Un exemple banal d’un système répressif qui s’auto-alimente

Christine Ribailly, ancienne prisonnière et militante anticarcérale en révolte, était convoquée au tribunal de Gap le jeudi 12 mars 2020.
Les raisons légales : elle comparaissait pour avoir renvoyé un objet de type rond au dessus de la maison d’arrêt de Gap, une balle de ping pong. Joli prétexte qui a réveillé notre créativité militante pour écrire quelques slogans :

Un maton une balle de ping-pong, un proc’ un smash
Balle de ping-pong à Gap, balles réelles à Palerme

En effet, le procès intervenait en même temps que des émeutes avaient cours dans les prisons italiennes suite aux mesures de confinement (cf texte Italie emeutes).
Pourtant, lors de l’audience, les motifs d’accusation discutés n’avaient rien à voir avec cette balle de ping-pong. On en vient là aux réelles raisons qui ont poussé le procureur de Gap à ne pas classer sans suite ces faits, des raisons éminemment politiques. En effet, Christine fait partie de l’équipe du Café Taule, un groupe anti rep qui assure des permanences devant la maison d’arrêt de Gap depuis bientôt un an afin de soutenir et d’informer les familles de proches de prisonniers mais aussi departager et récupérer des infos sur ce qui se passe en taule.

C’est donc une membre de cette équipe qui a été poursuivie pour avoir refusé de donner sa signalétique lors d’une garde à vue, rendue par la suite illégale,et pour s’être rebellée lorsque les 7 gendarmes lui ont mis de force les menottes lors de son interpellation (c’est sûr que Christine était une grande menace face à 7 keufs sur-armés). Et cette fameuse balle de ping-pong n’a même pas été évoquée… En fait, ces poursuites ne sont qu’un prétexte pour ordonner une interpellation avec violences et obtenir des motifs valables de poursuites.
Les réelles motivations de l’interpellation de Christine sont donc la distribution de kawa, la discussion, l’entraide, et le soutien aux enfermés.

Puisque l’un des buts de la taule c’est d’isoler les gens, une solidarité entre proches et enfermé.e.s ça ne plait pas à l’administration pénitentiaire.
On est face à un procès qui ne dit pas son nom, ou plutôt une pièce de théâtre. On se retrouve face à une juge, qui ne se présente surtout pas comme féministe et qui trouve le dossier de Christine « intéressant » parce qu’elle n’en voit pas souvent des casiers de femmes avec autant de mentions. Tu m’étonnes la taule elle, elle est pas féministe (cf. tract du genepi sur le feminisme anticarcéral page x) ! En fait, cette juge elle se présentait surtout comme « la police de l’audience », et elle a bien utilisé son pouvoir puisque la pièce de théâtre intitulée « audience au TGI de Gap du 12 mars » a été entrecoupée d’entractes. La juge suspendait l’audience car il y avait du son dehors, du son pour Christine,du son contre les prisons, et ça, aux portes du TGI, ce n’était pas acceptable, pour elle.

Du coup, Christine elle a été muselée, il fallait qu’elle montre qu’elle avait fauté. Il fallait qu’elle courbe l’échine devant la justice car c’est ça que la justice, à travers les juges et les procureurs, veut :qu’on ferme notre gueule. Christine, comme plein d’autres qui se retrouvent confronté.e.s à cette mascarade raciste et classiste, voulait faire un pladoyer politique, un plaidoyer contre ce système, mais elle n’a pas pu.
Pourquoi ? Parce que la GAV a été déclarée illlégale. Pourtant, cette GAV Christine elle l’a subi dans son corps et dans sa tête. Alors c’est vrai, que « ces pas très malins de gendarmes » n’avaient pas respecté la procédure, soit l’appel aux proches. Mais en fait, Christine, ça l’a frustré. C’était le personnage central de la pièce, celle qui devait pouvoir avoir la parole et donc critiquer ce système en son sein. Eh bien non, elle en a été refusée, réduite à la posture habituelle et exigée des accusé.e.s : celle de fermer sa bouche et avaler quand des gens qui ne te connaissent pas (juges, procureurs, avocats), décident de façon moralisatrice et condescendante de quelle sanction tu vas écoper.

En effet, je suis de celleux qui pensent que la sanction ne commence pas à l’issue du tribunal mais plutôt dès que le processus judiciaire est enclenché. Et encore dire ça, c’est ne pas prendre en compte, l’épée de Damoclès qu’est la justice, prête à tomber à tout instant sur les racisé.e.s les pauvres, les antisociaux. Du coup Christine, elle n’a pas eu de « punition » cette fois-ci mais ce n’est que « partie de ping pong remise » car le procureur et ses sbires ont le café taule dans leur mirados. Et comme nous l’avons affiché sur le TGI pendant cette journée : CREVE LA TAULE !

Et pour illustrer ce slogan et finir cette journée, les soutiens à l’équipe du Café Taule se sont rendu.e.s devant l’entrée de la maison d’arrêt pour faire une partie de ping pong symbolique (la prison est dans le centre ville de Gap). Bruyante comme il fallait pour espérer que cela soit entendu derrière les hauts murs, cette partie de ping pong a été accompagnée de feux d’artifices, pour célébrer la victoire. Laquelle ? A vous d’imaginer celle qui vous plaît

Lien vers la brochure dédiée à la prison de GAP :
https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf

Voici un texte sur les révoltes dans les prisons italiennes évoqué plus haut :
https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/03/12/contre-la-peur-et-le-controle-la-revolte-eclate-dans-les-prisons-en-italie/

13 Février : Procès des deux maraudeuse.eur.s

Mise à jour 13 février : le « verdict » en correctionnelle à Gap reconnu coupables les deux prévenu.e.s (appréhendées lors de maraudes) des deux chefs d’inculpation (outrage à agent et refus de signalétique) et les a condamné.e.s chacun.e à 600 € d’amende avec sursis total, et solidairement à 150€ de dommages et intérêts en faveur de chacun des cinq militaires constitués partie civile, à l’exclusion de leurs frais de justice. L’interjection en appel n’est pas encore décidée.


 

Le jeudi 13 février prochain, deux maraudeuse.eur.s passent en procès au tribunal de Gap pour « outrage sur agents » et « refus de signalétique» suite à une maraude effectuée le 26 novembre dernier.

Ce procès s’inscrit pleinement dans le contexte de répression qui existe aujourd’hui aux frontières et partout ailleurs, sur les personnes en soutien mais aussi et surtout sur les migrant.e.s.

Effectivement, les intimidations et la répression qu’exerce l’État sur les personnes solidaires à travers des contrôles ciblés, des amendes, du harcèlement policier, des procès,etc., ne sont qu’une petite partie de l’arsenal de répression mis en place par les autorités dans le cadre des politiques anti-migratoires.

Les contrôles au faciès, les tabassages et vols de la part des flics, le parcours du combattant en préfecture, la non prise en charge des mineurs dans certaines villes, l’enfermement en CRA (Centre de Rétention Administratif) dans des conditions atroces, les expulsions réalisées « parce que ton pays n’est pas considéré comme suffisamment dangereux » ou alors juste que la France s’en fout.

Tout ceci est le quotidien que peuvent vivre les gens arrivant ici sans les bons papiers.

Ces répressions orchestrées par l’État et mises en place par le duo Police-Justice semblent viser toutes les personnes et organisations considérées comme indésirables, toutes les formes de solidarités n’étant pas au profit de leur nation, toutes les formes d’actions ne s’inscrivant pas dans leur patriotisme.

Face à ces politiques mortifères, continuons à nous organiser !

Rendez-vous Jeudi 13 février dès 8h30 devant le tribunal de GAP.

N’hésitez pas à faire passer l’info

Feu aux frontières

Tract pour diffusion

Procès en appel de deux gilets jaunes lourdement comdamnées en Décembre 2018 à Valence

Communiqué de Stephane et Tom

L’heure est venue de retourner faire face à la justice et de reprendre le chemin du tribunal, de Grenoble cette fois, plus d’un an après notre procès à Valence (l’affaire avait pris le nom du procès des 4 de Valence : Dylan, Maria, Stéphane et Tom).

Le rendu avait été très lourd, nous condamnant tous les 4 à de la prison ferme (de 3 mois à 12 mois) et à 3 ans d’interdiction de manifester sur toute la France. Un rendu s’inscrivant dans un traitement judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes pour le moins sévère et questionnant. Entre Novembre 2018 et décembre 2019, 10 000 gardes à vue ont été effectuées, 3200 personnes ont été condamnées à de la prison et 300 à de la prison ferme. Du jamais vu en France. Sans parler des nombreu.x.ses bléssé.e.s, éborgné.e.s, démembré.e.s.

Nous sommes 2 (Tom et Stéphane) à avoir fait appel, ne reconnaissant pas les faits pour lesquels nous avons été condamnés (violence sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion) et estimant avec nos avocat.e.s que la sanction était disproportionnée et injustifiée.
De leur côté, Maria et Dylan n’ont pas souhaité retourner devant la machine judiciaire. Un cinquième Gilet Jaune, jugé plus tard dans la même affaire, a été condamné à 24 mois de prison dont 8 mois ferme et n’a pas fait appel.

Nous serons donc de nouveau à la barre le jeudi 6 février à 14h à la cour d’appel de Grenoble. A cette occasion, un rassemblement s’organise devant le tribunal. Plus d’info viendront sur le site d’infos libres et indépendants de la vallée de la Drôme, ricochets.cc

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent depuis 1 an et qui nous donnent envie de rester debout et combatif.

Ensemble, on est nombreu.x.ses !

Stéphane et Tom

Week end contre les frontières et les déportations

Week-end d’évènements contre la frontière !

SAMEDI 11 JANVIER
RASSEMBLEMENT AU CPR DE TURIN (CORSO BRUNELLESCHI)
RDV A 14h30 PIAZZA CASTELLO, AMENE TON VELO !
Rdv à 16h devant le mur du CPR à l’angle du cours Brunelleschi et de la Via Monginevro.
En cas de pluie, rdv à 15h Piazza della Repubblica au niveau du portique devant le kiosque.

DIMANCHE 12 JANVIER
JOURNEE A LA FRONTIERE
RDV A 11h DEVANT L’EGLISE DE CLAVIERE, AMENE TA LUGE !
REPAS PARTAGE

Les frontières intérieures se multiplient et se perfectionnent. Des rafles, des caméras de reconnaissance faciale,interdiction de territoire, lois de sécurisation.
Les murs extérieurs ne font qu’augmenter : des frontières économiques et sociales créées pour sélectionner, contrôler, exploiter. Des frontières composées de gardes, de documents, avec une marée d’argent européen.
L’UE devient de plus en plus une forteresse, avec des murs extérieurs construits directement en Afrique, et des systèmes de sélection et d’expulsion de plus en plus sophistiqués.
En attendant, de nouveaux CRA s’ouvrent en Italie, des centres permanents de rapatriement. Des prisons où les rébellions ne s’arrêtent jamais. Il y a deux semaines, les prisonniers du CPR de Bari ont brulé la prison et depuis elle est fermée. A Turin, les révoltes sont quotidiennes. Mais le décret Minniti a sanctionné la naissance de nouvelles lagers, et le nouveau CRA de Gradisca a déja commencé a fonctionner. Puis ce sera le tour du CPR de Macomer, en Sardaigne. Et les CPR de Milan et de Modène sont attendus.

En Valsusa, à la frontière franco-italienne, les personnes sans le « bon document » continuent d’être bloquées et persécutées par les différentes polices. Chasse à l’homme dans la neige, contrôles racistes dans les villes et sur les moyens de transport. Pendant ce temps, ces mêmes montagnes sont traversées par des milliers de touristes, de sorte que la frontière n’existe pas.
Invisibiliser, taire et réprimer sont les mots clés autour desquels se retrouvent les gardiens et les acteurs du tourisme.
Brisons l’indifférence de ces pistes !

Pour un monde sans frontières ni autoritarisme.

