Gilets Jaunes, gardons l’autonomie de notre lutte !

Le mouvement des gilets jaunes est un mouvement sans chef et sans représentant. Depuis le 17 novembre, nous nous sommes soulevés de manière spontanée et autonome, provoquant une situation quasi-insurrectionnelle en novembre et en décembre. Ce sont ces caractéristiques qui ont fait la force de notre combat !

En prenant conscience que nos revenus stagnent ou baissent, que les prix, et en particulier le prix du carburant, rognent nos salaires, nos allocations, nos retraites, la révolte a pris de la force.

Cette révolte qui a réuni des franges importantes de travailleurs, de retraités, de chômeurs, de autoentrepreneurs…, bref des exploités, ne revendiquait rien d’autre que de vivre mieux. Et les formes qu’elle a prises passent par le refus des partis et des syndicats (mais pas des syndiqués).

Aujourd’hui, le mouvement est dans une phase de reflux, et avec les élections qui arrivent, les partis politiques tentent de récupérer notre lutte. Les partis de gauche (France Insoumise, PCF, Parti de Gauche), les partis ou groupuscules d’extrême droite (RN, identitaires, UPR…), tous cherchent à mettre en avant tel ou tel gilet jaune perdu ou qui aspire à se faire mousser. Nous avons toujours refusé ces pseudo leaders et nous continuerons à le faire.

Lire la suite sur le site Défense Collective GJ Cévennes Garigues

Procès en appel de deux gilets jaunes lourdement comdamnées en Décembre 2018 à Valence

Communiqué de Stephane et Tom

L’heure est venue de retourner faire face à la justice et de reprendre le chemin du tribunal, de Grenoble cette fois, plus d’un an après notre procès à Valence (l’affaire avait pris le nom du procès des 4 de Valence : Dylan, Maria, Stéphane et Tom).

Le rendu avait été très lourd, nous condamnant tous les 4 à de la prison ferme (de 3 mois à 12 mois) et à 3 ans d’interdiction de manifester sur toute la France. Un rendu s’inscrivant dans un traitement judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes pour le moins sévère et questionnant. Entre Novembre 2018 et décembre 2019, 10 000 gardes à vue ont été effectuées, 3200 personnes ont été condamnées à de la prison et 300 à de la prison ferme. Du jamais vu en France. Sans parler des nombreu.x.ses bléssé.e.s, éborgné.e.s, démembré.e.s.

Nous sommes 2 (Tom et Stéphane) à avoir fait appel, ne reconnaissant pas les faits pour lesquels nous avons été condamnés (violence sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion) et estimant avec nos avocat.e.s que la sanction était disproportionnée et injustifiée.
De leur côté, Maria et Dylan n’ont pas souhaité retourner devant la machine judiciaire. Un cinquième Gilet Jaune, jugé plus tard dans la même affaire, a été condamné à 24 mois de prison dont 8 mois ferme et n’a pas fait appel.

Nous serons donc de nouveau à la barre le jeudi 6 février à 14h à la cour d’appel de Grenoble. A cette occasion, un rassemblement s’organise devant le tribunal. Plus d’info viendront sur le site d’infos libres et indépendants de la vallée de la Drôme, ricochets.cc

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent depuis 1 an et qui nous donnent envie de rester debout et combatif.

Ensemble, on est nombreu.x.ses !

Stéphane et Tom

« Le nombre est là, mais il manque cruellement la radicalité » : le point de vue d’une cheminote et gilet jaune sur le mouvement

« Nous avons rencontré Torya, cheminote et gilet-jaune pour faire le point sur la grève et le mouvement général contre la réforme des retraites, entamé depuis maintenant plus de trois semaines. Elle déplore l’incapacité du mouvement actuel à se hisser au niveau de radicalité dont les Gilets Jaunes ont été porteurs, demeurant prisonnier de formes de lutte traditionnelles qui ne parviennent pas à menacer réellement le pouvoir. Elle appelle également les grévistes à se doter d’outils d’auto-organisation propres afin de reprendre en main la direction de la grève et ne pas la laisser aux bureaucraties syndicales. »

Lire la suite sur acta.zone

Appel à solidarité inculpés GJ de Narbonne

Solidarité avec les inculpés de Bessan et Narbonne

La coordination des Défenses Collectives du Languedoc appelle à organiser des événements de soutien aux inculpés de Bessan et de Narbonne partout en France et ailleurs.

Entre le 1er et le 19 décembre, les péages de Narbonne et de Bessan ont été incendiés plusieurs fois dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes. Les instructions liées à ces affaires sont en cours de clôture et les procès vont bientôt débutés pour des dizaines d’inculpés. Les frais de justice, d’avocats, les mandats aux détenus demandent énormément d’argent. Nous appelons donc à la plus grande solidarité financière et militante possible.

lire la suite ici

Fin de semaine offensive à Gap

Ca a commencé jeudi matin avec une manifestation devant le Pôle Emploi de Gap, pour dénoncer la réforme du chômage et la baisse des allocations pour pas loin d’un million de personnes (voir l’appel ici). En plus de la baisse de leurs allocations, c’est aussi une baisse de leurs cotisations retraite que les chômeurs subissent !

Justement, l’après midi nous étions autour de 3000 dans les rues pour défendre les retraites et contrer le projet de Macron de niveller les retraites vers le bas. Une foule qu’on avait pas vue dans les rues de Gap depuis longtemps ! Quelques messages ont été peints sur les murs de la ville, qui le temps d’une journée ont porté un peu autre chose que la propagande du monde spectaculaire-marchand. Les baqueux ont voulu interpeller les décorateurs, qui ont bénéficié de la solidarité des manifestants pour remettre à leur place la police / milice du Capital, et ont pu s’esquiver en douce.

Le cortège s’est terminé devant la prefecture, où nous avons établi une occupation.

Nous avons tapissé la préfecture de paille et carton, dormi sur la paille (autant s’entraîner à ce que nous propose le Mac Rond), fait un Macron en carton (ce qui réchauffe quand il brûle). Tenir le feu est essentiel dans la froideur, il rassemble autour de soi.

La prefecture a été squattée par de la populace à la rue, barrée d’un immense slogan : Quand tout sera privé on sera privé de tout, le projet des boulimiques de la thunes qui nous mènent au chaos…

Le matin nous avons construit une cabane devant la pref’…

avant d’être délogés l’après-midi par les CRS.

Quelques messages ont aussi égayé la façade terne de la prefecture…

NE BAISSONS PAS LA GARDE !

RENDEZ VOUS LE 10 DECEMBRE A 14h POUR UNE NOUVELLE MANIF !

 

[Radio] Sous les glaciers la rage #11 – novembre 2019 – en réécoute !

Après une petite interruption accidentelle au mois d’octobre, l’équipe de SOUS LES GLACIERS LA RAGE fait son come back en novembre, encore une fois en direct depuis la colline Zinzine à Limans (diffusé en direct sur Radio Zinzine le 3ème jeudi du mois à 12h30 et rediffusé le samedi suivant à 19h et minuit) et en rediffusion sur Radio Dragon (radio libre du Trièves en Isère) la semaine suivante.

Au programme des infos de novembre  :

– des nouvelles fraîches des camarades du Césaï (Centre Social autogéré de l’imprimerie à Gap), qui ont fait grande impression à leur procès à la cour d’appel de Grenoble le 28 octobre dernier, à suivre…le rendu du procès est prévu le 10 décembre, RDV à 20h pour une auberge espagnole au Césaï !

– encore et toujours les gilets jaunes haut-alpins qui, associés à l’intersyndicale locale, font la misère à Géant Casino Gap (zone Tokoro) qui a décidé d’ouvrir son magasin le dimanche après-midi sans caissier-e-s et blindé de vigiles et de flics, au mépris du droit du travail et surtout dans la droite ligne macronienne du consommer toujours plus partout et tout le temps…

– un long entretien avec Thibo du groupe Elementerre sur les difficultés de l’installation agricole dans l’Embrunnais et les tentatives de regroupements entre habitant-e-s du territoire, paysans déjà installés et jeunes en recherche de terres pour aboutir à des installations paysannes nombreuses et variées, dans des petites fermes (pourquoi pas collectives ?!!) et dans des productions de qualité…vaste programme !!

– une artiste incroyable qui fout une grosse pêche, M.I.A. !!

 

Le lien pour la réécoute : http://www.zinzine.domainepublic.net/emissions/SRG/2019/SGRd19-11-22t12’30’00-Novembre2019.mp3

 

Des Gilets Jaunes des Hautes-Alpes emprisonné.e.s à Montpellier

Quelques articles repris de-ci, de là nous permettent d’en savoir plus.

Liberté pour tou.te.s !

 

 

Le Daubé le 13/06/2019

Deux gilets jaunes haut-alpins écroués dans l’Hérault

Un appel aux dons a été lancé sur les réseaux sociaux après que deux Haut-Alpins, dont l’une est fer de lance des gilets jaunes à Gap, ont été placés en détention pour purger une peine de trois mois de prison ferme.

https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/06/13/deux-gilets-jaunes-haut-alpins-ecroues-dans-l-herault-apres-l-acte-xxx

 

 

Le Poing le 12/06/2019

Montpellier : la juge Boussaguet surpasse le procureur et envoie 4 gilets jaunes en prison

Après les brutalités policières, l’arbitraire judiciaire. Le tribunal de grande instance de Montpellier a fait preuve ce mardi d’une extrême sévérité à l’égard des six gilets jaunes présentés en comparution immédiate. Malgré des accusations bancales, quatre d’entre eux sont partis en prison à l’issue de l’audience, un autre a pris du sursis et un autre a été libéré sous contrôle judiciaire. La juge Geneviève Boussaguet a été au-delà des réquisitions du procureur et ne s’est pas vraiment intéressé au droit. Le Poing fait le point.

Des prévenus maltraités et sévèrement condamnés

Conformément aux consignes du gouvernement, les policiers sont allés au contact samedi dernier à Montpellier lors de l’acte 30 des gilets jaunes. De nombreux manifestants ont été blessés, et les autorités parlent de dix-neuf personnes interpellées et placées en garde à vue. Six personnes auraient été relâchées de la garde à vue, et treize autres auraient été déférées lundi pour passer devant le juge des libertés et de la détention.
Sur ces treize, sept ont été libérées lundi avec des contrôles judiciaires stricts, comprenant notamment des interdictions de paraître à Montpellier, et des convocations ultérieures au tribunal pour des procès qui auront lieu cet été. Parmi eux figurent Dylan, éborgné le 1er mai à Montpellier par une grenade de désencerclement, et Casti, éborgné par un lanceur de balles de défense en 2012. Parmi ces sept personnes, certaines présentaient des marques de blessures causées par les policiers lors de l’interpellation : l’un boitait, un autre avait un œil au beurre noir, et un autre, qui n’a pas pu prendre ses médicaments lors de sa garde à vue, souffrait d’une contusion à l’épaule.
Six autres ont été placés en détention provisoire et sont passés mardi en comparution immédiate. Après deux jours de garde à vue et une nuit en détention provisoire, ils avaient tous l’air exténués et une gilet jaune, violentée lors de son interpellation, est arrivée en béquille et ne parvenait pas à se lever pendant l’audience. Ces stigmates n’ont visiblement pas ému la juge Boussaguet, qui a prononcé deux condamnations à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt plus trois mois de sursis et une condamnation à huit mois de prison avec sursis pour les trois qui n’ont pas demandé de délai lors de l’audience, et deux détentions préventives et une libération sous contrôle judiciaire pour les trois autres qui ont réclamé un report (les procès se tiendront cet été). Ces peines sont supérieures à celles requises par le procureur Tixier, qui avait réclamé un mandat de dépôt, et non quatre. On notera d’ailleurs que pour l’une des deux personnes envoyées en détention provisoire, le procureur avait requis, en vain, une libération sous contrôle judiciaire pour « des raisons de santé ».

