Racket des migrants par des agents de la PAF : deux pandores passent au tribunal

Deux agents de la PAF (Police aux Frontières), François Maison et Joffrey Carron,  sont passés en procès au tribunal de Gap jeudi 2 juillet. L’un pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », l’autre pour « usage de faux en écriture » et « détournement de fonds publics ».

Une nuit d’août 2018. Comme tant d’autres, deux jeunes exilés passent la frontière avec quelques effets personnels et leur argent. Comme tant d’autres, les agents de la PAF les amènent au poste de police, les fouillent, leur dépouillent leur argent et les réconduisent à la frontière.  Découvrant le forfait, les deux personnes décident de retourner au poste frontière pour réclamer leur dû. Ils mettent un téléphone en mode enregistrement pour garder une trace de la conversation que voici :

En bref, d’abord le déni. Puis la classique inversion des rôles (« attention c’est grave t’accuse la police ») avec menaces de poursuites 1 et d’expulsion (« demain t’es dans un avion Paris-Tripoli »). Puis les menaces physiques et le passage à l’acte, on entend que les flics les molestent pour les faire partir.

Les deux pandores détournaient aussi l’argent des amendes prélevées sur des usagers de la route étrangers.

Le procureur ne demande que du sursis, pas de dommages ni d’amendes : comme d’habitude la justice couvre la police, les deux institutions jouant main dans la main leur rôle répressif.

On pourra lire un article plus détaillé sur Bastamag :
https://www.bastamag.net/police-racket-violence-sur-mineur-detournement-de-fonds-publics-refugies-proces-PAF-Montgenevre

L’article  relatant les faits sur Vallées en lutte en 2018 :
Autre article sur la situation à la frontière :
1 On pense aux nombreuses personnes voulant porter plainte contre les violences policières et qui se retrouvent accusées d’outrage et rebellion.

[Radio] Sous les glaciers la rage # fèv 2020 – en réécoute !

Et pour ce mois ci dans l’émission d’infos haut-alpine diffusée sur radio zinzine et radio dragon, on retrouve des histoires de menaces de mort contre un réalisateur pro-loup, une première mobilisation réussie des saisonniers contre les réformes du chômage et des retraites, quelques prémices des joutes pour les élections municipales…avant un reportage lors de la journée santé-exil du 1er février dernier à Gap…le tout agrémenté de petites sélections musicales variées…sans oublier un agenda du tonnerre ! Bonne écoute !

 

Pour une écoute agréable sans coupure, vous pouvez faire un click droit sur la piste de lecture puis Enregistrer la cible du lien sous et enregistrer le fichier sur votre ordinateur, pour l’écouter ensuite tranquillement

13 Février : Procès des deux maraudeuse.eur.s

Mise à jour 13 février : le « verdict » en correctionnelle à Gap reconnu coupables les deux prévenu.e.s (appréhendées lors de maraudes) des deux chefs d’inculpation (outrage à agent et refus de signalétique) et les a condamné.e.s chacun.e à 600 € d’amende avec sursis total, et solidairement à 150€ de dommages et intérêts en faveur de chacun des cinq militaires constitués partie civile, à l’exclusion de leurs frais de justice. L’interjection en appel n’est pas encore décidée.


 

Le jeudi 13 février prochain, deux maraudeuse.eur.s passent en procès au tribunal de Gap pour « outrage sur agents » et « refus de signalétique» suite à une maraude effectuée le 26 novembre dernier.

Ce procès s’inscrit pleinement dans le contexte de répression qui existe aujourd’hui aux frontières et partout ailleurs, sur les personnes en soutien mais aussi et surtout sur les migrant.e.s.

Effectivement, les intimidations et la répression qu’exerce l’État sur les personnes solidaires à travers des contrôles ciblés, des amendes, du harcèlement policier, des procès,etc., ne sont qu’une petite partie de l’arsenal de répression mis en place par les autorités dans le cadre des politiques anti-migratoires.

Les contrôles au faciès, les tabassages et vols de la part des flics, le parcours du combattant en préfecture, la non prise en charge des mineurs dans certaines villes, l’enfermement en CRA (Centre de Rétention Administratif) dans des conditions atroces, les expulsions réalisées « parce que ton pays n’est pas considéré comme suffisamment dangereux » ou alors juste que la France s’en fout.

Tout ceci est le quotidien que peuvent vivre les gens arrivant ici sans les bons papiers.

Ces répressions orchestrées par l’État et mises en place par le duo Police-Justice semblent viser toutes les personnes et organisations considérées comme indésirables, toutes les formes de solidarités n’étant pas au profit de leur nation, toutes les formes d’actions ne s’inscrivant pas dans leur patriotisme.

Face à ces politiques mortifères, continuons à nous organiser !

Rendez-vous Jeudi 13 février dès 8h30 devant le tribunal de GAP.

N’hésitez pas à faire passer l’info

Feu aux frontières

Tract pour diffusion

Week end contre les frontières et les déportations

Week-end d’évènements contre la frontière !

SAMEDI 11 JANVIER
RASSEMBLEMENT AU CPR DE TURIN (CORSO BRUNELLESCHI)
RDV A 14h30 PIAZZA CASTELLO, AMENE TON VELO !
Rdv à 16h devant le mur du CPR à l’angle du cours Brunelleschi et de la Via Monginevro.
En cas de pluie, rdv à 15h Piazza della Repubblica au niveau du portique devant le kiosque.

DIMANCHE 12 JANVIER
JOURNEE A LA FRONTIERE
RDV A 11h DEVANT L’EGLISE DE CLAVIERE, AMENE TA LUGE !
REPAS PARTAGE

Les frontières intérieures se multiplient et se perfectionnent. Des rafles, des caméras de reconnaissance faciale,interdiction de territoire, lois de sécurisation.
Les murs extérieurs ne font qu’augmenter : des frontières économiques et sociales créées pour sélectionner, contrôler, exploiter. Des frontières composées de gardes, de documents, avec une marée d’argent européen.
L’UE devient de plus en plus une forteresse, avec des murs extérieurs construits directement en Afrique, et des systèmes de sélection et d’expulsion de plus en plus sophistiqués.
En attendant, de nouveaux CRA s’ouvrent en Italie, des centres permanents de rapatriement. Des prisons où les rébellions ne s’arrêtent jamais. Il y a deux semaines, les prisonniers du CPR de Bari ont brulé la prison et depuis elle est fermée. A Turin, les révoltes sont quotidiennes. Mais le décret Minniti a sanctionné la naissance de nouvelles lagers, et le nouveau CRA de Gradisca a déja commencé a fonctionner. Puis ce sera le tour du CPR de Macomer, en Sardaigne. Et les CPR de Milan et de Modène sont attendus.

En Valsusa, à la frontière franco-italienne, les personnes sans le « bon document » continuent d’être bloquées et persécutées par les différentes polices. Chasse à l’homme dans la neige, contrôles racistes dans les villes et sur les moyens de transport. Pendant ce temps, ces mêmes montagnes sont traversées par des milliers de touristes, de sorte que la frontière n’existe pas.
Invisibiliser, taire et réprimer sont les mots clés autour desquels se retrouvent les gardiens et les acteurs du tourisme.
Brisons l’indifférence de ces pistes !

Pour un monde sans frontières ni autoritarisme.

PS : ces derniers temps les personnes encagées au CRA de Turin ont réussi à briser une partie de leurs chaînes en incendiant leur geôle : cf https://www.passamontagna.info/?p=1275&lang=fr

Communiqué du CESAI suite à la décision du tribunal

Mardi 10 décembre la cour d’appel de Grenoble a rendu son verdict : le CESAI bénéficie d’un délai de sept mois avant l’évacuation des lieux.

Nous nous doutions que le verdict accordé en première instance à Gap nous accordant 30 mois de délai ne serait pas suivi par le tribunal de Grenoble : en effet nous ne nous faisons pas d’illusions sur ce que pourrait accorder la justice bourgeoise en faveur des migrant.e.s.

Cela confirme l’hypocrisie des pouvoirs publics se dédouanant de leurs responsabilités de venir en aide aux éxilé.e.s. tout en criminalisant les personnes qui le font. Outre la pression sur les lieux d’habitation, nous rappelons que de nombreuses personnes ont été poursuivies suite à des actions de solidarité, écopant de prison ferme et/ou de sursis.

