Compte-rendu d’un an de collectif anti-répression 04-05

Voilà un an maintenant que, suite aux rencontres/ateliers organisés lors de l’Atomik Tour en avril 2019, nous avons lancé le Café_Taule.

A la base, réuni.e.s autour de la création d’une légal team, nous avons basculé vers l’anti rép car, même si nous continuons à tenter de soutenir des personnes inculpées qui le demandent (reconnaissons que la plupart avaient les connaissances nécessaires pour trouver un avocat sans nous, tel Fabrice par exemple https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2162 ) et à organiser des temps d’inter formation ( https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 mais aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2060 ), nous avons très vite dit que l’idéal était de se débarrasser du triptyque police-tribunal-prison.

Pour soutenir les prisonniers et leurs proches, concrètement, nous avons mis en place une permanence hebdomadaire devant le mur de la Maison d’Arrêt de Gap, baptisée Café-Taule. L’ambition principale était de créer du lien avec les familles des enfermés (exclusivement des hommes à Gap). On a passé la plupart de nos mercredis à offrir le café et le croissant aux personnes se rendant aux parloirs.

Ça c’était l’objectif principal. On a rapidement eu envie d’avoir un support écrit qui regrouperait le maximum d’infos pratiques sur la taule et à destination des proches. En janvier sort donc la « Brochure à destination des proches de prisonniers de la Maison d’Arrêt de Gap » (https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf ).

À cette occasion on est invités à Paris à la journée du GENEPI (https://www.genepi.fr/journee-anticarcerale-du-genepi/) pour présenter nos actions en présence de nombreuses personnes et collectifs venus échanger autour de la taule. Avant ça, à l’automne, on était aussi partis trois jours dans la Drôme animer trois soirées (Romans, Saillans, Die) sur l’enfermement (écoutes d’émissions de radio, ateliers de correspondances avec des prisonnier.e.s, discussions, projections de films et pièce de théâtre : https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2251 ).

On a proposé aussi des correspondances avec les prisonniers, qui ont donné lieu à quelques échanges de lettres, mais qui ne se sont guère poursuivis dans le temps.

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Aujourd’hui on essaie de présenter un bilan de cette année, pour nous d’abord, parce qu’on est peu (vraiment très peu !) et remplis de questionnements.

On pense que les systèmes répressifs et carcéraux sont absolument au cœur de toutes les luttes, tout comme devraient l’être la lutte antipatriarcale ou antiraciste par exemple. Bien sûr on peut s’opposer à un projet de nouveau CRA (prisons pour sans papiers), de nouvelle taule, de nouvel aéroport, de nouveau Center Parc, de femeture d’un service public local, de projet de loi, ou d’une politique. Mais l’enfermement et la répression ne sont pas un projet mais les « valeurs » d’un système et donc présents partout. Dans tous les combats on est potentiellement confronté à la répression qui s’abat dès que la lutte sort des sentiers battus. On ne peut pas penser lutter en omettant de parler de taule, d’HP, de flics etc. Ce combat ne se superpose pas à d’autres, peut-être plus concrets parce que matérialisés, mais en est au cœur.

D’où un premier constat, notre action parle peu. Que ce soit avec les familles des taulards, avec les prisonniers eux mêmes, avec les militants du coin (gilets jaunes ou syndicalistes), nous ne parvenons pas assez à créer du lien et à mettre sur la table les questions sur l’enfermement. Est ce qu’on est totalement à coté de la plaque et que la taule et la répression sont quelque chose de totalement admis et normal pour qu’on en parle pas ? Les médias ont ils tellement bien fait leur boulot que la justice de classe ne fait qu’entériner ce discours comme quoi les étrangers et les pauvres sont forcément des délinquants et des terroristes?

Pourtant, nous , on a envie de parler d’autonomie de la justice, de justice non institutionnelle et réparatrice, d’abolition de la police, des tribunaux et de la prison, de prise en charge au sein d’une communauté. On n’est pas là pour nier les faits mais on veut poser la question : face à l’état et au capitalisme, comment imaginer l’abolition de la répression, au même titre qu’on cultive son potager pour se passer de la grande distribution ou de l’agriculture industrielle. Et on ne se la joue pas « faut faire comme ci ou comme ça », on veut aborder la question de façon humble.

