Déconfinons la solidarité à partir du 11 mai !

Rassemblements et Discussions le 11 mai à 20h devant les hôpitaux de Sisteron, Laragne, Gap, Embrun et Briançon

MAJ : Rassemblements reconduits lundi 18 mai à 20h! 

en prenant soin de nous protéger : masques, distances physiques…

Suite au succès de la mobilisation du 1er mai à Gap (et ailleurs), tant en terme de collecte alimentaire pour les habitant-e-s du CESAÏ à Gap (squat d’hébergement de SDF et d’exilé-e-s), que de détermination collective à briser un confinement autoritaire et souvent absurde, nous ne comptons pas en rester là !

Aujourd’hui, le plan de déconfinement imposé par Macron et sa clique de patrons est inexistant et surtout dangereux pour nous toutes et tous !

Dangereux tout d’abord pour les 1ers de corvée (soignant-e-s, caissier-e-s, ouvrier-e-s, livreurs, postier-e-s…) qui devront continuer à « aller au front » du travail sans beaucoup plus de protections que pendant le confinement, risquant encore la contamination puis celles en cascades de leurs familles, ami-e-s…

Dangereux également pour les personnes les plus vulnérables vis à vis du virus, forcées de s’isoler encore plus chez elles de peur d’une contamination sous une forme grave.

Sans oublier la réouverture chaotique et à marche forcée des écoles, avec des directives gouvernementales intenables qui engendrent stress et traumatismes chez les enfants, leurs parents et les enseignant-e-s.

Le tout avec une bonne dose de rabotage des libertés individuelles et collectives, sous un état d’urgence sanitaire qui ne vise qu’à garantir l’ordre social avant tout, pour la prospérité économique de quelques-uns uniquement.

Alors que notre système de santé et nos hôpitaux sont à bout de souffle !

La faute à qui ? Après 20 ans de coupes budgétaires, courses à la rentabilité, diminution du nombre de soignant-e-s et déshumanisation de l’hôpital, notre système de santé est aujourd’hui incapable de réellement prendre soin de toutes les personnes qui en ont besoin, et encore plus en ces temps d’épidémie de coronavirus. Et pourtant, toujours aucuns moyens conséquents ne sont débloqués sur le moyen terme pour inverser la tendance ! Macron préfère sauver Air France (7 milliards d’un coup de baguette magique !) et d’autres multinationales de la pollution plutôt que nos poumons !

DU FRIC ET DE L’HUMAIN POUR L’HÔPITAL ET LES EPHAD !!

En écho aux multiples appels de soignant-e-s, dont le fameux « BAS LES MASQUES », nous appelons à remettre le soin et la solidarité au centre de nos préoccupations fondamentales, partout et dès maintenant !

Sans attendre un quelconque changement de la politique d’État tristement gestionnaire, qui s’achemine vers une santé déshumanisée et réservée aux plus riches. Au contraire, nous savons que nous avons collectivement les compétences, l’intelligence, l’empathie et l’envie pour prendre en main directement et à l’échelle de nos territoires de vie (quartier, village, vallée…) ce pan essentiel de notre existence qu’est la santé, sur une base de solidarité totale.

Ainsi, nous appelons, à partir de ce lundi 11 mai – acte I du déconfinement – à se regrouper collectivement (à bien plus que 10 personnes si possible !) devant les centres de soin de nos territoires de vie (hôpitaux, dispensaires de quartier, centres de soin ruraux, etc.) pour discuter, prendre confiance, puis s’organiser et agir pour déconfiner la solidarité !

Plusieurs manifestant-e-s du 1er mai, habitant-e-s de Gap et des environs

 

Le tract en Pdf ici : 11_mai

LES CHAUFFEURS PARLENT ET RESALP SE TAIT…

La compagnie francaise Resalp gère plusieurs lignes de bus, dont l’une fait la liaison entre l’Italie et la France. Chaque jour, la ligne Oulx-Briancon permet aux passagers qui ne peuvent pas passer la frontière « légalement » de faire un bout de chemin.

Ainsi, ils descendent à Clavière, à quelques mètres de la PAF (police aux frontières) avant de rejoindre la France par les montagnes. C’est là que commence la chasse à l’homme, jours et nuits les flics traquent celleux qui n’ont pas les bons papiers.

Au poste de frontière, certains chauffeurs rapportent aux flics de la PAF le nombre de personnes descendues à Clavière, les informant par là meme du nombre de personnes à pourchasser. Cette conversation qui peut sembler anodine est en fait une quasi assurance de leur arrestation quelques heures plus tard dans la montagne.
Comment appeler ca autrement que de la délation ?

Tout ca sans parler des comportements humiliants et discriminatoires de quelques chauffeurs qui interdisent meme parfois aux personnes noires de monter dans le bus. Ces pratiques sont racistes, et pour ce que ca vaut, illégales.

La ligne Oulx-Briancon étant un passage obligé pour le franchissement de cette frontière, les chauffeurs qui y travaillent deviennent alors des indics parfaits pour la police. Se mélangent la responsabilité individuelle du chauffeur et celle de l’entreprise: les chauffeurs ne sont pas tenus de livrer des informations sur les passagers à la police, et l’entreprise doit garantir que ce passage d’infos n’aie pas lieu.

Tant que Resalp ne délivrera aucun message clair a ses salariées sur la position à adopter, la compagnie continuera de fait à collaborer et restera une extension du controle policier.

Passager/ère: ouvre l’oeil et ne sois pas complice !
Chauffeur/euse: ne parle pas à la police!

STOP A LA DELATION ET A LA COLLABORATION !

 

GLI AUTISTI PARLANO… E RESALP TACE. Su come gli autobus diventano strumenti repressivi

ALERTE pour les Solidaires des exilé-e-s : Risques d’arrestations et perquisitions dans les prochains jours

Des infos circulent en Haute-Durance sur des risques d’arrestations et de perquisitions de personnes solidaires des exilé-e-s dans les prochains jours, méfiez-vous et préparez-vous ! Voir notamment les conseils ci-dessous en cas d’arrestation ou de convocation

Cette information concerne les bénévoles, militants, maraudeurs, solidaires, actifs autour de la frontière franco-italienne.

D’après des informations fiables, le procureur de Gap Raphael Balland prévoit des ARRESTATIONS et PERQUISITIONS ciblées dans la Haute Durance ces prochains jours.

Pourquoi ?

Il y’a quelques jours de cela, deux maraudeurs sont interpellés à Montgenèvre sur le bord de la route. A bord du véhicule, ils ne sont que deux maraudeurs.
S’en suit une interpellation et le placement en garde à vue de l’un d’entre eux. Le second est relaché quelques heures après l’arrestation avec une convocation pour mardi prochain. Le lendemain, les gendarmes de la « Brigade Anti-Solidaire » de Briançon, le recontactent pour qu’il se présente dès à présent à la gendarmerie. Il refuse sur conseil de son avocat, en stipulant notamment qu’il est déjà convoqué mardi. Quand au premier maraudeur il est toujours en garde à vue à ce moment-là. Il y passera 48h et sera même gratifié d’une perquisition à son domicile. Les questions tourne essentiellement autour de Tous Migrants, de bande organisée, d’échanges de SMS entre solidaires…

La revanche d’un procureur humilié…

Ca se tire pour Balland. Bientôt fini les exactions dans les Hautes-Alpes, le voilà muté procureur à Béziers, chez Bébert le facho. Le départ est prévu pour cet automne, mais avant, Raphael Balland aurait envie de faire un coup d’éclat. Sa bande organisée, il y tient. Elle n’a pas tenu pour le procès des 3+4 de Briançon… humilié, il ne compte pas en rester là, et souhaite marquer véritablement son passage dans les Hautes-Alpes.
La brigade dite BAS a bossé tout l’hiver pour trouver les éléments capables de matérialiser « la bande organisée ».
Et puis bon, il faut bien justifier le salaire de ces 6 gendarmes, qui pour le moment n’ont pas obtenu de résultats des plus significatifs.

