Entre le contrôle des frontières et la répression…

Texte d’analyse sur la répression des migrants et des personnes solidaire. Article repris depuis  Cévennes sans frontières.

Le récent amendement adopté par l’assemblée nationale concernant l’aide à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger a été présenté par le gouvernement comme un assouplissement et une clarification de ce qui est communément désigné par « délit de solidarité ». Tout en détournant quelque peu l’attention du reste du contenu régressif du projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », et en s’appuyant sur l’incarcération de plusieurs militants dans les Hautes Alpes, le gouvernement entend affirmer sa main mise sur le contrôle de ses frontières et la répression de ses opposants.

Le délit de solidarité ou comment faire taire toute contestation

Dans une déclaration récente, le ministre de l’Intérieur a exposé sa volonté de définir « plus strictement » les critères d’exemptions prévus à l’article 622-4 du Ceseda1 permettant de ne pas donner lieu à des poursuites pénales aux personnes venant en aide aux étrangers en situation irrégulière. Parmi ceux-ci, la modification principale porte sur l’ajout de la notion d’aide à la circulation. Dans la pratique, de nombreux cas de personnes étaient poursuivies pour avoir aidé des exilés en les transportant d’un point à un autre du territoire.

Mais si le gouvernement déclare que les personnes « qui accordent des secours occasionnels » ne seront plus poursuivies, il prévoit également que la distinction avec « toutes celles qui voudraient détourner la volonté de l’État de contrôler les frontières » soit davantage prise en compte. Ainsi, l’exposé des motifs présentant l’amendement, sur lequel un juge pourra se référer lors d’un procès en cas de doute sur la volonté du législateur, affirme clairement cette distinction : « ces actes ne peuvent être mis sur le même plan que ceux visant à faciliter l’entrée irrégulière sur le territoire : l’État a le droit et la responsabilité de contrôler ses frontières, et ne peut tolérer le contournement de ces contrôles, contournement bien souvent motivé par une volonté politique, celle de faire échec à l’action de l’État, plutôt que par le souhait de venir au secours de situations de détresse. »

Une ligne aux contours aussi flous qu’arbitraires, est donc dressée entre les personnes apportant un soutien désintéressé et sans contrepartie, et celles dont la volonté dépasserait les strictes considérations humanitaires. Elle vient d’ailleurs confirmer les récents jugements2 de la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui estime que « n’entrent pas dans les exemptions prévues par la loi les actions militantes qui s’inscrivent moins dans la réponse à une situation de détresse que dans une contestation globale de la loi, contestation qui constitue en elle-même une contrepartie. » La justice décidera donc du caractère politique apporté à l’aide, et le cas échéant, pourra sanctionner les contrevenants.

Ainsi, l’aide consistant à donner des cours de français, proposer un hébergement, fournir des soins médicaux, ou toute forme de soutien destinée à suppléer aux carences de l’état, est donc exonérée de poursuites. Par contre, les solidarités qui remettent en cause le bien fondé du système des contrôles migratoires et affirment le caractère politique des actions entreprises tombent, elles, sous le joug de la répression. En toute logique sécuritaire, il demeure possible d’accompagner la misère engendrée, mais pas de la contester ou de la combattre.

Le délit de solidarité ou l’arbre qui cache la forêt

Les nombreuses actions de soutien mises en place dans le Calaisis, dans la vallée de la Roya ou dans le Briançonnais, et les poursuites judiciaires engagées contre des aidants ont rencontré de larges échos partout sur le territoire. Le caractère inhumain et les difficultés rencontrées par les exilés pour franchir les obstacles qui obstruent leur route font l’objet d’une critique assez unanime, tout du moins parmi les personnes non-hostiles à l’immigration. Accueillir, donner un coup de main ou faire passer un col montagnard à des personnes dans le besoin est pleinement légitime, tout comme assurer une défense collective face à la menace judiciaire qui pèse sur les personnes solidaires. Toutefois, les intimidations grossières portées par les gouvernements européens ne doivent pas ni nous faire perdre de vue le caractère fondamentalement répressif des frontières, ni le fait que les exilés sont les premières personnes à en payer les frais.

Très largement, la répression est le quotidien de toutes les personnes bloquées par le système de contrôle des frontières, et elle s’exerce sous diverses formes : refoulements illégaux, violences policières, enfermements, humiliations et harcèlements, complicité avec les milices fascistes, assimilation de la migration à des réseaux mafieux ou à la menace terroriste… De nombreux exemples attestent que ces cas ne sont ni isolés, ni le fait du hasard. Le 6 février 2014, plus de 15 exilés tentant de pénétrer à la nage dans l’enclave espagnole de Ceuta ont été attaquées par la garde civile et ont perdu la vie, noyés dans les eaux de la méditerranée. Le 16 septembre 2015, Ahmed H. piégé comme de nombreux réfugiés à la frontière serbo-hongroise lors de la fermeture de la route des Balkans fut a été arrêté puis condamné à 10 ans de réclusion pour avoir soi-disant mis en péril la sécurité de l’état hongrois. Le 18 juillet 2017, suite à une protestation pacifique contre les conditions de vie dans le camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, 35 exilés furent arrêtés arbitrairement et demeurent à ce jour emprisonnés, leurs procès se déroulant actuellement. La récente incarcération de trois personnes et le passage à tabac d’un militant par les forces de l’ordre, suite à une manifestation où plusieurs centaines de personnes solidaires et exilées ont franchi côte à côte la frontière franco-italienne dans le Briançonnais, montre clairement que toute opposition de nature à remettre en cause les entraves à la liberté de circulation sera réprimée.

N’oublions pas que la frontière est un instrument créé artificiellement pour renforcer le pouvoir des états, et un obstacle à la reconnaissance à un droit aujourd’hui fondamental : celui du droit à la mobilité. Se soustraire à ce constat, tant en paroles qu’en actes, ne peut conduire que vers une critique apolitique des réels enjeux qui se posent, ne questionnant ni les fondements sur lesquels se basent la fermeture des frontières, ni leurs objectifs. Les frontières sont l’un des piliers de la construction et du développement de l’Union européenne et de ses états membres. S’attaquer à leur bien fondé, et par conséquent à l’ordre et au contrôle desquels elles ne peuvent être dissociées, ne peut faire abstraction d’une remise en cause bien plus globale des libertés et des droits de chacun, d’un côté comme de l’autre de la frontière.

1 Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

2 L’agriculteur Cédric Herrou a ainsi été condamné en appel à Aix-en-Provence le 8 août 2017 à quatre mois de prison avec sursis. L’avocat général avait estimé qu’il ne pouvait bénéficier des exemptions prévues par l’article L622-4 du Ceseda, car « lorsque l’aide s’inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n’entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie » à l’aide. Un enseignant-chercheur, Pierre-Alain Mannoni, a, lui aussi, été condamné à deux mois de prison avec sursis sur les mêmes fondements par la même juridiction, qui estimait que ce dernier s’inscrivait dans « une démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles ».