Deuxième constat : on a du mal à s’investir avec les familles et les proches qui vont aux parloirs (neuf fois sur dix des femmes…). Déjà parce que la plupart sont rodé.e.s : la prison fait partie de leur vie et en fera sans doute toujours partie, alors on est qui pour eux-elles ? Quand le mec, le fils, le frère, le père sort, plus de nouvelles et on comprend. On comprend que c’est chouette de boire un café à la sortie du parloir et de tchatcher dix minutes de comment c’est en ce moment, des nouvelles d’un procès, d’une demande de mise en liberté, d’une hospitalisation, d’une recherche de taff. Puis quand on demande si ça intéresse de corriger la brochure parce que ça change tout le temps à l’intérieur, « oui, oui », puis en fait rien ou peu.

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Alors est-ce qu’on continue les perms ? À qui ça sert à part nous ? Nous, on aime bien, c’est l’occasion de se voir, de discuter, d’aller manger un kebab en ville…

Ce qui est sûr c’est que ça emmerde les flics et la matonnerie. La police municipale passe systématiquement, il y a des amendes, il y a eu le procès du 12 mars (https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/05/06/un-exemple-banal-dun-systeme-repressif-qui-sauto-alimente/ et aussi https://valleesenlutte.noblogs.org/agenda/?event_id1=2749 ), il y a aussi le regard noir du taulier, de ses surveillants et de certains riverains. C’est peut être un peu pour ça aussi qu’on aime bien !

Mais quand même on aimerait être plus nombreux-ses d’autant que certain.e.s d’entre nous ne vont pas pouvoir assurer ces prochains temps et que si on n’est pas régulier, c’est mort. Les maisons d’arrêt c’est que des peines (relativement) courtes, du coup ça rentre et ça sort tout le temps, ce qui veut dire nouvelles familles, nouveaux liens et tout à recommencer ; alors si on n’est pas là tous les mercredis on perd les contacts et notre légitimité.

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Aussi on recrute ! Pour l’instant c’est les mercredis mais ça peut aussi être le samedi. Et plus globalement on est ouverts pour discuter, s’organiser etc.

Donc on vous attend au café-taule tous les mercredis devant la maison d’arrêt de Gap. On a aussi programmé une réunion, laissez-nous un message sur cafe_taule@riseup.net pour savoir le lieu et la date précises.

Déconfinons la solidarité à partir du 11 mai !

Rassemblements et Discussions le 11 mai à 20h devant les hôpitaux de Sisteron, Laragne, Gap, Embrun et Briançon

MAJ : Rassemblements reconduits lundi 18 mai à 20h! 

en prenant soin de nous protéger : masques, distances physiques…

Suite au succès de la mobilisation du 1er mai à Gap (et ailleurs), tant en terme de collecte alimentaire pour les habitant-e-s du CESAÏ à Gap (squat d’hébergement de SDF et d’exilé-e-s), que de détermination collective à briser un confinement autoritaire et souvent absurde, nous ne comptons pas en rester là !

Aujourd’hui, le plan de déconfinement imposé par Macron et sa clique de patrons est inexistant et surtout dangereux pour nous toutes et tous !

Dangereux tout d’abord pour les 1ers de corvée (soignant-e-s, caissier-e-s, ouvrier-e-s, livreurs, postier-e-s…) qui devront continuer à « aller au front » du travail sans beaucoup plus de protections que pendant le confinement, risquant encore la contamination puis celles en cascades de leurs familles, ami-e-s…

Dangereux également pour les personnes les plus vulnérables vis à vis du virus, forcées de s’isoler encore plus chez elles de peur d’une contamination sous une forme grave.

Sans oublier la réouverture chaotique et à marche forcée des écoles, avec des directives gouvernementales intenables qui engendrent stress et traumatismes chez les enfants, leurs parents et les enseignant-e-s.