Le Pressoir le 11/06/2019

Gilets Jaunes interpellé·e·s à Montpellier lors de l’Acte 30 : 4 détentions provisoire et 7 libération sous contrôle judiciaire

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Lu sur la page facebook de l’assemblée générale de Montpellier contre les violences d’état – commission juridique gilets Jaunes de Montpellier.

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont Dylan, éborgné par la police le 13 mai dernier, et Casti, éborgné par la police en 2012. Certaines personnes ont été libérées du commissariat (avec ou sans convocation ultérieure au tribunal, nous ne le savons pas), et d’autres ont été déférées ce lundi 10 juin au tribunal de grande instance (TGI) de Montpellier pour passer devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui en a placé quatre en détention provisoire en attendant les procès en comparution immédiate qui auront lieu ce mardi 11 juin à 14h au TGI. Nous appelons à cette occasion à se rassembler ce mardi à 13h30 devant les grilles du TGI (place Pierre Flotte) pour soutenir les prévenus.

Le détail :

  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet au TGI pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une libérée sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 22 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 5 août à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 29 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations.

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article1490

ÉLECTIONS : NE VOTE PLUS, PRÉPARE LA RÉVOLTE

– « Celui qui donne sa voix n’a plus rien à dire » –

(Un post de Nantes Révoltée)

La campagne pour les élections européennes est officiellement lancée depuis deux jours. Le 26 mai, dans un contexte de révolte sociale inédite, tout le monde sera invité à aller s’enfermer dans un isoloir et à glisser un morceau de papier dans une urne. Quelques éléments de réflexions :

- Les grands médias ont déjà choisi leurs grands favoris : en couverture des magazines, deux partis sont mis en avant. En Marche, et sa candidate issue de l’extrême droite, et le Rassemblement National, et son candidat d’extrême droite. C’est un duo, mis en scène par le pouvoir. Vous l’avez compris, plutôt que d’écouter les revendications sociales qui s’expriment depuis des mois, les médias du pouvoir tentent de rejouer la finale de 2017. Mais depuis 2 ans, le gouvernement Macron, élu uniquement pour faire « barrage » à Le Pen, a appliqué méthodiquement les idées de l’extrême droite : manifestants mutilés, journalistes arrêtés, casse sociale sans précédent, lois racistes, propos insultants …

- En réalité, l’extrême droite et le Régime en place se nourrissent l’un l’autre : Le Pen a permis à Macron d’accéder au pouvoir, et l’extrême droite tente aujourd’hui de capitaliser sur le rejet de Macron. Mais les deux partis n’ont pas de différences fondamentales : ils sont tous deux au service des plus riches. Le Pen est une héritière millionnaire, qui tient des propos xénophobes pour opposer les français aux étrangers, en évitant de s’attaquer aux riches, les vrais responsables des souffrances. On entend parfois dire qu’il faudrait faire « barrage » à Macron de la même manière qu’il y a deux ans, il fallait faire « barrage » à l’extrême droite. Il s’agit dans les deux cas de chantage électoral : refusons tous les chantages.

- La dernière fois qu’un vote concernant l’Europe a été décisif, c’était un référendum. Celui de 2005 : pour ou contre la Constitution Européenne, et ses orientations ultra-libérales. A l’époque, les éditorialistes avaient mené une intense campagne en faveur du « oui », alors que les partisans du « non » étaient traités de populistes, de factieux, d’irresponsables … Ça ne vous rappelle rien ? A l’époque, la participation avait été massive, et le « non » l’avait emporté largement. Quelques mois plus tard, Sarkozy et ses amis avaient piétiné le suffrage, en imposant, contre le choix des urnes, le Traité de Lisbonne. Une démocratie à géométrie variable. Une nouvelle preuve que le vote ne change rien sans un rapport de force.

- Aucun des grands partis ne prend au sérieux la question des violences d’Etat. Alors que les exactions commises par la police se sont généralisées, et que nous vivons la plus grande vague de répression depuis la Guerre d’Algérie, c’est l’omerta dans la classe politique. Pour cause : l’extrême droite a toujours soutenu les forces de l’ordre, et réclame même une répression plus violente encore. Le parti de Macron est sur la même ligne. A gauche, c’est un silence gêné. Des dizaines de personnes ont été défigurées dans les manifestations, des dizaines de milliers d’autres ont été arrêtées, la population des quartiers populaires subit depuis des décennies ces mêmes violences, la police est un corps au dessus les lois. Une situation alarmante : la classe politique dans sa globalité en est responsable.

- Aucune grande avancée sociale n’a été obtenue par le vote. Toutes les conquêtes sociales ont été arrachées de haute lutte, par des grèves, des blocages, des mobilisations, de 1936 à 1968, de la sécurité sociale aux augmentations de salaires. Alors il n’y a rien à attendre d’élections européennes jouées d’avance. Voter ou pas ne change rien, reprenons nos vies en main.

- « Si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de te plaindre » entend-t-on souvent. C’est exactement l’inverse : aller voter signifie accepter les règles du jeu. Accepter le ou les futurs gagnants. S’abstenir au contraire, c’est refuser de désigner ses maîtres. Il est donc plus logique de contester les règles d’un jeu auquel on n’a pas participé. Même si la lutte et le vote ne sont pas nécessairement incompatibles.

- Quoiqu’il en soit, l’abstention sera massive. Moins d’un français sur deux inscrit sur les listes électorales ira voter. La grande majorité de la jeunesse boycottera les urnes. Le résultat sera donc illégitime, comme l’a été la victoire de Macron. Un tel niveau d’abstention sera le signe d’un désaveu général pour les politiciens, alors qu’on ne s’est pourtant jamais autant intéressée aux questions sociales et politiques.

Mais la politique ne se joue pas dans un isoloir. Elle s’écrit dans les rues, sur les ronds points, dans les assemblées. Le parti utile, c’est la lutte !

Détention provisoire pour trois personnes accusées de sabotages des artères du capital et de l’Etat – 26 avril 2019

On apprend par les journaux que quatre personnes se revendiquant des gilets jaunes viennent d’être arrêtées dans les Alpes-de-Haute-Provence mercredi 24 avril pour ces faits et d’autres encore commis dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Vaucluse et l’Aveyron contre des infrastructures d’énergie ou de téléphonie (qui n’étaient pas sortis dans la presse, dont un incendie d’antenne-relais à Villemus, le 6 février 2019). Trois ont été placées en détention préventive vendredi 26 avril.

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Sous les glaciers la rage #4 – Avril 2019

Au programme du 4ème opus de l’émission d’infos, luttes et alternatives des Hautes-Alpes SOUS LES GLACIERS LA RAGE sur Radio ZINZINE (diffusé en direct le 3ème jeudi du mois à 12h30 et rediffusé le samedi suivant à 19h et minuit) :

– des infos locales printanières autour de sujets toujours aussi chauds : désenclavement, réseaux internet, un conseil municipal chahuté, actus militantes

– une crétine des Alpes au top de sa forme

– un agenda toujours aussi foisonnant

– un disque du mois avec des musicien.es un peu énervé.es

– et pour finir le dernier épisode de la trilogie « L’intime face au corps médical »

Bonne écoute ! La bise

PS : pour envoyer des remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour les prochaines émissions : souslesglacierslarage@riseup.net

 

Qui sont les « casseurs » ?

Alors que la colère sociale gronde, le gouvernement n’hésite pas à mettre de l’huile sur le feu en annonçant, par la voix d’Agnès Buzyn, la possibilité d’augmenter encore l’âge de départ à la retraite — encore une promesse de Macron qui passe à la trappe… Le rapport de force semble d’autant plus nécessaire face à tant de mépris, contrairement à ce qu’essaient d’instiller les journaflics qui servent de courroie de transmission à l’Etat en entretenant la distinction entre « gentils manifestants » et « casseurs ». Nous publions un texte du collectif Cerveaux Non Disponibles suite à la journée du 16 mars.

Lettre aux gentils de la République

C’est fait : le 16 mars restera gravé dans les dates importantes du mouvement social des Gilets Jaunes.

Face à la violence des réactions politiques, médiatiques et économiques, il convient de se dire les choses clairement, sans hypocrisie.

Commençons par du factuel : c’est vrai, de nombreux GJ sont venus à Paris pour cet acte 18 dans l’optique de déborder le système et de mettre à mal la gestion de « l’ordre public ». Ils n’étaient peut-être pas majoritaires mais ils étaient assez nombreux et déterminés pour parvenir à des résultats. Ces milliers de GJ n’avaient pas tous une tactique de black bloc. Il y avait de nombreux GJ de la première heure, munis simplement de leur gilet, de masque et de lunettes de protection. Il y avait également quelques manifestants en bloc, qu’ils soient en kway noir et/ou en gilet jaune.

Surtout, tous les manifestants étaient totalement partie prenante de la manif du jour. Aucune scission n’est jamais apparue entre groupes de « gentils GJ » et « méchants casseurs ». La très grande majorité des manifestants présents soutenait ou, a minima, acceptait les actions offensives, sans forcément vouloir faire pareil.

Plusieurs vidéos montrent qu’au niveau de la place de l’Étoile, en milieu de matinée, l’arrivée d’un bloc d’une trentaine de manifestants a été accueillie par une haie d’honneur et des applaudissements.

Alors oui, cela vous choque et vous dérange peut-être. Mais c’est la réalité de la France de 2019 : des dizaines de milliers de citoyens acceptent aujourd’hui que la lutte se fasse de façon offensive. Vous pouvez leur jeter le discrédit, les traiter de casseurs, de complices, de beaufs ou de racistes. Vous pouvez tenter de leur ôter toute humanité.

Mais la réalité est tout autre : ce n’est pas par plaisir que ces personnes acceptent (et/ou encouragent) les actions violentes. C’est par nécessité. Ce n’est pas pour la violence en elle-même mais pour ses conséquences dans la lutte sociale. Des conséquences, forcément incertaines et parfois dangereuses, mais qui constituent un horizon plus positif que le statut quo social actuel.

Sincèrement, au fond de vous-même, ne voyez-vous pas que c’est en raison de ces débordements que l’acte 18 a eu un retentissement très important dans le monde politique et médiatique ? Que le même nombre de manifestants dans un cortège déclaré où il ne se serait « rien passé » aurait été totalement nié et méprisé par ces mêmes politiques et médias ?

Ce ne sont pas les GJ qui ne comprennent que la langue de la violence et du rapport de force, c’est tout le système actuel. Dans cette société où il faut être le plus féroce et le plus puissant possible, comment pourrait-on espérer changer la donne en restant faible et docile ?

Les médias de masse ne s’intéressent au mouvement que lorsqu’il leur offre des images « sensationnelles » pour faire de l’audimat. Deux jours avant l’acte 18, se tenait à la bourse du travail une rencontre entre des figures du mouvement et des intellectuels. La Bourse était pleine à craquer et des centaines de personnes sont restées à l’extérieur. Pourquoi ne pas avoir parlé de cette initiative constructive et apaisée ? Pourquoi, depuis plusieurs semaines, des milliers de GJ se rassemblent-ils dans les villes sans que cela n’intéresse plus les médias ? Parce qu’il n’y a plus rien à « vendre » aux téléspectateurs.