Alors, ATTENTION: Si vous avez des chaussures de marche, des cartes IGN, des jumelles, une voiture, un GPS, que vous connaissez Tous migrants, et que vous avez déjà été contrôlé aux abords d’un pic-nic solidaire… Vous êtes potentiellement de la BANDE ORGANISÉE.

 

Voilà quelques conseils sur quoi faire en cas d’arrestation ou de convocation

Mémorise le nom d’un-e avocat-e au courant de la lutte

En cas d’interpellation :
Ils nous embrouillent, embrouillons les !
Si tu es interpelé-e, alerte les personnes autour de toi pour qu’elles préviennent l’équipe légale.
Si tu es témoin d’une interpellation, appelle le numéro qui figure sur ce tract. Et donne : une description physique et vestimentaire de la personne arrêtée, ainsi que l’heure, les circonstances et le lieu de l’arrestation. Ne donne aucun nom au téléphone, ne donne aucune info sur les infractions commises (exemple : « mon ami était avec des migrants »). Si ça ne répond pas, laisse un message, avec les infos pour que l’on te rappelle plus tard. Puis n’oublies pas de rappeler pour signaler ta sortie de GAV, ou la sortie d’un-e de tes proches.

Soit tu es convoqué
Si tu reçois une convocation par la police ou la gendarmerie, tu dois t-y rendre obligatoirement.
Les convocations peuvent se faire par courrier ou par téléphone. Le lieu, la date et l’horaire de la convocation te sont précisés. Les auditions ont le plus souvent lieu au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Cette obligation s’applique quel que soit le motif de la convocation.
Si tu te rend de toi-même à la convocation, tu peux quitter les lieux quand tu veux lors de votre audition.
Laissez votre téléphone à la maison …
Si tu ne te rends pas à cette convocation, tu peux y être contraint par la force. Cependant, la police ou la gendarmerie ne peut pas entrer dans ton domicile sans ton accord pour venir t’ arrêter. Si les policiers ou gendarmes ont ton accord, ils peuvent venir vous chercher à votre domicile de 6h à 21h. Dans ce cas, tu peux être retenu pendant 4 heures dans les locaux de la police ou de la gendarmerie.
Si tu es officiellement soupçonné d’avoir commis une infraction (dès la convocation ou lors de l’audition),
• soit tu es entendu sous le régime de l’audition libre et tu peux
quitter les locaux quand tu veux.

• Avant l’audition libre, tu dois être informé de tes droits à 2
reprises, sauf si tu n’as pas été convoqué.

Lors de la convocation…
La convocation écrite indique :
• les éléments caractéristiques de l’infraction pour laquelle tu es mis en cause,
• ton droit d’être assisté par un avocat au cours de ton audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison.
L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle,
• les modalités de désignation d’un avocat commis d’office,
• et les lieux où tu peux obtenir des conseils juridiques avant cette audition.

Avant l’audition…
Juste avant l’audition, tu dois à nouveau être informé de tes droits par les policiers ou gendarmes :
• droit de quitter les lieux à tout moment,
• droit de connaître la qualification, la date et le lieu présumés de l’infraction,
• droit de garder le silence lors de l’audition,
• droit à l’assistance d’un interprète si vous ne comprenez pas le français,
• droit d’être assisté par un avocat au cours de l’audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison. L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• droit de bénéficier de conseils juridiques dans une structure d’accès au droit.
• soit tu es placé en garde à vue, qui est une mesure de privation de liberté.
• ta garde-à-vue (GAV) te sera signalée la première heure de ton arrestation. Elle peut durer 24 heures, puis être renouvelée une fois pour 24 heures de plus (sauf certains cas comme terrorisme ou bande organisée, où elle peut durer jusqu’à 144 heures). Dès que ta GAV t’est signalée, tu as le droit de voir un médecin (même si tu n’as pas de médocs à prendre, même si tu n’as pas reçu de coups pendant l’arrestation). Tu peux aussi demander à appeler un proche mais c’est la police qui le fera. Un avocat avec lequel tu auras un entretien peut, à ta demande, être présent pendant les auditions de ta GAV. Si tu n’en connais pas, tu en auras un commis d’office. Si vous êtes plusieurs au poste, laisse les avocats proches pour celles-ceux qui risquent le plus pénalement. L’avocat n’est pas forcément ton complice, tu n’es en rien obligé-e de tout lui raconter, ni de lui faire entièrement confiance.
C’est toi qui choisis ta stratégie de défense et qui définis ton attitude vis à vis de la police.

Stratégies de résistance et de non coopération : Pour ralentir le travail de la police, certain-e-s ne déclarent rien et refusent de décliner leur état civil. D’autres ne déclarent que le strict minimum (nom, prénom, lieu et date de naissance). Garder le silence est un droit. Lors de l’interrogatoire, tu peux répondre « je n’ai rien à déclarer » (différent de « je ne sais rien », ce qui revient à déclarer quelque chose). Plus elles sont portées collectivement, plus ces attitudes de défense sont efficaces et faciles à tenir. Quelle que soit la stratégie, ne donne surtout aucune info sur les autres interpellé-e-s, ni sur l’action. On ne balance jamais quelqu’un-e d’autre, et quoi que puissent en dire les flics, en dire plus n’écourtera pas ta GAV et peut compliquer ta défense le jour du procès.
Tu peux refuser de signer les documents présentés par les flics (compte-rendu d’interrogatoires, PV de sortie de GAV,…). Signer c’est reconnaître que tout s’est bien passé et s’empêcher de revenir sur les trucs dis ou subis pendant la GAV. Tu peux refuser les photos d’identité, les prises d’empreintes digitales, le fichage ADN et de donner tes codes de téléphone et d’ ordinnateur. Si ces refus constituent des délits en soi, refuser le fichage est une position politique.
En cas de comparution immédiate : A l’issu de la GAV, tu peux être emmené-e au tribunal où tu peux refuser d’être jugé-e une fois à la barre. Ce qui augmente le risque de contrôle judiciaire, voire de détention préventive. Cependant, les peines sont généralement plus lourdes en comparution immédiate. Refuser d’être jugé-e en comparution immédiate te permet de gagner du temps pour préparer ta défense. Si tu peux justifier d’un emploi et d’un logement, tu as moins de chance d’être placé-e en détention préventive.

22 juin à la Roche de Rame – Grand appel d’air en soutien aux exilés, maraudeurs, coupables de solidarité…

Grande journée de soutien aux exilés, aux maraudeurs, aux coupables de solidarité… organisée par le comité de soutien aux 3+4+3+… de Briançon.