Le tout avec une bonne dose de rabotage des libertés individuelles et collectives, sous un état d’urgence sanitaire qui ne vise qu’à garantir l’ordre social avant tout, pour la prospérité économique de quelques-uns uniquement.

Alors que notre système de santé et nos hôpitaux sont à bout de souffle !

La faute à qui ? Après 20 ans de coupes budgétaires, courses à la rentabilité, diminution du nombre de soignant-e-s et déshumanisation de l’hôpital, notre système de santé est aujourd’hui incapable de réellement prendre soin de toutes les personnes qui en ont besoin, et encore plus en ces temps d’épidémie de coronavirus. Et pourtant, toujours aucuns moyens conséquents ne sont débloqués sur le moyen terme pour inverser la tendance ! Macron préfère sauver Air France (7 milliards d’un coup de baguette magique !) et d’autres multinationales de la pollution plutôt que nos poumons !

DU FRIC ET DE L’HUMAIN POUR L’HÔPITAL ET LES EPHAD !!

En écho aux multiples appels de soignant-e-s, dont le fameux « BAS LES MASQUES », nous appelons à remettre le soin et la solidarité au centre de nos préoccupations fondamentales, partout et dès maintenant !

Sans attendre un quelconque changement de la politique d’État tristement gestionnaire, qui s’achemine vers une santé déshumanisée et réservée aux plus riches. Au contraire, nous savons que nous avons collectivement les compétences, l’intelligence, l’empathie et l’envie pour prendre en main directement et à l’échelle de nos territoires de vie (quartier, village, vallée…) ce pan essentiel de notre existence qu’est la santé, sur une base de solidarité totale.

Ainsi, nous appelons, à partir de ce lundi 11 mai – acte I du déconfinement – à se regrouper collectivement (à bien plus que 10 personnes si possible !) devant les centres de soin de nos territoires de vie (hôpitaux, dispensaires de quartier, centres de soin ruraux, etc.) pour discuter, prendre confiance, puis s’organiser et agir pour déconfiner la solidarité !

Plusieurs manifestant-e-s du 1er mai, habitant-e-s de Gap et des environs

 

Le tract en Pdf ici : 11_mai

Un 1er mai déconfiné et dans la rue à Gap !

Malgré les semaines de confinement et la répression qui va avec, sous une pluie continue, nous étions une bonne centaine à nous rassembler ce vendredi 1er mai à Gap devant la préfecture des Hautes-Alpes pour déconfiner la solidarité et agréger les colères qui montent de toute parts contre la clique des gouvernants macroniens, leurs potes patrons bourgeois et leurs meutes policières. Avec l’absence remarquée de l’intersyndicale qui a préféré rester bien au chaud (en appelant à des mobilisations de balcons) plutôt que de prendre le risque (sic) de manifester pour de vrai…

Peu importe, après une collecte de nourriture très réussie en faveur des habitant-e-s du Césaï (squat d’hébergement de personnes sans domicile, majoritairement des exilé-e-s), nous sommes parti-e-s manifester dans les rues quasi désertes de Gap, en faisant plusieurs arrêts symboliques devant l’hôpital (aux cris de « du fric pour l’hopital »), la bourse du travail, la prison (où les conditions d’enfermement ont été encore un peu plus dégradés en temps de confinement avec l’interdiction des parloirs notamment) et le commissariat (duquel sont sortis quelques gros bras cagoulés – covid oblige – de la BAC, toujours prêts à provoquer et cogner dans l’impunité). Le cortège est ensuite retourné à la bourse du travail pour un apéro bien mérité (mais sans les merguez de la cégète aux abonnées absents…). Encore un point positif,  aucune arrestation ou PV n’est à déplorer, en tout cas à l’heure où nous écrivons ces lignes… même si les pseudo-journaleux de d’ICI TV – absents – reprennent un communiqué des flics parlant de la verbalisation de 6 organisateurs fauteurs de troubles…sans aucun contrôle trop fort ! Comme quoi en étant un peu malins-malignes (avec une attestation qui va bien…) et en faisant groupe, on arrive à contourner leur répression omniprésente !

