Grand enfumage national : le tyran Macron annoncé jeudi 24 janvier dans la Drôme à Valence pour un repas entre notables à la préfecture !

Destiné aux alliés du Pouvoir, aux naïfs et aux larbins de tout poil, le grand enfumage consultatif continue.

Le tyran en chef devrait venir souiller la Drôme par ses blablas en enfumages jeudi 24 janvier, pour un déjeuner entre notables.

Hélas, il y a aura toujours des gogos, des larbins LREM et divers élus qui seront là ravis de se faire servir la soupe à grosses louchers.
Ils préparent déjà leur gamelle, toujours prêts à montrer leur allégeance au régime.

- Sur fRance Bleu :

Il prévoit un déjeuner avec les préfets et les présidents d’associations d’élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les autorités se préparent à une visite du chef de l’État ce jeudi dans la Drôme. Emmanuel Macron serait accompagné d’un des deux ministres chargés du grand débat national : Emmanuelle Wargon ou Sébastien Lecornu.

Le chef de l’Etat serait attendu vers 12 heures à Valence. Il prévoit de déjeuner en préfecture avec une soixantaine de convives : les présidents des associations des maires dans les 12 départements de la Région, les présidents des maires ruraux, les 12 préfets de la Région et quelques élus.

Il est possible qu’Emmanuel Macron se rende également à Bourg-de-Péage, la ville de son ministre de l’agriculture Didier Guillaume. Le drômois l’accompagnera certainement dans son déplacement

  •  Débat national en présence du ministre de l’agriculture Didier Guillaume
    JEUDI 24 JANVIER A 16H30 à la Maison des associations François Mitterrand (2 avenue de Mindelheim – Bourg de Péage).
    Attention le nombre de places est limité : inscription obligatoire uniquement au 04 75 72 74 12 de 8h30 à 19h.
  • Voici ce qu’a publié le Daubé :
    Le président de la République poursuit ses déplacements en province dans le cadre du Grand débat national. Ce jeudi, Emmanuel Macron devrait venir à la rencontre des maires du territoire dans un cadre plus restreint que ces dernières interventions dans l’Eure et dans le Lot. C’est à la mi-journée ou en fin de matinée, d’après nos informations, que le président devrait gagner la Drôme, terre de Didier Guillaume, actuel ministre de l’agriculture.

Lire la suite sur le site Ricochets…

Feu la cabane du rond-point de Die

Dans la nuit du 18 au 19 janvier, vers 3h30 du matin, sur le rond point de Die occupé pacifiquement par les gilets jaunes depuis un mois, une quinzaine de personnes sortant d’un bar de la ville en état d’ébriété (dont le patron du bar), sont arrivées sur le rond point munies d’un bidon d’essence. Les trois occupants de la cabane (deux femmes et un homme) ont été agressés physiquement et verbalement et la cabane a été incendiée. Continue reading

Récit d’une soirée en jaune…et en colère

Vendredi 18, on s’était décidé à une petite bande de camarades à rejoindre le rassemblement commun des gilets jaunes gapençais et de quelques syndicats (CGT et FSU visibles) à l’occasion des voeux de la préfète des Hautes-Alpes aux « corps constitués » du département, c’est à dire grosso modo tout ce que le 05 compte d’uniformes au garde à vous (militaires, flics, pompiers…), de patrons influents (chambre de commerce et compagnie, MEDEF local, syndicats du BTP…), de politicards locaux et de hauts technocrates d’Etat et de diverses institutions du coin. Autant dire un bon ramassis de pourris qui chaque jour nous exploitent, nous gouvernent, nous humilient et nous répriment ! Et là ils se faisaient payer la galette et le champagne avec nos impôts ! Alors que toujours plus de pauvres crèvent la dalle ici et ailleurs, et que ceux n’ayant pas les bon papiers de naissance se font traquer par les flics à la frontière pas si lointaine et subissent le racisme d’Etat, parfaitement orchestré par cette même préfète des voeux du soir.