Concerts, films, discussions, village associatif, restauration et buvette… à partir de 10h au parc du chateau de la Roche de Rame et jusqu’à tard dans la nuit !

Prix libre de soutien

Programme, affiche et plus d’infos sur https://www.relaxepourles3plus4.fr/

À la frontière comme ailleurs, luttons contre les politiques migratoires

Appel à manifester le samedi 20 avril à 11h au Col de Montgenèvre et dans toutes les villes!

(italiano english down)

Les frontières n’assurent pas la sécurité des territoires, mais celle des puissances financières qui possèdent la quasi-totalité des richesses du monde. Ce mécanisme d’identification, de tri et d’exclusion, au service des intérêts économiques des Etats et de l’industrie de la sécurité, définit toute une population de personnes sans droits, invisibilisées, et exploitables.

La frontière est partout y compris dans les espaces du quotidien. Elle ne se résume pas seulement à une chaîne de montagne qui sépare deux espaces ni à une clôture de barbelée.
La frontière est dans les administrations qui délivrent des titres de séjour ou des obligations de quitter le territoire. Elle dépend du statut social : les riches peuvent s’expatrier, les pauvres n’ont d’autre choix que de « migrer ». Elle dépend de la couleur de peau car si tu n’es pas blanc, les contrôles sont systématiques.
Un avion, un quai de gare, un aéroport, un trajet en bus sont pour certains synonyme de voyage. Pour d’autres ils signifient rafle, déportation, camp de concentration. Un hôtel Ibis, une station de ski, des lieux de vacances pour certains, d’emprisonnement ou de chasses à l’homme pour d’autres.

Lutter contre les politiques migratoires revient à dénoncer la stratégie impérialiste des Etats occidentaux qui maintiennent des systèmes corrompus, alimentent des guerres, soutiennent des dictateurs et poussent ainsi des milliers de personnes à l’exil. Ces mêmes Etats stigmatisent et criminalisent ensuite les personnes qui entrent sur leur territoire, cherchant à les réduire à de la main d’oeuvre bon marché et corvéable à merci.

La frontière est partout, dans les gares, sur les chemins, dans les trains, les centres de rétention, au sein des institutions… alors organise ta manif dans ta ville ou rejoins-nous sur le col de Montgenèvre le 20 avril à 11h.

Locandina 1204 fra

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PERSONA NON GRATA

Persona non grata – Conséquences des politiques sécuritaires et migratoires à la frontière franco-italienne, Rapport d’observations 2017-2018 del’ANAFE

 

Faisant écho à l’actualité particulièrement tragique de ces dernières semaines à la frontière franco-italienne, l’Anafé publie aujourd’hui son rapport d’observations 2017-2018 sur les conséquences des politiques sécuritaires et migratoires à la frontière franco-italienne intitulé Persona non grata. Ce rapport décrit les pratiques illégales, les privations de liberté irrégulières et les violations des droits que subissent les personnes exilées. Il aborde également la question de la solidarité qui, bien que menacée par les autorités publiques, se renforce et fédère des milliers de personnes autour d’un idéal commun de fraternité.

Le durcissement croissant des politiques européenne et française pour lutter contre un soi-disant afflux massif de personnes en situation irrégulière et la multiplication des lois liberticides au profit d’une rhétorique sécuritaire mettent en danger la société démocratique européenne. Si cette situation n’est pas nouvelle, le rétablissement des contrôles frontaliers à l’intérieur de l’espace Schengen a ajouté des entraves supplémentaires. Les premières victimes sont d’abord les personnes étrangères qui sont bien souvent érigées en indésirables à expulser du territoire, puis les personnes solidaires qu’il faut museler.

C’est la réalité depuis 2015 à la frontière franco-italienne. Les personnes exilées font ainsi quotidiennement l’objet de pratiques illégales de l’administration française qui ne respecte pas la législation en vigueur, met en œuvre des procédures expéditives et viole les droits humains et les conventions internationales pourtant ratifiées par la France. Les personnes exilées sont pourchassées dans les montagnes ou sur les chemins de randonnée, sont traquées dans les bus et les trains par les forces de l’ordre mais aussi par des groupes d’extrême-droite et peuvent faire l’objet de violences. Bien souvent, les personnes en exil sont privées de liberté irrégulièrement dans des conditions inhumaines et refoulées irrégulièrement. Les personnes souhaitant demander l’asile se voient opposer un refus d’enregistrement systématique avant d’être refoulées. Si certains mineurs ont pu être pris en charge suite aux dénonciations courant 2018 de pratiques illégales, nombre d’entre eux continuent d’en être victimes et une enquête a d’ailleurs été ouverte par le parquet de Nice [1].

Ces politiques et ces pratiques ont eu pour conséquence la perte de vies humaines des deux côtés de la frontière et ce, encore très récemment près de Briançon [2].

Face à cette situation, des personnes et des associations travaillent des deux côtés de la frontière franco-italienne pour faire vivre la solidarité et la fraternité et ainsi redonner aux personnes exilées un peu d’espoir et de dignité. Certaines de ces personnes militantes – dont plusieurs membres de l’Anafé – font l’objet de pressions quotidiennes, de poursuites judiciaires et de condamnations. Ce qui leur est reproché ? Leur humanité !

« Ce rapport est accablant pour les autorités françaises. Nous appelons d’urgence le ministère de l’intérieur et les préfectures concernées à faire respecter le droit et les conventions internationales, afin de protéger et non rejeter les personnes exilées à la frontière franco-italienne » affirme Laure Palun, co-directrice de l’Anafé.

Depuis 2011, l’Anafé suit de manière attentive les évolutions à la frontière franco-italienne et a entrepris dès 2015 un travail de collecte d’informations et de témoignages. Aux côtés des acteurs associatifs locaux et nationaux, français et italiens, l’Anafé ne cesse, depuis, de dénoncer les violations exercées par les autorités françaises à la frontière franco-italienne.

POUR LIRE LE RAPPORT, CLIQUEZ ICI.

Documents joints

10 janvier, procès contre 2 nouveaux solidaires = 2 rassemblements

Communiqué de presse

13 décembre 2018

Comité de soutien aux 3+4, Gisti, Anafé et La Cimade

Les 7 de Briançon lourdement condamné·e·s par le tribunal de Gap

Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Gap a déclaré les 7 de Briançon coupables d’aide à l’entrée sur le territoire d’une personne en situation irrégulière. Si la circonstance aggravante de bande organisée a été abandonnée, la lourdeur des peines prononcées (conformes aux réquisitions du parquet) marque un tournant dangereux dans la répression des personnes solidaires.

Benoit, Théo, Bastien, Lisa et Eleonora ont été condamnés à 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple. Juan a été condamné à 12 mois d’emprisonnement dont 8 avec sursis simple et 4 fermes et Mathieu à 12 mois d’emprisonnement dont 4 fermes et 8 avec sursis avec mise à l’épreuve.

Nos organisations sont scandalisées et indignées par ce jugement qui criminalise encore une fois et de manière inédite des militant·e·s agissant en faveur des droits des personnes migrantes.

Le droit fondamental constitutionnel de manifester a donc été nié au profit d’une pénalisation toujours plus forte des personnes solidaires. Aussi, ce jugement va-t-il à l’encontre de l’obligation légale qu’a chacun·e de porter secours à une personne en danger. C’est un signal alarmant pour les défenseurs des droits humains en France qui font l’objet de pressions de plus en plus fortes de la part des forces de l’ordre et des autorités judiciaires.

