Compte-rendu d’un an de collectif anti-répression 04-05

Voilà un an maintenant que, suite aux rencontres/ateliers organisés lors de l’Atomik Tour en avril 2019, nous avons lancé le Café_Taule.

A la base, réuni.e.s autour de la création d’une légal team, nous avons basculé vers l’anti rép car, même si nous continuons à tenter de soutenir des personnes inculpées qui le demandent (reconnaissons que la plupart avaient les connaissances nécessaires pour trouver un avocat sans nous, tel Fabrice par exemple https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2162 ) et à organiser des temps d’inter formation ( https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 mais aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 ), nous avons très vite dit que l’idéal était de se débarrasser du triptyque police-tribunal-prison.

Pour soutenir les prisonniers et leurs proches, concrètement, nous avons mis en place une permanence hebdomadaire devant le mur de la Maison d’Arrêt de Gap, baptisée Café-Taule. L’ambition principale était de créer du lien avec les familles des enfermés (exclusivement des hommes à Gap). On a passé la plupart de nos mercredis à offrir le café et le croissant aux personnes se rendant aux parloirs.

Ça c’était l’objectif principal. On a rapidement eu envie d’avoir un support écrit qui regrouperait le maximum d’infos pratiques sur la taule et à destination des proches. En janvier sort donc la « Brochure à destination des proches de prisonniers de la Maison d’Arrêt de Gap » (https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf ).

À cette occasion on est invités à Paris à la journée du GENEPI (https://www.genepi.fr/journee-anticarcerale-du-genepi/) pour présenter nos actions en présence de nombreuses personnes et collectifs venus échanger autour de la taule. Avant ça, à l’automne, on était aussi partis trois jours dans la Drôme animer trois soirées (Romans, Saillans, Die) sur l’enfermement (écoutes d’émissions de radio, ateliers de correspondances avec des prisonnier.e.s, discussions, projections de films et pièce de théâtre : https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2251 ).

On a proposé aussi des correspondances avec les prisonniers, qui ont donné lieu à quelques échanges de lettres, mais qui ne se sont guère poursuivis dans le temps.

++++++++++++++++++++++++++++++

Aujourd’hui on essaie de présenter un bilan de cette année, pour nous d’abord, parce qu’on est peu (vraiment très peu !) et remplis de questionnements.

On pense que les systèmes répressifs et carcéraux sont absolument au cœur de toutes les luttes, tout comme devraient l’être la lutte antipatriarcale ou antiraciste par exemple. Bien sûr on peut s’opposer à un projet de nouveau CRA (prisons pour sans papiers), de nouvelle taule, de nouvel aéroport, de nouveau Center Parc, de femeture d’un service public local, de projet de loi, ou d’une politique. Mais l’enfermement et la répression ne sont pas un projet mais les « valeurs » d’un système et donc présents partout. Dans tous les combats on est potentiellement confronté à la répression qui s’abat dès que la lutte sort des sentiers battus. On ne peut pas penser lutter en omettant de parler de taule, d’HP, de flics etc. Ce combat ne se superpose pas à d’autres, peut-être plus concrets parce que matérialisés, mais en est au cœur.

D’où un premier constat, notre action parle peu. Que ce soit avec les familles des taulards, avec les prisonniers eux mêmes, avec les militants du coin (gilets jaunes ou syndicalistes), nous ne parvenons pas assez à créer du lien et à mettre sur la table les questions sur l’enfermement. Est ce qu’on est totalement à coté de la plaque et que la taule et la répression sont quelque chose de totalement admis et normal pour qu’on en parle pas ? Les médias ont ils tellement bien fait leur boulot que la justice de classe ne fait qu’entériner ce discours comme quoi les étrangers et les pauvres sont forcément des délinquants et des terroristes?

Pourtant, nous , on a envie de parler d’autonomie de la justice, de justice non institutionnelle et réparatrice, d’abolition de la police, des tribunaux et de la prison, de prise en charge au sein d’une communauté. On n’est pas là pour nier les faits mais on veut poser la question : face à l’état et au capitalisme, comment imaginer l’abolition de la répression, au même titre qu’on cultive son potager pour se passer de la grande distribution ou de l’agriculture industrielle. Et on ne se la joue pas « faut faire comme ci ou comme ça », on veut aborder la question de façon humble.

Deuxième constat : on a du mal à s’investir avec les familles et les proches qui vont aux parloirs (neuf fois sur dix des femmes…). Déjà parce que la plupart sont rodé.e.s : la prison fait partie de leur vie et en fera sans doute toujours partie, alors on est qui pour eux-elles ? Quand le mec, le fils, le frère, le père sort, plus de nouvelles et on comprend. On comprend que c’est chouette de boire un café à la sortie du parloir et de tchatcher dix minutes de comment c’est en ce moment, des nouvelles d’un procès, d’une demande de mise en liberté, d’une hospitalisation, d’une recherche de taff. Puis quand on demande si ça intéresse de corriger la brochure parce que ça change tout le temps à l’intérieur, « oui, oui », puis en fait rien ou peu.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

Alors est-ce qu’on continue les perms ? À qui ça sert à part nous ? Nous, on aime bien, c’est l’occasion de se voir, de discuter, d’aller manger un kebab en ville…

Ce qui est sûr c’est que ça emmerde les flics et la matonnerie. La police municipale passe systématiquement, il y a des amendes, il y a eu le procès du 12 mars (https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/05/06/un-exemple-banal-dun-systeme-repressif-qui-sauto-alimente/ et aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2749 ), il y a aussi le regard noir du taulier, de ses surveillants et de certains riverains. C’est peut être un peu pour ça aussi qu’on aime bien !

Mais quand même on aimerait être plus nombreux-ses d’autant que certain.e.s d’entre nous ne vont pas pouvoir assurer ces prochains temps et que si on n’est pas régulier, c’est mort. Les maisons d’arrêt c’est que des peines (relativement) courtes, du coup ça rentre et ça sort tout le temps, ce qui veut dire nouvelles familles, nouveaux liens et tout à recommencer ; alors si on n’est pas là tous les mercredis on perd les contacts et notre légitimité.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

Aussi on recrute ! Pour l’instant c’est les mercredis mais ça peut aussi être le samedi. Et plus globalement on est ouverts pour discuter, s’organiser etc.

Donc on vous attend au café-taule tous les mercredis devant la maison d’arrêt de Gap. On a aussi programmé une réunion, laissez-nous un message sur cafe_taule@riseup.net pour savoir le lieu et la date précises.

Un exemple banal d’un système répressif qui s’auto-alimente

Christine Ribailly, ancienne prisonnière et militante anticarcérale en révolte, était convoquée au tribunal de Gap le jeudi 12 mars 2020.
Les raisons légales : elle comparaissait pour avoir renvoyé un objet de type rond au dessus de la maison d’arrêt de Gap, une balle de ping pong. Joli prétexte qui a réveillé notre créativité militante pour écrire quelques slogans :

Un maton une balle de ping-pong, un proc’ un smash
Balle de ping-pong à Gap, balles réelles à Palerme

En effet, le procès intervenait en même temps que des émeutes avaient cours dans les prisons italiennes suite aux mesures de confinement (cf texte Italie emeutes).
Pourtant, lors de l’audience, les motifs d’accusation discutés n’avaient rien à voir avec cette balle de ping-pong. On en vient là aux réelles raisons qui ont poussé le procureur de Gap à ne pas classer sans suite ces faits, des raisons éminemment politiques. En effet, Christine fait partie de l’équipe du Café Taule, un groupe anti rep qui assure des permanences devant la maison d’arrêt de Gap depuis bientôt un an afin de soutenir et d’informer les familles de proches de prisonniers mais aussi departager et récupérer des infos sur ce qui se passe en taule.

C’est donc une membre de cette équipe qui a été poursuivie pour avoir refusé de donner sa signalétique lors d’une garde à vue, rendue par la suite illégale,et pour s’être rebellée lorsque les 7 gendarmes lui ont mis de force les menottes lors de son interpellation (c’est sûr que Christine était une grande menace face à 7 keufs sur-armés). Et cette fameuse balle de ping-pong n’a même pas été évoquée… En fait, ces poursuites ne sont qu’un prétexte pour ordonner une interpellation avec violences et obtenir des motifs valables de poursuites.
Les réelles motivations de l’interpellation de Christine sont donc la distribution de kawa, la discussion, l’entraide, et le soutien aux enfermés.

Puisque l’un des buts de la taule c’est d’isoler les gens, une solidarité entre proches et enfermé.e.s ça ne plait pas à l’administration pénitentiaire.
On est face à un procès qui ne dit pas son nom, ou plutôt une pièce de théâtre. On se retrouve face à une juge, qui ne se présente surtout pas comme féministe et qui trouve le dossier de Christine « intéressant » parce qu’elle n’en voit pas souvent des casiers de femmes avec autant de mentions. Tu m’étonnes la taule elle, elle est pas féministe (cf. tract du genepi sur le feminisme anticarcéral page x) ! En fait, cette juge elle se présentait surtout comme « la police de l’audience », et elle a bien utilisé son pouvoir puisque la pièce de théâtre intitulée « audience au TGI de Gap du 12 mars » a été entrecoupée d’entractes. La juge suspendait l’audience car il y avait du son dehors, du son pour Christine,du son contre les prisons, et ça, aux portes du TGI, ce n’était pas acceptable, pour elle.

Du coup, Christine elle a été muselée, il fallait qu’elle montre qu’elle avait fauté. Il fallait qu’elle courbe l’échine devant la justice car c’est ça que la justice, à travers les juges et les procureurs, veut :qu’on ferme notre gueule. Christine, comme plein d’autres qui se retrouvent confronté.e.s à cette mascarade raciste et classiste, voulait faire un pladoyer politique, un plaidoyer contre ce système, mais elle n’a pas pu.
Pourquoi ? Parce que la GAV a été déclarée illlégale. Pourtant, cette GAV Christine elle l’a subi dans son corps et dans sa tête. Alors c’est vrai, que « ces pas très malins de gendarmes » n’avaient pas respecté la procédure, soit l’appel aux proches. Mais en fait, Christine, ça l’a frustré. C’était le personnage central de la pièce, celle qui devait pouvoir avoir la parole et donc critiquer ce système en son sein. Eh bien non, elle en a été refusée, réduite à la posture habituelle et exigée des accusé.e.s : celle de fermer sa bouche et avaler quand des gens qui ne te connaissent pas (juges, procureurs, avocats), décident de façon moralisatrice et condescendante de quelle sanction tu vas écoper.