Communiqué de plusieurs syndicats du 05

Voici le communiqué commun de plusieurs syndicats du 05
concernant la situation répressive actuelle autour de la frontière,
des exilé-e-s et des personnes solidaires criminalisées au contraire
des néo-faschistes. C’est pas mal, mais CE SERAIT ENCORE MIEUX DE
POINTER PLUS PARTICULIEREMENT LA SITUATION DES 3 CAMARADES EN PRISON ET
DE DEMANDER LEUR LIBERATION IMMEDIATE PLUS FERMEMENT !!! Espérons que
le ton se durcira du côté des syndicats aussi, car la gravité de la
situation l’exige vraiment !!!

 

Grèce : A Lesbos 35 réfugié-e-s blessé-e-s lors d’une violente attaque par un groupe d’extrême droite

Toutes proportions gardées entre les 2 évènements (quoique tous les fachos sont dangereux, quellles que soient les circonstances et les rapports de force !), on ne peut que souligner le parallèle extrèmement troublant entre les comportements respectifs des polices grecques et française envers les fachos de tout poils qui attaquent les exilé-e-s, que ce soit dans le Briançonnais (voir les différents articles sur ce sujet dans la rubrique Infos Locales) ou sur l’île de Lesbos (article ci-dessous)! Et à l’inverse la furieuse répression contre les personnes solidaires des exilé-e-s !
On voit bien dans quel camp se situe la police de tous les pays : FACHOS, FLICS, HORS DE NOS VIES !!
L’article ci-dessous est tiré du site ami et antifachiste La Horde : http://lahorde.samizdat.net/2018/04/24/grece-a-lesbos-35-refugie-e-s-blesse-e-s-lors-dune-violente-attaque-par-un-groupe-dextreme-droite/

 

 

Dans la nuit du 22 au 23 avril des réfugié-e-s ont été attaqué-e-s par des militants d’extrême droite à Lesbos en Grèce, nous vous proposons la traduction d’un article paru dans la presse grec qui explique la situation dans cette ile :

La nuit de la honte à la place Sappho de Mytilène, à Lesbos.

Pendant toute la nuit du dimanche au lundi un groupe d’extrême droite avait attaqué des réfugié-e-s, femmes et enfants compris, principalement des afghan-ne-s qui occupaient la place Sappho pour protester contre la lenteur des procédures administratives et contre leur confinement prolongé sur l’île.

Un groupe d’extrême droite composé principalement des membres du Mouvement Patriotique de Lesbos et de l’Aube Dorée (néonazis grecs), avait attaqué les familles de réfugié-e-s, femmes et enfants de bas âge compris, en leur lançant des fusées de détresse, des pétards, des pierres et des pavés. En hurlant « Brulez-les vifs », “, “Jetez-les à la mer”, “Ils veulent islamiser le pays”, le groupe déchaîné balançait même contre les réfugié-e-s des bancs arrachés de la place. Les réfugié-e-s avaient formés un groupe compact, en encerclant d’une triple chaîne humaine les femmes et les enfants qu’ils essayaient de protéger des pierres et des fusées, par des bâches improvisées.

Plusieurs solidaires sont accourus sur place pour leur porter secours. La violence des attaques était telle, que, selon le témoignage d’un témoin oculaire, même les secouristes n’osaient pas s’approcher pour évacuer les blessés, car ils étaient pris à partie par les attaquants, de sorte que c’était les solidaires qui transportaient les blessés sur des brancards improvisés vers les ambulances. (Voir les images et les vidéos dans l’article en anglais ci-dessous).

Selon le reportage du quotidien grec Journal des Rédacteurs <http://www.efsyn.gr/arthro/astynomiki-epiheirisi-meta-ta-epeisodia-akrodexion> (Efimerida tôn Syntaktôn) la police s’est interposé, mais sans procéder à l’interpellation et l’arrestation du groupe d’extrême droite et sans faire le nécessaire pour dissoudre à temps leur rassemblement. Les agents de police auraient eu comme consigne d’encercler les réfugié-e-s sans pour autant arrêter les attaquants.

Après des heures de heurt, le groupe d’extrême droite s’en pris à n’importe quel réfugié qu’ il croisait dans d’autres quartiers en ville.

Bilan incertain, selon le Journal des Rédacteurs, probablement quelques 35 blessé-e-s dont certain-ne-s graves, parmi les réfugié-e-s.

Tôt le matin, vers 5 heures 30 la police a évacué la place obligeant les réfugié-e-s à monter dans des cars qui les ont conduits au camp de Moria. Ceux d’entre eux-elles qui ont refusé de retourner au hot-spot (lieu où est identifié, enregistré et pris les empreintes digitales des migrant-e-s arrivant) de Moria, ont été arrêté-e-s : il s’agirait de 120 réfugié-e-s et de deux ressortissants grecs, faisant probablement partie du groupe de solidaires qui ont accouru sur place pour assister les réfugié-e-s.

La place Sappho est vide, les réfugié-e-s sont rentré-e-s au hot-spot ou pire en prison, le groupe d’extrême droite continue à nuire en toute impunité. L’Europe est sauve….

Mey

Trois potes en prison

TROIS POTES EN PRISON

Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière a une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire , et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après midi, 6 personnes ont été interpellées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violemment tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue: « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de crs devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire absurde sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de gap et la marche de dimanche sont deux événements distinct, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes nous pas 600 en prison???? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité. N’étant pas sûr de lui, le proc requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judiciaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en france en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. A gap pour les copains (le proc aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive est c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc parler des individus de génération identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en méditerranéenne, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne,qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’état choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et état veulent prendre ces 3 personnes en exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tous délinquants solidaires! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques!

Face à une décision si politique, la réponse doit être massive, politique et médiatique.
Nos camarades sont en prisons. Pour certain-es, venu-es pour la première fois dans le briançonnais et sans savoir exactement dans quoi ils-elles mettaient les pieds. Ils-elles risquent des mois et des mois de prison encore, suite au jugement. D’autres arrestations, incarcérations, sont à prévoir! Faisons pression sur le gouvernement pour qu’il comprenne qu’on ne laisse rien passer!

RDV

jeudi midi au parc de la Schappe à briancon

et vendredi à 18h devant la maison d’arrêt de gap, place grenette.
Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades prisonnier-es!

Nous n’oublions pas non plus le passage à tabac dimanche dernier d’un de nos camarade par les flics.

Plus que jamais continuons la lutte collective en acte !

Ni oubli ni pardon

EN TRAVERSANT LA FRONTIERE… – MANIFESTATION CONTRE LES FRONTIERES

EN TRAVERSANT LA FRONTIERE… – MANIFESTATION CONTRE LES FRONTIERES

Hier, dimanche 22 avril, 300 personnes sont parties depuis Clavière, pour traverser la frontière. Après une matinée de discussions et de rencontres sur le thème « Alpes, frontières et résistances » et un repas partagé devant le Refuge Autogeré Chez Jésus, nous nous sommes organisé·es, exilé·es et solidaires, contre toutes les frontières.

