22 juin à la Roche de Rame – Grand appel d’air en soutien aux exilés, maraudeurs, coupables de solidarité…

Grande journée de soutien aux exilés, aux maraudeurs, aux coupables de solidarité… organisée par le comité de soutien aux 3+4+3+… de Briançon.

Concerts, films, discussions, village associatif, restauration et buvette… à partir de 10h au parc du chateau de la Roche de Rame et jusqu’à tard dans la nuit !

Prix libre de soutien

Programme, affiche et plus d’infos sur https://www.relaxepourles3plus4.fr/

Aux frontières de l’exploitation

Voir en ligne : Traductions en anglais et italien par ici

Ce 10 janvier 2019, deux camarades comparaissent devant le tribunal correctionnel de Gap. Ils sont accusés d’aide au passage illégal de la frontière franco-italienne, dans les environs de Briançon.
Il n’y a pas lieu de s’en indigner ni même de s’en étonner. Le contrôle des frontières et des marchandises et humain·es admis ou non à les franchir est une prérogative exclusive et essentielle des États.
Qui s’incarne au quotidien dans la persécution et la mise en danger par les forces de l’ordre des personnes qui tentent de rentrer et de séjourner en France sans les bons papiers.
Qui se traduit par la conclusion d’accords avec les chefs de guerre libyens, le roi du Manioc et autres dictatures, turque ou soudanaise. Le concept : l’externalisation des frontières. Les conséquences : des dizaines de milliers de vies englouties par le désert et la mer, le viol des femmes et la torture systématisées, l’internement de masse dans des camps de concentration, l’esclavage.
De Khartoum à Calais, des barbelés des camps libyens aux patrouilles nocturnes de flics dans la montagne, une seule et même politique.

Quiconque entend contester ce monopole du contrôle des frontières par l’État s’expose à une réaction du pouvoir. Réaction qui s’exprime dans ce tribunal par la voix du procureur et la future sanction des juges. Dans ce système-monde, la répression prend des formes multiples : elle est économique, policière, pénale, plus ou moins systématique et brutale selon la position à laquelle on est assigné dans l’échelle des dominations.

Carnage

Ce monde, ce système est un carnage. Un pillage sans limite de l’ensemble des ressources, rendant invivable une partie croissante des territoires que les gens sont obligés de quitter. Un carnage écologique qui se décline en extraction de la biomasse, désertification, appauvrissement des sols, assèchement et pollution massive des cours d’eau, fonte des réservoirs d’eau douce, disparition de la biodiversité et des pollinisateurs naturels, contamination chimique et nucléaire de territoires. D’Amazonie en Afrique centrale, en Mongolie, en Biélorussie ou au Japon. Partout.
Insécurité alimentaire de masse, famines, épidémies, génocides et autres fléaux s’abattent sur des pans entiers de l’humanité. Ils sont les effets et le cœur de la guerre, qu’elle soit économique, financière, ou militaire.

Le vivant en général est soumis à un comportement délirant, complètement cannibale, du système capitaliste. Tout est propre à devenir marchandise : de l’eau potable au corps des femmes, de l’AK-47 au fœtus.

Ce carnage laisse des traces irrémédiables de violence dans les histoires individuelles et collectives. Ce système sème la mort et le désert. Et plus que jamais, la misère et l’exploitation sont le lot commun de l’humanité dans son ensemble — ou presque. Dans un tel système, tôt ou tard, n’importe qui peut se retrouver et se retrouvera naufragé et devra partir pour chercher ailleurs où et comment survivre.
Dans cette guerre impitoyable contre le vivant et l’humanité, nous sommes toutes et tous des naufragé·es en devenir.

Dans cette logique, nous sommes tous·tes marchandises, ressources et fusibles de la logique de rentabilité du capital. La mondialisation s’est faite au profit de puissances industrielles et financières dans une logique de privatisation totale au prix d’une dépossession du plus grand nombre.
L’histoire des pays colonisés renferme son lot de souffrances et d’exploitation outrancières, de racisme, de négation de l’individu, de guerres, et de domination des puissances européennes.
Les monopoles industrialo-financiers occidentaux ont pu grâce aux soutien des États et de leurs armées, par l’influence et la corruption des possédants locaux des colonies ou ex-colonies, s’approprier toujours plus de matières premières, accroître leur production, s’abreuver de nouveaux marchés juteux, dans des régions où les coûts sont bas, le droit salarial quasiment absent et l’exploitation quasi-esclavagiste.