En effet, je suis de celleux qui pensent que la sanction ne commence pas à l’issue du tribunal mais plutôt dès que le processus judiciaire est enclenché. Et encore dire ça, c’est ne pas prendre en compte, l’épée de Damoclès qu’est la justice, prête à tomber à tout instant sur les racisé.e.s les pauvres, les antisociaux. Du coup Christine, elle n’a pas eu de « punition » cette fois-ci mais ce n’est que « partie de ping pong remise » car le procureur et ses sbires ont le café taule dans leur mirados. Et comme nous l’avons affiché sur le TGI pendant cette journée : CREVE LA TAULE !

Et pour illustrer ce slogan et finir cette journée, les soutiens à l’équipe du Café Taule se sont rendu.e.s devant l’entrée de la maison d’arrêt pour faire une partie de ping pong symbolique (la prison est dans le centre ville de Gap). Bruyante comme il fallait pour espérer que cela soit entendu derrière les hauts murs, cette partie de ping pong a été accompagnée de feux d’artifices, pour célébrer la victoire. Laquelle ? A vous d’imaginer celle qui vous plaît

Lien vers la brochure dédiée à la prison de GAP :
https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf

Voici un texte sur les révoltes dans les prisons italiennes évoqué plus haut :
https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/03/12/contre-la-peur-et-le-controle-la-revolte-eclate-dans-les-prisons-en-italie/

Contre la peur et le contrôle, la révolte éclate dans les prisons en Italie

Depuis plusieurs semaines le traitement émergentiel de l’épidemie de corona virus a pris pied dans toute l’Italie, à partir de la création de « zones rouges » de plus en plus vastes situées notamment dans le nord. Ici, le gouvernement a testé peu à peu des mesures de plus en plus radicales de restriction de liberté : interdiction d’événements et manifestations publiques, de cérémonies religieuses et civiles (y compris les funérailles), fermeture de cinémas, salles de sport et supermarchés grande surface, couvre-feu pour les bars, plus de prises en charge dans les hôpitaux publics sauf pour les urgences, fermeture des écoles et universités…
Sous prétexte de mieux protéger la population et d’empêcher la contagion, toute forme de socialité a été limitée ou carrément interdite par la loi. Le 8 mars le président du conseil des ministres Giuseppe Conte signe l’énième décret interdisant toute manifestation publique ou rassemblement et tout déplacement en entrée ou en sortie et à l’intérieur de la région de la Lombardie et des départements de Modena, Parma, Piacenza, Reggio nell’Emilia, Rimini, Pesaro et Urbino, Alessandria, Asti, Novara, Verbano-Cusio-Ossola, Vercelli, Padova, Treviso, Venezia. Si l’isolement et le contrôle deviennent de plus en plus durs à l’extérieur, la situation se fait insupportable à l’intérieur des taules où, depuis deux semaines déjà, les parloirs et les activités complémentaires (travail, socialité, permanences…) sont interrompus jusqu’à nouvel ordre, sous prétexte de mieux empêcher la contagion dans les prisons, et notamment pour protéger les matons. Avec le décret du 8 mars, l’interdiction est généralisée : stop aux parloirs, plus de semi liberté ni de permissions spéciales, tout cela jusqu’au 31 mai.

L’interdiction des parloirs, qui se passe déjà en temps normal dans le stress, les queues devant les prisons dans l’attente de pouvoir rentrer et se soumettre à l’humiliation de la fouille, signifie la privation de toute forme de contact avec l’extérieur et une condition d’isolement quasi totale, aussi bien que la privation de la possibilité d’avoir accès à des produits et biens de base (nourriture, vêtements propres, argent…) qui sont d’importance fondamentale pour la vie en taule. Cette mesure réveille dans les heures qui suivent son annonce la rage des détenus et des proches.
Les premières révoltes face à cette situation éclatent dans la soirée de samedi 7, à la diffusion publique de la version intégrale du décret en cours de validation. C’est à Salerno et Naples, dans les deux prisons de la ville, Secondigliano et Poggioreale, où les détenus montent sur les toits et des sections entières sont détruites. La réponse des institutions pénitentiaires arrive avec coupures d’eau, électricité et interventions massives des forces de l’ordre et bien évidemment violences policières.
En dehors des prisons entre temps arrivent les proches et les solidaires, pour crier leur solidarité aux prisonniers en lutte et bloquer la route jusqu’à ce que leur voix soit entendue. La révolte se répand vite, dans la soirée de dimanche 8 on compte 20 prisons en révolte, puis 27 dans la nuit, plus de 30 dans la journée de lundi 9.

Devant chacune des taules insurgées des groupes de proches et de personnes solidaires se regroupent, partout on voit se lever de la fumée et on entend des cris « Liberté ! Amnistie ! ». Les hélicoptères survolent les bâtiments en feu, alors que dans plusieurs prisons les flics en antiémeute et les GOM (équivalent des Eris) se préparent à rentrer et rétablir l’ordre à coup de matraques.
À la prison Sant’Anna à Modène, au centre d’Italie, l’émeute commence dimanche en début d’après-midi. Selon les informations qui arrivent de l’intérieur, les détenus se seraient barricadés et auraient mis le feu à plusieurs bâtiments, le personnel (matons et infirmiers) obligé de sortir. On entend dire que le bureau d’immatriculation aurait été brûlé… Puis la répression arrive et des plus violentes. Les proches rassemblé.e.s devant la taule racontent avoir vu les flics sortir des détenus menottés tout en les frappant et avoir entendu des bruits de tirs. Quatre-vingt détenus sont transférés, de nombreux autres amenés à l’hôpital dont plusieurs en réanimation. Aux dernières nouvelles sept détenus auraient perdu la vie pendant l’émeute ou après lors des transferts. Selon la presse officielle il s’agirait d’« overdoses » de médicaments que les prisonniers auraient volés dans un assaut à l’infirmerie pendant la révolte. Deux autres prisonniers seraient morts pour la même raison, dans les taules de Verona (Vénétie) et d’Alessandria (Piémont). On sent bien la peur de bien-pensants journalistes, qui essaient de décrédibiliser les révoltes à l’intérieur sans relayer les revendications politiques des prisonniers : amnistie et liberté pour tou.te.s !

Mais plus la presse bourgeoise et l’État essaient de souffler sur le feu de la révolte pour l’éteindre, plus il se répand dans d’autres régions. A Pavia le soir du 7 des prisonniers en révolte arrivent à prendre les clés aux matons et à libérer les autres détenus, puis à prendre en otage un maton et le commandant de la police pénitentiaire. Ici aussi, les révoltés allument le feu. À chaque nouvelle révolte des prisonniers tentent de s’évader, et parfois ils y arrivent, par exemple à Palerme (Sicile), à Frosinone (Latium) et à Foggia (Pouilles), où 70 personnes s’échappent, l’intervention des militaires n’y peut rien: 20 personnes sont rattrapés mais 50 sont encore en liberté, on leur souhaite bonne vent.

Les chiffres qui commencent à circuler parlent de 300 détenus évadés dont seulement une trentaine aurait été repris, et 150 détenus en semi-liberté assignés à résidence.

Du Sud au Nord les prisons n’arrêtent pas de prendre le feu, lundi matin c’est au tour de Milan, Bologne, Lecce et plein d’autres. Le gouvernement vient de déclarer toute l’Italie « zone rouge » et continue le silence de la direction de l’Administration Penitentiaire. La répression enchaîne, mais la solidarité de l’extérieur ne se laisse pas décourager : dans plusieurs villes, devant les prisons, proches et solidaires crient leur soutien et bloquent les rues pour empêcher les déplacements de matons et militaires. À Bologne les détenus prennent le contrôle de la prison, pendant que les forces de l’ordre tentent de disperser les solidaires qui manifestent en masse à l’extérieur. A Melfi (Basilicata) les révoltés tiennent en hôtage un groupe de matons. À Milan après San Vittore c’est au tour de Opera et Bollate, à Roma après Rebibbia la révolte explose à Regina Coeli… Face à ces résistances la répression s’acharne.
Nous n’avons pas besoin de faire des analyses des révoltes en cours, elles parlent d’elles-mêmes de l’effondrement d’un système qui enferme et contrôle par la peur et la menace.

Nous devons et voulons être devant toutes les taules pour soutenir les révolté.e.s et leurs proches, pour que de ces lieux ne restent que des cendres.

Fuoco alle galere !

Ici une liste non exhaustive des prisons en révolte :

Salerno (Campania)
Naples (Campania)
Cassino e Frosinone (Latium)
Carinola (Campania)
Frosinone (Latium) + évasion
Modène (7 détenus morts + 1 hospitalisé)
Poggioreale – Naples
Secondigliano – Naples
Vercelli (Piedmont)
Rebibbia – Rome
Bari (Pouilles)
Alessandria (Piedmont) – 1 mort
Palerme +évasion
Brindisi (Pouilles)
Ariano Irpino (Campania)
Cremona (Lombardie)
Pavia (Lombardie)
Gênes
Reggio Emilia (Emilia Romagna)
Barcellona Pozzo di Gotto (Sicile)
Trani (Sicile)
Augusta (Sicile)
Foggia + évasion (Pouilles)
Verona + 1 détenus mort
San Vittore – Milan (Lombardie)
Bergamo (Lombardie)
Matera (Basilicata)
La spezia (Liguria)
Larino (Molise)
Lecce (Pouilles)
Rieti (Lazio)
Vallette (Turin)
Dozza – Bologne
Santa Maria Capua Vetere (Campania)
Opera – Milan (Lombardia)
Bollate – Milan (Lombardia)
Regina Coeli – Rome

« Briser le mur qui sépare la prison de la zone du dehors »

Le 18 décembre dernier, Loïc a enfin été libéré après 16 mois de détention. Le texte qui suit constitue sa première déclaration. Notre ami revient sur les conditions de cette libération, sa vie à l’intérieur de la prison, le procès qui continuera au moins jusqu’en avril et sa détermination à continuer ses combats et à soutenir le mouvement social partout où il s’étend.