Nous avons marché ensemble et uni·es, et nous avons bloqué la route qui va de Clavière jusqu’à Briançon. Ceci pour donner un signal clair aux fascistes et à la police, et en réponse à la militarisation qui s’est accrue et a complètement bloqué la frontière ces derniers jours. Il s’agissait bien d’une chasse à l’homme, nocturne et diurne. La traversée de la frontière était aussi une réponse à la manifestation des néo-fascistes de Génération identitaire au col de l’Échelle. Si les militaires et les fascistes veulent bloquer les frontières, alors nous continuerons à lutter afin que celles-ci soient abattues.

La semaine passée, avec la fin de la saison touristique, la frontière italo-française de Montgenèvre a changé de visage : elle a perdu son image de « village de ski » pour devenir le lieu de villégiature de dizaines de militaires, qui sont venus s’entrainer à la guerre en chassant les exilé·es. Et c’est bien d’une chasse qu’il s’agit : des patrouilles de nuits de dix, vingt soldats en armes surveillent les sentiers qui traversent la frontière, équipés de torches et de motos-neige. Ils sont à la recherche de celleux qui, determiné·es à continuer leur vie en dehors de l’Italie, tentent chaque jour de traverser cette frontière, perméable seulement pour celleux qui détiennent le privilège du lieu de naissance ou de la richesse.

En conséquence, les nuits passées ont été le théâtre de véritables guet-apens des militaires et des gendarmes dans les bois. Les refoulements en masse ont bloqué des dizaines de personnes au refuge autogéré Chez Jésus, sans possibilité de passage.

Ceci, ainsi que la présence néo-fasciste au col de l’Échelle, nous a poussé à choisir de rompre, en nombre et à la lumière du jour ce dispositif frontière qui tente de rendre la traversée impossible à celleux qui ne sont pas les bienvenu·es. Afin que toutes et tous voient et entendent, contre l’utilisation politique et économique des flux migratoires et contre tout le dispositif qui se met en place pour leur « gestion ».

Dimanche, nous avons marché pendant 19 kilomètres sur le sentier et sur la route, déjouant les tentatives d’interruption du cortège de la police française, déterminé·es que nous étions à atteindre l’objectif de cette marche.

Nous sommes arrivé·es à Briançon pendant l’après-midi. Nous sommes entré·es dans la ville à 300, en chantant des chansons et slogans contre les frontières, les fascistes et les contrôles de police. Pour une fois, personne n’a été obligé de se cacher dans la nuit et la neige, personne n’a marché pendant des kilomètres pour être repoussé par la police au point de départ. Un jeu de l’oie qui tue.
L’arrivée à Briançon a été la conclusion d’une belle journée de lutte.  Nous sommes arrivé·es au centre de Briançon et les festivités ont commencé. C’est justement à ce moment là que la police a commencé sa chasse à l’homme : peu après nous avons su que dix manifestant·es avaient été arreté·es en petits groupes, à l’écart du rassemblement. Ils ont été bloqué·es sur le trottoir, aligné·es, menotté·es et emmené·es. Les gendarmes ont encore essayé d’arrêter un autre camarade après l’avoir jeté à terre et tabassé. Seule la solidarité en actes des manifestant·es a permis d’éviter son arrestation.

Quatre personnes ont été libérées dimanche soir, trois autres dans la nuit de lundi à mardi. Tous les autres sont encore en état d’arrestation.
La frontière est faite d’uniformes, de bâtons et de dispositifs de division. C’est à nous de trouver les mécanismes de l’engrenage pour ensuite, le détruire

Nous voulons la libération immédiate de tout·e·s les camarades arreté·es.
La frontière est seulement une ligne imaginaire. Si nous nous organisons ensemble pour la combattre, nous réussirons à la faire disparaitre, et nous l’avons démontré hier.

LIBERTE POUR TOUT·E·S LES CAMARADES ARRÊTÉ·ES !

Déroulé d’un gai week-end de mobilisation à la frontière


DÉROULÉ D’UN GAI WEEK-END DE MOBILISATIONS A LA FRONTIÈRE

Contexte : Toute la semaine, la re-militarisation de la frontière a
été entamée : sur jeudi, vendredi, samedi, seules 2 personnes ont
réussi à passer. Le dispositif de contrôle a été renforcé par au
moins 20 militaires (chasseurs alpins en entraînement) présents sur la
route pendant la nuit, et 3 motoneiges.

Samedi, à partir de 9h du matin _UNE CENTAINE DE GÉNÉRATIONS
IDENTITAIRES_ (français mais aussi italiens, venus de plusieurs pays
d’Europe) _SONT MONTÉS AU COL DE L’ECHELLE_ en raquettes. Le but,
indiqué dans les médias, était de faire une action symbolique massive
pour « attirer l’attention » sur la frontière franco-italienne et
de « bloquer la frontière » pour dissuader les migrant-es de passer.

Les observations des militant·es sur le terrain portent plutôt les
effectifs à 80-90 que plus d’une centaine. Ils étaient accompagnés
de 2 hélicoptères, qui ont survolé Briançon le dimanche matin, et
suivis par des drones, _PREUVE QU’ILS ONT DES FINANCEMENTS
IMPORTANTS_.

Samedi après-midi, lors du carnaval à Gap, une annonce de la situation
à la frontière a été faite ainsi qu’un appel à protéger les
lieux. Pendant la nuit, ainsi, 10 à 20 personnes ont pu être
présent·es sur chaque lieu. (voir article du carnaval ICI)

Les Générations Identitaires ont dormi à l’hôtel à Chantemerle.
Des militant·es ont fait des rondes toute la nuit pour observer leurs
mouvements, ils ont été mobiles mais rien de particulier n’a été
remarqué. Il est néanmoins important de signaler qu’_UNE SEULE
VOITURE DE GENDARME ÉTAIT PRÉSENTE AU COL DE L’ECHELLE PENDANT TOUTE
LA SOIRÉE/NUIT DE SAMEDI, __CE QUI CONTRASTE IRONIQUEMENT AVEC LA FORCE
DU DISPOSITIF POLICIER UTILISÉ POUR BLOQUER LES ENTRÉES DES CAMARADES
EXILÉ-ES._

Samedi soir différents projets pour contrer l’action des
Identitaires ont été discutés, dont l’idée d’un passage en
groupe de la frontière, débattu à Clavière avec les quarante
exilé-es qui y dormaient.

Dimanche : Ce 22 avril une mobilisation était prévue par les
différents collectifs italiens à Clavière, des cycles de débats et
de discussions sur l’histoire de la frontière.

