10 janvier, procès contre 2 nouveaux solidaires = 2 rassemblements

Communiqué de presse

13 décembre 2018

Comité de soutien aux 3+4, Gisti, Anafé et La Cimade

Les 7 de Briançon lourdement condamné·e·s par le tribunal de Gap

Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Gap a déclaré les 7 de Briançon coupables d’aide à l’entrée sur le territoire d’une personne en situation irrégulière. Si la circonstance aggravante de bande organisée a été abandonnée, la lourdeur des peines prononcées (conformes aux réquisitions du parquet) marque un tournant dangereux dans la répression des personnes solidaires.

Benoit, Théo, Bastien, Lisa et Eleonora ont été condamnés à 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple. Juan a été condamné à 12 mois d’emprisonnement dont 8 avec sursis simple et 4 fermes et Mathieu à 12 mois d’emprisonnement dont 4 fermes et 8 avec sursis avec mise à l’épreuve.

Nos organisations sont scandalisées et indignées par ce jugement qui criminalise encore une fois et de manière inédite des militant·e·s agissant en faveur des droits des personnes migrantes.

Le droit fondamental constitutionnel de manifester a donc été nié au profit d’une pénalisation toujours plus forte des personnes solidaires. Aussi, ce jugement va-t-il à l’encontre de l’obligation légale qu’a chacun·e de porter secours à une personne en danger. C’est un signal alarmant pour les défenseurs des droits humains en France qui font l’objet de pressions de plus en plus fortes de la part des forces de l’ordre et des autorités judiciaires.

Nos organisations se dressent aux côtés de Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo et continueront de les soutenir et de dénoncer la situation de péril imminent des personnes migrantes dans les Alpes.

Lors de l’audience du 8 novembre 2018, les avocat·e·s et les prévenu·e·s ont pu dénoncer les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d’entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

Le Ministère public avait demandé au tribunal de condamner respectivement à 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoît, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 4 mois d’emprisonnement ferme et 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 4 mois d’emprisonnement ferme et 8 avec sursis avec mise à l’épreuve pour Mathieu.

Au-delà de la condamnation des 7 solidaires, le tribunal est resté sourd aux témoignages et preuves apportées par la défense, faisant le jeu ainsi des pratiques illégales de l’administration, les violations des droits et la traque des personnes migrantes. Alors que des personnes exilées, auxquelles nous essayons de venir en aide, meurent sur les routes dangereuses de la frontière franco-italienne, le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité.

Ce jugement est rendu alors que la Cour de cassation a annulé hier des décisions condamnant des militants pour « délit de solidarité ». L’occasion de rappeler que d’autres militants solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier et en mars 2019.

Par ailleurs, les associations alertent sur la militarisation de la frontière qui contraint les personnes migrantes à se mettre en danger en montagne dans le froid et la neige. La présence policière permanente entrave le déroulement des maraudes visant à secourir les exilé·e·s.

Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont signé la pétition, nos organisations demandent l’abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.

Rappel des faits :

Bastien, Benoit, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo étaient poursuivi·e·s pour avoir participé, en avril dernier, à une marche solidaire pour dénoncer les violences commises par le groupuscule identitaire à l’encontre des personnes exilées dans la région de Briançon et pour protester contre la militarisation de la frontière franco-italienne. L’État leur reproche d’avoir à cette occasion « facilité l’entrée de personnes illégales sur le territoire français », et de l’avoir fait « en bande organisée ».

Comité de soutien aux 3+4 : Article 1er, Le Cesai, CGT 05, Chemins Pluriels, Chez Marcel, CHUM, Collectif Maraudes, Comité de soutien aux 3+4 Genève, Comité de soutien aux 3+4 Marseille, Les Croquignards, Ensemble 05, La Fanfare Invisible, Icare 05, NO THT 05, PCF 05, Réseau hospitalité 05, Sud 05, Les Tabliers Volants, Tous Migrants.