Après un an et quatre mois d’enfermement, comment assembler les mots ? Comment connecter la réalité carcérale à la zone du dehors, briser le mur qui le sépare ? En prison, je me suis effacé, je n’ai plus pensé à moi. J’ai fait le vide afin de ne pas souffrir. Je me suis également fermé à mes souvenirs, à ce qui se passe au-delà de ces murs afin de me concentrer sur cette nouvelle vie avec les autres détenus. Ce fut une des raisons pour laquelle j’ai eu peu de forces pour répondre aux nombreuses lettres reçues. Aujourd’hui, je remarque que je ne ressens plus grand chose, que je n’ai plus de passion (si ce n’est la neige). Il y a un vide. Mon esprit est ailleurs. Une nouvelle conception de temps m’habite, j’ai des moments de contemplations, de silences, d’absences.

Le procès n’a pas arrêté d’être repoussé. Il devrait désormais finir en avril. La libération conditionnelle de ce 18 décembre était inespérée, quelques semaines auparavant, le procureur avait prévenu qu’il ferait appel contre la décision du tribunal de remise en liberté. Je m’attendais au mieux à bénéficier de deux heures de liberté avant de devoir retourner en prison, comme ce fut le cas précédemment pour les deux autres accusés qui ont été libérés mais contraints de revenir en prison après l’appel du procureur. Je me préparais à dire que je souhaiterais rester en cellule jusqu’à la décision finale. Car sortir deux heures, en plus de déglinguer votre cerveau, c’est risquer de devoir retourner dans le bâtiment A.

LE BÂTIMENT A

Ce bâtiment, c’est celui des arrivants. Là, on doit rester 23h/24 en cellule. C’est un endroit sombre où des détenus craquent, crient et tapent sur les murs. J’y suis resté quatre mois. Pendant le premier mois après mon extradition de France, je n’avais que les habits que je portais sur moi en arrivant. Impossible de récupérer mes affaires pourtant arrivées en même temps.

Dans ce bâtiment, c’est deux douches collectives par semaine, à 6h45 du matin. J’y lavais alors mon caleçon puis je me rhabillais sans car il fallait d’abord le faire sécher sur le radiateur de ma cellule. Dans ce bâtiment, c’est des gardiens qui vous gueulent dessus et vous poussent si vous dépassez la ligne invisible entre votre cellule et le couloir lors de la distribution du repas. L’unique instant de respiration dans une cellule de moins de deux mètres de large sur quatre mètres de long : c’est une heure de promenade par jour. Dans ce bâtiment, il y avait essentiellement des étrangers dont le crime est d’être sans papiers, des petits dealers ou des accusés de vols. J’ai vu des gardiens frapper un détenu d’origine étrangère qui voulait simplement récupérer un livre de la cellule d’à côté en retour de promenade. J’ai vu des regards haineux de gardiens se porter longuement sur des détenus racisés. La plupart des étrangers que j’ai croisés en promenade dans ce bâtiment A définissent les gardiens comme des nazis. Cela m’a fait bizarre d’entendre ça aujourd’hui, sachant que, dans cette même prison, il y a moins d’un siècle, des nazis ont tué plusieurs centaines de personnes.


LE PROCÈS ELBCHAUSSEE OU L’IMPROBABLE COMPLICITÉ

Le procès est particulier. 99 % des faits reprochés n’ont rien à voir avec les accusés. L’accusation s’étend à plus de 1 million d’euros de dégâts. Le procureur tente de construire et d’imposer une vision très large de la complicité, au point qu’il désire même l’étendre au-delà de la présupposée présence des accusés. Concrètement, imaginez-vous dans une manifestation, quelqu’un brûle une voiture à 50 mètres de vous : vous êtes considérés comme responsable des dégâts. Mais ce n’est rien ! Imaginez-vous maintenant quittant une manifestation, 10 minutes plus tard, un cocktail molotov est lancé : bien que vous n’êtes plus présent, vous êtes aussi considéré comme responsable.

Il y a beaucoup de problème dans ce procès, dans la prison, dans la police, dans le capitalisme, dans l’État et son monde. Ces différents thèmes ont, entre autres, comme pourritures communes : la soif de gestion, la globalisation, la classification. Votre personnalité, identité, créativité, unicité, doit rentrer dans une case.

« Le caractère unique d’un homme se manifeste dans chaque trait de son visage et dans chacune de ses actions. Confondre un homme avec un autre et toujours les considérer globalement est une marque de stupidité. Les esprits obtus ne distinguent que des races, des nations ou des clans, quand l’homme sage distingue des individus. »

Thoreau, Journal – juillet 1848, 169 ans avant le G20 de Hambourg

Au mois de novembre dernier, près d’un an après le début de ce procès, j’avais proposé de faire une déclaration à condition quelle soit entendue publiquement. La juge a d’abord dit que cela serait possible, avant de changer d’avis, probablement à cause de la procédure de huis-clos. Je n’ai donc pour le moment fait aucune déclaration malgré près de cinquante journées d’audiences. Les dernières devront obligatoirement être ouvertes au public, à la fin du procès. Depuis ma sortie de prison le 18 décembre, des personnes que je croise me disent que c’est un beau cadeau de Noël. Le soucis, c’est que le cadeau a un an de retard, j’ai déjà passé un Noël en prison.

LES RAISONS ET LES CONDITIONS DE LA LIBERATION

Toujours est-il que le tribunal a fini par accepter cette libération. Dans sa décision, il avance que le risque de fuite est écarté pour plusieurs raisons. D’abord, fuir signifierait retomber sous un nouveau mandat d’arrêt européen et alors le procès devrait recommencer depuis le début. Par ailleurs, si au mois de juin la demande de libération a été refusée, le tribunal considère six mois plus tard que la proportion de la peine qui reste à faire par rapport à ce qui a été réalisé a diminué. Le tribunal suppose également que je ne voudrais pas compromettre cette liberté de contact avec ma famille en m’échappant. Il s’appuie pour cela sur l’étude de ma correspondance privée. Le tribunal me reproche toutefois un manque de coopération avec l’État. On aurait voulu que je m’exprime, dans le cadre du huis clos, ce que j’ai refusé jusqu’ici. Cependant, ayant annoncé que je ferai une déclaration publique à la fin du procès, le tribunal considère que je ne vais pas fuir car je désire avoir la parole. D’une manière générale, le jugement de libération conditionnelle explique que la Cour considère que je suis « un jeune homme poli et amical », ce qui justifie apparemment la confiance qui m’est accordée.

Me voici donc depuis le 18 décembre 2019 en libération conditionnelle. Jusqu’à la fin du procès, je dois respecter les obligations suivantes :

Avoir une adresse de domiciliation à Hambourg.

Pointer le lundi et le jeudi à la police Hambourgeoise.

Travailler en tant que jardinier, dans le soin des arbres.

Donner mon passeport et mes papiers au tribunal.

Aller aux prochaines dates de procès.

Ne participer à aucune action illégale.

LA LIBERTÉ CONDITIONNELLE DE PENSÉE

Me voilà donc dehors et libre de m’exprimer. Mais cette liberté aussi est théorique et sous conditions. Ce n’est pas l’envie qui manque ou les choses à dire mais, compte tenu de ce que le tribunal dit attendre de moi et des risques qui pèsent encore sur moi, il est illusoire de croire que je peux m’exprimer « librement ». Dans ce domaine également, ma liberté retrouvée est très relative.

Pourtant, mon regard sur le monde n’a pas changé. Déconnecté depuis 16 mois, c’est particulièrement choquant de s’informer sur la répression à l’encontre des manifestations en France (gilets jaunes et autres). Il y a eu près d’un millier de peines de prison. J’ai entendu des peines allant jusqu’à 5 ans, et récemment 3 ans et demi de prison ferme pour une personne condamnée à Nancy. Pendant ce temps, un policier prend deux mois de sursis pour avoir lancé un pavé sur des gens non protégés. Il pourra continuer à exercer : aucune inscription au casier judiciaire. Si vous jetez un pavé sur des gens qui ont des casques et des boucliers, vous prenez plusieurs années de prison. C’est cela, la justice ? La prison est une folie. L’accepter est une folie. Les préjugés sont une folie générant des souffrances dans l’indifférence.

Les violeurs et assassins ne représentent que moins de 5% de la population carcérale. Ce sont des pauvres qui sont derrière les barreaux. Je n’ai pas vu, en prison, de bourgeois, de banquiers ni de policiers. Pourtant, la première des violences, la première des criminalités, c’est celle qui vient d’en haut de la pyramide sociale. Les personnes qui sont jetées en prison – dans la quasi-totalité des cas – le sont à cause de la pression qu’exercent les classes supérieures, l’exploitation des riches sur les pauvres et l’inégalité sociale. Je n’ai pas vu de riches en prison, seulement des pauvres. Il est temps d’admettre que le choix n’a presque aucun impact face à la situation. C’est la situation de pauvreté qui est criminelle. Huit personnes possèdent autant de richesse que la moitié de la population mondiale !

À CELLES ET CEUX QUI LUTTENT

Ayant goûté à l’incarcération, je me sens solidaire à l’égard des personnes qui restent encore enfermées.

C’est pourquoi, j’exprime une grande :

Solidarité & force à toutes les personnes incarcérées en France suite aux manifestations des gilets jaunes, contre la réforme des retraites de Macron & son monde privatisé et néolibéral.

Solidarité & force aux révolté.e.s du Chili souffrant de la même politique néolibérale & de privatisation.

