Procès de travailleur.euses détaché.e.s contre Laboral Terra et 7 entreprises agricoles françaises

Luttons contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère et contre les discriminations, pour une égalité de droits entre tous les travailleur.euse.s du monde agricole !

Mardi 16 juin 2020¹, au conseil de prud’hommes d’Arles, est prévue une nouvelle audience du procès de cinq travailleur.euse.s agricoles marocain.e.s et espagnol.e.s contre l’entreprise de travail temporaire (ETT) Laboral Terra et sept entreprises agricoles françaises. Face aux multiples renvois et au dépôt de bilan de l’ETT Laboral Terra qui a perturbé le déroulement de l’affaire, cette nouvelle audience devrait être l’ultime étape de cette procédure entamée en 2017 ! Cette plainte a été déposée pour des motifs de travail dissimulé, de non-paiement d’heures travaillées, de non-respect des personnes, du code du travail et des conventions collectives.

Parallèlement à cette affaire, une autre plainte a été déposée par une partie de ces travailleur.euse.s auprès du procureur de la République d’Avignon pour faire la lumière sur les conditions de travail de ces salarié.e.s. L’enquête est toujours en cours.

Le patriotisme alimentaire de circonstance et la rhétorique martiale du gouvernement appelant à « lever une armée de volontaires » pour « sauver l’agriculture française » cache mal ce que la fermeture des frontières consécutive à la pandémie liée au Covid-19 a rendu manifeste : la dépendance de la société entière aux travailleur.euse.s saisonnier.ère.s agricoles étranger.ère.s venant chaque année combler le besoin de main-d’œuvre dit « temporaire » des exploitations agricoles françaises.

Il est important de dépasser les discours dominants qui réduisent les travailleur.euse.s détaché.e.s à une variable d’ajustement aisément remplaçable par des volontaires dévoué.e.s, alors que leur présence constitue au contraire une nécessité structurelle du système agro-industriel. D’ailleurs les employeurs le savent bien, puisqu’ils vantent tous, le professionnalisme et les compétences de cette main-d’œuvre étrangère indispensable au fonctionnement de leurs entreprises. Il est d’autant plus urgent d’apporter un autre éclairage sur les enseignements de cette crise, condamner les inégalités de traitement, de qualification et de rémunération, tout en renforçant la solidarité avec et entre les travailleur.eus.es de la terre.

Ainsi, nous avons besoin d’une décision forte de la part du Conseil de prud’hommes d’Arles pour dénoncer le dumping social à l’œuvre, les pratiques illégales et indignes qui dégradent les conditions d’existence des travailleur.euse.s détaché.e.s, et la logique d’exploitation, de discrimination systémique qui gouverne et grangrène l’emploi dans le monde agricole contemporain.

Le 4 mai 2020, CODETRAS – Collectif de défense des travailleur.euse.s étranger.ère.s dans l’agriculture

¹ Le procès qui devait se tenir initialement le 12 mai a été reporté au 16 juin. L’audience pourrait se tenir à huis clos pour des raisons sanitaires.

Travailleurs étrangers agricoles, l’exploitation en plus de la crise sanitaire

La fermeture des frontières et les mesures de confinement mises en place suite à l’épidémie du coronavirus ont rendu criante la nécessité d’embauche des travailleurs étrangers saisonniers pour le maintien de la production dans les grandes exploitations agricoles en France et dans différents pays de l’Europe de l’ouest. Comme on peut le lire dans l’un des articles proposé ci-dessous : « Cette difficulté à recruter de la main-d’œuvre saisonnière, incontournable dans le secteur, jette une lumière crue sur le système du premier pays agricole européen. Les grosses exploitations françaises reposent en grande partie sur l’emploi précaire d’une main-d’œuvre étrangère, mal payée, souvent externalisée, invisibilisée dans les statistiques et parfois non déclarée. »

Les solutions envisagées récemment pour pallier à ce manque de main d’œuvre prennent ainsi différentes formes selon les pays : affrètement par vols charters depuis les pays de provenance des ouvriers agricoles jusqu’au pays d’embauche comme pour l’Allemagne, l’Autriche ou l’Angleterre, proposition de régularisation massive de travailleurs sans papiers en Italie, ou encore grande opération de recrutement cherchant à substituer les travailleurs étrangers par une main d’œuvre locale en France. Le respect de la santé des travailleurs et les précautions sanitaires face à l’épidémie trouvent ici encore, comme dans bien d’autres secteurs, des limites s’arrêtant aux besoins de l’économie. Et si le recours massif à l’exploitation de la main d’œuvre étrangère nécessaire à la compétitivité du secteur agricole ne peut être aujourd’hui que difficilement nié, les conditions de travail ne sont pas pour autant améliorées, et la liberté de circulation des personnes demeure quant à elle encore et toujours soumise aux intérêts financiers…

Quelques articles à lire :

– Communiqué – Collectif de Défense des travailleur-euses étranger-ères dans l’agriculture

Créé en 2003, les objectifs du CODETRAS restent la lutte contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère, contre les dénis de droits, contre les discriminations et contre toutes formes d’exploitation dans l’agriculture. Il associe en son sein des paysans, des syndicats, des associations, des militants, des chercheurs.ses, des journalistes, des avocats et juristes…

Publié sur Mars Infos Autonomes, le 30 avril : https://mars-infos.org/communique-collectif-de-defense-5051

– Derrière l’appel à la main-d’œuvre, les difficultés d’un monde agricole précarisé

L’appel à venir renforcer « la grande armée de l’agriculture », lancé par le ministère de l’agriculture, a vu affluer quelque 240 000 candidats. Mais la plupart restent sans réponse, tant les offres d’emploi restent limitées. Explications sur la précarisation du monde salarial agricole.

Paru dans Médiapart, le 21 avril.

– Appel à travailler dans les champs : « Tout est fait pour maintenir un système qui précarise et appauvrit »

Face au manque de main d’œuvre étrangère, plus de 200 000 personnes se sont portées candidates pour rejoindre des exploitations agricoles. Des professionnels s’inquiètent cependant de cet afflux précipité de travailleurs, mal préparés à affronter des conditions d’emploi difficiles, voire dangereuses.

Paru dans Bastamag, le 17 avril : https://www.bastamag.net/contrat-saisonnier-agricole-condition-de-travail-SMIC-pesticides-TMS-covid19-coronavirus

– Travailleuses détachées dans l’agriculture, elles racontent leur calvaire en France

Les « travailleurs détachés » — qui viennent de Pologne, d’Espagne, de Roumanie… — fournissent une grande part de la main d’œuvre dans les campagnes françaises. Ce statut vulnérable et précaire permet de nombreux abus, dont sont notamment victimes les femmes, que certaines ont courageusement décidé de dénoncer.

Article plus ancien paru le 20 janvier dans Reporterre, mais qui revient notamment sur le procès porté par cinq travailleurs et travailleuses marocain.es contre leurs employeurs et dont l’audience se tiendra prochainement : https://reporterre.net/Travailleuses-detachees-dans-l-agriculture-elles-racontent-leur-calvaire-en-France

L’abject « Monologue du Virus »

« Le monologue du virus », publié sur lundimatin a déjà beaucoup circulé. Ce texte nous invite à accueillir le coronavirus comme le Messie venant nous sortir de notre servitude volontaire et de notre apathie quotidienne. Mais dans ce monologue abject, il est oublié (ou dénié) que tout le monde n’a pas le luxe de se demander s’il faut concevoir le temps de la pandémie comme des vacances ou bien comme l’occasion de cultiver son jardin et l’art de se saluer.

« Le monologue du virus », écrit dans une prose post-situationniste mal digérée, et publié sur lundi.am, a déjà beaucoup circulé. Ce texte nous invite à accueillir le coronavirus comme le Messie : « Voyez donc en moi votre sauveur ». Pourtant, comme toujours ce sont les plus vulnérables, les plus fragiles, les plus pauvres d’entre nous, les plus exploités, qui sont les plus exposés et les plus menacés : des camarades enfermés dans les prisons ou dans les CRA aux SDF dont presque tout le monde se fout en passant par les retraités entassés mais isolés dans des barres d’immeubles et tous les exploités du 21e siècle, caissières, livreurs, ouvriers du bâtiment, préparateurs de commandes pour la vente en ligne (Amazon, La redoute, etc.), sans oublier bien sûr les soignants des EPHAD, des CHU, etc., qui sont volontairement sous-équipés… Et que dire des milliers de vies qui seront prises dans les camps de réfugiés de guerres, dans les villes détruites en Syrie et ailleurs, dans tous les bidonvilles du monde, et chez tous ceux qui sont forcés au travail malgré le confinement généralisé ? La réponse est toute trouvée pour les rédacteurs de ce monologue : le virus ne vient « qu’exécuter la sanction que vous avez depuis longtemps prononcée contre vous-mêmes ». Dans ce monologue abject, il est oublié (ou dénié) que tout le monde n’a pas le luxe de se demander s’il faut concevoir le temps de la pandémie comme des vacances ou bien comme l’occasion de cultiver son jardin et l’art de se saluer. Quel mépris, quelle éviction des conditions réelles de l’exploitation de masse derrière le pauvre petit ennui des propriétaires embourgeoisés de la gauche néo-rurale.

Non, le virus n’est pas notre Sauveur. En plein délire éco-messianique, le Monologue glorifie la sois-disante stratégie du virus : nous réveiller de notre servitude volontaire pour nous transformer en des jardiniers conscients. Mais la stratégie qui s’observe actuellement, c’est surtout celle, implacable, des États et de la bourgeoisie : nous maintenir sous contrôle, nous forcer au travail. Les conséquences immédiates de la pandémie, c’est le déploiement sans précédent des technologies de contre-insurrection, et plus largement du techno-fascisme, que l’on voyait arriver depuis un moment. Bien sûr, nous ne nions pas la dangerosité du virus, mais cela ne doit pas masquer la violence de la réponse autoritaire qui se déchaîne actuellement et ce que cela annonce. Si la Chine fait figure depuis un moment de modèle envié par les techno-capitalistes occidentaux, la pandémie est l’occasion de l’imiter à vitesse grand V sous couvert d’état d’urgence sanitaire. En Chine, des drônes viennent vous prendre la température dans la rue et il n’est plus possible de sortir sans smartphone, car il faut être géolocalisable et avoir la preuve de son état de santé sur son smartphone. L’Allemagne et les États-Unis travaillent avec des StartUp à des solutions de ce type. En France, comme à Madrid, les drônes sont de sortie pour démultiplier les capacités de contrôle de la police.

