Déconfinons la solidarité à partir du 11 mai !

Rassemblements et Discussions le 11 mai à 20h devant les hôpitaux de Sisteron, Laragne, Gap, Embrun et Briançon

MAJ : Rassemblements reconduits lundi 18 mai à 20h! 

en prenant soin de nous protéger : masques, distances physiques…

Suite au succès de la mobilisation du 1er mai à Gap (et ailleurs), tant en terme de collecte alimentaire pour les habitant-e-s du CESAÏ à Gap (squat d’hébergement de SDF et d’exilé-e-s), que de détermination collective à briser un confinement autoritaire et souvent absurde, nous ne comptons pas en rester là !

Aujourd’hui, le plan de déconfinement imposé par Macron et sa clique de patrons est inexistant et surtout dangereux pour nous toutes et tous !

Dangereux tout d’abord pour les 1ers de corvée (soignant-e-s, caissier-e-s, ouvrier-e-s, livreurs, postier-e-s…) qui devront continuer à « aller au front » du travail sans beaucoup plus de protections que pendant le confinement, risquant encore la contamination puis celles en cascades de leurs familles, ami-e-s…

Dangereux également pour les personnes les plus vulnérables vis à vis du virus, forcées de s’isoler encore plus chez elles de peur d’une contamination sous une forme grave.

Sans oublier la réouverture chaotique et à marche forcée des écoles, avec des directives gouvernementales intenables qui engendrent stress et traumatismes chez les enfants, leurs parents et les enseignant-e-s.

Le tout avec une bonne dose de rabotage des libertés individuelles et collectives, sous un état d’urgence sanitaire qui ne vise qu’à garantir l’ordre social avant tout, pour la prospérité économique de quelques-uns uniquement.

Alors que notre système de santé et nos hôpitaux sont à bout de souffle !

La faute à qui ? Après 20 ans de coupes budgétaires, courses à la rentabilité, diminution du nombre de soignant-e-s et déshumanisation de l’hôpital, notre système de santé est aujourd’hui incapable de réellement prendre soin de toutes les personnes qui en ont besoin, et encore plus en ces temps d’épidémie de coronavirus. Et pourtant, toujours aucuns moyens conséquents ne sont débloqués sur le moyen terme pour inverser la tendance ! Macron préfère sauver Air France (7 milliards d’un coup de baguette magique !) et d’autres multinationales de la pollution plutôt que nos poumons !

DU FRIC ET DE L’HUMAIN POUR L’HÔPITAL ET LES EPHAD !!

En écho aux multiples appels de soignant-e-s, dont le fameux « BAS LES MASQUES », nous appelons à remettre le soin et la solidarité au centre de nos préoccupations fondamentales, partout et dès maintenant !

Sans attendre un quelconque changement de la politique d’État tristement gestionnaire, qui s’achemine vers une santé déshumanisée et réservée aux plus riches. Au contraire, nous savons que nous avons collectivement les compétences, l’intelligence, l’empathie et l’envie pour prendre en main directement et à l’échelle de nos territoires de vie (quartier, village, vallée…) ce pan essentiel de notre existence qu’est la santé, sur une base de solidarité totale.

Ainsi, nous appelons, à partir de ce lundi 11 mai – acte I du déconfinement – à se regrouper collectivement (à bien plus que 10 personnes si possible !) devant les centres de soin de nos territoires de vie (hôpitaux, dispensaires de quartier, centres de soin ruraux, etc.) pour discuter, prendre confiance, puis s’organiser et agir pour déconfiner la solidarité !

Plusieurs manifestant-e-s du 1er mai, habitant-e-s de Gap et des environs

 

Le tract en Pdf ici : 11_mai

Bas les masques ! Un appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire !

Appel repris depuis le site https://mars-infos.org

 

Nous sommes des soignant.e.s et professionnel.le.s de la santé d’horizons divers. Bouleversé.e.s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! » Nous disons stop aux mensonges, à l’hypocrisie et au cynisme du gouvernement !

 

Nous lançons un appel à tous nos collègues professionnel.le.s de santé et du médico-social qui partent travailler la boule au ventre.
Un appel aux « travailleurs et travailleuses essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée », qui sont exposé.e.s pour faire tourner la machine.
Un appel à toutes les personnes qui n’en peuvent plus de cette gestion de crise calamiteuse, de ce qu’elles endurent depuis des années, d’un système économique, politique et social désastreux.

Retrouvons-nous dès maintenant pour construire un mouvement populaire. Partout, nous devons nous organiser sans attendre un « après-crise » illusoire. Sans cela, les perspectives sont sombres.

L’endettement des États aujourd’hui servira de justification aux politiques d’austérité de demain. Ces mêmes politiques qui ont déjà broyé nos services publics et nos systèmes de santé, d’éducation et de justice. Au prétexte de l’état d’urgence sanitaire, des mesures seront mises en œuvre au service de la surveillance généralisée, du tout sécuritaire faisant infuser dans les esprits la peur, le repli et la stigmatisation.

Alors construisons ensemble dès aujourd’hui, des lendemains heureux. L’avenir sera ce que nous déciderons d’en faire ! Le « monde d’après » nous le voulons juste, centré sur l’intérêt du plus grand nombre et non sur la recherche du profit au bénéfice de quelques uns.
Face à la crise actuelle, nos objectifs prioritaires sont clairs :

  • Nous exigeons que des moyens urgents soient immédiatement réunis pour faire cesser la pénurie d’équipements de protection.
  • Nous exigeons des mesures d’urgence pour une vie digne pour les plus vulnérables.
  • Nous exigeons que les aides financières octroyées avec l’argent public aillent en priorité à nos services publics et que tous les professionnels essentiels à notre société soient enfin rémunérés à leur juste valeur
  • Nous voulons mettre fin à ce système qui broie les vies au nom du profit, et construire ensemble une société plus juste, plus équitable, un monde où le soin et la solidarité seront enfin des fondamentaux.

Les actions que nous proposons, pour le moment, sont simples :

  • À tous les professionnel.le.s de santé, du médico-social et du social qui se reconnaissent dans cet appel : rejoignez-nous, partagez vos témoignages.
  • À tou.te.s les travailleurs.euses « essentiel.le.s », aux « premier.e.s de corvée » qui font tourner la machine : rejoignez-nous également, partagez vos témoignages, construisons un mouvement large au-delà de nos secteurs.
  • À toutes et tous : faisons de chaque mardi une journée de mobilisation à nos fenêtres pour la défense d’un système de santé plus juste, et l’avènement d’un « monde d’après » égalitaire (concert de casseroles, banderoles, etc). Et continuons de déposer des plaintes en justice (plaintecovid.fr).

Sortons de l’isolement et retrouvons-nous (sur les réseaux sociaux dans un premier temps).
Partageons nos témoignages, nos idées, nos actions. Organisons-nous pour construire un grand mouvement populaire !

« Bas les masques ! » n’est affilié à aucun parti, aucun syndicat, aucune organisation préexistante.

Ça n’est pas un collectif figé et délimité, mais une initiative plurielle ouverte à tous et toutes.
N’hésitez pas à la diffuser partout autour de vous !
Pour rejoindre l’initiative « Bas les masques ! »

Un 1er mai déconfiné et dans la rue à Gap !

Malgré les semaines de confinement et la répression qui va avec, sous une pluie continue, nous étions une bonne centaine à nous rassembler ce vendredi 1er mai à Gap devant la préfecture des Hautes-Alpes pour déconfiner la solidarité et agréger les colères qui montent de toute parts contre la clique des gouvernants macroniens, leurs potes patrons bourgeois et leurs meutes policières. Avec l’absence remarquée de l’intersyndicale qui a préféré rester bien au chaud (en appelant à des mobilisations de balcons) plutôt que de prendre le risque (sic) de manifester pour de vrai…

Peu importe, après une collecte de nourriture très réussie en faveur des habitant-e-s du Césaï (squat d’hébergement de personnes sans domicile, majoritairement des exilé-e-s), nous sommes parti-e-s manifester dans les rues quasi désertes de Gap, en faisant plusieurs arrêts symboliques devant l’hôpital (aux cris de « du fric pour l’hopital »), la bourse du travail, la prison (où les conditions d’enfermement ont été encore un peu plus dégradés en temps de confinement avec l’interdiction des parloirs notamment) et le commissariat (duquel sont sortis quelques gros bras cagoulés – covid oblige – de la BAC, toujours prêts à provoquer et cogner dans l’impunité). Le cortège est ensuite retourné à la bourse du travail pour un apéro bien mérité (mais sans les merguez de la cégète aux abonnées absents…). Encore un point positif,  aucune arrestation ou PV n’est à déplorer, en tout cas à l’heure où nous écrivons ces lignes… même si les pseudo-journaleux de d’ICI TV – absents – reprennent un communiqué des flics parlant de la verbalisation de 6 organisateurs fauteurs de troubles…sans aucun contrôle trop fort ! Comme quoi en étant un peu malins-malignes (avec une attestation qui va bien…) et en faisant groupe, on arrive à contourner leur répression omniprésente !

Côté ambiance, l’atmosphère était bien déterminée : des banderoles de toute parts, beaucoup de slogans dans l’air et sur les murs, du désormais traditionnel « on est là, on est là, même si Macron ne veut pas… », aux plus nouveaux « déconfinons la solidarité », « 1er de cordée 1er pendu », « covid-ons les prisons », en passant par les classiques « tout le monde déteste la police », « à bas l’enfermement » et « Grève Sabotage Autogestion »… Le tout entrecoupé de chants inspirés lancés par nos ami-e-s de la CAB (chorale autogérée du Buëch), et notamment une belle reprise de la chorale des canulars (Lyon) en réécoute ci-dessous :

Ambiance déterminée… et surtout joyeuse à l’idée de briser collectivement ce confinement autoritaire et souvent absurde, d’autant plus un jour symbolique comme le 1er mai (commémoration de la mort de militants anarchistes à Chicago en 1886 et devenue depuis journée internationale de lutte des travailleurs-euses). Tout en assumant que nous étions suffisamment responsables pour organiser nos propres « gestes barrière » contre le risque de l’épidémie du coronavirus, en portant masques et gants (pour une fois que c’est encouragé en manif’ !), sans pratiquer d’embrassades, etc. Et en rappelant que nous nous méfions des injonctions strictes et arbitraires venues d’en haut, sauf peut être celle de bien se distancer d’un maître…

Et on va pas s’arrêter là ! RDV dans la rue dès le déconfinement pour montrer notre envie de vivre et faire payer les pots cassés de la crise en cours à ceux qui en sont vraiment responsables !