De nombreuses personnes sont donc montées à cette occasion et il a
été possible de mettre rapidement en place une action commune. La
décision de former un cortège pour accompagner les camarades exilé-es
jusqu’à Briançon a été adoptée collectivement et ainsi, _DIMANCHE
MIDI UNE GROUPE DE PLUS DE 150 PERSONNES EXILÉES ET SOLIDAIRES EST
PARTI À PIED DE CLAVIÈRE__. __LES MANIFESTANT·ES ÉTAIENT __170 EN
HAUT DE __MONTGENÈVRE QUAND ILLES ONT REJOINT LA ROUTE PRINCIPALE._

Suite à un problème de communication, une camarade grenobloise est
passée en voiture, avant le cortège, transportant trois exilés. La
voiture été arrêtée en haut de Briançon. Les trois personnes
qu’elle transportait ont été, selon la police, descendues à Gap
avec les mineurs. _LA CAMARADE A ÉTÉ MISE EN GARDE À VUE À LA POLICE
NATIONALE ET RELÂCHÉE 8H PLUS TARD. ELLE TÉMOIGNE D’HUMILIATIONS
VÉCUES PENDANT SA GARDE-À-VUE._

Pendant ce temps, un barrage de police attendait le cortège à la
sortie du tunnel de Montgenèvre, mais les forces de l’ordre étaient
clairement en sous-effectifs (moins d’une cinquantaine, avec deux
lignes de quelques dizaines de policiers formant un barrage corporel).
Sans doute alarmés par les slogans des manifestant·es qui résonnaient
joyeusement et avec force dans le tunnel, les policiers ont manifesté
des signes de peur en voyant arriver le cortège, notamment en reculant.
Ils n’ont fait usage d’aucun moyen de dispersion, aucune sommation
de dispersion n’a même été émise, aucun tir de gaz n’a été
fait. Le terrain fait qu’ils ne pouvaient pas arrêter l’ensemble
des manifestant·es et les camarades exilé·es ont pu contourner le
barrage sans difficulté.

Le cortège a continué sa longue marche sous le soleil, le long de la
route, pendant les 19 kilomètres qui séparent Clavière de Briançon.
L’hélicoptère du PGHM survolait la scène de très près, sans doute
pour filmer ou compter les personnes rassemblées, et la police suivait
le cortège sans essayer de bloquer la route. Une voiture
d’Identitaires inconscients a traversé le cortège en filmant la
scène, ce qui a conduit à l’égratinure d’un de leurs véhicules.

Pendant ce temps, tout au long de l’après-midi, des renforts de
gendarmerie sont montés depuis la vallée à grand cris de sirènes.
Démunis, ils se sont postés au Champ de Mars et devant certains
endroits de Briançon, plutôt dans l’optique de les protéger des
lieux importants (poste, gendarmerie, gare) que d’attaquer le
cortège, qu’ils ont laissé passer.

A l’arrivée, le cortège est passée par la ville de Briançon pour
augmenter sa visibilité, les manifestant·es galvanisées par la for ce
collective qui leur avait permis de passer sereinement la frontière.
Des visages sympathiques et des soutiens ont été manifestés par des
passants au long de la route et ainsi, _EN ARRIVANT AU REFUGE SOLIDAIRE,
LE CONVOI AVAIT AUGMENTÉ JUSQU’À ÊTRE COMPOSÉ DE 250 PERSONNES.__
_

Le cortège est arrivé 17h30-18h dans l’effervescence et la joie et
les camarades exilé·es ont pu être mis·es à l’abri au Refuge.
Tout le monde est resté rassemblé sur le parking de la MJC, pour
délibérer, discuter, se reposer de la marche.

Vers 18h30 la décision a été prise de se rendre à la police
nationale pour demander la libération de nos camarades arrêté-es plus
tôt dans l’après-midi. Dans ce mouvement, deux ou trois militant·es
italien·nes ont été arrêtéfes alors que le cortège passait devant
la gendarmerie. A_CTUELLEMENT __PERSONNE N’A DE LEURS NOUVELLES__.
ILLES SONT SANS DOUTE ENCORE EN GARDE-À-VUE._ (Voir des nouvelles ICI)

Une fois arrivé à la police nationale, dans l’incertitude de savoir
si les camarades étaient détenu·es dans ces locaux, le cortège est
retourné devant le Refuge Solidaire.

Vers 19h – Un militant briançonnais a été interpellé alors qu’il
buvait tranquillement une bière à la gare. Les gendarmes ont
contrôlé son identité sans raison. _ILS SE SONT JETÉS À 6 SUR LUI, POUR LE METTRE AU SOL, IL
A ÉTÉ MENOTTÉ. ALORS QU’IL SE DÉBATTAIT IL A REÇU DES COUPS DE
GENOUX DANS LE DOS, DES COUPS DE PIED SUR LA TÊTE. _Pour les
militant·es briançonnais·es, il s’agit d’une tentative de
_VENGEANCE PAR INTERPELLATION_, ciblée contre un individu connu par les
autorités locales et qui relève d’un odieux règlement de compte
couvert par la force de l’État.

Alors que tout le monde se trouvait devant le Refuge Solidaire, un
groupe est allé à son secours. Ces militant·es ont été violemment
gazé·es au poivre ; illes ont réussi à extraire le camarade des
coups des gendarmes et à s’abriter au Refuge solidaire, les visages
brûlés par les gaz._ __LE CAMARADE, DÉFIGURÉ, AURAIT DÛ SE RENDRE
IMMÉDIATEMENT À L’HÔPITAL, MAIS IL A PRÉFÉRÉ RESTER CACHÉ
PENDANT LA NUIT PAR PEUR D’ÊTRE ARRÊTÉ. LA POLICE DÉTIENT SES
PAPIERS ET SON TÉLÉPHONE._ (Voir le récit ICI)

Pendant ce temps, un groupe de gens (une petite dizaine) identifiés
comme des militants d’extrême droite regardaient la scène, debout
sur le trottoir de la gare, aux côtés des policiers.

20h00 – Une dame du Refuge Solidaire a fait une annonce : La police
aurait prévenu une voisine qu’un groupe de gens armés de cocktails
Molotov étaient amassés au coin de la rue, prêts à attaquer d’ici
quelques minutes. Elle voulait demander à la police d’intervenir pour
protéger le Refuge, mais la police aurait refusé d’agir
(s’agissait-il d’une supposition de sa part ou d’une vraie
déclaration de la police?) tandis que les « antifascites » étaient
présents sur les lieux.

Dans la précipitation et face au risque d’une mise en danger du
Refuge, un groupe est parti protéger le squat de Briançon et les
camarades italien·nes ont organisé un départ expéditif en convoi de
voitures, par l’arrière du Refuge.

Le soir :

*

Une soixantaine de personnes sont remontées à Clavière pour tenir le
lieu ; une veille a été assurée à l’autre lieu de Briançon. Dans
ces deux lieux, rien à signaler.
*

Pendant ce temps, seul·es trois bénévoles sont resté·es au Refuge
toute la nuit pour s’assurer de la sécurité des sans-papiers sur le
lieu. Les rondes des voitures de gendarmerie montraient que la police
jetait un œil régulier mais elle n’était pas présente devant le
Refuge pour protéger ses habitant·es.