Macron et E. Philippe ont prévenu : il y aura un avant et un après le coronavirus, les menaces des sbires du capital tombent déjà. Bruno Lemaire et le président du Medef parlent de mettre en place le service économique minimum pour empêcher les travailleurs d’exercer leur droit de retrait, Edouard Philippe prévient qu’il faudra faire de gros efforts après la crise pour relancer l’économie, tout ceci en faisant passer « l’état d’urgence sanitaire », dont un volet comprend 300 milliards donnés aux entreprises, un pouvoir accru donné aux patrons qui peuvent rallonger le temps de travail de leurs salariés, forcer ou annuler des congés payés, etc. Edouard Philippe l’a bien compris, l’État d’urgence actuel est l’occasion de « modifier en profondeur nos habitudes ». L’après coronavirus, c’est la normalisation de nouvelles technologies de surveillance au nom de notre « santé », la télé-médecine, l’école et l’université sur plateformes numériques, le télétravail généralisé, et donc des travailleurs encore plus isolés dans et face au travail. Tout cela pendant que la main d’œuvre qui construit toutes les infrastructures nécessaires à ces technologies d’isolement et de contrôle restent à trimer dans le froid ou la canicule, ou pendant les pandémies ! « Modifier en profondeur nos habitudes », c’est aussi nous habituer à des check-point policiers dans les villes et les campagnes, des drônes dans la rue effectuant toutes sortes de contrôles, etc.

Après la crise sanitaire viendra la crise économique, elle sera encore plus dure que celle de 2008. Les marchés financiers, les multinationales et les États (qui vont encore se surendetter pour “sauver l’économie”) sont en train de perdre beaucoup d’argent, et une fois la première vague passée de la pandémie, ils vont vouloir nous faire payer. Ils vont nous imposer de nouvelles mesures d’austérité sous couvert d’union nationale, afin de ressusciter les marges de plus value du capital et de renflouer les caisses de l’État.

Plutôt que de se perdre dans des monologues ridicules, prenons la mesure de la situation : pour l’État et le capital, la pandémie est aussi l’opportunité d’opérer brutalement un passage à un régime beaucoup plus autoritaire. Le véritable problème ce n’est pas l’apathie que provoque la société de masse, l’apathie qui désole tant les auteurs du Monologue du Virus, le problème c’est l’exploitation de masse tenue d’une main de fer par les capitalistes, l’État et sa police. Faut-il rappeler les chiffres de la répression du mouvement GJ ?

Nous ne croyons donc pas au Monologue du Virus rédempteur, ni à l’Appel du Parti imaginaire ou encore aux Prophéties du Comité Invisible, nous ne voulons pas profiter du désastre engendré par la pandémie pour créer des écovillages ou des formes de vie suffisamment dignes aux yeux du Virus Rédempteur. Comme nous venons de le dire, pour le moment nous assistons à un renforcement du pouvoir, qui ne s’effondrera pas de lui-même — et qui s’accommode très bien de la désertion rurale de ceux qui en ont les moyens, ou de quelque énigmatique geste pseudo poétique de l’infime.

À la différence des slogans moralistes et religieux du Monologue et de leurs injonctions culpabilisatrices stériles du type « demandez-vous plutôt comment vous avez pu trouver si confortable de vous laisser gouverner », nous revendiquons l’histoire des luttes prolétariennes et des campagnes rebelles. Ce mépris pour l’histoire des luttes est intolérable, les exploités ne le sont jamais de leur plein gré, la servitude volontaire n’existe pas, l’histoire des résistances populaires est là pour le prouver.

Personne ne peut dire ce qui va se passer dans les prochains mois, mais il faudra être attentif et ne pas rester sous l’emprise de la peur et de l’état d’urgence permanent dans lequel les gouvernants vont essayer de nous maintenir pour faire passer leurs mesures de sauvegarde, puis de relance de l’économie. Avec cette “crise” s’il fallait le démontrer encore, c’est nous, les exploités condamnés au travail et à la misère, que les capitalistes sacrifieront encore et toujours sur l’autel du pouvoir et du profit. La pandémie touche le monde entier. Les mesures autoritaires de sauvegarde puis de relance de l’économie toucheront aussi le monde entier puisque nos économies sont interconnectées à un point jamais atteint. Il ne faudra pas se laisser abattre mais se révolter contre ces mesures dont l’injustice criante se verra comme le nez au milieu de la figure. C’est peut-être là un espoir de révolution sociale internationale. Nous avons besoin de comprendre ce dans quoi nous sommes pris afin de dégager nos marges de manœuvre dans les temps à venir.

Articles provenant de Paris-luttes.info

Foutre Machin – Notes et propositions vulgaires pour en finir

Ci-dessous un texte et une vidéo mêlant analyse du mouvement actuel et appel à se mobiliser massivement pour le rendez-vous du 14 mars à Paris (lien vers le blog dédié en fin d’article).
Cette manifestation suscite actuellement une forte émulation et fait l’objet de plusieurs appels, pages, groupes et vidéos sur facebook.
Comme une invitation au voyage…

Tic, tac, tic, tac : c’est l’histoire d’un ras-le-bol populaire qui balance

 

Premier mouvement : l’heure de la révolte (quand on plongeait vers l’inconnu)

À partir du 17 novembre 2018, le soulèvement des gilets jaunes a marqué une série de ruptures au sein des « traditions » de contestation en France :

  • rupture d’avec les formes classiques et leurs initiateurs habituels, tant par les lieux choisis pour montrer sa présence (les ronds-points, les parcours non déclarés) qu’à travers l’indiscipline revendiquée des interventions, ou le fait d’avoir choisi les samedis comme repères hebdomadaires ;
  • rupture dans la composition sociale des contestataires, qui en se disant et se comportant comme « apartisans », ont affirmé d’abord un rejet de toute affiliation aux organisations politiques (considérées à raison comme n’étant d’aucun secours), mais surtout que ce qui les tenait ensemble dépassait de loin ces clivages mensongers ;
  • rupture par l’exercice d’un certain art des conséquences, puisqu’il ne s’agissait plus d’intervenir pour se mettre en scène, mais bien pour qu’advienne sans médiation ce qui était exigé (la justice sociale, la démocratie réelle…) ;
  • rupture, encore, de par les effets produits par ce soulèvement chez les gouvernants, qui n’ont pas pu cacher que pour la première fois depuis des années, pendant quelques semaines au moins, le pouvoir tremblait sur ses bases.
    Autant de ruptures, un même saut qualitatif. Un tel basculement, tant de vies jetées dans la bataille, tant de ténacité, une telle reprise de l’offensive… et d’un coup, le retour du connu.

 

Deuxième mouvement : retour à l’horloge système

Le 5 décembre, c’est donc reparti pour des Bastille-Nation dans toutes les villes de France, au son des camions syndicaux cacophoniques (modèle « j’en ai une plus grosse que toi ») qui réduisent les manifestants et manifestantes au silence, des ballons géants et des calicots sérigraphiés pour montrer qu’on est sympa (plutôt que mal éduqué et imprévisible), des services d’ordre devant les grands magasins (histoire de bien rappeler que négocier, c’est le contraire de faire justice soi-même), des guerres d’influence et des calculs politiciens et complaisants.
Une mécanique bien huilée pour affronter un thème pourtant fort présent dans la colère des gilets jaunes, sous la forme sans doute trop généraliste (et pour cela bien moins assimilable par les corporations) d’une demande de partage des richesses.
Les leaders de la CGT reprennent leur figure de tête de la contestation « ferme mais ouverte au dialogue », ceux de la CFDT celle de « partenaires raisonnables mais qui ont tout de même des limites » (en l’occurrence, un âge-pivot jeté dans le faux débat public comme un os à ronger), et les gens… les gens, syndiqués ou non, GJ ou non, les voilà intégrés à un jeu dont ils ne sont que les pions, à défiler paisiblement « en espérant que… ». C’en est fini d’exprimer sa colère à la sauvage, sans limite et sans leader, on redevient civilisé, et on s’en remet à ceux et celles dont c’est la spécialité. Ou alors on se casse en claquant la porte, on va lécher ses plaies dans un coin, ou on se fait arrêter en préparant des actions radicales esseulées.
Écoutons un quelconque normalien se soulager en direct à la radio publique, après 3 semaines d’opposition à la contre-réforme des retraites : « […] cette mobilisation, au contraire de celle des gilets jaunes l’année dernière, s’inscrit dans un répertoire de mobilisation assez classique, et au fond c’est assez rassérénant, parce qu’on voit qu’il y a un gouvernement, il y a un parlement, il y a des partis d’opposition, il y a des syndicats, il y a des corps intermédiaires qui jouent leur rôle […], ce qui forme une grande différence avec ce qu’on a pu voir l’année dernière. » (David Djaïz, journal de 8h de France Culture, le samedi 28 décembre 2019).

La messe semble dite. Elle a juste ajouté quelques cantiques « On-est-là » à son carnet de chants, en adaptant les paroles à l’occasion ; mais pour le reste, circulez, il n’y a plus aucun système à renverser.

 

Troisième mouvement : quand tout recommence à tanguer

Ce même 28 décembre, pourtant, ne fut pas tout à fait un jour comme les autres : ce fut plutôt un samedi comme les autres, de ceux qu’on avait inventés et réinventés pendant plus d’un an, dont la tradition menaçait déjà de disparaître. L’acte 59 des gilets jaunes à Paris n’a certes pas fait la « une » des médias, mais il fut un beau moment pour affirmer que la « trêve », c’était pour les confiseurs et les vendeurs de pacotille. Une vraie manif déter, sans direction, GJ-BB-travailleureuses vénères, qui part dans tous les sens et ne veut pas s’arrêter.
Et puis le mois de janvier : avec la CFDT et l’UNSA qui rentrent dans le rang après avoir fait semblant de chouiner, avec les actions de blocage qui se multiplient bien au-delà du contrôle des « centrales » restantes, avec les groupes de travailleureuses du public ou du privé qui débrayent en bandes joyeuses, avec celles et ceux qui ont mis un mois et demi à se réveiller mais entrent enfin dans la danse, avec les coordinations interpro qui font savoir à leurs pseudo-représentants qu’elles ne s’en laisseront pas conter, avec les GJ qui reviennent en sentant bien que le temps de la naïveté est passé, une fois de plus, et que les portes de l’inconnu pourraient se rouvrir encore…
Des grévistes qui s’étonnent d’être si peu entendus après avoir tant donné. Des manifestants et manifestantes qui comprennent dans leur chair de quoi on parle depuis un an quand on dit que les flics et les fliquettes sont en roue libre. Des membres du Parti au pouvoir qui ne peuvent plus s’exposer nulle part sans être poursuivis par des hordes d’opposants, dont on ne sait même plus si ce sont des gilets jaunes sans gilet ou des syndicalistes radicalisés…

Et toujours la menace d’un retour à l’horloge système (auquel les cadres des pompiers ont malheureusement commencé à rouvrir la voie le 28 janvier) : quand les « centrales » décideront que pousser plus loin voudrait dire perdre le contrôle, quand celles et ceux qu’elles veulent encadrer accepteront de se demander si, au fond, on n’a pas déjà assez gagné pour cette fois-ci (et assez perdu d’argent), quand celles et ceux qui sont en train de tout donner auront l’impression d’avoir tout donné… est-ce que ce sera comme en 2010 ? Ou comme en 68 à Grenelle, avant que tout ne soit achevé par les élections ?