Du côté des politiques, en 17 semaines, la seule période où le pouvoir a semblé faire des concessions fut lors des actes les plus violents de fin novembre et début décembre. Là, comme par hasard, après presque deux mois pendant lesquels le pouvoir a totalement méprisé la question sociale et les Gilets Jaunes, Macron écourte ses vacances pour reprendre les choses en main. Nous savons qu’il ne prendra pas les questions sociales à bras le corps et qu’il abordera la question des GJ par son seul prisme de la violence. Mais au moins, la question revient sur la table.

Soyons lucides : le pouvoir politique se contrefout des raisons profondes de la colère de son peuple. Ce qui l’intéresse, c’est de calmer cette colère, pour sa propre tranquillité et celle de tous les puissants.

Macron affirme que les personnes présentes hier sur les Champs veulent « détruire la République ». Parce que la République, c’est le Fouquet’s ? Cartier ? Les Banques ?

Ce gouvernement, tout comme les précédents, dénigra des millions de citoyens, les laisse tomber dans une précarité de plus en plus insupportable, alors même que les milliardaires continuent de devenir de plus en plus riches. Depuis 4 mois que les Gilets Jaunes se battent, combien de personnes ont été mises au chômage pour que leur entreprise fasse plus de profits ? Combien de retraités sont tombés encore plus dans la précarité ? Combien de malades n’ont pas pu bénéficier des soins nécessaires faute de moyens ?

Combien de morts cette politique libérale a-t-elle engendrés en quatre mois de lutte ? Le chiffre est impossible à connaitre mais il est évident qu’il est colossal.

L’ultra-libéralisme tue, blesse, détruit des vies et des familles. Il ne s’agit pas de « grandes paroles » pour faire de la poudre de perlimpinpin. C’est totalement factuel. Et de nombreux gilets jaunes de campagne ou de banlieue le savent très bien puisqu’ils le vivent quotidiennement.

Alors, si vous estimez que les citoyens qui détruisent une banque ou construisent une barricade sont des ennemis de la République, mais que ceux qui licencient et s’enrichissent sur la misère de ces même citoyens sont les amis de la République, voire leurs protecteurs, nous avons en effet une vision totalement différente de ce que doit être la République.

Si la violence d’une boutique de luxe ravagée vous dérange bien plus que des personnes qui meurent ou qui sombrent dans la misère, alors oui, nous ne parlons pas le même langage.

Votre morale à œillères n’est pas celle qui nous habite. Car être moral de façon sélective, c’est être immoral. Vous êtes immoraux. Et vous pourrez traiter les GJ d’ennemis de la République, ils resteront bien plus moraux et bien plus proches des valeurs de la République que vous.

Arrêtez de vous offusquer de la violence d’un mouvement social lorsque vous le niez et l’ignorez totalement, sauf en cas de violence.

A ce moment-là seulement, nous pourrons discuter de moralité.

Texte trouvé sur le site paris-luttes.info

Quelques récits et vidéo des dernières mobilisations des gilets jaunes dans les alpes du sud

Par manque de temps, nous n’avons pas pu vous proposer de nouvelles de nos dernières excursions hebdomadaires avec les gilets jaunes des alpes du sud, mais voilà quand même une petite sélection subjective de plusieurs récits écrits ou vidéo qui donnent un peu la température des mobilisations des dernières semaines…et tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a pas que le climat qui se réchauffe !

Et ça ne fait que commencer !! RDV nombreux-ses le 2/03 à Forcalquier pour l’Acte XVI et son carnaval indépendant !

Sous les glaciers la rage #2 – février 2019

Et voilà en ré-écoute le tout dernier opus de Sous les glaciers la rage, émission d’infos sur les luttes et alternatives des Hautes-Alpes, diffusé (irrégulièrement pour l’instant !) sur Radio Zinzine !

Au programme de ce mois de février 2019 :

– des infos locales gratinées autour des frontières et des lieux d’accueil, du mouvement des gilets jaunes, de l’hôpital de Briançon et de « petits » projets nuisibles de l’Embrunais

– un duo de crétin-crétines des Alpes de compèt’

– un agenda aux ptits oignons

– un disque…heu non…un artiste du mois bien déter’

– et pour finir un chouette reportage autour de l’intime et du corps médical

 

 

 

 

A la prochaine, autour du 21-23 mars sur les ondes de Zinzine…et évidemment sur Vallées en Lutte !

Ah oui, on a maintenant une adresse mail pour recevoir vos remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour nos prochaines émissions !!! là voilà : souslesglacierslarage@riseup.net

 

Gilets jaunes – Revue de presse du 18-19-20 février

Articles, images et vidéos autour du soulèvement des gilets jaunes, par nos amis de Ricochets (média libre de la vallée de la Drôme)

Manifestations, résistances et actions

  • DIE : les gilets jaunes continuent la construction de leur nouvelle cabane (sise sur un terrain privé), sous un soleil radieux.
  • MONTELIMAR : le samedi 2 mars Montélimar fera sa manif, descendez et rejoignez nous, elle est déclarée, nous vous donnerons le parcours et l’heure vendredi prochain, diffusez autour de vous pour qu’on fasse aussi bien que nos voisins.

Analyses, idées

  • # En finir avec les théories du complotIl n’y a aucun « complot » derrière l’exploitation économique, il n’y a qu’un rapport social fondé sur la propriété privée des moyens de production : celui qui possède les moyens de production n’a pas besoin de se dissimuler, et celui qui travaille, si il veut s’émanciper, n’a pas besoin de savoir si son patron est juif, catholique, de la planète mars ou membre du club d’échec de Bourg-en-Bresse.
    Certes, il existe diverses formes d’ententes et de coordinations chez les puissants, mais il existe tout autant de forme de rivalités, de concurrences et de contradictions parce que le capitalisme repose sur une dialectique entre dynamiques hégémoniques et concurrentielles, entre concentration et rivalité, et ne peut pas exister sans l’une de ces forces, de même que l’une ne peut exister sans l’autre. De fait, la domination capitaliste étant, en dernier ressort, une domination de l’économie sur les hommes, il importe peu que cette domination s’incarne localement dans le grand patron X ou le petit patron Y, le groupe social W ou Z, dans Carrefour ou l’épicerie du coin : au final, il s’agit de rapports sociaux qui se sont détachés des hommes.
    La conception complotiste du pouvoir est une conception « pyramidale », conception simpliste, pour ne pas dire totalement enfantine : le pouvoir ne peut pas avoir de structure solide et stable parce qu’il est un ensemble de champs et un ensemble de rapports de force en leur sein, perpétuellement changeants, soumis à des tensions, des circulations, soumis à une logique de réseau, réseau qui n’a pas de sommet, ni de « tête », ni de « centre » mais une multiplicité de pôles et de nœuds, de formes d’alliances et de concurrences qui se font et se défont. C’est cette complexité qui le rend difficile à saisir, et qui ouvre donc la voie à des théories simplifiées.
  • # Parce que c’est notre victoire !!! – Les semaines passent, et la situation n’évolue pas. Le gouvernement campe sur ses positions. Aucune démission, aucun remaniement, aucune élection anticipée. Une analyse du groupe « Cerveaux non disponibles ».
    Trois mois après le début du mouvement, malgré un tel bilan de blessés, d’interpellés et une telle campagne de discrédit, des dizaines de milliers de Gilets Jaunes continuent de lutter, avec dignité et courage. Qu’importe les risques physiques, judiciaires et d’images auprès de leurs proches.
    Il s’agit d’une énorme victoire pour le mouvement. Une victoire qui semble difficile à saisir et à verbaliser puisqu’elle ne contient aucun recul du pouvoir, aucune démission, aucune concession. Mais elle est peut être plus importante qu’une victoire circonstancielle, dans le sens où elle permet de faire évoluer les mentalités et des dynamiques au sein des classes populaire et des laissés-pour-compte.
    Les puissants se sont efforcés à présenter le mouvement comme une force réactionnaire, anti taxe, égoïste et portée sur la haine de l’autre. Sur le terrain, les Gilets Jaunes ont créé des maisons du peuple, des assemblées populaires, des groupes autonomes et autogérés. Ils ont construit des passerelles entre les laissés-pour-compte ruraux et ceux des banlieues défavorisées. Ils ont rejeté tous ceux qui ont tenté d’instrumentaliser le mouvement et d’en faire un parti politique. Ils rejettent également en masse l’idée de service d’ordre et même de déclaration des manifestations auprès de la préfecture. Les Gilets Jaunes ne deviendront ni un parti politique, ni un syndicat. Ils ne tomberont pas dans le piège du pouvoir qui, par le biais d’avantages et de postes, ont transformé des forces d’opposition en garde fou du système.
    (…)
    Car c’est bien là l’essence du mouvement et sa force subversive : les Gilets Jaunes, en se rencontrant sur les ronds points, dans les assemblées ou en manifestation, se rendent compte que le système n’est fait que pour rendre les puissants encore plus puissants (et riches) et leur donnent les miettes nécessaires pour éviter un soulèvement. Se rendre compte de la situation est déjà éminemment subversif. Qu’importe comment le pouvoir va tenter de sortir de cette crise, ces dizaines de milliers de citoyens voient désormais clair dans le jeu des puissances (politiques, économiques et médiatiques).
    Nous savons désormais que le pouvoir ne lâchera rien. Lâcher un petit peu, c’est donner raison aux Gilets Jaunes et prendre le risque de devoir lâcher plus.
    Mais nous savons également que les Gilets Jaunes ne lâcheront rien non plus.

    Nous sortons donc du contexte d’un « simple » mouvement social pour entrer dans une bataille au long cours pour renverser le système en place. Une bataille avec des épisodes insurrectionnels mais aussi des moments moins spectaculaires mais tout aussi structurants de rencontres, de débats et de construction de nouveaux processus démocratiques.
  • # 25 ans d’insurrection zapatiste : « C’est une forme de démocratie réelle, radicale »C’est un anniversaire qui a eu peu d’écho dans la presse. Le premier janvier 1994, jour d’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA), commençait le soulèvement zapatiste dans le sud du Mexique. Communes autonomes, conseils de bon gouvernement, assemblées régionales, propriété collective des terres : Jérôme Baschet, l’auteur de La rébellion zapatiste et de Adieu au capitalisme, revient pour nous sur cette expérience longue de 25 ans.
  • EXTRÊME DROITE EUROPÉENNE : L’ALLIÉE DE LA FINANCE MONDIALE – Cédric Durand explique pourquoi quand l’extrême droite est au pouvoir, elle se met tout de suite au service de la finance.
  • Agissez par vous-mêmes – À quoi pourrait ressembler une révolution anarchiste à l’échelle d’un pays ?
    C’est la question à laquelle tente de répondre dans cet ouvrage, inédit en français, Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien du communisme anarchiste.
    L’auteur y expose les grandes lignes du programme antiautoritaire et les bases du fonctionnement d’une société libertaire appliquées à l’Angleterre où il réside alors.
    En dépit des changements économiques, politiques et sociaux, les propositions de Kropotkine, à plus d’un siècle de distance, restent des pistes d’une grande actualité.
    Agir par, et pour, soi-même, sans intermédiaire et dans la solidarité, constitue sans aucun doute, encore et toujours, la voie à suivre pour parvenir à l’émancipation
    .