 

Et un petit florilège des photos du cortège :

 

Avec une mention spéciale aux flics qui – semble-t-il – n’ont pas bien compris ce qu’il leur reste à faire :

Pour un 1er mai solidaire

Retrouvons-nous devant la Préfecture de Gap à 10h30

  • À 10h30, une collecte alimentaire sera organisée en solidarité avec les habitante·s du Césaï1. Apporter en priorité : riz, huile, sardines, œufs, oignons, sauce tomate, produits d’hygiène (savon, shampoing).

  • Nous partirons ensuite manifester : ne nous résignons pas face aux attaques de l’État et du patronat sur nos conditions d’existence (liberté, écologie, travail, services publics)

Tout ceci, en prenant soin de nous protéger : amenons des masques et gardons les distances physiques, car nous ne sommes pas tou·te·s égaux face au virus.

Vous pouvez nous rejoindre avec des denrées, en cochant la case de l’attestation : « Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants ».

Les temps sont durs. Utilisant l’épidémie de coronavirus, le gouvernement passe en force et accélère ses plans : renforcement des inégalités, dégradations des conditions de travail, extension du contrôle et de la répression. Les choix autoritaires du gouvernement, nous les subissons tou·te·s, mais certain·e·s de plein fouet. Les conséquences ne sont pas les mêmes pour les habitant·e·s des quartiers populaires, pour les femmes, les personnes handicapées, les enfants, les précaires, les enfermé·e·s, les personnes âgées, les personnes qui subissent le racisme, pour les prolétaires. Attestation de déplacement ou non, c’est bien souvent à la tête du client·e que les amendes sont distribuées. C’est avant tout la police qui décide de la légalité des motifs attestés. C’est toujours les mêmes qui paient de leur vie, de leur corps, et de leur psychisme.

La solidarité, le commun, ne sont pour les gouvernants que des fétiches, des mensonges agités pour nous calmer, pour continuer de nous imposer leur monde, leurs profits.

On est encore là ! Nous n’avons pas attendu que l’État nous y autorise pour exprimer notre solidarité et agir concrètement, comme nous n’attendrons pas son aval pour reprendre les luttes, les initiatives, pour construire ce qui nous semble juste et pour affronter ce qui nous détruit.

Nous le faisons depuis bien longtemps, au côté de celles et de ceux avec qui nous partageons un monde commun.

Nous appelons, à déconfiner la solidarité et à l’exprimer joyeusement dans les rues de Gap mais aussi partout ailleurs !

Décorons les murs, les balcons, diffusons cet appel ou d’autres, rejoignons les initiatives de luttes et de solidarité qui s’organisent, et cela à trois, à cinquante ou à des centaines de milliers.

Dans d’autres lieux des manifestations se préparent : à Montreuil, à Paris, mais aussi par-delà les frontières…

1. Le Césaï est un bâtiment occupé en centre ville de Gap depuis Octobre 2018, où habitent de nombreux·ses personnes exilées ou sans domicile.

Le PDF pour impression est ici :

Actions le 23 et 24 Janvier

 65% CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES,

65% DANS LA RUE !!!

Deux journées d’actions pour continuer à mettre la pression.

  RDV

Jeudi 23  -18h devant la préfècture pour les flambeaux de la colère

Vendredi 24  -15h devant la prefecture

                         -18h à l’impro pour un concert de soutient aux grévistes

 

3 jours pour amplifier la mobilisation

L’intersyndical 05 appelle au nécessaire élargissement de la mobilisation et de la grève ainsi qu’a une participation massive à toutes les actions et initiatives organisées les 9, 10 et 11 janvier 2020

Jeudi 9 janvier :

  • Casse croûte dès 12h00 à la préfecture, puis manif à 14h00

Vendredi 10 janvier :

  • Rendez-vous à 11h30 à la préf, suivi d’une action

Samedi 11 janvier :

  • RDV à 13h00 à l’hôpital de Gap

  • 14H00 à la préfecture puis manif (suivi d’un concert plus film)

TOUTES ET TOUS DANS L’ACTION,

POUR UNE RETRAITE JUSTE ET SOLIDAIRE,

NOUS GAGNERONS !

Week end contre les frontières et les déportations

Week-end d’évènements contre la frontière !

SAMEDI 11 JANVIER
RASSEMBLEMENT AU CPR DE TURIN (CORSO BRUNELLESCHI)
RDV A 14h30 PIAZZA CASTELLO, AMENE TON VELO !
Rdv à 16h devant le mur du CPR à l’angle du cours Brunelleschi et de la Via Monginevro.
En cas de pluie, rdv à 15h Piazza della Repubblica au niveau du portique devant le kiosque.

DIMANCHE 12 JANVIER
JOURNEE A LA FRONTIERE
RDV A 11h DEVANT L’EGLISE DE CLAVIERE, AMENE TA LUGE !
REPAS PARTAGE

Les frontières intérieures se multiplient et se perfectionnent. Des rafles, des caméras de reconnaissance faciale,interdiction de territoire, lois de sécurisation.
Les murs extérieurs ne font qu’augmenter : des frontières économiques et sociales créées pour sélectionner, contrôler, exploiter. Des frontières composées de gardes, de documents, avec une marée d’argent européen.
L’UE devient de plus en plus une forteresse, avec des murs extérieurs construits directement en Afrique, et des systèmes de sélection et d’expulsion de plus en plus sophistiqués.
En attendant, de nouveaux CRA s’ouvrent en Italie, des centres permanents de rapatriement. Des prisons où les rébellions ne s’arrêtent jamais. Il y a deux semaines, les prisonniers du CPR de Bari ont brulé la prison et depuis elle est fermée. A Turin, les révoltes sont quotidiennes. Mais le décret Minniti a sanctionné la naissance de nouvelles lagers, et le nouveau CRA de Gradisca a déja commencé a fonctionner. Puis ce sera le tour du CPR de Macomer, en Sardaigne. Et les CPR de Milan et de Modène sont attendus.

En Valsusa, à la frontière franco-italienne, les personnes sans le « bon document » continuent d’être bloquées et persécutées par les différentes polices. Chasse à l’homme dans la neige, contrôles racistes dans les villes et sur les moyens de transport. Pendant ce temps, ces mêmes montagnes sont traversées par des milliers de touristes, de sorte que la frontière n’existe pas.
Invisibiliser, taire et réprimer sont les mots clés autour desquels se retrouvent les gardiens et les acteurs du tourisme.
Brisons l’indifférence de ces pistes !

Pour un monde sans frontières ni autoritarisme.

PS : ces derniers temps les personnes encagées au CRA de Turin ont réussi à briser une partie de leurs chaînes en incendiant leur geôle : cf https://www.passamontagna.info/?p=1275&lang=fr

Fin de semaine offensive à Gap

Ca a commencé jeudi matin avec une manifestation devant le Pôle Emploi de Gap, pour dénoncer la réforme du chômage et la baisse des allocations pour pas loin d’un million de personnes (voir l’appel ici). En plus de la baisse de leurs allocations, c’est aussi une baisse de leurs cotisations retraite que les chômeurs subissent !

Justement, l’après midi nous étions autour de 3000 dans les rues pour défendre les retraites et contrer le projet de Macron de niveller les retraites vers le bas. Une foule qu’on avait pas vue dans les rues de Gap depuis longtemps ! Quelques messages ont été peints sur les murs de la ville, qui le temps d’une journée ont porté un peu autre chose que la propagande du monde spectaculaire-marchand. Les baqueux ont voulu interpeller les décorateurs, qui ont bénéficié de la solidarité des manifestants pour remettre à leur place la police / milice du Capital, et ont pu s’esquiver en douce.

Le cortège s’est terminé devant la prefecture, où nous avons établi une occupation.

Nous avons tapissé la préfecture de paille et carton, dormi sur la paille (autant s’entraîner à ce que nous propose le Mac Rond), fait un Macron en carton (ce qui réchauffe quand il brûle). Tenir le feu est essentiel dans la froideur, il rassemble autour de soi.

La prefecture a été squattée par de la populace à la rue, barrée d’un immense slogan : Quand tout sera privé on sera privé de tout, le projet des boulimiques de la thunes qui nous mènent au chaos…

Le matin nous avons construit une cabane devant la pref’…

avant d’être délogés l’après-midi par les CRS.

Quelques messages ont aussi égayé la façade terne de la prefecture…

NE BAISSONS PAS LA GARDE !

RENDEZ VOUS LE 10 DECEMBRE A 14h POUR UNE NOUVELLE MANIF !

 

Le 5 décembre à Gap, chômeuses et chômeurs dans la partie !

Chômeuses et chômeurs en grève !

Saisonnières, chômeurs, intérimaires, précaires : agissons contre les réformes !

Des ronds entre les saisons ! À qui profite l’intérim ? Nous sommes quatre millions et on va pas se laisser faire !

Jeudi 5 décembre 2019 à Gap à 9h30

au Parc de la Pépinière (au kiosque)

pour discuter et partir déambuler !

Amène de quoi partager, faire du bruit et t’amuser !

« La meilleure façon d’abolir le chômage, c’est d’abolir le travail et l’argent qui lui sont associés. Supprimer le travail en le transformant en une activité utile, et se réapproprier la vie sont une seule et même chose »

On est là pour défendre nos allocations même si le chômage et la retraite, on n’y croit plus depuis longtemps. Mais nous croyons encore en la possibilité de bouleverser le monde et de prendre du pouvoir sur nos vies.

Pour un monde sans chômage, ni retraite !

Ah tiens, encore une réforme du chômage ! Nous voilà bien, il va falloir travailler plus pour gagner moins. Lorsque l’on est saisonnière, intérimaire, précaire : comment on va faire pour joindre les deux saisons ? Aux caisses des supermarchés, pardi ! Malheureusement pour nous, à Géant ils remplacent les humains par des machines, en feintant le code du travail.

Mais à quoi peut servir le chômage ?

Le chômage qui s’est développé massivement ces quatre dernières décennies avec quatre millions de personnes (si on prend les chiffres complets) ne peut pas être le résultat de personnes fainéantes ! Il est sans doutes nécessaire à la mise en concurrence des travailleuses.
Il doit aussi avoir un lien avec l’idéologie du toujours plus et de la technologie capitaliste. Parce que malgré tou-te-s ces fainéant-e-s, l’économie produit toujours plus !
Ceci pour au final détruire la Terre, quand ce n’est pas déjà fait par la guerre.

Il sert pour les travailleuses saisonnières, à garantir, un revenu entre les saisons, qui rend vivable les conditions de travail à 50 heures par semaine pour 1500€ par mois, avec le logement saisonnier à payer. Et pour les intérimaires à avoir des revenus entre deux missions. Intérim dont la souplesse et l’isolement des travailleuses arrange bien toutes sortes d’entreprises !