Le maire prétend que ce n’est pas de sa compétence de gérer cette situation, allant jusqu’à refuser l’ouverture d’un centre d’accueil proposé par l’État. Depuis plusieurs mois nous assistons au jeu de la patate chaude où mairie et état se renvoient la balle.

Expulser le CESAI ne nous effacera pas du paysage gapençais : bien au contraire nous continuerons à lutter contre les frontières, la précarité et les problèmes de logement.

Que Roger se prépare car 2020 sera une année mouvementée !

Plusieurs centaines de personnes refoulées chaque semaine à la frontière franco-italienne à Vintimille

Ci-dessous, plusieurs rapports du collectif Kesha Niya publiés récemment
et témoignant des refoulements en augmentation et des violences
policières à la frontière franco-italienne à Vintimille.

Pour plus d’infos : https://www.facebook.com/KeshaNiyaProject/

 

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Hello, this is our weekly border report from the 03.- 09. November.

Bonjour à tou.te.s

Au cours de la dernière semaine (03.11.-09.11.), Nous avons rencontré à Grimaldi Inferiore 631 personnes qui avaient été arrêtées par la police française et renvoyées en Italie. C’est de loin le plus grand nombre depuis le début de notre collecte de données, les chiffres augmentent très rapidement ces dernières semaines. Nous savons qu’un total de 648 personnes ont été renvoyées en Italie. Ces 17 personnes supplémentaires sont arrivées à Vintimille en bus public, avec la Croix-Rouge ou la police italienne, raison pour laquelle nous ne les avons pas rencontrées directement.

Le nombre total de personnes déportées comprend 34 femmes, dont au moins 3 femmes enceintes, 24 mineurs voyageant seuls et 18 enfants (âgés de quelques mois à 13 ans) accompagnés d’un membre de la famille.

Les chiffres ci-dessus n’incluent pas environ 25 personnes déportées de Vintimille à Tarente.

Cette semaine a été celle où nous avons enregistré le plus grand nombre de rapports de violence de la police.

Mineurs

Sur les 24 mineurs non accompagnés que nous avons rencontrés, nous pouvons signaler deux incidents particuliers qui se sont démarqués.

Nous avons rencontré un jeune de 17 ans qui souffrait de diabète mais n’avait pas les médicaments nécessaires. Il est arrivé avec un pied très enflé, ce qui est probablement dû à son manque de soins médicaux.

Un autre adolescent de 17 ans a déclaré qu’il avait été gazé (spray au poivre) pendant sa détention dans les conteneurs.

Violence policière

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, environ 80 personnes étaient dans les conteneurs. Plusieurs personnes nous ont signalé qu’au cours de la journée du 3, la police pénétrait régulièrement (au moins toutes les heures) dans les conteneurs et utilisait du spray au poivre sur un grand nombre de personnes. Ils ont ensuite souffert de nausées et de problèmes respiratoires après plusieurs utilisations. Un homme a dû vomir plusieurs fois au cours de cette journée. Lorsqu’il est arrivé à notre niveau, il a eu de grandes difficultés à respirer et était incapable de parler. Nous avons dû l’emmener aux urgences.

Trois personnes nous ont dit avoir également été aspergées de gaz lors de leur libération. L’un d’entre eux a déclaré qu’il avait également été frappé par la police à ce moment-là.

Quelqu’un nous a signalé qu’à 13 heures, toujours le 03/11, 6 personnes avaient été libérées. Peu de temps après la libération, la police est revenue dans les conteneurs et a annoncé qu’une autre personne pourrait sortir. Un homme s’est rendu à la porte de sortie et quand il y est arrivé, il explique qu’il a reçu un coup de poing au visage, a été directement gazé et a reçu un coup de pieds à la hanche. Il est tombé au sol et s’est blessé 2 doigts que nous avons vus très gonflés, c’était aussi le cas de sa lèvre. Beaucoup de personnes étaient présentes à ce moment et ont confirmé l’histoire. (Voir photo)

Plusieurs personnes ont également parlé d’un autre incident: Au cours de la journée, nombre d’entre elles ont demandé de la nourriture à la police française parce qu’elles étaient détenues depuis de nombreuses heures déjà, mais on leur a répondu qu’il n’y en avait pas. Ces personnes ont cependant déclaré que certains policiers avaient jeté leurs restes de pommes et de biscuits de l’extérieur vers la cour intérieure des conteneurs.

Une personne nous a dit qu’elel avait demandé à la police française de me libérer car tous ses amis l’avaient déjà été. La demande a été refusée. Plus tard, il a essayé de sortir quand les personnes suivantes ont été relâchées, même s’il n’était pas autorisé à le faire. Il a ajouté que les policiers présents avaient remarqué la tentative et l’un d’entre eux lui avait donné un coup de coude au visage/nez. Il s’est ensuite fait insulter en se faisant libérer. Deux personnes de notre groupe ont vu cette personne sortir des conteneurs en se tenant le nez. Quand nous sommes allés lui demander ce qui s’était passé, il a juste dit qu’il avait été frappé au nez. La même personne aurait déjà demandé de la nourriture pendant sa détention et aurait reçu du gaz poivré au visage.

Lorsqu’une personne a été libérée des conteneurs, il a constaté que son chargeur et son argent n’étaient plus dans son sac et a tenté d’alerter la police. Il témoigne que le policier a utilisé un pistolet paralysant (taser à main) sur sa cuisse gauche et l’a exhorté à disparaître.

Juste après la rencontre avec cet homme, deux autres personnes ont expliqué qu’un policier français avait menacé d’utiliser son Taser déjà allumé contre eux quand ils lui avaient demandé de récupérer un récépissé de demande d’asile gardé par la police. L’un d’eux a été renvoyé en Italie alors qu’il est demandeur d’asile en France. Selon lui, la police française aurait volé son récépissé valable et sa carte d’assurance maladie italienne. Leur raison serait que des noms différents figurent sur les deux documents.

Quelqu’un est arrivé avec une petite tache de sang sur le nez. Il a déclaré qu’un policier l’avait frappé lors de sa libération.

Deux hommes ont indépendamment demandé à la police française de la nourriture pendant leur détention dans les conteneurs. Tous deux ont dit que la police a utilisé du spray au poivre contre eux et en ont frappé un à l’oreille. (Image)

Le 06/11, les 40 premières personnes qui sont venues nous voir dans la matinée ont été relâchées au même moment. Plusieurs femmes arrêtées la veille par la police française ont souligné que pendant la nuit, il n’y avait pas de séparation entre les sexes, toutes personnes étaient maintenues ensemble (femmes, hommes et enfants).

Une de ces femmes nous a raconté son expérience pendant sa détention dans les conteneurs. Nous avons enregistré son témoignage. Elle y disait qu’elle se rendait en France en train pour suivre un traitement. A 19 heures le 05/11. Elle a été arrêtée par la police française dans le train à Menton-Garavan.

Durant sa détention dans les conteneurs, elle a demandé de l’eau à la police. Ils ont répondu qu’elle devrait boire l’eau des toilettes. Elle nous a également dit que la police lui avait volé 500 € et sa carte médicale. Lorsqu’elle a demandé à récupérer ses biens, un policier lui a donné un coup de poing au visage.

Nous avons reçu plusieurs confirmations de témoins oculaires de ce fait, y compris une petite fille de 6 ans. Sa famille et elle-même ont dit qu’elle était très effrayée après avoir vu cela. La fillette et sa famille ont passé la nuit du 05 au 06 novembre dans des conteneurs et pendant la détention elle a eu de la fièvre. La famille a demandé une l’aide médicale, mais la police a répondu que c’était normal.

Une jeune femme de cette famille nous a également dit que lorsqu’elle était en détention, elle avait demandé à la police un médecin parce qu’elle avait un coude très douloureux (suspicion d’entreprise). Le médecin n’a pas été consulté et aucune autre aide n’a été fournie.

Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils dormaient à même le sol et que la police a fait fonctionner la climatisation pendant la nuit.

Une personne nous a dit qu’elle avait demandé de la nourriture à la police française pendant sa détention. Il aurait ensuite été frappé par un policier.

Plusieurs personnes cette semaine ont expliqué que la police les frappaient quand ils demandaient quoi que ce soit.