Evidemment, il n’y en a pas eu un parmis tout ce gratin pour daigner s’arrêter discuter avec les quelques dizaines de manifestants ammassés sur le parvis, tous révoltés par l’injustice sociale ambiante. Non, l’élite politique et économique du département, à l’image de celle du pays, s’est gentiment fait escortée par un bon cordon de flics pour aller se goinfrer et écouter la préfète déblatterrer sur les actions super efficaces de l’Etat dans le 05, vers toujours moins de services publics, plus de cadeaux pour les patrons et le BTP local, des petites et grosses magouilles entre amis de la même caste…et évidemment pour une répression sans faille de la populace locale qui doit forcément rester docile tandis qu’une minorité festoie sur son dos.  Bon, on n’est pas rentré pour écouter – de toute façon on avait nous aussi notre galette dehors, et puis les discussions étaient plus intéressantes que le monologue déprimant de la préfète – mais pour sûr que la préfète a du faire son lot de petites blagues (amères) sur les gilets jaunes pecno du coin, arrachant probablement quelques sourires ou rires convenus dans l’assistance acquise à sa cause (du mépris des classes populaires). On est quand même content de leur avoir un peu gâché leur petite sauterie avec le boucan de la sono juste derrière leur salle, même si avec un soupçon d’audace collective on aurait probablement pu s’inviter aux festivités…

Un  petit groupe de gilet jaunes a ensuite proposé de bouger sur le péage de la Saulce pour ouvrir les barrières, en ce soir de forte affluence de week-end de ski. Aussitôt dit aussitôt fait, on se retrouve une petite 20aine peu de temps après sur la barrière de péage, l’ouverture des barrières et le détournement des caméras se fait en 30s chrono, sous le regard des quelques gendarmes ruraux postés là pour « s’assurer que tout se passe bien » (sic)… faut dire que l’équipe locale squatte le péage Vinci tous les week-end depuis 2 mois… De belles pertes financières pour Vinci…et une revendication simple et efficace qui fait mouche auprès de tout le monde : récupérons les autoroutes privatisées après que nos parents et grands parents les aient déjà payées ! Un bon symbole du hold up permanent des groupes privés sur les ouvrages et services publics, avec la complicité active de l’Etat et des politicards qui le dirigent…

Et cette fois ci des banderoles (« notre colère est légitime – amnistie pour les inculpés », « désarmons la police », « soldes macron », etc.) et tracts intéressants, un repas partagé improvisé et animé, des concerts de klaxon de soutien (même si certains en bagnoles de luxe n’avaient vraiment pas besoin du coup de pouce financier au départ de leur week-end ski de bourges…), et de bonnes discussions sur l’état du mouvement, les besoins d’organisation et de coordinations entre les groupes, la plateforme de revendication communes, et tutti quanti jusqu’à tard dans la nuit. Manquaient seulement quelques boîtes de collecte de prix libre pour les caisses de solidarités aux inculpés du mouvement social ici et dans tout le pays…promis on y pense la prochaine fois…

Tout le monde se quitte en appelant aux prochains RDV du mouvement, samedi 19/01 à14h à Forcalquier pour une manif’ de masse 04-05, dimanche 20/01 10h à Gap pour la marche des femmes contres les violences policières, mardi 22/01 à 18h au local de la CGT à Gap (maison des habitants du centre ville, en face de la prison) pour une comission sur le RIC (à ce sujet, lire l’artcile critique de nos amis de Exploités Enervés des Cévennes)… le mouvement semble parti pour durer dans le département, car la colère ne re-descent pas malgré les tentatives d’enfumage de Macron et de sa clique ! Encore plus précieux, des liens et affinités fortes se sont tissés depuis 2 mois de lutte, des solidarités multiples ont vu le jour (en interne du mouvement et avec les habitants du coin) et la découverte de la puissance de l’action collective galvanise un bon paquet de gilets jaunes, plutôt habitués précédemment à l’atomisation sociale et politique propres à notre société moderne ultra invidualiste. Et tout ça n’est pas près de s’effacer…

Alors, comme scandé sous les fenêtres de la préfète, nous aussi on veut moins de rois et plus de galette !! On reviendra !