Nos organisations se dressent aux côtés de Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo et continueront de les soutenir et de dénoncer la situation de péril imminent des personnes migrantes dans les Alpes.

Lors de l’audience du 8 novembre 2018, les avocat·e·s et les prévenu·e·s ont pu dénoncer les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d’entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

Le Ministère public avait demandé au tribunal de condamner respectivement à 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoît, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 4 mois d’emprisonnement ferme et 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 4 mois d’emprisonnement ferme et 8 avec sursis avec mise à l’épreuve pour Mathieu.

Au-delà de la condamnation des 7 solidaires, le tribunal est resté sourd aux témoignages et preuves apportées par la défense, faisant le jeu ainsi des pratiques illégales de l’administration, les violations des droits et la traque des personnes migrantes. Alors que des personnes exilées, auxquelles nous essayons de venir en aide, meurent sur les routes dangereuses de la frontière franco-italienne, le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité.

Ce jugement est rendu alors que la Cour de cassation a annulé hier des décisions condamnant des militants pour « délit de solidarité ». L’occasion de rappeler que d’autres militants solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier et en mars 2019.

Par ailleurs, les associations alertent sur la militarisation de la frontière qui contraint les personnes migrantes à se mettre en danger en montagne dans le froid et la neige. La présence policière permanente entrave le déroulement des maraudes visant à secourir les exilé·e·s.

Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont signé la pétition, nos organisations demandent l’abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.

Rappel des faits :

Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo étaient poursuivi·e·s pour avoir participé, en avril dernier, à une marche solidaire pour dénoncer les violences commises par le groupuscule identitaire à l’encontre des personnes exilées dans la région de Briançon et pour protester contre la militarisation de la frontière franco-italienne. L’État leur reproche d’avoir à cette occasion « facilité l’entrée de personnes illégales sur le territoire français », et de l’avoir fait « en bande organisée ».

Comité de soutien aux 3+4 : Article 1er, Le Cesai, CGT 05, Chemins Pluriels, Chez Marcel, CHUM, Collectif Maraudes, Comité de soutien aux 3+4 Genève, Comité de soutien aux 3+4 Marseille, Les Croquignards, Ensemble 05, La Fanfare Invisible, Icare 05, NO THT 05, PCF 05, Réseau hospitalité 05, Sud 05, Les Tabliers Volants, Tous Migrants.

Contacts presse :

La Cimade – Rafael Flichman – 06 42 15 77 14 – rafael.flichman@lacimade.org

Anafé – Laure Palun – 06 60 79 46 63 – palun.laure@anafe.org

GISTI – Violaine Carrère – 01 43 14 84 88 – carrere@gisti.org

Vox Public – Erika Campelo – 06 10 29 52 50 – erika.campelo@voxpublic.org

Pour contacter le Comité et les personnes inculpées : Agnès Antoine – antoine.antoine@gmail.com – 06 37 75 75 77

 

3+4 de Briançon – Retour sonore sur le procès du 8 novembre

Le 8 novembre 2018, à Gap, 7 personnes sont convoqué.e.s pour « aide au passage de la frontière à des sans-papiers, en bande organisée « .

La situation à la frontière franco-italienne dans le Briançonnais est de plus en plus tendue. Les « solidaires » sont traqué.e.s, les exilé.e.s dépouillé.e.s, les situations de plus en plus invisibilisées.

Ce procès est le reflet d’une réalité qui s’ancre sans mesure dans le refus d’accueillir, la répression commanditée, l’état aux manettes.

Près de 1200 soutiens étaient présent.e.s devant le tribunal.

Voici quelques sons qui relatent l’ambiance de la journée.

https://audioblog.arteradio.com/blog/98675/podcast/130568

COPYLEFT – Faites tourner !

D’Athènes à Briançon, solidarité sans frontières

Traduction du communiqué de camarades anarchistes suite à leur action à Athènes.

Sept camarades luttant contre le terrorisme des frontières et l’Etat sécuritaire ont été arrêté.es en France pour avoir aidé des migrant.es à faire leur vie où ielles le voulaient. Ielles font face à de sévères chefs d’inculpation et risquent des peines de prison, comme c’est le cas pour toustes celleux qui se font arrêter en combattant l’imposture des nations.

Prenant part à un appel à la solidarité internationale, nous – une initiative anarchiste à Athènes – répondons en attaquant l’institut français, une institution diplomatique dépendant de l’ambassade et donc de l’Etat français. Le but des instituts français est de légitimer l’héritage de la colonisation française et de perpétuer son identité nationaliste. La France érige des frontières mortelles et persécute celleux qui les détruisent. Face à la répression par l’Etat français, toute institution qui normalise son existence devient une cible légitime dans notre lutte.

En tant qu’institution culturelle, l’institut français propage l’agenda nationaliste de l’Etat-nation français. Nous ne tolérons aucun Etat-nation ou aucune institution les représentant. Nous ne tolérons pas la forteresse européenne et les frontières qui empêchent la liberté de cirulation de chacun.e. Dans la lutte contre la criminalisation de la solidarité, nous encourageons toustes les militant.es à s’organiser et à participer à la lutte quels que soient les moyens dont ielles disposent.

Dimanche soir nous avons attaqué l’institut avec de la peinture, des pierres et des slogans. Après quoi 30 policiers sont venus sur place et ont arreté des personnes au hasard. L’Etat grec tout comme l’Etat français ciblent indistinctement celleux qui se trouvaient sur le lieu de leur sécurité mensongère : la sécurité du terrorisme policier.

No nations, no borders ! Fight law and order !

Article original sur athens.indymedia.org.

Traduction reprise de mars-infos.org

Faisons le procès des frontières ! Feuille d’info de la Coordination régionale des collectifs du sud-est

4 pages d’infos pour faire le procès des frontières ! Ce journal a été réalisé et diffusé le jour du procès des 3+4 de Briançon à Gap par la Coordination régionale des collectifs sud-est contre les frontières. Continuons la mobilisation jusqu’au délibéré le 13 décembre !! Relaxe pour nos camarades !!

Feuille d’info téléchargeable ici. Contact : coordo.mig.sudest@riseup.net Repris de cevennessansfrontieres.noblogs.org

Solidarité avec les 4 personnes arrêtées à Briançon

Solidarité avec les 4 personnes arrêtées à Briançon

Quatre personnes ont été mises en garde à vue mardi 17 juillet à
Briançon! Quatre militant.e.s supplémentaires, français.es selon nos
sources, accusé.e.s « d’aide à l’entrée d’étrangers en situation
irrégulière sur le territoire français en bande organisée » suite à la
marche du 22 avril dernier. Comme attendu, la réponse à la Question
Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), qui a certes décriminalisé
l’aide au séjour et à la circulation, n’a rien changé au fond du
problème (cf communiqué de presse du 26.06.18). Pire, suite à cette
abolition tant déclamée la représsion s’est accentuée et les
arrestations reprennent. La solidarité est toujours un délit.