Dimanche après-midi, dans la presse, les membres de Génération
Identitaire ont annoncé qu’ils s’en allaient mais qu’un groupe
resterait toute la semaine dans le Briançonnais pour patrouiller sur «
les différentes routes qu’utilisent les migrant·es pour venir en
France ». Satisfaits de la « phase 1 » de leur « mission »,_ ILS
ANNONCENT UNE « PHASE 2 » À VENIR DONT ON N’A AUCUNE IDÉE DE CE À
QUOI ELLE RESSEMBLERA._

Le soir, notre ami Collomb a annoncé dans un communiqué qu’il
_ »condamne avec la plus grande fermeté l’ensemble des provocations,
gesticulations et incidents qui ont marqué ce week-end dans les
Hautes-Alpes et dont des groupes d’activistes d’ultra droite et d’ultra
gauche sont respectivement à l’origine »_. Il _« rappelle la volonté
de l’Etat de combattre ceux qui souhaitent faire échec aux
__contrôles__ des frontières comme ceux qui prétendent se substituer
aux forces de l’ordre ds ces missions »._

_IL__ __PROFITE DONC DE CETTE OCCASION POUR _nous faire la faveur de
_DÉCRÉTER IMMÉDIATEMENT LE RENFORCEMENT INTENSIF DES CONTRÔLES À LA
FRONTIÈRE, AVEC DES ARRIVÉES MASSIVES DE TOUTE LA RÉGION._

Ce lundi matin, partout dans Briançon, la gendarmerie mobile et des CRS
patrouillaient, ce qui empêche les exilé·es vivant à Briançon de se
déplacer en sécurité dans la ville. Un barrage a été installé à
la Vachette.

Des dizaines d’autres cars de CRS ont été vus en train de monter
depuis la vallée. On peut aller jusqu’à estimer le nombre de
policiers et gendarmes actuellement présents à 200.

_LA SITUATION EST CRITIQUE. LA PLUPART DES SOUTIENS MILITANT·ES
EXTÉRIEURS, DONT LA PRÉSENCE A ÉTÉ INDISPENSABLE POUR RÉALISER UNE
FORTE ACTION DE SOLIDARITÉ CE WEEK-END, VONT PARTIR DANS LES JOURS QUI
VIENNENT. _

_BESOIN DE SOUTIENS POUR FAIRE DES PIEDS-DE-NEZ AUX MILITAIRES ET
PIÉTINER À NOUVEAU, TOU·TE·S ENSEMBLE, CETTE FRONTIÈRE !_

_Des copines de Briançon_

Suite à la marche de dimanche, une personne prise pour cible par la police à Briancon

Ci dessous  le détail des faits qui se sont produits dimanche soir à briançon

2 policiers blessés ? Une farce …

Un dimanche 22 avril ,19 h30 , à Briançon

Nous étions cinq personnes attablées à la terrasse de l’Hôtel de la Gare à Briançon. Nous avions quitté le refuge solidaire ou venait de se terminer la marche de Clavière à Briançon avec des exilés coincés là haut depuis 4 jours .

Nous sirotions tranquillement un verre lorsque deux véhicules banalisés se sont garés à proximité .Entre 5 et 6 policiers , certains en civil , sont descendus et se sont dirigés vers nous d’un pas déterminé

Ils sont montés sur la terrasse par les deux escaliers y donnant accès , nous encerclant .

Nous étions assis .Le plus gradé d’entre eux nous a stipulé un contrôle d’identité.Surpris , nous avons demandé quel en était le motif .Il a répété que nous devions lui présenter nos papiers .

Nous avons obtempérer , sauf deux d’entre nous qui ne les avaient pas sur eux mais dans leur voiture garées tout près .Les policiers ont ensuite pris des photos des papiers d’identité et ont demandé à l’un d’entre nous de les suivre .Ce dernier leur a demandé pour quelle raison puisqu’il venait de contrôler son identité

Un des policiers , qui commençait à rougir lui a répondu « on va pas te le répéter deux fois »

Notre ami a donc sorti son téléphone pour prévenir son avocat qui suit les mouvements de solidarité avec les exilés et … c’est à ce moment là que les policiers lui sont tombé dessus , arrachant son téléphone, le projetant au sol , lui sautant dessus

Face contre terre , coups de matraque , clef de bras , coup de genoux , pouces enfoncés dans les yeux, étranglement …pendant plusieurs minutes une violence extrême s’est abattue sur notre compagnon

il hurlait de douleur , nous étions abasourdis

une telle violence pour un simple contrôle d’identité …

Un policier resté en retrait leur a même demandé d’y aller moins fort

Notre ami fut ensuite traîné par les pieds dans les escaliers toujours face contre terre et jeté sur le goudron deux mètres plus loin

Alerté par les cris , des gens autour sont arrivés en courant et ont récupéré notre compagnon en train de se faire lyncher

Les policiers ont gazé tout le monde , y compris notre ami gisant au sol .

Il fut finalement porté à bout de bras , le visage tuméfié , en sang, la mâchoire gonflée , respirant difficilement et aveuglé par les gaz lacrymogènes

Souffrant de multiples contusions , d’un énorme hématome à la mâchoire , d’une entorse aux cervicales, et de douleur au niveau de la trachée , il est parti aux urgences

 

10 jours d’ITT

Vous avez la monnaie monsieur l’agent ?

Un petit récit du carnaval à Gap

Nous fûmes aux alentours de 300 à nous retrouver samedi 21 pour un carnaval contre la frontière, mais pas que !

Des chars, des déguisements, des artifices, des confettis, de la musique, des chansons et plein de couleurs!

Le trajet est passé par la gare, car les transports sont une frontière, un lieu de contrôle où qui n’a pas de tickets, d’argent ou les bons papiers, est débarqué, mis à l’amende, ou dénoncé à la flicaille!

Heureusement que quelques cheminot-e-s ferment parfois les yeux quand des personnes solidaires se manifestent, mais il serait bon, en ces temps de luttes d’entendre un positionnement clair de la part des cheminot-e-s sur la collaboration de la SNCF à l’expulsion et à l’enfermement des exilé-e-s. À bon entendeur !

Le carnaval a ensuite continué son bout de chemin, vers le centre-ville, passant non loin de l’hôtel Le Globe, qui se fait beaucoup de frics légalement, bien-sûr, sur l’hébergement de personnes en exil, bien plus que la plupart des-dits « passeurs » qui eux, prolétaires de la frontière prennent de la prison ferme pour une poignée de dollars !

La cortège bariolé continua ensuite vers « la paroisse » à côté du dépôt de bus, lieu qui servit d’hébergement quelques temps.

 

Le monstrueux défilé avança jusqu’à la prison et là, horreur ! Un maton sauta sur nos monstres carnavalesques qui écrivaient de courtes phrases en couleurs sur les murs de la cour de promenade.

Ce pauvre héro fut repoussé comme il se doit et se retrouva avec de la peinture sur le front, sûrement une oie sauvage qui passait par là et qui pondit un œuf. Quelques condés aux alentours sortir de leur automobile gazeuse à la main, mais n’osèrent pas trop s’aventurer parmi les gueuses et les gueux en folies !

Puis, nous nous arrêtâmes un moment devant l’APASE où une déclamation eut lieu afin de dénoncer les honteuses manières du 115, de rappeler qu’une visite de courtoisie avait déjà eu lieu, et qu’à moment donné, la prochaine sera un peu plus vinaigre ! Leur évidente collaboration avec la Préfecture sous couvert d’humanitaire n’a que trop durer mes ami-e-s ! Comme dirait Deligny : « éducateurs, qui êtes-vous? », des flics ? Des collabos ? Ou alors quoi ?

On continua, un peu vers l’hôpital d’où l’on pouvait voir la Maison Cézanne occupée depuis deux ans et expulsable cet été (cette information est de la plus haute importance !).