Appel des Gilets Jaunes de Montreuil en réponse à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

Article repris du site d’info ami de Paris lutte infos

Les gilets jaunes de Montreuil ont entendu l’appel de l’assemblée populaire de Commercy à se retrouver dans une grande assemblée des assemblées, une commune des communes, le 26 janvier prochain. Nous les remercions et leur répondons avec l’appel de Montreuil.

A Montreuil aussi, nous avons enfilé des gilets jaunes et nous nous sommes installés tous les jours en face du rond-point de Croix de Chavaux comme partout en France. Ça nous a permis de nous rencontrer autour d’une soupe, de débattre autour d’un brasero, de tisser des solidarités malgré des horizons très différents et de parvenir à sortir de l’isolement. Cela nous a aussi permis de rappeler que les banlieues parisiennes, comme à Pantin, à Saint-Denis, à Ivry, à Aulnay, ont bien rejoint le mouvement.

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Le gilet jaune est le symbole d’une révolte.
Il est bien trop tôt pour rentrer chez soi et il n’est pas trop tard pour en sortir !

Nous sommes révoltés à cause de l’humiliation et du mépris. L’extrême richesse de certains, la soif de pouvoir des politiciens, le saccage de la planète par les plus riches et les violences de l’État sont allés trop loin.

Les mains arrachées, les manifestants éborgnés, la jeunesse alignée à genoux, les milliers d’inculpés et les centaines d’incarcérés sont venus s’ajouter à la répression policière quotidienne exercée à l’encontre des quartiers populaires depuis des années. Nous n’oublions aucune victime du « maintien de l’ordre » et nous affirmons notre solidarité aujourd’hui comme demain.

On essaie comme toujours de séparer les « bons gilets jaunes » et les « casseurs ». 300 personnes qui s’affrontent avec la police pour défendre un rond point, c’est de l’autodéfense populaire et 3000 personnes qui attaquent des banques ou des ministères, c’est le soulèvement d’un peuple en colère !

Pour obtenir ce que nous désirons, ne tombons pas dans le piège des médias et du pouvoir en définissant des limites à notre mouvement.

Ni les miettes que nous propose le gouvernement, ni un « débat national » dirigé par lui-même, ni l’obtention du RIC n’arrêteront le magnifique moment qui est en train de s’ouvrir.

Certains doutent et ont peur de l’incertitude de l’après. Nous répondons que dans la façon dont s’organise la révolte des gilets jaunes nous avons déjà beaucoup de pistes pour vivre dans des territoires désirables.

Face à la révolte, la plus vieille des techniques du pouvoir est de nous diviser. Nous ne devons pas tomber dans ce piège.

Plutôt que le chacun pour soi, l’individualisme et la soif d’argent qui permettent le maintien de ce pouvoir, c’est la solidarité et le partage que nous avons à développer : Nous avons vu qu’ensemble nous sommes bien plus forts !

Nous savons bien que ceux qui privent les habitants de ce pays d’une vie digne ne sont ni les immigrés ni les exilés mais bien l’insolente richesse de certains et ce système injuste

Voilà pourquoi nous pensons que la différence ne doit pas constituer une frontière : ni la couleur de peau, ni le lieu de naissance, ni le genre, ni l’orientation sexuelle, ni la religion ne serviront de prétexte pour nous diviser. Nous devons être unis dans nos différence si nous voulons bâtir un monde plus juste et plus beau.

En Irak, Tunisie, Belgique, Kurdistan, Syrie, Japon, Hongrie, Espagne, Burkina Faso, Égypte, Angleterre, Maroc, Italie et dans bien d’autres endroits des gens mettent des gilets jaunes pour montrer leur colère : Notre révolte n’a pas de frontière !