Jusqu’au bout du mouvement : retrouver les fondamentaux, mettre fin au spectacle

 

Post-it (ne pas oublier)

Là où la révolte des gilets jaunes s’est rapidement transformée en offensive de fond pour une vie plus digne (pour une vie plus dingue !?), s’opposer à la contre-réforme des retraites n’est jamais que le refus d’une régression de plus.
Ça fait quand même une différence.

 

Saut qualitatif

Les gilets jaunes ont imposé au cœur de l’hiver occidental un retour aux fondamentaux qui ne peut que rappeler les soulèvements du récent « printemps arabe », et qui d’ailleurs a suscité à son tour des échos dans le monde entier ; après quoi toute contestation qui se contenterait de faire semblant apparaît pour ce qu’elle est : une mauvaise mise en scène. Le « mouvement des retraites », au grand dam de ses meneurs, a été sensiblement déterminé par ce « saut qualitatif » qui l’a précédé.
C’est bien là où se déploie le jeu de balancier esquissé plus haut : entre la possibilité d’une rupture sérieuse et conséquente d’avec l’ordre des choses (où « tout le monde veut la chute du régime »), et la mise en scène spectaculaire et inoffensive de cette rupture pour qu’à la fin rien ne change.

 

Synchronisations

  • « Tout le monde sait bien » au fond que la question des retraites est loin d’être la seule mesure gouvernementale qui mérite qu’on se soulève, et que c’est toute la clique qui se relaie au pouvoir depuis des années qu’il faut dégager. De même que tout le monde, hormis quelques abrutis, s’était bien rendu compte que la question du carburant n’était pour les gilets jaunes que la goutte d’eau de trop dans un océan d’humiliations.
  • Beaucoup de celles et ceux qui ont endossé leurs gilets en 2018 n’avaient eu cure, dans les années précédentes, des appels répétés à se mobiliser pour stopper la régression sociale ; le mépris et la bien-pensance de gauche leur auront depuis fait comprendre ce que c’est que de hurler dans le vide alors qu’on voudrait tellement être « tous ensemble ». Beaucoup de ceux et celles qui ont commencé à défiler en décembre 2019 n’avaient eu cure, au cours de l’année précédente, des appels répétés des gilets jaunes à les rejoindre sur leurs bases inédites ; la collaboration de classe et les efforts d’encadrement des centrales auront fait comprendre à un certain nombre, depuis bientôt deux mois, combien toute contestation sérieuse du pouvoir a besoin de se réinventer, et combien les GJ ont (r)ouvert la voie.
  • De la même manière, les uns comme les autres ont eu l’occasion de constater le « mépris » de nos gouvernants, la réalité incontestable des « violences policières », et le fait que malgré tout cela, les gens refusent de rentrer chez eux et s’étonnent de leur propre persévérance.
    Et si on commençait à être synchro ?

 

Le haut et le bas

Les GJ sont en bas, se foutant de savoir s’ils sont à droite ou à gauche.
Les travailleureuses mobilisées sont à gauche, ou à droite, mais beaucoup ont oublié qu’ils étaient aussi en bas.
Pour ceux-là comme pour tous les autres, tout doit donc d’abord se passer en bas : sans quoi rien n’aura lieu que ce qui a lieu en haut.
Le bas, au demeurant, c’est le pouvoir aux assemblées de base – que le reste en découle, qui sera simplement la vérité du peuple. La « démocratie » mérite peut-être qu’on croie en elle.

 

« Pour l’honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur… »

Il est tout de même notable qu’un chant au ton aussi suranné, dans le pur style XIXe, soit devenu un hymne de la révolte au XXIe siècle. Il s’agit alors de se demander de quels travailleurs parlent les gilets jaunes qui le scandent, et qui les défend. Les grandes centrales ont donné leur réponse (« c’est pas nous »), et les gilets jaunes ont inventé celle dont ils avaient besoin (« personne d’autres que nous-mêmes »), retrouvant au passage les formes fondamentales de la solidarité populaire.
Un peu plus d’un an (ou un siècle) plus tard, les organisateurs d’un mouvement au style autrement suranné (bien qu’ils se refusent encore à l’admettre) étouffent les conversations des manifestants en diffusant des mensonges à 3 kilos de son : « c’est dans la rue qu’ça’s’passe » – alors que tout se négocie dans les salons, et qu’ils veulent la rue inoffensive ; « on lâche rien on lâche rien » – alors qu’en fait « on » lâche presque tout, sauf son pré carré…
La fraction des travailleureuses revendiquée par les syndicats majoritaires est celle qui perdure malgré leurs défaites. Elle existe, mais il faut bien reconnaître qu’elle ne représente plus vraiment tout le monde – les gilets jaunes, c’est juste tous les autres.
La question se pose alors de savoir si les uns ou les autres ont vraiment besoin d’un tel encadrement.

 

Grève à la crème et tarte générale

La grève générale « à la papa » a donc fait long feu. Dans une société uberisée, précarisée, éclatée par des années de contre-révolution négociée, l’imaginaire de l’usine de masse prolétarienne dont la fumée prend la forme d’un point rageur ne sied plus qu’à quelques secteurs en voie de disparition ; elle a d’ailleurs bien du mal à retrouver la folie collective des occupations à l’heure où la grève ne s’exerce plus qu’un ou deux jours par semaine.
Pendant ce temps-là, le peuple des ronds-points s’est occupé d’inventer la « perruque » de notre temps : c’est-à-dire un détournement des outils de l’entreprise au profit des intérêts du peuple, qui ne s’exerce plus seulement dans les usines mais dès la forme de l’auto-entreprise (devenue dans l’intervalle le déguisement quasi-obligatoire pour tout précaire). Les gilets jaunes ont ainsi donné le meilleur de ce qu’ils et elles savaient faire pour apporter de la consistance à leur révolte. Les travailleurs et travailleuses paupérisées des Zones Artisanales et Commerciales ont amené palettes et visseuses, utilitaires bondés et savoir-faire professionnels pour ériger des cabanes du peuple aux quatre coins du pays. Des électriciens, des serruriers, des assistantes maternelles, des transporteurs routiers, des restaurateurs et restauratrices, ont aussi donné à la lutte le meilleur de leur travail dès que le besoin collectif s’en est fait sentir.
Au reste, c’est aussi une forme de perruque que pratiquent certains des grévistes du mouvement actuel quand ils détournent les habilitations et compétences liées à leur emploi, par exemple en coupant l’électricité aux riches pour la donner aux pauvres.

Toutes ces pratiques ne relèvent pas du spectacle de la contestation, de l’incantation à un « tous ensemble » qui ne s’adresse en fait qu’à une fraction instrumentalisée de la population, mais d’un mouvement réel qui n’attend plus après aucune « direction » – ou plutôt qui perce et percole malgré les tentatives des directions. Il manque encore à cela que les voix parlant de la grève à la radio cessent de nous « pri[er] de les en excuser » et mettent leur outil de travail au profit de la lutte et d’un véritable débat public ; que les cheminots se décident enfin à envoyer chier cadres et dirigeantes pour transporter les foules jusqu’à Paris (ou dans d’autres centres du pouvoir) en osant parier sur la solidarité et la victoire qui suivront ; que les « gestionnaires » des caisses de grève reversent leur dû à toutes celles et ceux qui, syndiquées ou non, mettent leurs vies en jeu en dehors du cadre d’un mi-temps syndical ; etc. De vraies prises de risque pour un vrai basculement…
Ce qu’il nous faut, plutôt que des tartes à la crème, c’est une sorte de perruque généralisée, qui emporte avec elle la réappropriation réelle des outils de travail et l’arrêt effectif par tous les moyens (y compris la grève lorsque c’est la forme opérante) de ce monde tel qu’il va, tel qu’il est « en marche ».

 

Tic, tac (bis)

Pendant ce temps, la planète aussi balance. On ne l’a pas oublié. Mais ceux et celles qui n’ont pas la chance d’être à l’abri de la misère humaine savent bien qu’aucune justice climatique n’est possible sans justice sociale (ou que, comme le dit une sympathique formule, « la planète bleue a besoin de jaune pour rester verte »).
Horloge système, horloge planétaire : ce sont les mêmes cadres qu’il faut exploser pour éviter que tout ne s’effondre sur nous cependant que certains iraient s’abriter dans quelques quartiers bunkerisés. Un seul et même compte à rebours, qui a bel et bien commencé.

 

Pour en finir avec le spectacle

Les gilets jaunes ont exercé une poussée révolutionnaire exceptionnelle sur la clique macroniste. Celle-ci s’en est réellement trouvée affaiblie : plus personne ne se bouscule au portillon de la valetaille, le pouvoir a été contraint de se montrer de plus en plus cru, à tel point qu’il ne reviendra sans doute jamais en arrière.
Le mouvement commencé le 5 décembre, quant à lui, a débuté comme un retour au conformisme le plus plat, mais quelque chose de ce qui l’a précédé s’y est bientôt infiltré partout.
Dit autrement, il n’est pas impossible désormais qu’une poussée suffisamment sérieuse (et non pas mise en scène), du même ordre que celle de 2018, permette d’en finir vraiment avec Macron et son monde.
Finissons-en donc avec tout ce qui fait ce mauvais spectacle, « municipales » et autres illusions de changement par les urnes comprises !

Que chacun et chacune considère cette proposition (qui ne sera sans doute pas isolée dans la séquence actuelle).
Que l’on prépare de quoi bloquer les flux marchands et de quoi s’éloigner des dangers, de quoi se défendre et de quoi attaquer, de quoi se nourrir et de quoi se restaurer, de quoi prendre soin de ses proches et de quoi s’enjailler, de quoi se retrouver et de quoi faire la fête du siècle.

Histoire d’arrêter enfin de se mentir quand on crie depuis des générations : « Machin, t’es foutu, le peuple est dans la rue ». Car le temps semble venu d’enfin foutre Machin.

 

À toutes celles et ceux qui ne veulent pas moraliser le système
mais le mettre à terre ;

À celles et ceux qui s’activent sincèrement, depuis des semaines ou plus d’un an
pour en finir avec les mensonges et l’arrogance des puissants
et établir la solidarité et la justice ;

À celles et ceux qui n’ont pas compris les gilets jaunes,
ou n’ont pas cru aux illusions des manifestations encadrées,
mais qui continuent de ronger leur frein en attendant le moment.