Marchandise humaine et compétition

Les migrations vers l’Europe, si marginales qu’elles soient par rapport aux mouvements migratoires dans le monde, ont généré un bruit médiatique phénoménal ces dernières années. Ces candidat·es à l’intégration représentent une aubaine à plusieurs titres. Boucs émissaires parfaits dans une période de rhétorique d’insécurité permanente, ils permettent d’acheter et de fabriquer l’électorat de l’extrême-droite. Ils justifient ensuite de renforcer aux frontières intérieures et extérieures de l’Europe, et sur tous les territoires possibles l’emploi de matériels et moyens de surveillance, contrôle, répression, enfermement, etc., un terrain de jeu et un marché lucratif pour l’industrie d’armement. Les nouveaux arrivant·es représentent enfin une main-d’œuvre idéale : arrivée auprès de l’employeur à ses propres frais, à un prix défiant toute concurrence locale, sans protection sociale ni sécurité au travail, rendue docile par les difficultés du parcours, et jetable dès qu’elle n’est plus utile.
Le patronat ne s’y trompe pas lorsqu’il affirme la nécessité de cette migration corvéable à merci. Comment pourrait-on alors encore aujourd’hui penser que l’immigration représente un problème alors qu’elle contribue à la croissance, si ce n’est pour s’assurer que les exploité·es soient mis en concurrence ?

Dans les anciennes colonies françaises comme en hexagone, on peut se retrouver à travailler pour les mêmes firmes transnationales, plus ou moins exploité·e selon que l’on dispose ou pas des bons papiers. On peut ici se sentir privilégié·e bien que « la crise » (qui n’est qu’une réorganisation de la production capitaliste) touche également la population voyant son niveau de vie reculer. Les licenciements massifs des pôles industriels (ex Arcelor Mittal) ruinent des vies ouvrières nombreuses et ne sont pas dus à la migration des humain·es mais à celle des machines et des investissements là où les coûts de production sont plus attractifs, plus « compétitifs ».

Les migrant·es sont accusé·es d’être des concurrent·es sur le marché du travail alors qu’illes sont d’autres exploité·es. Les camionneur·ses français·es ont douloureusement senti la venue des travailleur·ses d’Europe de l’est sous la forme d’une plus grande pression de leurs patrons sur les heures, le taux horaire, etc.

Le repli nationaliste, xénophobe qui se répand et peut apparaître comme une « menace pour la démocratie » est compréhensible dans ce contexte d’insécurité économique, de souffrance et de précarité qui ne sont que les effets concrets de la mise en concurrence violente du prolétariat.

Valeur(s)

Liberté, égalité, fraternité. Les valeurs invoquées par l’État dans son histoire moderne ont été et restent diverses manières d’habiller les logiques d’exploitation pour les justifier, et ce quelles que soient les références utilisées : supériorité raciale blanche, scientisme, positivisme, développement, droits de l’homme. Tous les universalismes nés dans les milieux intellectuels des pays conquérants ont été autant de valeurs mobilisées par la classe dominante pour la défense de ses intérêts propres, industriels, économiques, culturels, etc.

Loin d’être des idéaux que l’usure du fonctionnement des institutions démocratiques aurait dévoyés, ces valeurs ont été le drapeau avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde. Et ce drapeau n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Du reste, les chien·nes de garde du système, chroniqueur·ses autorisé·es et autres penseur·ses réactionnaires ne s’y trompent pas, qui ne s’appuient guère plus sur ces valeurs que pour justifier la fermeture de l’espace intérieur, où elles seront protégées d’un extérieur « barbare » : la sécurité éventuellement liberticide au nom de la liberté, ou encore l’égalité au sein d’une partie choisie de la population. Le déchainement de mépris, au nom des valeurs républicaines, qui a pu s’exprimer ces dernières semaines à l’encontre de celles et ceux qui ont pris la rue et les rond-point, affirmant leur refus d’être gouvernés et tentant de se relier et de s’organiser en conséquence, relève du même mécanisme. Là-bas, les « barbares », ici, les « foules haineuses ». En danger, les valeurs. Et pour les défendre, la force.

