce tomate / savon / sac poubelles

Apporter directement chez Roger (3bis cours du Vieux Moulin, derrière la pep) à 9h30 ou sur place vers 10h30.

On ramène son croissant, son masque, son attestation et on vient sans sa carte d’identité. ;-)

Merci et à Mardi!!

Pourquoi le nouveau lieu d’accueil « Chez Roger » ?

Le continent africain, déchiré par la colonisation et l’esclavagisme récent est meurtri de profondes blessures. Les climats politiques y sont souvent devenus sanglants et autoritaires. Les pays riches occidentaux en profitent au passage pour perpétuer un colonialisme désormais économique. A la clé, notamment, l’accès à des minerais qui composent ensuite nos ordinateurs, smartphones, télés, ou alimentent nos centrales nucléaires.

Fuyant la persécution, l’exploitation, la misère, des personnes se retrouvent prises dans un parcours migratoire forcé. On ne peut plus fermer les yeux sur le réseau de trafic d’êtres humains existant qui les menent vers des pays où le travail forcé est de mise (Algérie, Lybie) et qui les poussent à chercher la sécurité toujours plus loin : vers les riches pays occidentaux. Fuir son foyer, ses enfants, sa famille, ses amis, n’est un plaisir pour personne. Le chemin est semé d’embûches, bien souvent de torture et de sinistres événements.

Les personnes exilées arrivent donc en Europe, souvent par l’Italie. Certaines décident de venir en France par les montagnes, une partie arrivant par Briançon. Dans la loi française, le gouvernement doit proposer un hébergement aux demandeurs d’asile le temps de la procédure. En réalité, nombre d’entre eux et notamment des mineurs sont sans logement et à la rue dans le département, entre autre, à Gap.

C’est pourquoi :

* En Octobre 2016, la maison Cézanne a été occupée pour loger les exilés sans toit. Le collectif « un toit un droit » à été créé.

* Fin 2017. Le gouvernement propose d’ouvrir un centre d’hébergement pour les exilés d’une cinquantaine de places. La mairie s’y oppose.

[Deux structures sont en projet à Gap. L’une pour accueillir 30 mineurs non accompagnés, l’autre pour 50 demandeurs d’asile. L’état et le conseil départemental sont à l’origine de ces créations de structures. Selon nos confrères de Alpes 1, Roger Didier, le maire de Gap, dit non à la création de ces 80 places. Il déclare : « La commune dispose déjà sur son territoire de suffisamment de places d’hébergement officielles pour ne pas y concentrer 80 places supplémentaires ».

Source : France Info PACA : publié le 6 Décembre 2017.]

Dans les faits, une trentaine de mineurs non pris en charge et une cinquantaine de personnes laissées pour compte. Les chiffres parlent d’eux même.

* 16 Octobre 2018: La maison Cézanne est expulsée : 20 personnes à la rue. Un campement se fait devant la préfecture. Malgré une tentative de dialogue, aucune proposition de lieu perenne n’est enclenchée, ni d’hébergement.

* 19 Octobre 2018 : Ouverture du CESAI en centre ville qui protège vite une cinquantaine de personnes exilées (notamment des mineurs, des familles, des femmes et enfants) et des personnes sans domicile fixe. Différentes associations y gravitent en soutient (Médecin du monde, réseau hospitalités, les 3 + 4 de Birançon, divers soutien autonome…), mais aucune collaboration ni dialogue, entre cette réalité et la mairie ne s’opère.

* 19 Aout 2020 : Le CESAI se voit expulser de force. L’expulsion est autorisée par la préfète de Gap Martine Clavel, orchestrée par le directeur du cabinet de la préfète et soutenue par le Maire de Gap Roger Didier. La cour d’appel de Grenoble stipule dans sa décision qu’après le passage de l’huissier pour délivrer le commandement de quitter les lieux, les occupants disposent d’un délai de deux mois supplémentaire pour quitter les lieux. Une expulsion de force peut être appliquée seulement après ce délai. Dans les faits, l’huissier, Mr Scarcella, a appliqué une expulsion de force autorisée par la préfecture sans respecter le délai de deux mois.

Une cinquantaine de personnes se retrouvent du jour au lendemain sans toit sur la tête. Quelques familles sont relogés en camping pour une durée inconnue. Le camping ne serait payé que jusqu’à la fin du mois d’août. Les mineurs ne sont pas pris en charge. La préfecture confond allègrement « adresse » et « domiciliation postale » pour grossir ses chiffres de prise en charge.

* 28 Août 2020 : Le 3 Cours du Vieux Moulin « Chez Roger » est occupé, pour mettre ces personnes à l’abri. À ce jour, une vingtaine de mineurs, une quarantaine de personnes sont protégées. Une nouvelle fois, Roger Didier n’est pas dans la coopération et le dialogue pour considérer cette situation et trouver une solution perenne. Ce lieu est vide depuis plusieurs années, alors que des gens dorment dehors.

N’oublions pas que certaines mairies sont solidaires et coopèrent avec les associations pour faciliter l’accueil de ces personnes. Ce n’est pas le cas de Roger Didier qui se contente de renvoyer la responsabilité à la préfecture. Celle-ci agit contre la dignité de ces personnes. Ils devient donc nécessaire d’occuper des lieux vides pour les protéger tant que cette réalité ne sera pas prise en compte globalement.