Contacts presse :

La Cimade – Rafael Flichman – 06 42 15 77 14 – rafael.flichman@lacimade.org

Anafé – Laure Palun – 06 60 79 46 63 – palun.laure@anafe.org

GISTI – Violaine Carrère – 01 43 14 84 88 – carrere@gisti.org

Vox Public – Erika Campelo – 06 10 29 52 50 – erika.campelo@voxpublic.org

Pour contacter le Comité et les personnes inculpées : Agnès Antoine – antoine.antoine@gmail.com – 06 37 75 75 77

 

Assemblée de l’espace social et d’activités du Césaï

Prochaine assemblée de l’espace social d’activités : vendredi 16 novembre de 14h à 15h30 et Jeudi 22 novembre de 18h à 19h30.

Tout ça au premier étage du Cesaï, rue de l’imprimerie, Gap.

 

Le CESAÏ (Centre Social Autogéré de l’Imprimerie) a ouvert ses portes il y a maintenant un mois. Après quatre semaines de travaux d’aménagement et de réhabilitation, qui ont fait naître des espaces de vie et d’habitations pour des personnes mises à la rue par L’État notamment les habitant(e)s expulsé(e)s de la maison Cézanne, vient le moment tant attendu de faire vivre l’espace d’activités, l’espace social au premier étage.

Nous vous invitons à proposer des activités en tout genre, à participer aux activités et à l’aménagement de l’espace. Ces activités se veulent gratuites où à prix libre et l’argent collecté servira à faire vivre le Césaï.

Venez y mettre votre grain de sel, votre énergie débordante, votre créativité à toutes épreuves. De petites bricoles ou de grandes ambitions, l’envie est forte de créer du lien social, du partage, de la solidarité, de l’échange, des sourires…

Alors poussons les portes, que le Césaï s’ouvre et perdure.

 

Programme et actu : http://cesai.noblogs.org

Pour recevoir le programme de Césaï, envoyer un mail à
cesai-activites@riseup.net

Reportage audio sur le Cesaï

Voici un reportage sur le centre social autogéré CESAÏ qui vient d’ouvrir ses portes à Gap.
Après l’expulsion de la Maison CÉzanne, 17 demandeurs et demandeuses d’asiles se retrouvent à la rue. Après 48h d’occupation de la préfecture, la seule réponse des institutions est la force : plus de 40 gardes mobiles viennent déloger les 40 occupant.e.s.

A l’orée de l’hiver, la réponse de l’état est clair : le silence et la force.

Le centre ville de Gap est pourtant doté d’un beau parc immobilier … vide. Le maire, Roger Didier, présent et vaillant lors de l’expulsion de Cézanne, n’a pas daigné montrer son nez.

C’est avec bonne humeur et détermination que les demandeurs.euses d’asile soutenu.e.s par des collectifs et individu.e.s, décident de ne pas se laisser faire.

Le Centre social autogéré CÉSAÏ répond à l’état : « Réapproprions nous nos vi(ll)es »
Face à la situation des exilé.e.s et laissés pour compte, à la misère sociale et au vide culturel de la ville de Gap, le CÉSAÏ ouvre donc ses portes rue de l’imprimerie.
Son but : proposer un hébergement, un lieu de solidarité, d’organisation et des activités libres et gratuites.

Que fleurissent les lieux de luttes !

https://audioblog.arteradio.com/blog/126190/podcast/126191

Procès des 3+4 de Briançon

Des rendez-vous :
Rassemblement le 8 novembre à 8 h 30 devant le tribunal de Gap, attention l’audience risque de durer fort tard.
Appel à mobilisation internationale.
La solidarité ne s’arrête pas
.
Des bus depuis marseille et valence pour le proces des 3+4.

– Soirée de soutien le 27 octobre à Marseille 19 h, plus d’info sur fb :collectif soutien migrants 13 / el manba ; voir aussi l’article sur mars-infos.org
– Soirée de soutien à Paris le 3 novembre , salle La Générale avec nos amis de la fanfare invisible
– Soirée de soutien le 7 novembre à Guillestre, avec concert ( ESKA, compagnie KTA, Massilia Sound System)

Jeudi 8 novembre, 7 militant.es seront jugé.es à Gap pour « aide au passage en bande organisée », encourant jusquà 10 ans de prison. Au-delà de ces personnes, ce sont les solidarités à la frontières que l’État cherche à briser et à criminaliser.