Aujourd’hui, l’État déploie une milice à ses frontières pour suveiller et traquer les éxilé·es. Des maraudes s’organisent pour leur porter secours, non pas par ce que la montagne, la neige et le froid sont en eux-mêmes des dangers, mais du fait de la mise en péril qu’entraîne ce déploiement sécuritaire. Et la justice pourchasse celles et ceux qui y prennent part. Le message se veut clair : quiconque entend traduire en actes des valeurs pourtant gravées au fronton de tous les bâtiments publics peut finir en taule.

Dès lors, peut on attendre d’un tribunal qu’il rétablisse, au nom de ces valeurs, un prétendu « État de droit » qui n’est, en définitive, rien d’autre que l’expression d’un rapport de forces, celui du totalitarisme capitaliste et des violences qui, partout, toujours, l’accompagnent ?
Peut-on même invoquer ces valeurs dans une sorte d’absolu qui évacuerait la question de fond des rapports d’oppression qui, pourtant, conditionnent la possibilité de leur réalisation ?
Nous ne voulons plus croire en ce mensonge. Dans la guerre qu’il mène contre le vivant et l’humanité, ce système, dont l’État n’est qu’un rouage, n’admet qu’une valeur : celle du profit.

Et alors ?

Quelle possibilité pour une lutte dans le Briançonnais, territoire où la classe prolétaire (saisonniers des stations et précaires du bâtiment) est atomisée et pour une part importante itinérante, donc peu organisée face à la classe exploiteuse, et qui se retrouvera à la rue quand le réchauffement climatique aura fait fondre les espoirs de loisirs de neige ? Quelle lutte dans un territoire où la classe possédante profite de l’exploitation touristique de la montagne mise en scène comme un espace sauvage, préservé dans un spectacle caractéristique du capitalisme de loisirs ? Quelle lutte possible dans un territoire où les forces de l’ordre sont chargées d’assurer que les « indésirables » soient invisibles dans ce décor de carte postale ?
Bousculer cet ordre frontalier implique de remettre en cause l’ensemble de l’industrie de loisirs qui n’est qu’une forme locale du carnage mondial.

Ni ici ni ailleurs, nous ne voulons qu’une infime minorité prenne les décisions, accumule les richesses extorquées. Ni ici ni ailleurs, nous ne pouvons ignorer le carnage. Mais une perspective où l’on aide un·e « autre » quand tant d’autres restent livré·es à eux-mêmes peut-elle suffire ? Peut-on imaginer nous extraire du carnage, nous émanciper collectivement autrement que dans une lutte commune ? Peut-on faire autrement que lutter dans chaque situation où nous percevons nos intérêts communs pour les réaffirmer et nous libérer ensemble, à partir d’une conscience de condition commune, entre exploité·es et face aux exploiteurs ? Peut-on s’opposer plus longtemps aux politiques racistes d’État sans s’associer avec les principaux concernés, la où ils et elles s’organisent et luttent déjà ? Peut-on combattre les violences policières sans une analyse systémique qui prenne en compte a minima l’ensemble des perspectives évoquées ici ?

P.-S.

Texte imaginé et rédigé par un collectif de personnes socialement hétéroclites mais qui sont toutes blanches et avec les papiers nationaux français. Ce texte est une première étape, une version indispensable pour commencer à poser les éléments d’une réflexion base d’une lutte. Si tu as envie de le modifier, de l’enrichir, le développer, zyva.

Compte-rendu de la frontière de Montgenèvre : entre convocation à la PAF et refoulements

(italiano in basso)

– Exemples de répression quotidienne

L’autre nuit, la PAF a tabassé un garçon qui suppliait de ne pas etre rapatrié en Italie.
La police refoule aussi toujours plus fréquemment les mineurEs, souvent en leur mentant sur la destination finale du trajet en camionette, qui les déporte inexorablement en Italie.
Gendarmes et policièrEs patrouillent sur les chemins avec des quads, en vélo et à pied, menaçant souvent de tirer sur celleux qui cherchent à traverser cette frontiere sans avoir la couleur de peau et les documents requis.
En parallèle, le terrain de golf est à nouveau ouvert. Le tourisme est de retour dans ces montagnes. Pendant l’hivers, ces sentiers qui sont fréquentés de nuit par les “migrantEs” sont des pistes utilisées par des milliers de skieusEs ainsi qu’une destination touristique pour les riches. En été, ils se transforment en terrain de golf, à ce qu’il parait propriété de Lavazza. La pelouse du terrain est bien entretenue, le “golf transformatalier”, “18 trous à cheval sur deux pays!” comme illes l’appellent aussi. Ce terrain n’est accessible qu’à celleux qui peuvent payer. La frontière aussi a été privatisée. Elle est rèpartie entre les forces de l’ordre et les multinationales.