Nous ne laisserons plus personne, qu’il soit président, maire ou « représentant » décider à notre place de nos conditions d’existence.

L’organisation par rond point, par quartier, par village, par commune nous permet de reprendre le contrôle de nos territoires et donc de nos vies.
C’est cela qu’il nous faut continuer et viser si nous voulons que les choses changent vraiment.

A Montreuil, nous lançons un « club gilets jaunes » à l’image de ce qui se faisait durant la Révolution Française où l’on se rencontrait dans des clubs d’éducation populaire. Car se réapproprier le savoir permet de nous rendre moins manipulables et de faire émerger une intelligence collective au service d’actions concrètes pour améliorer notre quotidien.
Nous appelons à la multiplication de ce genre de club sur tous les territoires.

Sans pour autant effacer la diversité et l’autonomie de nos organisations et initiatives locales nous pensons qu’il est important de nous lier et de nous rencontrer pour renforcer le mouvement des gilets jaunes.

C’est pour cela que nous serons présents à Commercy et que nous appelons depuis Montreuil à ce que des gilets jaunes de partout participent à l’assemblée des assemblées.

C’est le début d’une révolution qui veut construire une société plus digne et plus juste, pour nous et nos enfants. Nous nous arrêterons pas même si cela doit prendre 100 ans. Pour que le peuple décide lui-même de comment il veut vivre.

Entendez cet appel : continuons le début, prenons le chemin de la révolution !

Gilets jaunes – Revue de presse du 15 janvier par nos amis de Ricochet

RICOCHETS, média local diffusé (papier et site internet) dans la vallée de la Drôme qui vise la libre expression, ouvert à tout le monde, le plus largement possible.

 

Sélection d’articles, photos, dessins et vidéos et infos en lien avec le soulèvement en gilets jaunes, qui sera actualisée au cours de la journée du 15 janvier :

  • Macron à Grand Bourtheroulde : porter un gilet jaune ? 135 euros d’amendeLes gendarmes qui contrôlent l’entrée de la commune de Grand Bourgtheroulde ce mardi, jour de visite d’Emmanuel Macron, ont ordre d’exiger de ceux qui portent un gilet jaune qu’ils le retirent. Les personnes refusant d’obtempérer sont passibles de 135 euros d’amende a confirmé la gendarmerie à France-Soir. 1er jour du « débat » national, Le régime a une conception très …autoritaire de la libre expression !
  • Le « grand débat » lancé dans un département qui interdit les manifestations de Gilets jauneDepuis un mois, des arrêtés préfectoraux interdisent tout rassemblement des Gilets jaunes dans de nombreuses communes de l’Eure. C’est pourtant ce département que le président de la République a choisi pour lancer le « grand débat national ». Grand-Bourgtheroulde, la commune où il se rend cet après-midi, est frappée d’un arrêté semblable depuis… hier.
  • En 2017 déjà : L’ONU confirme que Macron menace gravement les droits de l’HommeDeux experts de l’ONU exhortent la France à mettre son projet de loi antiterroriste en conformité avec ses obligations internationales en matière de droits de l’homme.
  • Les gendarmes ont levé le blocage des Gilets jaunes devant une usine de Monsanto« Cette action a été décidée par les Gilets jaunes du Pays basque, des Landes et du Béarn, Peyrehorade n’étant pas loin de tous ces départements. Et comme ça nous parlait, les militants écologistes se sont joints. On n’est n’est pas à notre première convergence »
  • Gilets jaunes : le décompte des blessés gravesAprès l’acte IX marqué par onze nouveaux cas, Checknews compte désormais, au 14 janvier, 93 blessés graves parmi les gilets jaunes et les journalistes, dont 68 par des tirs de lanceur de balle de défense. Au moins treize victimes ont perdu un oeil.
  • Gilets jaunes à Bordeaux : un homme placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPNOlivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants, a été blessé samedi lors de la manifestation à Bordeaux à l’angle de l’Apple Store rue Saint-Catherine. Sa femme témoigne. Le préfet a saisi ce lundi la police des polices
  • « Je n’aurai pas perdu ma main pour rien » : le jeune Bayonnais blessé manifeste encore à Bordeaux – Le jeune Bayonnais manifeste aujourd’hui, à Bordeaux, avec les gilets jaunes. Cela un mois après qu’une grenade lacrymogène lui a arraché la main droite.
  • Gouvernement Philippe : le recasage des membres de cabinet commenceCes derniers jours, trois membres de cabinet, notamment à Matignon, ont été discrètement bombardés à de beaux postes. Signe d’une fin de règne annoncée d’Edouard Philippe ?
  • « Cela va vraiment être très violent » : des agents de Pôle emploi réagissent aux sanctions contre les chômeursLa loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi. Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.« Nous ne somme pas là pour sanctionner et radier les gens, nous sommes là pour accompagner les personnes en recherches d’emplois et calculer leurs allocations au plus juste. »
  • Matraquage d’un Gilet jaune de 55 ans à Bordeaux : que s’est-il passé ? (VIDEOS)Le matraquage d’un homme par un membre des forces de l’ordre entouré de ses collègues a été filmé à Bordeaux, le soir de l’acte 9. Pour comprendre la situation, RT France a contacté la personne ayant partagé la vidéo et le commissariat de la ville.
  • Céline Roy, l’ex-porte parole des gilets jaunes de Vesoul placée en garde à vue – L’ancienne porte-parole des gilets jaunes de Vesoul, Céline Roy, est placée en garde à vue ce mardi matin. Elle est entendue pour outrage au Préfet dans une vidéo postée sur Internet pendant le mouvement. Céline Roy a déjà été condamnée par la justice après un blocage.
  • Marlène Schiappa reçoit une leçon de marxisme de son pèreJean-Marc Schiappa, militant trotskiste, a publié un texte sur Facebook visant sa fille et ses références à l’auteur du « Capital ».