À la frontière franco-italienne, des lieux-refuges et des personnes tentent de rendre moins terrible l’exode des migrant.es fuyant l’Italie, où les conditions de non-accueil se sont encore détériorées avec l’arrivée du gouvernement d’extrême-droite. Face à eux, policiers, gendarmes et fascistes occupent la montagne. Le 22 avril, une marche transfrontalière de protestation contre la présence de la milice néo-fasciste Génération Identitaire au col de l’Echelle a entraîné l’arrestation et l’inculpation de 7 militant.es, qui risquent 10 ans de prison (procès le 8 novembre à Gap)

Pourtant, et c’est le sens d’une plainte collective déposée par des migrants du collectif Al Manba (Marseille) contre l’Italie, ainsi que les luttes contre les expulsions dites « Dublin » comme à Faux-la-Montagne et ailleurs, tous les récits attestent de l’inhumanité croissante des conditions de vie et d’accès droits pour les exilé.es de l’autre côté des Alpes. Si ce n’est bien sûr guère mieux en France, il en va de la liberté de choisir son destin et de sa propre dignité de ne pas subir sans protester l’écrasement des vies et des solidarités.

Relaxe pour les 3+4 ! Liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous !

Dénonçons les états assassins qui traquent les exilé.es dans les montagnes, expulsent les refuges solidaires à l’arrivée de l’hiver, et poursuivent celles et ceux qui sont présent.es sur les chemins. Le 8 novembre, dressons le procès des frontières, pas des solidaires !!
Tous et toutes à Gap le 8 novembre pour soutenir les 3+4 de Briançon !

relaxepourles3plus4.fr

Une vidéo en solidarité avec les 3+4

Soirée de soutien à la Maison Cézanne samedi 23 juin 19h à Gap

Des gens sont à la rue.

Une maison va être détruite… pour une opération immobilière !!!

Oui, la maison Cézanne va fermer. Pourtant, elle accueille encore aujourd’hui une vingtaine de personnes exilées, des demandeurs d’asile qui sont censés avoir des droits. Parmi ceux là le droit fondamental d’être hébergés.

(Article L. 348-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) : « les personnes dont la demande d’asile a été enregistrée conformément à l’article L. 741-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile peuvent bénéficier d’un hébergement en centre d’accueil pour demandeur d’asile, à l’exception des personnes dont la demande d’asile relève d’un autre État, au sens de l’article L. 742-2)Regardons les choses en face : l’État n’assume pas ses obligations et la mairie veut récupérer « son bien »… quitte à utiliser la force publique pour expulser des gens qui ont tout perdu !

Nous vous invitons à montrer votre solidarité aux habitants de la maison en participant à la soirée de soutien, repas, musique qui aura lieu le

SAMEDI 23 JUIN A 19H A LA MAISON CÉZANNE

Un point info sur la situation et une discussion est prévue à 20h.

N’hésitez pas à ramener des instruments, une playlist, vos boissons et sucreries préférées. Un couscous avec et sans viande est prévue !


Un toit un droit, 2 rue Ernest Cézanne à Gap, en face de l’entrée desn urgences (en périphérie du centre ville, banderoles sur la maison)

Pour nous joindre : untoitundroit at riseup.net

Pour être informé-e (activités, besoins, urgences…) : envoyer un mail à cette adresse pour demander votre ajout sur la liste.

Si vous souhaitez recevoir plus participer plus activement: envoyer un mail vide à cezanne-subscribe at lists.riseup.net (liste de discussion)

La PSQ, ou quand la sécurité devient « la première des libertés »

La PSQ, où Police de Sécurité du Quotidien, a été lancée officiellement par le ministre de l’intérieur le 8 février dernier suite à la volonté du gouvernement de s’« engager dans une évolution des missions de la police et de la gendarmerie pour répondre à la priorité des Français : la sécurité. »

Cette expérimentation fait suite à une concertation large menée à la fois en partant « du terrain » : pas moins de 70 000 questionnaires ont été renvoyés par les policiers et les gendarmes au gouvernement pour formuler leurs attentes ; et à la fois au niveau départemental : plus de 500 réunions ont été menées réunissant préfets, associations élus, organisations syndicales de la police et structures de concertation de la gendarmerie, représentants des policiers municipaux, acteurs de la sécurité privée et des transports, experts, etc. Plus de 150 contributions ont également été rédigées par les syndicats, universitaires, entreprises et associations d’élus.