Nous demandons un lieu d’hébergement pérenne pour toutes les personnes à la rue, avec ou sans papiers.

Nous alertons également sur le fait que certaines personnes solidaires ne vivant pas sur place passent pour apporter un soutien matériel, moral ou juridique pour s’y retrouver dans les abîmes de la justice et de l’administration française.

Ces personnes donnent énormément de leur temps sans contrepartie autre qu’humaine, nous tenons à les remercier et à rappeler qu’il est inadmissible de devoir s’épuiser et lutter contre l’administration française pour quelle prenne soin des plus fragiles alors que nous sommes soit disant dans le pays des droits de l’Homme…

Nouveau squat pour les exilés à Gap

Venez toutes et tous au nouveau squat d’exilés « Chez Roger » (le Cesai 2) à Gap !

Nous avons besoin de monde pour tenir la batisse pour le week end. ‘adresse : 3 cours du vieux moulin. Ex bâtiment Afpa. Entre la Pépinière et Leclerc. Venez dès que vous pouvez.

Si possible prenez de quoi faire à manger, nettoyer les lieux, dormir, meubler, aménager, de la bouffe…et du soutien ! faites tourner !


Communiqué du collectif Cesaï :

Le collectif Césaï tient à remercier Roger Didier

Roger Didier ayant été choqué par le communiqué de presse de la préfète du 20/08/2020 concernant l’expulsion du Césaï, a décidé de mettre l’un de ses nombreux bâtiments personnels vides à la disposition des plus démunis.

Ne pouvant plus rester sans rien faire face à ces 52 personnes expulsées mercredi 19 août, il a choisi de transformer en actes ses convictions démocratiques. « Chez Roger » ouvre donc ses portes pour offrir un toit à tout ceux que l’État met à la rue.

Conscient que chaque demandeur d’asile a droit à des conditions matérielles d’accueil ; une aide financière et un logement (décret n° 2012-1208 du 30 octobre 2012) et que l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et le 115 (Samu Social) ont trop peu de moyens à leur disposition, il se devait d’agir.

Les témoignages du personnel du 115 expliquant que, dépassé par le nombre de SDF gapençais dans le besoin n’avait d’autre possibilité que de les rediriger vers le Césaï (squat expulsé rue de l’imprimerie), n’ont pas laissé notre maire indifférent et une solution s’est imposée : ouvrir un de ses bâtiments vides à Gap.

En effet, sur 52 personnes présentes le jour de l’évacuation du Cesaï, seules 21 se sont vu proposer des places provisoires au camping Napoléon (les fameux hébergements d’urgence de l’État). En parallèle, les femmes demandeuses d’asile logées à l’hôtel par le Samu Social ont été informées mi-août qu’elles devaient quitter leur chambre à la fin du mois. Étant donné que les 115 places en Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) proposées aux personnes vivant dans les rues des grandes villes, que les 40 places en Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asiles (HUDA) correspondent à des nuitées en hôtel sans la possibilité de se faire à manger et que les 105 places en hébergement d’urgence généraliste (HU) ne suffisent déjà pas à mettre à l’abri les SDF et qu’en plus l’ensemble de ces places sont réparties dans tout le département : le calcul est simple il n’y a pas assez de place pour toutes les personnes dans le besoin.

Ainsi, par ce geste Roger Didier a décidé de palier lui-même aux carences de l’État dans un soucis de représenter nos belles valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, la fraternité et rend ainsi un juste hommage à l’armée Africaine qui a libéré notre ville en ce jour fatidique du 20 août 1944.

Communiqué expulsion du Cesaï

Mise à jour 23/08

La place de la préfecture a été évacuée samedi 22 août par les « forces de l’ordre ».


Mercredi 19 août, six heures, des policiers enfoncent à coup de bélier les portes des chambres des habitants du Césaï, le centre social auto-géré de Gap. Ils regroupent tout le monde dans une cour, effectuent des vérifications d’identité. C’est le début de l’expulsion du Cesaï.

Bilan : 43 personnes dehors, 20 hébergées dans des camping, 2 embarquées au poste. 43 exilé.e.s et sans abris qui ont à peine eu le temps de prendre leurs affaires, de ramasser de la nourriture avant que le Cesaï ne soit muré. 43 personnes sur la place Saint Arnoux, devant la préfecture, bientôt rejoints par des militant.e.s.

Un campement s’organise en attendant une solution qui ne viendra pas de la préfecture, celle-ci craignant toujours plus le fameux «appel d’air». En attendant un endroit où dormir et poser leur sac, familles, jeunes déminorisés, dublinés, sans abris, sont tous ébahis de se retrouver en quelques heures sans logement.

Une expulsion au mépris de toutes les règles, de toutes les lois. La préfecture s’est bien gardé de dire qu’un délai supplémentaire de deux mois était prévu par la cour d’appel de Grenoble après la visite préalable de l’huissier, sans les forces de l’ordre, qui n’a jamais eu lieu. N’ayant pas été prévenus, les habitants n’ont pas exprimé de refus.

Ce n’était pas une opération dans la loi mais une expulsion violente et illégale, menée tambour battant. En bonus, le sarcasme de Mr Scarcella, huissier assermenté, qui assure avoir remis le commandement de quitter le lieu, puis ment sur la décision de la cour d’appel et finit par déclarer : «c’est votre parole contre la mienne».