Solidarité & force aux révolté.e.s de Catalogne.

Solidarité & force au quartier autonome d’Exarcheia en Grèce.

Solidarité & force aux anarchistes torturé.e.s en Russie.

Solidarité & force aux prisonnier.e.s torturé.e.s de Guantanamo.

Solidarité & force aux révolté.e.s de HongKong, que fleurissent toujours plus de drapeaux noir dans les cortèges, remplaçant les drapeaux américains.

Solidarité & force aux anarchistes & anti-nucléaires incarcéré.e.s aux USA, en France, en Allemagne & un peu partout dans le monde.

Solidarité & force au Rojava, que perdure l’histoire concrète de l’émancipation, de l’autonomie, de l’écologie & du féminisme.

Solidarité & force à l’Afrique, grande oubliée, pillée encore & toujours pour le confort des pays du Nord.

Que chaque prisonnie.r.e témoigne de son passage en prison, afin que le plus rapidement possible, nous brisions ces murs horribles qui sèment la souffrance. Ces murs que l’on accepte seulement parce que l’on ne peut pas voir dans les yeux celles et ceux qui y sont enfermé.e.s.

Loïc, Assigné à procès interminable à Hambourg.

Ps. Voici quelques brochures intéressantes pour repenser ensemble la société carcérale.

Pourquoi faudrait-il punir ? : https://infokiosques.net/spip.php?article578
La prison est-elle obsolète ? : https://infokiosques.net/spip.php?article1507
Historiques des luttes anticarcérales : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=753

Plus d’infos : https://laneigesurhambourg.noblogs.org

Appel à don pour soutenir Loïc : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/appel-a-dons-contre-la-repression-a-bure-et-son-monde

Week end contre les frontières et les déportations

Week-end d’évènements contre la frontière !

SAMEDI 11 JANVIER
RASSEMBLEMENT AU CPR DE TURIN (CORSO BRUNELLESCHI)
RDV A 14h30 PIAZZA CASTELLO, AMENE TON VELO !
Rdv à 16h devant le mur du CPR à l’angle du cours Brunelleschi et de la Via Monginevro.
En cas de pluie, rdv à 15h Piazza della Repubblica au niveau du portique devant le kiosque.

DIMANCHE 12 JANVIER
JOURNEE A LA FRONTIERE
RDV A 11h DEVANT L’EGLISE DE CLAVIERE, AMENE TA LUGE !
REPAS PARTAGE

Les frontières intérieures se multiplient et se perfectionnent. Des rafles, des caméras de reconnaissance faciale,interdiction de territoire, lois de sécurisation.
Les murs extérieurs ne font qu’augmenter : des frontières économiques et sociales créées pour sélectionner, contrôler, exploiter. Des frontières composées de gardes, de documents, avec une marée d’argent européen.
L’UE devient de plus en plus une forteresse, avec des murs extérieurs construits directement en Afrique, et des systèmes de sélection et d’expulsion de plus en plus sophistiqués.
En attendant, de nouveaux CRA s’ouvrent en Italie, des centres permanents de rapatriement. Des prisons où les rébellions ne s’arrêtent jamais. Il y a deux semaines, les prisonniers du CPR de Bari ont brulé la prison et depuis elle est fermée. A Turin, les révoltes sont quotidiennes. Mais le décret Minniti a sanctionné la naissance de nouvelles lagers, et le nouveau CRA de Gradisca a déja commencé a fonctionner. Puis ce sera le tour du CPR de Macomer, en Sardaigne. Et les CPR de Milan et de Modène sont attendus.

En Valsusa, à la frontière franco-italienne, les personnes sans le « bon document » continuent d’être bloquées et persécutées par les différentes polices. Chasse à l’homme dans la neige, contrôles racistes dans les villes et sur les moyens de transport. Pendant ce temps, ces mêmes montagnes sont traversées par des milliers de touristes, de sorte que la frontière n’existe pas.
Invisibiliser, taire et réprimer sont les mots clés autour desquels se retrouvent les gardiens et les acteurs du tourisme.
Brisons l’indifférence de ces pistes !

Pour un monde sans frontières ni autoritarisme.

PS : ces derniers temps les personnes encagées au CRA de Turin ont réussi à briser une partie de leurs chaînes en incendiant leur geôle : cf https://www.passamontagna.info/?p=1275&lang=fr

Montgenèvre : Contre les frontières, les flics et le tourisme – 4 et 5 janvier 2020

Au cours du week-end des 4 et 5 janvier, de nombreux tags contre les frontières, les flics et le tourisme ont été inscrits à Montgenèvre (Hautes-Alpes).

« Ce lundi matin, près de 25 tags visant le capitalisme, les forces de l’ordre et plus globalement le tourisme ont été découverts à Montgenèvre (Hautes-Alpes), station de ski située à la frontière franco-italienne. Parmi les inscriptions taguées sur des murs, sur des panneaux de signalisation, ou dans le tunnel de Montgenèvre (RN94) : « la frontière tue, le tourisme est complice« , « mort à l’État« , « Acab« , « No border, no nation, stop deportation«  […]. Une voiture de luxe stationnée, en l’occurrence une Porsche, a été taguée de l’inscription « brûlez-la« .

Le mois dernier, toujours à Montgenèvre, trois tags avaient été retrouvés sur la commune visant notamment les forces de l’ordre et soutenant le mouvement anarchiste. […] »

NB : Repris du site Sans Attendre Demain

Semaine anti-carcérale à Bure

Une semaine anti-carcérale aura lieu près de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville, du 2 au 8 mars 2020. L’idée est de prendre le temps de se rencontrer, entre personnes et groupes de différents pays, lors de temps formels et informels de discussions, d’ateliers, de projections de films…

Un premier brouillon de programme a été imaginé, il évoluera et se précisera dans les semaines à venir. Les thématiques, susceptibles d’évoluer (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des suggestions), seraient les suivantes :

  • Répression et anti-répression
  • (No)Borders
  • Questions de genre, LGBTQ+, prisons pour femmes
  • La cavale + discussions hors thématiques
  • Abolition de la prison (discussions autour de visions anarchistes de la justice, la loi, le crime, la punition)

On a aussi envie de prévoir des temps de lecture de correspondances avec des personnes en prison et des ateliers d’écriture aux détenu.e.s. Chacun-e est bienvenu-e à proposer un atelier et vous pouvez nous contacter pour l’annoncer ou si vous avez des besoins spécifiques, qu’ils soient personnels ou techniques.

On a envie de porter une attention particulière à la traduction lors de la semaine. On aimerait assurer des traductions lors des discussions, au moins en français et anglais, et si possible en allemand, polonais et italien.

Une cantine vegan, à prix libre et participative, sera organisée du lundi midi au dimanche soir. Pour dormir, il y aura des places dans des dortoirs et des caravanes, et la possibilité de dormir en tente ou en camion sur le terrain (il y a de la place !).

Le terrain accueillant la semaine anti-carcérale est relativement plat mais pas très accessible aux personnes en béquilles/fauteuils. Si vous avez des besoins particuliers à ce niveau là, vous pouvez nous contacter.

Par ailleurs, le terrain n’est pas raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Il y a des panneaux solaires – notamment pour l’éclairage et les projections de film – mais l’électricité disponible sera limitée.

La zone autour de Bure est assez surveillée, et les patrouilles de gendarmes sont très fréquentes. Les contrôles routiers s’intensifient souvent lors des évènements annoncés publiquement. Avant de venir, vous pouvez consulter le brief légal en contexte burien (également disponible en anglais, allemand et italien).

N’hésitez pas à partager cet événement avec d’autres personnes qui pourraient être interessées. Vous pouvez aussi envoyer des lettres à des prisonnier-es pour les inviter à contribuer par lettres.

On se voit en mars !

Anarchist Bure Cross
anarchistburecross.noblogs.org
aburecross@riseup.net
bureburebure.info

Appel à solidarité inculpés GJ de Narbonne

Solidarité avec les inculpés de Bessan et Narbonne

La coordination des Défenses Collectives du Languedoc appelle à organiser des événements de soutien aux inculpés de Bessan et de Narbonne partout en France et ailleurs.

Entre le 1er et le 19 décembre, les péages de Narbonne et de Bessan ont été incendiés plusieurs fois dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes. Les instructions liées à ces affaires sont en cours de clôture et les procès vont bientôt débutés pour des dizaines d’inculpés. Les frais de justice, d’avocats, les mandats aux détenus demandent énormément d’argent. Nous appelons donc à la plus grande solidarité financière et militante possible.

lire la suite ici

Silvia, Anna et Natascia en grève de la faim depuis un mois dans la prison de l’Aquila, Italie

repris de mars-infos.org

Un texte de Silvia, Natascia et Anna en grève de la faim depuis un mois à la prison de L’Aquila, Italie (publié sur nantes.indymedia.org)
Rappel du contexte : Silvia a été arrêtée le 7 février pour l’Opération Scintilla – opération du pouvoir judiciaire visant à réprimer la lutte contre les Centres de Rétention Administratif. Elle comme Anna sont incarcérées dans la prison de haute sécurité de l’Aquila (plus d’infos sur passamontagna.info)

« Un coup de dés

Que la vie soit un jeu de dés contre le destin, cela a été écrit par un poète. Que les anarchistes aiment jouer, ça, nous le savons. Nous avons conclu un premier match. Un mois pour tâter le terrain et renifler les confins de la cage, un mois de grève de la faim pour faire comprendre que nous sommes du matériel difficile à mettre en boîte.

Au trentième jour, nous la suspendons, avec l’intention de recommencer (la lutte) avec plus de force. Le premier bilan positif se trouve dans la solidarité vive, spontanée, immédiate, à l’intérieur ou à l’extérieur des prisons, ce qui a porté haut et fort le problème.

A l’intérieur : Marco et Alfredo qui sont en AS2 (haute surveillance de niveau 2) à Alessandria et Ferrara ont fait un mois de grève, auxquels s’est ajoutée Natascia, à son arrivée à Rebibbia et avec qui nous avons continué lorsqu’elle est arrivée ici, puis d’autres compagnons, Stecco, Ghespe, Giovanni, Madda, Paska et Leo.