Puis la bruyante nuée passa à côté de la préfecture avant de faire le procès carnavalesque sur la place coincée entre le conseil général, la préfecture, la cathédral et le tribunal. Il ne manque qu’un trou noir, pour aspirer tout ça ! Que se désintègre leur pouvoir !

 

Alors on a essayé !

Tout d’abord, une banderole c’est déroulée comme par magie sur la pref’ « PAF LA PREF! » était inscrit dessus. À quel jolie pied de nez ! Puis, le procès de la Justice a eu lieu, avec témoignages, avocat-e-s, speakerine et greffier, avant de foutre le feu à tout ça ! Un bien beau feu de l’enfer, sur leur place proprette !

Pendant ce temps là, des enfants sauvages redécoraient l’entrée du conseil général !

Un fantastique carnaval printanier qui n’épargna pas les banques et les agences immobilières de ses couleurs et de sa prose en chemin, les murs trop pâles ne furent pas non plus épargnés !

Vive la fête véritable ! Les postes frontières en feu, la justice, la police et les fachos au milieu !

 

L’aventure continue avec rage et joie !

Bientôt, nous espérons pouvoir publier des nouvelles de Briançon/Col de l’Echelle/Montgenèvre et des ami-e-s là-bas. Comme toujours, les politiciens font de la politique (et du fric !) et font croire que c’est celles et ceux qui sont à coeur, esprit et corps ouverts dans la solidarité qui en font, les fascistes répandent leur merde stérile et mortifère, l’État leur obéi en envoyant plus de flics et de militaires.

Les frontières ce n’est pas une idée, un discours à l’assemblée, dans un conseil municipal, en se dissociant du haut de son bureau, nous nous ne faisons pas de politique, nous l’honnissons car les frontières c’est à notre vie qu’elles nuisent !

 

 

 

Carnaval à Gap le 21 avril !

CARNAVAL À GAP,

LE 21 AVRIL 2018 À 14H

DEPUIS LE PARC DE LA PÉPINIÈRE

Un carnaval à Gap contre la frontière, contre son idée-même, parce
qu’elle ne s’arrête pas au poste, au franchissement du col. La
frontière s’étend jusque dans le quotidien, dans l’intime.Un carnaval
issu de la nécessité de se rassembler pour raconter, pour rendre
visible les histoires présentes d’exil, de passage, de solidarité et
de lutte.
Continuer la lecture

L’occupation continue sur l’esplanade de la paix à Gap!

L’occupation continue en solidarité avec la Zad et tous les lieux occupés sur l’esplanade de la paix à Gap, près de la liseuse (à côté du commissariat).
Rendez-vous ce soir mercredi 18 avril à partir de 18h pour discuter et à 19h une cantine de rue aura lieu.
Vous pouvez bien entendu ramenez à boire et à manger!
Et passer aussi quand vous voulez!

Demain, après la manifestation au départ de l’inspection académique à 10h00, retrouvons-nous à l’occupation (esplanade de la paix) pour un repas partagé, pour discuter des suites.

Et samedi c’est Carnaval à partir de 14h depuis le parc de la pépinière à Gap!

Faites tourner l’info!!!!!!!

Conférence-débat : Alpi, frontiere, resistenza (Alpes, frontière, résistance)

Dimanche 22 avril, au refuge autogéré de Clavières Chez Jésus, sous l’église, a lieu une initiative de discussions sur le thème de la frontière et de la résistance dans les Alpes et leur rôle dans le passé pour mieux comprendre le présent.

À 10.30: Daniele Pepino, sur le thème L’État-nation et l’imposition de la frontière dans les Alpes occidentales.

Renato Sibille, sur le thème Passer les Alpes au cours des siècles : peuples, migrants, armées, partisans

Repas partagé ensuite

L’initiative s’insère dans le calendrier de rencontres et de journées de lute que chaque année Alpi Libere promeut dans le Piémont autour du 25 avril.

La rencontre a lieu en Italie : une bonne compréhension de l’italien peut être un plus.

Soyons hors normes !

Un 1er rassemblement est organisé mardi 17 avril à 10h devant les locaux de la MSA (Mutualité Sociale Agricole) de Manosque (voir appel ci-dessous) pour dénoncer le mépris et la répression de l’Etat et des institutions agricoles au main de la FNSEA (dont la MSA, la SAFER, la Chambre d’Agriculture…) contre les projets agricoles « hors normes », « hors cadre » (collectifs, non marchands, petite échelle…).

Un 2ème rassemblement est prévu à 15h30 à Gap sur le parking Dumart (avenue Commandant Dumont, entre Intermarché et le Lycée Aristide Briant) pour lutter contre toutes les expulsions, sur la ZAD et ici aussi !

Précaires, SDF, migrant-e-s… l’Etat et son bras armé policier traquent et répriment toujours plus violemment les personnes marginales, accidentées de la vie, exilées… au motif qu’elles ne rentrent pas dans le moule capitaliste assaisonné à la sauce Macron : OPPOSONS NOUS A SA POLITIQUE ET A SON MONDE !

Venons avec du bois, des palettes, cartons, banderoles… pour construire et s’installer justement là où l’Etat voudrait nous voir disparaître !

**** Appel du Comité ZAD 04 pour actions le 17 avril ****

Appel pour la ZAD et son monde!

Ce mardi 17 avril, Journée Mondiale des Luttes Paysannes, nous appelons à des rassemblements devant les institutions agricoles dans toute la France en soutien au mouvement de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes qui a réussi à empêcher la construction d’un nouvel aéroport.

Pour notre part, nous nous retrouverons à la MSA de Manosque ce 17 avril à partir de 10 heures.

Les habitant.es de la Zone ont développé depuis des années des projets expérimentaux, agricoles, artisanaux et/ou de vie. Depuis le 9 avril au matin, l’Etat attaque la ZAD avec une brutalité sans (cent) nom. Depuis
lundi, on compte plus de 200 blessé.es, dont certain.es très graves dues aux armes utilisées par la gendarmerie (grenade de désencerclement, gazage massif, flash-ball etc.).
L’Etat, après l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport le 17 janvier 2018, a fait semblant d’ouvrir des négociations avec le mouvement sur l’avenir des terres et leurs occupant.e.s. “Et en même temps”, il préparait la destruction des lieux de vie, de création et d’utopie.

Nous savons très bien que, sans le mouvement d’occupation des terres, le projet d’aéroport n’aurait pas capoté. Le mouvement, dans sa diversité, a donc toute légitimité de gérer les terres sauvées de la destruction et du bétonnage: depuis des années qu’ils et elles vivent dans le bocage, ils et elles ont appris à le connaître et savent parfaitement quoi faire de ces terres.
Sans compter que c’est l’Etat qui, en voulant récupérer les terres pour l’aéroport, a fait de cette zone en grande partie un désert rural. C’est le mouvement d’opposition qui l’a fait revivre en le protégeant dans
tous les sens du terme.
Et maintenant l’Etat, du haut de son mépris et de sa frustration de n’avoir pas construit cette infastructure, voudrait imposer des conventions individuelles sur ces terres. Légalement, les structures agricoles collectives existent depuis 1960 (GAEC, CUMA, etc.) et là, il ne faudrait que de l’individuel! C’est quoi ce délire!
L’Etat voudrait intégrer cette zone dans le modèle agricole dominant et en phase terminale: concentration des terres, pesticides, érosion des sols, pollutions multiples etc.