Blessé gravement par la police de Castaner {JPEG}# C’est avec l’accord de Benjamin, 23 ans, que nous publions cette photographie prise place Pey Berland par un photographe du collectif présent sur les lieux. Benjamin a été victime d’un tir au visage alors qu’il marchait le long du bâtiment.
Nous vous partageons ici les renseignements communiqués par ses proches afin qu’ils obtiennent des témoignages.
« Il s’appelle Benjamin, 23 ans, de passage à la manif, n’a pas participé ni au défilé, ni à aucun face à face avec les forces de l’ordre. Se trouvait juste là au mauvais moment. Il a passé 6 heures au bloc, les chirurgiens lui ont indiqué qu’il restait des possibilités que son œil ne soit pas totalement mort, mais qu’il fallait entre 4 et 6 mois avant de faire un diagnostic définitif sur sa vision. Il était fraichement arrivé sur Bordeaux pour suivre sa compagne qui poursuit des étude de droits, lui est, plutôt était (…) un ouvrier qualifié en soudure avec plusieurs années d’expériences malgré son jeune âge. Il a commencé à travailler en alternance à 15 ans (alors pour le côté « faites des efforts »…) et maintenant sa vie professionnelle est terminée, sa vie ne sera plus jamais la même, son handicap le poursuivra toute sa vie. »
Il est confirmé à cette heure que Benjamin à définitivement perdu l’usage de son œil droit !