–  Premier épisode

Marcher dans les bois entre Claviere et Montgenèvre est dangereux: on risque d’y  rencontrer des personnes mal intentionnées sur les chemins, comme un gendarme à vélo qui te barre la route. Il y a peu, trois amiEs qui se promenaient dans cette montagne militarisée ont été interpelléEs pour un contrôle d’identité. L’une d’elleux n’avait pas de documents sur elle. Le gendarme à bicyclette a appelé des renforts et les trois amiEs ont été embarquéEs dans la camionnette qui les a emmenéEs à la PAF (police aux frontières) pour vèrification. D’abord, les flics ont essayés de leur mettre la pression en disant que leur intervention faisait suite à une dénonciation: quelqu’un aurait vu nos trois amiEs marquer les chemins à l’aide d’une bombe de peinture. Une fois arrivés au poste, illes ont étè fouilléEs, mais rien n’a été trouvé, ni sur elleux, ni dans les sacs à dos. ToutEs trois ont été relachéEs avec une convocation à la PAF en audition libre pour “suspicion d’aide à l’entrée et au séjour de personne étrangère”.

Cette arrestation rentrerait dans le cadre d’une enquete plus large, ouverte pour aide à l’immigration clandestine, chef d’accusation auquel il semble que le sympathique procureur de Gap soit particulièrememt attaché. Il est évident que la volonté du procureur et de la police des frontières est de mettre un coup de pression. Pendant ce temps là, celleux qui cherchent à traverser continuent de se perdre en montagne, en passant des heures dans le bois pour échapper aux forces de la police. Au moins trois d’entre elleux sont déjà mort.

– Deuxième épisode

Une voiture avec trois personnes à son bord est arrétèe à quelques centaines de mètres de la frontière par un jeune fort mal en point, qui se dèclare trés malade et a besoin d’aller à l’hopital. Il demande a etre amené à la PAF pour être pris en charge par le système français, en tant que mineur non accompagné et en trés mauvais état de santé (la loi française prévoit en effet la prise en charge par l’Etat de n’importe quelle personne présente sur le territoire qui se déclare mineur non accompagné). Sa condition physique est visiblement critique. Le jeune homme peine à parler et meme à s’asseoir. Il affirme ne pas avoir été soigné dans le centre d’accueil italien. Les trois personnes l’emmènent à la PAF où elles disent que le jeune homme doit aller à l’hopital et qu’il est mineur. Les policiers le font descendre et entrer. Puis, une par une, les trois personnes sont interrogéEs, après qu’on leur ait donné le choix entre une “audition libre” immédiate et une garde-à-vue, pour aide à l’immigration clandestine. De fait, tout trois sont retenuEs trois heures et demi durant: interrogatoire et coups de pression. Ils repartent avec un rendez-vous pour le lendemain, donné à l’oral. Il semble que le procureur de Gap ait voulu ouvrir une enquète.
Pendant ce temps-là, le jeune malade est plus ou moins interrogé, puis on lui dit qu’il sera amené à l’hopital de Briançon. Il lui font signer un papier qu’il n’a même pas pu lire. Puis il le font monter dans une camionette, avec deux autres mineurs. Ils croient tous qu’ils vont à Briançon, au lieu de quoi ils sont deposés sur la route, à l’entrée de Clavière, à la frontière italienne.
La personne malade ré-essaie. Elle arrête una autre voiture, qui l’emmène à nouveau. Cette fois-ci, le conducteur a des compétences medicales et peut confirmer qu’il a sérieusement besoin d’être hospitalisé. Au lieu de ça, de nouveau il est refoulé à la frontière. Cetre fois-ci, il semble que c’est la prefète de la région en personne, contactée pour l’occasion, qui prend la décision de le refouler.
Quelqu’unE l’amène à l’hôpital en Italie. Des medecins zélés appellent immédiatement les flics. Les carabinieri italiens le soumettent en premier lieu à un examen osseux, pour vérifier qu’il est bien mineur. Ils l’embarquent ensuite pour un contrôle d’identité. Fichage, photos, etc.
Puis, le jeune est amené dans un centre pour mineur en basse vallée de Suse, et il est hospitalisé le lendemain à Turin.