Donnons-nous ce moment.
Préparons-nous à mettre vraiment ce monde à l’arrêt.
Ceci est une invitation au voyage.
(et le premier qui monte dans son hélicoptère a perdu)

 

Depuis une périphérie quelconque de la métropole globale
Des gilets jaunes du Limousin et quelques complices
Le 31 janvier 2020

 

Revue de presse du 20 au 26 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur les mouvements contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes et plus.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local

Les rendez-vous à venir
– Lundi 27 janvier devant les urgences de Sisteron

– Mercredi 29 janvier : appel intersyndicale national

– Jeudi 30 et 31 : appel à des initiatives

Pas d’info précise pour le locale pour l’instant

– Samedi 15 fevrier : Appel à la greve dans les stations de ski contre la réforme du chomage.

Semaine du 20 au 26 :

Durant le week end du 18 au 20 :

Affichage de la,désormais bien connu, banderole « quand tout sera privé, on sera privé de tout » sur le pont de savine, elle y est toujours.

Lundi 20 janvier : Toujours devant les urgences

Pour la 30eme fois, une centaine de personne sont présentes devant les urgences de Sisteron contre leur fermeture pendant la nuit.

Mardi 21 janvier : Occupation bruyante devant l’hotel du département
Jeudi 23 janvier

– Blocage de la centrale EDF de Oraison

– Manif au flambeau à Gap
La manif au flambeau s’élance dans Gap vers 18h30 en passant rue Carnot. Blocage du rond point des vaches en musique, un chauffard force le passage en essayant d’écraser des personnes devant les flics qui ne bouge pas hormis pour le protéger lorsqu’il est revenu taper embrouille, la foule leur fait comprendre qu’ils sont des pourritures. un feu de cagette est allumé sur le rond point, un flic, alias « le roquet » tente d’éteindre le feu, un deuxième feu est allumé, il repart bredouille devant les manifestants lui faisant comprendre qu’ieles toléraient ses manière. Ca repart pour une petite manif sauvage en passant devant la prison, où un parloir sauvage est improvisé. Les flics un peu sur les dents, semblaient chercher quelqu’un à la fin de la manif.

Vendredi 24 janvier

– manif à Gap
1000 personnes à la manif de gap pour un moment joyeux, ça chante ça danse jusqu’à la fin devant le commisariat, où la tête de macron est lancé en l’air sous des airs de musique. Une nouvelle embrouille avec un auto-mobiliste qui a agressé des manifestants et s’est vu protégé par les flics.

– manifestation à Digne

– rassemblement des avocats à l’audience solennel du tribunal de Digne, la grève a été reconduite en début de semaine.

– banderolle pendant une épreuve du rallye Monte Crado

– Soirée de soutien aux grèvistes
Bon moment à l’impro, avec plusieurs groupes de musique et les fameuses merguez de la CGT.

Samedi 25 janvier

Blocage de l’assistance du rallye, CRS en masse, manif écolo

Aparté sur la machine répressive dans les Alpes du Sud :

– Un nouveau procès dans les hautes alpes : https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/01/24/repression-devant-la-prison-de-gap-pour-avoir-manifeste-du-soutien-aux-prisonniers/

– Audience annulé au tribunal de Digne mardi par une grève des avocats.
https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/01/22/la-machine-judiciaire-toujours-grippee

– 8 jours et tout son sursis pour une personne n’ayant pas accepter son refus d’aménagement de peine, et y ayant répondu par une fuite. Une peine clémente pour le daubé …

– Garde à vue sans avocat ni interprète, 1 dossier pour 9 avocats, refus de l’audience par ses avocats, préventive pour l’accusé
https://www.ledauphine.com/edition-gap-alpes-du-sud/2020/01/22/hautes-alpes-neuf-avocats-pour-la-defense-d-un-prevenu

National :

Quand la France se rebelle : une cartographie des mouvements sociaux en cours

https://www.bastamag.net/Education-sante-justice-retraites-cartographie-des-mouvements-sociaux-en-cours

– Manifestation du 24 janvier, détour par plusieurs villes :

Manifestations du 24 janvier contre la réforme des retraites

– Ca chauffe à Valence :
https://www.ledauphine.com/societe/2020/01/25/a-valence-la-manifestation-des-gilets-jaunes-contre-la-reforme-des-retraites-prend-la-route

– Actualité du mouvement jour par jour et en musique :
https://www.youtube.com/channel/UC8geRssRS17GW-KtCmr8HYw

– Les permanences LREM dans le viseur :
https://sansattendre.noblogs.org/post/2020/01/22/dinan-cotes-darmor-le-depute-lrem-se-fait-repeindre-sa-permanence-lintersyndicale-a-son-chevet-21-janvier-2020/
https://sansattendre.noblogs.org/post/2020/01/25/les-permanences-lrem-continuent-a-prendre-des-couleurs-24-janvier-2020/

Chaque jour apporte son lot de permanences politiques défigurées

De Grenoble à l’Hérault, les permanences électorales continuent à être prises pour cible

– Lycée bloquée partout en France :

C’est l’heure des épreuves du nouveau bac, mais les lycéen.ne.s bloquent les bahuts

Internationnalisme :

– Parce que le Chili s’est réveillé et n’est pas prêt à aller se pieuter !

Ouverture d’une page d’information pour aider la communication entre francophone et hispanophone
https://paris-luttes.info/parce-que-le-chili-s-est-reveille-13382?lang=fr

Analyse :

– Le sentiment national en manif
https://rebellyon.info/Le-Sentiment-National-en-manif-21553

– Étouffer, intimider, criminaliser : bilan d’une année de maintien du désordre à Lyon :
https://rebellyon.info/communique-Etouffer-intimider-21761

Revue de presse du 13 au 19 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur les mouvements contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes et plus.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

C’est ici

 

La semaine du 13 au 19 :

Mardi 14 : Blocage du conseil départemantal, manifestation et apéros festifs devant les voeux du MEDEF.

Après un blocage du conseil départental le matin, plusieurs centaines (300 ou 400) de manifestants ont défilé dans les rues de Gap, en faisant plusieurs arrêts sur des endroits stratégiques pour la circulation économique. Le cortège est ensuite allé jusqu’à l’inspection acadamique puis, est reparti en sauvage jusqu’au Quattro, où le MEDEF devait se retrouver pour leurs voeux. Un accueil fetifs et coloré leur à été préparé.

 

Mercredi 15 :

Blocage surprise des trains et des voitures à Gap pendant 1h30.

Occupation devant le site de Géométhane

Jeudi 16 : manifestations à Laragne, à Gap et à Digne

Manifestation à Laragne le matin pour soutenir l’hopital psychiatrique qui s’est vu divisé par 2 son nombre de lite depuis 2015, discours sur les conditions de travail et sur les conditions des personnes soignées. Le soir, c’était une manifestation aux flambeaux qui était organisé à Gap, où une vente de pain avait été organisé par les grêvistes pour leur caisse de grêve. Un cheque de 6000€ a aussi été donné aux cheminots.

800 personnes à Digne-les-Bains

Actualité nationale :

Du 08 au 12 janvier

Du 13 au 18 janvier

D’autres actions au niveau national

Blocages de lycées

 

Analyse du mouvement en cours :

Appel à bloquer les villes le 26
Que les ténèbres soient
Il faut durcir le mouvement
Mediapart : Un mois après, un mouvement social devenu « hors normes »
Acta : Autonomie et contre-pouvoir repenser la question de l’organisation après le mouvement des Gilets Jaunes

Chronique d’un monde en lutte :

Deux mois de révolte contre l’état du Chili – Bilan rapide, projection instinctives et négations permanentes

 

Revue de presse du 06 au 12 janvier

Rapide revue du presse locale et nationnale sur le mouvement contre les retraites.

Au programme, manifestation à venir, retour sur la semaine passée, et informations globales sur le mouvement et la réforme concernée.

Local :

Les jours qui arrivent :

– Mardi 14 janvier : 14h pref gap

– Mercredi 15 janvier : 9h30 esplanade de la paix gap

– Jeudi 16 janvier : 10h30 place des aires laragne

 

La semaine du 06 au 12 janvier

– Manifestation du jeudi 09 janvier :

Entre 2650 et 4500 personnes à Gap et Digne-les-bains :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/09/reforme-des-retraites-les-avocats-demarrent-la-journee-de-mobilisation

– Vendredi 10 janvier : Piquet de greve devant l’inspection acadamique

Piquet de greve

Piquet de grève interpro devant l’inspection académique ce matin
Des profs, des cheminots, des territoriaux, …
Une cinquantaine de personnes
Belle réussite

– Pique-nique devant la permanence de la député LREM

Pique nique permanence député

https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2020/01/10/gap-des-manifestants-taguent-la-permanence-de-la-deputee-pascale-boyer

– Samedi 11 janvier : AG constituante du collectif inter-santé sud alpes :

https://www.ledauphine.com/social/2020/01/11/gap-pres-d-une-centaine-de-personnes-manifestent-devant-l-hopital

Collectif inter santé sud alpes : www.facebook.com/groups/533503474175301

– Manifestation du samedi 11 janvier

– Gap

manif 11 janvier

Près de 600 personnes dans les rues de Gap
On est pas près de lâcher

– Manosque :

manif 11 janvier manosque

500 manifestant.e.s à manosque

Global :

– Violence policière à Paris le 09 janvier et réponse des manifestants le 11 janvier :

Violence policière le 09 janvier :

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE

VIOLENCES POLICIÈRES : NOUS SOMBRONS VITE Jeudi 9 janvier, un voile supplémentaire s’est levé sur la réalité de ce qu'est la Police. Le point de bascule est atteint. La mutation fasciste accomplie. Ce film grave la douloureuse mémoire de cette journée. (Activez le son)Une mémoire qui resurgit des heures sombres, d’une Histoire particulière : celle d'une Police qui s’est longuement entraînée dans les quartiers, les cités pour commettre ses exactions et ses expérimentations d’armes et de techniques… C’est une Histoire tachée de sang et aujourd’hui tout le monde la voit enfin au grand jour. Aujourd’hui, plus personne ne sera épargné.vidéos : Brice Ivanovic (twitter), mtgphotographe (twitter), Gabin pour Vécu, Laurent Bigot (twitter), Line Press, Spunick

Gepostet von Cerveaux non disponibles am Freitag, 10. Januar 2020

La réponse des manifestants le 11 janvier :

– La grêve dans tout le pays :

https://expansive.info/La-greve-dans-tout-le-pays-a-travers-les-sites-du-reseau-Mutu-1943

– Regagner du pouvoir quand on est salarié.e :

https://manif-est.info/Regagner-en-pouvoir-quand-on-est-salarie-e-1292.html

– Sur la réforme des retraites :

Réforme des retraites

– Communiqué de l’intersyndical du 11 janvier :

Communiqué de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-SOLIDAIRES-MNL-UNEF-UNL ce samedi 11 janvier 2020Jusqu’à la victoire Les …

Gepostet von CGT Confédération Générale du Travail am Samstag, 11. Januar 2020

 

Pour l’abolition de la retraite !