Travail – Famine – Pâtes-riz

 

Jaune : le journal pour gagner

Le journal

Jaune est un état d’esprit. Celui de la détermination. Après deux mois de lutte, on a ressenti le besoin de porter clairement les positions de la victoire au sein d’un mouvement qui ne manque pas de VRP en tout genre pour nous vendre les solutions de la défaite clé en main. Ces gens-là ont des forces, ils ont des thunes, des moyens de propagande, et on se retrouve parfois séduits par leur mirage, souvent étouffés dans leur proposition. Ce constat, on l’a retrouvé dans plusieurs villes de France et c’est à partir du partage d’expériences qu’on a lancé le journal. Nous voulions faire exister les positions de la victoire, les assumer et permettre leurs discussions. En parallèle du journal papier dont la publication dépend de nos capacités financières logiquement maigres, nous tenons un journal en ligne jaune.noblogs.org sur lequel nous publierons les différentes contributions qui vont dans le sens de l’extension et l’approfondissement du mouvement. Nous les publierons ensuite dans la prochaine édition. Pour nous faire parvenir vos impressions, vos récits, vos analyses, pour nous soutenir financièrement, pour commander des journaux, vous pouvez écrire à lisezjaune@riseup.net 

Edito de Jaune N°1 :

Gagner. Cela peut paraître ambitieux pour celui qui n’a pas participé au mouvement des Gilets Jaunes. Les voitures tournent à l’essence, nous on carbure à l’ambition. Depuis le 17 novembre, nous sommes des centaines de milliers à passer à l’action. On se rencontre sur les ronds-points, on s’organise pour bloquer l’économie, on se défend ensemble contre la police en manifestation. On n’a jamais vu une telle détermination des « gens de rien » depuis des lustres. Et on ne compte pas s’arrêter là. Ce journal, c’est pour ça. C’est pour continuer. Et surtout, c’est pour gagner. Mais gagner quoi ? Ou plutôt jusqu’où ? Personne n’est en mesure d’y répondre mais nous prenons le parti de ne pas brider nos ambitions. Nous sommes pour l’extension et l’approfondissement du mouvement, contre une vie trop chère pour être vécue. Qu’il rentre dans le quotidien de tous les gens qui galèrent dans ce pays. Qu’il déborde des frontières de la France sans aucune modération, comme c’est déjà le cas en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en Irak, au Soudan etc.

Pour cela, le mouvement n’a pas besoin de direction. Bien au contraire, ce que les politiciens appellent « orientation », qu’elle soit nationaliste, confusionniste, citoyenniste ou raciste, c’est une façon de canaliser la révolte, d’en écraser certains avant d’écraser tout le monde, pour que les bourges continuent à se gaver. Dans ce journal, on cherche plutôt à savoir comment on peut rendre ce mouvement moins contrôlable et plus fort qu’il ne l’est déjà. Comment on développe des solidarités avec tous les prolos sans exception pour tenir ensemble contre cette vie misérable ? On y discute des stratégies de lutte, comme la grève ou encore le blocage, mais aussi des manœuvres ennemies, en particulier de la répression qui nous frappe et de la réponse pratique qu’on doit fournir pour ne laisser personne sur le carreau.

On voit la presse, la classe politique et les patrons s’époumoner pour diviser le mouvement. Ils crient « casseurs », « violence », « terroristes ». Ils n’ont que ça à la bouche pour nous dissuader de lutter, et ce qui est magique, c’est que leur tour ne fonctionne pas. On ne va pas pour autant dire que tout est rose dans ce qu’on vit depuis deux mois. L’engagement est exigeant, les vautours sont à l’affût, nos galères de fin de mois sont toujours là et l’horizon qu’on nous promet ressemble à un film apocalyptique. Nous refusons ce futur et c’est pour cette raison qu’on bricole les moyens d’en finir. On en propose quelques uns dans les pages qui suivent. Jaune, le journal pour gagner.

Vous pouvez télécharger la version papier qu’on diffuse en cliquant ici : Jaune#1 (web)

Appel des gilets jaunes de Commercy à des assemblées populaires partout

REFUSONS LA RÉCUPÉRATION ! VIVE LA DÉMOCRATIE DIRECTE ! PAS BESOIN DE «REPRÉSENTANTS» RÉGIONAUX !