Cette prise en considération des acteurs de la « sécurité » a certainement dû faire s’arracher quelques cheveux aux associatifs œuvrant sur la question de l’immigration – qui relève pourtant du même ministère – force de constater que ces derniers goûtent plus souvent à la saveur des portes closes qu’à celle des petits fours…

Le dossier de presse1 présentant la PSQ apporte comme propositions principales de : rendre les condamnations judiciaires et les mesures répressives plus dissuasives (enfermer plus et plus longtemps), développer davantage la coopération avec les polices municipales (être fliqué au plus près), accroître la participation des habitants à leur propre sécurité (vers la création de milices d’auto-défense citoyenne ?), simplifier la procédure pénale et réduire les tâches administratives (afin de ne plus s’embêter avec la paperasse et la défense des accusés).

La PSQ prévoit ainsi de travailler de façon beaucoup plus partenariale avec les maires et leurs polices municipales, les bailleurs sociaux, les entreprises de transport ou les agents de sécurité privée, c’est à dire un large pan d’acteurs de proximité. « Les élus, en particulier les maires, sont ceux qui connaissent le mieux leur territoire, qui savent où se développe la délinquance. Je demande que dans les trois prochains mois on puisse prendre contact avec eux pour définir en partenariat une vraie stratégie de sécurité pour le territoire », nous précise le ministre. Pour ceux qui hébergent des sans-papiers dans leur village ou celles qui vendent une barrette de shit derrière les abris de bus, gare aux mouchards !!

Au niveau national, 20 départements ont été ciblés pour faire l’objet de renforts en zone gendarmerie, et 30 quartiers en zone police subtilement dénommés « de reconquête républicaine » ont été retenus. Parmi les moyens alloués à ce dispositif, 10 000 postes seront créés entre 2018 et 2022. Dans les Hautes-Alpes2, les objectifs sont notamment d’« élargir les zones de participation citoyenne sur la ville de Gap » (plus de délation) et de « travailler à la mise en place d’un réseau de vidéoprotection sur la ville de Briançon » (pour faciliter la surveillance et l’interpellation des migrants ?).

Les premières expérimentations de la PSQ ont débuté au cours du premier trimestre 2018. Une démonstration grandeur nature a été effectuée récemment le jeudi 31 mai dans les Bouches-du-Rhône, comme nous l’indique un quotidien local3. Pendant deux heures, 213 agents de la direction départementale de la sécurité publique, de la police aux frontières, des CRS et de la gendarmerie, des policiers municipaux, épaulés par des agents SNCF et RTM, ont pris d’assaut l’ensemble des transports en commun de Marseille et Aix-en-Provence. Les gares de Saint-Charles, de l’Arbois, d’Aix-centre, celles de Gardanne, Simiane et Septèmes, mais aussi les bus entre ces deux villes et plusieurs stations de métro ont fait l’objet de ce déploiement massif destiné à marquer les esprits, et durant lequel pas moins de 7 906 voyageurs ont été contrôlés (avec au final 12 arrestations pour séjour irrégulier, fiche de recherche et détention d’arme blanche, et 293 procès verbaux dressés pour fraude). Apercevant les uniformes, près de 4000 personnes auraient fait demi-tour, preuve s’il en faut qu’une large partie de la population ne se laisse ni attraper docilement comme des moutons, ni berner par les « priorités » sécuritaires du gouvernement.

Article repris du site Cévennes sans frontières

Théo, Bastien et Eleonora : Contrôle judiciaire levé

Ce matin, près de 300 personnes se sont réunies en solidarité avec les inculpé-e-s de la manifestation du 22 avril dernier.

A l’issue de l’audience, il a décidé de la levée des contrôles judiciaires auxquels étaient soumis « les 3 de Briançon ». Ils seront jugées sur le fond le 8 novembre.