Répressions, terrorisme d’Etat, pressions, violences policières, surveillance

  • #GiletsJaunes – Rond-point de Pizançon – Leur installation détruite dans la nuit…
    Surprise et colère des gilets jaunes ce matin au rond-point de Pizançon après avoir découvert la dégradation de leur hommage aux victimes du mouvement. Leur détermination reste intacte.

Les magouilles des Pouvoirs et du capitalisme

Destructions écologiques et climatiques catastrophiques provoquées par le capitalisme et les civilisations industrielles

  • Les permis d’exploration minière menacent désormais 3000 km2 de forêt guyanaise – Iamgold, Goldinvest, Sudmine, projet de la Montagne d’or… Depuis 2017, le gouvernement français ne cesse d’accorder de nouveaux permis d’exploration à des sociétés minières en Guyane. Au point que 300 000 hectares de forêts tropicales y sont désormais menacés de destruction, soit l’équivalent d’un département comme le Rhône. Une politique non seulement contraire aux engagements de la France, mais aussi combattue par les populations locales et par les ONG. « Il ne sert à rien de faire de nouvelles mines d’or, alerte pourtant un ingénieur. C’est une pure logique d’enrichissement des entreprises qui obtiennent ces concessions. »
  • Biodiversité : la faune française continue de s’appauvrir à un rythme alarmantL’édition 2018 des chiffres clefs de la biodiversité vient d’être publiée et le constat dressé est alarmant. La biodiversité française s’appauvrit considérablement et les facteurs sont multiples.
  • Faire dérailler le capital, du CDG Express à l’extension de l’aéroport de Roissy.Présentation du projet contesté et contestable du CDG Express qui va pénaliser les usagers du RER B. Ce projet s’inscrit dans la continuité du Grand Paris, et plus particulièrement de l’extension à venir de l’aéroport de Roissy, dans le but de répondre aux dynamiques du capitalisme à l’échelle mondiale.
  • La réglementation favorise la pêche industrielleLes eaux territoriales métropolitaines se vident de leurs poissons à cause de la surpêche. Des quotas existent, mais, mal employés, ils favorisent le modèle industriel au détriment de la pêche artisanale.
Transperceneige : relooker le train fou et destructeur ou ouvrir ensemble d’autres voies ?

Encore des actes de vandalisme sur l’A51…Tout le monde déteste VINCI !!

Info reprise du Daubé du jour… Bon, en général c’est pas forcément notre tasse de thé niveau journalime, mais là on a trouvé l’information suffisament intéressante pour la relayer… encore un coup des gilets jaunes ??

Cela deviendrait presque une habitude. Comme les deux semaines précédentes, l’autoroute A51 a été de nouveau la cible d’actes de malveillance, impactant cette fois-ci le tronçon Sisteron Centre-La Saulce. Des faits perpétrés la nuit dernière qui ont entraîné des “dysfonctionnements de systèmes de sécurité, notamment ceux équipant les tunnels, rendant obligatoire la fermeture de deux sections d’autoroutes pendant la durée des réparations”, précise Vinci Autoroute dans un communiqué. La section, était coupée depuis ce matin
9 heures. Sur ce tronçon, la circulation était fermée dans les deux sens.

Déjà, jeudi dernier, des actes de malveillances avaient entraîné la fermeture de l’autoroute entre Pertuis et Cadarache (Bouches-du-Rhône) et Sisteron Centre-La Saulce. L’autoroute est de nouveau ouverte à la circulation, depuis environ 17 h 30.

La dégradation de la fibre optique a entraîné la perte des équipements électriques. Ce qui « met en danger la sécurité des usagers », précise-t-on du côté de Vinci. Des usagers invités à emprunter le réseau secondaire.

Cet acte de malveillance engendre aussi des difficultés sur le réseau téléphonique. Près de 6 000 clients sont potentiellement impactés par des dysfonctionnements sur les lignes fixes et Internet, dans certaines communes situées aux alentours de Manosque, dans la partie sud-ouest du département. La panne concerne tous les opérateurs de télécommunication.

Le préfet des Alpes-de-Haute-Provence a ouvert une cellule de suivi en contact permanent avec les services d’Orange. Une dizaine de techniciens de l’entreprise sont mobilisés depuis cette nuit afin de rétablir dès que possible le fonctionnement du réseau.

Le préfet de la régeion Provence-Alpes-Caôte d’Azur, de la zone de défense et de sécurité Sud et des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout fait part de son indigenaton et de sa ferme condamnation face à ces actes de malveillance. Il ajoute :  » Un deuxième tunnel, celui de la Baume, situé dans le département des Alpes-de-Haute-Provence a également été la cible de ces dégradations. Il s’agit de la deuxième dégradaton en moins de deux semaines sur cete autoroute A51. »

A écouter : une analyse critique des idées d’Etienne CHOUARD

Emission spéciale de nos amis de « sortir du capitalisme » qui développent une critique émancipatrice du capitalisme et ses structures associées, c’est-à-dire :

– De l’économie marchande comme structure de contrainte au travail et de dépendance vis-à-vis du Marché et de l’argent, comme système de soumission aux lois du capital, à son exploitation et à sa crise ;

– De l’État comme structure autoritaire, bureaucratique, hiérarchique nous dépossédant de notre autonomie politique ;

– Du patriarcat comme structure d’oppression, d’exploitation et de subordination des femmes (et d’auto-mutilation des hommes) ;

– Du racisme comme structure d’oppression, de discrimination et de surexploitation des racisé-e-s ;

– Du colonialisme et de l’impérialisme ;

– De la société de classes comme société inégalitaire, d’exploitation et de domination bourgeoise ;

– Du complexe techno-industriel comme destructeur des milieux et du climat.

L’émission est écoutable ici

Une analyse critique d’un porte-voix des idées communes au populisme de gauche et au populisme d’extrême-droite, Étienne Chouard, soutien de François Asselineau (UPR) aux dernières présidentielles et de Trump au cours de sa campagne électorale. Une analyse notamment de son populisme transversal, de son confusionnisme, de son conspirationnisme, de son démocratisme-citoyenniste et de son « anti-impérialisme » – avec Armand Paris, co-animateur de Sortir du capitalisme.

Avec une présentation critique d’Étienne Chouard et de son parcours, une analyse de son populisme transversal comme rencontre du nationalisme-étatisme « degôche » et de l’extrême-droite, une histoire du populisme transversal et sa transformation fasciste en France (1880-1940), et enfin une critique de son confusionnisme autour du « fascisme » et une explication historique de celui-ci [1ère partie, 50 minutes]. Avec également une analyse critique de sa théorie monétaire conspirationniste-souverainiste, une démonstration de son « antisémitisme structurel » (comme grille de lecture conspirationniste de l’histoire) et une évocation de son « anti-impérialisme » pro-russe. Avec, enfin, une analyse critique de son démocratisme comme formalisme s’opposant aux luttes, comme moralisme vain, comme interclassisme au profit des classes moyennes et comme fétichisme, et quelques excursus sur sa critique de l’antiracisme, son idée d’une « gauchisation » du FN et son apologie des frontières [2ème partie, 50 minutes].

PS : Le « populisme transerversal » (Chouard) est une idéologie s’adressant en même temps aux populistes de gauche (Mélenchon) et aux populistes d’extrême-droite (Le Pen) à partir de leurs thèmes communs (patriotisme, souverainisme, anti-finance, etc.). Le populisme de gauche, lui, s’adresse en partie, mais en partie seulement (contrairement au populisme transversal), aux populistes d’extrême-droite (à l’exclusion des thèmes d’extrême-droite. Le populisme d’extrême-droite, réciproquement, s’adresse en partie, mais en partie seulement (à l’exclusion des thèmes de gauche), aux populistes de gauche. Voilà pour ce qui est des distinctions entre ces trois formes de populisme.

« FULL METAL YELLOW JACKET »

Repris du site d’infos autonomes « Lundi matin« 

Ne boudons pas notre plaisir ! Le mouvement contre la loi Travail au printemps 2016, la défense de la ZAD de NDDL au printemps 2018 et enfin le mouvement des gilets jaunes surgi à l’automne 2018 et qui se poursuit : l’esprit du temps est à la révolte sous des formes chaque fois inédites. Le cortège de tête dans le premier cas, la défense d’un territoire rural communisé dans le second, et enfin les blocages et manifestations incontrôlées dans le dernier.

Un territoire inconnu bien que familier vient de prendre une existence politique. Les gilets jaune ont en effet investi un espace périphérique fait de non-lieux, ronds-points, péages d’autoroute, parkings de centre commerciaux, sur ces axes de circulation qui organisent et distribuent les fonctions atomisées auxquelles sont assignés les néo-urbains. Cet environnement quotidien de millions de gens voués aux embouteillages du petit matin et de la fin d’après-midi semblait avoir neutralisé toute possibilité d’événement. Les statistiques disent que la moitié de la population française réside dans cette périphérie. Mais tous ces gens restaient désespérément invisibles… il leur a fallu enfiler un gilet jaune pour exister, comme d’autres ont du enfiler un passe-montagne ou un k-way noir… Le fait que le comité Adama Traoré ait très vite appelé à rejoindre les rassemblements de gilets jaunes sur Paris est exemplaire, Beaumont-sur-Oise, point limite entre la banlieue parisienne et ce qui fut la campagne francilienne incarne précisément cette périphérie de la métropole qui a pris une existence politique (en l’occurrence depuis l’assassinat d’Adama Traoré) et n’entend pas y renoncer.

Pour employer un terme qui n’a rien d’innocent, on peut dire que c’est un mouvement essentiellement provincial, en cela totalement inédit. Des manifestations et des émeutes éclatent dans des petites villes où il ne se passait jamais rien –celles-là même où l’État décrète la fermeture des gares, des postes, des écoles, des maternités, à quoi bon dépenser les deniers publics pour des parpagnàs ? Des gilets jaunes surgissent de partout. Une émeute à Nantes, St Nazaire, Caen, Rouen, n’a encore rien d’improbable… Mais à Beauvais, Bar-le-Duc, Narbonne, Le Puy, Angers, surprise ! On sait que, dans leur immense majorité, les émeutiers qui ont saccagé les beaux quartiers parisiens le 1er et le 8 décembre venaient de ladite province. Leur déambulation dans Paris relevait davantage d’un déplacement de hooligans en territoire ennemi que de la traditionnelle procession syndicale. Le mépris des petits provinciaux, affiché par cette capitale où siègent les élites de la nation, trouve ici sa réponse. Il a déjà été dit que Paris, désormais presque entièrement pacifié et gentrifié, ne pouvait plus être que livré au saccage et au vandalisme. Jamais cela n’avait été revendiqué en acte de manière aussi exemplaire.

La province est une notion typiquement française. Dans ce langage courant qui exprime l’organisation hiérarchique de la nation, on monte à Paris et on descend en province. Au sommet de la pyramide trône la capitale, dont les lumières rayonnent sur tout l’hexagone. De façon générale, dans la configuration actuelle du capitalisme, la relation de la périphérie et du centre se déploie de façon plutôt réticulaire que concentrique. Cependant, dans des Etats-nations aussi centralisés et centralistes que la France, les réseaux de circulation se superposent fatalement à une organisation concentrique du territoire qui reste déterminante. En montant à Paris terroriser les bourgeois du 8°, les gilets jaunes renversaient la pyramide.