Une autre personne nous a dit qu’un policier français l’avait insulté après qu’il ait demandé de l’eau. C’était sa deuxième nuit en détention, la premiere il a reçu un coup de poing à l’oreille, comme indiqué ci-dessus.

Cet homme faisait partie d’un groupe de personnes arrêtées dans les montagnes dans la nuit du 5 au 6 novembre. Tandis que la police amenait cette personne dans le conteneur, il raconte avoir été frappé avec une matraque au niveau des genoux. (Voir l’image).

2 autres hommes voyageant avec lui nous ont raconté que la même chose leur était arrivée.

L’un d’eux a déclaré avoir également été giflé à plusieurs reprises aux deux oreilles par un policier portant des gants renforcés. Lorsque cette personne est entrée en contact avec nous, il ne pouvait plus bien entendre d’une oreille.

L’autre a déclaré avoir été frappée par un des policiers français sur l’un de ses tibias. Nous avons enregistré son témoignage.

Un 4ème homme a été blessé sur l’arcade sourcillère gauche, il n’était pas clair s’il s’agissait d’un coup de poing ou d’un coup de tête. (Voir photo)

Toujours le 6, les 40 premières personnes libérées ont presque toutes déclaré avoir été gazées. 28 autres cas ont été rapportés au cours de la semaine.

Le 7, un homme a expliqué que lors de son arrestation, l’un de ses poignets était attaché à celui d’un jeune homme de 17 ans par des câbles en plastique. Comme ils étaient trop serrés, il a demandé à la police française si elle pouvait les relâcher un peu. En réponse, ils l’ont giflé et lui ont donné un coup de pied au tibia.

Nous avons rencontré une femme enceinte avec un gros bleu au front. Elle a déclaré avoir été battue par un policier français.

Une autre personne nous a dit que la police française avait volé le reçu prouvant le renouvellement de ses documents italiens.

Nous avons entendu parler de trois cas dans lesquelles la police a gardé des personnes entre 21 et 22 heures dans des conteneurs. Beaucoup plus entre 10 et 16 heures.

Kesha Niya

 

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Hello folk’s, this is our weekly border report from the 27.10.- 02.11. It’s in French and English. Next one is following soon.

Cette semaine (27-10 – 02-11), nous avons rencontré 565 personnes à la frontière franco-italienne, à Grimaldi Inferiore, qui ont été arrêtées par la police française puis refoulées en Italie. Encore une fois, le nombre le plus élevé a été dépassé depuis le début de la collecte de données. De plus, nous savons que 6 autres personnes ont été refoulees, mais ne sont pas entrées en contact directement avec nous. Ces 6 personnes se sont rendues à Vintimille en bus, avec la Croix-Rouge ou la police italienne. Donc, au moins 571 personnes ont été refoulées.

Les chiffres susmentionnés (565/571) comprennent 14 mineurs non accompagnés, 18 femmes (une enceinte), 5 enfants et un mineur non accompagné, que la police italienne, sans notre intervention, a ramenés en France.

Mineurs

Parmi les 14 mineurs rencontrés cette semaine, ces 4 cas se distinguent plus particulièrement.

Un adolescent de 14 ans a été enregistré par la police française en tant qu’adulte âgé de 40 ans (1979 avec refus d’entrée) et la police italienne l’a apparemment enregistré avec 4 empreintes digitales comme ayant 40 ans. Nous sommes retournés voir la police italienne avec le jeune homme de 14 ans et leur avons demandé comment cette erreur d’enregistrement évidente pouvait se produire. La policière présente a déclaré qu’elle ne pouvait rien faire à ce sujet et que, pour le moment, il n’y avait aucune connection avec la base de données de l’État. Il faut se demander si c’était vraiment le cas, car les empreintes digitales avaient été prises juste avant et cela n’est possible que si l’accès à la base de données est disponible et si le système d’enregistrement est fonctionnel. En outre, il est souvent arrivé par le passé que, lorsque nous sommes retournés avec des mineurs à la police italienne, le système d’enregistrement ne fonctionne pas comme par hasard.

Le lendemain, le même adolescent a de nouveau été repoussé par la France, mais cette fois, il avait 19 an et plus 40 sur le papier français.

Un jeune homme de 16 ans, enregistré en Italie comme ayant 20 ans, était en possession de tous ses documents officiels de Côte d’Ivoire confirmant qu’il avait 16 ans, mais ne les a pas montrés à la police car il avait peur de se les faire voler.

On nous a parlé de deux cas de violence contre des mineurs.

Le 2 novembre, un jeune âgé de 17 ans aurait été frappé au nez par la police française. Il a dit qu’il avait 20 ans parce qu’il ne voulait pas être séparé de ses amis. La police française aurait également utilisé du spray au poivre lors de sa libération. (Voir l’image)

La violence

Ce jour-là (2 novembre 2011), nous avons été informés d’au moins 24 cas dans lesquels la police française avait utilisé du spray au poivre sur des personnes lors de leur libération. L’une de ces personnes, après en avoir recu au visage, a perdu conscience, est tombée au sol et s’est blessé au genou. Ses amis ont rapporté que la police française lui avait donné des coups de pied alors qu’il gisait inconscient sur le sol.

Au cours de cette semaine, nous avons entendu parler de 17 autres situations dans lesquelles des policiers français ont pulvérisé du gaz au poivre lors de libérations des algecos.

Un homme nous a expliqué qu’à 21 heures, le soir du 27 octobre, il était près d’un tunnel sur l’A8, dans les montagnes au-dessus de Menton. Il était sur un chemin qui mène à Menton et a réussi à se rapprocher d’une propriété privée. L’instant suivant, il entendit quelqu’un crier « Stop ». Il se retourna et courut vers l’Italie. Il raconte avoir alors entendu des coups de feu. Il a pu rentrer en Italie sans être arrêté. Avant tout cela, cette personne a vu un groupe de 5 personnes qui ont également tenté de franchir la frontière à pied. Ce groupe a été arrêté dans les montagnes par l’armée française et nous a rencontré le lendemain, confirmant que des coups de feu avaient été tirés à 21 heures.

Deux personnes auraient été frappées par des policiers français après avoir été arrêtées dans les toilettes d’un train.

Un homme a déclaré qu’il avait été frappé par cinq policiers français sur la voie 1 à la gare de Menton-Garavan à 18h12 le 31 octobre, jour de son arrestation. Il se souvient des auteurs, mais comme il s’est protégé la tête avec les mains lors de l’attaque, il n’a pas pu nous donner plus de détails.

Un policier français a demandé à des personnes détenues de lui donner des documents par la porte. Un homme a fait passer les siens à travers la porte et a signalé qu’à ce moment-là le policier lui avait claqué la porte sur mes doigts. Il était blessé quand nous l’avons rencontré.

Un activiste marocain des droits de l’homme a également été arrêté par la police française et placé dans les algecos. Pendant sa détention, il a fait une vidéo avec son téléphone portable, qui est en notre possession. Dans cette vidéo, diverses violations des droits et comportements qiestinnables de la police française ont été enregistrés. L’homme a demandé aux policiers français de demander l’asile politique et en retour ils se moquaient de lui. Une personne est allongée inconsciente sur le sol. Cela s’est produit après que la police ait utilisé du gaz au poivre contre les personnes privées de liberté. Nous pouvons également voir un homme qui demande de la nourriture et la police qui répond qu’il n’y en a pas. La mauvaise situation d’hygiène dans les conteneurs est également claire dans cette vidéo, nous pouvons voir les toilettes couler sur le sol. Le militant des droits de l’homme nous a dit que son ami et lui avaient dû signer le refus d’entrée qui leur appartenait avant que celui-ci ne soit rempli par la police française. Il a également signalé que, ce jour-là (29/ 10), la police est entrée dans les conteneurs à 13 heures et a utilisé du spray au poivre sur plusieurs personnes. Sur une autre vidéo qu’il a faite, on peut voir un autre homme inconscient en train d’être emmené hors des conteneurs par la police et d’autres personnes détenues à ce moment-là.

Deux personnes nous ont informé que la police française leur avait refusé l’aide médicale alors qu’elles avaient en leur possession des documents médicaux officiels et qu’elles les avaient montrées à la police. Dans le premier cas, il s’agissait d’une personne atteinte d’une maladie pulmonaire, confirmée par un médecin allemand de Cologne. La personne concernée a demandé de l’eau et des médicaments à la police. Ils ont d’après elle refusé les deux demandes.