Le recours au Conseil constitutionnel, organe oligarchique dit « des
sages », était présenté comme une opportunité de changement radical. Il a
surtout permis de redorer temporairement le blason médiatique des
instutitions françaises. Il a également donné un répit au procureur de
Gap, dont les épaules sentaient la pression de la mobilisation des
personnes solidaires.

En réalité, c’est à une volonté aveugle que nous faisons face: celle de
faire respecter des normes et institutions, telles que les frontières,
plutôt que la dignité humaine. L’intégrité des personnes en exil est
piétinée, tout comme celle des personnes qui leurs viennent en aide. En
déclarant criminels et en incarcérant des gens qui traversent des
montagnes, en amenant massivement l’armée aux frontières pour se
défendre contre des prétendus « ennemis extérieurs », comme en
méditérannée, en renflouant financièrement la machine Frontex – que
l’austérité ne semble pas toucher – ou encore par des contrôle au
faciès, l’Etat détruit des êtres. Il donne ainsi la priorité à des
mécanismes sociétaux articifiels plutôt qu’à la vie.

Désigner sept coupables parmi toutes les personnes présentes lors de la
marche du 22 avril n’a aucun sens. Qui sait comment va encore évoluer
cette affaire. Peut-être nous retrouverons-nous à deux cents sur le banc
des accusés le 8 novembre prochain? Il en faudra en tout cas
certainement pas moins pour que l’Etat puisse enfin caractériser sa
bande organisée, qui ne deviendra alors qu’une belle mascarade aux yeux
de toustes.

Et c’est en ce sens que la mobilisation populaire est capable de
contre-carrer les plans du gouvernement français. Ne le laissons pas
définir la bonne de la mauvaise solidarité. Toutes ses formes,
organisées ou non, sont justes. La violence, répressive dans ce cas-ci,
provient de l’Etat, celui-là même qui se targue de représenter la
volonté du peuple. Quand le peuple a-t-il accepté de se livrer à ce
genre de répression ? A aucun moment ! Comme le montre le fort soutien
populaire qui s’est manifesté autour des 3 de Briançon.

Solidarité et courage à elles.

Le comité Genevois de soutien aux Sept de Briançon

Quelques besoins pour ce début d’été chez Marcel

Bonjour à toutes et tous!

juste un petit mot pour dire qu'il ya quelques besoins pour ce début
d'été chez marcel...
En ce moment y a plus beaucoup de bouffe, ça s'organise quand même ,
entre récup , et un peu de sous pour les courses, mais si c'est possible
de faire tourner le message des besoins réguliers: riz, oignons, piment,
huile, sauce tomate, café, pain, oeufs, lait, thé , sucre , sel, aussi
produits ménagers, et en ce moment c'est la dech de brosse à dents
dentifrice savon...

l'argent part vite parce que en ce moment y a pas beaucoup de personnes
qui touchent l'ada..
[...]
si y a des gens dispo et avec l'envie de passer régulièrement c'est cool,
voir si y a assez de gaz et si faut aller en chercher en voiture, ou si
des personnes ont besoin d'être amenées a l'hôpital ou d'accompagnements
de soins, des choses comme ça .... aussi si il ya des gens qui veulent
bien être appelé pour ça et laisser le numéro à la maison, ça peut être
pratique aussi...

et toutes autres initiatives sont toujours chouette!

des bises!

Compte-rendu de la frontière de Montgenèvre : entre convocation à la PAF et refoulements

(italiano in basso)

– Exemples de répression quotidienne

L’autre nuit, la PAF a tabassé un garçon qui suppliait de ne pas etre rapatrié en Italie.
La police refoule aussi toujours plus fréquemment les mineurEs, souvent en leur mentant sur la destination finale du trajet en camionette, qui les déporte inexorablement en Italie.
Gendarmes et policièrEs patrouillent sur les chemins avec des quads, en vélo et à pied, menaçant souvent de tirer sur celleux qui cherchent à traverser cette frontiere sans avoir la couleur de peau et les documents requis.
En parallèle, le terrain de golf est à nouveau ouvert. Le tourisme est de retour dans ces montagnes. Pendant l’hivers, ces sentiers qui sont fréquentés de nuit par les “migrantEs” sont des pistes utilisées par des milliers de skieusEs ainsi qu’une destination touristique pour les riches. En été, ils se transforment en terrain de golf, à ce qu’il parait propriété de Lavazza. La pelouse du terrain est bien entretenue, le “golf transformatalier”, “18 trous à cheval sur deux pays!” comme illes l’appellent aussi. Ce terrain n’est accessible qu’à celleux qui peuvent payer. La frontière aussi a été privatisée. Elle est rèpartie entre les forces de l’ordre et les multinationales.

–  Premier épisode

Marcher dans les bois entre Claviere et Montgenèvre est dangereux: on risque d’y  rencontrer des personnes mal intentionnées sur les chemins, comme un gendarme à vélo qui te barre la route. Il y a peu, trois amiEs qui se promenaient dans cette montagne militarisée ont été interpelléEs pour un contrôle d’identité. L’une d’elleux n’avait pas de documents sur elle. Le gendarme à bicyclette a appelé des renforts et les trois amiEs ont été embarquéEs dans la camionnette qui les a emmenéEs à la PAF (police aux frontières) pour vèrification. D’abord, les flics ont essayés de leur mettre la pression en disant que leur intervention faisait suite à une dénonciation: quelqu’un aurait vu nos trois amiEs marquer les chemins à l’aide d’une bombe de peinture. Une fois arrivés au poste, illes ont étè fouilléEs, mais rien n’a été trouvé, ni sur elleux, ni dans les sacs à dos. ToutEs trois ont été relachéEs avec une convocation à la PAF en audition libre pour “suspicion d’aide à l’entrée et au séjour de personne étrangère”.

Cette arrestation rentrerait dans le cadre d’une enquete plus large, ouverte pour aide à l’immigration clandestine, chef d’accusation auquel il semble que le sympathique procureur de Gap soit particulièrememt attaché. Il est évident que la volonté du procureur et de la police des frontières est de mettre un coup de pression. Pendant ce temps là, celleux qui cherchent à traverser continuent de se perdre en montagne, en passant des heures dans le bois pour échapper aux forces de la police. Au moins trois d’entre elleux sont déjà mort.