Liberté pour toutes les prisonnières, les enfermés, les condamnées !

Rassemblement devant le tribunal de Gap!

 

JEUDI 31 Mai Rassemblement sous le tribunal de Gap.La solidarité ne s’arrête pas !
Théo, Bastien et Eleonora, toutes libres !

Rendez-vous à 6h30 Chez Jésus (salle occupée sous l’église de Clavière)
pour partir tous ensemble pour Gap.
8h30 devant le tribunal de Gap (Place Saint Arnoux)

Ce jeudi 31 Mai se tiendra à Gap le procés de Théo, Eleonora et Bastien,
trois camarades arreté·e·s suite à la marche du 22 Avril, qui a vu plus
de 200 personnes, avec et sans documents, traverser à pied la frontière
italo-française du Montgenèvre et arriver jusqu’à Briançon.

Une marche spontanée contre la frontière et contre les uniformes qui la
défendent. Une marche également en réponse aux néo-facistes de
génération identitaire, qui demandent la fermeture totale de la
frontière,une augmentation des contrôles de police et l’augmentation des
rapatriements pour les « sans papiers ».

Le 22 la police de Briançon a arreté trois personnes au terme de la
marche. Théo, Eleonora et Bastien ont fait dix jours de prison, entre
Gap et Marseille et sont aujourd’hui soumis à des mesures de contrôle
préventives (obligation de permanence sur le territoire français,
obligation de signature quotidienne, et interdiction de s’exprimer « en
public »).

Jeudi 31 à 8h30 commence le procés ; le chef d’accusation est celui
d’aide à l’immigration clandestine en bande organisée, délit pour lequel
ils encourent jusqu’à dix ans de prison.

Allons donc nous faire entendre.

Ce procés est politique : l’accusation concerne en realité la lutte et
la solidarité qui se sont développées dans la zone de la frontière ces
derniers mois. L’accusation de « bande organisée » est l’expression de
cet état de fait : l’attaque de l’état envers les réseaux solidaires qui
se sont crées entre les vallées italiennes et du briançonnais.

La militarisation a tué. Ces dernières semaines deux corps au moins ont
été retrouvés à peine au de la frontière. Blessing, jeune nigérienne de
21 ans qui tentait de rejoindre la France, est morte suite à une
course-poursuite avec la police française, qui l’a faite tomber dans le
fleuve.

Mamadou en revanche, est mort d’épuisement dans les bois de Briançon. Il
est mort après des jours de marche pendant lesquels lui et son collègue
d’inforturne essayaient d’éviter les contrôles policiers, toujours plus
forts.

La frontière tue, et la militarisation est son arme.
Luttons contre elle par tous les moyens nécéssaires.

Théo, Eleonora et Bastien libres de suite.
Nous étions sur les même sentiers ce jour là

Mort à la norme

Jérôme Laronze, éleveur de vaches charolaises en Saône-et-Loire, a été abattu le 20 mai 2017 par les gendarmes.

En l’espace de 5 ans, Jérôme avait subi 12 contrôles de diverses instances administratives agricoles, des pénalités, des menaces de saisie du troupeau… Cette répression visait à le « mettre aux normes », lui qui refusait de répondre aux injonctions de traçabilité (bouclage des animaux, bordereau de circulation, prophylaxie, etc…). La pression croissante a franchi un seuil en 2016, car les services vétérinaires font désormais appel aux gendarmes à chaque visite pour effectuer leurs contrôles coûte que coûte.

Le 11 mai 2017, deux contrôleurs et quatre militaires en armes se sont présentés à la ferme pour un contrôle. Pris au dépourvu, Jérôme Laronze a pris la fuite, fuite qui se pose comme un ultime recours dans une lutte de plusieurs années pour dénoncer les agissements de l’administration.

Jerome Laronze avait écrit : «L’hyper administration n’apporte rien aux agriculteurs, sinon de l’humiliation et des brimades. Cela ne rapporte qu’aux marchands et aux intermédiaires. Mon cas est anecdotique, mais il illustre l’ultra-réglementation qui conduit à une destruction des paysans. »

Les pressions administratives agricole qui consistent à certifier, normer, contrôler et labelliser a outrance les productions agricoles constituent une violence totale et permanente pour les agriculteurs.trices .