Le caractère périphérique du mouvement n’est pas seulement géographique et politique. Une autre centralité est remise en cause, celle de l’usine qui a pendant si longtemps a constitué l’axe autour duquel tournaient les mouvements. Ici ce n’est plus l’entreprise qui constitue le lieu d’agrégation initial. Les gens qui se retrouvent sur les blocages ne se connaissaient généralement pas auparavant, leur connivence s’est instaurée à partir d’un acte volontaire que l’on peut qualifier en cela de politique. D’où le désarroi des syndicats face à ce mouvement, lesquels se sont d’ailleurs empressés de signer un accord de non-agression avec la Macronie dès le début décembre (seuls Solidaires et certaines UD CGT ont refusé cet acte de collaboration déclarée). A cela on mesure l’épuisement de la forme syndicale, déjà perceptible au printemps 2016.

L’analyse marxienne postulait que la genèse de la valeur d’échange se trouvait dans la production, la circulation de la marchandise ne faisant que réaliser la valeur. Or dans cette dynamique qu’est le capitalisme tous les moments sont dépendants et n’ont de réalité que par rapport à la totalité qu’ils forment ainsi. D’abord parce que la circulation ajoute de la valeur aux produits et génère du profit, (au sens où se développe toute une industrie qui assure cette circulation, faite de services bancaires, d’assurances, de marketing, de transport, de stockage, de grande distribution, sans parler des activités induites…) [1] mais il devient même difficile de séparer les deux moments. C’est évidemment flagrant pour des produits comme l’énergie par ex., la production d’une centrale nucléaire est inconcevable sans les lignes à haute tension qui vont distribuer l’électricité, pareil pour une raffinerie de pétrole avec ses réseaux de stocks et de stations-service. De même le textile fabriqué en Chine ne peut être produit qu’en fonction des porte-conteneurs géants qui vont assurer le transport des précieux t.shirts vers les ports occidentaux -et nul ne pourra prétendre que le transport maritime ne crée pas de valeur. A l’extrême, l’internet incarne la pure circulation de la valeur, rendue presque indépendante de l’exploitation du travail vivant –mais il a bien fallu que les outils électroniques et informatiques qui l’assurent aient été fabriqués dans une usine… Il devient donc problématique d’isoler un segment d’activité qui serait la production par rapport à la totalité des travaux et des échanges composant ce qu’on appelle la société. Les camarades italiens des 70’ parlaient déjà de la société-usine –ce qui est un oxymore franchement assumé, une usine n’étant pas une société mais un système. Parler de la fabrique globale nous semble adéquat à ce moment où l’entreprise capitaliste saisit et reconfigure tout ce qui existe sur le mode de la fabrique, de l’usine. Un hub, qu’il soit maritime, aéroportuaire ou routier, une zone commerciale, et même une autoroute constituent autant de rouages de cette fabrique globale. La distinction de la sphère privée et du domaine public, qui définissait depuis la Révolution-française les rapports entre société civile et État, s’efface alors sous l’emprise des dispositifs qui sont la véritable puissance organisant la circulation des individus. Dans la fabrique globale, la société perd toute épaisseur tandis que l’État n’est plus qu’un prestataire de service.

Les grands cycles de luttes ouvrières se sont achevés avec la crise du système fordiste. Dès la seconde moitié des 70’, l’essentiel des luttes en Europe occidentale consistait à s’opposer à la fermeture de l’entreprise et donc à l’atomisation des travailleurs –et toutes se soldèrent par de cruelles défaites. Sidérurgie, mines, chantiers navals, puis les autres secteurs de l’industrie, tous les bastions de la classe ouvrière y sont passés. On pourrait dater le moment historique où tout a basculé irrémédiablement : ça commence avec la défaite des ouvriers de FIAT à Turin à l’automne 1980, ça se poursuit en France avec celle des o.s immigrés de Talbot en 1983 et ça se conclut avec celle des mineurs britanniques au printemps 1985. Le cycle achevé en Europe occidentale ressurgit à présent en Inde ou en Chine…

Le fait que la centralité de l’usine dans les luttes soit désormais passée amène à formuler l’hypothèse que les prochaines insurrections s’empareraient des entreprises depuis le dehors, et non l’inverse (formulé en termes marxiens, elles partiraient de la circulation pour se saisir de la production). En somme, à l’image du mouvement GJ qui part de la périphérie pour investir le centre. Non plus dans la perspective de l’autogestion, où les travailleurs s’emparent de l’usine, mais dans celle inverse : des puissances venues de l’extérieur, constituées en rupture avec la logique de la fabrique globale, s’empareraient de l’usine pour la désarticuler en fonction des nécessités qui leur seraient propres. Nous n’en sommes évidemment pas là, mais la multiplication des révoltes dans la périphérie, depuis celle des banlieues en 2005 jusqu’à l’actuel mouvement des GJ, indique qu’un nouveau cycle est en train de démarrer, bien différent du précédent, et qui n’a pas fini de nous surprendre.

Chez les GJ, tout renvoie à la circulation, aussi bien la revendication initiale que les non-lieux où elle s’exprimait. C’est peut-être bien la première fois qu’un mouvement d’une telle ampleur surgit à partir de là, avec le refus de la taxe sur le carburant. Et il n’a pas manqué d’écolos-piste-à-vélos pour s’en gausser. Sauf que dans un monde fondé sur la mobilité contrainte, le prix du carburant n’a rien d’innocent, à moins de résider et travailler en centre ville (et on sait qui occupe désormais les centres villes en France…). Le travailleur suburbain est littéralement piégé par ce dispositif, qui l’oblige à travailler pour se payer une automobile indispensable… pour pouvoir aller travailler ! L’action se concentre donc sur les ronds-points, aux péages, aux entrées de parkings, éléments de ce dispositif. La plèbe se révoltait contre l’augmentation du prix du pain voici deux siècles, elle se révolte à présent contre l’augmentation du prix de l’essence. [2]

Que la question du carburant soit éminemment stratégique, nos gouvernants l’avaient compris depuis longtemps. Au plus fort de la grève générale de mai 1968, ils organisèrent la pénurie d’essence (alors que d’importants stocks étaient encore disponibles), pour faire réapprovisionner soudainement les stations service juste à la veille du pont de la Pentecôte… et des millions de Français, soulagés, qui suivaient « les événements » en spectateurs, se ruèrent sur les routes. Une telle machination a sans doute plus fait contre le mouvement qu’un demi-million de manifestants pro-De Gaulle sur les Champs-Elysées. [3]

Les travailleurs atomisés d’aujourd’hui, contrairement aux ouvriers-masse de l’époque fordiste n’ont plus de marge de manœuvre sur le salaire, qui stagne tandis que tout augmente, et se retrouvent donc à lutter contre la pression fiscale sur leur revenu. A gauche certains laissent entendre que ce faisant ils reprennent ce thème classique de l’idéologie libérale qu’est la baisse des impôts, et c’est vrai de la part de certains gilets jaunes, petits patrons et commerçants. Mais la majorité se rend bien compte qu’en l’occurrence si baisse des impôts il y a eu, elle s’est appliquée exclusivement aux très hauts revenus, à travers notamment la suppression de l’ISF. En outre, si la question du salaire se pose à partir de l’entreprise, la question fiscale se pose, elle, à partir de l’État : elle prend donc directement une résonnance politique (sachant en plus combien les taxes sur le carburant alimentent le budget de l’État…) [4]. De ce point de vue, le fait de rendre les autoroutes gratuites et de saccager les radars montre que ce rackett est perçu de plus en plus comme une rente de situation digne de l’Ancien Régime. Sauf que cette fois ce ne sont pas des fermiers généraux qui se gavent sur le dos des gens, mais l’État et des entreprises comme Vinci qui gèrent les autoroutes… Par ailleurs, il ne peut échapper à personne que, au cours des dernières semaines, beaucoup de gilets jaunes sont allés vers des revendications plus sociales que fiscales (augmentation du salaire minimum notamment) même si le retour de l’ISF figure toujours en tête de liste.

Sous l’Ancien Régime des révoltes antifiscales éclataient sans cesse, surtout en ce XVII° siècle qui vit se consolider la monarchie absolue [5]. Avec la Révolution-Française, renversement complet : payer l’impôt devient un acte civique, tout comme s’engager sous les drapeaux (alors qu’avant les gens s’enfuyaient à l’approche du sergent recruteur). C’est le tour de force historique de la bourgeoisie, et rien ne dit qu’il ait épuisé tous ses effets. Depuis, refuser l’impôt est assimilé à un geste d’Ancien Régime. Pour la gauche, dont le seul horizon est celui des institutions républicaines, cette question ne saurait plus se poser. Dans le binôme politique droite-gauche, il était d’usage que cette dimension antifiscale soit l’apanage de la droite libérale, tandis que la gauche keynésienne prônait la redistribution à travers les dispositifs étatiques financés par les prélèvements fiscaux. Maintenant que gauche et droite sont alignés sur les mêmes positions, la vieille tradition de révolte antifiscale peut réapparaître… Ce qui est paradoxal, c’est qu’elle se fasse en référence à la Révolution-Française –drapeaux BBB, Marseillaise, manifestants en bonnets phrygiens…

En un mois de demi les gilets jaunes auront réussi ce que les syndicats ont été incapables de faire durant les deux décennies passées. Non organisés dans le cadre syndical, les gilets jaunes n’étaient pas coincés par ses modes d’action institutionnalisés ni abusés par des bureaucrates subventionnés. Ce qui a permis aussi de belles émeutes dans ce Paris où ont afflué à plusieurs reprises les prolétaires provinciaux… (et même si une partie des gilets jaunes n’assume pas ce vandalisme, leur simple présence l’a rendu possible… et là, pas de s.o syndical pour casser l’enthousiasme). La déambulation tend ainsi à remplacer la manifestation classique. Alors que le cortège de tête restait encore tributaire de la manifestation syndicale et avait trouvé ses limites ce 1er mai 2018 (un cortège de tête aussi important que le cortège syndical, avec en son sein un black bloc énorme, et tout ça pour un résultat insignifiant). Affranchie de toute notion de cortège, la foule dérive ! Les défilés syndicaux parcourent les avenues au centre ville, lieu de représentation par excellence, de façon disciplinée et disciplinaire. Alors que les déboulés des gilets jaunes à Paris en novembre et décembre 2018 se caractérisaient d’emblée par l’éparpillement et la liberté de mouvement.

Il semble cependant que cela se gâte ; depuis la mi-décembre à Paris les parcours sont déposés en préfecture et la marche du 12 janvier a vu l’apparition d’un service d’ordre sur le modèle syndical –qui l’a désigné ? Il n’est pas fortuit que ce s.o apparaisse précisément au moment où des représentants commencent à prendre la main…Dans les villes de province, les gilets jaunes ont cependant conservé le côté déambulation joyeusement incontrôlable, or, comme il a été dit plus haut, c’est en province que se joue l’essentiel du mouvement. A Marseille le 12 janvier, la déambulation des gilets jaunes a rendu complètement fous les responsables de la répression, en suivant un trajet en zig-zag totalement inattendu, empruntant même un tunnel autoroutier et laissant les robocops essoufflés.