Et maintenant ? On a besoin de soutien. 43 personnes à la rue qui auront besoin d’un toit, de lits, de couvertures. On dort ce soir devant la préfecture. Et demain ? Impro totale.

Pour la forêt, et suite à l’abandon du projet de Center Parc de Roybon

Après 10 ans de lutte, Gérard Brémond, dirigeant du groupe Pierre & Vacances a annoncé hier l’abandon du projet de Center Parc de Roybon, dont la mise en place impliquait, entre autre, la destruction de 80 hectares de la forêt millénaire des Chambarans. L’abandon de ce projet est le fruit de l’association vertueuse, mais sans dialogue, de méthodes de luttes diversifiées : occupations illégales, recours juridiques, communication politique.

« On était dans une impasse, c’était devenu inextricable entre l’occupation du site, les changements de réglementations, les autorisations pour les permis de construire, pour le défrichement, la loi sur l’eau, la préservation des espèces et les lenteurs de la justice dans les différents stades, la cour d’appel, le tribunal administratif, le Conseil d’Etat. Tout cela se superposait, c’était interminable »

Gérard Brémond – Lemonde.fr – Après plus de dix ans de guerre d’usure, Center Parcs abandonne son projet à Roybon.

Ce triumvirat fût la pierre angulaire du succès des différentes occupations du mouvement des Zads de 2012 à 2018. Du moins jusqu’à la capitulation des tenants de la communication politique de Notre-Dame-des-Landes, qui rendirent les armes à l’état pour sauver quelques fermes. Achevant par cet acte toute perspective d’extension du mouvement, et, fidèles à l’histoire humaine des révoltes, actant l’existence d’interlocuteurs crédibles pour l’état au sein du mouvement de lutte.

Ayant fait partir des premièr.e.s occupant.e.s de la forêt de Roybon pour bloquer le projet, je parle en mon nom, et en mon nom seulement. La maison de la marquise, sur la partie ouest de la forêt, fût occupée au lendemain de la mort de Rémi Fraisse, tué par la grenade d’un Gendarme à Sivens. L’état en proie à l’angoisse de voir un mouvement de révolte s’étendre dans tout le pays, fût contraint de lever le pied sur la répression de certaines luttes. En autre sur cet embryon d’occupation, sous le feu des projecteurs, et qui, au regard des circonstances, se rendait intouchable.
Les premières semaines virent des hordes de journalistes camper devant la barricade d’accès à la marquise rebaptisée « Maquizad », entraînant un mouvement de solidarité impressionnant, malgré une communication du mouvement encore précaire. De tout.e.s la région les soutiens affluèrent pour nous porter vêtement chauds, nourriture, essence, palette.etc. Alors que les associations de luttes locales hésitaient encore à se mouiller dans cette occupation aux allures très post-apo, nous, occupants, occupantes, avons essaimé sur la forêt pour la défendre par centaines.
A peine 15 jours après l’occupation de la marquise, une épaisse couche de neige s’est abattue sur nos sentiers, nos cabanes et nos maigres K-ways. Certains.e.s occupant.e.s dormaient déjà dans les algécos du site de surveillance des vigiles de P&V, expulsés par un marche nocturne au flambeau. Certain.e.s occupant.e.s dormaient sur des plateformes de palettes à 15 mètre de haut bercé par le lent balancement des chênes et des chataîgners qui nous accueillaient. Pendant que des centaines d’universitaires, glosent, publient et animent des séminaires sur ces mouvement d’occupations, nous étions au cœur de ces luttes. Et aucun mot, ni du lexique de Deleuze, ne de celui de Foucault ne saura décrire ce que c’était.

Cette histoire,
cette histoire nous appartient.

Dans l’ombre de la belle et rayonnante Zad de Notre-Dame-des-Landes, nous existions. Nous n’étions pas beaux, pas belles. Nous n’étions pas de séduisant.e.s paysan.ne.s de carte postale attirant le tourisme sans scrupules des premier.e.s collaptiologues et écologistes décroissants. Les opportunistes de tout crins qui déferlent sur les les lieux de luttes quand ils deviennent un temps soit peu médiatisés, choisirent en grande parti de dénigré ce combat, voir de le boycotter. Car, malgré nos sourires, et la chaleur de nos cafés à la turc, nous n’avions pas les apparats d’une belle lutte rejoignable. Ce qui déferla sur le bois des Avenières cet hiver là ce furent tout.e.s les orphelin.e.s de la lutte de Sivens, choqué.e.s par les méthodes de guerre que la préfecture du Tarn abatti sur elles et eux. Ce furent tout.e.s les acharné.e.s, les désespérés de la terre prêtent à défendre ce monde, non pas pour une belle et grande victoire révolutionnaire, éclatante de lumière, mais comme des animaux blessés défendant leur tanière. Nous n’avions pas besoin d’un énième rapport du Giec pour savoir que tout était foutu. Que la planète est en train de cramer et qu’il n’existe nul perspective éclatante de lumière devant nous. Les nuits au coin du feu, les camions embourbés, les compteurs piratés, les tisanes échangés avec les soutiens, ce sont des souvenirs pleins de chaleurs que je n’oublierai jamais. Les longues randonnées chargées de bois dans la neige, les cours de grimpe improvisés, les réunions chaotiques dans la poussière de la vieille marquise, repeinte à notre goût ; cela n’avait rien d ’épique, ni de spectaculaire, c’était absolument pittoresque et hors de tout contrôle.