Côté ambiance, l’atmosphère était bien déterminée : des banderoles de toute parts, beaucoup de slogans dans l’air et sur les murs, du désormais traditionnel « on est là, on est là, même si Macron ne veut pas… », aux plus nouveaux « déconfinons la solidarité », « 1er de cordée 1er pendu », « covid-ons les prisons », en passant par les classiques « tout le monde déteste la police », « à bas l’enfermement » et « Grève Sabotage Autogestion »… Le tout entrecoupé de chants inspirés lancés par nos ami-e-s de la CAB (chorale autogérée du Buëch), et notamment une belle reprise de la chorale des canulars (Lyon) en réécoute ci-dessous :

Ambiance déterminée… et surtout joyeuse à l’idée de briser collectivement ce confinement autoritaire et souvent absurde, d’autant plus un jour symbolique comme le 1er mai (commémoration de la mort de militants anarchistes à Chicago en 1886 et devenue depuis journée internationale de lutte des travailleurs-euses). Tout en assumant que nous étions suffisamment responsables pour organiser nos propres « gestes barrière » contre le risque de l’épidémie du coronavirus, en portant masques et gants (pour une fois que c’est encouragé en manif’ !), sans pratiquer d’embrassades, etc. Et en rappelant que nous nous méfions des injonctions strictes et arbitraires venues d’en haut, sauf peut être celle de bien se distancer d’un maître…

Et on va pas s’arrêter là ! RDV dans la rue dès le déconfinement pour montrer notre envie de vivre et faire payer les pots cassés de la crise en cours à ceux qui en sont vraiment responsables !

 

Et un petit florilège des photos du cortège :

 

Avec une mention spéciale aux flics qui – semble-t-il – n’ont pas bien compris ce qu’il leur reste à faire :

Pour un 1er mai solidaire

Retrouvons-nous devant la Préfecture de Gap à 10h30

  • À 10h30, une collecte alimentaire sera organisée en solidarité avec les habitante·s du Césaï1. Apporter en priorité : riz, huile, sardines, œufs, oignons, sauce tomate, produits d’hygiène (savon, shampoing).

  • Nous partirons ensuite manifester : ne nous résignons pas face aux attaques de l’État et du patronat sur nos conditions d’existence (liberté, écologie, travail, services publics)

Tout ceci, en prenant soin de nous protéger : amenons des masques et gardons les distances physiques, car nous ne sommes pas tou·te·s égaux face au virus.

Vous pouvez nous rejoindre avec des denrées, en cochant la case de l’attestation : « Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants ».

Les temps sont durs. Utilisant l’épidémie de coronavirus, le gouvernement passe en force et accélère ses plans : renforcement des inégalités, dégradations des conditions de travail, extension du contrôle et de la répression. Les choix autoritaires du gouvernement, nous les subissons tou·te·s, mais certain·e·s de plein fouet. Les conséquences ne sont pas les mêmes pour les habitant·e·s des quartiers populaires, pour les femmes, les personnes handicapées, les enfants, les précaires, les enfermé·e·s, les personnes âgées, les personnes qui subissent le racisme, pour les prolétaires. Attestation de déplacement ou non, c’est bien souvent à la tête du client·e que les amendes sont distribuées. C’est avant tout la police qui décide de la légalité des motifs attestés. C’est toujours les mêmes qui paient de leur vie, de leur corps, et de leur psychisme.

La solidarité, le commun, ne sont pour les gouvernants que des fétiches, des mensonges agités pour nous calmer, pour continuer de nous imposer leur monde, leurs profits.

On est encore là ! Nous n’avons pas attendu que l’État nous y autorise pour exprimer notre solidarité et agir concrètement, comme nous n’attendrons pas son aval pour reprendre les luttes, les initiatives, pour construire ce qui nous semble juste et pour affronter ce qui nous détruit.

Nous le faisons depuis bien longtemps, au côté de celles et de ceux avec qui nous partageons un monde commun.