– Deuxième épisode

Une voiture avec trois personnes à son bord est arrétèe à quelques centaines de mètres de la frontière par un jeune fort mal en point, qui se dèclare trés malade et a besoin d’aller à l’hopital. Il demande a etre amené à la PAF pour être pris en charge par le système français, en tant que mineur non accompagné et en trés mauvais état de santé (la loi française prévoit en effet la prise en charge par l’Etat de n’importe quelle personne présente sur le territoire qui se déclare mineur non accompagné). Sa condition physique est visiblement critique. Le jeune homme peine à parler et meme à s’asseoir. Il affirme ne pas avoir été soigné dans le centre d’accueil italien. Les trois personnes l’emmènent à la PAF où elles disent que le jeune homme doit aller à l’hopital et qu’il est mineur. Les policiers le font descendre et entrer. Puis, une par une, les trois personnes sont interrogéEs, après qu’on leur ait donné le choix entre une “audition libre” immédiate et une garde-à-vue, pour aide à l’immigration clandestine. De fait, tout trois sont retenuEs trois heures et demi durant: interrogatoire et coups de pression. Ils repartent avec un rendez-vous pour le lendemain, donné à l’oral. Il semble que le procureur de Gap ait voulu ouvrir une enquète.
Pendant ce temps-là, le jeune malade est plus ou moins interrogé, puis on lui dit qu’il sera amené à l’hopital de Briançon. Il lui font signer un papier qu’il n’a même pas pu lire. Puis il le font monter dans une camionette, avec deux autres mineurs. Ils croient tous qu’ils vont à Briançon, au lieu de quoi ils sont deposés sur la route, à l’entrée de Clavière, à la frontière italienne.
La personne malade ré-essaie. Elle arrête una autre voiture, qui l’emmène à nouveau. Cette fois-ci, le conducteur a des compétences medicales et peut confirmer qu’il a sérieusement besoin d’être hospitalisé. Au lieu de ça, de nouveau il est refoulé à la frontière. Cetre fois-ci, il semble que c’est la prefète de la région en personne, contactée pour l’occasion, qui prend la décision de le refouler.
Quelqu’unE l’amène à l’hôpital en Italie. Des medecins zélés appellent immédiatement les flics. Les carabinieri italiens le soumettent en premier lieu à un examen osseux, pour vérifier qu’il est bien mineur. Ils l’embarquent ensuite pour un contrôle d’identité. Fichage, photos, etc.
Puis, le jeune est amené dans un centre pour mineur en basse vallée de Suse, et il est hospitalisé le lendemain à Turin.

Troisième épisode

AucunE des six arrêtéEs ne s’est presenté à la convocation pour interrogatoire à la PAF. Illes n’avaient aucune intention de se présenter volontairement à un rendez-vous non obligatoire et potentiellement pas folichon avec la police, pour se faire assomer de questions et éventuellement retenir en GAV pour aide à l’immigration clandestine.

La PAF apelle sur les téléphones privés de certainEs des convoquéEs. Il leur est indiqué que s’illes ne se présentent pas rapidement illes finiront sur la liste des personnes recherchéEs. En pratique, illes les menacent de venir les chercher de force. Ce sont le procureur et la préfète qui souhaitent poursuivre les enquête et cet absurde théâtre répressif.

Quelques jours plus tard, la police se présente chez deux des trois amiEs et apellent l’un d’elleux au travail. Illes ont à l’evidence très envie de leur parler. Illes n’ont trouvé personne. Nous ne savons pas comment continuera l’histoire.

Le procureur et la préfète nous ont tellement pris en sympathie qu’ils souhaitent passer toujours plus de temps en notre compagnie. Et il semble qu’illes aient un dossier qu’illes enrichissent toujours plus, avec des photos de famille.

La répression envers celleux qui sont de passage et envers les soldaires continue.
Mais la solidarité aussi.
Des vos convocs, on en fera rien.

http://www.passamontagna.info/

AGGIORNAMENTO DALLA FRONTIERA DEL MONGINEVRO TRA CONVOCAZIONI ALLA PAF E RESPINGIMENTI

– Esempi di repressione quotidiana

L’altra notte la PAF ha gonfiato di botte un ragazzo che pregava di non essere rimpatriato in Italia. La polizia respinge sempre più frequentemente anche i minori, spesso ingannandoli sulla destinazione finale del viaggio in furgone, che inesorabilmente li riporta in Italia. Gendarmi e polizia pattugliano i sentieri in quad, in bicicletta e a piedi,spesso minacciando di sparare a chi cerca di passare questo confine senza avere la pelle e i documenti richiesti. Intanto, i terreni da golf stanno riaprendo i battenti. Torna il turismo tra queste montagne. D’inverno, questi sentieri calpestati di notte dai “migranti” sono piste  attraversate da migliaia di sciatori, meta turistica per ricchi. D’estate, si trasformano in campi da golf, pare- di proprietà della Lavazza. Campi dal terreno iper curato, il “golf transfrontaliero”, come anche viene chiamato. “… 18 buche a cavallo su due paesi!” dice il sito. Campi accessibili solo per chi ha le possibilità di pagare. Anche la frontiera è stata privatizzata. Se la spartiscono polizie varie e multinazionali.

– Primo episodio

Camminare nei boschi tra Claviere e Monginevro è pericoloso: rischi di incontrare brutti ceffi sul cammino, come un gendarme in bicicletta che ti sbarra la strada. Poco tempo fa tre amic* che passeggiavano tra queste montagne militarizzate sono stat* fermat* e sono stati chiesti loro i documenti.  Una di loro non li aveva. Il gendarme a sella della sua bici ha chiamato rinforzi e i tre amic* sono stat* caricat* su una camionetta e portati alla PAF (polizia di frontiera) per accertamenti. Dapprima le guardie hanno provato a mettere pressione dicendo che il loro intervento era dovuto ad una segnalazione: qualcuno li avrebbe visti marcare i sentieri con una bomboletta spray. Una volta arrivati in centrale sono stati perquisiti, ma nulla è stato trovato nei loro zaini. I tre amic* sono stat* rilasciat* con una convocazione alla PAF per un’audizione libera, perché sospetti “di aiuto all’ingresso e al soggiorno di persona straniera”. Anche questo fermo rientrerebbe nel quadro di un’indagine più ampia, aperta per favoreggiamento all’immigrazione clandestina, a cui sembra che il simpatico procuratore di Gap sia particolarmente affezionato. E’ palese che la volontà del procuratore e della polizia di frontiera sia quella di mettere pressione. Intanto chi cerca di passare continua a perdersi in montagna passando ore tra i boschi per scappare dalle varie polizie; almeno in tre, tra queste montagne sono già morti.

– Secondo episodio

Una macchina con a bordo tre ragazz* viene fermata a qualche centinaio di metri dalla frontiera da un ragazzino malconcio, che si dichiara molto malato e che necessita di andare in ospedale. Chiede di essere portato alla PAF per farsi prendere in carico dal sistema francese, in quanto minorenne non accompagnato e in gravi condizioni di salute (la legge francese infatti prevede la presa in carico da parte dello stato di qualsiasi minorenne non accompagnato presente sul territorio). Le sue condizioni fisiche sono visibilmente critiche: il ragazzo fa fatica a parlare e perfino a sedersi. Afferma di non essere stato curato dai centri di accoglienza italiana. I tre ragazz* gli danno un passaggio e dicono alla PAF che il ragazzino deve andare in ospedale e che è minorenne. I poliziotti di frontiera fanno scendere il ragazzo e lo portano dentro. Poi, uno a uno, i tre ragazz* vengono interrogat* sui fatti. Gli viene proposta la scelta fra un “audition libre” (audizione libera), o la garde-à-vue (fermo) per favoreggiamento all’immigrazione clandestina. Di fatto i tre sono trattenut* per tre ore e mezza, interrogat*, mess* sotto pressione. Vengono rilasciat* con un appuntamento orale per l’indomani. Pare che sia stato il procuratore di Gap a voler procedere con l’inchiesta. Intanto il ragazzino malato viene interrogato, poi gli viene detto che lo porteranno all’ospedale di Briançon. Gli hanno fatto firmare un foglio che nemmeno ha potuto leggere. Poi lo caricano su un furgone, insieme ad altri due minorenni. Credono tutti di andare a Briançon, invece si ritrovano buttati per strada all’inizio di Clavière, alla frontiera italiana. Il ragazzino malato ci riprova. Ferma un’altra macchina, si fa dare un passaggio. Questa volta l’autista ha competenze mediche e può confermare che ha seriamente bisogno di cure all’ospedale. Nuovamente, invece, viene respinto alla frontiera. Questa volta sembra sia stata la prefetta della regione in persona, mobilitata per il caso, a volerlo respingere. Qualcun* lo porta in ospedale in Italia. Solerti medici chiamano immediatamente le forze di polizia. I carabinieri italiani, per prima cosa, lo sottopongono ad un esame osseo per verificare che sia minorenne. E poi lo foto-segnalano. Il ragazzino viene portato in un centro per minori in bassa Val di Susa e da lì l’indomani sarà ricoverato in un ospedale torinese.