A côté : nous avons entendu les battituras des sections 41bis féminine et masculine, une musique qui rompt le silence de cette forteresse montagnarde et auxquelles nous avons répondu et continuerons à répondre tant qu’elles dureront, solidaires avec tou-te-s celles et ceux qui subissent depuis des années, dans leur propre chair, cet ignoble régime.

A l’extérieur : actions directes, incursions informatives, actions de bordellisation un peu partout en Italie et dans le monde, ont servi de mégaphone à quelque chose qui n’est pas un jeu : la différenciation des régimes de détention, les circuits punitifs, le perfectionnement des stratégies répressives sur le plan anti-anarchiste mais pas seulement. Il n’y a rien de tout cela que nous ne savions pas déjà et nous restons conscientes qu’à l’intérieur comme à l’extérieur, les étincelles prêtes à se propager sont partout et cela nous donne force et détermination.

C’est seulement le début et nous espérons que cela a été une injection de confiance dans les potentialités et dans la force que nous portons avec nous, aussi bien dedans que dehors. »

L’Aquila, 28 juin 2019

Silvia, Natascia, Anna

Chronique d’une justice ordinaire…

20 juin, tribunal de Digne (04) une banderole s’élève :

«  ISOLEMENT CARCERAL = TORTURE

MEDECINS MUETS = COMPLICES

FEU AUX PRISONS »

Ces mots sont ceux que portait Christine et le soutien présent, elle est accusée d’harcèlement téléphonique par le médecin en charge de Fabrice Boromée (voir l’article à ce sujet)

En effet, incarcéré depuis 2011 en métropole (depuis 2010 en Guadeloupe) alors qu’il n’y été rentré initialement que pour 8 ans.

Privé des droits les plus humains comme notamment l’accès aux soins Fabrice perd l’usage d’une oreille suite à un « blocage » dans une douche : il refuse de sortir, pour revendiquer son transfert vers la Guadeloupe, son île natale où il a famille et amis. Les matons l’en sortiront de force en envoyant une grenade assourdissante…

Jamais écoutés dans leurs demandes polies et administratives, les prisonniers ont recours parfois à d’autres moyens pour se faire entendre.

Ce fut le cas de Fabrice qui du mettre en place des prises d’otage et blocages, ce qui a entraîné des conditions de détentions de plus en plus drastiques, des problèmes de santé graves et des peines à rallonge (il lui reste 30 ans à tirer).

A l’isolement, la visite médicale de Fabrice se résume à un « Ça va » machinal.

C’est dans ce contexte que Christine prend la décision d’appeler le service médical du centre de détention. Sans réponse, elle insiste, elle est orientée sur d’autres services, ils la baladent, lui donnent des rendez-vous qu’ils n’honorent pas.

Elle insiste, le secrétariat lui raccroche au nez systématiquement, elle insistera jusqu’à 126 fois en 1h et demie…

Quelques semaines plus tard un ami prend le relais et elle peut enfin dire au médecin ce qu’elle pense de sa lâcheté.

Petit à petit, les visites redeviennent correctes et Fabrice voit même un ORL qui lui confirme sa surdité (séquelles de la grenade dans la douche).

Mais depuis juin 2019 Fabrice a été envoyé à la maison centrale de Mendin le Veil (Nord pas de Calais) les visites médicales redeviennent ce qu’elles étaient : inutiles.

Or depuis Fabrice a contracté un ulcère et ses jours sont comptés.

Christine comparaissait aussi pour avoir soit disant casser le doigt à un flic lors d’une GAV, pendant sa détention à Roanne. Les keufs ne voulant ni la laisser pisser ni la sortir alors qu’ils disaient que les 48 heures légales étaient passées.

Elle refuse, en toute logique, de se faire ramener en cellule. C’est avec quelques coups de poing au visage qu’elle y fut traînée.

Quand, trois ans plus tard elle est informée de la plainte des policiers, elle rappelle qu’elle a, elle aussi, déposée plainte à l’issue de cette GAV. Évidement sans suite…

Les cas de Christine et Fabrice ne sont pas isolés.

Face à une justice de classe soutenue par une presse bourgeoise, il est nécessaire de ne pas se laisser intimider. Les juges, procs etc, ne sont que des personnes, au même titre que celles appelées derrière la barre. Quelques exemples pour contrer l’intimidation :

– Se pointer à un jugement avec un T-shirt «  la prison tue » « crève la taule »

– Tendre une ou plusieurs banderoles et distribuer des tracts

– Avoir des soutiens qui applaudissent ou huent les situations, à l’intérieur de la salle

– Couper la parole du juge ou de la juge si ses propos sont inexacts ou humiliants

– Parler fort

– Reprendre la parole après l’avocat.e. Même si il/elle est sincère politiquement, ça reste un rouage de la machine à condamner. C’est à nous d’assumer aussi nos revendications.

– Rentrer dans le lard d’un proc qui ose dire «  DÉSOLÉ, mais je réclame 4 mois d’emprisonnement ferme »

– si nécessaire, tenter d’instrumentaliser la presse bourgeoise pour que les potes à l’intérieur aient vent de nos actions

– surtout surtout… être en bande et s’amuser

Contre l’isolement carcéral !

En solidarité avec Fabrice Boromée
 

Aujourd’hui 20 juin 2019, Christine passe en procès à Digne pour avoir « harcelé téléphoniquement » un médecin qui refusait de faire des visites décentes au quartier d’isolement de la prison de Moulin où était enfermé (et donc torturé) Fabrice.

Depuis 2012, Fabrice Boromée subit l’enfermement dans les quartiers d’isolement des prisons en métropole. Depuis sept ans, ses conditions de détention doivent être qualifiées de torture. Ce traitement inhumain a été mis en place par l’administration pénitentiaire après que Fabrice ait refusé de se soumettre à l’arbitraire carcéral qui lui interdisait d’assister à l’enterrement de son père en Guadeloupe. Depuis, Fabrice ne demande qu’une chose : être transféré en Guadeloupe auprès de ses proches. Face au silence de l’administration, il s’est révolté de nombreuses fois pour se faire entendre, notamment avec des prises d’otage. Alors qu’il était entré en prison pour une peine de huit ans, il a pris des rallonges de peine à la pelle, il a aujourd’hui encore trente ans à faire.

Enfermé et exilé de force en métropole Fabrice subit une double peine, comme de nombreux autres détenu.e.s originaires des territoires qu’il est convenu d’appeler les « DOM-TOM ». Outre la répression carcérale, leur situation révèle un des aspects de la domination coloniale que l’État français continue d’imposer aux populations de ces territoires. À l’isolement et très éloigné de ses proches, Fabrice n’a de contacts quasiment qu’avec les surveillants casqués…

Depuis, plusieurs articles de presse ont été écrits sur sa situation mais celle-ci n’a pas changé et la mesure d’isolement n’est toujours pas levée. Au contraire, il a subi des conditions extrêmement difficiles, dignes des anciens QHS (quartiers de haute-sécurité) soit-disant abolis : menottage systématique, escortes suréquipées et violentes, refus de le laisser voir le médecin ou le cpip dans des conditions décentes, repas jetés par la trappe… Il y a 18 mois Fabrice refusait de sortir de la douche, demandant à la direction de respecter ses engagements pour son transfert. La seule réponse a été de lui envoyer les ERIS (le GIGN de la prison) qui ont balancé une grenade assourdissante dans la douche de quelques mètres carrés. Ces violences de l’administration lui ont fait perdre l’ouïe d’une oreille.

L’isolement carcéral, véritable torture, a des conséquences très graves sur sa santé et son moral. Il a eu des attaques cardiaques, il se plaint de migraines permanentes, sa vue baisse, il s’exprime moins bien, il perd le goût de vivre… Un ulcère de l’estomac a été diagnostiqué il y a 6 mois et empire à cause du stress continuel. Ces agissements ignobles sont validés par le ministère de la justice et des médecins complices.

Nous ne les laisserons pas tuer Fabrice Boromée !
 
Pour lui écrire :

Fabrice Boromée 638

MC QI- 5 rue Droux
62880 Vendin le vieil

Des opposant.e.s à la prison et ami.e.s de Fabrice

ALERTE pour les Solidaires des exilé-e-s : Risques d’arrestations et perquisitions dans les prochains jours

Des infos circulent en Haute-Durance sur des risques d’arrestations et de perquisitions de personnes solidaires des exilé-e-s dans les prochains jours, méfiez-vous et préparez-vous ! Voir notamment les conseils ci-dessous en cas d’arrestation ou de convocation

Cette information concerne les bénévoles, militants, maraudeurs, solidaires, actifs autour de la frontière franco-italienne.

D’après des informations fiables, le procureur de Gap Raphael Balland prévoit des ARRESTATIONS et PERQUISITIONS ciblées dans la Haute Durance ces prochains jours.

Pourquoi ?

Il y’a quelques jours de cela, deux maraudeurs sont interpellés à Montgenèvre sur le bord de la route. A bord du véhicule, ils ne sont que deux maraudeurs.
S’en suit une interpellation et le placement en garde à vue de l’un d’entre eux. Le second est relaché quelques heures après l’arrestation avec une convocation pour mardi prochain. Le lendemain, les gendarmes de la « Brigade Anti-Solidaire » de Briançon, le recontactent pour qu’il se présente dès à présent à la gendarmerie. Il refuse sur conseil de son avocat, en stipulant notamment qu’il est déjà convoqué mardi. Quand au premier maraudeur il est toujours en garde à vue à ce moment-là. Il y passera 48h et sera même gratifié d’une perquisition à son domicile. Les questions tourne essentiellement autour de Tous Migrants, de bande organisée, d’échanges de SMS entre solidaires…

La revanche d’un procureur humilié…

Ca se tire pour Balland. Bientôt fini les exactions dans les Hautes-Alpes, le voilà muté procureur à Béziers, chez Bébert le facho. Le départ est prévu pour cet automne, mais avant, Raphael Balland aurait envie de faire un coup d’éclat. Sa bande organisée, il y tient. Elle n’a pas tenu pour le procès des 3+4 de Briançon… humilié, il ne compte pas en rester là, et souhaite marquer véritablement son passage dans les Hautes-Alpes.
La brigade dite BAS a bossé tout l’hiver pour trouver les éléments capables de matérialiser « la bande organisée ».
Et puis bon, il faut bien justifier le salaire de ces 6 gendarmes, qui pour le moment n’ont pas obtenu de résultats des plus significatifs.