Les blocages ont souvent pris la forme d’un campement qui évoque les ZAD. Ce qui introduit une question : n’y aurait-il pas là les prémisses d’un « urbanisme insurrectionnel » à venir ? que pourrait-on faire de tous ces sites dont l’unique intérêt est tactique, à savoir celui de se trouver sur les axes de circulation automobile ? Jamais, depuis la révolte des banlieues de 2005, la critique de l’urbanisme n’avait été si présente dans les faits. Conjurer l’événement, tel était le sens de cette inexorable extension de la fabrique globale. Le flux tendu des marchandises qui organise l’espace ne doit surtout pas permettre qu’y survienne un événement –une panne, un séisme, un blocage, une émeute… Pour le coup le voici qui se révèle extrêmement vulnérable, tout comme une chaîne de montage fordiste était à la merci d’un simple sabotage. Il n’est pas hasardeux qu’en plusieurs endroits les gilets jaunes aient d’ailleurs bloqué l’accès d’entrepôts Amazon, entreprise emblématique s’il en fut [6]…

Les campements se constituent comme la forme élémentaire de la communication, de Occupy Oakland à la place Taksim, des plantón sur le zocalo de Oaxaca aux camps de Lakota Range, de la ZAD aux presidi de Val Susa. La construction de l’espace vient en premier comme affirmation politique. Alors que la manifestation reste indifférente à l’espace qu’elle traverse, l’occupation entraîne la production d’un commun qui reconfigure le lieu. En cela les les blocages des gilets jaunes sont aux antipodes de Nuit Debout : alors que ces rassemblements n’investissaient que des places centrales, obéissant à l’injonction hiérarchique qui ordonne l’espace urbain et surburbain, et donnaient la primauté au discours, les blocages GJ sont presque toujours en zone périphérique ou sur des grands axes de circulation et donnent la primauté à l’action même du blocage et aux relations qu’il instaure entre les participants. C’est la grande innovation de ce mouvement. En outre, si les organisateurs de Nuit Debout négociaient avec la préfecture la possibilité de demeurer sur place, la majorité des blocages s’imposent de fait sans rien demander.

Une seule revendication fait l’unanimité chez tous les gilets jaunes, « Macron démission ». Ce pays qui a pourtant guillotiné son roi est encore, deux siècles après, le plus monarchique d’Europe –d’où cette fureur typiquement sans-culotte qui anime les gilets jaunes [7]. Mais le monarque n’est plus investi de ce caractère sacré qu’il avait sous l’Ancien Régime : les Français en élisent un, puis le détestent au bout de quelques mois. C’est que le monarque d’aujourd’hui est un produit, obsolescent comme tout ce qui est produit de nos jours. Après Sarkozy le caractériel cocaïné puis Hollande le maniaco-dépressif, voici le bellâtre suffisant, lancé pour en finir spectaculairement avec le régime bipartiste dominant jusque-là la V° République. Le fait qu’il n’ait jamais été élu auparavant le désignait comme la personne indiquée pour ce faire : alors que la classe politique, composée de maires, de présidents de conseil généraux et régionaux, de députés et de sénateurs, se trouve encore engluée dans des rapports de dépendance, la Macronie affranchit le gouvernement d’un tel poids. Désormais, l’État affirme froidement qu’il n’est qu’un prestataire de service du capital. Plus d’arrangements négociés, mais la pure injonction : en cela la gouvernance macronienne consacre le remplacement de la société civile par la fabrique globale. L’arrogance présidentielle qui va jusqu’à l’insulte (ces salauds de pauvres !), reproduit les procédés utilisés dans les entreprises modernes, eux-mêmes inspirés des techniques d’entraînement et de dressage en vigueur dans les unités spéciales de l’armée.

Dans le mouvement des GJ, le peuple est donc venu prendre la place qui était occupée par la société civile chère aux citoyennistes. Un signifiant qui vient par défaut -on aurait parlé, avant la Révolution-Française, de la vile multitude, ou de la plèbe. Ce n’est que par un jeu de miroir avec l’État que se constitue le peuple, comme entité homogène face au monarque (les fameux 99%…) et le caractère monarchique de la présidence Macron exacerbe cette double-réflexion. Or le peuple renvoie à la Nation, et donc à l’État républicain, produits de la Révolution-Française. Postuler une vérité inhérente à ce sujet, et que le référendum permettrait de délivrer, est le point de départ de la démagogie, celle du FN comme de la FI. « Le populisme de gauche devrait diriger ces affects vers des objectifs démocratiques », dit la Chantal Mouffe, qui ajoute « Le peuple est toujours un sujet collectif, construit de manière discursive ». Qu’une telle construction s’opère forcément par exclusion –l’immigré, l’assisté, etc.- ne semble pas effleurer les tenants de ce sous-gramscisme, et les politiciens qui s’en réclament en viennent à partager les mêmes thèmes que leurs opposés symétriques : le démagogue Ruffin fait donc l’éloge du confusionniste Chouard, tandis que Mélenchon de son côté se déclare fasciné par la figure de Drouet… Le populisme consiste à flatter des affects produits par ce monde et à les entretenir comme quelque chose de positif, alors qu’une attitude révolutionnaire misera sur un devenir qui accouche de nouvelles formes de sensibilité politique dans le cours de la lutte. Nous ne perdons jamais de vue que le négatif est l’élément moteur de tout mouvement. De fait, dans tous ces campements rebelles qui se multiplient dans le monde, la figure transcendante du peuple laisse place à l’immanence du commun. [8]

Les classes sociales, clairement identifiables jusqu’à la fin du fordisme, se sont donc liquéfiées –ce que traduit le terme-valise de classe moyenne, qui est signifiant précisément en cela qu’il n’identifie rien. La classe moyenne, dans les pays riches comme la France, ce serait finalement à peu près tout le monde en dehors des bourgeois tout en haut, et des travailleurs immigrés et des chômeurs-à-vie tout en bas ! On pourrait dire d’un docker marseillais, par exemple, qu’il relève de l’ancienne classe ouvrière par son travail, et de la nouvelle classe moyenne par son mode de vie et ses aspirations (faire construire, prendre des crédits, veiller à ce que ses enfants fassent des études et partir en vacances dans une destination de rêve). Les gilets jaunes s’identifient surtout en tant que travailleurs (fussent-ils retraités, et ils sont nombreux dans ce mouvement), mais ce qui est paradoxal est qu’ils le fassent en dehors de la sphère du travail proprement dite. Leur plainte récurrente, c’est « on bosse et on ne s’en sort pas » (variante pour les retraités, « on a bossé toute notre vie et on a à peine de quoi se nourrir »). On a fait croire à tous ces gens qu’une vie de dur labeur trouverait tôt ou tard sa récompense dans un certain bien-être ; mais ils sont forcés de réaliser que cette perspective n’est jamais qu’une échelle sans fin qu’ils ne cesseront d’escalader toute leur vie durant [9].

Un des textes les plus intéressants publiés sur ce mouvement évoque une « tragédie de la classe moyenne » qui tient au rapport à l’argent [10]. « Le souci de l’argent est permanent, et ce d’autant plus qu’on y a enfin accès. On est de la classe moyenne quand on gagne suffisamment d’argent pour, consciemment ou non, directement ou non, ne penser qu’à ça.(…) Il n’y a peut- être pas de position sociale où on l’on sache mieux ce que c’est que l’argent. » On pourrait ajouter : si pour les plus démunis l’argent ne revêt qu’un caractère de nécessité alors que pour les riches l’argent est l’expression même de la liberté, pour la majorité des travailleurs le rapport à l’argent est sans cesse tiraillé entre ces deux extrêmes –en cela il existerait une classe effectivement moyenne ! C’est le principe même du spectacle que de faire sans cesse miroiter cette liberté –celle par exemple de pouvoir se déplacer dans sa propre automobile… Que cette liberté spectaculaire ait pour condition un esclavage de tous les jours, voilà l’expérience que chacun fait de façon intime sans jamais pouvoir l’exprimer. Ce qui rend les gens malades, littéralement. Et on ne doit jamais négliger le fait que le côté thérapeutique de la révolte est ce qui en fait aussi la puissance politique.

Aussi longtemps que l’État occupe l’horizon d’attente des séditions populaires, celles-ci font fatalement le lit des démagogues souverainistes de tout poil. Il n’est donc pas innocent que Macron ait sorti son joker avec la proposition des RIC, Réferendums d’Initiative Citoyenne. Alors que les gilets jaunes étaient en train d’évoluer vers des revendications sociales (augmentation du SMIC et revalorisation des retraites, notamment), le RIC tente de court-circuiter cette évolution en s’interposant comme solution-miracle –qui offrirait une porte de sortie à un régime si impopulaire. En même temps, le RIC offre aussi une porte de sortie au mouvement : que celle-ci débouche sur le vide ne l’empêche pas de fonctionner comme une méta-revendication qui mettrait tout le monde d’accord au sein d’une dynamique si hétérogène. Et des gens qui n’ont tiré leur force que d’être assemblés s’enthousiasment sur cette proposition, alors que cette pseudo-consultation renverra chacun à son isolement initial d’électeur, coincé dans un choix binaire sur des questions-piège que le souverain jugera bon de poser à la populace. Le référendum est la forme suprême du spectacle politique [11].

La Macronie qui, pour ne rien avoir à lâcher de concret, est disposée à ouvrir sur le terrain de la représentation, tend ainsi la perche à tous ceux qu’influencent peu ou prou les élucubrations de Chouard. Comme le dit Rafik Chekat, « Le problème du référendum d’initiative citoyenne (RIC), c’est qu’il perpétue la tyrannie du fait majoritaire. Pourquoi la majorité aurait-elle toujours raison ? Sans faire le fragile, appartenir à un groupe minoré te rend méfiant vis-à-vis des majorités car tu sais pertinemment qu’en certains cas elles peuvent prendre des allures de groupes de lyncheurs. Vous imaginez un #RIC juste après #charlie ? Que cette revendication du RIC soit portée par des Blancs n’est pas chose fortuite. Mais au-delà de la question raciale, ça veut dire quoi constituer une majorité à l’heure de #BFMTV, #TF1, #Hanouna, de la société de consommation, etc.? Le problème du RIC c’est au fond celui du vote, de ce mécanisme qui organise à intervalles réguliers notre impuissance. On peut bien essayer de raccourcir ces intervalles, de voter plus souvent, ça ne changera rien à l’affaire. S’il faut parler en termes de subjectivation, le dispositif du vote crée un type particulier d’individu à travers un rapport mutilé à l’existence, et plus particulièrement à la politique, aux affaires publiques. » D’autant qu’on imagine mal le gouvernement faire un référendum sur le rétablissement ou pas de l’ISF (2/3 des Français qui y seraient favorables selon un sondage).

Le régime peine à trouver des interlocuteurs, qu’il doit aller pêcher sur Facebook. La plupart des leaders auto-proclamés, et presque aussitôt désavoués par les gilets jaunes, sont soigneusement mis en scène sur les plateaux télé et les médias cooptent systématiquement des personnages aux affinités douteuses –ce qui d’ailleurs permet aux bien-pensants degauche de rebondir dans leur condamnation du mouvement. Jamais à ce point les médias ne sont apparus aussi visiblement pour ce qu’ils sont : l’un des deux piliers du régime, avec la police. Il s’agit pour eux de banaliser l’idée qu’en dehors de ce régime, il n’y a que l’extrême-droite –dont on sait par ailleurs combien elle est en faveur dans les rangs de la police. C’était déjà sur ce mensonge que Macron avait réussi à remporter les élections présidentielles, et le président-élu-pour-faire-barrage-au-FN vient de lancer un nouveau gadget, un « Grand débat » où la première question abordée serait… celle de l’immigration !