Nous publions ici un texte reçu sur notre boîte mail qui aborde la question de la réforme des retraites sous un angle intéressant…

 

Mon père a attendu toute sa vie sa retraite pour, disait-il, pouvoir enfin faire ce qui lui plaisait. Il n’a pu « profiter » de sa pension et de son temps que pendant quelques mois… Ceci pour souligner que si on ne peut pas profiter de la vie avant l’âge de la retraite, ce n’est pas après que cela sera vraiment possible.

La retraite est une vaste escroquerie, un miroir aux alouettes, le colifichet que l’on agite aux salariés pour les aider à supporter une réalité économique quotidienne de plus en plus vide de sens pour une majorité d’entre nous. La retraite n’a jamais consisté en une « récompense » d’une vie de labeur et de renonciation : elle ne consiste au final qu’à prendre acte qu’au-delà un certain point la « machine humaine » n’est plus assez rentable, plus assez fiable, plus assez souple, que son taux de pannes devient contre-productif… Ce n’est pas un hasard si l’âge de départ à la retraite correspond en gros à l’espérance de vie en bonne santé…

Ce qui se joue aujourd’hui dans ce dernier projet en date de réforme des retraites, c’est la détermination de ce seuil de compromission entre les besoins en main-d’œuvre des grands acteurs de l’économie et la soutenabilité de sa charge financière pour les finances d’Etat : la qualité de vie résiduelle des laissés pour compte de cette mécanique infernale n’est bien sûr que la cinquième roue du carrosse. Son objectif est on ne peut plus simple : il s’agit de réduire les coûts sociaux globaux de ce poste comptable sur le dos des bénéficiaires individuels en enrobant le tout dans un pseudo discours égalitariste et sous de faux oripeaux universalistes pour faire passer l’amère pilule.

Chaque euro cotisé donnerait les mêmes « droits » à chacun : l’arnaque est bien entendu ici que chacun n’a pas le même nombre d’euros, et que donc ce mécanisme ne fera que renforcer et aggraver pendant la retraite les insupportables niveaux d’inégalités de la période dite active. L’explosion de la précarisation des emplois ne fera mécaniquement que plomber les « droits » disponibles en fin de parcours.

Mais tout cela n’est pas le plus grave : le scandale de la retraite est ailleurs. En effet celle-ci est présentée comme une sorte de « libération » ou de « récompense » alors qu’elle ne fait qu’aggraver et radicaliser tous les processus d’exclusion sociale déjà à l’œuvre dans la vie dite active. La mise sur la touche des « vieux », palpable pour les retraités, est cependant un processus qui commence très longtemps avant, et je serais tenté de dire dès le début de l’entrée dans le salariat (salariat standard ou auto-salariat au rabais dans ses diverses formes plus contemporaines). L’exclusion du retraité de la vie sociale n’est en fait que le revers pervers de la privation de vie sociale du salarié. Que les salariés partagent en commun cette privation ne peut pas vraiment être considéré positivement comme vie sociale…

Entre deux maux, sans doute vaut-il mieux être à la retraite qu’au boulot. C’est du moins mon avis – et ma situation. Mais la retraite n’est pas un « droit », c’est, ou ce devrait être vécu comme un infamant solde pour tout compte d’une vie spoliée. Le compte n’y sera jamais. La retraite ne compensera jamais le temps perdu, le temps volé, le temps détourné pendant les plus belles années de notre existence au service de la marchandisation de tout et de tous.

Accepter le principe de la retraite, c’est accepter le principe du découpage arbitraire de nos vies, c’est accepter que nous ne soyons pas maîtres de la dimension sociale de nos existences, c’est accepter ce marché de dupes selon lequel il y aurait une quelconque équité à échanger la sueur de nos meilleures années contre le temps sans véritables moyens de nos plus ou moins poussives, toussives, dernières années.

Le concept de « droit à la retraite » est aussi horripilant et crispant que celui de « droit au travail » : ces « droits » ne sont au final que des conventions qui institutionnalisent un rapport de force donné, et provisoire, entre les intérêts complémentaires des acteurs économiques. Discuter du caractère économiquement raisonnable et soutenable du montant des retraites, comme du montant des salaires, c’est nécessairement tresser la corde avec laquelle on sera pendu.

Ce qui est ici en cause ce n’est pas le montant les retraites ou des salaires, c’est le contenu de la vie que l’on accepte d’avoir en échange de ces montants, c’est le contenu de la vie auquel on renonce en échange de ces pauvres compensations. La question qu’il faut se poser est celle de savoir quelle vie est rendue impossible par l’existence du système des salaires et des retraites, du fait même de leur existence, et non pas de la plus ou moins grande faiblesse de leurs montants.

Derrière ce projet de réformes des retraites, par-delà son aspect comptable, ce qui est en cause c’est la tentative de créer un nouveau consensus politico-économique. Il s’agit d’acter dans les réformes institutionnelles en cours, dont celle des retraites, la fin idéologique des dites « trente glorieuses », fin idéologique qui n’est que le pendant de la disparition effective de l’organisation fordiste du travail qui avait atteint son apogée à cette période. Les derniers grands contingents de travailleurs qui ont encore connu cette époque viennent d’ailleurs ces derniers temps d’accéder à la retraite…

La perte d’influence des syndicats et des partis politiques, amorcée il y a une quarantaine d’année, débouche aujourd’hui sur un no man’s land historique qui met aux prises un capitalisme sans projet (le néo-libéralisme a sombré dans la crise de 2008), caractérisé par ses seuls soucis de rentabilité à très court terme, et un corps sociétal orphelin de tous ses repères passés. Ce serait à mon sens une très grave erreur d’opposer un capitalisme idéologiquement puissant à une société idéologiquement anémiée : les deux sont nécessairement de même niveau. C’est pour moi un impératif dialectique.

Le projet de retraite défendu par le pouvoir ne peut pas être fondamentalement attaqué sur des bases comptables, ni non plus en cherchant à réactiver l’esprit du CNR (Conseil Nationale de le Résistance) avec ses impératifs de solidarité et de partage entre générations, fondement du principe des retraites par répartition. : son socle sociologique et industriel a disparu pour l’essentiel.

Ce projet a pour ambition de faire bouger les lignes, dans la continuité des récentes « lois travail ». Il s’agit d’essayer de réorganiser la société en positivant la technocratie comme remède au vide politique. Ce projet nécessite donc de gommer toutes les références aux anciennes socialités collectivement vécues : d’où le remplacement du principe de solidarité issu d’un collectif partagé, par celui de droits abstraits économiques (1 euro cotisé etc.). L’enjeu semble bien être d’abord idéologique, puisque le gouvernement semble prêt à lâcher tout le lest nécessaire quant à son application dans le temps : s’il réussit à faire passer son principe, l’organisation de la disparition des solidarités anciennes, il est vrai que plus grand chose ne pressera vraiment à court terme.

L’enjeu du conflit qui s’annonce est pourtant important : non pas à travers la « défense des acquis sociaux » comme prétendent nous le servir une fois de plus les syndicats, mais plus fondamentalement par la définition active de la place souhaitable des humains dans ce monde déboussolé, place souhaitable de plus en plus visiblement en contradiction avec la défense des statu quo salariés. Même pour « sauvegarder » un minimum de ces anciens acquis à défaut de mieux, cela ne pourra se faire qu’en affolant le pouvoir en portant le dissensus social sur un autre terrain que celui de l’économie : celui du (non-)sens de la vie avant, pendant et en-dehors du travail, plutôt que sur le degré de préservation de la capacité de consommation des retraités après leur mise au rebut.

Nous sommes confrontés au paradoxe suivant : si le capitalisme ne peut survivre sans remettre en cause les statu quo salariés, la critique du capitalisme passe également par leur remise en question, mais bien entendu, nécessairement, sur d’autres bases.

Dans une vie digne d’être vécue, la notion de retraite ne devrait avoir aucun sens.

Louis – Colmar, le 2 décembre 2019

Le 5 décembre à Gap, chômeuses et chômeurs dans la partie !

Chômeuses et chômeurs en grève !

Saisonnières, chômeurs, intérimaires, précaires : agissons contre les réformes !

Des ronds entre les saisons ! À qui profite l’intérim ? Nous sommes quatre millions et on va pas se laisser faire !

Jeudi 5 décembre 2019 à Gap à 9h30

au Parc de la Pépinière (au kiosque)

pour discuter et partir déambuler !

Amène de quoi partager, faire du bruit et t’amuser !

« La meilleure façon d’abolir le chômage, c’est d’abolir le travail et l’argent qui lui sont associés. Supprimer le travail en le transformant en une activité utile, et se réapproprier la vie sont une seule et même chose »

On est là pour défendre nos allocations même si le chômage et la retraite, on n’y croit plus depuis longtemps. Mais nous croyons encore en la possibilité de bouleverser le monde et de prendre du pouvoir sur nos vies.

Pour un monde sans chômage, ni retraite !

Ah tiens, encore une réforme du chômage ! Nous voilà bien, il va falloir travailler plus pour gagner moins. Lorsque l’on est saisonnière, intérimaire, précaire : comment on va faire pour joindre les deux saisons ? Aux caisses des supermarchés, pardi ! Malheureusement pour nous, à Géant ils remplacent les humains par des machines, en feintant le code du travail.

Mais à quoi peut servir le chômage ?

Le chômage qui s’est développé massivement ces quatre dernières décennies avec quatre millions de personnes (si on prend les chiffres complets) ne peut pas être le résultat de personnes fainéantes ! Il est sans doutes nécessaire à la mise en concurrence des travailleuses.
Il doit aussi avoir un lien avec l’idéologie du toujours plus et de la technologie capitaliste. Parce que malgré tou-te-s ces fainéant-e-s, l’économie produit toujours plus !
Ceci pour au final détruire la Terre, quand ce n’est pas déjà fait par la guerre.

Il sert pour les travailleuses saisonnières, à garantir, un revenu entre les saisons, qui rend vivable les conditions de travail à 50 heures par semaine pour 1500€ par mois, avec le logement saisonnier à payer. Et pour les intérimaires à avoir des revenus entre deux missions. Intérim dont la souplesse et l’isolement des travailleuses arrange bien toutes sortes d’entreprises !

« Le chômage n’est pas le contraire du travail. C’est un moment du travail. »

Cette attaque contre le chômage, cache mal l’extension du domaine du contrôle économique sur nos vies. « Le problème du chômage est aussi bien celui du travail, et plus encore celui de l’emploi de la vie même ». Car lorsque nous ne travaillons pas pour un patron ou comme auto-entrepreneuses de nos vies, tout un monde s’ouvre à nous ! Des rêves, des désirs d’apprendre, de lire, de cultures vivrières, de faire vivre des espaces non-marchands, des espaces pour travailler des productions communes, de l’entraide, de la solidarité et de la résistance. En fait, si on regarde bien, ça ne fait pas si longtemps que notre vie est entièrement happée par l’argent.