« Le chômage n’est pas le contraire du travail. C’est un moment du travail. »

Cette attaque contre le chômage, cache mal l’extension du domaine du contrôle économique sur nos vies. « Le problème du chômage est aussi bien celui du travail, et plus encore celui de l’emploi de la vie même ». Car lorsque nous ne travaillons pas pour un patron ou comme auto-entrepreneuses de nos vies, tout un monde s’ouvre à nous ! Des rêves, des désirs d’apprendre, de lire, de cultures vivrières, de faire vivre des espaces non-marchands, des espaces pour travailler des productions communes, de l’entraide, de la solidarité et de la résistance. En fait, si on regarde bien, ça ne fait pas si longtemps que notre vie est entièrement happée par l’argent.

Pourquoi la paysannerie a été détruite ? Combien de chômeuses, de RSAstes sont des paysannes sans terre ou en fermage ? Combien n’ont pas de qualifications, sont discriminé.e.s (parce que trop âgé.e, femmes, racisé.e.s) ? Avez-vous déjà essayer de vous faire financer une formation ? Faut être vraiment déterminé.e, sauf si c’est pour bosser à Disneyland ou poser des compteurs Linky ! Beaucoup de patrons pleurent : « y a personne qui veut bosser », mais combien paient une misère, exploitent leurs apprenti.e.s, tiennent des propos sexistes ou racistes à longueur de journée ?

Pourquoi est-il impossible de vivre chichement et dignement ? Parce que l’on est obligé de payer un loyer, de prendre des crédits, parce que ça fait longtemps qu’il n’y plus d’en-dehors à la société. Nous sommes toutes prisonnières de l’argent ! Celles et ceux, qui nous font croire qu’on va changer le monde « juste en se changeant soi-même », s’aveuglent ou sont bien privilégié.e.s.

Le chômage et le RSA servent bien à payer des loyers, à faire ses courses à Lidl, à faire tourner l’économie, à rendre acceptable le fait que l’on ne peut pas échapper au travail et à l’argent.

« La meilleure façon d’abolir le chômage, c’est d’abolir le travail et l’argent qui lui sont associés.
Supprimer le travail en le transformant en une activité utile, et se réapproprier la vie sont une seule et même chose »

On est là pour défendre nos allocations même si le chômage et la retraite, on n’y croit plus depuis longtemps. Mais nous croyons encore en la possibilité de bouleverser le monde et de prendre du pouvoir sur nos vies.

LES CHAUFFEURS PARLENT ET RESALP SE TAIT…

La compagnie francaise Resalp gère plusieurs lignes de bus, dont l’une fait la liaison entre l’Italie et la France. Chaque jour, la ligne Oulx-Briancon permet aux passagers qui ne peuvent pas passer la frontière « légalement » de faire un bout de chemin.

Ainsi, ils descendent à Clavière, à quelques mètres de la PAF (police aux frontières) avant de rejoindre la France par les montagnes. C’est là que commence la chasse à l’homme, jours et nuits les flics traquent celleux qui n’ont pas les bons papiers.

Au poste de frontière, certains chauffeurs rapportent aux flics de la PAF le nombre de personnes descendues à Clavière, les informant par là meme du nombre de personnes à pourchasser. Cette conversation qui peut sembler anodine est en fait une quasi assurance de leur arrestation quelques heures plus tard dans la montagne.
Comment appeler ca autrement que de la délation ?

Tout ca sans parler des comportements humiliants et discriminatoires de quelques chauffeurs qui interdisent meme parfois aux personnes noires de monter dans le bus. Ces pratiques sont racistes, et pour ce que ca vaut, illégales.

La ligne Oulx-Briancon étant un passage obligé pour le franchissement de cette frontière, les chauffeurs qui y travaillent deviennent alors des indics parfaits pour la police. Se mélangent la responsabilité individuelle du chauffeur et celle de l’entreprise: les chauffeurs ne sont pas tenus de livrer des informations sur les passagers à la police, et l’entreprise doit garantir que ce passage d’infos n’aie pas lieu.

Tant que Resalp ne délivrera aucun message clair a ses salariées sur la position à adopter, la compagnie continuera de fait à collaborer et restera une extension du controle policier.

Passager/ère: ouvre l’oeil et ne sois pas complice !
Chauffeur/euse: ne parle pas à la police!

STOP A LA DELATION ET A LA COLLABORATION !

 

GLI AUTISTI PARLANO… E RESALP TACE. Su come gli autobus diventano strumenti repressivi

À la frontière comme ailleurs, luttons contre les politiques migratoires

Appel à manifester le samedi 20 avril à 11h au Col de Montgenèvre et dans toutes les villes!

(italiano english down)

Les frontières n’assurent pas la sécurité des territoires, mais celle des puissances financières qui possèdent la quasi-totalité des richesses du monde. Ce mécanisme d’identification, de tri et d’exclusion, au service des intérêts économiques des Etats et de l’industrie de la sécurité, définit toute une population de personnes sans droits, invisibilisées, et exploitables.

La frontière est partout y compris dans les espaces du quotidien. Elle ne se résume pas seulement à une chaîne de montagne qui sépare deux espaces ni à une clôture de barbelée.
La frontière est dans les administrations qui délivrent des titres de séjour ou des obligations de quitter le territoire. Elle dépend du statut social : les riches peuvent s’expatrier, les pauvres n’ont d’autre choix que de « migrer ». Elle dépend de la couleur de peau car si tu n’es pas blanc, les contrôles sont systématiques.
Un avion, un quai de gare, un aéroport, un trajet en bus sont pour certains synonyme de voyage. Pour d’autres ils signifient rafle, déportation, camp de concentration. Un hôtel Ibis, une station de ski, des lieux de vacances pour certains, d’emprisonnement ou de chasses à l’homme pour d’autres.

Lutter contre les politiques migratoires revient à dénoncer la stratégie impérialiste des Etats occidentaux qui maintiennent des systèmes corrompus, alimentent des guerres, soutiennent des dictateurs et poussent ainsi des milliers de personnes à l’exil. Ces mêmes Etats stigmatisent et criminalisent ensuite les personnes qui entrent sur leur territoire, cherchant à les réduire à de la main d’oeuvre bon marché et corvéable à merci.

La frontière est partout, dans les gares, sur les chemins, dans les trains, les centres de rétention, au sein des institutions… alors organise ta manif dans ta ville ou rejoins-nous sur le col de Montgenèvre le 20 avril à 11h.

Locandina 1204 fra

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Turin (Italie): bref retour sur la manif du 30 mars 2019

Repris de squat.net

Contre les frontières et les expulsions, pour la liberté de toutes les personnes inculpées, condamnées et enfermées suite aux opérations répressives de février en Italie, une manifestation a eu lieu à Turin le samedi 30 mars 2019. Depuis début février, des actions de solidarité ont eu lieu partout en Italie, et ailleurs. Plusieurs d’entre elles sont évoquées dans différents articles trouvables ici sur Squat!net. Voir aussi les sites Sans Attendre Demain et Attaque pour encore plus d’infos.

 

Harcèlements policiers et démantèlements des campements à Calais : Expulsion imminente du camp de Rue des Verrotières

Nous relayons un appel reçu ce jour venant de militant.es solidaires nous alertant sur les démantèlements des campements et les violences policières à Calais. Les contrôles, les violences policières et les harcèlements quotidiens notamment liés à la destruction des habitats précaires poussent les exilé.es à prendre toujours plus de risques lors de leurs tentatives de traversée de la frontière. Vendredi 8 mars, selon les médias, un jeune homme a été retrouvé mort dans la remorque d’un camion en partance pour le Royaume-Uni. Dimanche 3 mars, une centaine d’exilé.es réussissent à s’introduire dans l’enceinte du port de Calais et à monter dans un ferry avant d’être rattrapés par la police ; la préfecture annonce l’interpellation d’au moins 63 personnes. Frontières meurtrières, État coupable !!

Depuis des mois, tous les 2 jours, la police municipale, la PAF, les CRS, la gendarmerie et la préfecture démantèlent les camps de réfugiés à Calais. Les forces de l’ordre récupèrent tentes, couvertures, affaires personnelles des personnes déplacées.

Samedi soir, un avis d’expulsion a été installé au camp de Rue des Verrotières (environ 200 personnes y vivent), annonçant sa fermeture définitive et l’installation de clôtures/murs. Un “gros démantèlement” devrait avoir lieu dans les jours qui suivent (très probablement demain (mardi 12 mars) matin ou mercredi matin). 200 personnes se retrouvent ainsi à devoir chercher un autre endroit où s’installer. Des bus devraient être utilisés pour acheminer les personnes déplacées vers des centres d’hébergement, situés en dehors de Calais, ce qui les désavantage dans leur projet d’aller au Royaume-Uni. D’autres, si l’on se réfère au grand démantèlement du camp de Grande Synthe qui a eu lieu en octobre, seront arbitrairement amenées au Camp de Rétention de Coquelles, de Lille, aux postes de police, déposées sur
la route à quelques kilomètres de Calais. Les réfugiés se retrouvent ainsi dans une situation de vulnérabilité et de précarité encore plus grande.

 

Lire la suite sur https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/

[MàJ du 12/03/2019] Brochure sur l’opération étincelle et Manifestation contre les frontièresle 30 Mars à Turin

COMME UNE ÉTINCELLE AU TRAVERS DE LA GORGE

Compil de textes traduits de l’italien sur les deux opérations répressives à Turin, Trento, Rovereto en début de l’année 2019.

L’ASILO NON SI TOCCA

opération “scintilla”

Jeudi 7 février 2019, l’Asilo occupato à Turin est expulsé après 24 ans d’occupation.
La police a fait son entrée en force dans le bâtiment, au moins 600 flics qui ont débarqué de tout le nord de l’Italie. Les compagnon.nes ne se sont pas laissé.es surprendre: ielles ont réussi à monter sur le toit et résister pendant 30 heures avant de descendre. Assez vite un rassemblement solidaire est apparu en se déplaçant dans les rues du quartier pour faire face aux charges, contrôles et arrestations. La situation s’est tendue dans la soirée quand une manif sauvage d’environ 300 personnes est partie de la Radio blackout pour se diriger vers l’Asilo : affrontements, lacrymos et barricades enflammées dans un quartier complètement
militarisé.