Troisième épisode

AucunE des six arrêtéEs ne s’est presenté à la convocation pour interrogatoire à la PAF. Illes n’avaient aucune intention de se présenter volontairement à un rendez-vous non obligatoire et potentiellement pas folichon avec la police, pour se faire assomer de questions et éventuellement retenir en GAV pour aide à l’immigration clandestine.

La PAF apelle sur les téléphones privés de certainEs des convoquéEs. Il leur est indiqué que s’illes ne se présentent pas rapidement illes finiront sur la liste des personnes recherchéEs. En pratique, illes les menacent de venir les chercher de force. Ce sont le procureur et la préfète qui souhaitent poursuivre les enquête et cet absurde théâtre répressif.

Quelques jours plus tard, la police se présente chez deux des trois amiEs et apellent l’un d’elleux au travail. Illes ont à l’evidence très envie de leur parler. Illes n’ont trouvé personne. Nous ne savons pas comment continuera l’histoire.

Le procureur et la préfète nous ont tellement pris en sympathie qu’ils souhaitent passer toujours plus de temps en notre compagnie. Et il semble qu’illes aient un dossier qu’illes enrichissent toujours plus, avec des photos de famille.

La répression envers celleux qui sont de passage et envers les soldaires continue.
Mais la solidarité aussi.
Des vos convocs, on en fera rien.

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AGGIORNAMENTO DALLA FRONTIERA DEL MONGINEVRO TRA CONVOCAZIONI ALLA PAF E RESPINGIMENTI

– Esempi di repressione quotidiana

L’altra notte la PAF ha gonfiato di botte un ragazzo che pregava di non essere rimpatriato in Italia. La polizia respinge sempre più frequentemente anche i minori, spesso ingannandoli sulla destinazione finale del viaggio in furgone, che inesorabilmente li riporta in Italia. Gendarmi e polizia pattugliano i sentieri in quad, in bicicletta e a piedi,spesso minacciando di sparare a chi cerca di passare questo confine senza avere la pelle e i documenti richiesti. Intanto, i terreni da golf stanno riaprendo i battenti. Torna il turismo tra queste montagne. D’inverno, questi sentieri calpestati di notte dai “migranti” sono piste  attraversate da migliaia di sciatori, meta turistica per ricchi. D’estate, si trasformano in campi da golf, pare- di proprietà della Lavazza. Campi dal terreno iper curato, il “golf transfrontaliero”, come anche viene chiamato. “… 18 buche a cavallo su due paesi!” dice il sito. Campi accessibili solo per chi ha le possibilità di pagare. Anche la frontiera è stata privatizzata. Se la spartiscono polizie varie e multinazionali.

– Primo episodio

Camminare nei boschi tra Claviere e Monginevro è pericoloso: rischi di incontrare brutti ceffi sul cammino, come un gendarme in bicicletta che ti sbarra la strada. Poco tempo fa tre amic* che passeggiavano tra queste montagne militarizzate sono stat* fermat* e sono stati chiesti loro i documenti.  Una di loro non li aveva. Il gendarme a sella della sua bici ha chiamato rinforzi e i tre amic* sono stat* caricat* su una camionetta e portati alla PAF (polizia di frontiera) per accertamenti. Dapprima le guardie hanno provato a mettere pressione dicendo che il loro intervento era dovuto ad una segnalazione: qualcuno li avrebbe visti marcare i sentieri con una bomboletta spray. Una volta arrivati in centrale sono stati perquisiti, ma nulla è stato trovato nei loro zaini. I tre amic* sono stat* rilasciat* con una convocazione alla PAF per un’audizione libera, perché sospetti “di aiuto all’ingresso e al soggiorno di persona straniera”. Anche questo fermo rientrerebbe nel quadro di un’indagine più ampia, aperta per favoreggiamento all’immigrazione clandestina, a cui sembra che il simpatico procuratore di Gap sia particolarmente affezionato. E’ palese che la volontà del procuratore e della polizia di frontiera sia quella di mettere pressione. Intanto chi cerca di passare continua a perdersi in montagna passando ore tra i boschi per scappare dalle varie polizie; almeno in tre, tra queste montagne sono già morti.

