Et paf la PAF ?!

Info intéressante du Daubé du jour :

https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/05/02/hautes-alpes-menaces-de-mort-contre-des-fonctionnaires-de-la-paf-briancon-montgenevre

Où l’on apprend que des voitures de la Police aux Frontières (PAF) – brigade spécialisée dans la chasse à l’homme version « exilé-e-s » – ont été tagguées dans la nuit du 1er au 2 mai, avec des menaces directes contre les policiers en poste à Montgenèvre.

Rien de bien surprenant…ni immérité pour des flics abonnés au contrôle au faciès des noirs, aux poursuites nocturnes d’éxilé-e-s dans la montagne été comme hiver, aux menaces et rackets sur les personnes interpelées comme sur les militant-e-s solidaires, et bien évidemment coutumiers des retours directs et illégaux des mineurs sans papiers en Italie… Et oui, la PAF est bien au centre du dispositif de militarisation extrème de la frontière briançonnaise mis en place par l’Etat français, qui rend beaucoup plus difficile et dangereux le passage de la frontière par des exilé-e-s (qui n’ont pas d’autre choix pour survivre), et a causé la mort de plusieurs d’entre eux et elles depuis 2 ans, ainsi que des blessures graves (engelures et amputations, graves hypothermies…) chez des dizaines d’autres.

Allez, pour rafraichir la mémoire de madame la préfète crétine des alpes Cécile Bigot et du fascisant élu briançonnais Arnaud Murgia (en autres…), une petite compilation des glorieux états de service des fonctionnaires de la PAF ces derniers mois, spéciale « vallées en lutte » :

 

Alors, c’est qui qui aime la PAF ?

En tout cas, c’est pas nous…

 

Un dimanche avec l’ATOMIK TOUR à Aspremont : comme un parfum d’association de malfaiteurs dans le 05 ?

Ce dimanche 28 avril 2019, l’ATOMIK TOUR (caravane de militant-e-s contre le projet de méga poubelle enterrée de déchets nucléaires ultimes à Bure dans la Meuse) faisait étape dans les Hautes-Alpes à Aspremont. Une belle occasion d’échanger et de tisser des liens entre différentes luttes locales et nationales contre l’industrie de l’énergie et son monde : plateau radio, projections, discussions…ont rythmé ces rencontres, le tout dans une ambiance déterminée mais quand même détendue. Du moins au début…

Car en milieu d’après-midi, nous apprenons qu’un important dispositif policier (une 12aine de gendarmes bien équipés, dont des molosses du PSIG, une équipe cynophile, etc.) vient de se déployer sur la minuscule route d’accès menant au lieu des rencontres. Les flics ont déjà arrêté une voiture qui repartait, et s’en prennent au seul noir présent dans la voiture, suspecté d’emblée d’être en situation irrégulière car n’ayant pas de papiers d’identité sur lui. Sous le faux prétexte de la protection des mineurs isolés (les gendarmes ayant également décrété que ce dernier avait moins de 18ans, toujours au faciès) et craignant que les autres personnes l’accompagnant soient des pédophiles (sic), les flics décident d’embarquer le prétendument sans-papiers mineur dans une de leurs voitures pour aller le confier au service ASE du Département des Hautes-Alpes (fermé le dimanche…cherchez l’erreur !).

Alertées rapidement, une bonne trentaine de personnes se rendent sur place pour s’opposer au contrôle et défendre la personne embarquée au faciès, et, dans la confusion générale qui s’en suit, réussissent à l’exfiltrer depuis la voiture de flics : une belle petite victoire contre la police raciste de la nation française ! Le conducteur de la voiture s’en tirera avec une convocation à la gendarmerie le 1er mai prochain pour « non-assistance à personne en danger « et « aide au séjour de personne en situation irrégulière » (le fameux délit de solidarité), sacrée contradiction !! Donc, dans la tête des flics, soit ce dernier n’a pas protégé le supposé mineur des pédophiles des Hautes-Alpes (1ère accusation), soit il aide illégalement le supposé sans-papier à se cacher des flics (2ème accusation), à vous de choisir M. le juge ! Soyons attentifs aux suites et restons solidaires !

Encore une nouvelle constatation flagrante de la politique raciste de l’État français et de sa police, malheureusement (bien trop) fréquente dans les quartiers populaires comme autour des frontières. Et au-delà, la raison de la présence de ce barrage policier disproportionné et surtout les pouvoirs exceptionnels qui leur avait été confiés par réquisition du procureur (fouille des véhicules et contrôle de l’identité des passagers) laissent songeur…et révèlent la double dérive sécuritaire et policière du pouvoir en place. Tout cela rendu légalement possible grâce à l’arsenal de mesures anti-terroristes ajoutées au code pénal après chaque attentat.

En l’occurrence ce dimanche, les raisons des pouvoirs élargis des gendarmes, étaient grosso modo la « recherche d’armes et d’engins explosifs en vue d’entreprendre un acte terroriste », en plus des classiques recherches de stupéfiants. Totalement délirant par rapport à la teneur de l’événement qui était directement visé !! À moins que nos micros soient considérés comme des armes ou la tireuse à bière de la buvette comme un engin explosif ? Ou bien que s’opposer au nucléaire comme aux énergies renouvelables industrielles est une entreprise terroriste ? Tiens tiens…poser la (2ème) question, c’est déjà y répondre…

Eh oui, rien de tout à fait étonnant finalement, car l’usage abusif d’outils anti-terroristes ou anti-criminels est déjà largement répandu en France contre des militant-e-s et activistes écologistes notamment (sans parler des mouvements sociaux et du maintien de « l’ordre » dans les quartiers « sensibles »). Et dans des proportions hallucinantes à Bure dans le Meuse où la répression et l’exercice de la tension permanente sur un territoire en lutte atteint des sommets ces dernières années. A tel point que plusieurs militant-e-s  très engagé-e-s dans cette lutte sont visé-e-s depuis plus d’un an par une instruction pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime » (en l’occurrence une pseudo-tentative d’incendie d’un bâtiment de l’ANDRA, et l’organisation de 2 manifestations), et soumis à un contrôle judiciaire liberticide qui les empêche de se voir et même de se rendre sur place. Les camarades de l’ATOMIK TOUR nous ont ainsi longuement détaillé et démontré, exercice pratique grandeur nature en bonus, la stratégie de l’État pour museler des opposant-e-s politiques et faire taire par la tension et/ou la force brutale tout mouvement de contestation du capitalisme et de ses tentacules industrielles et énergétiques (en autres).

De quoi rendre d’autant plus urgente et primordiale la création d’une « légal team » (groupe de « personnes ressources », dont des avocats, pour le conseil juridique et la défense en justice de personnes, militantes ou non, subissant les foudres répressives du système policier et judiciaire) dans le département et les environs ! Il paraît que c’est pour bientôt…à suivre…

 

Un habitant du coin témoin des faits