Nous appelons, à déconfiner la solidarité et à l’exprimer joyeusement dans les rues de Gap mais aussi partout ailleurs !

Décorons les murs, les balcons, diffusons cet appel ou d’autres, rejoignons les initiatives de luttes et de solidarité qui s’organisent, et cela à trois, à cinquante ou à des centaines de milliers.

Dans d’autres lieux des manifestations se préparent : à Montreuil, à Paris, mais aussi par-delà les frontières…

1. Le Césaï est un bâtiment occupé en centre ville de Gap depuis Octobre 2018, où habitent de nombreux·ses personnes exilées ou sans domicile.

Le PDF pour impression est ici :

Du syndrome respiratoire aigu sévère humain au syndrome respiratoire aigu sévère politique

Le 14 mars 2020, Edouard Philippe (Premier ministre) annonçait « la fermeture à compter de ce soir minuit de tous les lieux recevant du public et non indispensables à la vie du pays ». Par « non indispensables » je voudrais souligner que Philippe, en accord bien entendu avec toutes les strates du pouvoir, pointait justement tous les lieux qui – malgré leurs évidentes limites commerciales – donnent justement un sens à notre existence, tous les lieux qui permettent, malgré leurs limites évidentes, de donner une épaisseur collective à notre vie en société. C’est l’autre qui est le premier besoin de l’humain, l’autre en tant que personne, non en tant que moyen.

Ont donc été qualifié de « non indispensables » tous les lieux qui concourent directement à préserver une qualité de vie minimale, tous les lieux de socialisation, ainsi que tous les lieux sans dimension économique directe (parcs, promenades, forêts, plages, etc.). Tout cela permet donc de conclure directement, clairement et sans ambiguïté, que l’indispensable relève de l’économie – mais qui peut bien l’ignorer sur le fond ? –, et que le vivant – le « non indispensable » –, n’est qu’à son service. Le cadre général du confinement a donc été on ne peut plus clairement énoncé et révèle avec une indécence crue l’inversion de la réalité dont il procède.

Dans cette déclaration de Philippe, ce sont clairement les hommes qui sont les moyens de l’économie, et pas du tout l’inverse, tout ce qui fait la qualité de la vie pour des humains « normaux » est au mieux considéré comme un colifichet, comme la carotte de l’âne… Dans le fond, Philippe avoue ici une conception de la société composée uniquement d’individus isolés, d’individus uniquement caractérisés par des fonctions opérationnelles (travailler, étudier, consommer, etc.) indépendamment de toute intensité qualitative des liens sociaux (intensité au mieux reconnue dans le cercle familial restreint). Dans le cadre de ces fonctions utilitaristes et fonctionnelles, la nature « non essentielle » de certaines d’entre elles apparaît ainsi avec davantage de netteté. Le « there is no such thing as society » de Margaret Thatcher est, de fait, devenu une triviale banalité de base du pouvoir.

Lire la suite sur le blog en finir avec ce monde

Contre la peur et le contrôle, la révolte éclate dans les prisons en Italie

Depuis plusieurs semaines le traitement émergentiel de l’épidemie de corona virus a pris pied dans toute l’Italie, à partir de la création de « zones rouges » de plus en plus vastes situées notamment dans le nord. Ici, le gouvernement a testé peu à peu des mesures de plus en plus radicales de restriction de liberté : interdiction d’événements et manifestations publiques, de cérémonies religieuses et civiles (y compris les funérailles), fermeture de cinémas, salles de sport et supermarchés grande surface, couvre-feu pour les bars, plus de prises en charge dans les hôpitaux publics sauf pour les urgences, fermeture des écoles et universités…
Sous prétexte de mieux protéger la population et d’empêcher la contagion, toute forme de socialité a été limitée ou carrément interdite par la loi. Le 8 mars le président du conseil des ministres Giuseppe Conte signe l’énième décret interdisant toute manifestation publique ou rassemblement et tout déplacement en entrée ou en sortie et à l’intérieur de la région de la Lombardie et des départements de Modena, Parma, Piacenza, Reggio nell’Emilia, Rimini, Pesaro et Urbino, Alessandria, Asti, Novara, Verbano-Cusio-Ossola, Vercelli, Padova, Treviso, Venezia. Si l’isolement et le contrôle deviennent de plus en plus durs à l’extérieur, la situation se fait insupportable à l’intérieur des taules où, depuis deux semaines déjà, les parloirs et les activités complémentaires (travail, socialité, permanences…) sont interrompus jusqu’à nouvel ordre, sous prétexte de mieux empêcher la contagion dans les prisons, et notamment pour protéger les matons. Avec le décret du 8 mars, l’interdiction est généralisée : stop aux parloirs, plus de semi liberté ni de permissions spéciales, tout cela jusqu’au 31 mai.