PS : ces derniers temps les personnes encagées au CRA de Turin ont réussi à briser une partie de leurs chaînes en incendiant leur geôle : cf https://www.passamontagna.info/?p=1275&lang=fr

Semaine anti-carcérale à Bure

Une semaine anti-carcérale aura lieu près de Bure, sur le terrain de l’ancienne gare de Luméville, du 2 au 8 mars 2020. L’idée est de prendre le temps de se rencontrer, entre personnes et groupes de différents pays, lors de temps formels et informels de discussions, d’ateliers, de projections de films…

Un premier brouillon de programme a été imaginé, il évoluera et se précisera dans les semaines à venir. Les thématiques, susceptibles d’évoluer (n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des suggestions), seraient les suivantes :

  • Répression et anti-répression
  • (No)Borders
  • Questions de genre, LGBTQ+, prisons pour femmes
  • La cavale + discussions hors thématiques
  • Abolition de la prison (discussions autour de visions anarchistes de la justice, la loi, le crime, la punition)

On a aussi envie de prévoir des temps de lecture de correspondances avec des personnes en prison et des ateliers d’écriture aux détenu.e.s. Chacun-e est bienvenu-e à proposer un atelier et vous pouvez nous contacter pour l’annoncer ou si vous avez des besoins spécifiques, qu’ils soient personnels ou techniques.

On a envie de porter une attention particulière à la traduction lors de la semaine. On aimerait assurer des traductions lors des discussions, au moins en français et anglais, et si possible en allemand, polonais et italien.

Une cantine vegan, à prix libre et participative, sera organisée du lundi midi au dimanche soir. Pour dormir, il y aura des places dans des dortoirs et des caravanes, et la possibilité de dormir en tente ou en camion sur le terrain (il y a de la place !).

Le terrain accueillant la semaine anti-carcérale est relativement plat mais pas très accessible aux personnes en béquilles/fauteuils. Si vous avez des besoins particuliers à ce niveau là, vous pouvez nous contacter.

Par ailleurs, le terrain n’est pas raccordé aux réseaux d’eau et d’électricité. Il y a des panneaux solaires – notamment pour l’éclairage et les projections de film – mais l’électricité disponible sera limitée.

La zone autour de Bure est assez surveillée, et les patrouilles de gendarmes sont très fréquentes. Les contrôles routiers s’intensifient souvent lors des évènements annoncés publiquement. Avant de venir, vous pouvez consulter le brief légal en contexte burien (également disponible en anglais, allemand et italien).

N’hésitez pas à partager cet événement avec d’autres personnes qui pourraient être interessées. Vous pouvez aussi envoyer des lettres à des prisonnier-es pour les inviter à contribuer par lettres.

On se voit en mars !

Anarchist Bure Cross
anarchistburecross.noblogs.org
aburecross@riseup.net
bureburebure.info

Appel à solidarité inculpés GJ de Narbonne

Solidarité avec les inculpés de Bessan et Narbonne

La coordination des Défenses Collectives du Languedoc appelle à organiser des événements de soutien aux inculpés de Bessan et de Narbonne partout en France et ailleurs.

Entre le 1er et le 19 décembre, les péages de Narbonne et de Bessan ont été incendiés plusieurs fois dans le cadre du mouvement des Gilets Jaunes. Les instructions liées à ces affaires sont en cours de clôture et les procès vont bientôt débutés pour des dizaines d’inculpés. Les frais de justice, d’avocats, les mandats aux détenus demandent énormément d’argent. Nous appelons donc à la plus grande solidarité financière et militante possible.

lire la suite ici

Plusieurs centaines de personnes refoulées chaque semaine à la frontière franco-italienne à Vintimille

Ci-dessous, plusieurs rapports du collectif Kesha Niya publiés récemment
et témoignant des refoulements en augmentation et des violences
policières à la frontière franco-italienne à Vintimille.

Pour plus d’infos : https://www.facebook.com/KeshaNiyaProject/

 

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Hello, this is our weekly border report from the 03.- 09. November.

Bonjour à tou.te.s

Au cours de la dernière semaine (03.11.-09.11.), Nous avons rencontré à Grimaldi Inferiore 631 personnes qui avaient été arrêtées par la police française et renvoyées en Italie. C’est de loin le plus grand nombre depuis le début de notre collecte de données, les chiffres augmentent très rapidement ces dernières semaines. Nous savons qu’un total de 648 personnes ont été renvoyées en Italie. Ces 17 personnes supplémentaires sont arrivées à Vintimille en bus public, avec la Croix-Rouge ou la police italienne, raison pour laquelle nous ne les avons pas rencontrées directement.

Le nombre total de personnes déportées comprend 34 femmes, dont au moins 3 femmes enceintes, 24 mineurs voyageant seuls et 18 enfants (âgés de quelques mois à 13 ans) accompagnés d’un membre de la famille.

Les chiffres ci-dessus n’incluent pas environ 25 personnes déportées de Vintimille à Tarente.

Cette semaine a été celle où nous avons enregistré le plus grand nombre de rapports de violence de la police.

Mineurs

Sur les 24 mineurs non accompagnés que nous avons rencontrés, nous pouvons signaler deux incidents particuliers qui se sont démarqués.

Nous avons rencontré un jeune de 17 ans qui souffrait de diabète mais n’avait pas les médicaments nécessaires. Il est arrivé avec un pied très enflé, ce qui est probablement dû à son manque de soins médicaux.

Un autre adolescent de 17 ans a déclaré qu’il avait été gazé (spray au poivre) pendant sa détention dans les conteneurs.

Violence policière

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, environ 80 personnes étaient dans les conteneurs. Plusieurs personnes nous ont signalé qu’au cours de la journée du 3, la police pénétrait régulièrement (au moins toutes les heures) dans les conteneurs et utilisait du spray au poivre sur un grand nombre de personnes. Ils ont ensuite souffert de nausées et de problèmes respiratoires après plusieurs utilisations. Un homme a dû vomir plusieurs fois au cours de cette journée. Lorsqu’il est arrivé à notre niveau, il a eu de grandes difficultés à respirer et était incapable de parler. Nous avons dû l’emmener aux urgences.

Trois personnes nous ont dit avoir également été aspergées de gaz lors de leur libération. L’un d’entre eux a déclaré qu’il avait également été frappé par la police à ce moment-là.

Quelqu’un nous a signalé qu’à 13 heures, toujours le 03/11, 6 personnes avaient été libérées. Peu de temps après la libération, la police est revenue dans les conteneurs et a annoncé qu’une autre personne pourrait sortir. Un homme s’est rendu à la porte de sortie et quand il y est arrivé, il explique qu’il a reçu un coup de poing au visage, a été directement gazé et a reçu un coup de pieds à la hanche. Il est tombé au sol et s’est blessé 2 doigts que nous avons vus très gonflés, c’était aussi le cas de sa lèvre. Beaucoup de personnes étaient présentes à ce moment et ont confirmé l’histoire. (Voir photo)

Plusieurs personnes ont également parlé d’un autre incident: Au cours de la journée, nombre d’entre elles ont demandé de la nourriture à la police française parce qu’elles étaient détenues depuis de nombreuses heures déjà, mais on leur a répondu qu’il n’y en avait pas. Ces personnes ont cependant déclaré que certains policiers avaient jeté leurs restes de pommes et de biscuits de l’extérieur vers la cour intérieure des conteneurs.

Une personne nous a dit qu’elel avait demandé à la police française de me libérer car tous ses amis l’avaient déjà été. La demande a été refusée. Plus tard, il a essayé de sortir quand les personnes suivantes ont été relâchées, même s’il n’était pas autorisé à le faire. Il a ajouté que les policiers présents avaient remarqué la tentative et l’un d’entre eux lui avait donné un coup de coude au visage/nez. Il s’est ensuite fait insulter en se faisant libérer. Deux personnes de notre groupe ont vu cette personne sortir des conteneurs en se tenant le nez. Quand nous sommes allés lui demander ce qui s’était passé, il a juste dit qu’il avait été frappé au nez. La même personne aurait déjà demandé de la nourriture pendant sa détention et aurait reçu du gaz poivré au visage.

Lorsqu’une personne a été libérée des conteneurs, il a constaté que son chargeur et son argent n’étaient plus dans son sac et a tenté d’alerter la police. Il témoigne que le policier a utilisé un pistolet paralysant (taser à main) sur sa cuisse gauche et l’a exhorté à disparaître.

Juste après la rencontre avec cet homme, deux autres personnes ont expliqué qu’un policier français avait menacé d’utiliser son Taser déjà allumé contre eux quand ils lui avaient demandé de récupérer un récépissé de demande d’asile gardé par la police. L’un d’eux a été renvoyé en Italie alors qu’il est demandeur d’asile en France. Selon lui, la police française aurait volé son récépissé valable et sa carte d’assurance maladie italienne. Leur raison serait que des noms différents figurent sur les deux documents.

Quelqu’un est arrivé avec une petite tache de sang sur le nez. Il a déclaré qu’un policier l’avait frappé lors de sa libération.

Deux hommes ont indépendamment demandé à la police française de la nourriture pendant leur détention dans les conteneurs. Tous deux ont dit que la police a utilisé du spray au poivre contre eux et en ont frappé un à l’oreille. (Image)

Le 06/11, les 40 premières personnes qui sont venues nous voir dans la matinée ont été relâchées au même moment. Plusieurs femmes arrêtées la veille par la police française ont souligné que pendant la nuit, il n’y avait pas de séparation entre les sexes, toutes personnes étaient maintenues ensemble (femmes, hommes et enfants).

Une de ces femmes nous a raconté son expérience pendant sa détention dans les conteneurs. Nous avons enregistré son témoignage. Elle y disait qu’elle se rendait en France en train pour suivre un traitement. A 19 heures le 05/11. Elle a été arrêtée par la police française dans le train à Menton-Garavan.

Durant sa détention dans les conteneurs, elle a demandé de l’eau à la police. Ils ont répondu qu’elle devrait boire l’eau des toilettes. Elle nous a également dit que la police lui avait volé 500 € et sa carte médicale. Lorsqu’elle a demandé à récupérer ses biens, un policier lui a donné un coup de poing au visage.

Nous avons reçu plusieurs confirmations de témoins oculaires de ce fait, y compris une petite fille de 6 ans. Sa famille et elle-même ont dit qu’elle était très effrayée après avoir vu cela. La fillette et sa famille ont passé la nuit du 05 au 06 novembre dans des conteneurs et pendant la détention elle a eu de la fièvre. La famille a demandé une l’aide médicale, mais la police a répondu que c’était normal.

Une jeune femme de cette famille nous a également dit que lorsqu’elle était en détention, elle avait demandé à la police un médecin parce qu’elle avait un coude très douloureux (suspicion d’entreprise). Le médecin n’a pas été consulté et aucune autre aide n’a été fournie.

Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils dormaient à même le sol et que la police a fait fonctionner la climatisation pendant la nuit.

Une personne nous a dit qu’elle avait demandé de la nourriture à la police française pendant sa détention. Il aurait ensuite été frappé par un policier.

Plusieurs personnes cette semaine ont expliqué que la police les frappaient quand ils demandaient quoi que ce soit.

Une autre personne nous a dit qu’un policier français l’avait insulté après qu’il ait demandé de l’eau. C’était sa deuxième nuit en détention, la premiere il a reçu un coup de poing à l’oreille, comme indiqué ci-dessus.

Cet homme faisait partie d’un groupe de personnes arrêtées dans les montagnes dans la nuit du 5 au 6 novembre. Tandis que la police amenait cette personne dans le conteneur, il raconte avoir été frappé avec une matraque au niveau des genoux. (Voir l’image).

2 autres hommes voyageant avec lui nous ont raconté que la même chose leur était arrivée.

L’un d’eux a déclaré avoir également été giflé à plusieurs reprises aux deux oreilles par un policier portant des gants renforcés. Lorsque cette personne est entrée en contact avec nous, il ne pouvait plus bien entendre d’une oreille.

L’autre a déclaré avoir été frappée par un des policiers français sur l’un de ses tibias. Nous avons enregistré son témoignage.