Elle est là notre victoire, l’existence de tous ces gestes de révolte, de rencontre, de solidarité pendant cinq longues années, sans que l’hydre étatique vienne réclamer son arpent.

https://cric-grenoble.info/local/cache-vignettes/L500xH302/Roybon_5jpg-e453-cf1a1.jpg?1594305303

Par ce texte je ne veux en rien dénigrer le travail des associations et leurs recours juridiques, ni le travail de publication de certains médias tenaces alors que tout le monde regardait à l’ouest. Je tiens ici à rappeler l’histoire des occupant.e.s qui ont lutté et luttent encore pour cette forêt. Avant que quelques historien.ne.s, révolutionnaires ou non, qui n’y ont jamais mis les pieds nous volent nos récits et notre histoire pour en faire quelque salade ingérable au grand public.

L’abandon du projet n’entérine aujourd’hui aucune victoire, il annonce une nouvelle étape dans la défense de cette forêt. Avant le Center Parc, un projet de décharge avait été étudié pour le bois des Avenières. On peut s’attendre sans trop d’hésitation à ce que Serge Perraud, maire de Roybon et figure de la grande bourgeoisie propriétaire, nous prépare une nouvelle horreur pour raser ces arbres, qui nous ne nous ont jamais fait défauts.

En tant qu’espace vivant non rentabilisé, cette forêt reste en proie à la prédation économique. Restons donc à l’affût des communications de la bête immonde et ses sbirs. Rappelle toi « Souris », rappelle toi « l’Allemagne », rappelle toi « Tropique ». Que ces sourires, ces souvenirs, ces rencontres, occupant.e.s et soutiens, qui nous ont tant marqué nous rappelle à l’engagement que nous prîmes le soir de l’occupation de la Marquise :

« Défendre cette forêt contre leur monde,
ET contre le monde qui va avec ».

Un ancien de la forêt

Repris de cric-grenoble.info

Importante descente policière au Cesaï

Alors qu’on aurait aimé s’attendre à une opération de grande envergure de l’État en faveur des occupants du CÉSAÏ, ce fut une intervention policière de grande ampleur qui nous a été offerte. Une centaine de policiers, CRS, gendarmes, armés de fusils d’assaut et de tout un attirail pare-balle furent mobilisés dès 6h du matin pour une poignée de personnes non armées, suspectées et appréhendées pour stupéfiants.

Une personne solidaire s’est également vue fracturer sa porte et perquisitionnée.

Comment peut-on en arriver là ?

En vérité, c’est la faute des législateurs s’il y a du trafic là où il y a de la misère. Les habitants du CÉSAÏ ont interdiction de travailler, d’avoir de l’argent liquide et d’avoir un compte en banque. Leurs ressources sont au mieux très faibles, au pire inexistantes. Les gens font simplement ce qu’ils peuvent pour se sortir de la galère. Quiconque prétend faire mieux en pareilles conditions se met certainement le doigt dans l’œil.

Le niveau de délinquance et de criminalité qui frappe une société est proportionnel aux inégalités qui la déchirent.

Pendant les 55 jours d’un confinement qui a exacerbé leur précarité, des habitants du CÉSAÏ se sont portés volontaires pour aider les agriculteurs demandeurs, mais cette démarche a également été stoppée par la préfecture.

Malgré les beaux discours, la grande solidarité des autorités s’est limité, au CÉSAÏ, à la présence régulière de l’ONG Médecins du Monde, qui ne peut pas suffire à surmonter toutes les difficultés auxquelles sont confrontées ces personnes.

Comment donc s’étonner de quelques écarts, qui sont finalement minimes face au déploiement totalement disproportionné de ces forces de « sécurité » ?

Interrogeons nous sur ces sommes d’argent public dépensées ! N’aurait-il pas été plus judicieux de les attribuer à la prévention et à l’accompagnement de ces gens incriminés… systématiquement discriminés ?

N’oublions pas que le CÉSAÏ, depuis bientôt 2 ans, et après la maison Cézanne (2016-18), pallie aux carences de l’État en matière d’accueil et d’accompagnement des demandeurs d’asile.

Revus d’actu notamment sur la situation des exilées dans les Hautes Alpes.

MAJ 6 avril:

Victoire ! la justice ordonne à l’État de mettre à l’abri 23 jeunes
Le tribunal administratif de Marseille enjoint au préfet des Hautes-Alpes d’assurer l’hébergement d’urgence des 23 jeunes migrants isolés.
Lire la suite sur lacimade.org


Article de La Cimade:
Gap : malgré le confinement, les solidaires ne lâchent rien pour les droits des mineurs déclarés majeurs.
30 mars 2020
Face à la situation alarmante de 23 mineurs logés dans le squat du Césai à Gap, La Cimade 05 et le Réseau Hospitalité avec une dizaine d’associations ont décidé d’interpeller la préfète pour demander leur mise à l’abri.
Lire la suite sur lacimade.org

Courrier à la Préfète – Réponse préfète 24.3.20.