-Terzo episodio

Nessun* dei sei fermat* si presenta alla convocazione per farsi interrogare dalla PAF. Non avevano nessuna intenzione di presentarsi volontariamente ad un appuntamento non obbligatorio e che si prevedeva poco galante con la polizia, per farsi riempire di domande e potenzialmente trattenere in garde-à-vue accusati di favoreggiamento. La polizia di frontiera chiama i telefoni privati di alcun* dei convocati. Viene detto loro che se non si presenteranno a breve finiranno nella lista dei ricercati. In pratica, li minacciano di andare a prenderli con la forza. Qualche giorno dopo, la polizia si presenta a casa di un paio dei tre amici e chiamano al lavoro uno di loro. Hanno evidentemente molta voglia di parlargli. Per ora non trovano nessuno.
Procuratore e prefetta ci hanno preso così in simpatia da voler passare sempre più spesso tempo con noi. È pare che abbiano pure un dossier che arriscono sempre più con foto di famiglia.
La repressione verso chi di passaggio e verso i solidali continua. Ma nemmeno la solidarietà si arresta.

Delle vostre convocazioni non ce ne facciamo niente.

http://www.passamontagna.info/

La PSQ, ou quand la sécurité devient « la première des libertés »

La PSQ, où Police de Sécurité du Quotidien, a été lancée officiellement par le ministre de l’intérieur le 8 février dernier suite à la volonté du gouvernement de s’« engager dans une évolution des missions de la police et de la gendarmerie pour répondre à la priorité des Français : la sécurité. »

Cette expérimentation fait suite à une concertation large menée à la fois en partant « du terrain » : pas moins de 70 000 questionnaires ont été renvoyés par les policiers et les gendarmes au gouvernement pour formuler leurs attentes ; et à la fois au niveau départemental : plus de 500 réunions ont été menées réunissant préfets, associations élus, organisations syndicales de la police et structures de concertation de la gendarmerie, représentants des policiers municipaux, acteurs de la sécurité privée et des transports, experts, etc. Plus de 150 contributions ont également été rédigées par les syndicats, universitaires, entreprises et associations d’élus.

Cette prise en considération des acteurs de la « sécurité » a certainement dû faire s’arracher quelques cheveux aux associatifs œuvrant sur la question de l’immigration – qui relève pourtant du même ministère – force de constater que ces derniers goûtent plus souvent à la saveur des portes closes qu’à celle des petits fours…

Le dossier de presse1 présentant la PSQ apporte comme propositions principales de : rendre les condamnations judiciaires et les mesures répressives plus dissuasives (enfermer plus et plus longtemps), développer davantage la coopération avec les polices municipales (être fliqué au plus près), accroître la participation des habitants à leur propre sécurité (vers la création de milices d’auto-défense citoyenne ?), simplifier la procédure pénale et réduire les tâches administratives (afin de ne plus s’embêter avec la paperasse et la défense des accusés).

La PSQ prévoit ainsi de travailler de façon beaucoup plus partenariale avec les maires et leurs polices municipales, les bailleurs sociaux, les entreprises de transport ou les agents de sécurité privée, c’est à dire un large pan d’acteurs de proximité. « Les élus, en particulier les maires, sont ceux qui connaissent le mieux leur territoire, qui savent où se développe la délinquance. Je demande que dans les trois prochains mois on puisse prendre contact avec eux pour définir en partenariat une vraie stratégie de sécurité pour le territoire », nous précise le ministre. Pour ceux qui hébergent des sans-papiers dans leur village ou celles qui vendent une barrette de shit derrière les abris de bus, gare aux mouchards !!

Au niveau national, 20 départements ont été ciblés pour faire l’objet de renforts en zone gendarmerie, et 30 quartiers en zone police subtilement dénommés « de reconquête républicaine » ont été retenus. Parmi les moyens alloués à ce dispositif, 10 000 postes seront créés entre 2018 et 2022. Dans les Hautes-Alpes2, les objectifs sont notamment d’« élargir les zones de participation citoyenne sur la ville de Gap » (plus de délation) et de « travailler à la mise en place d’un réseau de vidéoprotection sur la ville de Briançon » (pour faciliter la surveillance et l’interpellation des migrants ?).

Les premières expérimentations de la PSQ ont débuté au cours du premier trimestre 2018. Une démonstration grandeur nature a été effectuée récemment le jeudi 31 mai dans les Bouches-du-Rhône, comme nous l’indique un quotidien local3. Pendant deux heures, 213 agents de la direction départementale de la sécurité publique, de la police aux frontières, des CRS et de la gendarmerie, des policiers municipaux, épaulés par des agents SNCF et RTM, ont pris d’assaut l’ensemble des transports en commun de Marseille et Aix-en-Provence. Les gares de Saint-Charles, de l’Arbois, d’Aix-centre, celles de Gardanne, Simiane et Septèmes, mais aussi les bus entre ces deux villes et plusieurs stations de métro ont fait l’objet de ce déploiement massif destiné à marquer les esprits, et durant lequel pas moins de 7 906 voyageurs ont été contrôlés (avec au final 12 arrestations pour séjour irrégulier, fiche de recherche et détention d’arme blanche, et 293 procès verbaux dressés pour fraude). Apercevant les uniformes, près de 4000 personnes auraient fait demi-tour, preuve s’il en faut qu’une large partie de la population ne se laisse ni attraper docilement comme des moutons, ni berner par les « priorités » sécuritaires du gouvernement.

Article repris du site Cévennes sans frontières

« Nous avons piraté les frontières » – Récit sur le camp itinérant « Passamontagna » du 8 au 10 Juin

« Nous avons piraté les frontières » – Récit sur le camp itinérant « Passamontagna » du 8 au 10 Juin

http://www.passamontagna.info/?page_id=151&lang=fr

Comment faire pour rendre caduques les frontières ? C’est devenu nécessaire avec la militarisation de celles-ci dans le cadre de la guerre aux migrant-es qui a été enclenchée en Europe. Après la marche du 22 Avril de Montgenevre à Briançon, il fallait recommencer. Surtout quand 3 migrant-es ont été retrouvé-es mort-es dans la vallée, tué-es non pas par le froid mais par la répression policière. Surtout quand 3 personnes ont été placées en prison suite à cette précédente marche.

C’est dans ce contexte que s’est monté Passamontagna, un camp itinérant contre les frontières, partant de Melezet en Italie, passant par le col de l’Échelle et arrivant à Briançon. 3 jours collectifs et autogérés, de marche mais aussi de discussions et de reflexion autour de ces frontières, réunissant des personnes italiennes, françaises et d’ailleurs luttant contre les frontières.