Un 4ème homme a été blessé sur l’arcade sourcillère gauche, il n’était pas clair s’il s’agissait d’un coup de poing ou d’un coup de tête. (Voir photo)

Toujours le 6, les 40 premières personnes libérées ont presque toutes déclaré avoir été gazées. 28 autres cas ont été rapportés au cours de la semaine.

Le 7, un homme a expliqué que lors de son arrestation, l’un de ses poignets était attaché à celui d’un jeune homme de 17 ans par des câbles en plastique. Comme ils étaient trop serrés, il a demandé à la police française si elle pouvait les relâcher un peu. En réponse, ils l’ont giflé et lui ont donné un coup de pied au tibia.

Nous avons rencontré une femme enceinte avec un gros bleu au front. Elle a déclaré avoir été battue par un policier français.

Une autre personne nous a dit que la police française avait volé le reçu prouvant le renouvellement de ses documents italiens.

Nous avons entendu parler de trois cas dans lesquelles la police a gardé des personnes entre 21 et 22 heures dans des conteneurs. Beaucoup plus entre 10 et 16 heures.

Kesha Niya

 

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Hello folk’s, this is our weekly border report from the 27.10.- 02.11. It’s in French and English. Next one is following soon.

Cette semaine (27-10 – 02-11), nous avons rencontré 565 personnes à la frontière franco-italienne, à Grimaldi Inferiore, qui ont été arrêtées par la police française puis refoulées en Italie. Encore une fois, le nombre le plus élevé a été dépassé depuis le début de la collecte de données. De plus, nous savons que 6 autres personnes ont été refoulees, mais ne sont pas entrées en contact directement avec nous. Ces 6 personnes se sont rendues à Vintimille en bus, avec la Croix-Rouge ou la police italienne. Donc, au moins 571 personnes ont été refoulées.

Les chiffres susmentionnés (565/571) comprennent 14 mineurs non accompagnés, 18 femmes (une enceinte), 5 enfants et un mineur non accompagné, que la police italienne, sans notre intervention, a ramenés en France.

Mineurs

Parmi les 14 mineurs rencontrés cette semaine, ces 4 cas se distinguent plus particulièrement.

Un adolescent de 14 ans a été enregistré par la police française en tant qu’adulte âgé de 40 ans (1979 avec refus d’entrée) et la police italienne l’a apparemment enregistré avec 4 empreintes digitales comme ayant 40 ans. Nous sommes retournés voir la police italienne avec le jeune homme de 14 ans et leur avons demandé comment cette erreur d’enregistrement évidente pouvait se produire. La policière présente a déclaré qu’elle ne pouvait rien faire à ce sujet et que, pour le moment, il n’y avait aucune connection avec la base de données de l’État. Il faut se demander si c’était vraiment le cas, car les empreintes digitales avaient été prises juste avant et cela n’est possible que si l’accès à la base de données est disponible et si le système d’enregistrement est fonctionnel. En outre, il est souvent arrivé par le passé que, lorsque nous sommes retournés avec des mineurs à la police italienne, le système d’enregistrement ne fonctionne pas comme par hasard.

Le lendemain, le même adolescent a de nouveau été repoussé par la France, mais cette fois, il avait 19 an et plus 40 sur le papier français.

Un jeune homme de 16 ans, enregistré en Italie comme ayant 20 ans, était en possession de tous ses documents officiels de Côte d’Ivoire confirmant qu’il avait 16 ans, mais ne les a pas montrés à la police car il avait peur de se les faire voler.

On nous a parlé de deux cas de violence contre des mineurs.

Le 2 novembre, un jeune âgé de 17 ans aurait été frappé au nez par la police française. Il a dit qu’il avait 20 ans parce qu’il ne voulait pas être séparé de ses amis. La police française aurait également utilisé du spray au poivre lors de sa libération. (Voir l’image)

La violence

Ce jour-là (2 novembre 2011), nous avons été informés d’au moins 24 cas dans lesquels la police française avait utilisé du spray au poivre sur des personnes lors de leur libération. L’une de ces personnes, après en avoir recu au visage, a perdu conscience, est tombée au sol et s’est blessé au genou. Ses amis ont rapporté que la police française lui avait donné des coups de pied alors qu’il gisait inconscient sur le sol.

Au cours de cette semaine, nous avons entendu parler de 17 autres situations dans lesquelles des policiers français ont pulvérisé du gaz au poivre lors de libérations des algecos.

Un homme nous a expliqué qu’à 21 heures, le soir du 27 octobre, il était près d’un tunnel sur l’A8, dans les montagnes au-dessus de Menton. Il était sur un chemin qui mène à Menton et a réussi à se rapprocher d’une propriété privée. L’instant suivant, il entendit quelqu’un crier « Stop ». Il se retourna et courut vers l’Italie. Il raconte avoir alors entendu des coups de feu. Il a pu rentrer en Italie sans être arrêté. Avant tout cela, cette personne a vu un groupe de 5 personnes qui ont également tenté de franchir la frontière à pied. Ce groupe a été arrêté dans les montagnes par l’armée française et nous a rencontré le lendemain, confirmant que des coups de feu avaient été tirés à 21 heures.

Deux personnes auraient été frappées par des policiers français après avoir été arrêtées dans les toilettes d’un train.

Un homme a déclaré qu’il avait été frappé par cinq policiers français sur la voie 1 à la gare de Menton-Garavan à 18h12 le 31 octobre, jour de son arrestation. Il se souvient des auteurs, mais comme il s’est protégé la tête avec les mains lors de l’attaque, il n’a pas pu nous donner plus de détails.

Un policier français a demandé à des personnes détenues de lui donner des documents par la porte. Un homme a fait passer les siens à travers la porte et a signalé qu’à ce moment-là le policier lui avait claqué la porte sur mes doigts. Il était blessé quand nous l’avons rencontré.

Un activiste marocain des droits de l’homme a également été arrêté par la police française et placé dans les algecos. Pendant sa détention, il a fait une vidéo avec son téléphone portable, qui est en notre possession. Dans cette vidéo, diverses violations des droits et comportements qiestinnables de la police française ont été enregistrés. L’homme a demandé aux policiers français de demander l’asile politique et en retour ils se moquaient de lui. Une personne est allongée inconsciente sur le sol. Cela s’est produit après que la police ait utilisé du gaz au poivre contre les personnes privées de liberté. Nous pouvons également voir un homme qui demande de la nourriture et la police qui répond qu’il n’y en a pas. La mauvaise situation d’hygiène dans les conteneurs est également claire dans cette vidéo, nous pouvons voir les toilettes couler sur le sol. Le militant des droits de l’homme nous a dit que son ami et lui avaient dû signer le refus d’entrée qui leur appartenait avant que celui-ci ne soit rempli par la police française. Il a également signalé que, ce jour-là (29/ 10), la police est entrée dans les conteneurs à 13 heures et a utilisé du spray au poivre sur plusieurs personnes. Sur une autre vidéo qu’il a faite, on peut voir un autre homme inconscient en train d’être emmené hors des conteneurs par la police et d’autres personnes détenues à ce moment-là.

Deux personnes nous ont informé que la police française leur avait refusé l’aide médicale alors qu’elles avaient en leur possession des documents médicaux officiels et qu’elles les avaient montrées à la police. Dans le premier cas, il s’agissait d’une personne atteinte d’une maladie pulmonaire, confirmée par un médecin allemand de Cologne. La personne concernée a demandé de l’eau et des médicaments à la police. Ils ont d’après elle refusé les deux demandes.

Le deuxième cas était une personne souffrant de problèmes dentaires, confirmée par un médecin espagnol. La demande de soins médicaux qu’il a faite a également été refusée.

Dans un autre cas, un policier français a frappé un homme venant Mali. Il nous a également dit que ce policier avait volé sa carte bancaire par la suite.

Une personne nous a raconté qu’un policier français avait volé son récépissé expiré de demande d’asile en france.

Nous savons que 10 personnes ont été privées de liberté entre 12 et 23 heures par la police française. Nous pouvons supposer que le nombre de cas non signalés est beaucoup plus élevé, car des personnes sont détenues toute la nuit tous les jours et certaines d’entre elles ne sont pas parmi les premières à être libérées. Elles font souvent même partie des dernières à sortir.

Kesha niya

Et à ce lien, une vidéo prise clandestinement dévoilant les conditions
d’enfermement des exilés dans les locaux de la PAF à Menton :
https://www.humanite.fr/videos/police-aux-frontieres-menton-les-images-de-la-honte-680650?fbclid=IwAR1SMKE90EGHtwX0bp3-CYmvmCQuv9oG7L3HCgLhJgiXmotb3KOAEDx3j3I

LES CHAUFFEURS PARLENT ET RESALP SE TAIT…

La compagnie francaise Resalp gère plusieurs lignes de bus, dont l’une fait la liaison entre l’Italie et la France. Chaque jour, la ligne Oulx-Briancon permet aux passagers qui ne peuvent pas passer la frontière « légalement » de faire un bout de chemin.

Ainsi, ils descendent à Clavière, à quelques mètres de la PAF (police aux frontières) avant de rejoindre la France par les montagnes. C’est là que commence la chasse à l’homme, jours et nuits les flics traquent celleux qui n’ont pas les bons papiers.

Au poste de frontière, certains chauffeurs rapportent aux flics de la PAF le nombre de personnes descendues à Clavière, les informant par là meme du nombre de personnes à pourchasser. Cette conversation qui peut sembler anodine est en fait une quasi assurance de leur arrestation quelques heures plus tard dans la montagne.
Comment appeler ca autrement que de la délation ?

Tout ca sans parler des comportements humiliants et discriminatoires de quelques chauffeurs qui interdisent meme parfois aux personnes noires de monter dans le bus. Ces pratiques sont racistes, et pour ce que ca vaut, illégales.

La ligne Oulx-Briancon étant un passage obligé pour le franchissement de cette frontière, les chauffeurs qui y travaillent deviennent alors des indics parfaits pour la police. Se mélangent la responsabilité individuelle du chauffeur et celle de l’entreprise: les chauffeurs ne sont pas tenus de livrer des informations sur les passagers à la police, et l’entreprise doit garantir que ce passage d’infos n’aie pas lieu.

Tant que Resalp ne délivrera aucun message clair a ses salariées sur la position à adopter, la compagnie continuera de fait à collaborer et restera une extension du controle policier.

Passager/ère: ouvre l’oeil et ne sois pas complice !
Chauffeur/euse: ne parle pas à la police!

STOP A LA DELATION ET A LA COLLABORATION !

 

GLI AUTISTI PARLANO… E RESALP TACE. Su come gli autobus diventano strumenti repressivi

ALERTE pour les Solidaires des exilé-e-s : Risques d’arrestations et perquisitions dans les prochains jours

Des infos circulent en Haute-Durance sur des risques d’arrestations et de perquisitions de personnes solidaires des exilé-e-s dans les prochains jours, méfiez-vous et préparez-vous ! Voir notamment les conseils ci-dessous en cas d’arrestation ou de convocation

Cette information concerne les bénévoles, militants, maraudeurs, solidaires, actifs autour de la frontière franco-italienne.

D’après des informations fiables, le procureur de Gap Raphael Balland prévoit des ARRESTATIONS et PERQUISITIONS ciblées dans la Haute Durance ces prochains jours.

Pourquoi ?

Il y’a quelques jours de cela, deux maraudeurs sont interpellés à Montgenèvre sur le bord de la route. A bord du véhicule, ils ne sont que deux maraudeurs.
S’en suit une interpellation et le placement en garde à vue de l’un d’entre eux. Le second est relaché quelques heures après l’arrestation avec une convocation pour mardi prochain. Le lendemain, les gendarmes de la « Brigade Anti-Solidaire » de Briançon, le recontactent pour qu’il se présente dès à présent à la gendarmerie. Il refuse sur conseil de son avocat, en stipulant notamment qu’il est déjà convoqué mardi. Quand au premier maraudeur il est toujours en garde à vue à ce moment-là. Il y passera 48h et sera même gratifié d’une perquisition à son domicile. Les questions tourne essentiellement autour de Tous Migrants, de bande organisée, d’échanges de SMS entre solidaires…

La revanche d’un procureur humilié…

Ca se tire pour Balland. Bientôt fini les exactions dans les Hautes-Alpes, le voilà muté procureur à Béziers, chez Bébert le facho. Le départ est prévu pour cet automne, mais avant, Raphael Balland aurait envie de faire un coup d’éclat. Sa bande organisée, il y tient. Elle n’a pas tenu pour le procès des 3+4 de Briançon… humilié, il ne compte pas en rester là, et souhaite marquer véritablement son passage dans les Hautes-Alpes.
La brigade dite BAS a bossé tout l’hiver pour trouver les éléments capables de matérialiser « la bande organisée ».
Et puis bon, il faut bien justifier le salaire de ces 6 gendarmes, qui pour le moment n’ont pas obtenu de résultats des plus significatifs.