 


Articles de Human Rights Watch sur la situation à Marseille et Gap

France : Des enfants livrés à eux-mêmes malgré le Covid-19

(Paris) – L’incapacité des autorités de protection de l’enfance des départements français des Bouches-du-Rhône et des Hautes-Alpes à fournir un hébergement et d’autres services essentiels aux enfants migrants non accompagnés à Marseille et Gap, dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, met ces derniers en situation de risque et affaiblit la réponse des autorités à la pandémie, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Malgré les mesures de confinement et de prévention décidées par le gouvernement français, des enfants migrants non accompagnés à Marseille et Gap continuent de vivre dans des conditions précaires et de promiscuité, sans protection sociale, alors qu’ils devraient avoir accès aux services de protection de l’enfance.
Lire la suite sur hrw.org 

 


Communiqué de presse de l’intersyndicale du 20 mars 2020

Violence au refuge solidaire

Dans la nuit post-électorale du dimanche 15 au lundi 16 mars, 3 personnes se sont « invitées » au refuge solidaire de Briançon (lieu d’accueil d’urgence pour les migrant-e-s qui viennent de passer la frontière).
Ces 3 individus – semblant avoir des affinités avec l’extrème droite sont venues vers 02h00 du matin boire des bierres (le refuge est un lieu sans alcool) et y foutre le bordel, puis ont essayé de monter dans les chambres où des personnes dormaient. Un habitant du lieu leur a donc demmandé de partir, ce à quoi ils ont tenté de répondre par une attitude violente et viriliste (ils cherchaient clairement la baston). Ils ont fini par être mis dehors par les habitants après avoir renversé des meubles et cassé la vitre de la porte d’entrée.

Cette visite nocturne de la part d’individus s’apparentant à l’extrême droite s’inscrit dans un certain contexte électoral :
Effectivement, les résultats des municipales de Briançon ont mis en tête (à 37%) la liste de Arnaud Murgia ; liste divers droite aux positions et aux discours clairement xénophobes et du registre de l’extreme droite. Il ont notamment affirmé vouloir fermer « chez Marcel » (lieu d’habitation pour des exilés), sont hostiles à toute politique d’accueil et souhaitent renforcer le dispositif de répression à la frontière, pourtant déjà surdimensionné et violent. Serait-ce pour fêter leur score éléctoral que les fachos s’invitent au refuge ?

Dans tout les cas face aux intimidations racistes et xénophobes restons mobilisés. Que le contexte de l’épidémie et des mesures qui en découlent ne nous fassent pas oublier ce qu’il se passe à la frontière et les luttes politiques en cours.

Communiqué du CESAI suite à la décision du tribunal

Mardi 10 décembre la cour d’appel de Grenoble a rendu son verdict : le CESAI bénéficie d’un délai de sept mois avant l’évacuation des lieux.

Nous nous doutions que le verdict accordé en première instance à Gap nous accordant 30 mois de délai ne serait pas suivi par le tribunal de Grenoble : en effet nous ne nous faisons pas d’illusions sur ce que pourrait accorder la justice bourgeoise en faveur des migrant.e.s.

Cela confirme l’hypocrisie des pouvoirs publics se dédouanant de leurs responsabilités de venir en aide aux éxilé.e.s. tout en criminalisant les personnes qui le font. Outre la pression sur les lieux d’habitation, nous rappelons que de nombreuses personnes ont été poursuivies suite à des actions de solidarité, écopant de prison ferme et/ou de sursis.

Le maire prétend que ce n’est pas de sa compétence de gérer cette situation, allant jusqu’à refuser l’ouverture d’un centre d’accueil proposé par l’État. Depuis plusieurs mois nous assistons au jeu de la patate chaude où mairie et état se renvoient la balle.

Expulser le CESAI ne nous effacera pas du paysage gapençais : bien au contraire nous continuerons à lutter contre les frontières, la précarité et les problèmes de logement.

Que Roger se prépare car 2020 sera une année mouvementée !

Compte rendu du procès du Cesaï à la cour d’appel de Grenoble

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du CESAÏ

Les dés sont lancés

Nous étions une quarantaine du CESAI à avoir fait le déplacement le 28 octobre dernier. Peu importe le temps que nous mettrions à poireauter devant le tribunal, il n’était pas concevable pour nous de ne pas être présent.e .s !!

C’est dans la salle 13 du palais de justice que se jouait l’avenir de plus de 6O habitant.e.s du Centre Social Autogéré de l’Imprimerie.

Ces derniers mois le maire de Gap a redoublé d’énergie afin de nous discréditer et de nous mettre la pression par tout les moyens, alternant recours juridiques, faux rapports de pompiers et communiqué de presse dégueulasse.

En vain. Toute cette agitation n’a fait que renforcer nos liens et notre motivation à nous battre.

Selon les dires des avocats de la ville et de l’EPFR, Roger Didier n’en dormirait plus la nuit.

L’affaire du CESAI l’affecterait tellement qu’il s’en cognerait la tête contre les murs. Serait est ce de la culpabilité ???

Dans la salle, c’était l’usine. Des affaires n’ayant rien à voir les unes avec les autres se succedaient à grande vitesse. Les magistrates n’accordaient que dix minutes à chaque avocat pour plaider. On se demande bien comment c’est possible de se faire une idée réaliste d’une situation un tant soit peu complexe en si peu de temps. Voire même comment rester concentré.e pendant 7h, en écoutant un flot de gens qui se contredisent sur les sujets les plus divers tout en parlant le plus vite possible…

Mais passons.