Le deuxième cas était une personne souffrant de problèmes dentaires, confirmée par un médecin espagnol. La demande de soins médicaux qu’il a faite a également été refusée.

Dans un autre cas, un policier français a frappé un homme venant Mali. Il nous a également dit que ce policier avait volé sa carte bancaire par la suite.

Une personne nous a raconté qu’un policier français avait volé son récépissé expiré de demande d’asile en france.

Nous savons que 10 personnes ont été privées de liberté entre 12 et 23 heures par la police française. Nous pouvons supposer que le nombre de cas non signalés est beaucoup plus élevé, car des personnes sont détenues toute la nuit tous les jours et certaines d’entre elles ne sont pas parmi les premières à être libérées. Elles font souvent même partie des dernières à sortir.

Kesha niya

Et à ce lien, une vidéo prise clandestinement dévoilant les conditions
d’enfermement des exilés dans les locaux de la PAF à Menton :
https://www.humanite.fr/videos/police-aux-frontieres-menton-les-images-de-la-honte-680650?fbclid=IwAR1SMKE90EGHtwX0bp3-CYmvmCQuv9oG7L3HCgLhJgiXmotb3KOAEDx3j3I

LES CHAUFFEURS PARLENT ET RESALP SE TAIT…

La compagnie francaise Resalp gère plusieurs lignes de bus, dont l’une fait la liaison entre l’Italie et la France. Chaque jour, la ligne Oulx-Briancon permet aux passagers qui ne peuvent pas passer la frontière « légalement » de faire un bout de chemin.

Ainsi, ils descendent à Clavière, à quelques mètres de la PAF (police aux frontières) avant de rejoindre la France par les montagnes. C’est là que commence la chasse à l’homme, jours et nuits les flics traquent celleux qui n’ont pas les bons papiers.

Au poste de frontière, certains chauffeurs rapportent aux flics de la PAF le nombre de personnes descendues à Clavière, les informant par là meme du nombre de personnes à pourchasser. Cette conversation qui peut sembler anodine est en fait une quasi assurance de leur arrestation quelques heures plus tard dans la montagne.
Comment appeler ca autrement que de la délation ?

Tout ca sans parler des comportements humiliants et discriminatoires de quelques chauffeurs qui interdisent meme parfois aux personnes noires de monter dans le bus. Ces pratiques sont racistes, et pour ce que ca vaut, illégales.

La ligne Oulx-Briancon étant un passage obligé pour le franchissement de cette frontière, les chauffeurs qui y travaillent deviennent alors des indics parfaits pour la police. Se mélangent la responsabilité individuelle du chauffeur et celle de l’entreprise: les chauffeurs ne sont pas tenus de livrer des informations sur les passagers à la police, et l’entreprise doit garantir que ce passage d’infos n’aie pas lieu.

Tant que Resalp ne délivrera aucun message clair a ses salariées sur la position à adopter, la compagnie continuera de fait à collaborer et restera une extension du controle policier.

Passager/ère: ouvre l’oeil et ne sois pas complice !
Chauffeur/euse: ne parle pas à la police!

STOP A LA DELATION ET A LA COLLABORATION !

 

GLI AUTISTI PARLANO… E RESALP TACE. Su come gli autobus diventano strumenti repressivi

Compte rendu du procès du Cesaï à la cour d’appel de Grenoble

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du CESAÏ

Les dés sont lancés

Nous étions une quarantaine du CESAI à avoir fait le déplacement le 28 octobre dernier. Peu importe le temps que nous mettrions à poireauter devant le tribunal, il n’était pas concevable pour nous de ne pas être présent.e .s !!

C’est dans la salle 13 du palais de justice que se jouait l’avenir de plus de 6O habitant.e.s du Centre Social Autogéré de l’Imprimerie.

Ces derniers mois le maire de Gap a redoublé d’énergie afin de nous discréditer et de nous mettre la pression par tout les moyens, alternant recours juridiques, faux rapports de pompiers et communiqué de presse dégueulasse.

En vain. Toute cette agitation n’a fait que renforcer nos liens et notre motivation à nous battre.

Selon les dires des avocats de la ville et de l’EPFR, Roger Didier n’en dormirait plus la nuit.

L’affaire du CESAI l’affecterait tellement qu’il s’en cognerait la tête contre les murs. Serait est ce de la culpabilité ???

Dans la salle, c’était l’usine. Des affaires n’ayant rien à voir les unes avec les autres se succedaient à grande vitesse. Les magistrates n’accordaient que dix minutes à chaque avocat pour plaider. On se demande bien comment c’est possible de se faire une idée réaliste d’une situation un tant soit peu complexe en si peu de temps. Voire même comment rester concentré.e pendant 7h, en écoutant un flot de gens qui se contredisent sur les sujets les plus divers tout en parlant le plus vite possible…

Mais passons.

Il semblerait que la mairie tente de se rabibocher avec l’EPF, car iels les ont rejoint à la barre pour associer leurs plaidoiries sur les points suivants : ils sont rentrés par voie de fait, ils se mettent en danger en se mettant à l’abri et on va leur sauver la vie en les mettant dehors, le carré de l’imprimerie et ses 24 millions, et c’est pas notre responsabilité de loger les gens mais celle de l’état.

Ce dernier point est assez drôle si l’on se rappelle que Roger est passé sur Fr3 et sur Alpes 1 il y a deux ans pour annoncer qu’il s’opposait à la création, à l’initiative de l’état, de 80 places (soit à peu près la population du Césaï) pour mineurs isolés et demandeurs d’asile à Gap alors même qu’à cette époque il était en procédure pour expulser la maison Cézanne !

Délibéré le 10 décembre.

Une chose est sûre : la justice sociale ne s’obtiendra jamais dans un palais de justice…

Quoi qu’il en soit, nous expulser ne nous effacera pas du paysage, nous continuerons à lutter.

Si Roger veut retrouver l’esprit tranquille, il n’a qu’une chose à faire : nous octroyer un lieu légal d’accueil et d’hébergement. Aux normes ERP si ça lui chante.

Nous remercions toutes les personnes, associations, collectifs qui nous ont soutenu et nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous le 10 Décembre à 20h pour une auberge Espagnole ainsi que pour le verdict au CESAI.

 

CESAI COEUR DE VILLE FOR LIFE !!!!

Le CESAÏ a besoin de coups de main et d’argent !

Le CESAI, bâtiment occupé depuis octobre 2018 en plein centre-ville de Gap accueille une 60aine de sans abris de tous pays.

Les frais du quotidien sont minimisés grâce à la récupération d’invendus notamment.
Néanmoins, les dépenses minimales frôlent les 500€ /mois pour le gaz, les bases alimentaires, voire quelques travaux de rénovation.

En plus de COUPS DE MAINS (tout le monde est la bienvenue !), ce lieu indépendant a besoin de SOUTIEN FINANCIER.
On a donc mis en place un pot commun sur la toile pour couvrir ces dépenses mensuelles:
https://www.lepotcommun.fr/pot/t9rafseh

On compte sur vous tou.tes ! Parlez-en !
Une idée: donner peu mais régulièrement.

Merci à vous !

Pour plus d’informations : https://cesai.noblogs.org/

ALERTE pour les Solidaires des exilé-e-s : Risques d’arrestations et perquisitions dans les prochains jours

Des infos circulent en Haute-Durance sur des risques d’arrestations et de perquisitions de personnes solidaires des exilé-e-s dans les prochains jours, méfiez-vous et préparez-vous ! Voir notamment les conseils ci-dessous en cas d’arrestation ou de convocation

Cette information concerne les bénévoles, militants, maraudeurs, solidaires, actifs autour de la frontière franco-italienne.

D’après des informations fiables, le procureur de Gap Raphael Balland prévoit des ARRESTATIONS et PERQUISITIONS ciblées dans la Haute Durance ces prochains jours.

Pourquoi ?