Depuis près de deux semaines le mouvement des gilets jaunes a mis des centaines de milliers de personnes dans les rues partout en France, souvent pour la première fois. Le prix du carburant a été la goutte de gasoil qui a mis le feu à la plaine. La souffrance, le ras-le-bol, et l’injustice n’ont jamais été aussi répandus. Maintenant, partout dans le pays, des centaines de groupes locaux s’organisent entre eux, avec des manières de faire différentes à chaque fois.

Ici à Commercy, en Meuse, nous fonctionnons depuis le début avec des assemblées populaires quotidiennes, où chaque personne participe à égalité. Nous avons organisé des blocages de la ville, des stations services, et des barrages filtrants. Dans la foulée nous avons construit une cabane sur la place centrale. Nous nous y retrouvons tous les jours pour nous organiser, décider des prochaines actions, dialoguer avec les gens, et accueillir celles et ceux qui rejoignent le mouvement. Nous organisons aussi des «soupes solidaires» pour vivre des beaux moments ensemble et apprendre à nous connaître. En toute égalité.

Mais voilà que le gouvernement, et certaines franges du mouvement, nous proposent de nommer des représentants par région ! C’est à dire quelques personnes qui deviendraient les seuls «interlocuteurs» des pouvoirs publics et résumeraient notre diversité. Mais nous ne voulons pas de «représentants» qui finiraient forcément par parler à notre place !

À quoi bon ? À Commercy une délégation ponctuelle a rencontré le sous-préfet, dans les grandes villes d’autres ont rencontré directement le Préfet : ceux ci-font DÉJÀ remonter notre colère et nos revendications. Ils savent DÉJÀ qu’on est déterminés à en finir avec ce président haï, ce gouvernement détestable, et le système pourri qu’ils incarnent ! Et c’est bien ça qui fait peur au gouvernement ! Car il sait que si il commence à céder sur les taxes et sur les carburants, il devra aussi reculer sur les retraites, les chômeurs, le statut des fonctionnaires, et tout le reste ! Il sait aussi TRÈS BIEN qu’il risque d’intensifier UN MOUVEMENT GÉNÉRALISÉ CONTRE LE SYSTÈME !

Ce n’est pas pour mieux comprendre notre colère et nos revendications que le gouvernement veut des «représentants» : c’est pour nous encadrer et nous enterrer ! Comme avec les directions syndicales, il cherche des intermédiaires, des gens avec qui il pourrait négocier. Sur qui il pourra mettre la pression pour apaiser l’éruption. Des gens qu’il pourra ensuite récupérer et pousser à diviser le mouvement pour l’enterrer. Mais c’est sans compter sur la force et l’intelligence de notre mouvement. C’est sans compter qu’on est bien en train de réfléchir, de s’organiser, de faire évoluer nos actions qui leur foutent tellement la trouille et d’amplifier le mouvement !

Et puis surtout, c’est sans compter qu’il y a une chose très importante, que partout le mouvement des gilets jaunes réclame sous diverses formes, bien au-delà du pouvoir d’achat ! Cette chose, c’est le pouvoir au peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est un système nouveau où «ceux qui ne sont rien» comme ils disent avec mépris, reprennent le pouvoir sur tous ceux qui se gavent, sur les dirigeants et sur les puissances de l’argent. C’est l’égalité. C’est la justice. C’est la liberté. Voilà ce que nous voulons ! Et ça part de la base ! Si on nomme des «représentants» et des «porte-paroles», ça finira par nous rendre passifs. Pire : on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent. Ces soi-disant «représentants du peuple» qui s’en mettent plein des poches, qui font des lois qui nous pourrissent la vie et qui servent les intérêts des ultra- riches ! Ne mettons pas le doigt dans l’engrenage de la représentation et de la récupération. Ce n’est pas le moment de confier notre parole à une petite poignée, même s’ils semblent honnêtes. Qu’ils nous écoutent tous ou qu’ils n’écoutent personne !

