Luttes locales contre l’industrie de l’énergie : plateau radio ATOMIK TOUR à Aspremont le 28 avril

Lors de l’étape haut-alpine de l’ATOMIK TOUR à Aspremont le 28 avril dernier, le studio mobile de RADIO ZINZINE a capté les riches discussions entre protagonistes de diverses luttes (plus ou moins) locales contre l’industrie de l’énergie, en ré-écoute via les liens ci-dessous :
Avec la participation de :
– Jean, engagé contre la privatisation des barrages hydrauliques,
– Philippe de l’Association pour la Promotion de Politiques responsables en matière d’énergie et engagé contres projets éoliens et solaires dans le sud de la vallée du Buech,
– Thomas et Etienne des collectifs contre la ligne THT dans la vallée de la Haute-Durance,
– Jean-Philippe de l’association Haut-Buëch Nature en lutte à La Beaume contre un projet éolien,
– Hélène de l’Association de Défense de l’Environnement du Haut-Buëch contre un projet éolien à St Julien en Beauchêne,
– Nick sur la centrale à biomasse à Gardanne,
– et enfin des amis venus de Bure (poubelle nucléaire) et de l’Amassada (méga transformateur pour 1000 éoliennes) dans le sud de l’Aveyron.

La belle arnaque du financement participatif du super crétin Tenoux à Trescléoux

CE QUE VA VOUS COUTER LA TROMPERIE DU « FINANCEMENT PARTICIPATIF » DE LA CENTRALE PHOTOVOLTAÏQUE DE TRESCLEOUX.

Les quelques habitants qui se sont rendu dans les locaux de la mairie de Trescléoux à la réunion d’information animée par la CNR*, et la société Enerfip** ont entendu ce 13 novembre 2018 une bien belle histoire.

Le sujet : la possibilité pour les habitants qui en ont les moyens de participer au financement du parc photovoltaïque qui va être exploité par la CNR,à Trescléoux. C’est ce qui est appelé « financement participatif ». Et visiblement, ils sont bons sur la com’ ces gens là ! voir leur campagne de pub’ ici : https://enerfip.fr/placer-son-argent/investissement-solaire/trescleoux/

Le conseiller départemental Gérard Tenoux a introduit en plantant le décors : le financement participatif, c’est le souci que les habitant eux aussi s’enrichissent.

Un habitant dans la salle a eu la bonne idée de mentionner l’existence d’une prime dont bénéficie l’exploitant quand il recourt au financement participatif, « détail » que ceux qui disent être venus pour nous informer évitaient de mentionner.

Une prime est accordée à l’exploitant quand une centrale photovoltaïque est en partie financée par le financement participatif. Elle s’élève à 3 euros le MW (0.003 euros le kw) pendant toute la durée du contrat de rachat, soit 20 ans.

Elle est versée par la société EDF quand elle paie à l’exploitant du parc l’électricité que le parc produit.

Le prix moyen d’achat suite à des appels d’offre est actuellement de 55 euros le MW soit 0,055 euros le kw

Du fait de la prime accordée en raison du financement participatif, le prix payé pendant 20 ans à l’exploitant pour chaque kw produit se trouve majoré de + ou – 5.5% (le prix passe de 0,055 à 0.058)

AUGMENTATION du prix de l’électricité pour tous

Toute l’électricité produite en recourant au procédé du financement participatif, la répercussion de cette prime conduirait à une augmentation du prix de l’approvisionnement du kw de l’ordre de 5% (cf. le passage de 0.055 à 0.58 avant les frais d’acheminement, de commercialisation et autres).

Il faudra bien que quelqu’un finisse par payer cette augmentation, et ce sera nécessairement le consommateur.

En effet, la réglementation prévoit que EDF répercute le coût de la prime versée dans son coût de production, lequel conduit ensuite à la fixation du prix de l’électricité payée par les habitants.

Ainsi, le prix de vente majoré dont bénéficie l’exploitant du parc contribue directement à l’augmentation à terme du prix de l’électricité, prix payé par tous les habitants, y compris ceux qui n’auront pas bénéficié du petit revenu accordé aux quelques personnes qui aurons « participé » au financement participatif.

PETIT BENEFICE pour quelques personnes, très gros bénéfice pour l’exploitant (CNR)

Le financement participatif ne concerne en définitive que 200 000 euros : plus ou moins 4 % du financement total.

La rémunération des obligations souscrite, qui est de 5%, ne porte que sur cette partie du financement, et seulement pendant 4 ans.

Les quelques personnes ayant eu les moyens de souscrire auront donc ces 5% portant sur 4% du coût du projet.

Inversement, l’exploitant bénéficiera d’une augmentation de son revenu de l’exploitant, elle aussi de l’ordre de 5% (passage de 0.55 à 0.58), qui portera au contraire sur la totalité des revenus (et non sur 4%) et ce pendant 20 ans (et non pas les 4 années qui sont la durée des obligations proposées aux habitants).

L’exploitant qui propose aux quelques personnes qui peuvent souscrire le « financement participatif » ne le fait aucunement par de ces quelques personnes (qu’il appelle « la population » alors que 99% n’auront pas pu ou pas voulu souscrire). L’exploitant propose ce dispositif pour bénéficier d’un prix de vente à EDF majoré, opération qui lui rapporte tout au long des 20 premières années 100 fois plus que le petit surcoût que représente, pour le financement de 4% du projet, le recours au financement participatif par rapport au coût pour l’exploitant d’un emprunt bancaire.

Par contre, tous les consommateurs d’électricité supporteront l’augmentation du coût de l’électricité nécessaire pour assurer le paiement à la CNR de la super prime qu’on lui accorde sur tous les kw vendus pendant toute la période.

Nous sommes loin du conte de fée que le conseiller général et les 2 entreprises nous ont présenté avec le sourire.

L’apéritif « offert » à quelques uns est une goûte d’eau par rapport au bénéfice de l’opération pour les actionnaires, sans parler des consommateurs qui, eux, finiront par payer l’augmentation du prix pour EDF de son approvisionnement.

Bilan : les entreprises vendent leur camelote en se présentant comme désintéressées alors que l’opération de « financement participatif » leur rapporte 100 fois plus qu’elle ne rapporte aux quelques habitants qui auront placé de leur épargne dans l’opération.

D’autre part, l’Etat cherche à ce qu’il n’y ait pas d’opposition aux projets d’énergie solaire et plus encore, aux projets éoliens. Les habitants, c’est le discours officiel, relayé par les élus locaux, « bénéficient » directement de l’opération. On oublie de dire que ce n’est que quelques uns, une infime minorité, qui en bénéficie et pendant un temps limité sur de petites sommes alors que tous verront à terme le prix de l’électricité augmenter pour éponger la prime versée à 99% en définitive aux actionnaires.

CONCLUSION :

la démarche « participative » est une belle tromperie qui nous coûtera à tous.

Un habitant de la vallée de la Blaisance

*CNR, compagnie nationale du Rhône

** Enerfip, société qui est rémunérée quand un « financement participatif » est mis en place