Il y’a quelques jours de cela, deux maraudeurs sont interpellés à Montgenèvre sur le bord de la route. A bord du véhicule, ils ne sont que deux maraudeurs.
S’en suit une interpellation et le placement en garde à vue de l’un d’entre eux. Le second est relaché quelques heures après l’arrestation avec une convocation pour mardi prochain. Le lendemain, les gendarmes de la « Brigade Anti-Solidaire » de Briançon, le recontactent pour qu’il se présente dès à présent à la gendarmerie. Il refuse sur conseil de son avocat, en stipulant notamment qu’il est déjà convoqué mardi. Quand au premier maraudeur il est toujours en garde à vue à ce moment-là. Il y passera 48h et sera même gratifié d’une perquisition à son domicile. Les questions tourne essentiellement autour de Tous Migrants, de bande organisée, d’échanges de SMS entre solidaires…

La revanche d’un procureur humilié…

Ca se tire pour Balland. Bientôt fini les exactions dans les Hautes-Alpes, le voilà muté procureur à Béziers, chez Bébert le facho. Le départ est prévu pour cet automne, mais avant, Raphael Balland aurait envie de faire un coup d’éclat. Sa bande organisée, il y tient. Elle n’a pas tenu pour le procès des 3+4 de Briançon… humilié, il ne compte pas en rester là, et souhaite marquer véritablement son passage dans les Hautes-Alpes.
La brigade dite BAS a bossé tout l’hiver pour trouver les éléments capables de matérialiser « la bande organisée ».
Et puis bon, il faut bien justifier le salaire de ces 6 gendarmes, qui pour le moment n’ont pas obtenu de résultats des plus significatifs.

Alors, ATTENTION: Si vous avez des chaussures de marche, des cartes IGN, des jumelles, une voiture, un GPS, que vous connaissez Tous migrants, et que vous avez déjà été contrôlé aux abords d’un pic-nic solidaire… Vous êtes potentiellement de la BANDE ORGANISÉE.

 

Voilà quelques conseils sur quoi faire en cas d’arrestation ou de convocation

Mémorise le nom d’un-e avocat-e au courant de la lutte

En cas d’interpellation :
Ils nous embrouillent, embrouillons les !
Si tu es interpelé-e, alerte les personnes autour de toi pour qu’elles préviennent l’équipe légale.
Si tu es témoin d’une interpellation, appelle le numéro qui figure sur ce tract. Et donne : une description physique et vestimentaire de la personne arrêtée, ainsi que l’heure, les circonstances et le lieu de l’arrestation. Ne donne aucun nom au téléphone, ne donne aucune info sur les infractions commises (exemple : « mon ami était avec des migrants »). Si ça ne répond pas, laisse un message, avec les infos pour que l’on te rappelle plus tard. Puis n’oublies pas de rappeler pour signaler ta sortie de GAV, ou la sortie d’un-e de tes proches.

Soit tu es convoqué
Si tu reçois une convocation par la police ou la gendarmerie, tu dois t-y rendre obligatoirement.
Les convocations peuvent se faire par courrier ou par téléphone. Le lieu, la date et l’horaire de la convocation te sont précisés. Les auditions ont le plus souvent lieu au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Cette obligation s’applique quel que soit le motif de la convocation.
Si tu te rend de toi-même à la convocation, tu peux quitter les lieux quand tu veux lors de votre audition.
Laissez votre téléphone à la maison …
Si tu ne te rends pas à cette convocation, tu peux y être contraint par la force. Cependant, la police ou la gendarmerie ne peut pas entrer dans ton domicile sans ton accord pour venir t’ arrêter. Si les policiers ou gendarmes ont ton accord, ils peuvent venir vous chercher à votre domicile de 6h à 21h. Dans ce cas, tu peux être retenu pendant 4 heures dans les locaux de la police ou de la gendarmerie.
Si tu es officiellement soupçonné d’avoir commis une infraction (dès la convocation ou lors de l’audition),
• soit tu es entendu sous le régime de l’audition libre et tu peux
quitter les locaux quand tu veux.

• Avant l’audition libre, tu dois être informé de tes droits à 2
reprises, sauf si tu n’as pas été convoqué.

Lors de la convocation…
La convocation écrite indique :
• les éléments caractéristiques de l’infraction pour laquelle tu es mis en cause,
• ton droit d’être assisté par un avocat au cours de ton audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison.
L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle,
• les modalités de désignation d’un avocat commis d’office,
• et les lieux où tu peux obtenir des conseils juridiques avant cette audition.

Avant l’audition…
Juste avant l’audition, tu dois à nouveau être informé de tes droits par les policiers ou gendarmes :
• droit de quitter les lieux à tout moment,
• droit de connaître la qualification, la date et le lieu présumés de l’infraction,
• droit de garder le silence lors de l’audition,
• droit à l’assistance d’un interprète si vous ne comprenez pas le français,
• droit d’être assisté par un avocat au cours de l’audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison. L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• droit de bénéficier de conseils juridiques dans une structure d’accès au droit.
• soit tu es placé en garde à vue, qui est une mesure de privation de liberté.
• ta garde-à-vue (GAV) te sera signalée la première heure de ton arrestation. Elle peut durer 24 heures, puis être renouvelée une fois pour 24 heures de plus (sauf certains cas comme terrorisme ou bande organisée, où elle peut durer jusqu’à 144 heures). Dès que ta GAV t’est signalée, tu as le droit de voir un médecin (même si tu n’as pas de médocs à prendre, même si tu n’as pas reçu de coups pendant l’arrestation). Tu peux aussi demander à appeler un proche mais c’est la police qui le fera. Un avocat avec lequel tu auras un entretien peut, à ta demande, être présent pendant les auditions de ta GAV. Si tu n’en connais pas, tu en auras un commis d’office. Si vous êtes plusieurs au poste, laisse les avocats proches pour celles-ceux qui risquent le plus pénalement. L’avocat n’est pas forcément ton complice, tu n’es en rien obligé-e de tout lui raconter, ni de lui faire entièrement confiance.
C’est toi qui choisis ta stratégie de défense et qui définis ton attitude vis à vis de la police.

Stratégies de résistance et de non coopération : Pour ralentir le travail de la police, certain-e-s ne déclarent rien et refusent de décliner leur état civil. D’autres ne déclarent que le strict minimum (nom, prénom, lieu et date de naissance). Garder le silence est un droit. Lors de l’interrogatoire, tu peux répondre « je n’ai rien à déclarer » (différent de « je ne sais rien », ce qui revient à déclarer quelque chose). Plus elles sont portées collectivement, plus ces attitudes de défense sont efficaces et faciles à tenir. Quelle que soit la stratégie, ne donne surtout aucune info sur les autres interpellé-e-s, ni sur l’action. On ne balance jamais quelqu’un-e d’autre, et quoi que puissent en dire les flics, en dire plus n’écourtera pas ta GAV et peut compliquer ta défense le jour du procès.
Tu peux refuser de signer les documents présentés par les flics (compte-rendu d’interrogatoires, PV de sortie de GAV,…). Signer c’est reconnaître que tout s’est bien passé et s’empêcher de revenir sur les trucs dis ou subis pendant la GAV. Tu peux refuser les photos d’identité, les prises d’empreintes digitales, le fichage ADN et de donner tes codes de téléphone et d’ ordinnateur. Si ces refus constituent des délits en soi, refuser le fichage est une position politique.
En cas de comparution immédiate : A l’issu de la GAV, tu peux être emmené-e au tribunal où tu peux refuser d’être jugé-e une fois à la barre. Ce qui augmente le risque de contrôle judiciaire, voire de détention préventive. Cependant, les peines sont généralement plus lourdes en comparution immédiate. Refuser d’être jugé-e en comparution immédiate te permet de gagner du temps pour préparer ta défense. Si tu peux justifier d’un emploi et d’un logement, tu as moins de chance d’être placé-e en détention préventive.