L’importance prise par les réseaux dits sociaux dans cette affaire est loin d’être anecdotique. Dans la périphérie, le réseau socialise. Mais pourtant tous ces gens qui se sont retrouvés en gilet jaune à partir d’un appel lancé sur Facebook ont fait une expérience qui n’a rien de virtuelle. La question, maintenant, est de savoir si les gilets jaunes ont rejeté la classe politique pour inaugurer une sorte de démocratie internautique où un like remplacerait le bulletin de vote, ou bien si, comme ceux de Commercy les y invitent explicitement, ils vont s’organiser en assemblées d’un nouveau type. Car le réseau ne socialise que dans un circuit fermé générant l’entre-soi et où le charisme de certains « lanceurs d’alerte » a toute latitude de s’exercer pour capturer les intensités. Une forme de manipulation médiatique plus fragmentée que les grands médias pourraient alors épauler en tant que technique de gouvernance. Un ami tunisien qui a participé à l’insurrection de 2011 évoquait la capacité de mobilisation rapide dont les insurgés avaient pu disposer avec les réseaux sociaux dans les premiers jours, mais aussi le fait que la police en avait très vite compris l’intérêt et n’avait pas manqué d’y intervenir pour répandre de fausses nouvelles et faire de la désinformation… La quantité de faux débats qui circulent sur ces réseaux en France est sans aucun doute du même ordre.

L’articulation du rond-point et des assemblées générales se pose à présent, après deux mois d’agitation. D’une part, les liens de proximité et de complicité noués sur zone qui permettent de passer à l’action sans avoir à en délibérer –et l’on sait combien les délibérations en assemblée peuvent être démobilisantes dès qu’il s’agit d’action directe !- mais qui ne peuvent s’exercer qu’à l’échelle locale ; de l’autre, des assemblées reliées directement entre elles qui pourraient agir comme lieu de réflexion stratégique et coordination tactique.

A l’opposé de cette perspective, les gilets jaunes pourraient accoucher d’un mouvement démagogique comme les 5 Stelle en Italie. Une fraction serait sans doute tentée de suivre cette voie, quitte à se couper du reste du mouvement. Il faut toutefois rappeler que 5 Stelle a été entièrement produit –même s’il a surfé sur le bref mouvement des Forconi. En l’état actuel des choses, il manquerait aux GJ le bouffon médiatique indispensable pour attirer l’attention des foules, en l’occurrence la figure de Beppe Grillo, amuseur public mis en selle par certains hommes d’affaires -l’intermède berlusconien était usé, il fallait lancer d’urgence un nouveau produit. L’Italie est passée de plusieurs décennies de gouvernement par le secret (P2, Andreotti, la stratégie de la tension et les alliances avec la mafia) au gouvernement cathodique (Mani Pulite, Berlusconi et Beppe Grillo). Le problème de ce mode de gouvernement, c’est qu’il faut renouveler les personnages qui l’incarnent aussi fréquemment que le show-biz doit renouveler les vedettes qu’il produit.

A une époque où le capitalisme postfordiste doit sa survie à l’essor du capital fictif et fonctionne désormais à découvert, la dénonciation des excès de la finance –qui laisse de côté l’essentiel, à savoir la critique de la valeur, de l’argent et de la marchandise- encourage toutes les solutions-miracles et toutes les démagogies. On se rappelle le gag éculé de la taxe Tobin, par exemple, ou bien le candidat Hollande : « Mon ennemi, c’est la finance » (elle était bien bonne !) Quand la quasi-totalité des travailleurs bosse pour payer ses crédits (notamment sur l’automobile…), il est normal que les banques soient désignées comme une cible privilégiée, dans les paroles comme dans les actes de vandalisme (spéciale dédicace aux GJ toulousains qui ont saccagé plusieurs banques samedi dernier). Mais il y a lieu de se méfier quand par ailleurs revient avec un peu trop d’insistance la référence à la banque Rosthchild, plutôt qu’à la BNP-Paribas ou à la Société Générale (dont le sauvetage par l’État après 2008 aurait finalement coûté 30 milliard d’euros aux contribuables…). Le fait que Macron ait commencé sa carrière précisément dans cette banque excite évidemment cet anticapitalisme des imbéciles qui pointe « la finance juive » sur les réseaux sociaux.

Il se pourrait que ce régime soit réellement en bout de course. A l’abri de sa soldatesque, il peut toujours multiplier les insolences –comme celle d’annoncer fin décembre un dispositif anti-chômeurs scandaleux. La fuite en avant dans l’escalade répressive s’est encore aggravée par rapport au printemps 2016. L’attaque de la ZAD de NDDL en avril-mai avait servi de grandes manoeuvres. Blessures graves et mutilations par dizaines, humiliations collectives et individuelles, tabassages, l’intimidation policière va de pair avec une surenchère (les réactions outrées de toute la caste médiatique au beau geste de Christophe Dettinger et à la solidarité qui s’en est suivie en disent long sur l’écoeurant cynisme de ces larbins du pouvoir, quant on voit tous ces manifestants méthodiquement mutilés par la police dont ils ne parlent jamais). Des ordres ont été donnés en haut lieu de faire très mal, de l’aveu même de certains commissaires. Les gens apprennent, et on voit de plus en plus de manifestants équipés (masque à gaz, lunettes de ski, foulards, gants etc.) au moins pour se protéger. Mais il est clair que nulle part le mouvement n’est encore en mesure de s’organiser pour mettre la police en déroute, et c’est là que l’on perçoit le caractère démobilisateur des discours pacifistes. Ce qui renvoie à l’efficacité des blocages, qui est toute relative : la police n’a jusqu’ici aucun mal à dégager les accès, et en particulier sur des sites stratégiques comme les raffineries de pétrole –de ce point de vue, rien de nouveau par rapport au printemps 2016. Par ailleurs, on voit surgir depuis quelque temps dans les marches du samedi des s.o auto-désignés, où l’on trouve aussi bien d’anciens militaires que des transfuges du s.o CGT. Même si leur capacité de contrôler la foule est problématique, il ne faudrait pas que cela s’institue…

Ce mouvement, n’obéissant à aucune direction verticale et centralisée, laisse les initiatives locales se multiplier. Mais celles-ci peuvent diverger du tout au tout d’un endroit à l’autre. Après deux mois d’agitation, le moment approche d’une décision. Un parti, au sens historique du terme, se prouve comme le parti vainqueur du fait qu’il se scinde à son tour en deux partis : il prouve ainsi qu’il contient en lui-même le principe qu’il combattait auparavant à l’extérieur, et supprime par là l’unilatéralité avec laquelle il était entré en scène. Les éléments opposés qui coexistent à l’intérieur du mouvement ont été jusque-là maintenus ensemble par une commune hostilité au régime en place. Aux partisans d’une issue institutionnelle –qui serait, selon toute évidence, de nature autoritaire et xénophobe- s’opposeraient alors les partisans d’un élargissement du mouvement à tous les aspects de la fabrique globale dans une perspective révolutionnaire. De fait, des actions se multiplient autour d’entreprises en lutte où des gilets jaunes se joignent aux chasubles rouges sur des piquets de grève. Il n’est pas interdit de penser que le mouvement puisse exercer une stimulation assez forte pour que des travailleurs se décident à bloquer leur entreprise de l’intérieur, à partir de revendications concrètes. Les directions syndicales nationales se verraient alors renvoyées aux poubelles de l’histoire, et une nouvelle séquence historique pourrait enfin s’ouvrir. Qui impliquerait que chacun prenne parti.

Aux toutes dernières nouvelles, dans les Landes les GJ bloquent une usine Monsanto, pièce maîtresse de la fabrique globale…

Alèssi Dell’Umbria, 21 janvier 2019.

[1] La circulation de la marchandise ne se résume pas au transport et à la distribution des produits : des marchandises commencent à circuler dans les bourses de matières premières par exemple, alors qu’elles n’ont pas encore bougé. Inversement, des matières premières vendues à une entreprise industrielle pour y être transformées se trouvent ainsi valorisées, du fait d’avoir été achetées, et elles vont entrer dans la détermination de la valeur du produit fini : ici la circulation est préalable à la production.

[2] Les petits patrons de PME refusant une taxation du gasoil qui augmenterait leurs frais généraux n’ont pas manqué de se désolidariser des gueux qui entendaient poursuivre. Un gilet jaune d’Alès dénonce ainsi, le 20 décembre dernier, la trahison de certains : « Honte aux ’apolitiques’ prétendant diriger les Gilets Jaunes des Cévennes en agitant le spectre ’anarchiste’ que les services de renseignement leur ont soufflé aux oreilles.(…) Aujourd’hui, je n’ai plus envie de mesurer mes propos. Pourtant, c’est dans le plus grand calme que j’accuse ces prétendus ’coordinateurs’ d’être des vendus et des traîtres de la pire espèce. Car la vérité toute nue, c’est celle d’une fraction d’entrepreneurs qui a tout promis aux petits vieux, aux chômeurs, aux smicards et aux précaires pour grossir leurs rangs. Une fois les annulations de taxes obtenus, ces gens ont prétendu structurer le mouvement pour en prendre la direction, avec, pour finalité, faire cesser le mouvement histoire de se gaver de thune à l’occasion des fêtes de fin d’année.(…) Quand à vous, voisins et collègues mobilisés depuis des semaines ; vous qui n’avez rien lâché ni au vent ni au froid ni à la pluie ; vous qui avez redécouvert solidarité et dignité sur les barrages ; vous, la base anonyme sans d’autres ambitions que de vivre convenablement, je vous salut et vous transmet les bonjours chaleureux des Gilets Jaunes croisés en Alsace, en Franche-Comté, sur l’A7 et à Bollène ! »

[3] C’est Michel Jobert, alors chef de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, qui organisa l’opération –il s’en vanta publiquement vingt ans plus tard.

[4] Au Mexique, par exemple, l’augmentation du prix de l’essence en janvier 2016 provoqua une vague de manifestations massives, tournant souvent à l’émeute et au pillage, qui ne devait certes rien à l’idéologie néolibérale !

[5] L’impôt et la conscription militaire constituaient les motifs majeurs de sédition. Le livre de Boris Porchnev, est à cet égard édifiant, Les soulèvements populaires en France de 1623 à 1648, Paris 1963, réed. Flammarion 1972.

[6] Pour autant, il faut relativiser l’impact des blocages… si le commerce des centres villes a pu être affecté par les émeutes, qui ont affecté leur chiffre d’affaires, l’efficacité des blocages est loin d’être évidente. L’approvisionnement a continué de se faire, les stations-services n’ont jamais manqué de carburant, les étalages des supermarchés ont continué de se remplir et la gabegie natale a pu se donner libre cours comme les autres années.

[7] La Constitution de la V° République octroie au président des pouvoirs que celui-ci n’avait jamais eu sous les régimes précédents, qui étaient parlementaires, et notamment celui de légiférer par ordonnances en se passant de l’Assemblée nationale. On sait que De Gaulle, qui était de sensibilité monarchiste, songea en 1958 à instaurer une monarchie constitutionnelle. Ce qu’il fit, d’une certaine manière : un monarque, mais qui serait désormais élu.

[8] A la grande époque des révoltes antimonarchiques en pays occitan, les révoltés s’identifiaient comme lo comun, bien plus que comme lo pòble. Le commun, telle est précisément le concept politique qui correspond à un devenir révolutionnaire des luttes.

[9] La notion d’ « économie morale » que certains ont évoqué à propos des GJ ne nous paraît guère pertinente en ce cas –ne fût-ce que parce que E.P Thompson la formulait à propos d’une working class anglaise qui a disparu entretemps, sans parler de la « décence commune » chère à George Orwell. Certes il existe encore une morale du travail diffuse dans les milieux populaires où, à défaut de s’enrichir en travaillant le plus grand nombre espère au moins atteindre une certaine sécurité, une relative aisance et, à tout le moins, un vague sentiment de dignité personnelle. A cet égard le « Travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy pouvait trouver un écho parmi ces gens. Ils s’entendent dire à présent qu’en fait rien de tout cela n’est garanti –pas même une retraite bien méritée après une vie laborieuse. La Macronie, c’est la pensée des managers appliquée à toute la société sans médiation politique. Le capitalisme dans sa brutalité essentielle.