Nous serons devant une des institutions aux mains de la FNSEA, oligarchie agricole productiviste, qui valide les projets agricoles et donc pourrait accepter ceux de la ZAD.

Nous appelons à amplifier les actions de soutien déjà considérables à la ZAD et ses formes de vie!
L’Etat technocratique est têtu et fort, nous devons le faire plier par notre inventivité, nos forces conjointes et nos solidarités.

Par ailleurs la ZAD n’est pas la seule attaque de l’Etat. Par exemple, dans le coin, la ligne SNCF des Alpes est attaquée dans son existence en dehors de la réforme SNCF.

Les réformes actuelles ou récentes mènent à toujours plus d’individualisation, de compétition et de précarité.

Il fait enfin beau, amplifions les mouvements!

Comité ZAD 04

 

Blocage et occupation du rond point nord de Sisteron

Samedi 14 Avril, une centaine de personnes venant du 05, du 04 et d’ailleurs se sont retrouvées avec palettes, tracteur, brebis et bottes de pailles pour exprimer leur solidarité avec la Zad et bien plus!

Les quatre entrées du rond-point (entrée A51 et carrefour de la N85) ont été bloquées, puis une file a été ouverte afin de diffuser des tracts aux automobilistes.

L’occupation du rond point a commencée vers 10h30 pour se terminer vers 14h00. Il y avait de la musique, de nombreuses banderoles, dont certaines de la confédération paysannes et quelques tags. Les flics ont mis un peu de temps avant d’être nombreux, on a décidé de partir tranquilou.

On pouvait lire entre autres : « pas de pays sans paysans », « expulsions=agressions/pas de négociation », « solidarité avec les exilé-e-s », « expulsons macron, hulot, collomb », « solidarité avec les inculpé-e-s de limoges« , « les fruits sont à toutes, les terres à personne », « Laronze J. on n’oublie pas/soyons hors-norme« , « stoppons les expulsions des zadistes et des migrant-e-s »

On a pu aussi entendre, au hasard d’une playlist une interview de 2014 de Marina incarcérée depuis 2006, et oui, parce qu’on aime pas non plus les prisons (mais pas du tout du tout!).

Il paraît aussi que des pneus se seraient enflammés vers 10h30 à Sisteron, non loin de là sur la RN85 !

C’était vraiment une belle matinée, alors on a envie de continuer! Des rendez-vous à suivre la semaine prochaine!

Pour les infos sur valleesenlutte.noblogs.org/zad.nadir.org et pour être inscrit-e sur la newsletter solidarité nddl05 écrire à calucha@calucha.lautre.net

Rien à négocier, tout à prendre!

Un-e passagèr-e en grève de Blablacar

 

La section « Jackson Pollock » file la recette des œufs de peinture

A l’occasion de l’opération #DeLaPeinturePourLinvestiture le comité ÉPICURE (Équipe des peintres de l’Internationale des coloristes urbains révolutionnaires) et la section rennaise « Jackson Pollock » filent la recette des œufs de peinture .

Pour ce faire, rien de plus simple :
Que chaque bande de pote organise une soirée crêpe, omelette ou mousse au chocolat le 13 mai, veille de l’investiture du nouveau président de la république. Ce sera l’occasion parfaite pour préparer autant d’œufs de peinture qu’il y a eu d’œufs utilisés pour ce repas. Et pour les vegan, la technique est la même avec des ampoules. Le jour de ladite investiture, avec la même bande de potes, choisissez la devanture d’un ami du nouveau président et félicitez-le en jetant allègrement tous vos œufs colorés dessus.

Recette reprise de Expansive !

Face à la police / face à la justice : guide d’autodéfense juridique

Cliquer pour télécharger le guide complet

Le petit guide d’autodéfense juridique paru pour la première fois en 2007 aux éditions l’Altiplano a été repris, actualisé et augmenté par le collectif Cadecol (Caisse de défense collective). Il sera régulièrement actualisé sur le site actujuridique.com. La nouvelle édition parait en janvier 2016 aux éditions Syllepse

 

Répression et mouvements sociaux

Quand on participe à des luttes ou à des mouvements sociaux (sans-papiers, mal logés, chômeurs, travailleurs…), on est souvent confronté à la répression. Face à elle, on ne se retrouve pas tous dans la même situation. La justice fonctionne comme le reste de la société : dans un rapport de classes. Les moyens financiers (pour payer les avocats), les relations, la connaissance du système et même la manière dont on s’exprime, tout ceci est déterminant face aux juges.

L’objectif de ce guide d’autodéfense juridique est d’aider celles et ceux qui décident d’assurer collectivement leur défense face à la répression la plus courante, celle dont se sert massivement la justice pour faire régner l’ordre social.

La défense collective vise à se réapproprier les stratégies de défense, qui doivent être choisies par les accusés et ceux qui s’organisent avec eux, et non exclusivement par ces spécialistes du droit que sont les avocats. Elle permet de ne pas se cantonner à l’aspect juridique et légal de la défense : elle cherche à créer le rapport de forces qui évite de laisser l’individu isolé face à la machine judiciaire. En dehors des cas de défense collective, le guide fournit à celles et ceux qui sont confrontés à la répression pénale les moyens nécessaires pour la comprendre et s’en défendre le mieux possible.

Pourquoi aimes-tu le rose?

Pour lire la brochure cliquez sur l’image

 

 

Brochure faite pour les filles, mais très intéressante pour les garçons

« Peut-être que tu n’aimes pas le rose. Mais si tu es une fille, il y a beaucoup plus de chances que tu aimes cette couleur que si tu étais un garçon. Tiens, pourquoi ? Est-ce que le fait de posséder un vagin influence nos préférences pour certaines couleurs ? Quel est le lien entre notre sexe et nos préférences ou notre personnalité ? Pourquoi les femmes/filles et les hommes/garçons sont-ils différents ? »

 

Retour sur l’occupation de la Mairie de Die (et Rdv)

Repris du site  de la vallée de la Drôme : http://www.ricochets.cc

Comment parler de ces deux jours et de l’intensité de chacun de ces moments ? Comment mettre des mots sur toutes ces émotions qui nous ont traversé sans nous laisser indemne ?
Comment mettre en vie, sur ces écrans la rage, la joie, l’amour et la colère qui continue à brûler dans nos ventres face à la violence et l’injustice de ce monde à la dérive ?