En mémoire de Jerome Laronze et pour soutenir toute.s les paysans.nes qui résistent contre l’État et ses directives normalisatrices – notamment en ce moment les camarades de Notre-Dame-des-Landes, nous appelons à un rassemblement le 18 mai 2018 à Gap. Le RDV est donné à 8h devant la gare SNCF.

 

Des collectifs d’agriculteurs.trices des Alpes du Sud contre les normes administratives et industrielles

Point de vue sur le Carnaval à Gap

Le carnaval sauvage de Gap a dépassé les frontières : une audience inespérée.

Mais quelles frontières ? On parle de débordements, de dégradations, de tags. Ah, les tags…

Les commerçants.es, les gapançais.es, seraient scandalisé-e-s. Mais de qui s’agit-il vraiment ? Car il y a aussi toutes celles et ceux qui ont été agréablement surpris.es par autant de vie et de spontanéité.

Que ça ne soit pas du goût de tout-e-s, soit. Nous n’avons pas tout-e-s les mêmes rapport à la « stratégie ». Mais de là à considérer que ce sont les carnavaliers qui sont un problème, car ils auraient dénoncé de manière déplaisante pour certain-e-s l’horreur de la frontière et de son monde, nous considérons pour notre part que c’est ça le scandale.

C’est trop facile de pointer des boucs-émissaires quand le répression se fait plus forte, ou plutôt plus visible. Comme si nous étions responsable de la passivité des habitants.es, de la violence de l’État, de l’arrogance des politiciens et pourquoi pas du fascisme qui monte.

Car ce sont bien là les véritables problématiques qui devraient occuper nos échanges, d’autant que ça pourrait bien s’aggraver dans les semaines à venir.

Les puissants ont toujours chercher à diviser celles et ceux qui leur résistent, mais nous pouvons aussi choisir de rester uni-e-s. Car c’est en partie dans cette diversité de tactiques que réside notre force. C’est elle qui nous rend insaisissables et imprévisibles.

Nous pouvons ne pas être d’accord sur certains points, autant sur des questions de forme que de fond. Mais ne perdons pas de vue notre combat commun.

Des gent.es qui ont trouvé ce carnaval trop bien

Trois potes en prison

TROIS POTES EN PRISON

Cela fait des mois que des personnes s’organisent depuis la vallée de la haute Durance jusqu’en Italie en solidarité avec les migrant-es et contre les frontières.

Dimanche, suite à une rencontre-débat sur le thème des frontières en Italie, une marche spontanée est organisée de Clavière à Briançon. Elle aura pour but de permettre le passage de la frontière a une trentaine d’exilé-es. Elle fait aussi réaction au renforcement croissant du dispositif policier et militaire , et à la présence, le même weekend, du groupe fasciste « Génération identitaire » sur le territoire.

Cette manifestation s’est déroulée sans encombre jusqu’au refuge solidaire. En fin d’après midi, 6 personnes ont été interpellées de manière arbitraire et placées en garde à vue, un camarade s’est fait violemment tabassé et des personnes gazées. Le motif de la garde à vue: « aide à l’entrée d’étranger-es en situation irrégulière », avec comme circonstance aggravante, le délit en bande organisée.

Trois d’entre eux-elles ont été relâché-es, et les 3 autres se sont vus prolongé-es leur garde à vue. Ce mardi, ils-elles comparaissaient en comparution immédiate à Gap (l’info est venue de l’avocat commis d’office, il semble que tout ait été fait pour que personne ne soit au courant). Ils-elles ont refusé la comparution immédiate et demandé le report de l’audience, fixée finalement au 31 mai. D’ici l’audience, le tribunal a décidé de les placer en détention préventive.

Nous étions une trentaine à assister à l’audience sous haute surveillance : 8 camions de crs devant le tribunal, PSIG et police dans la salle. L’entrée au tribunal était conditionnée à la présentation et la photocopie d’une pièce d’identité.