Alors, ATTENTION: Si vous avez des chaussures de marche, des cartes IGN, des jumelles, une voiture, un GPS, que vous connaissez Tous migrants, et que vous avez déjà été contrôlé aux abords d’un pic-nic solidaire… Vous êtes potentiellement de la BANDE ORGANISÉE.

 

Voilà quelques conseils sur quoi faire en cas d’arrestation ou de convocation

Mémorise le nom d’un-e avocat-e au courant de la lutte

En cas d’interpellation :
Ils nous embrouillent, embrouillons les !
Si tu es interpelé-e, alerte les personnes autour de toi pour qu’elles préviennent l’équipe légale.
Si tu es témoin d’une interpellation, appelle le numéro qui figure sur ce tract. Et donne : une description physique et vestimentaire de la personne arrêtée, ainsi que l’heure, les circonstances et le lieu de l’arrestation. Ne donne aucun nom au téléphone, ne donne aucune info sur les infractions commises (exemple : « mon ami était avec des migrants »). Si ça ne répond pas, laisse un message, avec les infos pour que l’on te rappelle plus tard. Puis n’oublies pas de rappeler pour signaler ta sortie de GAV, ou la sortie d’un-e de tes proches.

Soit tu es convoqué
Si tu reçois une convocation par la police ou la gendarmerie, tu dois t-y rendre obligatoirement.
Les convocations peuvent se faire par courrier ou par téléphone. Le lieu, la date et l’horaire de la convocation te sont précisés. Les auditions ont le plus souvent lieu au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Cette obligation s’applique quel que soit le motif de la convocation.
Si tu te rend de toi-même à la convocation, tu peux quitter les lieux quand tu veux lors de votre audition.
Laissez votre téléphone à la maison …
Si tu ne te rends pas à cette convocation, tu peux y être contraint par la force. Cependant, la police ou la gendarmerie ne peut pas entrer dans ton domicile sans ton accord pour venir t’ arrêter. Si les policiers ou gendarmes ont ton accord, ils peuvent venir vous chercher à votre domicile de 6h à 21h. Dans ce cas, tu peux être retenu pendant 4 heures dans les locaux de la police ou de la gendarmerie.
Si tu es officiellement soupçonné d’avoir commis une infraction (dès la convocation ou lors de l’audition),
• soit tu es entendu sous le régime de l’audition libre et tu peux
quitter les locaux quand tu veux.

• Avant l’audition libre, tu dois être informé de tes droits à 2
reprises, sauf si tu n’as pas été convoqué.

Lors de la convocation…
La convocation écrite indique :
• les éléments caractéristiques de l’infraction pour laquelle tu es mis en cause,
• ton droit d’être assisté par un avocat au cours de ton audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison.
L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle,
• les modalités de désignation d’un avocat commis d’office,
• et les lieux où tu peux obtenir des conseils juridiques avant cette audition.

Avant l’audition…
Juste avant l’audition, tu dois à nouveau être informé de tes droits par les policiers ou gendarmes :
• droit de quitter les lieux à tout moment,
• droit de connaître la qualification, la date et le lieu présumés de l’infraction,
• droit de garder le silence lors de l’audition,
• droit à l’assistance d’un interprète si vous ne comprenez pas le français,
• droit d’être assisté par un avocat au cours de l’audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison. L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• droit de bénéficier de conseils juridiques dans une structure d’accès au droit.
• soit tu es placé en garde à vue, qui est une mesure de privation de liberté.
• ta garde-à-vue (GAV) te sera signalée la première heure de ton arrestation. Elle peut durer 24 heures, puis être renouvelée une fois pour 24 heures de plus (sauf certains cas comme terrorisme ou bande organisée, où elle peut durer jusqu’à 144 heures). Dès que ta GAV t’est signalée, tu as le droit de voir un médecin (même si tu n’as pas de médocs à prendre, même si tu n’as pas reçu de coups pendant l’arrestation). Tu peux aussi demander à appeler un proche mais c’est la police qui le fera. Un avocat avec lequel tu auras un entretien peut, à ta demande, être présent pendant les auditions de ta GAV. Si tu n’en connais pas, tu en auras un commis d’office. Si vous êtes plusieurs au poste, laisse les avocats proches pour celles-ceux qui risquent le plus pénalement. L’avocat n’est pas forcément ton complice, tu n’es en rien obligé-e de tout lui raconter, ni de lui faire entièrement confiance.
C’est toi qui choisis ta stratégie de défense et qui définis ton attitude vis à vis de la police.

Stratégies de résistance et de non coopération : Pour ralentir le travail de la police, certain-e-s ne déclarent rien et refusent de décliner leur état civil. D’autres ne déclarent que le strict minimum (nom, prénom, lieu et date de naissance). Garder le silence est un droit. Lors de l’interrogatoire, tu peux répondre « je n’ai rien à déclarer » (différent de « je ne sais rien », ce qui revient à déclarer quelque chose). Plus elles sont portées collectivement, plus ces attitudes de défense sont efficaces et faciles à tenir. Quelle que soit la stratégie, ne donne surtout aucune info sur les autres interpellé-e-s, ni sur l’action. On ne balance jamais quelqu’un-e d’autre, et quoi que puissent en dire les flics, en dire plus n’écourtera pas ta GAV et peut compliquer ta défense le jour du procès.
Tu peux refuser de signer les documents présentés par les flics (compte-rendu d’interrogatoires, PV de sortie de GAV,…). Signer c’est reconnaître que tout s’est bien passé et s’empêcher de revenir sur les trucs dis ou subis pendant la GAV. Tu peux refuser les photos d’identité, les prises d’empreintes digitales, le fichage ADN et de donner tes codes de téléphone et d’ ordinnateur. Si ces refus constituent des délits en soi, refuser le fichage est une position politique.
En cas de comparution immédiate : A l’issu de la GAV, tu peux être emmené-e au tribunal où tu peux refuser d’être jugé-e une fois à la barre. Ce qui augmente le risque de contrôle judiciaire, voire de détention préventive. Cependant, les peines sont généralement plus lourdes en comparution immédiate. Refuser d’être jugé-e en comparution immédiate te permet de gagner du temps pour préparer ta défense. Si tu peux justifier d’un emploi et d’un logement, tu as moins de chance d’être placé-e en détention préventive.

Violence cachée dans les Balkans…

Un nouvel article de nos ami-e-s de Cevennes sans frontières

Les cas de violences policières à l’encontre des personnes qui tentent de franchir la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie à Velika Kladuša sont quasi-quotidiennes. Les témoignages rapportés par les collectifs et bénévoles solidaires présents sur place font état de dizaines de cas de personnes qui après leur tentative de passage reviennent avec les bras et les jambes cassés, des contusions où d’autres blessures. Ils décrivent tous les mêmes histoires encore et encore… Le mois dernier, Youssef est décédé dans la ville frontalière. Son histoire montre qu’outre la solitude, il y a de surcroît une perpétuelle « violence cachée » aux frontières de l’Union européenne. Une violence souvent invisibilisée, mais pourtant aussi mortelle qu’en mer. Nous proposons la traduction d’un témoignage paru initialement en anglais sur le site Izbjegličke priče, et consultable ici : https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/post/2019/06/05/violence-cachee-dans-les-balkans/


					

22 juin à la Roche de Rame – Grand appel d’air en soutien aux exilés, maraudeurs, coupables de solidarité…

Grande journée de soutien aux exilés, aux maraudeurs, aux coupables de solidarité… organisée par le comité de soutien aux 3+4+3+… de Briançon.

Concerts, films, discussions, village associatif, restauration et buvette… à partir de 10h au parc du chateau de la Roche de Rame et jusqu’à tard dans la nuit !

Prix libre de soutien

Programme, affiche et plus d’infos sur https://www.relaxepourles3plus4.fr/

De répressions en répressions, quand l’État joue avec les solidaires et la vie des exilés…

Le début de l’année 2019 a vu la lutte contre l’immigration franchir un cap d’hostilité et l’étau enserrant les demandeurs d’asile entre le déni de droits et la clandestinité ne laisse à ceux-ci que de maigres perspectives d’entrevoir un avenir plus clément. Alliant tour à tour répression policière et verrouillage législatif, le gouvernement persiste dans une politique irresponsable où la vie d’hommes et de femmes n’a que peu de valeur à ses yeux. Les services de l’État se défaussent toujours plus éhontément de leurs prérogatives en faisant reposer le poids de leurs propres carences sur le dos des solidaires, sans qui la situation serait clairement catastrophique et plus difficilement acceptable. Pourtant, dans ce qui peut relever à première vue d’une attitude schizophrénique déconcertante où le travail des bénévoles permet de perpétrer cette politique supplétive tout en étant pour le moins dénigré – quand ce n’est criminalisé, nous voyons là une volonté de faire taire toute contestation par l’épuisement ou la répression.

Lire la suite sur https://cevennessansfrontieres.noblogs.org

Résistons ensemble N°181

Voici en pdf, le No 181 du 31 mars 2019, du petit journal mobile recto-verso A4
« RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques …

L’équipe de rédaction

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« Nous ne sommes pas des terroristes, mais le peuple en difficulté ! »

Mutilations, prisons fermes, et maintenant la menace létale…

Répression dans l’éducation

chronique de l’arbitraire

-Région lyonnaise : Vérité et Justice pour Adam et Fatih et pour toutes les victimes de la police
-Pour Adama, pour Wissam la bataille en justice des expertises médicales
-Techniques de pointe pour un flicage généralisé
-« Comme on a pas de papiers on a pas de droits mais on est des êtres humains comme tous »
-Agressions contre les Rroms

« Résistons ensemble » contre les violences policières et sécuritaires N°180

Voici en pdf, le No 180 du 26 février 2019, du petit journal mobile recto-verso A4  « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal  vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,  propositions, critiques …
à bientôt.
L’équipe de rédaction

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> Grâce aux Gilets jaunes, le « roi est nu »

> « Blanquer LBD de l’éducation »

> Contrôler les gestes et la parole

> chronique de l’arbitraire
Marche de solidarité avec Sébastien Maillet
La police tue par balle dans le nord de la France
La fin des fables médicales ?
Qui nous protège de la police ?

– A G I R
Contre le racisme d’État et les violences policières
Manif contre les centres de rétention

A Forcalquier avec les gilets jaunes, ça chauffe pour les violences policières et Castaner !