L’interdiction des parloirs, qui se passe déjà en temps normal dans le stress, les queues devant les prisons dans l’attente de pouvoir rentrer et se soumettre à l’humiliation de la fouille, signifie la privation de toute forme de contact avec l’extérieur et une condition d’isolement quasi totale, aussi bien que la privation de la possibilité d’avoir accès à des produits et biens de base (nourriture, vêtements propres, argent…) qui sont d’importance fondamentale pour la vie en taule. Cette mesure réveille dans les heures qui suivent son annonce la rage des détenus et des proches.
Les premières révoltes face à cette situation éclatent dans la soirée de samedi 7, à la diffusion publique de la version intégrale du décret en cours de validation. C’est à Salerno et Naples, dans les deux prisons de la ville, Secondigliano et Poggioreale, où les détenus montent sur les toits et des sections entières sont détruites. La réponse des institutions pénitentiaires arrive avec coupures d’eau, électricité et interventions massives des forces de l’ordre et bien évidemment violences policières.
En dehors des prisons entre temps arrivent les proches et les solidaires, pour crier leur solidarité aux prisonniers en lutte et bloquer la route jusqu’à ce que leur voix soit entendue. La révolte se répand vite, dans la soirée de dimanche 8 on compte 20 prisons en révolte, puis 27 dans la nuit, plus de 30 dans la journée de lundi 9.

Devant chacune des taules insurgées des groupes de proches et de personnes solidaires se regroupent, partout on voit se lever de la fumée et on entend des cris « Liberté ! Amnistie ! ». Les hélicoptères survolent les bâtiments en feu, alors que dans plusieurs prisons les flics en antiémeute et les GOM (équivalent des Eris) se préparent à rentrer et rétablir l’ordre à coup de matraques.
À la prison Sant’Anna à Modène, au centre d’Italie, l’émeute commence dimanche en début d’après-midi. Selon les informations qui arrivent de l’intérieur, les détenus se seraient barricadés et auraient mis le feu à plusieurs bâtiments, le personnel (matons et infirmiers) obligé de sortir. On entend dire que le bureau d’immatriculation aurait été brûlé… Puis la répression arrive et des plus violentes. Les proches rassemblé.e.s devant la taule racontent avoir vu les flics sortir des détenus menottés tout en les frappant et avoir entendu des bruits de tirs. Quatre-vingt détenus sont transférés, de nombreux autres amenés à l’hôpital dont plusieurs en réanimation. Aux dernières nouvelles sept détenus auraient perdu la vie pendant l’émeute ou après lors des transferts. Selon la presse officielle il s’agirait d’« overdoses » de médicaments que les prisonniers auraient volés dans un assaut à l’infirmerie pendant la révolte. Deux autres prisonniers seraient morts pour la même raison, dans les taules de Verona (Vénétie) et d’Alessandria (Piémont). On sent bien la peur de bien-pensants journalistes, qui essaient de décrédibiliser les révoltes à l’intérieur sans relayer les revendications politiques des prisonniers : amnistie et liberté pour tou.te.s !