Violence cachée dans les Balkans…

Un nouvel article de nos ami-e-s de Cevennes sans frontières

Les cas de violences policières à l’encontre des personnes qui tentent de franchir la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie à Velika Kladuša sont quasi-quotidiennes. Les témoignages rapportés par les collectifs et bénévoles solidaires présents sur place font état de dizaines de cas de personnes qui après leur tentative de passage reviennent avec les bras et les jambes cassés, des contusions où d’autres blessures. Ils décrivent tous les mêmes histoires encore et encore… Le mois dernier, Youssef est décédé dans la ville frontalière. Son histoire montre qu’outre la solitude, il y a de surcroît une perpétuelle « violence cachée » aux frontières de l’Union européenne. Une violence souvent invisibilisée, mais pourtant aussi mortelle qu’en mer. Nous proposons la traduction d’un témoignage paru initialement en anglais sur le site Izbjegličke priče, et consultable ici : https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/post/2019/06/05/violence-cachee-dans-les-balkans/


					

22 juin à la Roche de Rame – Grand appel d’air en soutien aux exilés, maraudeurs, coupables de solidarité…

Grande journée de soutien aux exilés, aux maraudeurs, aux coupables de solidarité… organisée par le comité de soutien aux 3+4+3+… de Briançon.

Concerts, films, discussions, village associatif, restauration et buvette… à partir de 10h au parc du chateau de la Roche de Rame et jusqu’à tard dans la nuit !

Prix libre de soutien

Programme, affiche et plus d’infos sur https://www.relaxepourles3plus4.fr/

Procès du CESAI le 4 juin – Appel à soutien

Message reçu des camarades du CESAI (centre social autogéré de Gap) :

Salut les ami.e.s !
Le 4 juin approche à grand pas, c’est de pied ferme que nous nous préparons à défendre le CESAI devant le tribunal. Peu importe l’issue du verdict nous continuerons à écrire notre histoire de manière subversive, on ne se fait pas d’illusions sur l’issue de cette audience, dans le meilleur des cas nous avons un délais, mais dans la finalité nous finirons par être expulsés.
Nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous devant le tribunal le 4 juin à partir de 13h30 pour un rassemblement festif.
Ramenez vos instruments de musique, vos envies et votre bonne humeur, il y aura tellement de choses à fêter qu’ aucune expulsion ne pourra assombrir cette journée.(l’Aïd, des anniversaires, peut-être un délai pour le CESAI)
Cela nous permettra aussi de continuer à tisser des liens entre nous : personnes, associations, collectisf, de parler de perspective et de créer du commun.Le CESAI c’est bien plus qu’une maison, c’est bien plus qu’un collectif c’est un projet qui s’inscrira au long terme dans le paysage Gapençais.La où Roger Didier divise, Nous, nous construisons des ponts.CESAI for life
Pour plus d’informations : https://cesai.noblogs.org/

Le lieu a besoin d’argent pour fonctionner (environ 500€ par mois) pour couvrir les dépenses de gaz, les bases alimentaires, les travaux de rénovation, etc. Pour contribuer en ligne : https://www.lepotcommun.fr/pot/t9rafseh

Sous les glaciers la rage #4 – Avril 2019

Au programme du 4ème opus de l’émission d’infos, luttes et alternatives des Hautes-Alpes SOUS LES GLACIERS LA RAGE sur Radio ZINZINE (diffusé en direct le 3ème jeudi du mois à 12h30 et rediffusé le samedi suivant à 19h et minuit) :

– des infos locales printanières autour de sujets toujours aussi chauds : désenclavement, réseaux internet, un conseil municipal chahuté, actus militantes

– une crétine des Alpes au top de sa forme

– un agenda toujours aussi foisonnant

– un disque du mois avec des musicien.es un peu énervé.es

– et pour finir le dernier épisode de la trilogie « L’intime face au corps médical »

Bonne écoute ! La bise

PS : pour envoyer des remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour les prochaines émissions : souslesglacierslarage@riseup.net

 

Harcèlements policiers et démantèlements des campements à Calais : Expulsion imminente du camp de Rue des Verrotières

Nous relayons un appel reçu ce jour venant de militant.es solidaires nous alertant sur les démantèlements des campements et les violences policières à Calais. Les contrôles, les violences policières et les harcèlements quotidiens notamment liés à la destruction des habitats précaires poussent les exilé.es à prendre toujours plus de risques lors de leurs tentatives de traversée de la frontière. Vendredi 8 mars, selon les médias, un jeune homme a été retrouvé mort dans la remorque d’un camion en partance pour le Royaume-Uni. Dimanche 3 mars, une centaine d’exilé.es réussissent à s’introduire dans l’enceinte du port de Calais et à monter dans un ferry avant d’être rattrapés par la police ; la préfecture annonce l’interpellation d’au moins 63 personnes. Frontières meurtrières, État coupable !!

Depuis des mois, tous les 2 jours, la police municipale, la PAF, les CRS, la gendarmerie et la préfecture démantèlent les camps de réfugiés à Calais. Les forces de l’ordre récupèrent tentes, couvertures, affaires personnelles des personnes déplacées.

Samedi soir, un avis d’expulsion a été installé au camp de Rue des Verrotières (environ 200 personnes y vivent), annonçant sa fermeture définitive et l’installation de clôtures/murs. Un “gros démantèlement” devrait avoir lieu dans les jours qui suivent (très probablement demain (mardi 12 mars) matin ou mercredi matin). 200 personnes se retrouvent ainsi à devoir chercher un autre endroit où s’installer. Des bus devraient être utilisés pour acheminer les personnes déplacées vers des centres d’hébergement, situés en dehors de Calais, ce qui les désavantage dans leur projet d’aller au Royaume-Uni. D’autres, si l’on se réfère au grand démantèlement du camp de Grande Synthe qui a eu lieu en octobre, seront arbitrairement amenées au Camp de Rétention de Coquelles, de Lille, aux postes de police, déposées sur
la route à quelques kilomètres de Calais. Les réfugiés se retrouvent ainsi dans une situation de vulnérabilité et de précarité encore plus grande.

 

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Cécile ! ya le téléphon’ qui son’ et ya person’ qui y répond !

Depuis le 1er janvier 2018, les demandeurs.ses d’asile de PACA sont obligé.e.s de se domicilier à la SPADA de Marseille, ce qui implique un nombre accru d’aller-retour pour chercher leur courrier entre autre.

Le 21 janvier, contrainte et forcée (paf !), madame la Préfète (Cécile Bigot Dekeyzer) nous a accordé une entrevue au terme de laquelle elle s’était engagée à tenter de trouver un moyen d’acheminer le courrier de la SPADA de Marseille jusqu’à Gap et à nous en informer sous quinze jours par mail. Le délai passé, nous les avons relancé et l’un des directeurs de cabinet nous a promi une réponse rapide par téléphone. Étant toujours sans nouvelles, nous avons décidé hier d’inonder collectivement leur standard téléphonique par des appels insistants. En fin de matinée, ils nous ont supplié.e.s d’arrêter (re-paf !) et nous ont envoyé un mail de réponse
en prétendant nous l’avoir déjà adressé le 8 février.

Après vérification, l’adresse mail n’avait rien à voir avec celle qu’on leur avait donnée. Mauvaise foi ou incompétence ?

Hormis faire le point sur la loi que l’on connaît déjà, aucune solution n’est apportée ni même envisagée. Ainsi la préfète fait preuve de la mauvaise foi habituelle du pouvoir, par exemple :

_ elle nie les difficultés rencontrées par les personnes au motif qu’ils.elles ne recoivent pas forcément un courrier toutes les semaines ou tous les mois, mais comment peuvent-ils.elles le savoir avant d’avoir ouvert leur boîte aux lettres ? Elle parle aussi d’alertes SMS, mais cela ne dispensera personne de faire l’aller-retour pour une simple lettre.

_ elle pretexte que les radiations ne sont pas automatiques en cas de non-consultation, nous invitant ainsi à jouer à la roulette russe…

Ci-dessous le mail recu avec en bonus l’adresse mail de la secrétaire générale de Cécile : est-ce une autre invitation à jouer ?

Mesdames, messieurs,
Veuillez trouver ci-dessous un nouvel envoi du mail de réponse adressé
comme convenu à M. S******* le 8 février 2019.
Cordialement.


-------- Message d'origine --------
De : Agnes CHAVANON <agnes.chavanon@hautes-alpes.pref.gouv.fr>
Date : 08/02/2019 21:22 (GMT+01:00)
À : m.s****n@gmail.fr
Objet : Éléments suite à entretien du 21/01/2019
Mesdames, messieurs,

Lors de notre entretien  du 21 janvier dernier, vous avez souhaité avoir des éléments complémentaires quant à la domiciliation des demandeurs d'asile, et évoqué les difficultés pour ceux résidant en Hautes-Alpes pour avoir accès à leurs courriers.