Alors, ATTENTION: Si vous avez des chaussures de marche, des cartes IGN, des jumelles, une voiture, un GPS, que vous connaissez Tous migrants, et que vous avez déjà été contrôlé aux abords d’un pic-nic solidaire… Vous êtes potentiellement de la BANDE ORGANISÉE.

 

Voilà quelques conseils sur quoi faire en cas d’arrestation ou de convocation

Mémorise le nom d’un-e avocat-e au courant de la lutte

En cas d’interpellation :
Ils nous embrouillent, embrouillons les !
Si tu es interpelé-e, alerte les personnes autour de toi pour qu’elles préviennent l’équipe légale.
Si tu es témoin d’une interpellation, appelle le numéro qui figure sur ce tract. Et donne : une description physique et vestimentaire de la personne arrêtée, ainsi que l’heure, les circonstances et le lieu de l’arrestation. Ne donne aucun nom au téléphone, ne donne aucune info sur les infractions commises (exemple : « mon ami était avec des migrants »). Si ça ne répond pas, laisse un message, avec les infos pour que l’on te rappelle plus tard. Puis n’oublies pas de rappeler pour signaler ta sortie de GAV, ou la sortie d’un-e de tes proches.

Soit tu es convoqué
Si tu reçois une convocation par la police ou la gendarmerie, tu dois t-y rendre obligatoirement.
Les convocations peuvent se faire par courrier ou par téléphone. Le lieu, la date et l’horaire de la convocation te sont précisés. Les auditions ont le plus souvent lieu au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Cette obligation s’applique quel que soit le motif de la convocation.
Si tu te rend de toi-même à la convocation, tu peux quitter les lieux quand tu veux lors de votre audition.
Laissez votre téléphone à la maison …
Si tu ne te rends pas à cette convocation, tu peux y être contraint par la force. Cependant, la police ou la gendarmerie ne peut pas entrer dans ton domicile sans ton accord pour venir t’ arrêter. Si les policiers ou gendarmes ont ton accord, ils peuvent venir vous chercher à votre domicile de 6h à 21h. Dans ce cas, tu peux être retenu pendant 4 heures dans les locaux de la police ou de la gendarmerie.
Si tu es officiellement soupçonné d’avoir commis une infraction (dès la convocation ou lors de l’audition),
• soit tu es entendu sous le régime de l’audition libre et tu peux
quitter les locaux quand tu veux.

• Avant l’audition libre, tu dois être informé de tes droits à 2
reprises, sauf si tu n’as pas été convoqué.

Lors de la convocation…
La convocation écrite indique :
• les éléments caractéristiques de l’infraction pour laquelle tu es mis en cause,
• ton droit d’être assisté par un avocat au cours de ton audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison.
L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle,
• les modalités de désignation d’un avocat commis d’office,
• et les lieux où tu peux obtenir des conseils juridiques avant cette audition.

Avant l’audition…
Juste avant l’audition, tu dois à nouveau être informé de tes droits par les policiers ou gendarmes :
• droit de quitter les lieux à tout moment,
• droit de connaître la qualification, la date et le lieu présumés de l’infraction,
• droit de garder le silence lors de l’audition,
• droit à l’assistance d’un interprète si vous ne comprenez pas le français,
• droit d’être assisté par un avocat au cours de l’audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison. L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• droit de bénéficier de conseils juridiques dans une structure d’accès au droit.
• soit tu es placé en garde à vue, qui est une mesure de privation de liberté.
• ta garde-à-vue (GAV) te sera signalée la première heure de ton arrestation. Elle peut durer 24 heures, puis être renouvelée une fois pour 24 heures de plus (sauf certains cas comme terrorisme ou bande organisée, où elle peut durer jusqu’à 144 heures). Dès que ta GAV t’est signalée, tu as le droit de voir un médecin (même si tu n’as pas de médocs à prendre, même si tu n’as pas reçu de coups pendant l’arrestation). Tu peux aussi demander à appeler un proche mais c’est la police qui le fera. Un avocat avec lequel tu auras un entretien peut, à ta demande, être présent pendant les auditions de ta GAV. Si tu n’en connais pas, tu en auras un commis d’office. Si vous êtes plusieurs au poste, laisse les avocats proches pour celles-ceux qui risquent le plus pénalement. L’avocat n’est pas forcément ton complice, tu n’es en rien obligé-e de tout lui raconter, ni de lui faire entièrement confiance.
C’est toi qui choisis ta stratégie de défense et qui définis ton attitude vis à vis de la police.

Stratégies de résistance et de non coopération : Pour ralentir le travail de la police, certain-e-s ne déclarent rien et refusent de décliner leur état civil. D’autres ne déclarent que le strict minimum (nom, prénom, lieu et date de naissance). Garder le silence est un droit. Lors de l’interrogatoire, tu peux répondre « je n’ai rien à déclarer » (différent de « je ne sais rien », ce qui revient à déclarer quelque chose). Plus elles sont portées collectivement, plus ces attitudes de défense sont efficaces et faciles à tenir. Quelle que soit la stratégie, ne donne surtout aucune info sur les autres interpellé-e-s, ni sur l’action. On ne balance jamais quelqu’un-e d’autre, et quoi que puissent en dire les flics, en dire plus n’écourtera pas ta GAV et peut compliquer ta défense le jour du procès.
Tu peux refuser de signer les documents présentés par les flics (compte-rendu d’interrogatoires, PV de sortie de GAV,…). Signer c’est reconnaître que tout s’est bien passé et s’empêcher de revenir sur les trucs dis ou subis pendant la GAV. Tu peux refuser les photos d’identité, les prises d’empreintes digitales, le fichage ADN et de donner tes codes de téléphone et d’ ordinnateur. Si ces refus constituent des délits en soi, refuser le fichage est une position politique.
En cas de comparution immédiate : A l’issu de la GAV, tu peux être emmené-e au tribunal où tu peux refuser d’être jugé-e une fois à la barre. Ce qui augmente le risque de contrôle judiciaire, voire de détention préventive. Cependant, les peines sont généralement plus lourdes en comparution immédiate. Refuser d’être jugé-e en comparution immédiate te permet de gagner du temps pour préparer ta défense. Si tu peux justifier d’un emploi et d’un logement, tu as moins de chance d’être placé-e en détention préventive.

Des Gilets Jaunes des Hautes-Alpes emprisonné.e.s à Montpellier

Quelques articles repris de-ci, de là nous permettent d’en savoir plus.

Liberté pour tou.te.s !

 

 

Le Daubé le 13/06/2019

Deux gilets jaunes haut-alpins écroués dans l’Hérault

Un appel aux dons a été lancé sur les réseaux sociaux après que deux Haut-Alpins, dont l’une est fer de lance des gilets jaunes à Gap, ont été placés en détention pour purger une peine de trois mois de prison ferme.

https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/06/13/deux-gilets-jaunes-haut-alpins-ecroues-dans-l-herault-apres-l-acte-xxx

 

 

Le Poing le 12/06/2019

Montpellier : la juge Boussaguet surpasse le procureur et envoie 4 gilets jaunes en prison

Après les brutalités policières, l’arbitraire judiciaire. Le tribunal de grande instance de Montpellier a fait preuve ce mardi d’une extrême sévérité à l’égard des six gilets jaunes présentés en comparution immédiate. Malgré des accusations bancales, quatre d’entre eux sont partis en prison à l’issue de l’audience, un autre a pris du sursis et un autre a été libéré sous contrôle judiciaire. La juge Geneviève Boussaguet a été au-delà des réquisitions du procureur et ne s’est pas vraiment intéressé au droit. Le Poing fait le point.

Des prévenus maltraités et sévèrement condamnés

Conformément aux consignes du gouvernement, les policiers sont allés au contact samedi dernier à Montpellier lors de l’acte 30 des gilets jaunes. De nombreux manifestants ont été blessés, et les autorités parlent de dix-neuf personnes interpellées et placées en garde à vue. Six personnes auraient été relâchées de la garde à vue, et treize autres auraient été déférées lundi pour passer devant le juge des libertés et de la détention.
Sur ces treize, sept ont été libérées lundi avec des contrôles judiciaires stricts, comprenant notamment des interdictions de paraître à Montpellier, et des convocations ultérieures au tribunal pour des procès qui auront lieu cet été. Parmi eux figurent Dylan, éborgné le 1er mai à Montpellier par une grenade de désencerclement, et Casti, éborgné par un lanceur de balles de défense en 2012. Parmi ces sept personnes, certaines présentaient des marques de blessures causées par les policiers lors de l’interpellation : l’un boitait, un autre avait un œil au beurre noir, et un autre, qui n’a pas pu prendre ses médicaments lors de sa garde à vue, souffrait d’une contusion à l’épaule.
Six autres ont été placés en détention provisoire et sont passés mardi en comparution immédiate. Après deux jours de garde à vue et une nuit en détention provisoire, ils avaient tous l’air exténués et une gilet jaune, violentée lors de son interpellation, est arrivée en béquille et ne parvenait pas à se lever pendant l’audience. Ces stigmates n’ont visiblement pas ému la juge Boussaguet, qui a prononcé deux condamnations à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt plus trois mois de sursis et une condamnation à huit mois de prison avec sursis pour les trois qui n’ont pas demandé de délai lors de l’audience, et deux détentions préventives et une libération sous contrôle judiciaire pour les trois autres qui ont réclamé un report (les procès se tiendront cet été). Ces peines sont supérieures à celles requises par le procureur Tixier, qui avait réclamé un mandat de dépôt, et non quatre. On notera d’ailleurs que pour l’une des deux personnes envoyées en détention provisoire, le procureur avait requis, en vain, une libération sous contrôle judiciaire pour « des raisons de santé ».