Ce samedi 19 janvier, c’était la grosse manifestation appelée par la coordination (informelle mais de plus en plus effective sur le terrain) des groupes de gilets jaunes des 2 départements des Alpes du Sud, à Forcalquier…ville de Castaner (avant qu’il ne rejoigne la macronie fétide et devienne le ministre de l’intérieur bulldog que l’on connaît), qui concentre déjà une belle mobilisation depuis le début du mouvement, peut-être pas par hasard…

Un bon succès populaire, puisque plus de 1000 personnes (gilets jaunes, syndicalistes, militants associatifs et politiques…) ont convergé depuis le Lubéron, Manosque, Pertuis, Digne, Sisteron, Laragne, Gap, Embrun, Barcelonnette… dans une ambiance plutôt déterminée, avec un mot d’ordre très clair sur la dénonciation des violences policières largement soutenues et couvertes par Castaner depuis qu’il est en poste (« je n’ai jamais vu un policier attaquer un gilet jaune »…et blablabla). Probable que la belle campagne d’affichage sauvage de la veille dans les rues de la ville a contribué à faire monter la colère déjà présente parmi les manifestants ; on y découvrait des photomontages de portraits de ministres actuels (dont Castaner, fortement représenté évidemment puisque local de l’étape) et de Macron avec des blessures (réelles) infligées par des Flashball de la police et de la gendarmerie tirés en pleine tête (bien évidemment interdit mais très répandu et systématiquement couvert par la justice), avec en légende le prénom des (vrais) blessés et la date de la « bavure » policière lors des actes jaunes du samedi …suggestif, choquant et extrêmement mobilisateur… quelques illustrations ci-dessous

Étrangement quand même, la manifestation a cependant débuté de la place de la mairie dans une ambiance plutôt bon enfant et disciplinée, plutôt à l’image des défilés syndicaux inoffensifs que des précédentes mobilisations jaunes des derniers mois…il faut dire que le parcours était déclaré en préfecture et que les organisateurs appelaient à une manifestation exclusivement pacifiste, et tutti quanti… Quelques slogans et banderoles suggestives, mais plutôt plan-plan. De rares drapeaux français, en tout cas beaucoup moins nombreux que les désormais cultes « fachés mais pas fachos ».

Arrivés devant la sous-préfecture, une délégation d’une 15aine de gilets jaunes (auto-désignés?) est reçue une petite demi-heure par le directeur de cabinet du préfet, et ressort totalement désabusée par les non-annonces du haut technocrate qui conseille aux manifestants de participer au grand débat national lancé par le génial président français…et puis c’est tout !

Et c’est là que l’ambiance change, la foule n’attendait que l’étincelle de rage qui lui manquait pour déborder le plan déposé d’avance…Une bonne centaine de manifestants déterminés se retourne et avance dans la direction du barrage de gendarmerie qui interdit l’accès à la « rue de Castaner », où se trouve sa maison privée, gardée 24/24 par des dizaines de gendarmes depuis que quelques gilets jaunes locaux un peu taquins étaient allé y jouer à « 1 2 3 soleil »…puis accusés au parlement par Castagner d’avoir tenté d’attaquer sa maison, et sa femme et sa fille qui s’y trouvaient…menteur en plus Christophe !

Quelques minutes suffisent pour faire monter la pression, une 1ère échauffourée et un bon gazage dans nos gueules (m’enfin, doivent pas être bien formés au lacrimo les bleus du coin, pour 2 manifestants bien atteints…5 flics sur le tapis hahaha!) et c’est toute la manifestation (à part les quelques gentils organisateurs collabo et soit-disant responsables « si quelqu’un perd un œil ») qui s’enflamme contre les flics, projectiles, insultes et nouvelles tentatives de forcer le barrage, malheureusement vite renforcé par une petite compagnie de CRS robocop arrivés en renfort, sous les huées…et une Marseillaise plus gueulée que chantée, plutôt vécue comme un chant insurrectionnel que patriote (contre les flics…c’est assez fort!). Certains continuent de fixer le barrage (bravo aux malins creveurs de pneus!) tandis que d’autres tentent de contourner le dispositif par les petits rues adjacentes…mais se retrouvent également bloqués par un nouveau barrage à quelques dizaines de mètres de la maison du ministre de l’intérieur…

Après une bonne demi-heure de tensions, la manif’ finit par repartir tranquillement vers la mairie, et continuera un plus tard ses déambulations dans la ville, notamment en direction du rond point historique de la mobilisation locale, évacué quelques semaines plus tôt, et occupé ensuite par les flics par crainte de réoccupation immédiate. Tout le monde se disperse ensuite au retour en centre ville, en se donnant RDV les jours suivants sur des rond-points, péages ou réunions d’organisation ou d’échanges…en espérant se retrouver encore réunis d’ici peu pour une nouvelle manifestation massive comme celle d’aujourd’hui. Un petit reportage vidéo d’un gilet jaune laragnais présent à Forcalquier à voir ici

Même si la manif’ n’a connu qu’un bref moment offensif ce samedi, et que le rapport de force avec les flics n’a pas été renversé (alors qu’il y avait la place!), on pouvait vraiment sentir une colère et une détermination suffisamment partagées pour imaginer que les prochaines retrouvailles du même type pourraient déboucher sur des actions plus fortes, notamment si de petits groupes décidaient de s’organiser un minimum, comme on a pu déjà l’observer chez certains cette fois-ci. L’idée de faire changer la peur de camp en s’attaquant aux responsables du carnage social actuel (ministres, députés, grands élus, patrons…) partout où ils se trouvent, y compris dans leur « vie privée » semble se répandre parmi les participants au mouvement, conscients de la puissance d’une telle arme diffuse. A côté de ça, la dénonciation des violences policières était vraiment unanime, marquant sûrement un nouveau virage pour le mouvement (comparé aux premières semaines d’occupation dans les hautes-alpes où les flics étaient considérés comme protecteurs et soutiens des revendications des gilets jaunes…). Une couche supplémentaire a encore été mise le lendemain à Gap pour la marche des femmes contre les violences policières, où plus de 200 personnes ont continué d’appuyer là où ça fait mal à notre ami Castaner (un reportage vidéo ici), même si paraît-il que l’ambiance était moins offensive que la veille, avec un parcours et des interventions très cadrées et décidées d’avance…

Et ça continue ! A priori samedi 26 à Manosque pour une nouvelle grande manif’ des Alpes du Sud ?!

Un gilet jaune déter

PS : spéciale « dédicasse pourrie » au Daubé qui a repris mot pour mot le communiqué des flics de la préfecture sur les événements de Forcalquier : attention journalistes collabo, choisissez bien votre camp, on vous retrouvera !

Aux frontières de l’exploitation

Voir en ligne : Traductions en anglais et italien par ici

Ce 10 janvier 2019, deux camarades comparaissent devant le tribunal correctionnel de Gap. Ils sont accusés d’aide au passage illégal de la frontière franco-italienne, dans les environs de Briançon.
Il n’y a pas lieu de s’en indigner ni même de s’en étonner. Le contrôle des frontières et des marchandises et humain·es admis ou non à les franchir est une prérogative exclusive et essentielle des États.
Qui s’incarne au quotidien dans la persécution et la mise en danger par les forces de l’ordre des personnes qui tentent de rentrer et de séjourner en France sans les bons papiers.
Qui se traduit par la conclusion d’accords avec les chefs de guerre libyens, le roi du Manioc et autres dictatures, turque ou soudanaise. Le concept : l’externalisation des frontières. Les conséquences : des dizaines de milliers de vies englouties par le désert et la mer, le viol des femmes et la torture systématisées, l’internement de masse dans des camps de concentration, l’esclavage.
De Khartoum à Calais, des barbelés des camps libyens aux patrouilles nocturnes de flics dans la montagne, une seule et même politique.

Quiconque entend contester ce monopole du contrôle des frontières par l’État s’expose à une réaction du pouvoir. Réaction qui s’exprime dans ce tribunal par la voix du procureur et la future sanction des juges. Dans ce système-monde, la répression prend des formes multiples : elle est économique, policière, pénale, plus ou moins systématique et brutale selon la position à laquelle on est assigné dans l’échelle des dominations.

Carnage

Ce monde, ce système est un carnage. Un pillage sans limite de l’ensemble des ressources, rendant invivable une partie croissante des territoires que les gens sont obligés de quitter. Un carnage écologique qui se décline en extraction de la biomasse, désertification, appauvrissement des sols, assèchement et pollution massive des cours d’eau, fonte des réservoirs d’eau douce, disparition de la biodiversité et des pollinisateurs naturels, contamination chimique et nucléaire de territoires. D’Amazonie en Afrique centrale, en Mongolie, en Biélorussie ou au Japon. Partout.
Insécurité alimentaire de masse, famines, épidémies, génocides et autres fléaux s’abattent sur des pans entiers de l’humanité. Ils sont les effets et le cœur de la guerre, qu’elle soit économique, financière, ou militaire.

Le vivant en général est soumis à un comportement délirant, complètement cannibale, du système capitaliste. Tout est propre à devenir marchandise : de l’eau potable au corps des femmes, de l’AK-47 au fœtus.

Ce carnage laisse des traces irrémédiables de violence dans les histoires individuelles et collectives. Ce système sème la mort et le désert. Et plus que jamais, la misère et l’exploitation sont le lot commun de l’humanité dans son ensemble — ou presque. Dans un tel système, tôt ou tard, n’importe qui peut se retrouver et se retrouvera naufragé et devra partir pour chercher ailleurs où et comment survivre.
Dans cette guerre impitoyable contre le vivant et l’humanité, nous sommes toutes et tous des naufragé·es en devenir.

Dans cette logique, nous sommes tous·tes marchandises, ressources et fusibles de la logique de rentabilité du capital. La mondialisation s’est faite au profit de puissances industrielles et financières dans une logique de privatisation totale au prix d’une dépossession du plus grand nombre.
L’histoire des pays colonisés renferme son lot de souffrances et d’exploitation outrancières, de racisme, de négation de l’individu, de guerres, et de domination des puissances européennes.
Les monopoles industrialo-financiers occidentaux ont pu grâce aux soutien des États et de leurs armées, par l’influence et la corruption des possédants locaux des colonies ou ex-colonies, s’approprier toujours plus de matières premières, accroître leur production, s’abreuver de nouveaux marchés juteux, dans des régions où les coûts sont bas, le droit salarial quasiment absent et l’exploitation quasi-esclavagiste.

Marchandise humaine et compétition

Les migrations vers l’Europe, si marginales qu’elles soient par rapport aux mouvements migratoires dans le monde, ont généré un bruit médiatique phénoménal ces dernières années. Ces candidat·es à l’intégration représentent une aubaine à plusieurs titres. Boucs émissaires parfaits dans une période de rhétorique d’insécurité permanente, ils permettent d’acheter et de fabriquer l’électorat de l’extrême-droite. Ils justifient ensuite de renforcer aux frontières intérieures et extérieures de l’Europe, et sur tous les territoires possibles l’emploi de matériels et moyens de surveillance, contrôle, répression, enfermement, etc., un terrain de jeu et un marché lucratif pour l’industrie d’armement. Les nouveaux arrivant·es représentent enfin une main-d’œuvre idéale : arrivée auprès de l’employeur à ses propres frais, à un prix défiant toute concurrence locale, sans protection sociale ni sécurité au travail, rendue docile par les difficultés du parcours, et jetable dès qu’elle n’est plus utile.
Le patronat ne s’y trompe pas lorsqu’il affirme la nécessité de cette migration corvéable à merci. Comment pourrait-on alors encore aujourd’hui penser que l’immigration représente un problème alors qu’elle contribue à la croissance, si ce n’est pour s’assurer que les exploité·es soient mis en concurrence ?

Dans les anciennes colonies françaises comme en hexagone, on peut se retrouver à travailler pour les mêmes firmes transnationales, plus ou moins exploité·e selon que l’on dispose ou pas des bons papiers. On peut ici se sentir privilégié·e bien que « la crise » (qui n’est qu’une réorganisation de la production capitaliste) touche également la population voyant son niveau de vie reculer. Les licenciements massifs des pôles industriels (ex Arcelor Mittal) ruinent des vies ouvrières nombreuses et ne sont pas dus à la migration des humain·es mais à celle des machines et des investissements là où les coûts de production sont plus attractifs, plus « compétitifs ».

Les migrant·es sont accusé·es d’être des concurrent·es sur le marché du travail alors qu’illes sont d’autres exploité·es. Les camionneur·ses français·es ont douloureusement senti la venue des travailleur·ses d’Europe de l’est sous la forme d’une plus grande pression de leurs patrons sur les heures, le taux horaire, etc.

Le repli nationaliste, xénophobe qui se répand et peut apparaître comme une « menace pour la démocratie » est compréhensible dans ce contexte d’insécurité économique, de souffrance et de précarité qui ne sont que les effets concrets de la mise en concurrence violente du prolétariat.