L’article L.744-1 du CESEDA, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2019, dispose que : « Le demandeur d'asile qui ne dispose ni d'un hébergement, au sens du 1° de l'article L.744-3, ni d'un domicile stable, élit domicile auprès d'une personne morale conventionnée à cet effet pour chaque département, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. ». Ainsi, pour les demandes enregistrées après le 1er janvier 2019, la domiciliation chez un tiers n'est pas possible.

S’agissant des organismes conventionnés pour la domiciliation d’un demandeur d’asile, la réglementation en vigueur prévoit la désignation d’un organisme pour chaque département, mais celui-ci n’y est pas nécessairement implanté. Pour les Hautes-Alpes, l'organisme conventionné est la structure de premier accueil des demandeurs d’asile (SPADA) implantée à l’adresse «Forum réfugié» à Marseille. En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la cartographie des implantations a été arrêtée par l'OFII.

Cependant, je vous informe que, par dérogation, l'OFPRA peut adresser les correspondances relatives à la demande d'asile à une adresse différente de celle de la domiciliation, si elle a été communiquée à cette fin par le demandeur lors de l'introduction de sa demande auprès de l'office.

Par ailleurs, vous avez évoqué la nécessité des demandeurs d'asile résidant dans les Hautes-Alpes de se rendre une fois par semaine à Marseille auprès de la SPADA pour récupérer leur courrier. 
Après renseignement pris, il apparait que les déplacements nécessaires ne sont pas systématiquement une fois par semaine, ni même obligatoirement une fois par mois, car d'une part, il faut qu'il y ait un courrier en attente, et d'autre part, les radiations après un mois  sans justificatifs ne sont absolument pas automatiques.
Par ailleurs des notifications par SMS ou mails aux demandeurs d'asile pour leur indiquer qu'ils ont un courrier en attente, leur évitant ainsi de se déplacer, sont en cours de développement.
Il ne m'a pas encore été possible de trouver avec l'OFII et le SPADA 13 les modalités précises pour faciliter la réception des courriers par les demandeurs d'asile dans les Hautes-Alpes, mais les réflexions ne sont pas terminées.

Tels sont les informations que je peux vous apporter à ce jour.

Bien à vous

-- 

Pour une administration exemplaire, préservons l'environnement.
N'imprimons que si nécessaire.

Sous les glaciers la rage #2 – février 2019

Et voilà en ré-écoute le tout dernier opus de Sous les glaciers la rage, émission d’infos sur les luttes et alternatives des Hautes-Alpes, diffusé (irrégulièrement pour l’instant !) sur Radio Zinzine !

Au programme de ce mois de février 2019 :

– des infos locales gratinées autour des frontières et des lieux d’accueil, du mouvement des gilets jaunes, de l’hôpital de Briançon et de « petits » projets nuisibles de l’Embrunais

– un duo de crétin-crétines des Alpes de compèt’

– un agenda aux ptits oignons

– un disque…heu non…un artiste du mois bien déter’

– et pour finir un chouette reportage autour de l’intime et du corps médical

 

 

 

 

A la prochaine, autour du 21-23 mars sur les ondes de Zinzine…et évidemment sur Vallées en Lutte !

Ah oui, on a maintenant une adresse mail pour recevoir vos remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour nos prochaines émissions !!! là voilà : souslesglacierslarage@riseup.net

 

Exilés – Action à la préfecture de Gap

Suite à l’occupation des bureaux de l’étage de la préfecture à Gap ce lundi matin à partir de 10h30 par des personnes solidaires des exilé-e-s (qui ont réussi à ressortir vers 12h30 sans donner leur identités, bravo !), la préfète a été obligée de donner un RDV cet après-midi même à une délégation de 6 personnes pour aborder le sujet du harcèlement administratif des demandeurs d’asile par l’État, et notamment la récente obligation de se domicilier à Marseille, rendant leurs démarches hyper compliquées depuis le 05 (allers retours en train incessants et à leurs frais  pour récupérer le moindre courrier…alors qu’ils sont logés dans le 05 !).

Mise à jour : l’entrevue avec la préfète n’a pas permis de faire évoluer la situation, celle-ci se réfugiant derrière des problèmes financiers. A l’évocation de la situation dans les Alpes-Maritimes où la préfecture a été condamnée à payer les frais de transport aux demandeurs d’asile, la préfète a suggéré de faire une procédure judiciaire pour faire appliquer la même mesure dans les Hautes-Alpes !

Nouveau sweat « sérigraphié maison » en soutien aux squats d’exilés, aux maraudes et à la lutte contre les frontières

De nouveaux sweats ont été sérigraphiés en soutien aux éxilés, au maraudes des lieux d’acceuil et à la lutte contre les frontières !

une série rouge et une série jaune
Ils sont vendus 25 balles pour soutenir les maraudes/squats.

Derrière

devant

Le prochain logo qu’on va imprimer sur sweats ou teeshirts ou papier
ça va ressembler à peu près à ça:

On cherche aussi pas mal de:
-fringues (teeshirts, sweats,…) issues de friperies, de couleur unies sans motifs imprimés,
-papiers grands formats mini A3, tous grammages,
-papiers autocollant,
-un stock de gilets jaunes…
Bref tous les supports imprimables.

Et pour cette nouvelle année qui commence, à ta santé et aux beaumettes!

Aux frontières de l’exploitation

Voir en ligne : Traductions en anglais et italien par ici

Ce 10 janvier 2019, deux camarades comparaissent devant le tribunal correctionnel de Gap. Ils sont accusés d’aide au passage illégal de la frontière franco-italienne, dans les environs de Briançon.
Il n’y a pas lieu de s’en indigner ni même de s’en étonner. Le contrôle des frontières et des marchandises et humain·es admis ou non à les franchir est une prérogative exclusive et essentielle des États.
Qui s’incarne au quotidien dans la persécution et la mise en danger par les forces de l’ordre des personnes qui tentent de rentrer et de séjourner en France sans les bons papiers.
Qui se traduit par la conclusion d’accords avec les chefs de guerre libyens, le roi du Manioc et autres dictatures, turque ou soudanaise. Le concept : l’externalisation des frontières. Les conséquences : des dizaines de milliers de vies englouties par le désert et la mer, le viol des femmes et la torture systématisées, l’internement de masse dans des camps de concentration, l’esclavage.
De Khartoum à Calais, des barbelés des camps libyens aux patrouilles nocturnes de flics dans la montagne, une seule et même politique.

Quiconque entend contester ce monopole du contrôle des frontières par l’État s’expose à une réaction du pouvoir. Réaction qui s’exprime dans ce tribunal par la voix du procureur et la future sanction des juges. Dans ce système-monde, la répression prend des formes multiples : elle est économique, policière, pénale, plus ou moins systématique et brutale selon la position à laquelle on est assigné dans l’échelle des dominations.

Carnage

Ce monde, ce système est un carnage. Un pillage sans limite de l’ensemble des ressources, rendant invivable une partie croissante des territoires que les gens sont obligés de quitter. Un carnage écologique qui se décline en extraction de la biomasse, désertification, appauvrissement des sols, assèchement et pollution massive des cours d’eau, fonte des réservoirs d’eau douce, disparition de la biodiversité et des pollinisateurs naturels, contamination chimique et nucléaire de territoires. D’Amazonie en Afrique centrale, en Mongolie, en Biélorussie ou au Japon. Partout.
Insécurité alimentaire de masse, famines, épidémies, génocides et autres fléaux s’abattent sur des pans entiers de l’humanité. Ils sont les effets et le cœur de la guerre, qu’elle soit économique, financière, ou militaire.

Le vivant en général est soumis à un comportement délirant, complètement cannibale, du système capitaliste. Tout est propre à devenir marchandise : de l’eau potable au corps des femmes, de l’AK-47 au fœtus.

Ce carnage laisse des traces irrémédiables de violence dans les histoires individuelles et collectives. Ce système sème la mort et le désert. Et plus que jamais, la misère et l’exploitation sont le lot commun de l’humanité dans son ensemble — ou presque. Dans un tel système, tôt ou tard, n’importe qui peut se retrouver et se retrouvera naufragé et devra partir pour chercher ailleurs où et comment survivre.
Dans cette guerre impitoyable contre le vivant et l’humanité, nous sommes toutes et tous des naufragé·es en devenir.