Le Pressoir le 11/06/2019

Gilets Jaunes interpellé·e·s à Montpellier lors de l’Acte 30 : 4 détentions provisoire et 7 libération sous contrôle judiciaire

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Lu sur la page facebook de l’assemblée générale de Montpellier contre les violences d’état – commission juridique gilets Jaunes de Montpellier.

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont Dylan, éborgné par la police le 13 mai dernier, et Casti, éborgné par la police en 2012. Certaines personnes ont été libérées du commissariat (avec ou sans convocation ultérieure au tribunal, nous ne le savons pas), et d’autres ont été déférées ce lundi 10 juin au tribunal de grande instance (TGI) de Montpellier pour passer devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui en a placé quatre en détention provisoire en attendant les procès en comparution immédiate qui auront lieu ce mardi 11 juin à 14h au TGI. Nous appelons à cette occasion à se rassembler ce mardi à 13h30 devant les grilles du TGI (place Pierre Flotte) pour soutenir les prévenus.

Le détail :

  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet au TGI pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une libérée sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 22 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 5 août à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 29 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations.

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article1490

Détention provisoire pour trois personnes accusées de sabotages des artères du capital et de l’Etat – 26 avril 2019

On apprend par les journaux que quatre personnes se revendiquant des gilets jaunes viennent d’être arrêtées dans les Alpes-de-Haute-Provence mercredi 24 avril pour ces faits et d’autres encore commis dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Vaucluse et l’Aveyron contre des infrastructures d’énergie ou de téléphonie (qui n’étaient pas sortis dans la presse, dont un incendie d’antenne-relais à Villemus, le 6 février 2019). Trois ont été placées en détention préventive vendredi 26 avril.

Continue reading

Appel au secours de l’intérieur du CRA

Cet appel au secours depuis le Centre de Rétention Administrative de
Lyon a été publié hier et relate la situation actuelle à
l'intérieur.

« -Ok donc y a deux jours y en a qui ont essayé de faire une tentative de s ’évader. Il y en a trois qui ont réussi et trois qui se sont fait attrapés, ont été grave blessés. Ils ont été quarante-huit heures en garde à vue et ils ont passé en quarante-huit heures et aujourd’hui ils rentrent au centre, et aujourd’hui il y a quelqu’un tout à l’heure qui a monté sur la porte où il y a le barbelé. Et il s’est suicidé avec le barbelé. Et il s’est étranglé avec le barbelé. Et la police ils on rien fait c’est nous qu’on l’a descendu. La police ils ont mis à peu près 25 minutes juste pour ramener une échelle. Ils étaient même pas loin à 200 ou 300 mètres. Nous on a voulu le récupérer malgré tout y a les portes entre nous, donc on s’est grimpé tout le monde et on a essayé de descendre mais sauf que eux ils nous a gazé ils nous a frappé ils nous a violé, laisse tomber. Ici tout le monde ils ont pété un plomb, tout l’monde ils ont commencé à brûler, brûler les chambres, à brûler les matelas, à brûler tout. Donc ici les gens ils sont traités comme des chiens, si il y a moyen de nous aider, ici on est des êtres humains on est pas des animaux, voilà notre seul délit qu’on a pas de papiers, c’est notre seul délit notre seul problème dans cette vie. Vous pouvez appeler les associations, ou appeler les médias ou appeler les journalistes, ou toutes les personnes qui sont là pour l’humanitaire, pour de vrai, il faut qu’ils soient là pour nous, pas de cinéma, pas de spectacle, pas de théâtre, ici c’est des êtres humains, on n’a pas besoin de théâtre, on n’a pas besoin de spectacle, on a besoin des gens qui luttent pour nous. C’est un message d’au secours.

-D’accord

-Voilà c’que j’veux dire, et c’est pour ça que aujourd’hui, vraiment, y en a un qui s’est suicidé, y a même pas 20 minutes ou 25 minutes, y a du sang partout, y a des gens ici qui sont prêts à faire même plus que ça parce qu’on est traité comme des chiens. C’est pour ça on fait appel à tout l’monde, c’est un appel au secours ça.

-D’accord et là qu’est-ce que vous faites en ce moment ?

-Là en ce moment on essaie de se calmer mais malheureusement il nous a fermé mais c’est brûlé, y a des chambres qu’ont déjà brûlé, malheureusement y a rien on n’a pas le choix, si on reste ici on va mourir brûler, ou on va s’étouffer avec la fumée. Les gens ici ils peuvent plus enfaite c’est, c’est, c’est… pire que la prison ici c’est la prison politique c’est pas la prison humanitaire ici, c’est pas un centre de rétention, c’est la prison, c’est même pas la prison je sais pas c’que c’est. Faut aider ces gens-là, aujourd’hui on est des êtres humains, des étrangers, il faut les aider. J’peux plus trop parler là« 

 

plus d’infos :https://crametoncralyon.noblogs.org/

Turin (Italie): bref retour sur la manif du 30 mars 2019

Repris de squat.net

Contre les frontières et les expulsions, pour la liberté de toutes les personnes inculpées, condamnées et enfermées suite aux opérations répressives de février en Italie, une manifestation a eu lieu à Turin le samedi 30 mars 2019. Depuis début février, des actions de solidarité ont eu lieu partout en Italie, et ailleurs. Plusieurs d’entre elles sont évoquées dans différents articles trouvables ici sur Squat!net. Voir aussi les sites Sans Attendre Demain et Attaque pour encore plus d’infos.

 

[MàJ du 12/03/2019] Brochure sur l’opération étincelle et Manifestation contre les frontièresle 30 Mars à Turin

COMME UNE ÉTINCELLE AU TRAVERS DE LA GORGE

Compil de textes traduits de l’italien sur les deux opérations répressives à Turin, Trento, Rovereto en début de l’année 2019.

L’ASILO NON SI TOCCA

opération “scintilla”

Jeudi 7 février 2019, l’Asilo occupato à Turin est expulsé après 24 ans d’occupation.
La police a fait son entrée en force dans le bâtiment, au moins 600 flics qui ont débarqué de tout le nord de l’Italie. Les compagnon.nes ne se sont pas laissé.es surprendre: ielles ont réussi à monter sur le toit et résister pendant 30 heures avant de descendre. Assez vite un rassemblement solidaire est apparu en se déplaçant dans les rues du quartier pour faire face aux charges, contrôles et arrestations. La situation s’est tendue dans la soirée quand une manif sauvage d’environ 300 personnes est partie de la Radio blackout pour se diriger vers l’Asilo : affrontements, lacrymos et barricades enflammées dans un quartier complètement
militarisé.

La police a débarqué non seulement pour expulser l’Asilo mais aussi pour arrêter 7 compagnon.nes dont une toujours en cavale. Toutes seraient accusées “d’association subversive” (article de loi 270 du code pénal italien) et d’attaques (incendiaires ou explosives) contre des entreprises et institutions qui collaborent avec la machine à expulser et qui s’occupent de la gestion des CPR (Centri di Permanenza per il Rimpatrio, l’équivalent des CRA, centres de rétention administrative). Dans l’histoire récente de la répression italienne, l’article 270 a été utilisé plusieurs fois et particulièrement contre des anarchistes.
Les juges accusent les compagnon.nes d’avoir constitué une association dédiée à des pratiques illégales et violentes dans le but de subvertir l’ordre démocratique.
Dans la plupart des situations passées, le parquet n’a pas réussi lors des procès à soutenir cette thèse. Mais la gravité des chefs d’inculpations permet d’allonger la prison préventive jusqu’à 2 ans.
De plus les compagnon.nes sont soumis.es au régime de “Haute surveillance”, réservé aux inculpations liées au terrorisme. Cela signifie concrètement qu’ielles ne peuvent pas rencontrer de détenus dits de droit commun, que leur courrier est censuré (toutes les lettres reçues ou envoyées sont ouvertes et lues par les matons) et que les parloirs sont fortement limités. Une forme lourde d’isolement.
La solidarité a été de suite très forte. Et ce n’est pas un hasard. Pendant de nombreuses années, l’Asilo a été un des lieux repère dans le conflit en ville et une base de passage pour beaucoup de compagnon.nes d’Europe et d’ailleurs. C’est de là que s’est organisée la lutte contre les expulsions locatives, dans les quartiers de Barriera et Aurora, qui a fait trembler beaucoup de proprios. C’est de là aussi qu’on partait pour aller devant le CPR et soutenir les révoltes des détenu.es de différentes façons. L’Asilo était un lieu ressource pour celleux qui, dans ces quartiers, essayent de résister aux transformations du tissu urbain; toujours ces mêmes processus qui favorisent une petite partie de la population au détriment des autres.
C’est pour cela que le samedi 9 février 2019, nous étions plus d’un millier à manifester et à s’affronter pendant des heures contre la police, dans les rues d’un Turin complètement militarisé: militants-es, squatteurs-es, personnes rencontré-és dans la lutte contre les
expulsions locatives et les CPR, habitant-es du quartier qui voient leur possibilité de survie chaque jour plus réduite face à la gentrification. Une manifestation enragée. Et elle n’aurait pas pu être autrement. Entre vitres et voitures brisées, institutions communales détruites, autobus assaillis et affrontements directs contre la police, il y avait toute une partie de cette ville qui ne baisse pas la tête, qui n’en peut plus de la maire et du climat politique nationale.
Le bilan est d’une dizaine de flics blessés et de 11 compagnon.nes arrété.es vers la fin de la manif.
Le lendemain, 10 février 2019, le cortège annuel contre la commémoration fasciste de “le foibe”, dans le quartier des Vallette, se finit devant la prison pour un parloir sauvage chaleureux. Dans le bâtiment pénitencier un hangar qui sert d’atelier prend feu. Aucun
blessé et beaucoup de dégats!