Valeur(s)

Liberté, égalité, fraternité. Les valeurs invoquées par l’État dans son histoire moderne ont été et restent diverses manières d’habiller les logiques d’exploitation pour les justifier, et ce quelles que soient les références utilisées : supériorité raciale blanche, scientisme, positivisme, développement, droits de l’homme. Tous les universalismes nés dans les milieux intellectuels des pays conquérants ont été autant de valeurs mobilisées par la classe dominante pour la défense de ses intérêts propres, industriels, économiques, culturels, etc.

Loin d’être des idéaux que l’usure du fonctionnement des institutions démocratiques aurait dévoyés, ces valeurs ont été le drapeau avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde. Et ce drapeau n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Du reste, les chien·nes de garde du système, chroniqueur·ses autorisé·es et autres penseur·ses réactionnaires ne s’y trompent pas, qui ne s’appuient guère plus sur ces valeurs que pour justifier la fermeture de l’espace intérieur, où elles seront protégées d’un extérieur « barbare » : la sécurité éventuellement liberticide au nom de la liberté, ou encore l’égalité au sein d’une partie choisie de la population. Le déchainement de mépris, au nom des valeurs républicaines, qui a pu s’exprimer ces dernières semaines à l’encontre de celles et ceux qui ont pris la rue et les rond-point, affirmant leur refus d’être gouvernés et tentant de se relier et de s’organiser en conséquence, relève du même mécanisme. Là-bas, les « barbares », ici, les « foules haineuses ». En danger, les valeurs. Et pour les défendre, la force.

Aujourd’hui, l’État déploie une milice à ses frontières pour suveiller et traquer les éxilé·es. Des maraudes s’organisent pour leur porter secours, non pas par ce que la montagne, la neige et le froid sont en eux-mêmes des dangers, mais du fait de la mise en péril qu’entraîne ce déploiement sécuritaire. Et la justice pourchasse celles et ceux qui y prennent part. Le message se veut clair : quiconque entend traduire en actes des valeurs pourtant gravées au fronton de tous les bâtiments publics peut finir en taule.

Dès lors, peut on attendre d’un tribunal qu’il rétablisse, au nom de ces valeurs, un prétendu « État de droit » qui n’est, en définitive, rien d’autre que l’expression d’un rapport de forces, celui du totalitarisme capitaliste et des violences qui, partout, toujours, l’accompagnent ?
Peut-on même invoquer ces valeurs dans une sorte d’absolu qui évacuerait la question de fond des rapports d’oppression qui, pourtant, conditionnent la possibilité de leur réalisation ?
Nous ne voulons plus croire en ce mensonge. Dans la guerre qu’il mène contre le vivant et l’humanité, ce système, dont l’État n’est qu’un rouage, n’admet qu’une valeur : celle du profit.

Et alors ?

Quelle possibilité pour une lutte dans le Briançonnais, territoire où la classe prolétaire (saisonniers des stations et précaires du bâtiment) est atomisée et pour une part importante itinérante, donc peu organisée face à la classe exploiteuse, et qui se retrouvera à la rue quand le réchauffement climatique aura fait fondre les espoirs de loisirs de neige ? Quelle lutte dans un territoire où la classe possédante profite de l’exploitation touristique de la montagne mise en scène comme un espace sauvage, préservé dans un spectacle caractéristique du capitalisme de loisirs ? Quelle lutte possible dans un territoire où les forces de l’ordre sont chargées d’assurer que les « indésirables » soient invisibles dans ce décor de carte postale ?
Bousculer cet ordre frontalier implique de remettre en cause l’ensemble de l’industrie de loisirs qui n’est qu’une forme locale du carnage mondial.

Ni ici ni ailleurs, nous ne voulons qu’une infime minorité prenne les décisions, accumule les richesses extorquées. Ni ici ni ailleurs, nous ne pouvons ignorer le carnage. Mais une perspective où l’on aide un·e « autre » quand tant d’autres restent livré·es à eux-mêmes peut-elle suffire ? Peut-on imaginer nous extraire du carnage, nous émanciper collectivement autrement que dans une lutte commune ? Peut-on faire autrement que lutter dans chaque situation où nous percevons nos intérêts communs pour les réaffirmer et nous libérer ensemble, à partir d’une conscience de condition commune, entre exploité·es et face aux exploiteurs ? Peut-on s’opposer plus longtemps aux politiques racistes d’État sans s’associer avec les principaux concernés, la où ils et elles s’organisent et luttent déjà ? Peut-on combattre les violences policières sans une analyse systémique qui prenne en compte a minima l’ensemble des perspectives évoquées ici ?

P.-S.

Texte imaginé et rédigé par un collectif de personnes socialement hétéroclites mais qui sont toutes blanches et avec les papiers nationaux français. Ce texte est une première étape, une version indispensable pour commencer à poser les éléments d’une réflexion base d’une lutte. Si tu as envie de le modifier, de l’enrichir, le développer, zyva.

[MàJ]12/10/2018 : Expulsion de Chez Jesus à Claviere : rendez-vous vendredi 12 à 18h à Briançon

Jeudi matin a eu lieu l’expulsion du refuge autogéré Chez Jesus à Claviere.

« Expulsion en cours chez jesus! besoin de soutien! faites tourner l’info

Plus d’infos sur leur compte Facebook

Rendez-vous vendredi 12 octobre à 18h à Briançon

 

Sans le refuge autogéré, les personnes passent la frontière sans infos, sans équipements, sans repos, sans nourriture et sont laissés à la merci des flics qui eux n’ont pas changé leurs pratiques : violence, racket, chasse aux personnes en pleine montagne. Il fait 0 degré en montagne en ce moment.

Le point sur les rassemblements en solidarité à l’expulsion de Chez Jesus

– jeudi 11 octobre à 19h à Gare du Nord : de Paris à Clavière, contre les frontières ! Solidarité contre toutes les expulsions !
– jeudi 11 octobre à 18H à lyon au collège Maurice Scève occupé, 8 rue Louis Thévenet à la Croix Rousse.
– à Marseille jeudi soir à 17h sous l’Ombrière du Vieux Port.
– à 18h place de l’église de Crest (Drôme)

Compte-rendu de la frontière de Montgenèvre : entre convocation à la PAF et refoulements

(italiano in basso)

– Exemples de répression quotidienne

L’autre nuit, la PAF a tabassé un garçon qui suppliait de ne pas etre rapatrié en Italie.
La police refoule aussi toujours plus fréquemment les mineurEs, souvent en leur mentant sur la destination finale du trajet en camionette, qui les déporte inexorablement en Italie.
Gendarmes et policièrEs patrouillent sur les chemins avec des quads, en vélo et à pied, menaçant souvent de tirer sur celleux qui cherchent à traverser cette frontiere sans avoir la couleur de peau et les documents requis.
En parallèle, le terrain de golf est à nouveau ouvert. Le tourisme est de retour dans ces montagnes. Pendant l’hivers, ces sentiers qui sont fréquentés de nuit par les “migrantEs” sont des pistes utilisées par des milliers de skieusEs ainsi qu’une destination touristique pour les riches. En été, ils se transforment en terrain de golf, à ce qu’il parait propriété de Lavazza. La pelouse du terrain est bien entretenue, le “golf transformatalier”, “18 trous à cheval sur deux pays!” comme illes l’appellent aussi. Ce terrain n’est accessible qu’à celleux qui peuvent payer. La frontière aussi a été privatisée. Elle est rèpartie entre les forces de l’ordre et les multinationales.

–  Premier épisode

Marcher dans les bois entre Claviere et Montgenèvre est dangereux: on risque d’y  rencontrer des personnes mal intentionnées sur les chemins, comme un gendarme à vélo qui te barre la route. Il y a peu, trois amiEs qui se promenaient dans cette montagne militarisée ont été interpelléEs pour un contrôle d’identité. L’une d’elleux n’avait pas de documents sur elle. Le gendarme à bicyclette a appelé des renforts et les trois amiEs ont été embarquéEs dans la camionnette qui les a emmenéEs à la PAF (police aux frontières) pour vèrification. D’abord, les flics ont essayés de leur mettre la pression en disant que leur intervention faisait suite à une dénonciation: quelqu’un aurait vu nos trois amiEs marquer les chemins à l’aide d’une bombe de peinture. Une fois arrivés au poste, illes ont étè fouilléEs, mais rien n’a été trouvé, ni sur elleux, ni dans les sacs à dos. ToutEs trois ont été relachéEs avec une convocation à la PAF en audition libre pour “suspicion d’aide à l’entrée et au séjour de personne étrangère”.

Cette arrestation rentrerait dans le cadre d’une enquete plus large, ouverte pour aide à l’immigration clandestine, chef d’accusation auquel il semble que le sympathique procureur de Gap soit particulièrememt attaché. Il est évident que la volonté du procureur et de la police des frontières est de mettre un coup de pression. Pendant ce temps là, celleux qui cherchent à traverser continuent de se perdre en montagne, en passant des heures dans le bois pour échapper aux forces de la police. Au moins trois d’entre elleux sont déjà mort.

– Deuxième épisode

Une voiture avec trois personnes à son bord est arrétèe à quelques centaines de mètres de la frontière par un jeune fort mal en point, qui se dèclare trés malade et a besoin d’aller à l’hopital. Il demande a etre amené à la PAF pour être pris en charge par le système français, en tant que mineur non accompagné et en trés mauvais état de santé (la loi française prévoit en effet la prise en charge par l’Etat de n’importe quelle personne présente sur le territoire qui se déclare mineur non accompagné). Sa condition physique est visiblement critique. Le jeune homme peine à parler et meme à s’asseoir. Il affirme ne pas avoir été soigné dans le centre d’accueil italien. Les trois personnes l’emmènent à la PAF où elles disent que le jeune homme doit aller à l’hopital et qu’il est mineur. Les policiers le font descendre et entrer. Puis, une par une, les trois personnes sont interrogéEs, après qu’on leur ait donné le choix entre une “audition libre” immédiate et une garde-à-vue, pour aide à l’immigration clandestine. De fait, tout trois sont retenuEs trois heures et demi durant: interrogatoire et coups de pression. Ils repartent avec un rendez-vous pour le lendemain, donné à l’oral. Il semble que le procureur de Gap ait voulu ouvrir une enquète.
Pendant ce temps-là, le jeune malade est plus ou moins interrogé, puis on lui dit qu’il sera amené à l’hopital de Briançon. Il lui font signer un papier qu’il n’a même pas pu lire. Puis il le font monter dans une camionette, avec deux autres mineurs. Ils croient tous qu’ils vont à Briançon, au lieu de quoi ils sont deposés sur la route, à l’entrée de Clavière, à la frontière italienne.
La personne malade ré-essaie. Elle arrête una autre voiture, qui l’emmène à nouveau. Cette fois-ci, le conducteur a des compétences medicales et peut confirmer qu’il a sérieusement besoin d’être hospitalisé. Au lieu de ça, de nouveau il est refoulé à la frontière. Cetre fois-ci, il semble que c’est la prefète de la région en personne, contactée pour l’occasion, qui prend la décision de le refouler.
Quelqu’unE l’amène à l’hôpital en Italie. Des medecins zélés appellent immédiatement les flics. Les carabinieri italiens le soumettent en premier lieu à un examen osseux, pour vérifier qu’il est bien mineur. Ils l’embarquent ensuite pour un contrôle d’identité. Fichage, photos, etc.
Puis, le jeune est amené dans un centre pour mineur en basse vallée de Suse, et il est hospitalisé le lendemain à Turin.

Troisième épisode

AucunE des six arrêtéEs ne s’est presenté à la convocation pour interrogatoire à la PAF. Illes n’avaient aucune intention de se présenter volontairement à un rendez-vous non obligatoire et potentiellement pas folichon avec la police, pour se faire assomer de questions et éventuellement retenir en GAV pour aide à l’immigration clandestine.

La PAF apelle sur les téléphones privés de certainEs des convoquéEs. Il leur est indiqué que s’illes ne se présentent pas rapidement illes finiront sur la liste des personnes recherchéEs. En pratique, illes les menacent de venir les chercher de force. Ce sont le procureur et la préfète qui souhaitent poursuivre les enquête et cet absurde théâtre répressif.