[10] « Gilets jaunes : la classe moyenne peut-elle être révolutionnaire ? » LundiMatin, 7 décembre 2018.

[11] On a bien vu dans le cas de Notre-Dame-des-Landes à quoi servait ce petit truc institutionnel du référendum – et Macron était ministre dans le gouvernement qui avait tenté ce coup d’esbrouffe… On voit bien à présent à quoi sert le confusionnisme de démagogues comme Etienne Chouard.

A Forcalquier avec les gilets jaunes, ça chauffe pour les violences policières et Castaner !

Ce samedi 19 janvier, c’était la grosse manifestation appelée par la coordination (informelle mais de plus en plus effective sur le terrain) des groupes de gilets jaunes des 2 départements des Alpes du Sud, à Forcalquier…ville de Castaner (avant qu’il ne rejoigne la macronie fétide et devienne le ministre de l’intérieur bulldog que l’on connaît), qui concentre déjà une belle mobilisation depuis le début du mouvement, peut-être pas par hasard…

Un bon succès populaire, puisque plus de 1000 personnes (gilets jaunes, syndicalistes, militants associatifs et politiques…) ont convergé depuis le Lubéron, Manosque, Pertuis, Digne, Sisteron, Laragne, Gap, Embrun, Barcelonnette… dans une ambiance plutôt déterminée, avec un mot d’ordre très clair sur la dénonciation des violences policières largement soutenues et couvertes par Castaner depuis qu’il est en poste (« je n’ai jamais vu un policier attaquer un gilet jaune »…et blablabla). Probable que la belle campagne d’affichage sauvage de la veille dans les rues de la ville a contribué à faire monter la colère déjà présente parmi les manifestants ; on y découvrait des photomontages de portraits de ministres actuels (dont Castaner, fortement représenté évidemment puisque local de l’étape) et de Macron avec des blessures (réelles) infligées par des Flashball de la police et de la gendarmerie tirés en pleine tête (bien évidemment interdit mais très répandu et systématiquement couvert par la justice), avec en légende le prénom des (vrais) blessés et la date de la « bavure » policière lors des actes jaunes du samedi …suggestif, choquant et extrêmement mobilisateur… quelques illustrations ci-dessous

Étrangement quand même, la manifestation a cependant débuté de la place de la mairie dans une ambiance plutôt bon enfant et disciplinée, plutôt à l’image des défilés syndicaux inoffensifs que des précédentes mobilisations jaunes des derniers mois…il faut dire que le parcours était déclaré en préfecture et que les organisateurs appelaient à une manifestation exclusivement pacifiste, et tutti quanti… Quelques slogans et banderoles suggestives, mais plutôt plan-plan. De rares drapeaux français, en tout cas beaucoup moins nombreux que les désormais cultes « fachés mais pas fachos ».

Arrivés devant la sous-préfecture, une délégation d’une 15aine de gilets jaunes (auto-désignés?) est reçue une petite demi-heure par le directeur de cabinet du préfet, et ressort totalement désabusée par les non-annonces du haut technocrate qui conseille aux manifestants de participer au grand débat national lancé par le génial président français…et puis c’est tout !

Et c’est là que l’ambiance change, la foule n’attendait que l’étincelle de rage qui lui manquait pour déborder le plan déposé d’avance…Une bonne centaine de manifestants déterminés se retourne et avance dans la direction du barrage de gendarmerie qui interdit l’accès à la « rue de Castaner », où se trouve sa maison privée, gardée 24/24 par des dizaines de gendarmes depuis que quelques gilets jaunes locaux un peu taquins étaient allé y jouer à « 1 2 3 soleil »…puis accusés au parlement par Castagner d’avoir tenté d’attaquer sa maison, et sa femme et sa fille qui s’y trouvaient…menteur en plus Christophe !

Quelques minutes suffisent pour faire monter la pression, une 1ère échauffourée et un bon gazage dans nos gueules (m’enfin, doivent pas être bien formés au lacrimo les bleus du coin, pour 2 manifestants bien atteints…5 flics sur le tapis hahaha!) et c’est toute la manifestation (à part les quelques gentils organisateurs collabo et soit-disant responsables « si quelqu’un perd un œil ») qui s’enflamme contre les flics, projectiles, insultes et nouvelles tentatives de forcer le barrage, malheureusement vite renforcé par une petite compagnie de CRS robocop arrivés en renfort, sous les huées…et une Marseillaise plus gueulée que chantée, plutôt vécue comme un chant insurrectionnel que patriote (contre les flics…c’est assez fort!). Certains continuent de fixer le barrage (bravo aux malins creveurs de pneus!) tandis que d’autres tentent de contourner le dispositif par les petits rues adjacentes…mais se retrouvent également bloqués par un nouveau barrage à quelques dizaines de mètres de la maison du ministre de l’intérieur…

Après une bonne demi-heure de tensions, la manif’ finit par repartir tranquillement vers la mairie, et continuera un plus tard ses déambulations dans la ville, notamment en direction du rond point historique de la mobilisation locale, évacué quelques semaines plus tôt, et occupé ensuite par les flics par crainte de réoccupation immédiate. Tout le monde se disperse ensuite au retour en centre ville, en se donnant RDV les jours suivants sur des rond-points, péages ou réunions d’organisation ou d’échanges…en espérant se retrouver encore réunis d’ici peu pour une nouvelle manifestation massive comme celle d’aujourd’hui. Un petit reportage vidéo d’un gilet jaune laragnais présent à Forcalquier à voir ici

Même si la manif’ n’a connu qu’un bref moment offensif ce samedi, et que le rapport de force avec les flics n’a pas été renversé (alors qu’il y avait la place!), on pouvait vraiment sentir une colère et une détermination suffisamment partagées pour imaginer que les prochaines retrouvailles du même type pourraient déboucher sur des actions plus fortes, notamment si de petits groupes décidaient de s’organiser un minimum, comme on a pu déjà l’observer chez certains cette fois-ci. L’idée de faire changer la peur de camp en s’attaquant aux responsables du carnage social actuel (ministres, députés, grands élus, patrons…) partout où ils se trouvent, y compris dans leur « vie privée » semble se répandre parmi les participants au mouvement, conscients de la puissance d’une telle arme diffuse. A côté de ça, la dénonciation des violences policières était vraiment unanime, marquant sûrement un nouveau virage pour le mouvement (comparé aux premières semaines d’occupation dans les hautes-alpes où les flics étaient considérés comme protecteurs et soutiens des revendications des gilets jaunes…). Une couche supplémentaire a encore été mise le lendemain à Gap pour la marche des femmes contre les violences policières, où plus de 200 personnes ont continué d’appuyer là où ça fait mal à notre ami Castaner (un reportage vidéo ici), même si paraît-il que l’ambiance était moins offensive que la veille, avec un parcours et des interventions très cadrées et décidées d’avance…

Et ça continue ! A priori samedi 26 à Manosque pour une nouvelle grande manif’ des Alpes du Sud ?!

Un gilet jaune déter

PS : spéciale « dédicasse pourrie » au Daubé qui a repris mot pour mot le communiqué des flics de la préfecture sur les événements de Forcalquier : attention journalistes collabo, choisissez bien votre camp, on vous retrouvera !

Appel vidéo à la grève générale de Gilets Jaunes du diois

Appel des Gilets Jaunes de DIE – 21 janvier 2019


Appel à la grève générale des Gilets Jaunes du diois from gjd on Vimeo.

« Nous, Gilets Jaunes du rond-point de Die dans la Drôme, faisons les constats suivants après dix semaines de luttes:

Le refus du pouvoir exécutif, et donc de Macron, d’apporter une réponse politique immédiate aux revendications des Gilets Jaunes n’est en rien remis en question par l’organisation du Grand Débat National. Le Grand Débat National, ce grand cirque dans lequel le pouvoir choisit les questions, comme si en plus de deux mois il n’avait pas été capable de comprendre ce qui est écrit sur les tracts et pancartes des Gilets Jaunes, comme si en plus de deux mois il n’avait pas été capable de comprendre ce que des Gilets Jaunes ont tant répété dans les médias? Le Grand Débat National, ce grand cirque dont les réponses sont déjà fournies par le pouvoir qui a d’ores et déjà annoncé qu’il maintiendrait le cap des ses réformes et ne changerait pas de politique. Le Grand Débat National, ce grand cirque imaginé par les marionnettes de l’oligarchie ultra-libérale, est une pure imposture, une basse opération de communication, une campagne électorale qui ne dit pas son nom.

La seule vraie réponse apportée jusqu’à aujourd’hui est une féroce répression:
plus de 10000 interpellations
plus de 5600 garde-à-vue
plus de 1000 condamnations
plus de 2000 blessés
plus de 100 blessés graves, éborgnés, mutilés, brisés
et 12 morts dont l’un au moins est imputable aux armes utilisées par les forces de la répression

Depuis quelques jours, les amendes se multiplient dans une tentative de frapper au portefeuille le peuple en colère et de le réduire au silence quand les coups de matraque n’ont pas suffit.

Et pour demain, les pantins qui nous gouvernent pour le compte des milliardaires et des multinationales, nous annoncent la venue des interdictions de manifester, ce qui porte atteinte à un droit constitutionnel. Cette doctrine est issue de la gestion des hooligans dans les stades de foot. Mais nous, nous ne considérons pas que la politique, dont nous nous sommes emparé en descendant dans la rue et en occupant les rond-points, soit pareille à un spectacle sportif. Nous ne sommes pas des hooligans, nous sommes le peuple en colère qui exige justice et qui entend exercer sa souveraineté. Ces nouvelles dispositions, si elles devaient être traduites dans la loi, sont liberticides, anticonstitutionnelles et démontrent une fois de plus, une fois de trop, que nous ne vivons pas en démocratie. Le droit de manifester ne peut dépendre de l’arbitraire d’un pouvoir administratif.

Nous sommes effondrés d’apprendre que le Ministre de l’Intérieur, Castaner le joueur de poker, demande d’intégrer dans chaque unité de force de l’ordre 2 Binômes Observateur-Tireur équipés de fusils-mitrailleur HK G36. Qui est violent ? Qui est prêt à tirer sur le peuple non armé ?

Nous approuvons la stratégie d’organiser des manifestations préalablement déclarées pour permettre à tout un chacun de dire sa colère et ses revendications en toute sécurité.

Nous soutenons les actions ponctuelles de blocage des flux économiques ou de réappropriation de NOS autoroutes par la gratuité des péages.

Nous estimons important que des manifestations spontanées et impromptues continuent à avoir lieu. Elles participent au caractère insaisissable et irrécupérable du mouvement.

Mais nous sommes également conscient que nous devons élargir la palette de nos moyens d’action. Et puisque les directions syndicales semblent dormir, alors nous ferons avec elles comme avec nos pseudo-représentants: on les court-circuite et on le fait nous-mêmes !

C’est pourquoi nous appelons à propager partout l’appel à la Grève Générale du travail et de la consommation pour les 4, 5 et 6 février 2019.
Ils nous frappent ? Nous frapperont l’économie !
Ils nous amendent ? Nous amenderons l’économie !

Les 4, 5 et 6 février, on ne bosse pas, on ne consomme que le strict nécessaire et on commence à les mettre à genoux. GREVE GENERALE ! »