Il semblerait que la mairie tente de se rabibocher avec l’EPF, car iels les ont rejoint à la barre pour associer leurs plaidoiries sur les points suivants : ils sont rentrés par voie de fait, ils se mettent en danger en se mettant à l’abri et on va leur sauver la vie en les mettant dehors, le carré de l’imprimerie et ses 24 millions, et c’est pas notre responsabilité de loger les gens mais celle de l’état.

Ce dernier point est assez drôle si l’on se rappelle que Roger est passé sur Fr3 et sur Alpes 1 il y a deux ans pour annoncer qu’il s’opposait à la création, à l’initiative de l’état, de 80 places (soit à peu près la population du Césaï) pour mineurs isolés et demandeurs d’asile à Gap alors même qu’à cette époque il était en procédure pour expulser la maison Cézanne !

Délibéré le 10 décembre.

Une chose est sûre : la justice sociale ne s’obtiendra jamais dans un palais de justice…

Quoi qu’il en soit, nous expulser ne nous effacera pas du paysage, nous continuerons à lutter.

Si Roger veut retrouver l’esprit tranquille, il n’a qu’une chose à faire : nous octroyer un lieu légal d’accueil et d’hébergement. Aux normes ERP si ça lui chante.

Nous remercions toutes les personnes, associations, collectifs qui nous ont soutenu et nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous le 10 Décembre à 20h pour une auberge Espagnole ainsi que pour le verdict au CESAI.

 

CESAI COEUR DE VILLE FOR LIFE !!!!

Rejet du référé de la mairie de Gap contre le Cesai

Comme on pouvait s’y attendre, le référé de la mairie de Gap, visant à permettre à des pompiers et à des agents administratifs un peu trop zélés de s’introduire chez nous contre notre volonté afin de trouver des prétextes pour nous expulser au plus vite sous couvert de sécurité a été rejeté.

Après l’audience la greffière est venue nous voir pour nous glisser que « c’est inhumain de vouloir mettre des gens à la rue, sous prétexte de sécurité, pour des projets immobiliers inexistants » ! Ah, si seulement Mme Pigeau, la représentante de la mairie, avait pu l’entendre ! Venant d’une membre du tribunal, au statut social sûrement plus respectable à ses yeux que celui de squatteur, ça lui ferait peut-être un petit choc. La juge a même qualifié « d’inutile », la mesure intentée par la mairie. Voilà qui fera les pieds au seigneur de Gap.

Malgré tout, gardons les yeux ouvert sur ce qu’est le Tribunal Administratif : il s’agit aussi de l’institution qui confirme, chaque semaine, des dizaines de « décisions de transfert » (le terme en langue de bois pour déportation) de nombreuses personnes vers l’Italie ou autre, apparemment sans trouver cela inhumain ou immoral. Il y avait quelque chose de cocasse dans cette situation : par la force des choses, l’EPF PACA, propriétaire de notre maison et jusqu’ici allié de la mairie, s’est retrouvé, en quelque sorte, de notre coté.

En effet, dans sa précipitation, et probablement aveuglé par sa colère, le maire a choisi de faire cavalier seul dans cette manœuvre en nous qualifiant d’ERP. Il oubliait ainsi que la loi stipule que l’exploitation d’un ERP implique l’autorisation du propriétaire et que ce dernier est également responsable de la mise aux normes sous peine de lourdes sanctions. L’EPF a donc fait le déplacement au tribunal pour nous aider à démontrer que notre maison n’est pas un ERP, qu’elle doit être démolie et qu’il est donc doublement inutile de demander une telle mise aux normes. Un grand merci à l’EPF PACA donc, de nous avoir assisté face aux magouilles de Monsieur le Maire, fils de Maire !

Ce cher Roger est décidément un adepte des doubles discours : quand il parle de son projet du carré de l’imprimerie, il explique que la ville mène une politique de requalification (novlangue pour gentrification) du centre-ville, insiste sur son étroite collaboration avec l’EPF et sur le fait que les acquisitions de ce dernier se font au nom et pour le compte de la mairie. Quand on parle de nous c’est un tout autre son de cloche : ce bâtiment appartient à l’EPF et n’a plus rien à voir avec la commune. Il n’hésite pas à laisser entendre que nous fonctionnons avec leur accord, à nous mettre dans le même panier devant la justice, et à écrire des arrêtés municipaux à leur encontre, rejetant sur eux la responsabilité de notre relogement et les menaçant de poursuites pénales !

…Et c’est leur « étroite collaboration » qui doit donner naissance à un projet immobilier après avoir englouti 24 millions de deniers publics ? Cela nous paraît plus que mal parti…

Quelques habitant.e.s du CÉSAÏ

Réponse au communiqué de presse de la ville de Gap

Lettre ouverte à Monsieur le Maire de Gap
et aux riverains du carré de l’imprimerie.

Le 20 juillet 2019

Nous, quelques habitants du Cesaï, squat de la rue de l’imprimerie, tenons à répondre au communiqué de presse de la ville de Gap du 18 juillet 2019.