– Secondo episodio

Una macchina con a bordo tre ragazz* viene fermata a qualche centinaio di metri dalla frontiera da un ragazzino malconcio, che si dichiara molto malato e che necessita di andare in ospedale. Chiede di essere portato alla PAF per farsi prendere in carico dal sistema francese, in quanto minorenne non accompagnato e in gravi condizioni di salute (la legge francese infatti prevede la presa in carico da parte dello stato di qualsiasi minorenne non accompagnato presente sul territorio). Le sue condizioni fisiche sono visibilmente critiche: il ragazzo fa fatica a parlare e perfino a sedersi. Afferma di non essere stato curato dai centri di accoglienza italiana. I tre ragazz* gli danno un passaggio e dicono alla PAF che il ragazzino deve andare in ospedale e che è minorenne. I poliziotti di frontiera fanno scendere il ragazzo e lo portano dentro. Poi, uno a uno, i tre ragazz* vengono interrogat* sui fatti. Gli viene proposta la scelta fra un “audition libre” (audizione libera), o la garde-à-vue (fermo) per favoreggiamento all’immigrazione clandestina. Di fatto i tre sono trattenut* per tre ore e mezza, interrogat*, mess* sotto pressione. Vengono rilasciat* con un appuntamento orale per l’indomani. Pare che sia stato il procuratore di Gap a voler procedere con l’inchiesta. Intanto il ragazzino malato viene interrogato, poi gli viene detto che lo porteranno all’ospedale di Briançon. Gli hanno fatto firmare un foglio che nemmeno ha potuto leggere. Poi lo caricano su un furgone, insieme ad altri due minorenni. Credono tutti di andare a Briançon, invece si ritrovano buttati per strada all’inizio di Clavière, alla frontiera italiana. Il ragazzino malato ci riprova. Ferma un’altra macchina, si fa dare un passaggio. Questa volta l’autista ha competenze mediche e può confermare che ha seriamente bisogno di cure all’ospedale. Nuovamente, invece, viene respinto alla frontiera. Questa volta sembra sia stata la prefetta della regione in persona, mobilitata per il caso, a volerlo respingere. Qualcun* lo porta in ospedale in Italia. Solerti medici chiamano immediatamente le forze di polizia. I carabinieri italiani, per prima cosa, lo sottopongono ad un esame osseo per verificare che sia minorenne. E poi lo foto-segnalano. Il ragazzino viene portato in un centro per minori in bassa Val di Susa e da lì l’indomani sarà ricoverato in un ospedale torinese.

-Terzo episodio

Nessun* dei sei fermat* si presenta alla convocazione per farsi interrogare dalla PAF. Non avevano nessuna intenzione di presentarsi volontariamente ad un appuntamento non obbligatorio e che si prevedeva poco galante con la polizia, per farsi riempire di domande e potenzialmente trattenere in garde-à-vue accusati di favoreggiamento. La polizia di frontiera chiama i telefoni privati di alcun* dei convocati. Viene detto loro che se non si presenteranno a breve finiranno nella lista dei ricercati. In pratica, li minacciano di andare a prenderli con la forza. Qualche giorno dopo, la polizia si presenta a casa di un paio dei tre amici e chiamano al lavoro uno di loro. Hanno evidentemente molta voglia di parlargli. Per ora non trovano nessuno.
Procuratore e prefetta ci hanno preso così in simpatia da voler passare sempre più spesso tempo con noi. È pare che abbiano pure un dossier che arriscono sempre più con foto di famiglia.
La repressione verso chi di passaggio e verso i solidali continua. Ma nemmeno la solidarietà si arresta.

Delle vostre convocazioni non ce ne facciamo niente.

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La rage ne s’arrête pas – Sur les trois jours Passamontagna et autre

 

Avec le Camping Itinérant Passamontagna, nous avons marché pendant trois jours sur les routes et les sentiers de ces montagnes frontalières. Nous les avons traversées en cortège, en fredonnant, en musique et en choeur. Nous nous sommes parlEes et avons tenus des assemblées, des débats sur le dispositif frontières sur le système d’accueil, la marchandisation et l’exploitation des flux migratoires par les États.