Quelques jours plus tard, la police se présente chez deux des trois amiEs et apellent l’un d’elleux au travail. Illes ont à l’evidence très envie de leur parler. Illes n’ont trouvé personne. Nous ne savons pas comment continuera l’histoire.

Le procureur et la préfète nous ont tellement pris en sympathie qu’ils souhaitent passer toujours plus de temps en notre compagnie. Et il semble qu’illes aient un dossier qu’illes enrichissent toujours plus, avec des photos de famille.

La répression envers celleux qui sont de passage et envers les soldaires continue.
Mais la solidarité aussi.
Des vos convocs, on en fera rien.

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AGGIORNAMENTO DALLA FRONTIERA DEL MONGINEVRO TRA CONVOCAZIONI ALLA PAF E RESPINGIMENTI

– Esempi di repressione quotidiana

L’altra notte la PAF ha gonfiato di botte un ragazzo che pregava di non essere rimpatriato in Italia. La polizia respinge sempre più frequentemente anche i minori, spesso ingannandoli sulla destinazione finale del viaggio in furgone, che inesorabilmente li riporta in Italia. Gendarmi e polizia pattugliano i sentieri in quad, in bicicletta e a piedi,spesso minacciando di sparare a chi cerca di passare questo confine senza avere la pelle e i documenti richiesti. Intanto, i terreni da golf stanno riaprendo i battenti. Torna il turismo tra queste montagne. D’inverno, questi sentieri calpestati di notte dai “migranti” sono piste  attraversate da migliaia di sciatori, meta turistica per ricchi. D’estate, si trasformano in campi da golf, pare- di proprietà della Lavazza. Campi dal terreno iper curato, il “golf transfrontaliero”, come anche viene chiamato. “… 18 buche a cavallo su due paesi!” dice il sito. Campi accessibili solo per chi ha le possibilità di pagare. Anche la frontiera è stata privatizzata. Se la spartiscono polizie varie e multinazionali.

– Primo episodio

Camminare nei boschi tra Claviere e Monginevro è pericoloso: rischi di incontrare brutti ceffi sul cammino, come un gendarme in bicicletta che ti sbarra la strada. Poco tempo fa tre amic* che passeggiavano tra queste montagne militarizzate sono stat* fermat* e sono stati chiesti loro i documenti.  Una di loro non li aveva. Il gendarme a sella della sua bici ha chiamato rinforzi e i tre amic* sono stat* caricat* su una camionetta e portati alla PAF (polizia di frontiera) per accertamenti. Dapprima le guardie hanno provato a mettere pressione dicendo che il loro intervento era dovuto ad una segnalazione: qualcuno li avrebbe visti marcare i sentieri con una bomboletta spray. Una volta arrivati in centrale sono stati perquisiti, ma nulla è stato trovato nei loro zaini. I tre amic* sono stat* rilasciat* con una convocazione alla PAF per un’audizione libera, perché sospetti “di aiuto all’ingresso e al soggiorno di persona straniera”. Anche questo fermo rientrerebbe nel quadro di un’indagine più ampia, aperta per favoreggiamento all’immigrazione clandestina, a cui sembra che il simpatico procuratore di Gap sia particolarmente affezionato. E’ palese che la volontà del procuratore e della polizia di frontiera sia quella di mettere pressione. Intanto chi cerca di passare continua a perdersi in montagna passando ore tra i boschi per scappare dalle varie polizie; almeno in tre, tra queste montagne sono già morti.

– Secondo episodio

Una macchina con a bordo tre ragazz* viene fermata a qualche centinaio di metri dalla frontiera da un ragazzino malconcio, che si dichiara molto malato e che necessita di andare in ospedale. Chiede di essere portato alla PAF per farsi prendere in carico dal sistema francese, in quanto minorenne non accompagnato e in gravi condizioni di salute (la legge francese infatti prevede la presa in carico da parte dello stato di qualsiasi minorenne non accompagnato presente sul territorio). Le sue condizioni fisiche sono visibilmente critiche: il ragazzo fa fatica a parlare e perfino a sedersi. Afferma di non essere stato curato dai centri di accoglienza italiana. I tre ragazz* gli danno un passaggio e dicono alla PAF che il ragazzino deve andare in ospedale e che è minorenne. I poliziotti di frontiera fanno scendere il ragazzo e lo portano dentro. Poi, uno a uno, i tre ragazz* vengono interrogat* sui fatti. Gli viene proposta la scelta fra un “audition libre” (audizione libera), o la garde-à-vue (fermo) per favoreggiamento all’immigrazione clandestina. Di fatto i tre sono trattenut* per tre ore e mezza, interrogat*, mess* sotto pressione. Vengono rilasciat* con un appuntamento orale per l’indomani. Pare che sia stato il procuratore di Gap a voler procedere con l’inchiesta. Intanto il ragazzino malato viene interrogato, poi gli viene detto che lo porteranno all’ospedale di Briançon. Gli hanno fatto firmare un foglio che nemmeno ha potuto leggere. Poi lo caricano su un furgone, insieme ad altri due minorenni. Credono tutti di andare a Briançon, invece si ritrovano buttati per strada all’inizio di Clavière, alla frontiera italiana. Il ragazzino malato ci riprova. Ferma un’altra macchina, si fa dare un passaggio. Questa volta l’autista ha competenze mediche e può confermare che ha seriamente bisogno di cure all’ospedale. Nuovamente, invece, viene respinto alla frontiera. Questa volta sembra sia stata la prefetta della regione in persona, mobilitata per il caso, a volerlo respingere. Qualcun* lo porta in ospedale in Italia. Solerti medici chiamano immediatamente le forze di polizia. I carabinieri italiani, per prima cosa, lo sottopongono ad un esame osseo per verificare che sia minorenne. E poi lo foto-segnalano. Il ragazzino viene portato in un centro per minori in bassa Val di Susa e da lì l’indomani sarà ricoverato in un ospedale torinese.

-Terzo episodio

Nessun* dei sei fermat* si presenta alla convocazione per farsi interrogare dalla PAF. Non avevano nessuna intenzione di presentarsi volontariamente ad un appuntamento non obbligatorio e che si prevedeva poco galante con la polizia, per farsi riempire di domande e potenzialmente trattenere in garde-à-vue accusati di favoreggiamento. La polizia di frontiera chiama i telefoni privati di alcun* dei convocati. Viene detto loro che se non si presenteranno a breve finiranno nella lista dei ricercati. In pratica, li minacciano di andare a prenderli con la forza. Qualche giorno dopo, la polizia si presenta a casa di un paio dei tre amici e chiamano al lavoro uno di loro. Hanno evidentemente molta voglia di parlargli. Per ora non trovano nessuno.
Procuratore e prefetta ci hanno preso così in simpatia da voler passare sempre più spesso tempo con noi. È pare che abbiano pure un dossier che arriscono sempre più con foto di famiglia.
La repressione verso chi di passaggio e verso i solidali continua. Ma nemmeno la solidarietà si arresta.

Delle vostre convocazioni non ce ne facciamo niente.

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Encore un mort au mitard : communiqués de prisonniers enfermés à la maison d’arrêt de Seysses

Depuis le 19 avril 2018 les prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses mènent une lutte pour dénoncer le meurtre déguisé en suicide du prisonnier J. et dénoncer les tortures qu’ils subissent dans les quartiers disciplinaires. Suite aux menaces du ministère de la justice contre celleux qui relayeraient ces informations, nous publions les deux communiqués des prisoniers ainsi que les deux communiqués du journal anti-carcéral l’Envolée …

Communiqué de prisonniers enfermés à la prison de Seysses : Encore un mort au mitard

 Maison d’Arrêt de Seysses, le 19 avril 2018.

J. avait 26 ans. Samedi dernier, il était au mitard, dans une »cellule disciplinaire » de la prison de Seysses. Il y est mort. Les médias relaient une version des faits, une seule : celle des matons, les »surveillants ». Mais nous, on y vit, dans cette prison. Et on n’est ni sourds, ni aveugles. On sait que sa mort a été provoquée par la violence des matons affectés au mitard.

Non, J. ne s’est pas suicidé.

Si plus d’une centaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule plusieurs jours de suite cette semaine, c’est parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour protester, ici. J. est mort au mitard, et l’autopsie aurait conclu à un suicide. Mais on sait que ce n’est pas le cas, car il y a des témoins qui étaient présents dans les cellules environnantes lors de son passage à tabac, qui ont tout entendu, qui ont assisté à tout ça. C’est suite à un déferlement de coups que J. est mort samedi.

Pensez-vous que nous serions 200 prisonniers à refuser de remonter en cellule et à déployer une banderole dans la cour de promenade si nous n’étions pas convaincus de leurs mensonges ?

Tous ceux qui sont passés par le quartier disciplinaire pourront témoigner des humiliations qu’ils y ont subi, des insultes racistes, des crachats à la figure, des ordres donnés comme si on était moins que des chiens… Là-bas, celui qui a le malheur de « la ramener » peut finir comme J. : pendu. Aucun droit n’est respecté dans ce mitard. Les promenades ont lieu au bon vouloir des surveillants, et en général il n’y en a pas. L’accès au douches nous y est refusé, et il peut se passer quinze jours sans qu’on puisse y aller. Pareil pour l’accès au feu, pour allumer une cigarette : c’est maximum trois fois par jour et ils usent de beaucoup de zèle, il faut presque les supplier. La peur y règne, et y aller est pour chacun d’entre nous, prisonniers, une vraie descente aux enfers.

Cet hiver, plusieurs prisonniers se sont retrouvés dans ce mitard sans matelas, sans couverture et sans vêtements, alors qu’il faisait moins cinq degrés. Juste parce qu’ils avaient tapé sur la grille de leur cellule pour réclamer à manger ou avoir du feu. Ils ont dû dormir par terre, nus, sur un coussin, et manger « la gamelle » dans des barquettes qui arrivaient ouvertes, apparemment déjà utilisées.

J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure. Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. Alors le Samu est intervenu et a tenté de le réanimer, en vain. Le lendemain, ils ont libéré tout le monde du mitard et personne n’a été entendu, même pas le chef ni les gendarmes. Ça montre bien qu’ils ont des choses à cacher, qu’on ne vienne pas nous dire le contraire.

Certains d’entre nous (sur)vivent dans cette prison de Seysses depuis plusieurs années, ou y font beaucoup d’allers-retours. Cette situation n’est pas nouvelle, et d’autres « morts suspectes » ont eu lieu ici ces dernières années. Nous avons vite compris que notre parole ne valait rien face à la leur, mais nous savons aussi que beaucoup dehors s’interrogent ou ont déjà compris leur petite mascarade. Qui tue.
 
C’est très difficile pour nous de donner des preuves de ce qu’on avance. Ici, nous sommes enfermés, et chaque information qui arrive dehors risque d’avoir de graves conséquences pour nous. Pourtant il faut que ça se sache, car nous sommes en danger de mort. Les surveillants jouent avec nos vies dans ce quartier disciplinaire.

C’est plus que de l’humiliation ; ils nous terrorisent, et ce qui est arrivé à J. pourrait arriver à chacun d’entre nous.

Nous dénonçons aussi les pressions qui sont faites sur les prisonniers qui ont assisté aux faits. Les témoins malgré eux de ce qui s’est passé samedi dernier subissent des pression psychologiques et sont très clairement menacés de transfert. Tout semble mis en place pour les pousser à bout. Ainsi, cinq d’entre nous ont déjà été transférés suite au blocage de la promenade et sont désormais à Lille, Bordeaux, Sedequin… Considérés comme « meneurs », on ne les a même pas laissé embarquer leurs affaires personnelles. C’est comme ça que la prison est tenue maintenant, en nous menaçant d’un « transfert disciplinaire » qui nous éloignerait encore plus de familles et de nos proches.

Nous exigeons que la direction de la Maison d’Arrêt remplace immédiatement cette équipe de surveillants, il est évident que c’est la première chose à faire. La petite équipe sadique de matons du mitard, nous, prisonniers, la surnommons « l’escadron de la mort ».