Monsieur le maire souhaite selon ses propres termes « éradiquer la « zone de non-droit » que constitue le squat ». Sachant qu’on parle en réalité d’êtres humains, le choix du terme « éradiquer » n’est pas anodin. Il fut un temps où des hommes politiques éradiquaient ceux qu’ils considéraient comme de la vermine, cette époque n’était pas glorieuse. Quel avenir prépare-t-on en utilisant un tel vocabulaire fascisant ?
La « zone de non-droit » est en fait un lieu de défense des droits fondamentaux des êtres humains c’est à dire le droit au logement, l’accès à la nourriture, l’accès aux soins et à l’aide juridique, le droit à l’autonomie des individus et le droit au respect. Croyez vous que tout ceci devrait passer après le droit à la propriété privée, alors que ce bâtiment était inutilisé depuis plus de 7 ans ? N’est-ce pas une honte pour le pays des droits de l’homme ?

Monsieur le maire, il y a bien écrit « liberté, égalité, fraternité » sur votre mairie ? Ou bien « tourisme, croissance et carrière » ? Nous n’avons pas besoin de détruire des cinémas pour construire des cinémas. Nous n’avons pas besoin d’expulser des personnes pour loger des personnes. Et nous n’avons pas besoin de 24 millions d’euros publics pour faire tout ça.

La justice ne nous a pas octroyé un délai de 30 mois par erreur, mais bien parce qu’on lui a prouvé notre utilité sociale.

La loi exige que les demandeurs d’asile soient logés. Or ce n’est pas le cas. Pourtant, le plan grand froid prévoit un hébergement d’une centaine de places à la Providence. Pourquoi personne n’y a jamais été orienté ?

Le Cesaï répond à une carence de l’État et de la commune et devrait être félicité plutôt que stigmatisé. Ses habitants existent et ont le droit à un accueil digne. Ils ne disparaîtront pas parce que Mr le Maire a décidé que ce n’était pas de sa compétence. Nous vous rappelons que le maire de Briançon a mis des locaux municipaux à disposition pour accueillir les personnes en exil.

Si Roger Didier se souciait tant de la quiétude des riverains et des touristes, il ferait de même au lieu de demander l’expulsion de plusieurs dizaines de personnes. Cette expulsion ne manquera pas de provoquer un trouble à l’ordre public plus important qu’un simple immeuble habité.

Dans le même communiqué, il est écrit qu’ «à la suite de plusieurs pétitions qu’il a reçu, le maire a organisé une réunion publique » (étrangement nous n’étions pas conviés). Les personnes participantes « ont souligné des problèmes d’incivilités, de nuisances, de comportements agressifs, tous liés à ce squat ». Or, l’unique pétition dont nous avons eu vent avait pour objet des problèmes de voisinage banals, plus loin dans la rue. Des déjections canines non nettoyées, des enfants qui font du bruit en jouant… Aucun rapport avec notre lieu de vie. La réunion était loin de ne parler que du Cesaï, contrairement à ce que le communiqué voudrait faire croire. Les scooters y étaient mentionnés, les personnes alcoolisées rue Jean Eymar, etc. Nous ne sommes pas responsables de tous les problèmes qu’une ville peut rencontrer.

Par ailleurs, la mairie s’est abstenue jusque là de prouver le moindre trouble à l’ordre public et la moindre plainte des riverains alors qu’il lui était loisible de le faire dans le cadre de la procédure d’expulsion au printemps dernier.

Oui nous vivons à plus d’une soixantaine dans cet immeuble ce qui engendre du bruit, surtout l’été. Oui il y a du monde qui traîne dehors pour capter la wi-fi. Oui certains conflits sont apparus et ont été réglés au mieux, vu nos faibles moyens. Oui ces gens existent !

La pauvreté est juste sous vos fenêtres et vous ne pouvez plus l’ignorer.

Les personnes en exil ont interdiction stricte de travailler. Elles sont victimes de ne rien pouvoir faire d’autre qu’attendre leur précieux bout de papier.

Ils et elles souhaitent juste avoir les mêmes droits que vous, la même sécurité après avoir quitté des pays ravagés par la guerre ou la misère. Mais ils ne sont simplement pas nés sur le bon continent…

Le Cesaï est particulièrement attentif au gaspillage de l’argent public et au désarroi des laissés pour compte de cette ville et tente de proposer des moyens de rendre la misère plus supportable.


 

On dirait que Roger est vraiment fâché. C’était écrit en tout petit dans un coin de son communiqué de presse haineux de vendredi dernier et nos avocat.e.s l’on confirmé, la mairie a fait appel du jugement donnant un délai de 30 mois au squat hébergeant les migrants à Gap. Le CÉSAÏ comparaîtra devant la cour d’appel de Grenoble.

C’est dommage, on y croyait presque !

Pour le moment, on n’a pas encore de date mais on nous promet que ça arrivera « rapidement ». À voir ce que ça veut dire…

La suite au prochain épisode !

Le squat de A à Z : nouvelle mouture !

Ceci est le produit d’une écriture collective, par des squatteur-euse-s passé-e-s, présent-e-s et futur-e-s, pour des squatteur-euse-s présent-e-s ou futur-e-s.