La police a débarqué non seulement pour expulser l’Asilo mais aussi pour arrêter 7 compagnon.nes dont une toujours en cavale. Toutes seraient accusées “d’association subversive” (article de loi 270 du code pénal italien) et d’attaques (incendiaires ou explosives) contre des entreprises et institutions qui collaborent avec la machine à expulser et qui s’occupent de la gestion des CPR (Centri di Permanenza per il Rimpatrio, l’équivalent des CRA, centres de rétention administrative). Dans l’histoire récente de la répression italienne, l’article 270 a été utilisé plusieurs fois et particulièrement contre des anarchistes.
Les juges accusent les compagnon.nes d’avoir constitué une association dédiée à des pratiques illégales et violentes dans le but de subvertir l’ordre démocratique.
Dans la plupart des situations passées, le parquet n’a pas réussi lors des procès à soutenir cette thèse. Mais la gravité des chefs d’inculpations permet d’allonger la prison préventive jusqu’à 2 ans.
De plus les compagnon.nes sont soumis.es au régime de “Haute surveillance”, réservé aux inculpations liées au terrorisme. Cela signifie concrètement qu’ielles ne peuvent pas rencontrer de détenus dits de droit commun, que leur courrier est censuré (toutes les lettres reçues ou envoyées sont ouvertes et lues par les matons) et que les parloirs sont fortement limités. Une forme lourde d’isolement.
La solidarité a été de suite très forte. Et ce n’est pas un hasard. Pendant de nombreuses années, l’Asilo a été un des lieux repère dans le conflit en ville et une base de passage pour beaucoup de compagnon.nes d’Europe et d’ailleurs. C’est de là que s’est organisée la lutte contre les expulsions locatives, dans les quartiers de Barriera et Aurora, qui a fait trembler beaucoup de proprios. C’est de là aussi qu’on partait pour aller devant le CPR et soutenir les révoltes des détenu.es de différentes façons. L’Asilo était un lieu ressource pour celleux qui, dans ces quartiers, essayent de résister aux transformations du tissu urbain; toujours ces mêmes processus qui favorisent une petite partie de la population au détriment des autres.
C’est pour cela que le samedi 9 février 2019, nous étions plus d’un millier à manifester et à s’affronter pendant des heures contre la police, dans les rues d’un Turin complètement militarisé: militants-es, squatteurs-es, personnes rencontré-és dans la lutte contre les
expulsions locatives et les CPR, habitant-es du quartier qui voient leur possibilité de survie chaque jour plus réduite face à la gentrification. Une manifestation enragée. Et elle n’aurait pas pu être autrement. Entre vitres et voitures brisées, institutions communales détruites, autobus assaillis et affrontements directs contre la police, il y avait toute une partie de cette ville qui ne baisse pas la tête, qui n’en peut plus de la maire et du climat politique nationale.
Le bilan est d’une dizaine de flics blessés et de 11 compagnon.nes arrété.es vers la fin de la manif.
Le lendemain, 10 février 2019, le cortège annuel contre la commémoration fasciste de “le foibe”, dans le quartier des Vallette, se finit devant la prison pour un parloir sauvage chaleureux. Dans le bâtiment pénitencier un hangar qui sert d’atelier prend feu. Aucun
blessé et beaucoup de dégats!

Ce n’est que le début.
Face à une telle attaque, on ne s’est pas laissé-e surprendre. La suite reste à construire…

 

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Version cahier ici Comme.une.etincelle_v1_Booklet

 

ET AUSSI

Manifestation internationale contre les frontières le 30 Mars à Turin :

plus d’infos sur https://www.autistici.org/macerie/

et en français sur https://www.passamontagna.info/

 

 

BLOQUONS LA VILLE!
“Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification. Résistons contre les proprios de la ville!”
Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.
Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet
ordre social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à resister et à lutter!

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO,
NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO,
AGNESE,SASHA, RUPERT, GIULIO.

LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES!

 

SAMEDI 16 MARS à 15H, CORTEGE A TRENTO

Moins d’une semaine après l’opération répressive «scintilla» qui a causé l’expulsion de l’Asile à Turin et l’arrestation de 6 compagnon.ne.s inculpé.e.s d’association subversive, en Trentino démarre l’opération «Renata». Il s’agit d’un énorme dispositif policier entrainant l’arrestation de 7 compagnon.ne.s pour terrorisme et la perquisition de 50 lieux (lieux de vie, espaces de luttes,
salle de boxe populaire).
Ils veulent nous étouffer avec une normalité faite de guerres, de militarisation et de haine entre pauvres. Ils voudraient mettre hors jeux les luttes, la solidarité et l’action directe. Afin qu’il ne reste que le silence et les applaudissements.
Participons à la manifestation de Trento! Affichons notre solidarité!
Pour s’organiser avec des départs collectifs depuis Turin écrire à: breccia@autistici.log

SAMEDI 23 MARS 15H A FLORENCE

Rassemblement en solidarité avec tous et toutes les prisonnier.e.s anarchistes! Sans trêve pour l’anarchie!
Au mois de mars il y aura le rendu du procès contre nos compagnon.ne.s inculpé.e.s dans l’ enquête «operazione panico»* .
Desertons le tribunal!
* Operazione panico: Le 31 Décembre 2016, un engin explosif placé devant la librairie (proche de CasaPound) “Il Bargello” explose dans les mains d’un artificier particulièrement stupide qui tente maladroitement de déminer l’engin sur place, il perdra un œil et une main. La librairie “Il Bargello” et CasaPound Italia se sont portés parties civiles en plus de l’artificier-flic.
Trois personnes accusées de «tentative de meurtre», «d’association de malfaiteur» pour deux d’entre eux, ainsi que de «transport et fabrication d’engin explosif» se retrouvent incarcérées. Paska, Ghespe, et Giova sont depuis incarcérés dans les geôles italiennes. Ndt. Pour plus d’infos sur l’opération Panico: https://nantes.indymedia.org/articles/42084

Quelques récits et vidéo des dernières mobilisations des gilets jaunes dans les alpes du sud

Par manque de temps, nous n’avons pas pu vous proposer de nouvelles de nos dernières excursions hebdomadaires avec les gilets jaunes des alpes du sud, mais voilà quand même une petite sélection subjective de plusieurs récits écrits ou vidéo qui donnent un peu la température des mobilisations des dernières semaines…et tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a pas que le climat qui se réchauffe !

Et ça ne fait que commencer !! RDV nombreux-ses le 2/03 à Forcalquier pour l’Acte XVI et son carnaval indépendant !

« FULL METAL YELLOW JACKET »

Repris du site d’infos autonomes « Lundi matin« 

Ne boudons pas notre plaisir ! Le mouvement contre la loi Travail au printemps 2016, la défense de la ZAD de NDDL au printemps 2018 et enfin le mouvement des gilets jaunes surgi à l’automne 2018 et qui se poursuit : l’esprit du temps est à la révolte sous des formes chaque fois inédites. Le cortège de tête dans le premier cas, la défense d’un territoire rural communisé dans le second, et enfin les blocages et manifestations incontrôlées dans le dernier.

Un territoire inconnu bien que familier vient de prendre une existence politique. Les gilets jaune ont en effet investi un espace périphérique fait de non-lieux, ronds-points, péages d’autoroute, parkings de centre commerciaux, sur ces axes de circulation qui organisent et distribuent les fonctions atomisées auxquelles sont assignés les néo-urbains. Cet environnement quotidien de millions de gens voués aux embouteillages du petit matin et de la fin d’après-midi semblait avoir neutralisé toute possibilité d’événement. Les statistiques disent que la moitié de la population française réside dans cette périphérie. Mais tous ces gens restaient désespérément invisibles… il leur a fallu enfiler un gilet jaune pour exister, comme d’autres ont du enfiler un passe-montagne ou un k-way noir… Le fait que le comité Adama Traoré ait très vite appelé à rejoindre les rassemblements de gilets jaunes sur Paris est exemplaire, Beaumont-sur-Oise, point limite entre la banlieue parisienne et ce qui fut la campagne francilienne incarne précisément cette périphérie de la métropole qui a pris une existence politique (en l’occurrence depuis l’assassinat d’Adama Traoré) et n’entend pas y renoncer.

Pour employer un terme qui n’a rien d’innocent, on peut dire que c’est un mouvement essentiellement provincial, en cela totalement inédit. Des manifestations et des émeutes éclatent dans des petites villes où il ne se passait jamais rien –celles-là même où l’État décrète la fermeture des gares, des postes, des écoles, des maternités, à quoi bon dépenser les deniers publics pour des parpagnàs ? Des gilets jaunes surgissent de partout. Une émeute à Nantes, St Nazaire, Caen, Rouen, n’a encore rien d’improbable… Mais à Beauvais, Bar-le-Duc, Narbonne, Le Puy, Angers, surprise ! On sait que, dans leur immense majorité, les émeutiers qui ont saccagé les beaux quartiers parisiens le 1er et le 8 décembre venaient de ladite province. Leur déambulation dans Paris relevait davantage d’un déplacement de hooligans en territoire ennemi que de la traditionnelle procession syndicale. Le mépris des petits provinciaux, affiché par cette capitale où siègent les élites de la nation, trouve ici sa réponse. Il a déjà été dit que Paris, désormais presque entièrement pacifié et gentrifié, ne pouvait plus être que livré au saccage et au vandalisme. Jamais cela n’avait été revendiqué en acte de manière aussi exemplaire.

La province est une notion typiquement française. Dans ce langage courant qui exprime l’organisation hiérarchique de la nation, on monte à Paris et on descend en province. Au sommet de la pyramide trône la capitale, dont les lumières rayonnent sur tout l’hexagone. De façon générale, dans la configuration actuelle du capitalisme, la relation de la périphérie et du centre se déploie de façon plutôt réticulaire que concentrique. Cependant, dans des Etats-nations aussi centralisés et centralistes que la France, les réseaux de circulation se superposent fatalement à une organisation concentrique du territoire qui reste déterminante. En montant à Paris terroriser les bourgeois du 8°, les gilets jaunes renversaient la pyramide.

Le caractère périphérique du mouvement n’est pas seulement géographique et politique. Une autre centralité est remise en cause, celle de l’usine qui a pendant si longtemps a constitué l’axe autour duquel tournaient les mouvements. Ici ce n’est plus l’entreprise qui constitue le lieu d’agrégation initial. Les gens qui se retrouvent sur les blocages ne se connaissaient généralement pas auparavant, leur connivence s’est instaurée à partir d’un acte volontaire que l’on peut qualifier en cela de politique. D’où le désarroi des syndicats face à ce mouvement, lesquels se sont d’ailleurs empressés de signer un accord de non-agression avec la Macronie dès le début décembre (seuls Solidaires et certaines UD CGT ont refusé cet acte de collaboration déclarée). A cela on mesure l’épuisement de la forme syndicale, déjà perceptible au printemps 2016.