Nous avons traversé cette ligne imaginaire appelée frontière, pour réaffirmer que nous ne la reconnaissons pas. Nous n’avons demandé les papiers de personne. Contre tout système de division, de catégorisation et de séléction, contre le dispositif répressif qui commence dans les pays d’origine, que les états occidentaux colonisent et exploitent encore et toujours, dans les centres d’accueil, dans les centres de rétention, des rafles en ville jusqu’à arriver à ces frontières, faites d’uniformes, de gendarmes et de militaires. En passant par les villages de la Vallée de la Clarée, des interventions au micro, de la musique, des chœurs, quelques tags à terre, des affiches antifascistes collées.
Nous n’avons pas oublié les responsables des trois morts à la frontière du mois dernier, ni les délateurs de Generation Identitaire, qui s’amusent à dénoncer les migrants de passage. Nous n’avons pas non plus oublié le bras armé de cette frontière, les femmes et les hommes en uniforme qui poursuivent chaque jour les sans papiers, considerEés moins dignes qu’une quelconque marchandise qui circule chaque jour d’un côté à l’autre de la frontière.

Pendant ce temps là le gouvernement italien, avec son Ministre de l’Interieur tout de vert vétu, s’amuse à politiquer sur le dos des éxilEes, en fermant tous les ports et en bloquant les bateaux de celleux qui fuient, en cherchant une autre vie. Ce jeu politique nous dégoute.
Au terme de ces trois jours, nous sommes TOUTES arrivEes à Briançon. Les gouvernements et les puissants ferment les frontières. Nous, avec nos pratiques, nous les avons ouvertes et nous continuerons à le faire.

Ces trois jours sont passés. Et le dispositif aux frontières continue son opération-sélection, devenue meurtrière depuis longtemps. Une personne a eté tabassée par la PAF (Police aux Frontières) l’autre nuit, après avoir été attrappée par la Police pendant qu’elle essayait d’arriver en France. Elle a été tabassée parce qu’elle ne voulait pas etre refoulée en Italie, ni signer les papiers de « refus d’entrée ». Ces dernières semaines, celleux qui tentent de passer la frontière se retrouvent de plus en plus souvent menacEés par les armes des gendarmes et des militaires, qui menacent de faire feu sur celleux qui n’acceptent pas les intimidations. Dans les derniers jours, de nombreuses personnes mineurEs ont eté repoussEes, malgrè le fait que leur lois préconisent le contraire. Hier, un jeune homme de 17 ans, gravement malade, a tenté deux fois d’arriver à la PAF pour se faire emmener à l’hopital. Il voulait être pris en charge par le système français, après des mois de maladie non soignée dans les centres d’accueil Italiens. Il avait du mal à tenir debout. Ils lui ont dit qu’ils l’emmeneraient tout de suite à l’hopital. Au lieu de ça ils l’ont trompé, et lui on fait signer un papier dont il ne connait pas le contenu, avant de le ramener en Italie.

Notre colère ne s’apaise pas, au contraire, elle augmente. La militarisation continue à tuer. Les néofascistes ne s’en sont pas encore allés. Nous ne laisserons pas ces vallées aux mains de la militarisation, qui continue à tuer, aux groupes fascistes qui continuent à tenter de s’insinuer dans ces territoires. Nous resterons sur ces montagnes, nous les traverserons et nous continuerons à lutter, afin que, des frontières, ne restent que les débris.

 

http://www.passamontagna.info/ fb – Chez Jesus rifugio autogestito

« Nous avons piraté les frontières » – Récit sur le camp itinérant « Passamontagna » du 8 au 10 Juin

« Nous avons piraté les frontières » – Récit sur le camp itinérant « Passamontagna » du 8 au 10 Juin

http://www.passamontagna.info/?page_id=151&lang=fr

Comment faire pour rendre caduques les frontières ? C’est devenu nécessaire avec la militarisation de celles-ci dans le cadre de la guerre aux migrant-es qui a été enclenchée en Europe. Après la marche du 22 Avril de Montgenevre à Briançon, il fallait recommencer. Surtout quand 3 migrant-es ont été retrouvé-es mort-es dans la vallée, tué-es non pas par le froid mais par la répression policière. Surtout quand 3 personnes ont été placées en prison suite à cette précédente marche.

C’est dans ce contexte que s’est monté Passamontagna, un camp itinérant contre les frontières, partant de Melezet en Italie, passant par le col de l’Échelle et arrivant à Briançon. 3 jours collectifs et autogérés, de marche mais aussi de discussions et de reflexion autour de ces frontières, réunissant des personnes italiennes, françaises et d’ailleurs luttant contre les frontières.

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