Pourquoi la paysannerie a été détruite ? Combien de chômeuses, de RSAstes sont des paysannes sans terre ou en fermage ? Combien n’ont pas de qualifications, sont discriminé.e.s (parce que trop âgé.e, femmes, racisé.e.s) ? Avez-vous déjà essayer de vous faire financer une formation ? Faut être vraiment déterminé.e, sauf si c’est pour bosser à Disneyland ou poser des compteurs Linky ! Beaucoup de patrons pleurent : « y a personne qui veut bosser », mais combien paient une misère, exploitent leurs apprenti.e.s, tiennent des propos sexistes ou racistes à longueur de journée ?

Pourquoi est-il impossible de vivre chichement et dignement ? Parce que l’on est obligé de payer un loyer, de prendre des crédits, parce que ça fait longtemps qu’il n’y plus d’en-dehors à la société. Nous sommes toutes prisonnières de l’argent ! Celles et ceux, qui nous font croire qu’on va changer le monde « juste en se changeant soi-même », s’aveuglent ou sont bien privilégié.e.s.

Le chômage et le RSA servent bien à payer des loyers, à faire ses courses à Lidl, à faire tourner l’économie, à rendre acceptable le fait que l’on ne peut pas échapper au travail et à l’argent.

« La meilleure façon d’abolir le chômage, c’est d’abolir le travail et l’argent qui lui sont associés.
Supprimer le travail en le transformant en une activité utile, et se réapproprier la vie sont une seule et même chose »

On est là pour défendre nos allocations même si le chômage et la retraite, on n’y croit plus depuis longtemps. Mais nous croyons encore en la possibilité de bouleverser le monde et de prendre du pouvoir sur nos vies.

Frontière italienne : mise à jour sur la répression

(In italiano)

Comme annoncé dans les journaux (https://torino.repubblica.it/cronaca/2019/04/09/news/controlli_sui_migranti_ai_valichi_scoppia_la_pace_tra_l_italia_e_la_francia-223598646/?refresh_ce) en avril, dans les dernières semaines une intensification des relations entre flics italiens et flics français s’est vérifiée.

En premier lieu une collaboration sur le contrôle de la frontière : La présence de militaires français venant inspecter le village de Clavière a été notée deux fois, et au moins trois fois la police italienne s’est déployée en voiture ou à pied au départ d’un sentier reliant Clavière à la France, en bloquant l’accès selon des critères racistes, illégitimes bien que suivant leurs lois de merde.

Nous ne nous lasserons pas de dire que CHAQUE FLIC EST UNE FRONTIERE.

Autre chose a changé dans les modalités de refoulement. Depuis l’expulsion de Chez Jésus (refuge autogéré à Clavière expulsé en Octobre dernier) jusqu’au mois dernier, le point de rencontre entre la police française et italienne se trouvait à l’entrée de Clavière, où il y avait en permanence un commissariat mobile pour identifier les personnes refoulées.

Maintenant, à l’inverse les personnes arrêtées sur les sentiers sans le bout de papier demandé sont traînées au poste de la Police aux frontières (PAF) française en attente de l’arrivée de la police italienne. Cette dernière, selon témoignages directs, peut se faire attendre pendant plusieurs heures après l’arrestation. La police italienne procède ensuite à l’identification, dans les bureaux de la PAF, en créant probablement une situation de contrôle réciproque sur le respect des accords entre les deux pays.

Le temps d’enfermement à la PAF varie sans certitude sur ce qui se passera après: le comportement de la police italienne est totalement aléatoire. Parfois les personnes sont laissées à Clavière, parfois elles sont relâchées à Suse ou à Bardonecche, et parfois elles sont laissées au beau milieu de la nuit sur la nationale à 10 kilomètres d’Oulx.

Même dans les cas où les personnes se font refouler au milieu de la nuit,elles sont emmenées jusqu’à Oulx, et souvent laissées par la police devant la gare. Incidemment les personnes qui étaient passées par la Casa Cantoniera (refuge autogéré à Oulx) reviennent à la maison, mais certaines nuits il y a du monde qui dort dehors devant la gare.L’intensification de la collaboration entre l’Italie et la France prouve que, malgré la stupide propagande salvinienne, l’intention du décret « sécurité et immigration » (avec l’abolition de l’ « aide humanitaire », la fermeture de nombreux centre d’accueil et la création de nouveaux CRAs ) n’est pas tant de se « libérer des migrants » mais plutot de mettre encore plus de personnes dans des conditions de clandestinité et de précarité. Cela rend alors cette force de travail complètement dépendante des patrons, les exposant aux chantages, sous la menace permanente de finir dans un CRA s’ils n’acceptent pas ces conditions.

La dernière « solution » pour ceux qui restent sans documents et qui ne veulent pas céder au chantage d’un travail sous-payé et précaire est souvent de partir. Outre les patrons se lamentant d’une diminution des travailleurs, nous avons beaucoup de témoignages sur cette situation.

Voici par exemple celui d’une homme ayant passé 10 ans en Italie : « En Capitanata, (une des plus grandes zones agro-industrielle pour la transformation et l’exportation de tomates située dans le Sud de l’Italie ), les travailleurs doivent payer pour vivre et être exploité, puisque chaque besoin quotidien se trouve monnayé : chaque repas est payant, tout comme chaque nuit passée dans les tentes, même le trajet du camp au lieu de travail leur coûte 5E par jour s’ils y vont en véhicule. Bien sûr, toujours pour un salaire aussi misérable. S’ajoute à ça la dangerosité des conditions de travail qui a déjà entraîné la mort de plusieurs travailleurs, ceci dans une totale impunité ». Face à ces conditions de travail et de vie plus que misérables, mais également avec les nouvelles complications bureaucratiques pour le renouvellement des papiers et l’augmentation du racisme dans la rue, beaucoup de travailleurs, présents parfois depuis des années, sont poussés à migrer vers le nord de l’Europe.

Le chantage de l’état n’arrête pas pour autant celles et ceux qui transgressent et se rebellent contre les lois racistes. Chaque jour, la frontière continue d’être traversée par des personnes déterminées à continuer leur voyage. Dans les CRA (https://www.autistici.org/macerie/?p=33679) et les ghettos de travailleurs du Sud (http://campagneinlotta.org/foggia-6-maggio-primo-sciopero-della-stagione-per-lavoratrici-e-lavoratori-delle-campagne-torneremo/) il y a de nombreuses réactions contre l’ordre établi.

Au CRA de Turin notamment, les détenus dénoncent que des calmants sont mis dans leur nourriture. Pour cette raison, ils demandent à celles et ceux qui sont à l’extérieur d’apporter : Des légumes pré-cuits en tetrapack (à l’intérieur, le verre et les canettes ne sont pas acceptées et il n’est pas possible de cuisiner), des fruits et légumes emballés, du lait à longue conservation, et tout ce qui peut être consommé sans cuisson et avec un emballage ni en en verre ni en fer.

Nous vous invitons à nous contacter en privé si vous souhaitez envoyer des colis

Loca ! La délocalisation.

Il est des réalités dans lesquelles nous baignons au quotidien, sans nous en rendre compte, lointaines jusqu’à en devenir presque des abstractions : ainsi la notion de délocalisation. Jusqu’à ce qu’un simple coup de téléphone, presque une anecdote, nous rende cette réalité plus proche et concrète. Ainsi, fin juillet, cet appel que je reçois sur le téléphone fixe. Dès la première seconde, je sais qu’il s’agit d’une publicité ; et il faut dire qu’au long des années, je me suis armée pour y faire face, sans avoir réussi à neutraliser complètement le poison.

Parmi les remèdes, que je vous livre volontiers, j’ai naturellement objecté (c’était il y a longtemps) que je n’avais besoin de rien et surtout pas de publicités, pas besoin non plus qu’on m’ « informe » de quoi que ce soit et qu’il n’y avait pas de différence entre leur prétendue information et une publicité déguisée, j’ai tenté l’explication du dérangement provoqué par la démarche, surtout à huit heures le soir, ou le samedi, ou enfin à n’importe quel moment de la semaine, demandé de communiquer directement avec le chef de la personne, parlementé pour qu’on me donne la base de donnée ou qu’on me raye des listes de ces bases de données, j’ai réclamé les coordonnées téléphoniques des appelants au temps où leur numéro étaient cachés, et répondu (lorsqu’on m’en demandait la raison car la plupart du temps, on me raccrochait au nez) que si l’autre s’autorisait à me joindre à mon domicile, j’avais à l’inverse tout autant le droit de le faire, j’ai sollicité le nom de la personne et qu’elle me l’épelle (pour la même raison évoquée), démenti l’identité qu’on me présentait, demandé le nom de l’entreprise qui commanditait ces appels et aussi qu’on me l’épelle lentement avec les vraies coordonnées téléphoniques, j’ai interrogé pour savoir de quelle partie du monde venait l’appel (ce à quoi la MAIF a eu l’occasion de m’affirmer que tous leurs appels venaient de France), j’ai menacé de porter plainte pour appels anonymes, puis rappelé ces fameux numéros lorsqu’ils sont apparus (en 01 quelque chose) sans résultat car ces numéros sont des leurres en vertu de je ne sais quelle possibilité perverse, j’ai tenté d’avertir avec sérénité qu’une plainte était déposée pour appels anonymes et harcèlement et que donc … (c’est pas vrai mais…, bon !), j’ai joué l’étonnement, la gentillesse, la compréhension, la méchanceté, le raisonnement, l’imbécilité, le détachement, la plaisanterie, la galopinerie, la ruse, le mensonge, la clownerie, l’indifférence, l’assurance, la menace (jamais l’insulte), j’ai aussi fait silence absolu au bout du fil (avec des résultats comiques lorsque l’appel venait de proches). Aujourd’hui encore, tous ces calmants ne sont pas inefficaces, mais force est de constater qu’ils n’ont été que palliatifs, apportant malgré tout de larges plages de pauses dans les propositions de ventes et contrats en tous genres.