L’analyse marxienne postulait que la genèse de la valeur d’échange se trouvait dans la production, la circulation de la marchandise ne faisant que réaliser la valeur. Or dans cette dynamique qu’est le capitalisme tous les moments sont dépendants et n’ont de réalité que par rapport à la totalité qu’ils forment ainsi. D’abord parce que la circulation ajoute de la valeur aux produits et génère du profit, (au sens où se développe toute une industrie qui assure cette circulation, faite de services bancaires, d’assurances, de marketing, de transport, de stockage, de grande distribution, sans parler des activités induites…) [1] mais il devient même difficile de séparer les deux moments. C’est évidemment flagrant pour des produits comme l’énergie par ex., la production d’une centrale nucléaire est inconcevable sans les lignes à haute tension qui vont distribuer l’électricité, pareil pour une raffinerie de pétrole avec ses réseaux de stocks et de stations-service. De même le textile fabriqué en Chine ne peut être produit qu’en fonction des porte-conteneurs géants qui vont assurer le transport des précieux t.shirts vers les ports occidentaux -et nul ne pourra prétendre que le transport maritime ne crée pas de valeur. A l’extrême, l’internet incarne la pure circulation de la valeur, rendue presque indépendante de l’exploitation du travail vivant –mais il a bien fallu que les outils électroniques et informatiques qui l’assurent aient été fabriqués dans une usine… Il devient donc problématique d’isoler un segment d’activité qui serait la production par rapport à la totalité des travaux et des échanges composant ce qu’on appelle la société. Les camarades italiens des 70’ parlaient déjà de la société-usine –ce qui est un oxymore franchement assumé, une usine n’étant pas une société mais un système. Parler de la fabrique globale nous semble adéquat à ce moment où l’entreprise capitaliste saisit et reconfigure tout ce qui existe sur le mode de la fabrique, de l’usine. Un hub, qu’il soit maritime, aéroportuaire ou routier, une zone commerciale, et même une autoroute constituent autant de rouages de cette fabrique globale. La distinction de la sphère privée et du domaine public, qui définissait depuis la Révolution-française les rapports entre société civile et État, s’efface alors sous l’emprise des dispositifs qui sont la véritable puissance organisant la circulation des individus. Dans la fabrique globale, la société perd toute épaisseur tandis que l’État n’est plus qu’un prestataire de service.

Les grands cycles de luttes ouvrières se sont achevés avec la crise du système fordiste. Dès la seconde moitié des 70’, l’essentiel des luttes en Europe occidentale consistait à s’opposer à la fermeture de l’entreprise et donc à l’atomisation des travailleurs –et toutes se soldèrent par de cruelles défaites. Sidérurgie, mines, chantiers navals, puis les autres secteurs de l’industrie, tous les bastions de la classe ouvrière y sont passés. On pourrait dater le moment historique où tout a basculé irrémédiablement : ça commence avec la défaite des ouvriers de FIAT à Turin à l’automne 1980, ça se poursuit en France avec celle des o.s immigrés de Talbot en 1983 et ça se conclut avec celle des mineurs britanniques au printemps 1985. Le cycle achevé en Europe occidentale ressurgit à présent en Inde ou en Chine…

Le fait que la centralité de l’usine dans les luttes soit désormais passée amène à formuler l’hypothèse que les prochaines insurrections s’empareraient des entreprises depuis le dehors, et non l’inverse (formulé en termes marxiens, elles partiraient de la circulation pour se saisir de la production). En somme, à l’image du mouvement GJ qui part de la périphérie pour investir le centre. Non plus dans la perspective de l’autogestion, où les travailleurs s’emparent de l’usine, mais dans celle inverse : des puissances venues de l’extérieur, constituées en rupture avec la logique de la fabrique globale, s’empareraient de l’usine pour la désarticuler en fonction des nécessités qui leur seraient propres. Nous n’en sommes évidemment pas là, mais la multiplication des révoltes dans la périphérie, depuis celle des banlieues en 2005 jusqu’à l’actuel mouvement des GJ, indique qu’un nouveau cycle est en train de démarrer, bien différent du précédent, et qui n’a pas fini de nous surprendre.

Chez les GJ, tout renvoie à la circulation, aussi bien la revendication initiale que les non-lieux où elle s’exprimait. C’est peut-être bien la première fois qu’un mouvement d’une telle ampleur surgit à partir de là, avec le refus de la taxe sur le carburant. Et il n’a pas manqué d’écolos-piste-à-vélos pour s’en gausser. Sauf que dans un monde fondé sur la mobilité contrainte, le prix du carburant n’a rien d’innocent, à moins de résider et travailler en centre ville (et on sait qui occupe désormais les centres villes en France…). Le travailleur suburbain est littéralement piégé par ce dispositif, qui l’oblige à travailler pour se payer une automobile indispensable… pour pouvoir aller travailler ! L’action se concentre donc sur les ronds-points, aux péages, aux entrées de parkings, éléments de ce dispositif. La plèbe se révoltait contre l’augmentation du prix du pain voici deux siècles, elle se révolte à présent contre l’augmentation du prix de l’essence. [2]

Que la question du carburant soit éminemment stratégique, nos gouvernants l’avaient compris depuis longtemps. Au plus fort de la grève générale de mai 1968, ils organisèrent la pénurie d’essence (alors que d’importants stocks étaient encore disponibles), pour faire réapprovisionner soudainement les stations service juste à la veille du pont de la Pentecôte… et des millions de Français, soulagés, qui suivaient « les événements » en spectateurs, se ruèrent sur les routes. Une telle machination a sans doute plus fait contre le mouvement qu’un demi-million de manifestants pro-De Gaulle sur les Champs-Elysées. [3]

Les travailleurs atomisés d’aujourd’hui, contrairement aux ouvriers-masse de l’époque fordiste n’ont plus de marge de manœuvre sur le salaire, qui stagne tandis que tout augmente, et se retrouvent donc à lutter contre la pression fiscale sur leur revenu. A gauche certains laissent entendre que ce faisant ils reprennent ce thème classique de l’idéologie libérale qu’est la baisse des impôts, et c’est vrai de la part de certains gilets jaunes, petits patrons et commerçants. Mais la majorité se rend bien compte qu’en l’occurrence si baisse des impôts il y a eu, elle s’est appliquée exclusivement aux très hauts revenus, à travers notamment la suppression de l’ISF. En outre, si la question du salaire se pose à partir de l’entreprise, la question fiscale se pose, elle, à partir de l’État : elle prend donc directement une résonnance politique (sachant en plus combien les taxes sur le carburant alimentent le budget de l’État…) [4]. De ce point de vue, le fait de rendre les autoroutes gratuites et de saccager les radars montre que ce rackett est perçu de plus en plus comme une rente de situation digne de l’Ancien Régime. Sauf que cette fois ce ne sont pas des fermiers généraux qui se gavent sur le dos des gens, mais l’État et des entreprises comme Vinci qui gèrent les autoroutes… Par ailleurs, il ne peut échapper à personne que, au cours des dernières semaines, beaucoup de gilets jaunes sont allés vers des revendications plus sociales que fiscales (augmentation du salaire minimum notamment) même si le retour de l’ISF figure toujours en tête de liste.

Sous l’Ancien Régime des révoltes antifiscales éclataient sans cesse, surtout en ce XVII° siècle qui vit se consolider la monarchie absolue [5]. Avec la Révolution-Française, renversement complet : payer l’impôt devient un acte civique, tout comme s’engager sous les drapeaux (alors qu’avant les gens s’enfuyaient à l’approche du sergent recruteur). C’est le tour de force historique de la bourgeoisie, et rien ne dit qu’il ait épuisé tous ses effets. Depuis, refuser l’impôt est assimilé à un geste d’Ancien Régime. Pour la gauche, dont le seul horizon est celui des institutions républicaines, cette question ne saurait plus se poser. Dans le binôme politique droite-gauche, il était d’usage que cette dimension antifiscale soit l’apanage de la droite libérale, tandis que la gauche keynésienne prônait la redistribution à travers les dispositifs étatiques financés par les prélèvements fiscaux. Maintenant que gauche et droite sont alignés sur les mêmes positions, la vieille tradition de révolte antifiscale peut réapparaître… Ce qui est paradoxal, c’est qu’elle se fasse en référence à la Révolution-Française –drapeaux BBB, Marseillaise, manifestants en bonnets phrygiens…

En un mois de demi les gilets jaunes auront réussi ce que les syndicats ont été incapables de faire durant les deux décennies passées. Non organisés dans le cadre syndical, les gilets jaunes n’étaient pas coincés par ses modes d’action institutionnalisés ni abusés par des bureaucrates subventionnés. Ce qui a permis aussi de belles émeutes dans ce Paris où ont afflué à plusieurs reprises les prolétaires provinciaux… (et même si une partie des gilets jaunes n’assume pas ce vandalisme, leur simple présence l’a rendu possible… et là, pas de s.o syndical pour casser l’enthousiasme). La déambulation tend ainsi à remplacer la manifestation classique. Alors que le cortège de tête restait encore tributaire de la manifestation syndicale et avait trouvé ses limites ce 1er mai 2018 (un cortège de tête aussi important que le cortège syndical, avec en son sein un black bloc énorme, et tout ça pour un résultat insignifiant). Affranchie de toute notion de cortège, la foule dérive ! Les défilés syndicaux parcourent les avenues au centre ville, lieu de représentation par excellence, de façon disciplinée et disciplinaire. Alors que les déboulés des gilets jaunes à Paris en novembre et décembre 2018 se caractérisaient d’emblée par l’éparpillement et la liberté de mouvement.

Il semble cependant que cela se gâte ; depuis la mi-décembre à Paris les parcours sont déposés en préfecture et la marche du 12 janvier a vu l’apparition d’un service d’ordre sur le modèle syndical –qui l’a désigné ? Il n’est pas fortuit que ce s.o apparaisse précisément au moment où des représentants commencent à prendre la main…Dans les villes de province, les gilets jaunes ont cependant conservé le côté déambulation joyeusement incontrôlable, or, comme il a été dit plus haut, c’est en province que se joue l’essentiel du mouvement. A Marseille le 12 janvier, la déambulation des gilets jaunes a rendu complètement fous les responsables de la répression, en suivant un trajet en zig-zag totalement inattendu, empruntant même un tunnel autoroutier et laissant les robocops essoufflés.

Les blocages ont souvent pris la forme d’un campement qui évoque les ZAD. Ce qui introduit une question : n’y aurait-il pas là les prémisses d’un « urbanisme insurrectionnel » à venir ? que pourrait-on faire de tous ces sites dont l’unique intérêt est tactique, à savoir celui de se trouver sur les axes de circulation automobile ? Jamais, depuis la révolte des banlieues de 2005, la critique de l’urbanisme n’avait été si présente dans les faits. Conjurer l’événement, tel était le sens de cette inexorable extension de la fabrique globale. Le flux tendu des marchandises qui organise l’espace ne doit surtout pas permettre qu’y survienne un événement –une panne, un séisme, un blocage, une émeute… Pour le coup le voici qui se révèle extrêmement vulnérable, tout comme une chaîne de montage fordiste était à la merci d’un simple sabotage. Il n’est pas hasardeux qu’en plusieurs endroits les gilets jaunes aient d’ailleurs bloqué l’accès d’entrepôts Amazon, entreprise emblématique s’il en fut [6]…

Les campements se constituent comme la forme élémentaire de la communication, de Occupy Oakland à la place Taksim, des plantón sur le zocalo de Oaxaca aux camps de Lakota Range, de la ZAD aux presidi de Val Susa. La construction de l’espace vient en premier comme affirmation politique. Alors que la manifestation reste indifférente à l’espace qu’elle traverse, l’occupation entraîne la production d’un commun qui reconfigure le lieu. En cela les les blocages des gilets jaunes sont aux antipodes de Nuit Debout : alors que ces rassemblements n’investissaient que des places centrales, obéissant à l’injonction hiérarchique qui ordonne l’espace urbain et surburbain, et donnaient la primauté au discours, les blocages GJ sont presque toujours en zone périphérique ou sur des grands axes de circulation et donnent la primauté à l’action même du blocage et aux relations qu’il instaure entre les participants. C’est la grande innovation de ce mouvement. En outre, si les organisateurs de Nuit Debout négociaient avec la préfecture la possibilité de demeurer sur place, la majorité des blocages s’imposent de fait sans rien demander.