Ce n’est que le début.
Face à une telle attaque, on ne s’est pas laissé-e surprendre. La suite reste à construire…

 

Cliquer sur l’image pour télécharger la brochure

 

Version cahier ici Comme.une.etincelle_v1_Booklet

 

ET AUSSI

Manifestation internationale contre les frontières le 30 Mars à Turin :

plus d’infos sur https://www.autistici.org/macerie/

et en français sur https://www.passamontagna.info/

 

 

BLOQUONS LA VILLE!
“Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification. Résistons contre les proprios de la ville!”
Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.
Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet
ordre social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à resister et à lutter!

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO,
NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO,
AGNESE,SASHA, RUPERT, GIULIO.

LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES!

 

SAMEDI 16 MARS à 15H, CORTEGE A TRENTO

Moins d’une semaine après l’opération répressive «scintilla» qui a causé l’expulsion de l’Asile à Turin et l’arrestation de 6 compagnon.ne.s inculpé.e.s d’association subversive, en Trentino démarre l’opération «Renata». Il s’agit d’un énorme dispositif policier entrainant l’arrestation de 7 compagnon.ne.s pour terrorisme et la perquisition de 50 lieux (lieux de vie, espaces de luttes,
salle de boxe populaire).
Ils veulent nous étouffer avec une normalité faite de guerres, de militarisation et de haine entre pauvres. Ils voudraient mettre hors jeux les luttes, la solidarité et l’action directe. Afin qu’il ne reste que le silence et les applaudissements.
Participons à la manifestation de Trento! Affichons notre solidarité!
Pour s’organiser avec des départs collectifs depuis Turin écrire à: breccia@autistici.log

SAMEDI 23 MARS 15H A FLORENCE

Rassemblement en solidarité avec tous et toutes les prisonnier.e.s anarchistes! Sans trêve pour l’anarchie!
Au mois de mars il y aura le rendu du procès contre nos compagnon.ne.s inculpé.e.s dans l’ enquête «operazione panico»* .
Desertons le tribunal!
* Operazione panico: Le 31 Décembre 2016, un engin explosif placé devant la librairie (proche de CasaPound) “Il Bargello” explose dans les mains d’un artificier particulièrement stupide qui tente maladroitement de déminer l’engin sur place, il perdra un œil et une main. La librairie “Il Bargello” et CasaPound Italia se sont portés parties civiles en plus de l’artificier-flic.
Trois personnes accusées de «tentative de meurtre», «d’association de malfaiteur» pour deux d’entre eux, ainsi que de «transport et fabrication d’engin explosif» se retrouvent incarcérées. Paska, Ghespe, et Giova sont depuis incarcérés dans les geôles italiennes. Ndt. Pour plus d’infos sur l’opération Panico: https://nantes.indymedia.org/articles/42084

Yoyo n°4, journal de lutte contre les barreaux!

La prison sert à punir toutes les personnes qui ne respectent pas les règles imposées par ceux qui les gouvernent. En les enfermant l’état conserve son autorité sur elles et toutes les autres à l’aide de ses flics, ses juges, ses procureurs et ses matons. Une lutte anti-carcérale, celle à laquelle ce journal cherche à contribuer, vise à détruire tout ce système autoritaire et punitif, qu’il prenne finalement la forme d’une cellule, d’un bracelet électronique ou d’un TIG*.

 

Cliquer sur l’image pour ouvrir le journal!

La prison sert à punir toutes les personnes qui ne respectent pas les règles imposées par ceux qui les gouvernent. En les enfermant l’état conserve son autorité sur elles et toutes les autres à l’aide de ses flics, ses juges, ses procureurs et ses matons. Une lutte anti-carcérale, celle à laquelle ce journal cherche à contribuer, vise à détruire tout ce système autoritaire et punitif, qu’il prenne finalement la forme d’une cellule, d’un bracelet électronique ou d’un TIG*.

Construire des prisons, ce que l’état entreprend de nouveau un peu partout en France actuellement, n’est qu’un moyen parmi d’autres pour maintenir son contrôle sur nos vies. L’enfermement, matérialisé ici par des murs et des barbelés, prend ailleurs la forme de dispositifs de surveillance toujours plus précis et étendus. Dans les rues des villes, le nombre de caméras ne cesse d’augmenter tandis que la reconnaissance faciale s’invite désormais à l’entrée des écoles. En effet, à Nice et Marseille, deux lycées s’apprêtent à tester cette technologie, fournie par l’entreprise Cisco, pour « éviter les intrusions » et « sécuriser les accès aux lieux ».

Yoyo, c’est une initiative parmi d’autres pour tenter d’enrayer le fonctionnement de la société carcérale, en donnant un aperçu des résistances collectives et individuelles à l’intérieur des prisons mais aussi des solidarités qui prennent forme à l’extérieur. C’est un petit journal contre toutes les prisons, avec ou sans barreaux, que ce soit les centres de rétention administrative (CRA) où l’on enferme les étrangè.re.s, ou celles qui se cachent derrière un discours médical, comme les hôpitaux psy. Déjà 2019, l’année a filé mais le réveillon s’est déroulé en beauté, et pas seulement sur les Champs-Elysées.

Dans ce numéro tant attendu, vous trouverez également des nouvelles du rassemblement du 12 janvier contre toutes les taules à l’occasion de la réouverture de la Santé. Mais aussi des infos à propos du contrôle à la frontière franco?italienne ainsi que des luttes qui se déroulent actuellement dans les CRA et les soutiens qu’elles trouvent. Déjà qu’on était content.e.s d’apprendre l’évasion d’un détenu de la maison d’arrêt de Fresnes, en plus ça se bouge dans plein de villes contre l’enfermement, alors bonne lecture et à bientôt ! * travail d’intérêt général (voir yoyo n°3 disponible sur le site paris-luttes.info)

yoyojournal_AT_riseup.net

can5internet

Communiqué des prisonniers du centre de rétention de Oissel

Dans tous les lieux d’enfermement la violence est quotidienne. La prison pour étrangèr.e.s de Oissel près de Rouen, est un de ces laboratoires d’expérimentation de la répression.

On y laisse une équipe de keufs — celle de jour — y faire n’importe quoi pour faire régner l’ordre. Cette équipe rappelle à tou.te.s les enfermé.e.s l’autre objectif de ces prisons : si on te déporte pas, quand tu es dehors ferme ta gueule et baisse les yeux !

Là-bas ça fait longtemps qu’on utilise l’isolement pour briser le moral et faire peur. Récemment un copain y est resté 6 jours, provoquant un mouvement de solidarité — une grève de la faim — de la part d’autres enfermés du CRA.

Des copains passés par là il y a quelques années nous ont déjà racontés les mêmes histoires : une cellule d’isolement où on peut t’attacher les mains et les jambes, habillé.e ou pas, et te mettre un casque sur la tête… tout ça pendant des heures !

Des prisonniers du centre de rétention de Oissel ont décidé d’écrire un texte collectif, dénonçant leurs conditions d’enfermement et expliquant leurs revendications !

Nous le relayons ici :

Nous, retenus du centre administratif de Oissel.

Nous sommes enfermés dans un centre qui n’est pas en état d’accueillir dignement des gens.

Ici les policiers nous cassent le moral, ici les 45 jours nous paraissent être 45 ans.

C’est encore pire que la prison, la nourriture est encore plus immonde. Même les yaourts sont mauvais ici.

Le centre devrait être fermé, tellement il est en mauvais état. On en a marre de cet endroit où les actes racistes sont quotidiens.

Quand on résiste, comme certains, les conséquences peuvent être 6 jours d’isolement, qui sont une véritable torture physique et morale.

Même quand tu sors, tu sais que tu risques de revenir ici. On espère obtenir des améliorations concrètes.

Ici c’est pas humain, on pousse les gens à bout. On te montre que tu n’as plus de vie devant toi.

Nous revendiquons :

  • La fermeture de ce centre de rétention qui n’est plus en état d’accueillir des humains dignement.
  • Le changement de l’équipe de policiers de jour, présente depuis trop longtemps et qui se comporte comme une mafia.
  • La fin des violences policières au centre de rétention et pendant les déportations.
  • La fin des condamnations inutiles à de la prison, comme quand on est condamné pour avoir refusé d’aller voir le consul.
  • Un véritable accès aux soins.
  • Respect de l’intimité des parloirs, et des parloirs qui durent plus longtemps pour respecter le besoin de voir ses proches.
  • Un accès permanent à la cour.
  • La fin de l’isolement, qui est un moyen de pression à l’intérieur. C’est un endroit où on nous torture moralement et physiquement.
  • La fin des actes racistes de l’administration ou de la police.

Des retenus du centre d’Oissel, le 27/12/2018

Plus d’info sur :

https://abaslescra.noblogs.org/post/2018/12/28/communique-des-prisonniers-du-centre-de-oissel/

 

Prison de Fresnes : Le désir de liberté est (parfois) plus fort que tout !

Ce dimanche 30 décembre, vers 16h40, un prisonnier incarcéré à Fresnes a réussi à s’échapper en escaladant le mur d’enceinte. Le détenu, qui a pu se blesser aux mains en franchissant des barbelés, était en prison pour des vols et des cambriolages.

Son exploit est double puisqu’il est également parvenu à esquiver les balles d’un maton posté sur l’un des miradors de l’enceinte.

Par ailleurs, on apprend qu’il était particulièrement surveillé par l’administration pénitentiaire pour avoir tenté de s’évader à plusieurs reprises.

D’après la presse, le fugitif avait été condamné pour tentative d’évasion en 2012. Le 16 décembre 2016, il avait échappé aux policiers en faction au tribunal de Créteil après s’être faufilé hors du box des prévenus. Le détenu avait été condamné en novembre 2017 à trois ans et six mois de prison ferme pour cette évasion et une autre en septembre.

Le désir de liberté sera toujours fort que votre arsenal répressif et carcéral !

Bonne cavale au fugitif !