Dans cette logique, nous sommes tous·tes marchandises, ressources et fusibles de la logique de rentabilité du capital. La mondialisation s’est faite au profit de puissances industrielles et financières dans une logique de privatisation totale au prix d’une dépossession du plus grand nombre.
L’histoire des pays colonisés renferme son lot de souffrances et d’exploitation outrancières, de racisme, de négation de l’individu, de guerres, et de domination des puissances européennes.
Les monopoles industrialo-financiers occidentaux ont pu grâce aux soutien des États et de leurs armées, par l’influence et la corruption des possédants locaux des colonies ou ex-colonies, s’approprier toujours plus de matières premières, accroître leur production, s’abreuver de nouveaux marchés juteux, dans des régions où les coûts sont bas, le droit salarial quasiment absent et l’exploitation quasi-esclavagiste.

Marchandise humaine et compétition

Les migrations vers l’Europe, si marginales qu’elles soient par rapport aux mouvements migratoires dans le monde, ont généré un bruit médiatique phénoménal ces dernières années. Ces candidat·es à l’intégration représentent une aubaine à plusieurs titres. Boucs émissaires parfaits dans une période de rhétorique d’insécurité permanente, ils permettent d’acheter et de fabriquer l’électorat de l’extrême-droite. Ils justifient ensuite de renforcer aux frontières intérieures et extérieures de l’Europe, et sur tous les territoires possibles l’emploi de matériels et moyens de surveillance, contrôle, répression, enfermement, etc., un terrain de jeu et un marché lucratif pour l’industrie d’armement. Les nouveaux arrivant·es représentent enfin une main-d’œuvre idéale : arrivée auprès de l’employeur à ses propres frais, à un prix défiant toute concurrence locale, sans protection sociale ni sécurité au travail, rendue docile par les difficultés du parcours, et jetable dès qu’elle n’est plus utile.
Le patronat ne s’y trompe pas lorsqu’il affirme la nécessité de cette migration corvéable à merci. Comment pourrait-on alors encore aujourd’hui penser que l’immigration représente un problème alors qu’elle contribue à la croissance, si ce n’est pour s’assurer que les exploité·es soient mis en concurrence ?

Dans les anciennes colonies françaises comme en hexagone, on peut se retrouver à travailler pour les mêmes firmes transnationales, plus ou moins exploité·e selon que l’on dispose ou pas des bons papiers. On peut ici se sentir privilégié·e bien que « la crise » (qui n’est qu’une réorganisation de la production capitaliste) touche également la population voyant son niveau de vie reculer. Les licenciements massifs des pôles industriels (ex Arcelor Mittal) ruinent des vies ouvrières nombreuses et ne sont pas dus à la migration des humain·es mais à celle des machines et des investissements là où les coûts de production sont plus attractifs, plus « compétitifs ».

Les migrant·es sont accusé·es d’être des concurrent·es sur le marché du travail alors qu’illes sont d’autres exploité·es. Les camionneur·ses français·es ont douloureusement senti la venue des travailleur·ses d’Europe de l’est sous la forme d’une plus grande pression de leurs patrons sur les heures, le taux horaire, etc.

Le repli nationaliste, xénophobe qui se répand et peut apparaître comme une « menace pour la démocratie » est compréhensible dans ce contexte d’insécurité économique, de souffrance et de précarité qui ne sont que les effets concrets de la mise en concurrence violente du prolétariat.

Valeur(s)

Liberté, égalité, fraternité. Les valeurs invoquées par l’État dans son histoire moderne ont été et restent diverses manières d’habiller les logiques d’exploitation pour les justifier, et ce quelles que soient les références utilisées : supériorité raciale blanche, scientisme, positivisme, développement, droits de l’homme. Tous les universalismes nés dans les milieux intellectuels des pays conquérants ont été autant de valeurs mobilisées par la classe dominante pour la défense de ses intérêts propres, industriels, économiques, culturels, etc.

Loin d’être des idéaux que l’usure du fonctionnement des institutions démocratiques aurait dévoyés, ces valeurs ont été le drapeau avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde. Et ce drapeau n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Du reste, les chien·nes de garde du système, chroniqueur·ses autorisé·es et autres penseur·ses réactionnaires ne s’y trompent pas, qui ne s’appuient guère plus sur ces valeurs que pour justifier la fermeture de l’espace intérieur, où elles seront protégées d’un extérieur « barbare » : la sécurité éventuellement liberticide au nom de la liberté, ou encore l’égalité au sein d’une partie choisie de la population. Le déchainement de mépris, au nom des valeurs républicaines, qui a pu s’exprimer ces dernières semaines à l’encontre de celles et ceux qui ont pris la rue et les rond-point, affirmant leur refus d’être gouvernés et tentant de se relier et de s’organiser en conséquence, relève du même mécanisme. Là-bas, les « barbares », ici, les « foules haineuses ». En danger, les valeurs. Et pour les défendre, la force.

Aujourd’hui, l’État déploie une milice à ses frontières pour suveiller et traquer les éxilé·es. Des maraudes s’organisent pour leur porter secours, non pas par ce que la montagne, la neige et le froid sont en eux-mêmes des dangers, mais du fait de la mise en péril qu’entraîne ce déploiement sécuritaire. Et la justice pourchasse celles et ceux qui y prennent part. Le message se veut clair : quiconque entend traduire en actes des valeurs pourtant gravées au fronton de tous les bâtiments publics peut finir en taule.

Dès lors, peut on attendre d’un tribunal qu’il rétablisse, au nom de ces valeurs, un prétendu « État de droit » qui n’est, en définitive, rien d’autre que l’expression d’un rapport de forces, celui du totalitarisme capitaliste et des violences qui, partout, toujours, l’accompagnent ?
Peut-on même invoquer ces valeurs dans une sorte d’absolu qui évacuerait la question de fond des rapports d’oppression qui, pourtant, conditionnent la possibilité de leur réalisation ?
Nous ne voulons plus croire en ce mensonge. Dans la guerre qu’il mène contre le vivant et l’humanité, ce système, dont l’État n’est qu’un rouage, n’admet qu’une valeur : celle du profit.

Et alors ?

Quelle possibilité pour une lutte dans le Briançonnais, territoire où la classe prolétaire (saisonniers des stations et précaires du bâtiment) est atomisée et pour une part importante itinérante, donc peu organisée face à la classe exploiteuse, et qui se retrouvera à la rue quand le réchauffement climatique aura fait fondre les espoirs de loisirs de neige ? Quelle lutte dans un territoire où la classe possédante profite de l’exploitation touristique de la montagne mise en scène comme un espace sauvage, préservé dans un spectacle caractéristique du capitalisme de loisirs ? Quelle lutte possible dans un territoire où les forces de l’ordre sont chargées d’assurer que les « indésirables » soient invisibles dans ce décor de carte postale ?
Bousculer cet ordre frontalier implique de remettre en cause l’ensemble de l’industrie de loisirs qui n’est qu’une forme locale du carnage mondial.

Ni ici ni ailleurs, nous ne voulons qu’une infime minorité prenne les décisions, accumule les richesses extorquées. Ni ici ni ailleurs, nous ne pouvons ignorer le carnage. Mais une perspective où l’on aide un·e « autre » quand tant d’autres restent livré·es à eux-mêmes peut-elle suffire ? Peut-on imaginer nous extraire du carnage, nous émanciper collectivement autrement que dans une lutte commune ? Peut-on faire autrement que lutter dans chaque situation où nous percevons nos intérêts communs pour les réaffirmer et nous libérer ensemble, à partir d’une conscience de condition commune, entre exploité·es et face aux exploiteurs ? Peut-on s’opposer plus longtemps aux politiques racistes d’État sans s’associer avec les principaux concernés, la où ils et elles s’organisent et luttent déjà ? Peut-on combattre les violences policières sans une analyse systémique qui prenne en compte a minima l’ensemble des perspectives évoquées ici ?

P.-S.

Texte imaginé et rédigé par un collectif de personnes socialement hétéroclites mais qui sont toutes blanches et avec les papiers nationaux français. Ce texte est une première étape, une version indispensable pour commencer à poser les éléments d’une réflexion base d’une lutte. Si tu as envie de le modifier, de l’enrichir, le développer, zyva.