Ici, on est spectateurs du désespoir humain, et on sait tous que J. pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il a été battu à mort parce qu’il tapait dans une porte : il n’en pouvait plus d’attendre, coincé dans la « salle d’attente » de la prison, sans fenêtre. Il voulait juste regagner sa cellule. Ils sont venus et l’ont plié.

On ne soigne pas le mal par le pire. Nous voulons que tout cela cesse.

Que celui qui est condamné à aller au mitard puisse au moins conserver sa dignité et que ses droits fondamentaux soient respectés.

Nous voulons que la vérité soit faite sur la mort de J. et qu’une telle horreur ne puisse plus se reproduire, ni ici, ni ailleurs.

Nous nous associons à la douleur de la famille et sommes prêts à témoigner si elle le désire.

Des prisonniers de la M.A. de Seysses


Rien n’a changé à Seysses

Maison d’Arrêt de Seysses, le 12 mai 2018

Dans notre précédent communiqué du 20 avril 2018, on dénonçait ce que tout le monde sait à la prison de Seysses : J., retrouvé mort au mitard le samedi 14 avril 2018, ne s’est pas pendu. Il a été battu à mort par l’équipe de surveillants responsables du quartier disciplinaire.

Le même jour, un prisonnier a fait une tentative de suicide au SMPR (l’hôpital de la prison) et il est mort deux jours plus tard. Depuis, on en a appris plus sur lui en parlant entre nous. C’était un jeune marocain sans-papiers d’une vingtaine d’années qui ne posait pas de problèmes. Il avait acheté du cannabis à d’autres prisonniers et il leur devait de l’argent. C’est pour ça qu’il a été mis à l’amende dans la cour de promenade. Il a été emmené au SMPR pour être soigné. Il réclamait de voir un psychiatre, on lui a refusé, alors il s’est ouvert les veines. Des témoins l’ont très bien entendu crier qu’il venait de se couper. C’était un appel à l’aide, il était à bout, et on l’a laissé se vider de son sang. Il n’avait pas de famille en France donc tout le monde s’en foutait. Mais il ne voulait pas mourir, il était juste en détresse. C’est la prison qui est responsable, avec les surveillants et les infirmiers.

Depuis la mort de ces deux prisonniers, rien n’a changé à la maison d’arrêt. La direction a transféré ceux d’entre nous qu’elle jugeait responsables du mouvement qui a duré plusieurs jours (on a été jusqu’à 200 à refuser de remonter de promenade pour protester, on a fait une banderole, on criait « matons assassins » aux fenêtres) et les témoins directs du tabassage de J. qui a provoqué son décès ont subi des pressions. Mais l’équipe de matons qu’on appelle entre nous « l’escadron de la mort » est toujours là et tourne encore au mitard.

Ce matin, un autre prisonnier a tenté de se pendre à la maison d’arrêt côté condamnés. L’après-midi, il devait passer devant le prétoire. C’est le tribunal interne à la prison qui juge les prisonniers accusés d’avoir provoqué des incidents en détention. Le prétoire peut décider de mesures disciplinaires, et le plus souvent c’est un placement au mitard. Le prisonnier avait très peur d’y aller vu comment ça se passe là bas : des brimades, des insultes, des coups et parfois même la mort comme on le racontait dans notre premier communiqué. Alors il s’est passé la corde au cou au moment de la gamelle du matin. Heureusement, les infirmiers ont réussi à le réanimer, mais des témoins ont entendu le major qui disait devant le mec qui n’était même pas encore décroché : « il nous fait toujours le même cinéma, celui-là ». Pour eux, une tentative de suicide c’est du cinéma ! Le lendemain de la mort de J., on a entendu le même major qui menaçait un prisonnier qui tapait dans sa porte, en lui disant : « Le dernier qui a fait ça, il a fini dans un sac ! »

On est emprisonné par des gens qui sont inhumains. Comment peut-on supporter que ceux qui dirigent la détention se moquent de nos appels à l’aide, des tentatives de suicide et des morts dont ils sont responsables ? On a parfois l’impression d’être dans un cauchemar. Il y a des prisonniers ici qui sont juste en attente d’un jugement, qui ne sont même pas encore jugés coupables. Et il y en a d’autres qui ont été condamnés et qui acceptent de faire leur peine, mais on ne peut pas accepter d’être traités comme du bétail ! On a l’impression d’être rejugés chaque jour par les surveillants et les chefs. On le voit dans les regards, les paroles, les gestes… Ils nous déshumanisent, on est juste des numéros pour eux. Ils veulent nous faire comprendre qu’ils ont tout le pouvoir, qu’ils sont comme une mafia à l’intérieur. Ils peuvent tout se permettre, ils n’ont rien à craindre parce qu’ils sont toujours couverts. Ils dirigent tout par la peur. Un major peut même nous menacer de mort parce qu’on tape dans une porte pour réclamer quelque chose !

Tout ce qu’on demande, c’est d’être traités comme des êtres humains. De faire notre temps en prison sans craindre pour notre vie, sans subir en permanence les humiliations et les violences des surveillants. Ici, il n’y a aucun respect de la dignité, aucune déontologie, tout est fait contre les prisonniers. On dirait aussi qu’ils font tout pour que ça se passe mal entre nous, en mettant ensemble en cellule des gens qui n’ont rien à voir ou en enfermant des gens qui n’ont rien à faire en prison, qui devraient être soignés : des malades, des mecs qui ont des troubles psychiatriques parfois très graves. On craint pour notre santé, on craint même pour notre vie, alors qu’on devrait juste patienter avant notre sortie. L’État s’en fout, on est juste des numéros à gérer, et ça arrange bien les surveillants sadiques qui se passent les nerfs sur nous.

La situation est explosive ici, et c’est aussi en grande partie à cause de la juge d’application des peines (JAP) et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) qui se charge des conditionnelles. Il y a très peu d’aménagements de peines, les remises de peine et les grâces sont trop peu accordées, on est de plus en plus à faire notre peine quasiment pleine. Il n’est pas rare que le procureur fasse tomber des vieux sursis peu de temps avant la sortie pour qu’on reste enfermés. A croire qu’ils veulent nous garder le plus longtemps possible, et rien n’est fait pour la réinsertion. La loi Taubira était censée « vider les prisons » en facilitant les conditionnelles et les peines alternatives, mais c’est comme si elle n’était pas arrivée jusque Seysses. On est tous sous pression, et rien ne nous encourage à montrer des signes de réinsertion, de travailler, de se tenir à carreaux, puisqu’on sait que rien n’est fait en échange pour nous laisser sortir.

Il faudrait qu’on nous explique comment J. a pu se pendre alors qu’il était à poil au mitard. Il n’était pas suicidaire, on le sait tous ici. Et il n’avait ni drap, ni couverture dans sa cellule. Pour éviter qu’il s’accroche, soi-disant, on lui a seulement laissé un pyjama en papier…. Leur version officielle ne tient pas debout.

Nous réclamons la vérité sur ce qui s’est passé pour J.
Nous réclamons que l’équipe de surveillants responsable de sa mort soit suspendue.
Nous dénonçons les transferts disciplinaires et les pressions exercés sur les témoins. Nous exigeons de ne pas être condamnés à des nouvelles peines chaque jour par ceux qui devraient juste nous surveiller et assurer notre intégrité physique et morale.
Nous exigeons de ne pas être enfermés avec des gens qui n’ont rien à faire en prison et qui peuvent menacer notre sécurité.
Nous exigeons d’être traités dignement, comme des êtres humains.
Nous nous associons à la peine des familles et sommes prêts à témoigner si elles nous le demandent.

Des prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses.

P.-S.:

Communiqués du journal anti-carcéral L’Envolée :

  • « Les prisonniers de Seysses ont raison ! » (dimanche 22 avril 2018 )
    OpenDocument Text - 60.3 ko
  • « Les prisonniers ont raison de se révolter et ils ont raison de prendre la parole contre le sort qui leur est fait. » (à l’intention des journalistes et associations)
    OpenDocument Text - 24.2 ko

repris de mars-infos.org

La PSQ, ou quand la sécurité devient « la première des libertés »

La PSQ, où Police de Sécurité du Quotidien, a été lancée officiellement par le ministre de l’intérieur le 8 février dernier suite à la volonté du gouvernement de s’« engager dans une évolution des missions de la police et de la gendarmerie pour répondre à la priorité des Français : la sécurité. »

Cette expérimentation fait suite à une concertation large menée à la fois en partant « du terrain » : pas moins de 70 000 questionnaires ont été renvoyés par les policiers et les gendarmes au gouvernement pour formuler leurs attentes ; et à la fois au niveau départemental : plus de 500 réunions ont été menées réunissant préfets, associations élus, organisations syndicales de la police et structures de concertation de la gendarmerie, représentants des policiers municipaux, acteurs de la sécurité privée et des transports, experts, etc. Plus de 150 contributions ont également été rédigées par les syndicats, universitaires, entreprises et associations d’élus.

Cette prise en considération des acteurs de la « sécurité » a certainement dû faire s’arracher quelques cheveux aux associatifs œuvrant sur la question de l’immigration – qui relève pourtant du même ministère – force de constater que ces derniers goûtent plus souvent à la saveur des portes closes qu’à celle des petits fours…

Le dossier de presse1 présentant la PSQ apporte comme propositions principales de : rendre les condamnations judiciaires et les mesures répressives plus dissuasives (enfermer plus et plus longtemps), développer davantage la coopération avec les polices municipales (être fliqué au plus près), accroître la participation des habitants à leur propre sécurité (vers la création de milices d’auto-défense citoyenne ?), simplifier la procédure pénale et réduire les tâches administratives (afin de ne plus s’embêter avec la paperasse et la défense des accusés).

La PSQ prévoit ainsi de travailler de façon beaucoup plus partenariale avec les maires et leurs polices municipales, les bailleurs sociaux, les entreprises de transport ou les agents de sécurité privée, c’est à dire un large pan d’acteurs de proximité. « Les élus, en particulier les maires, sont ceux qui connaissent le mieux leur territoire, qui savent où se développe la délinquance. Je demande que dans les trois prochains mois on puisse prendre contact avec eux pour définir en partenariat une vraie stratégie de sécurité pour le territoire », nous précise le ministre. Pour ceux qui hébergent des sans-papiers dans leur village ou celles qui vendent une barrette de shit derrière les abris de bus, gare aux mouchards !!

Au niveau national, 20 départements ont été ciblés pour faire l’objet de renforts en zone gendarmerie, et 30 quartiers en zone police subtilement dénommés « de reconquête républicaine » ont été retenus. Parmi les moyens alloués à ce dispositif, 10 000 postes seront créés entre 2018 et 2022. Dans les Hautes-Alpes2, les objectifs sont notamment d’« élargir les zones de participation citoyenne sur la ville de Gap » (plus de délation) et de « travailler à la mise en place d’un réseau de vidéoprotection sur la ville de Briançon » (pour faciliter la surveillance et l’interpellation des migrants ?).

Les premières expérimentations de la PSQ ont débuté au cours du premier trimestre 2018. Une démonstration grandeur nature a été effectuée récemment le jeudi 31 mai dans les Bouches-du-Rhône, comme nous l’indique un quotidien local3. Pendant deux heures, 213 agents de la direction départementale de la sécurité publique, de la police aux frontières, des CRS et de la gendarmerie, des policiers municipaux, épaulés par des agents SNCF et RTM, ont pris d’assaut l’ensemble des transports en commun de Marseille et Aix-en-Provence. Les gares de Saint-Charles, de l’Arbois, d’Aix-centre, celles de Gardanne, Simiane et Septèmes, mais aussi les bus entre ces deux villes et plusieurs stations de métro ont fait l’objet de ce déploiement massif destiné à marquer les esprits, et durant lequel pas moins de 7 906 voyageurs ont été contrôlés (avec au final 12 arrestations pour séjour irrégulier, fiche de recherche et détention d’arme blanche, et 293 procès verbaux dressés pour fraude). Apercevant les uniformes, près de 4000 personnes auraient fait demi-tour, preuve s’il en faut qu’une large partie de la population ne se laisse ni attraper docilement comme des moutons, ni berner par les « priorités » sécuritaires du gouvernement.

Article repris du site Cévennes sans frontières