Une seule revendication fait l’unanimité chez tous les gilets jaunes, « Macron démission ». Ce pays qui a pourtant guillotiné son roi est encore, deux siècles après, le plus monarchique d’Europe –d’où cette fureur typiquement sans-culotte qui anime les gilets jaunes [7]. Mais le monarque n’est plus investi de ce caractère sacré qu’il avait sous l’Ancien Régime : les Français en élisent un, puis le détestent au bout de quelques mois. C’est que le monarque d’aujourd’hui est un produit, obsolescent comme tout ce qui est produit de nos jours. Après Sarkozy le caractériel cocaïné puis Hollande le maniaco-dépressif, voici le bellâtre suffisant, lancé pour en finir spectaculairement avec le régime bipartiste dominant jusque-là la V° République. Le fait qu’il n’ait jamais été élu auparavant le désignait comme la personne indiquée pour ce faire : alors que la classe politique, composée de maires, de présidents de conseil généraux et régionaux, de députés et de sénateurs, se trouve encore engluée dans des rapports de dépendance, la Macronie affranchit le gouvernement d’un tel poids. Désormais, l’État affirme froidement qu’il n’est qu’un prestataire de service du capital. Plus d’arrangements négociés, mais la pure injonction : en cela la gouvernance macronienne consacre le remplacement de la société civile par la fabrique globale. L’arrogance présidentielle qui va jusqu’à l’insulte (ces salauds de pauvres !), reproduit les procédés utilisés dans les entreprises modernes, eux-mêmes inspirés des techniques d’entraînement et de dressage en vigueur dans les unités spéciales de l’armée.

Dans le mouvement des GJ, le peuple est donc venu prendre la place qui était occupée par la société civile chère aux citoyennistes. Un signifiant qui vient par défaut -on aurait parlé, avant la Révolution-Française, de la vile multitude, ou de la plèbe. Ce n’est que par un jeu de miroir avec l’État que se constitue le peuple, comme entité homogène face au monarque (les fameux 99%…) et le caractère monarchique de la présidence Macron exacerbe cette double-réflexion. Or le peuple renvoie à la Nation, et donc à l’État républicain, produits de la Révolution-Française. Postuler une vérité inhérente à ce sujet, et que le référendum permettrait de délivrer, est le point de départ de la démagogie, celle du FN comme de la FI. « Le populisme de gauche devrait diriger ces affects vers des objectifs démocratiques », dit la Chantal Mouffe, qui ajoute « Le peuple est toujours un sujet collectif, construit de manière discursive ». Qu’une telle construction s’opère forcément par exclusion –l’immigré, l’assisté, etc.- ne semble pas effleurer les tenants de ce sous-gramscisme, et les politiciens qui s’en réclament en viennent à partager les mêmes thèmes que leurs opposés symétriques : le démagogue Ruffin fait donc l’éloge du confusionniste Chouard, tandis que Mélenchon de son côté se déclare fasciné par la figure de Drouet… Le populisme consiste à flatter des affects produits par ce monde et à les entretenir comme quelque chose de positif, alors qu’une attitude révolutionnaire misera sur un devenir qui accouche de nouvelles formes de sensibilité politique dans le cours de la lutte. Nous ne perdons jamais de vue que le négatif est l’élément moteur de tout mouvement. De fait, dans tous ces campements rebelles qui se multiplient dans le monde, la figure transcendante du peuple laisse place à l’immanence du commun. [8]

Les classes sociales, clairement identifiables jusqu’à la fin du fordisme, se sont donc liquéfiées –ce que traduit le terme-valise de classe moyenne, qui est signifiant précisément en cela qu’il n’identifie rien. La classe moyenne, dans les pays riches comme la France, ce serait finalement à peu près tout le monde en dehors des bourgeois tout en haut, et des travailleurs immigrés et des chômeurs-à-vie tout en bas ! On pourrait dire d’un docker marseillais, par exemple, qu’il relève de l’ancienne classe ouvrière par son travail, et de la nouvelle classe moyenne par son mode de vie et ses aspirations (faire construire, prendre des crédits, veiller à ce que ses enfants fassent des études et partir en vacances dans une destination de rêve). Les gilets jaunes s’identifient surtout en tant que travailleurs (fussent-ils retraités, et ils sont nombreux dans ce mouvement), mais ce qui est paradoxal est qu’ils le fassent en dehors de la sphère du travail proprement dite. Leur plainte récurrente, c’est « on bosse et on ne s’en sort pas » (variante pour les retraités, « on a bossé toute notre vie et on a à peine de quoi se nourrir »). On a fait croire à tous ces gens qu’une vie de dur labeur trouverait tôt ou tard sa récompense dans un certain bien-être ; mais ils sont forcés de réaliser que cette perspective n’est jamais qu’une échelle sans fin qu’ils ne cesseront d’escalader toute leur vie durant [9].

Un des textes les plus intéressants publiés sur ce mouvement évoque une « tragédie de la classe moyenne » qui tient au rapport à l’argent [10]. « Le souci de l’argent est permanent, et ce d’autant plus qu’on y a enfin accès. On est de la classe moyenne quand on gagne suffisamment d’argent pour, consciemment ou non, directement ou non, ne penser qu’à ça.(…) Il n’y a peut- être pas de position sociale où on l’on sache mieux ce que c’est que l’argent. » On pourrait ajouter : si pour les plus démunis l’argent ne revêt qu’un caractère de nécessité alors que pour les riches l’argent est l’expression même de la liberté, pour la majorité des travailleurs le rapport à l’argent est sans cesse tiraillé entre ces deux extrêmes –en cela il existerait une classe effectivement moyenne ! C’est le principe même du spectacle que de faire sans cesse miroiter cette liberté –celle par exemple de pouvoir se déplacer dans sa propre automobile… Que cette liberté spectaculaire ait pour condition un esclavage de tous les jours, voilà l’expérience que chacun fait de façon intime sans jamais pouvoir l’exprimer. Ce qui rend les gens malades, littéralement. Et on ne doit jamais négliger le fait que le côté thérapeutique de la révolte est ce qui en fait aussi la puissance politique.

Aussi longtemps que l’État occupe l’horizon d’attente des séditions populaires, celles-ci font fatalement le lit des démagogues souverainistes de tout poil. Il n’est donc pas innocent que Macron ait sorti son joker avec la proposition des RIC, Réferendums d’Initiative Citoyenne. Alors que les gilets jaunes étaient en train d’évoluer vers des revendications sociales (augmentation du SMIC et revalorisation des retraites, notamment), le RIC tente de court-circuiter cette évolution en s’interposant comme solution-miracle –qui offrirait une porte de sortie à un régime si impopulaire. En même temps, le RIC offre aussi une porte de sortie au mouvement : que celle-ci débouche sur le vide ne l’empêche pas de fonctionner comme une méta-revendication qui mettrait tout le monde d’accord au sein d’une dynamique si hétérogène. Et des gens qui n’ont tiré leur force que d’être assemblés s’enthousiasment sur cette proposition, alors que cette pseudo-consultation renverra chacun à son isolement initial d’électeur, coincé dans un choix binaire sur des questions-piège que le souverain jugera bon de poser à la populace. Le référendum est la forme suprême du spectacle politique [11].

La Macronie qui, pour ne rien avoir à lâcher de concret, est disposée à ouvrir sur le terrain de la représentation, tend ainsi la perche à tous ceux qu’influencent peu ou prou les élucubrations de Chouard. Comme le dit Rafik Chekat, « Le problème du référendum d’initiative citoyenne (RIC), c’est qu’il perpétue la tyrannie du fait majoritaire. Pourquoi la majorité aurait-elle toujours raison ? Sans faire le fragile, appartenir à un groupe minoré te rend méfiant vis-à-vis des majorités car tu sais pertinemment qu’en certains cas elles peuvent prendre des allures de groupes de lyncheurs. Vous imaginez un #RIC juste après #charlie ? Que cette revendication du RIC soit portée par des Blancs n’est pas chose fortuite. Mais au-delà de la question raciale, ça veut dire quoi constituer une majorité à l’heure de #BFMTV, #TF1, #Hanouna, de la société de consommation, etc.? Le problème du RIC c’est au fond celui du vote, de ce mécanisme qui organise à intervalles réguliers notre impuissance. On peut bien essayer de raccourcir ces intervalles, de voter plus souvent, ça ne changera rien à l’affaire. S’il faut parler en termes de subjectivation, le dispositif du vote crée un type particulier d’individu à travers un rapport mutilé à l’existence, et plus particulièrement à la politique, aux affaires publiques. » D’autant qu’on imagine mal le gouvernement faire un référendum sur le rétablissement ou pas de l’ISF (2/3 des Français qui y seraient favorables selon un sondage).

Le régime peine à trouver des interlocuteurs, qu’il doit aller pêcher sur Facebook. La plupart des leaders auto-proclamés, et presque aussitôt désavoués par les gilets jaunes, sont soigneusement mis en scène sur les plateaux télé et les médias cooptent systématiquement des personnages aux affinités douteuses –ce qui d’ailleurs permet aux bien-pensants degauche de rebondir dans leur condamnation du mouvement. Jamais à ce point les médias ne sont apparus aussi visiblement pour ce qu’ils sont : l’un des deux piliers du régime, avec la police. Il s’agit pour eux de banaliser l’idée qu’en dehors de ce régime, il n’y a que l’extrême-droite –dont on sait par ailleurs combien elle est en faveur dans les rangs de la police. C’était déjà sur ce mensonge que Macron avait réussi à remporter les élections présidentielles, et le président-élu-pour-faire-barrage-au-FN vient de lancer un nouveau gadget, un « Grand débat » où la première question abordée serait… celle de l’immigration !