Depuis quelques temps, j’ai décidé de manifester de l’intérêt, avec des résultats plusieurs fois édifiants. « Bonjour ! Je suis Brckjhohoiendjjjk et blabla… l’isolation. – Ah c’est toi ! Comment vas-tu ? – … (!). Je vous appelle car … – Mais dis-moi d’abord, tu vas bien ? – … (!). Non Madame, je vais pas bien. – Forcément, avec ce qu’on vous demande de faire, ça doit pas être marrant tous les jours. – Non Madame, c’est très dur. – Je peux vous demander combien d’heures par jour vous travaillez comme ça ? – Oui, je fais 10 heures par jour, de 9 heures le matin à 19 heures. Et 5 jours par semaines. – Vous avez quels jours de libres ? – Les samedis et dimanches. – Vous devez vous faire insulter souvent, j’imagine. – Oui, mais au bout d’un moment, on finit par s’y faire. – Non, on croit que ça passe, mais il ne faut pas s’habituer à ces choses, c’est pas bon, ni pour vous ni pour personne. Vous êtes dans un centre d’appels (j’entends un bruit de fond connu) ? – Oui. – Et est-ce que je peux savoir d’où vous m’appelez ? – Je suis au Maroc (tous les centres d’appels d’Orange sont également basés au Maroc). Mais moi, je suis sénégalais (j’avais presque deviné à son accent). Je vous ai dit que je m’appelle Laurent Martin, mais en vérité je m’appelle Abdou. Mais si je dis mon vrai nom, les gens raccrochent directement. – Mon jeune voisin a fait le même travail que vous mais il a démissionné : il donnait 600 coups de téléphone par jour à des médecins, et parfois il n’avait qu’une seule réponse dans la journée. – Oui, c’est ça, 600 appels. – Pourquoi vous faites ce travail ? – Je suis obligé. J’ai un bac plus 3, j’ai fait des études au Sénégal et j’étais admis, à Metz, en physique/chimie à l’université, je devais travailler dans un laboratoire. Je viens de demander un visa pour continuer en France mes études, mais le Maroc m’a refusé le visa, je ne sais pas pourquoi. – Je sais que c’est indiscret, mais est-ce que je peux connaître votre salaire ? – Je gagne 500 euros par mois.

La voix laconique, il m’explique à quoi cela correspond en dinars et en francs CFA mais tout est allé très vite et je n’ai pas compris, sauf que c’est abusé, comme on dit en raccourci. J’ai bafouillé alors que personne ne devrait travailler dans de si mauvaise conditions et qu’il méritait davantage et qu’il fallait qu’il renouvelle ses tentatives pour obtenir son visa. En vérité, je ne savais trop quoi dire pour lui communiquer courage et optimisme, tant je me sentais moi-même écrasée par la réalité de la délocalisation qui a pris ce tour si proche, à ce moment-là.

Aujourd’hui 2 août, Abdou a rappelé. Directement, il me rappelle son surnom français que j’avais parfaitement retenu et son dernier coup de téléphone pour blabla l’isolation. – Vous vous souvenez ? – Oui, bien sûr. – Et bien ce mois-ci, ils m’ont donné 250 euros, alors que j’ai travaillé 50 heures par semaine. – Pour quelles raisons ? – … (Il ne sait pas, il parle d’une histoire de papiers et je n’ai pas compris). Puis il me répète qu’il a étudié au Sénégal pendant trois ans en bio-technologie, Sciences de la matière. – Vous n’avez pas peur d’être sur écoute, dans votre centre d’appels ? – Ils n’écoutent pas tous les appels.

Mais, très vite, il a raccroché.

Communiqué du collectif des travailleurs sociaux du 05

Nous, travailleurs du social et du médico-social des Hautes Alpes dénonçons la marchandisation du travail social :

  • réduction des budgets de l’action sociale
  • techniques de management basées sur le contrôle au détriment de l’humain
  • informatisation accrue qui nous éloigne de notre cœur de métier : la relation.

Ces réalités sont enrobées dans des discours lénifiants comme « la solidarité en action », « l’usager au coeur du dispositif » ou dans des termes vidés de sens comme « inclusion » ou « bonnes pratiques ».

La mutualisation des moyens et l’uniformisation des pratiques sont des leitmotivs de nos employeurs et de nos financeurs respectifs, qui cachent en réalité des coupes budgetaires drastiques.

L’informatisation complexe de toutes les démarches administratives éloignent les plus fragiles de l’accès à leur droits.

Les personnes sont rendues responsables et coupables de leurs situations, ainsi les politiques trouvent un prétexte pour se désengager de leurs responsabilités.

Partant de ces constats nous nous sommes constitués en collectif pour :
– échanger
– diffuser nos constats
– décloisonner, penser collectif
– penser nos interventions et nos métiers
– défendre les droits des usagers
– se mobiliser

Travailleuses et travailleurs sociaux et médico-sociaux, rejoignez-nous en envoyant un mail à cette adresse : collectiftravailleursociaux05@lists.riseup.net

Nous nous retrouvons un lundi par mois à 18h à Gap

Le collectif des travailleurs sociaux 05

Des Gilets Jaunes des Hautes-Alpes emprisonné.e.s à Montpellier

Quelques articles repris de-ci, de là nous permettent d’en savoir plus.

Liberté pour tou.te.s !

 

 

Le Daubé le 13/06/2019

Deux gilets jaunes haut-alpins écroués dans l’Hérault

Un appel aux dons a été lancé sur les réseaux sociaux après que deux Haut-Alpins, dont l’une est fer de lance des gilets jaunes à Gap, ont été placés en détention pour purger une peine de trois mois de prison ferme.

https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/06/13/deux-gilets-jaunes-haut-alpins-ecroues-dans-l-herault-apres-l-acte-xxx

 

 

Le Poing le 12/06/2019

Montpellier : la juge Boussaguet surpasse le procureur et envoie 4 gilets jaunes en prison

Après les brutalités policières, l’arbitraire judiciaire. Le tribunal de grande instance de Montpellier a fait preuve ce mardi d’une extrême sévérité à l’égard des six gilets jaunes présentés en comparution immédiate. Malgré des accusations bancales, quatre d’entre eux sont partis en prison à l’issue de l’audience, un autre a pris du sursis et un autre a été libéré sous contrôle judiciaire. La juge Geneviève Boussaguet a été au-delà des réquisitions du procureur et ne s’est pas vraiment intéressé au droit. Le Poing fait le point.

Des prévenus maltraités et sévèrement condamnés

Conformément aux consignes du gouvernement, les policiers sont allés au contact samedi dernier à Montpellier lors de l’acte 30 des gilets jaunes. De nombreux manifestants ont été blessés, et les autorités parlent de dix-neuf personnes interpellées et placées en garde à vue. Six personnes auraient été relâchées de la garde à vue, et treize autres auraient été déférées lundi pour passer devant le juge des libertés et de la détention.
Sur ces treize, sept ont été libérées lundi avec des contrôles judiciaires stricts, comprenant notamment des interdictions de paraître à Montpellier, et des convocations ultérieures au tribunal pour des procès qui auront lieu cet été. Parmi eux figurent Dylan, éborgné le 1er mai à Montpellier par une grenade de désencerclement, et Casti, éborgné par un lanceur de balles de défense en 2012. Parmi ces sept personnes, certaines présentaient des marques de blessures causées par les policiers lors de l’interpellation : l’un boitait, un autre avait un œil au beurre noir, et un autre, qui n’a pas pu prendre ses médicaments lors de sa garde à vue, souffrait d’une contusion à l’épaule.
Six autres ont été placés en détention provisoire et sont passés mardi en comparution immédiate. Après deux jours de garde à vue et une nuit en détention provisoire, ils avaient tous l’air exténués et une gilet jaune, violentée lors de son interpellation, est arrivée en béquille et ne parvenait pas à se lever pendant l’audience. Ces stigmates n’ont visiblement pas ému la juge Boussaguet, qui a prononcé deux condamnations à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt plus trois mois de sursis et une condamnation à huit mois de prison avec sursis pour les trois qui n’ont pas demandé de délai lors de l’audience, et deux détentions préventives et une libération sous contrôle judiciaire pour les trois autres qui ont réclamé un report (les procès se tiendront cet été). Ces peines sont supérieures à celles requises par le procureur Tixier, qui avait réclamé un mandat de dépôt, et non quatre. On notera d’ailleurs que pour l’une des deux personnes envoyées en détention provisoire, le procureur avait requis, en vain, une libération sous contrôle judiciaire pour « des raisons de santé ».

Le Pressoir le 11/06/2019

Gilets Jaunes interpellé·e·s à Montpellier lors de l’Acte 30 : 4 détentions provisoire et 7 libération sous contrôle judiciaire

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Lu sur la page facebook de l’assemblée générale de Montpellier contre les violences d’état – commission juridique gilets Jaunes de Montpellier.

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont Dylan, éborgné par la police le 13 mai dernier, et Casti, éborgné par la police en 2012. Certaines personnes ont été libérées du commissariat (avec ou sans convocation ultérieure au tribunal, nous ne le savons pas), et d’autres ont été déférées ce lundi 10 juin au tribunal de grande instance (TGI) de Montpellier pour passer devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui en a placé quatre en détention provisoire en attendant les procès en comparution immédiate qui auront lieu ce mardi 11 juin à 14h au TGI. Nous appelons à cette occasion à se rassembler ce mardi à 13h30 devant les grilles du TGI (place Pierre Flotte) pour soutenir les prévenus.

Le détail :

  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet au TGI pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une libérée sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 22 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 5 août à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 29 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations.

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article1490

Une analyse de la démocratie directe suisse

A l’heure où une partie des revendications des gilets jaunes porte sur la démocratie directe, avec notamment la proposition d’instaurer le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne), il est intéressant de voir quels effets elle peut avoir chez nos voisins — notamment en matière de pacification des luttes sociales.
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23 février : Appel national contre les frontières (Mise à jour 25 février)

Une nouvelle personne est morte à la frontière briançonnaise.

Il s’agit de la quatrième personne morte à la frontière en moins d’un an dans les Hautes-Alpes, la vingt-sixième en trois ans à la frontière franco-italienne. La répression contre les personnes qui traversent les frontière et celles qui leur sont solidaires ne cesse de s’accroître, comme l’ont montré la semaine passée les expulsions et les arrestations de militant·es à Turin.

Les frontières sont le signe d’un monde réservé à l’usage d’une élite riche, mondialisée, mobile. Mais il ne se construit que grâce à l’exploitation de tous ceux qui en sont exclus et n’en profitent jamais. Ce monde prospère grâce aux richesses et aux ressources pillées aux anciennes colonies par des siècles d’expropriation. Il fonctionne grâce au travail quotidien de salariés dont on massacre toujours plus les conditions de travail.

Ici à Montgenèvre, les stations de ski ont été bâties en grande partie par des travailleurs immigrés italiens, pour le loisir de consommateurs plus aisés. Aujourd’hui, ceux qu’on nomme “migrants” empruntent les mêmes chemins pour venir travailler en France, où leur force de travail sera exploitée ailleurs, mais toujours pour alimenter les rouages du capitalisme. Ce système d’exploitation à grande échelle précarise toutes les vies, jusqu’à organiser la mort des plus invisibles et des plus oubliés. Les frontières sont des lieux où les polices et les armées des états capitalistes mènent une guerre aux plus pauvres tout en faisant fructifier l’industrie de l’armement. Mais ces lieux ne font que rendre visible la violence globale que le capitalisme exerce contre la main d’oeuvre qui le fait fonctionner. Exploités jusqu’à mourir sur un chantier, dans la mer ou dans une plantation, nous sommes tous des corps dispensables au gré des logiques de marché.