Depuis Commercy, nous appelons donc à créer partout en France des comités populaires, qui fonctionnent en assemblées générales régulières. Des endroits où la parole se libère, où on ose s’exprimer, s’entraîner, s’entraider. Si délégués il doit y avoir, c’est au niveau de chaque comité populaire local de gilets jaunes, au plus près de la parole du peuple. Avec des mandats impératifs, révocables, et tournants. Avec de la transparence. Avec de la confiance. Nous appelons aussi à ce que les centaines de groupes de gilets jaunes se dotent d’une cabane comme à Commercy, ou d’une «maison du peuple» comme à Saint-Nazaire, bref, d’un lieu de ralliement et d’organisation! Et qu’ils se coordonnent entre eux, au niveau local et départemental, en toute égalité ! C’est comme ça qu’on va gagner, parce que ça, là haut, ils n’ont pas l’habitude de le gérer ! Et ça leur fait très peur. Nous ne nous laisserons pas diriger. Nous ne nous laisserons pas diviser et récupérer.

Non aux représentants et aux porte-paroles autoproclamés ! Reprenons le pouvoir sur nos vies ! Vive les gilets jaunes dans leur diversité ! VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, POUR LE PEUPLE !

Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous sur giletsjaunescommercy@gmail.com et coordonnons-nous sur la base d’assemblées populaires et égalitaires !

Gilets jaunes et marche pour le climat : retour sur la journée du 8 décembre à Gap

Samedi 8 décembre a été un mouvement fort de mobilisation à Gap. Le matin les gilets jaunes de Tokoro et du rond point du Sénateur ont convergé vers le centre ville pour manifester en scandant « Macron démission » ou « Macron en prison ». Ensuite le passage sur la place Ladoucette a été l’occasion de rendre le parking gratuit. Des gilets jaunes « organisateurs » étaient en contact avec la préfecture, ce qui donnait aux policiers un moyen de pression sur la conduite de la manifestation. Ainsi un manifestant s’est vu emmené au poste de police après que des gilets jaunes l’aient pris à partie en l’accusant d’être extérieur au mouvement.

Une interview d’un camarade détaillant la stratégie des flics pour faire pression sur les organisateurs et trier les gilets vraiment jaunes et les autres :

L’après-midi, une marche pour le climat a fait le tour du centre ville. Un certain nombre de gilets jaunes étaient présents. Quelques murs de la ville ont été égayés avec le slogan « 80 milliards pour le climat sont dans les paradis fiscaux ». Une tentative des flics d’interpeler un manifestant s’est soldée par un échec, des soutiens s’étant interposés pour le protéger. Une partie du cortège a ensuite suivi l’avenue d’Embrun pour rejoindre les gilets jaunes à Tokoro. Preuve que la tentative de faire payer aux pauvres via les taxes sur les carburants les conséquences de décennies de politique pro-bagnole n’était pas non plus populaire parmi les manifestants de la marche pour le climat. Il y a eu un blocage de l’entrée du Géant Casino quelques dizaines de minutes, mais les vigiles ainsi que la police, jouant son rôle de milice du Capital, sont intervenus.

Les medias dominants et le pouvoir en place redoublent d’efforts pour saper le mouvement (répression policière jamais vue depuis des décennies, stratégie de la peur (« des gens viennent [aux manifestations] pour tuer »), tentative de circonscrire le mouvement à la seule question des taxes alors que le mécontentement est beaucoup plus large). En effet les raisons de la colère ne manquent pas : salaires qui stagnent alors que les profits explosent, loi sur le secret des affaires pour protéger les patrons qui magouillent, ordonnances travail pour nous virer sans rendre de compte, cadeaux fiscaux aux riches (CICE, ISF supprimée)…

Après trois semaines de mouvement social, force est de constater que Macron et ses sbires ne sont prêts à lâcher que des miettes. Restons mobilisés et continuons la lutte ! Organisons-nous collectivement !

Autour de Gap, les ronds-points de Tokoro (direction Briançon), du Sénateur (direction Valence) et le péage de la Saulce sont occupés. Dans les Bouches-du-Rhône, on peut suivre la mobilisation sur le site https://www.mars-infos.org