Il a bien fallu commencer quelque part. Trouver quelque chose qui nous permettrait de nous mettre en mouvement, de nous rassembler, de nous confronter, de nous rencontrer. Un lieu assez emblématique pour rendre visible ces vies et ces luttes qui nous animent, ce fut donc la mairie de notre ville. Car ici comme ailleurs il n’existe pas de lieux non marchands dans lesquels se réunir. Des lieux ou nous pourrions discuter des nouvelles du jour, boire un café, faire des assemblées populaires, imprimer, porter des ateliers, flâner dans une bibliothèque des luttes, partager un temps devant une projection, une discussion.
Une véritable maison du peuple pour ainsi dire.
Et depuis peu le besoin devenait pressant de discuter et de réagir, l’urgence sociale le rendant vital. La destruction des lieux de vies à la commune libre de Notre Dame des Landes et les récits de guerre que vivent les copaines là-bas furent l’électrochoc.
C’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur le marché de Die ce mercredi pour partir occuper la mairie. Cette occupation aillant pour but de relier les luttes locales et nationales contre la casse des services publics a la rage de voir la violence policière s’imprimer dans les rétines et les corps dans ce bocage ou bruissent tant de vie et d’espoir. A la rage de voir l’État tout faire pour nous empêcher d’ouvrir nos portes à celles et ceux qui passent les frontières, laissant la neige cacher les cadavres qui vont apparaître lorsqu’elle fondera en flaque de sang. A la rage de voir nos vies réduites à si peu, devant nous justifier sans cesse d’exister, de vouloir se soigner, mettre au monde, se déplacer, étudier…
Ces 24 heures d’occupations furent d’une belle intensité. L’autogestion fonctionnant à plein régime. Des heures d’assemblées pour discuter ensemble des communiqués, de l’anti-répression, des liens entre la maternité et la gare, de nos objectifs, de la communication vers l’extérieur. Mais ce fut aussi plein de moments informels, de discussions et de rencontres, de chants et de musiques, de bouffe collective, de coups de fil avec le téléphone de la mairie aux amies de Notre Dame et même à Matignon(!) !

Nous avons senti durant ces heures passées ensemble que quelque chose pouvait germer, que notre besoins d’agir maintenant pulsait dans nos veines, que face à ce monde mortifère nous devons rentrer en résistance. Ce Nous ne fut et n’est pas un Nous homogène. Il est au contraire une diversité de positionnements, d’avis, de sensibilités, de modes d’actions.
Alors pour continuer à se voir et faire ensemble, retrouvons nous à Valence ce samedi 14 avril à 11h au champ de mars en soutient à la Commune Libre de Notre Dame des Landes.
Et sinon pour poursuivre ce qui s’est construit ces derniers jours retrouvons mercredi 18 avril à partir de 9 heures pour une cantine populaire et envisager ensemble la suite…

Que sigue la lucha !

Et…

le Communiqué depuis la mairie de Die occupée, le 11 avril très tard

Diois, Dioises

Dans les locaux de la Mairie de Die, dans la journée et la nuit du 11 avril 2018 se sont spontanément retrouvés : des paysans, des profs, des commerçants, des précaires, des artisans, des militants politiques, des médecins, des saisonniers, des féministes, des artistes, des pharmaciens, des retraités, des étudiants, des familles, des citoyens et des citoyennes tous unanimement choqués par le dispositif militaire mis en oeuvre sur le bocage de Notre-Dame-des-Landes(1), à l’abri des

regards des journalistes. Nous exprimons notre profonde indignation.

Nous sommes également indignés face à la fermeture des services de l’hôpital dont la maternité et le service IVG, à la fermeture du guichet de gare et potentiellement de la ligne ferroviaire du diois. A ces actualités s’ajoutent la solitude, la précarité, le mal-logement, la liste est longue. Que faire ? Nous, Diois, Dioises ? Dans quel monde voulons-nous vivre ?

Avec nos différences nous partageons de nombreuses valeurs dont, la diversité des modes de vie et de pensée, l’égalité face à la justice et à l’accès à un service public de qualité, la liberté de circulation et d’installation (n’oublions pas d’où viennent nos aïeux).

Nous sommes solidaires des exilés, des étudiants et de tous les corps de métier actuellement en grève.

Ici, nous avons envie de trouver des solutions ensemble. Ici, nous travaillons en grand groupe et en petits groupes. Nous partageons des repas. Nous essayons d’écouter chacun, chacune.

Le bâtiment de la Mairie est un choix symbolique pour se rassembler.

Nous savons que nombre de Diois se questionnent sur cette action.

Parlons-en. !

A bientôt,

La commune libre du Diois. (Vos voisins et voisines).

(1) ZAD se réfère souvent à Notre Dame des Landes mais en France et

ailleurs dans le monde les « Zones A Défendre » sont nombreuses, notre

monde rural va-t-il en devenir une ?

d’autres communiqués à retrouver sur : http://www.ricochets.cc/

Rdv samedi 14/04 Sisteron et Laragne en solidarité avec la Zad

Attention !!

la tension monte partout dans nos montagnes, face à l’insupportable

politique de Macron et de sa clique de gouvernants, technocrates et

flics aux ordres qui, tels les buldozers et blindés déployés à

Notre-Dame-des Landes depuis lundi, écrasent toutes celles et ceux qui

s’écartent un tant soit peu de leur autoroute libérale et sécuritaire

toute tracée : paysan-ne-s au sein de projets agricoles collectifs

hors-normes sur la ZAD (et ailleurs), exilé-e-s avec ou sans papiers (y

compris mineurs), cheminot-e-s défendant le service public ferroviaire,

étudiant-e-s engagé-e-s pour sauver l’égalité d’accès à

l’université publique, fonctionnaires méprisés et menacés… la

colère gronde sur de multiples fronts ces temps ci, partout en fRance

mais aussi dans nos départements alpins…et ça ne fait que commencer

! Et ce n’est pas la répression démesurée dégainée à chaque

conflit qui nous fera reculer, bien au contraire c’est notre rage qui

augmente !

Unissons nous pour mettre en déroute toutes ces attaques contre nos

libertés, nos services publics et plus généralement la jeunesse !

Faisons éclater notre colère contre les véritables responsables du

chaos social ambiant !

De nombreux rassemblements et mobilisations sont prévues les prochains

jours, c’est le moment de rejoindre le camp des oppressé-e-s et de

s’organiser sans compartimenter les luttes contre un même système

dominant !

 

 

* Samedi 14 avril à 9h45 à Laragne (devant la mairie) et 10h à

Sisteron Nord (au niveau du Pont du Buëch) : RASSEMBLEMENTS DE SOUTIEN

À LA ZAD DE NDDL ET AUX PROJETS AGRICOLES COLLECTIFS EXPÉRIMENTÉS

LÀ-BAS ET MENACÉS DE DESTRUCTION PAR LE GOUVERNEMENT, à l’appel

d’éleveurs et paysans du Sisteronnais, des collectifs de soutien ZAD du

Buëch et de Gap et de la Confédération Paysanne

 

* Jeudi 19 avril à 10h à Gap : MANIFESTATION INTERSYNDICALE POUR UNE

UNIVERSITÉ OUVERTE À TOUS ET TOUTES ET DES SERVICES PUBLICS DE

QUALITÉ au départ de l’inspection académique

 

* Samedi 21 avril à partir de 10h à Gap : CARNAVAL CONTRE LES

FRONTIÈRES au départ du parc de la Pépinière

 

* Samedi 28 avril à partir de 10h30 à Gap : GRANDE MARCHE DE

L’HOSPITALITÉ EN SOLIDARITÉ AVEC LES EXILÉ-E-S au départ de la gare

SNCF

 

* Mardi 22 mai à Gap : GRANDE MANIFESTATION INTERSYNDICALE