L’importance prise par les réseaux dits sociaux dans cette affaire est loin d’être anecdotique. Dans la périphérie, le réseau socialise. Mais pourtant tous ces gens qui se sont retrouvés en gilet jaune à partir d’un appel lancé sur Facebook ont fait une expérience qui n’a rien de virtuelle. La question, maintenant, est de savoir si les gilets jaunes ont rejeté la classe politique pour inaugurer une sorte de démocratie internautique où un like remplacerait le bulletin de vote, ou bien si, comme ceux de Commercy les y invitent explicitement, ils vont s’organiser en assemblées d’un nouveau type. Car le réseau ne socialise que dans un circuit fermé générant l’entre-soi et où le charisme de certains « lanceurs d’alerte » a toute latitude de s’exercer pour capturer les intensités. Une forme de manipulation médiatique plus fragmentée que les grands médias pourraient alors épauler en tant que technique de gouvernance. Un ami tunisien qui a participé à l’insurrection de 2011 évoquait la capacité de mobilisation rapide dont les insurgés avaient pu disposer avec les réseaux sociaux dans les premiers jours, mais aussi le fait que la police en avait très vite compris l’intérêt et n’avait pas manqué d’y intervenir pour répandre de fausses nouvelles et faire de la désinformation… La quantité de faux débats qui circulent sur ces réseaux en France est sans aucun doute du même ordre.

L’articulation du rond-point et des assemblées générales se pose à présent, après deux mois d’agitation. D’une part, les liens de proximité et de complicité noués sur zone qui permettent de passer à l’action sans avoir à en délibérer –et l’on sait combien les délibérations en assemblée peuvent être démobilisantes dès qu’il s’agit d’action directe !- mais qui ne peuvent s’exercer qu’à l’échelle locale ; de l’autre, des assemblées reliées directement entre elles qui pourraient agir comme lieu de réflexion stratégique et coordination tactique.

A l’opposé de cette perspective, les gilets jaunes pourraient accoucher d’un mouvement démagogique comme les 5 Stelle en Italie. Une fraction serait sans doute tentée de suivre cette voie, quitte à se couper du reste du mouvement. Il faut toutefois rappeler que 5 Stelle a été entièrement produit –même s’il a surfé sur le bref mouvement des Forconi. En l’état actuel des choses, il manquerait aux GJ le bouffon médiatique indispensable pour attirer l’attention des foules, en l’occurrence la figure de Beppe Grillo, amuseur public mis en selle par certains hommes d’affaires -l’intermède berlusconien était usé, il fallait lancer d’urgence un nouveau produit. L’Italie est passée de plusieurs décennies de gouvernement par le secret (P2, Andreotti, la stratégie de la tension et les alliances avec la mafia) au gouvernement cathodique (Mani Pulite, Berlusconi et Beppe Grillo). Le problème de ce mode de gouvernement, c’est qu’il faut renouveler les personnages qui l’incarnent aussi fréquemment que le show-biz doit renouveler les vedettes qu’il produit.

A une époque où le capitalisme postfordiste doit sa survie à l’essor du capital fictif et fonctionne désormais à découvert, la dénonciation des excès de la finance –qui laisse de côté l’essentiel, à savoir la critique de la valeur, de l’argent et de la marchandise- encourage toutes les solutions-miracles et toutes les démagogies. On se rappelle le gag éculé de la taxe Tobin, par exemple, ou bien le candidat Hollande : « Mon ennemi, c’est la finance » (elle était bien bonne !) Quand la quasi-totalité des travailleurs bosse pour payer ses crédits (notamment sur l’automobile…), il est normal que les banques soient désignées comme une cible privilégiée, dans les paroles comme dans les actes de vandalisme (spéciale dédicace aux GJ toulousains qui ont saccagé plusieurs banques samedi dernier). Mais il y a lieu de se méfier quand par ailleurs revient avec un peu trop d’insistance la référence à la banque Rosthchild, plutôt qu’à la BNP-Paribas ou à la Société Générale (dont le sauvetage par l’État après 2008 aurait finalement coûté 30 milliard d’euros aux contribuables…). Le fait que Macron ait commencé sa carrière précisément dans cette banque excite évidemment cet anticapitalisme des imbéciles qui pointe « la finance juive » sur les réseaux sociaux.

Il se pourrait que ce régime soit réellement en bout de course. A l’abri de sa soldatesque, il peut toujours multiplier les insolences –comme celle d’annoncer fin décembre un dispositif anti-chômeurs scandaleux. La fuite en avant dans l’escalade répressive s’est encore aggravée par rapport au printemps 2016. L’attaque de la ZAD de NDDL en avril-mai avait servi de grandes manoeuvres. Blessures graves et mutilations par dizaines, humiliations collectives et individuelles, tabassages, l’intimidation policière va de pair avec une surenchère (les réactions outrées de toute la caste médiatique au beau geste de Christophe Dettinger et à la solidarité qui s’en est suivie en disent long sur l’écoeurant cynisme de ces larbins du pouvoir, quant on voit tous ces manifestants méthodiquement mutilés par la police dont ils ne parlent jamais). Des ordres ont été donnés en haut lieu de faire très mal, de l’aveu même de certains commissaires. Les gens apprennent, et on voit de plus en plus de manifestants équipés (masque à gaz, lunettes de ski, foulards, gants etc.) au moins pour se protéger. Mais il est clair que nulle part le mouvement n’est encore en mesure de s’organiser pour mettre la police en déroute, et c’est là que l’on perçoit le caractère démobilisateur des discours pacifistes. Ce qui renvoie à l’efficacité des blocages, qui est toute relative : la police n’a jusqu’ici aucun mal à dégager les accès, et en particulier sur des sites stratégiques comme les raffineries de pétrole –de ce point de vue, rien de nouveau par rapport au printemps 2016. Par ailleurs, on voit surgir depuis quelque temps dans les marches du samedi des s.o auto-désignés, où l’on trouve aussi bien d’anciens militaires que des transfuges du s.o CGT. Même si leur capacité de contrôler la foule est problématique, il ne faudrait pas que cela s’institue…

Ce mouvement, n’obéissant à aucune direction verticale et centralisée, laisse les initiatives locales se multiplier. Mais celles-ci peuvent diverger du tout au tout d’un endroit à l’autre. Après deux mois d’agitation, le moment approche d’une décision. Un parti, au sens historique du terme, se prouve comme le parti vainqueur du fait qu’il se scinde à son tour en deux partis : il prouve ainsi qu’il contient en lui-même le principe qu’il combattait auparavant à l’extérieur, et supprime par là l’unilatéralité avec laquelle il était entré en scène. Les éléments opposés qui coexistent à l’intérieur du mouvement ont été jusque-là maintenus ensemble par une commune hostilité au régime en place. Aux partisans d’une issue institutionnelle –qui serait, selon toute évidence, de nature autoritaire et xénophobe- s’opposeraient alors les partisans d’un élargissement du mouvement à tous les aspects de la fabrique globale dans une perspective révolutionnaire. De fait, des actions se multiplient autour d’entreprises en lutte où des gilets jaunes se joignent aux chasubles rouges sur des piquets de grève. Il n’est pas interdit de penser que le mouvement puisse exercer une stimulation assez forte pour que des travailleurs se décident à bloquer leur entreprise de l’intérieur, à partir de revendications concrètes. Les directions syndicales nationales se verraient alors renvoyées aux poubelles de l’histoire, et une nouvelle séquence historique pourrait enfin s’ouvrir. Qui impliquerait que chacun prenne parti.

Aux toutes dernières nouvelles, dans les Landes les GJ bloquent une usine Monsanto, pièce maîtresse de la fabrique globale…

Alèssi Dell’Umbria, 21 janvier 2019.

[1] La circulation de la marchandise ne se résume pas au transport et à la distribution des produits : des marchandises commencent à circuler dans les bourses de matières premières par exemple, alors qu’elles n’ont pas encore bougé. Inversement, des matières premières vendues à une entreprise industrielle pour y être transformées se trouvent ainsi valorisées, du fait d’avoir été achetées, et elles vont entrer dans la détermination de la valeur du produit fini : ici la circulation est préalable à la production.

[2] Les petits patrons de PME refusant une taxation du gasoil qui augmenterait leurs frais généraux n’ont pas manqué de se désolidariser des gueux qui entendaient poursuivre. Un gilet jaune d’Alès dénonce ainsi, le 20 décembre dernier, la trahison de certains : « Honte aux ’apolitiques’ prétendant diriger les Gilets Jaunes des Cévennes en agitant le spectre ’anarchiste’ que les services de renseignement leur ont soufflé aux oreilles.(…) Aujourd’hui, je n’ai plus envie de mesurer mes propos. Pourtant, c’est dans le plus grand calme que j’accuse ces prétendus ’coordinateurs’ d’être des vendus et des traîtres de la pire espèce. Car la vérité toute nue, c’est celle d’une fraction d’entrepreneurs qui a tout promis aux petits vieux, aux chômeurs, aux smicards et aux précaires pour grossir leurs rangs. Une fois les annulations de taxes obtenus, ces gens ont prétendu structurer le mouvement pour en prendre la direction, avec, pour finalité, faire cesser le mouvement histoire de se gaver de thune à l’occasion des fêtes de fin d’année.(…) Quand à vous, voisins et collègues mobilisés depuis des semaines ; vous qui n’avez rien lâché ni au vent ni au froid ni à la pluie ; vous qui avez redécouvert solidarité et dignité sur les barrages ; vous, la base anonyme sans d’autres ambitions que de vivre convenablement, je vous salut et vous transmet les bonjours chaleureux des Gilets Jaunes croisés en Alsace, en Franche-Comté, sur l’A7 et à Bollène ! »

[3] C’est Michel Jobert, alors chef de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, qui organisa l’opération –il s’en vanta publiquement vingt ans plus tard.

[4] Au Mexique, par exemple, l’augmentation du prix de l’essence en janvier 2016 provoqua une vague de manifestations massives, tournant souvent à l’émeute et au pillage, qui ne devait certes rien à l’idéologie néolibérale !

[5] L’impôt et la conscription militaire constituaient les motifs majeurs de sédition. Le livre de Boris Porchnev, est à cet égard édifiant, Les soulèvements populaires en France de 1623 à 1648, Paris 1963, réed. Flammarion 1972.

[6] Pour autant, il faut relativiser l’impact des blocages… si le commerce des centres villes a pu être affecté par les émeutes, qui ont affecté leur chiffre d’affaires, l’efficacité des blocages est loin d’être évidente. L’approvisionnement a continué de se faire, les stations-services n’ont jamais manqué de carburant, les étalages des supermarchés ont continué de se remplir et la gabegie natale a pu se donner libre cours comme les autres années.

[7] La Constitution de la V° République octroie au président des pouvoirs que celui-ci n’avait jamais eu sous les régimes précédents, qui étaient parlementaires, et notamment celui de légiférer par ordonnances en se passant de l’Assemblée nationale. On sait que De Gaulle, qui était de sensibilité monarchiste, songea en 1958 à instaurer une monarchie constitutionnelle. Ce qu’il fit, d’une certaine manière : un monarque, mais qui serait désormais élu.