Ce système repose sur la mise en concurrence des travailleurs entre eux. Les frontières permettent aux Etats capitalistes de créer de la richesse avec le transport des marchandises, et de maintenir au plus bas les conditions de travail sur leur territoire, en menaçant constamment les travailleurs locaux de la concurrence d’une main-d’oeuvre “sans-papiers”, donc plus corvéable et plus soumise. Or, c’est en s’appuyant sur notre force de travail que le capitalisme mène sa guerre contre nous tous : l’étranger qui est présenté comme un ennemi n’est pas autre chose qu’un frère ou une soeur qui partage la même condition d’exploitation.

Refusons ces frontières qui nous divisent et rejetons plutôt les liens qui nous unissent à nos oppresseurs. Faisons front commun, contre les frontières, contre ceux qui profitent et accumulent les richesses de ce monde aux dépends de nos vies.

Samedi 23 février, une manifestation sera organisée au pays basque, à la frontière entre la France et l’Espagne, pour dénoncer le système d’exploitation impérialiste dont la migration n’est que la partie la plus visible.

A la frontière italienne, rassemblons-nous pour faire écho à leur lutte à toutes celles qui sont menées actuellement, en France, en Italie, au Soudan, en Irak, pour manifester une révolte commune.

Mise à jour 25 / 02 : une petite centaine de personnes étaient présentes au rassemblement. Ca a démarré par une brève occupation du télésiège de Montgenèvre, pour interpeller les skieurs sur la chasse à l’homme exercée par la police aux frontières qui fait courrir un danger de mort aux exilés. La réaction des touristes était variée, certains étant à l’écoute, d’autres donnant des coups de ski pour ne pas perdre quelques minutes de loisir. On a continué par une déambulation dans la ville qui s’est achiminée sur le rond point côté Clavières. Là, des gendarmes mobiles (aux nombre de 6 fourgons) sont intervenus pour évacuer le rond point et maintenir la normalité de ce monde. Le cortège est revenu vers la ville, où certains tenanciers de café ont manifesté leur hostilité pendant que des témoignages sur l’enfermement dans les centres de rétention étaient lus.

Jaune : le journal pour gagner

Le journal

Jaune est un état d’esprit. Celui de la détermination. Après deux mois de lutte, on a ressenti le besoin de porter clairement les positions de la victoire au sein d’un mouvement qui ne manque pas de VRP en tout genre pour nous vendre les solutions de la défaite clé en main. Ces gens-là ont des forces, ils ont des thunes, des moyens de propagande, et on se retrouve parfois séduits par leur mirage, souvent étouffés dans leur proposition. Ce constat, on l’a retrouvé dans plusieurs villes de France et c’est à partir du partage d’expériences qu’on a lancé le journal. Nous voulions faire exister les positions de la victoire, les assumer et permettre leurs discussions. En parallèle du journal papier dont la publication dépend de nos capacités financières logiquement maigres, nous tenons un journal en ligne jaune.noblogs.org sur lequel nous publierons les différentes contributions qui vont dans le sens de l’extension et l’approfondissement du mouvement. Nous les publierons ensuite dans la prochaine édition. Pour nous faire parvenir vos impressions, vos récits, vos analyses, pour nous soutenir financièrement, pour commander des journaux, vous pouvez écrire à lisezjaune@riseup.net 

Edito de Jaune N°1 :

Gagner. Cela peut paraître ambitieux pour celui qui n’a pas participé au mouvement des Gilets Jaunes. Les voitures tournent à l’essence, nous on carbure à l’ambition. Depuis le 17 novembre, nous sommes des centaines de milliers à passer à l’action. On se rencontre sur les ronds-points, on s’organise pour bloquer l’économie, on se défend ensemble contre la police en manifestation. On n’a jamais vu une telle détermination des « gens de rien » depuis des lustres. Et on ne compte pas s’arrêter là. Ce journal, c’est pour ça. C’est pour continuer. Et surtout, c’est pour gagner. Mais gagner quoi ? Ou plutôt jusqu’où ? Personne n’est en mesure d’y répondre mais nous prenons le parti de ne pas brider nos ambitions. Nous sommes pour l’extension et l’approfondissement du mouvement, contre une vie trop chère pour être vécue. Qu’il rentre dans le quotidien de tous les gens qui galèrent dans ce pays. Qu’il déborde des frontières de la France sans aucune modération, comme c’est déjà le cas en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en Irak, au Soudan etc.

Pour cela, le mouvement n’a pas besoin de direction. Bien au contraire, ce que les politiciens appellent « orientation », qu’elle soit nationaliste, confusionniste, citoyenniste ou raciste, c’est une façon de canaliser la révolte, d’en écraser certains avant d’écraser tout le monde, pour que les bourges continuent à se gaver. Dans ce journal, on cherche plutôt à savoir comment on peut rendre ce mouvement moins contrôlable et plus fort qu’il ne l’est déjà. Comment on développe des solidarités avec tous les prolos sans exception pour tenir ensemble contre cette vie misérable ? On y discute des stratégies de lutte, comme la grève ou encore le blocage, mais aussi des manœuvres ennemies, en particulier de la répression qui nous frappe et de la réponse pratique qu’on doit fournir pour ne laisser personne sur le carreau.

On voit la presse, la classe politique et les patrons s’époumoner pour diviser le mouvement. Ils crient « casseurs », « violence », « terroristes ». Ils n’ont que ça à la bouche pour nous dissuader de lutter, et ce qui est magique, c’est que leur tour ne fonctionne pas. On ne va pas pour autant dire que tout est rose dans ce qu’on vit depuis deux mois. L’engagement est exigeant, les vautours sont à l’affût, nos galères de fin de mois sont toujours là et l’horizon qu’on nous promet ressemble à un film apocalyptique. Nous refusons ce futur et c’est pour cette raison qu’on bricole les moyens d’en finir. On en propose quelques uns dans les pages qui suivent. Jaune, le journal pour gagner.

Vous pouvez télécharger la version papier qu’on diffuse en cliquant ici : Jaune#1 (web)

La chasse aux chômeurs est rouverte

Voici quelques éléments concernant l’attaque en règle du droit au chômage en cours, qui s’annonce comme une véritable chasse aux chômeurs, avec comme trophée de chasse pour les patrons 5 milliards d’euros et de la main d’œuvre disciplinée. On entend pas mal parler en ce moment d’un décret d’application d’une loi votée l’été dernier sur le contrôle des chômeurs. Le décret a été promulgué le 30 décembre et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est vraiment bourrin . Déjà on a Pôle Emploi qui fait passer son armée d’agents uniquement dédiés au contrôle des chômeurs de 215 à 600 en 2018, et veut les passer à 1000 d’ici 2020, tout en supprimant des postes de conseillers.

Mais le versant le plus vénère de ce décret, c’est la question des sanctions. Rater des RDV, des convocations, ne pas fournir assez de preuves de sa « recherche active d’emploi », ce sera s’exposer à des sanctions lourdes . Ainsi, on pourra voir ses droits suspendus progressivement sur une période de 1, puis 2, puis 6 mois. Le petit côté magique c’est que cette suspension ne vaut pas radiation, autrement dit on est toujours allocataire… donc pas éligible au RSA. Ce décret inaugure donc le concept de mois à 0 euro de revenu, ce qui devrait être suffisant pour mettre tout le monde dans la rue en un rien de temps. Mais accrochez-vous, c’est loin d’être fini…

En effet il y a une autre nouveauté de taille dans ce dispositif de sanction : la SUPPRESSION de droits au chômage. Vous savez, ceux pour lesquels vous avez cotisé sur votre salaire ? Eh bien dorénavant il sera possible de les supprimer. Autrement dit, Pôle Emploi sera en capacité, en guise de sanction pour avoir été un mauvais chômeur, d’anéantir définitivement une partie de votre salaire que vous aviez cotisé en bossant. Retour à la case départ, zéro droit au chômage. Ces sanctions s’appliquent en cas de refus de deux « Offres Raisonnables d’Emploi » (ORE). Les ORE sont désormais désindexées de l’emploi précédent : il faut accepter n’importe quel emploi proposé même si plus précaire et moins payé que le précédent.

Bref ce décret permet d’intensifier le contrôle des chômeurs et leur serrer la vis dans le but de leur faire accepter des emplois précaires et mal payés, sous peine de suspension voire suppression de droits au chômage. MAIS ce n’est pas tout !

Car en plus de ce décret, une négociation est en cours depuis quelques mois, autour d’une réforme de l’Assurance Chômage, qui devrait être votée en février. Et bien évidemment, cette réforme poursuit la même logique de chasse aux chômeurs. Elle a en premier lieu l’objectif de mettre en place la fameuse dégressivité des allocations, c’est à dire leur diminution dans le temps, afin de « remotiver » les chômeurs qui auraient cotisé suffisamment pour toucher 6 mois ou plus d’allocations.

L’autre chantier de cette réforme est de réduire les « coûts » de la permittence. Les permittents, c’est ceux qui enchaînent périodes de chômage et de travail, contrats précaires, saisonniers, intérim, etc. La méthode consiste à « lisser » les droits des permittents, en modifiant le calcul des droits de manière à les étirer dans le temps, ce qui de fait réduit très fortement le montant journalier moyen versé. Par exemple après des contrats courts et de l’intérim 2-3 jours par semaine, on toucherait 400 €/mois sur 8 mois au lieu de 800 €/mois sur 4 mois, ce qui inciterait à accepter rapidement n’importe quelle offre pour avoir un revenu correct. Il s’agit donc de défendre collectivement notre droit au chômage, ce qui nous concerne tous directement car contrairement à ce qui est dit, répété il ne s’agit pas d’une réforme visant à réprimer « la fraude » ou du moins ce qui est désigné comme tel.

C’est un ensemble de mesures visant à empêcher de faire valoir ses droits, ce qui constitue une baisse de salaire horaire réelle pour les intérimaires, saisonniers, etc. qui enchaînent missions et contrats courts avec des périodes de chômage. Le but est de décourager ceux qui auraient la prétention de faire valoir leurs droits au chômage, par l’épuisement face au harcèlement incessant des contrôles (alors qu’on sait déjà que 36 % de ceux qui auraient droit au RSA ne le réclament pas).

Ce texte a été rédigé par un collectif de Rennes :

En tout cas sur Rennes un collectif appelle à s’organiser, multiplions les initiatives en ce sens et faisons déborder la lutte contre les chasseurs de chômeurs, car #OnEstPasDuGibier ! https://www.facebook.com/Contre-la-r%C3%A9forme-ch%C3%B4mage-194911824725291/ …

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site Agitation Autonome