Dans la mesure où la comparution immédiate a été refusée, le tribunal devait statuer sur le devenir des 3 personnes en attendant l’audience.

Le procureur basait son réquisitoire absurde sur le contexte politique local. Il a en effet tenté de faire porter aux prévenu-es tous les événements du week end (citant le texte du carnaval sauvage contre les frontières, un communiqué de tous migrants, et bien sûr la marche de dimanche). Le carnaval de gap et la marche de dimanche sont deux événements distinct, et si l’objectif est de juger les participant-es à ces événements, alors pourquoi ne sommes nous pas 600 en prison???? Il a ensuite fait part de sa crainte d’une réitération des actes tant que les personnes ne sont pas jugées. Il serait préférable d’incarcérer les potes plutôt que de leur laisser la possibilité de commettre de nouveaux délits … de solidarité. N’étant pas sûr de lui, le proc requiert la détention préventive mais ouvre la porte à un simple contrôle judiciaire pour s’assurer que les prévenu-es ne se volatilisent pas.

Face à ce réquisitoire hasardeux, les avocat-es fournissent divers documents : promesse d’embauche pour l’un, attestations d’inscription en fac pour les autres, contrats de location et même attestations d’hébergement en france en attendant l’audience. Ce qui constitue des garanties de représentations suffisantes. Les avocat-es mentionnent ne jamais avoir eu des dossiers aussi complets pour une comparution immédiate.

Avant la délibération, une sorte de sérénité était palpable dans la salle. Mais quelques minutes plus tard le délibéré est rendu : mandat de dépôt et détention préventive. A gap pour les copains (le proc aura même l’indécence de signaler au juge que la prison est déjà pleine à craquer) et à marseille pour la copine. Nous sommes sous le choc.

Désormais les choses sont claires, tu peux faire de la prison pour avoir participé à une manifestation ayant permis à une trentaine de personnes de traverser la frontière.

Un cap est clairement franchi en matière répressive est c’est insupportable. Encore plus insupportable lorsque l’on entend le proc parler des individus de génération identitaire comme pacifistes. Rappelons qu’ils avaient affrété un bateau l’an passé pour empêcher l’assistance des secouristes en méditerranéenne, et que là ils s’improvisent police aux frontières avec de gros moyens, qu’ils ont saccagé une partie de la montagne,qu’ils incitent la mise en danger de personnes, et que l’état choisit de ne pas les poursuivre…

Nous constatons sans surprises que police, justice et état veulent prendre ces 3 personnes en exemple et stopper la solidarité. Nous ne sommes pas dupes. Ne répondons pas aux tentatives d’intimidation et de division du pouvoir. Soyons tous délinquants solidaires! Nous appelons à des rassemblements massifs. Plus que jamais nous avons besoin de soutiens physiques!

Face à une décision si politique, la réponse doit être massive, politique et médiatique.
Nos camarades sont en prisons. Pour certain-es, venu-es pour la première fois dans le briançonnais et sans savoir exactement dans quoi ils-elles mettaient les pieds. Ils-elles risquent des mois et des mois de prison encore, suite au jugement. D’autres arrestations, incarcérations, sont à prévoir! Faisons pression sur le gouvernement pour qu’il comprenne qu’on ne laisse rien passer!

RDV

jeudi midi au parc de la Schappe à briancon

et vendredi à 18h devant la maison d’arrêt de gap, place grenette.
Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades prisonnier-es!

Nous n’oublions pas non plus le passage à tabac dimanche dernier d’un de nos camarade par les flics.

Plus que jamais continuons la lutte collective en acte !

Ni oubli ni pardon

Urgent procès délit de solidarité [MàJ]] à gap

[le procès est reporté au 31 mai. Les trois personnes sont incarcéré-e-s en attente du procès. Il semblerait que deux personne soient emmenées à la prison de Gap et que la troisième personne à Marseille, aux baumettes?]

Procès en comparution immédiate à gap a partir de 9h pour délit de solidarité, suite à la journée de dimanche a Briançon.

Rassemblement au tribunal dès 9h.

À 13h comparution immédiate de trois inculpé-e-s

Soyons nombreux

Solidarité avec les inculpé-e-s!

Brisons les frontières !