[8] A la grande époque des révoltes antimonarchiques en pays occitan, les révoltés s’identifiaient comme lo comun, bien plus que comme lo pòble. Le commun, telle est précisément le concept politique qui correspond à un devenir révolutionnaire des luttes.

[9] La notion d’ « économie morale » que certains ont évoqué à propos des GJ ne nous paraît guère pertinente en ce cas –ne fût-ce que parce que E.P Thompson la formulait à propos d’une working class anglaise qui a disparu entretemps, sans parler de la « décence commune » chère à George Orwell. Certes il existe encore une morale du travail diffuse dans les milieux populaires où, à défaut de s’enrichir en travaillant le plus grand nombre espère au moins atteindre une certaine sécurité, une relative aisance et, à tout le moins, un vague sentiment de dignité personnelle. A cet égard le « Travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy pouvait trouver un écho parmi ces gens. Ils s’entendent dire à présent qu’en fait rien de tout cela n’est garanti –pas même une retraite bien méritée après une vie laborieuse. La Macronie, c’est la pensée des managers appliquée à toute la société sans médiation politique. Le capitalisme dans sa brutalité essentielle.

[10] « Gilets jaunes : la classe moyenne peut-elle être révolutionnaire ? » LundiMatin, 7 décembre 2018.

[11] On a bien vu dans le cas de Notre-Dame-des-Landes à quoi servait ce petit truc institutionnel du référendum – et Macron était ministre dans le gouvernement qui avait tenté ce coup d’esbrouffe… On voit bien à présent à quoi sert le confusionnisme de démagogues comme Etienne Chouard.

A Forcalquier avec les gilets jaunes, ça chauffe pour les violences policières et Castaner !

Ce samedi 19 janvier, c’était la grosse manifestation appelée par la coordination (informelle mais de plus en plus effective sur le terrain) des groupes de gilets jaunes des 2 départements des Alpes du Sud, à Forcalquier…ville de Castaner (avant qu’il ne rejoigne la macronie fétide et devienne le ministre de l’intérieur bulldog que l’on connaît), qui concentre déjà une belle mobilisation depuis le début du mouvement, peut-être pas par hasard…

Un bon succès populaire, puisque plus de 1000 personnes (gilets jaunes, syndicalistes, militants associatifs et politiques…) ont convergé depuis le Lubéron, Manosque, Pertuis, Digne, Sisteron, Laragne, Gap, Embrun, Barcelonnette… dans une ambiance plutôt déterminée, avec un mot d’ordre très clair sur la dénonciation des violences policières largement soutenues et couvertes par Castaner depuis qu’il est en poste (« je n’ai jamais vu un policier attaquer un gilet jaune »…et blablabla). Probable que la belle campagne d’affichage sauvage de la veille dans les rues de la ville a contribué à faire monter la colère déjà présente parmi les manifestants ; on y découvrait des photomontages de portraits de ministres actuels (dont Castaner, fortement représenté évidemment puisque local de l’étape) et de Macron avec des blessures (réelles) infligées par des Flashball de la police et de la gendarmerie tirés en pleine tête (bien évidemment interdit mais très répandu et systématiquement couvert par la justice), avec en légende le prénom des (vrais) blessés et la date de la « bavure » policière lors des actes jaunes du samedi …suggestif, choquant et extrêmement mobilisateur… quelques illustrations ci-dessous

Étrangement quand même, la manifestation a cependant débuté de la place de la mairie dans une ambiance plutôt bon enfant et disciplinée, plutôt à l’image des défilés syndicaux inoffensifs que des précédentes mobilisations jaunes des derniers mois…il faut dire que le parcours était déclaré en préfecture et que les organisateurs appelaient à une manifestation exclusivement pacifiste, et tutti quanti… Quelques slogans et banderoles suggestives, mais plutôt plan-plan. De rares drapeaux français, en tout cas beaucoup moins nombreux que les désormais cultes « fachés mais pas fachos ».

Arrivés devant la sous-préfecture, une délégation d’une 15aine de gilets jaunes (auto-désignés?) est reçue une petite demi-heure par le directeur de cabinet du préfet, et ressort totalement désabusée par les non-annonces du haut technocrate qui conseille aux manifestants de participer au grand débat national lancé par le génial président français…et puis c’est tout !

Et c’est là que l’ambiance change, la foule n’attendait que l’étincelle de rage qui lui manquait pour déborder le plan déposé d’avance…Une bonne centaine de manifestants déterminés se retourne et avance dans la direction du barrage de gendarmerie qui interdit l’accès à la « rue de Castaner », où se trouve sa maison privée, gardée 24/24 par des dizaines de gendarmes depuis que quelques gilets jaunes locaux un peu taquins étaient allé y jouer à « 1 2 3 soleil »…puis accusés au parlement par Castagner d’avoir tenté d’attaquer sa maison, et sa femme et sa fille qui s’y trouvaient…menteur en plus Christophe !

Quelques minutes suffisent pour faire monter la pression, une 1ère échauffourée et un bon gazage dans nos gueules (m’enfin, doivent pas être bien formés au lacrimo les bleus du coin, pour 2 manifestants bien atteints…5 flics sur le tapis hahaha!) et c’est toute la manifestation (à part les quelques gentils organisateurs collabo et soit-disant responsables « si quelqu’un perd un œil ») qui s’enflamme contre les flics, projectiles, insultes et nouvelles tentatives de forcer le barrage, malheureusement vite renforcé par une petite compagnie de CRS robocop arrivés en renfort, sous les huées…et une Marseillaise plus gueulée que chantée, plutôt vécue comme un chant insurrectionnel que patriote (contre les flics…c’est assez fort!). Certains continuent de fixer le barrage (bravo aux malins creveurs de pneus!) tandis que d’autres tentent de contourner le dispositif par les petits rues adjacentes…mais se retrouvent également bloqués par un nouveau barrage à quelques dizaines de mètres de la maison du ministre de l’intérieur…

Après une bonne demi-heure de tensions, la manif’ finit par repartir tranquillement vers la mairie, et continuera un plus tard ses déambulations dans la ville, notamment en direction du rond point historique de la mobilisation locale, évacué quelques semaines plus tôt, et occupé ensuite par les flics par crainte de réoccupation immédiate. Tout le monde se disperse ensuite au retour en centre ville, en se donnant RDV les jours suivants sur des rond-points, péages ou réunions d’organisation ou d’échanges…en espérant se retrouver encore réunis d’ici peu pour une nouvelle manifestation massive comme celle d’aujourd’hui. Un petit reportage vidéo d’un gilet jaune laragnais présent à Forcalquier à voir ici

Même si la manif’ n’a connu qu’un bref moment offensif ce samedi, et que le rapport de force avec les flics n’a pas été renversé (alors qu’il y avait la place!), on pouvait vraiment sentir une colère et une détermination suffisamment partagées pour imaginer que les prochaines retrouvailles du même type pourraient déboucher sur des actions plus fortes, notamment si de petits groupes décidaient de s’organiser un minimum, comme on a pu déjà l’observer chez certains cette fois-ci. L’idée de faire changer la peur de camp en s’attaquant aux responsables du carnage social actuel (ministres, députés, grands élus, patrons…) partout où ils se trouvent, y compris dans leur « vie privée » semble se répandre parmi les participants au mouvement, conscients de la puissance d’une telle arme diffuse. A côté de ça, la dénonciation des violences policières était vraiment unanime, marquant sûrement un nouveau virage pour le mouvement (comparé aux premières semaines d’occupation dans les hautes-alpes où les flics étaient considérés comme protecteurs et soutiens des revendications des gilets jaunes…). Une couche supplémentaire a encore été mise le lendemain à Gap pour la marche des femmes contre les violences policières, où plus de 200 personnes ont continué d’appuyer là où ça fait mal à notre ami Castaner (un reportage vidéo ici), même si paraît-il que l’ambiance était moins offensive que la veille, avec un parcours et des interventions très cadrées et décidées d’avance…

Et ça continue ! A priori samedi 26 à Manosque pour une nouvelle grande manif’ des Alpes du Sud ?!

Un gilet jaune déter

PS : spéciale « dédicasse pourrie » au Daubé qui a repris mot pour mot le communiqué des flics de la préfecture sur les événements de Forcalquier : attention journalistes collabo, choisissez bien votre camp, on vous retrouvera !

Grand enfumage national : le tyran Macron annoncé jeudi 24 janvier dans la Drôme à Valence pour un repas entre notables à la préfecture !

Destiné aux alliés du Pouvoir, aux naïfs et aux larbins de tout poil, le grand enfumage consultatif continue.

Le tyran en chef devrait venir souiller la Drôme par ses blablas en enfumages jeudi 24 janvier, pour un déjeuner entre notables.

Hélas, il y a aura toujours des gogos, des larbins LREM et divers élus qui seront là ravis de se faire servir la soupe à grosses louchers.
Ils préparent déjà leur gamelle, toujours prêts à montrer leur allégeance au régime.

- Sur fRance Bleu :

Il prévoit un déjeuner avec les préfets et les présidents d’associations d’élus de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les autorités se préparent à une visite du chef de l’État ce jeudi dans la Drôme. Emmanuel Macron serait accompagné d’un des deux ministres chargés du grand débat national : Emmanuelle Wargon ou Sébastien Lecornu.

Le chef de l’Etat serait attendu vers 12 heures à Valence. Il prévoit de déjeuner en préfecture avec une soixantaine de convives : les présidents des associations des maires dans les 12 départements de la Région, les présidents des maires ruraux, les 12 préfets de la Région et quelques élus.

Il est possible qu’Emmanuel Macron se rende également à Bourg-de-Péage, la ville de son ministre de l’agriculture Didier Guillaume. Le drômois l’accompagnera certainement dans son déplacement

  •  Débat national en présence du ministre de l’agriculture Didier Guillaume
    JEUDI 24 JANVIER A 16H30 à la Maison des associations François Mitterrand (2 avenue de Mindelheim – Bourg de Péage).
    Attention le nombre de places est limité : inscription obligatoire uniquement au 04 75 72 74 12 de 8h30 à 19h.
  • Voici ce qu’a publié le Daubé :
    Le président de la République poursuit ses déplacements en province dans le cadre du Grand débat national. Ce jeudi, Emmanuel Macron devrait venir à la rencontre des maires du territoire dans un cadre plus restreint que ces dernières interventions dans l’Eure et dans le Lot. C’est à la mi-journée ou en fin de matinée, d’après nos informations, que le président devrait gagner la Drôme, terre de Didier Guillaume, actuel ministre de l’agriculture.

Lire la suite sur le site Ricochets…