Lire la suite sur grenoble.indymedia.org

Main dans la main… l’Etat et les néofascistes ; Résistons ensemble, mai-juin 2018, n° 173

Bulletin numéro 173, mai/juin 2018, du réseau Résistons Ensemble. Formé en 2002, Résistons Ensemble a pour but d’informer, de briser l’isolement des victimes des violences policières et sécuritaires et de contribuer à leur auto organisation.

Cliquer sur l’image pour accéder au fichier

Bulletin A4 recto-verso en PDF « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

Le bulletin no 173, mai/juin 2018 du petit journal mobile recto-verso A4 du réseau Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires est sorti. Pour lire l’intégralité et télécharger ce bulletin mis en page au format pdf

Main dans la main… l’État et les néofascistes
Le col de l’Echelle (Hautes-Alpes), à 1762 mètres d’altitude, est actuellement couvert de neige, il sépare la France de l’Italie. Les routes sont coupées. Un groupe grimpe, raquettes aux pieds, soutenu par 2 hélicoptères (!), avion et drones… Pour sauver des alpinistes en danger ? Vous n’y êtes pas du tout. Il s’agit d’une centaine de néofascistes de« Génération identitaire », des français, des hongrois, des italiens… qui sont partis à la chasse aux migrants (comme déjà en août dernier avec le navire CSTAR en chasse sur la mer méditerranée voir RE 165).
Avec leur banderole déployée « Defend Europe » et des grillages en plastique, leur but est de repousser des migrants à bout de forces, gelés, vers l’Italie. Cette expédition spectaculaire était surveillée par les gendarmes, mais ils ont laissé faire. Mis à part un communiqué bidon, la justice classe l’affaire et les néofascistes jubilent.
Alors que des militants qui ont secouru des migrants sur un col voisin en réaction à la marche de la Génération identitaire, eux sont poursuivis et risquent 5 ans de prison comme les « trois de Briançon » qui passent au tribunal de Gap le 31 mai.
Deux poids, deux mesures ? Non c’est plus que ça. La nouvelle loi « asile et immigration » maintient le « délit de solidarité »pour toute aide portée aux migrants voulant franchir une frontière . Les néofascistes n’ont fait que mettre en pratique l’esprit de cette loi en rejetant dans la neige, éventuellement vers la mort des migrants exténués. Ils partagent le sale boulot avec les forces de répression « légales » dont les harcèlements peuvent mener a la mort, comme celle de Blessing, 20 ans, morte noyée à la frontière côté français. C’est pourquoi l’État ne les poursuit pas et laisse sévir les milices fascistes en tant que « garde-frontières ».
Le silence du mouvement social autour de ce nouveau développement est assourdissant. Dénoncer cette complicité de fait du gouvernement avec les néofascistes, la répression contre les migrants, et exiger la liberté pour tous militants solidaires est urgent et vital. Rappelons-nous la bête immonde, une fois lâchée, nous bouffera tous.

Au sommaire

  • Main dans la main… l’État et les néofascistes
  • Déborder mais vers où ?
  • chronique de l’arbitraire
    Les différentes formes de la répression
    « Rien n’a changé à Seysses »
    « La vérité et rien que la vérité pour Monsieur Deh ! »
    Procès BDS à Versailles
    « Que se passe-t-il au commissariat d’Argenteuil ? »
    Procès du « 8 juillet »
    Stop à la gestion coloniale de nos quartiers !
  • agir
    11 après… pour Lamine Dieng
    Manifestation contre le projet de Loi Asile-Immigration

Chroniques de frontières alpines – 1 / Réprimer les solidarités : La stratégie de la peur

L’article complet sur https://derootees.wordpress.com

Depuis 2015, dans le cadre de la « lutte anti-terroriste » menée par l’Etat français, on a assisté à une intensification de la répression policière et juridique vis-à-vis des citoyen·nes solidaires avec les étranger·es, notamment aux zones frontalières. Entre juillet 2015 et janvier 2017, de 9 citoyen·nes des Alpes Maritimes ont été inculpé·es, et le 24 avril 2018, trois militant·es suisses et italienne ont été mis·es en détention préventive suite à une manifestation solidaire à la frontière des Hautes-Alpes. Ces récents événements ont fait ressusciter les débats autour du poussiéreux « délit de solidarité », institué en 1938 (dans un climat dont chacun·e devine qu’il était particulièrement xénophobe…)

Le dossier en ligne du Gisti sur le délit de solidarité montre comment les évolutions progressives du droit sont devenues de plus en plus floues de sorte qu’il n’ait plus vocation à réprimer les trafics et réseaux mafieux à la frontière, mais à englober dans le champ des répressions les pratiques d’aide gratuite et solidaires vis-à-vis des étrangers. Cette évolution est le fruit d’une représentation de continuité entre l’immigration clandestine et le terrorisme : ainsi, dès 1996, l’aide au séjour irrégulier est intégrée parmi les infractions à visée potentiellement terroriste. Depuis les années 2000, on assiste à une extension des immunités (notamment pour « motifs humanitaires ») mais aussi, simultanément, à une aggravation des sanctions et de la répression des citoyen·nes solidaires avec les étranger·es sans-papiers.

Tout un arsenal législatif a ainsi vocation à limiter les activités bénévoles de citoyen·nes solidaires : l’ « aide à l’entrée et au séjour irréguliers », punis de 10 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, mais aussi les « délits d’outrage, d’injure et de diffamation ou de violences à agent publics », utilisés selon le Gisti pour  » défendre l’administration et la police contre les critiques dont leurs pratiques font l’objet ». A ces motifs s’ajoutent des pratiques plus sournoises de dissuasion, qui procèdent de la même volonté politique : « Il s’agit de priver l’étranger en situation irrégulière en France de toute forme de soutien : amical, politique ou juridique mais aussi, au-delà, de signifier à la population en général et aux militant·es en particulier qu’on ne peut s’opposer impunément à la politique gouvernementale quelles que soient la détresse humaine et les horreurs qui lui sont inhérentes. »

A la frontière franco-italienne, depuis quelques années, la répression judiciaire des personnes solidaires avec les exilé·es a concerné avant tout la zone de Menton-Vintimille, avec des garde-à-vue à tours de bras, la distribution de plus de soixante-dix interdictions de territoire pour des militant·es français·es et italien·nes, et puis l’ouverture des procès d’habitant·es de la Roya et de Menton. Les personnes incriminées assument leur solidarité avec les sans-papiers, en arguant que ce sont les pratiques illégales par la police de refoulement aux frontières qui (re)mettent en danger les personnes exilées, dont elles violent les droits.

Dans les Hautes-Alpes, la route qui s’est ouverte progressivement au cours de l’année 2017 fait de la région briançonnaise, depuis plus de six mois, un des principaux passages vers la France. Les mêmes événements se sont enchaînés, rapidement, qu’à Menton et dans la Roya : forte augmentation du nombre de personnes traversant la région pour entrer en France, organisation citoyenne pour faire face à une situation humanitaire d’urgence, militarisation de la frontière grâce à des équipements et des renforts policiers, répression des personnes clandestines… Et prise en étau des bénévoles solidaires au coeur de ce dispositif de répression, lequel vise avant tout les personnes étrangères, mais également tous les gens qui leur viennent en aide.