Envoyez vos contacts, critiques, idées, infos ou propositions de modifications à a-z [@] squat.net. Cette adresse e-mail peut aussi être utilisée pour poser des questions spécifiques auxquelles ne répondrait pas ce guide, pour faire des demandes de conseils, de documents juridiques, de défense-type… Envoyez-nous vos jurisprudences, récits, bilans d’expériences, notamment ce qui pourrait s’avérer contradictoire avec ce qui est écrit dans ce guide, pour que l’on puisse continuer à l’améliorer en fonction de l’évolution des situations et continuer à diffuser des infos utiles à travers la France. Même si certaines infos sont valables aussi dans d’autres cas, nous ne donnons ici que peu de renseignements sur les occupations de terrain et les réalités des rapports de force plus propres aux gens installés en camion, roulotte, caravane, nomades, etc. car il s’agit d’une réalité que nous connaissons moins. Nous ne voulons pas prendre le risque de dire des bêtises ou de parler en théorie en dehors de situations vécues directement. Cela dit, ça nous intéresse bien de compléter ce guide en ce sens à l’avenir… avec votre aide.

Le squat de A à Z étant régulièrement réédité, demandez-nous la dernière version !

Le squat de A à Z (a-z@@@squat.net), juin 2019

Pour lire en ligne c’est ici

pour télécharger la brochure en pdf c’est ici

et pous plus : https://infokiosques.net

Appel à résister à la frontière Franco-italienne

Besoin de soutien à la Casa Cantoniera Occupata di Oulx

Dans un moment historique où la répression est toujours plus forte et notre capacité d’action de plus en plus limitée, nous sentons la nécessité de nous organiser toujours mieux, en essayant de réfléchir ensemble pour réagir. Des luttes contre les CRA, à celles contre les rafles, contre les déportations et le système de discrimination et de sélection des gens, contre le système de repression et de contrôle étatique et policier qui se reserre autour de nous, la frontière est partout. Croiser des expériences de luttes et des moyens d’action de différentes villes est fondamental.

A la frontière la situation évolue en permanence, mais au fond reste la meme. Les gens continuent à chercher à traverser ces montagnes pour arriver en France et ailleurs en Europe. La répression policière est toujours présente et violente. La journée, les flics aiment bien s’habiller comme des randonneurs pour arreter les migrants de passage, la nuit ils se cachent dans les bosquets, souvent avec des lunettes thermiques et de fortes lampes, pour surprendre les gens qui traversent. Ils sortent des pistolets en menaçant de tirer sur les gens s’ils ne s’arretent pas.
C’est clair que la frontière est un terrain d’entrainement pour les forces de police et militaire françaises et pour tester leurs technologies.
Par ailleurs, l’alliance et la coopéeration entre les polices italiennes et françaises se renforçent, ainsi que la pression sur celleux qui veulent agir contre la folie des frontières.
Face à ça, plein de formes de solidarité et de résistance et lutte ont été mises en place depuis plusieurs années. Des lieux d’accueil et des lieux de lutte ont été ouverts dans le briançonnais et dans la vallée de Susa. Des gens cherchent à casser le système de contrôle et de sélection qu’est la frontière (présence en montagne, manifs, blocages, campings, Passamontagna, etc..)
Parmi ces lieux, la Casa Cantoniera Occupata, maison squattée à Oulx après l’expulsion du refuge autogéré Chez Jésus à Clavières. Occupée en décembre, c’est un lieu antiraciste, antisexiste, antifasciste et où on lutte contre tous les autoritarismes, les Etats et leur frontières et les keufs qui les contrôlent. Oulx, carrefour obligé sur la route vers la France, est à 10 km de la frontière physique. La Casa est un lieu autogéré pour toutes celleux qui veulent s’organiser contre le dispositif frontalier, pour celleux qui veulent le franchir ou le détruire.
Le risque d’expulsion reste arbitraire, mais est de plus en plus présent. La maison est en effet un enjeu politique pour les autorités italiennes. Il existe une surveillance et un fichage quotidien, notamment à la gare d’Oulx, de la part de la police italienne qui contrôle les papiers d’identité des personnes qui passent du temps à la Casa où qui rentrent en contact avec les exillé.e.s.

Nous sommes bientot à la nouvelle saison touristique, et nous savons que les intérêts touristiques (et donc économiques) figurent parmi les priorités de l’ordre public dans la gestion de la frontière. Il n’y aura donc pas d’hésitation à amplifier la répression, à améliorer sa logistique, à faire en sorte que les misères des un.e.s ne s’opposent pas aux privilèges des autres.

Ici, dans la Casa Cantoniera occupée de Oulx, la lutte contre les frontières est constante et continue, mais elle nécessite toujours des forces, des idées et des énergies supplémentaires.
Nous lancons un appel à toutes celleux qui veulent agir avec nous dès maintenant et pour tout l’été.
En ce moment, nous ne sommes pas assez nombreuses et il y a plein de choses à penser et à faire.
A la Casa, ainsi que dans d’autres lieux sur Briançon, il y a toujours la place pour dormir.
Si tu sais quand tu veux venir, c’est cool de nous prévenir.
N’hesite pas à venir en crew, et avec ta voiture : ici elles sont utiles et précieuses.
Comprendre et saisir les enjeux prend du temps: c’est toujours mieux de venir au moins une ou plusieurs semaines.

Malgré toutes ces étincelles, la frontière n’a pas encore brulé. Ramène tes allumettes!

Pour nous écrire: info@passamontagna.info

Contre tous les etats , toutes les frontières et les uniformes qui les protègent.

SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB SKDM ACAB