Mais plus la presse bourgeoise et l’État essaient de souffler sur le feu de la révolte pour l’éteindre, plus il se répand dans d’autres régions. A Pavia le soir du 7 des prisonniers en révolte arrivent à prendre les clés aux matons et à libérer les autres détenus, puis à prendre en otage un maton et le commandant de la police pénitentiaire. Ici aussi, les révoltés allument le feu. À chaque nouvelle révolte des prisonniers tentent de s’évader, et parfois ils y arrivent, par exemple à Palerme (Sicile), à Frosinone (Latium) et à Foggia (Pouilles), où 70 personnes s’échappent, l’intervention des militaires n’y peut rien: 20 personnes sont rattrapés mais 50 sont encore en liberté, on leur souhaite bonne vent.

Les chiffres qui commencent à circuler parlent de 300 détenus évadés dont seulement une trentaine aurait été repris, et 150 détenus en semi-liberté assignés à résidence.

Du Sud au Nord les prisons n’arrêtent pas de prendre le feu, lundi matin c’est au tour de Milan, Bologne, Lecce et plein d’autres. Le gouvernement vient de déclarer toute l’Italie « zone rouge » et continue le silence de la direction de l’Administration Penitentiaire. La répression enchaîne, mais la solidarité de l’extérieur ne se laisse pas décourager : dans plusieurs villes, devant les prisons, proches et solidaires crient leur soutien et bloquent les rues pour empêcher les déplacements de matons et militaires. À Bologne les détenus prennent le contrôle de la prison, pendant que les forces de l’ordre tentent de disperser les solidaires qui manifestent en masse à l’extérieur. A Melfi (Basilicata) les révoltés tiennent en hôtage un groupe de matons. À Milan après San Vittore c’est au tour de Opera et Bollate, à Roma après Rebibbia la révolte explose à Regina Coeli… Face à ces résistances la répression s’acharne.
Nous n’avons pas besoin de faire des analyses des révoltes en cours, elles parlent d’elles-mêmes de l’effondrement d’un système qui enferme et contrôle par la peur et la menace.

Nous devons et voulons être devant toutes les taules pour soutenir les révolté.e.s et leurs proches, pour que de ces lieux ne restent que des cendres.

Fuoco alle galere !

Ici une liste non exhaustive des prisons en révolte :

Salerno (Campania)
Naples (Campania)
Cassino e Frosinone (Latium)
Carinola (Campania)
Frosinone (Latium) + évasion
Modène (7 détenus morts + 1 hospitalisé)
Poggioreale – Naples
Secondigliano – Naples
Vercelli (Piedmont)
Rebibbia – Rome
Bari (Pouilles)
Alessandria (Piedmont) – 1 mort
Palerme +évasion
Brindisi (Pouilles)
Ariano Irpino (Campania)
Cremona (Lombardie)
Pavia (Lombardie)
Gênes
Reggio Emilia (Emilia Romagna)
Barcellona Pozzo di Gotto (Sicile)
Trani (Sicile)
Augusta (Sicile)
Foggia + évasion (Pouilles)
Verona + 1 détenus mort
San Vittore – Milan (Lombardie)
Bergamo (Lombardie)
Matera (Basilicata)
La spezia (Liguria)
Larino (Molise)
Lecce (Pouilles)
Rieti (Lazio)
Vallette (Turin)
Dozza – Bologne
Santa Maria Capua Vetere (Campania)
Opera – Milan (Lombardia)
Bollate – Milan (Lombardia)
Regina Coeli – Rome

13 Février : Procès des deux maraudeuse.eur.s

Mise à jour 13 février : le « verdict » en correctionnelle à Gap reconnu coupables les deux prévenu.e.s (appréhendées lors de maraudes) des deux chefs d’inculpation (outrage à agent et refus de signalétique) et les a condamné.e.s chacun.e à 600 € d’amende avec sursis total, et solidairement à 150€ de dommages et intérêts en faveur de chacun des cinq militaires constitués partie civile, à l’exclusion de leurs frais de justice. L’interjection en appel n’est pas encore décidée.


 

Le jeudi 13 février prochain, deux maraudeuse.eur.s passent en procès au tribunal de Gap pour « outrage sur agents » et « refus de signalétique» suite à une maraude effectuée le 26 novembre dernier.

Ce procès s’inscrit pleinement dans le contexte de répression qui existe aujourd’hui aux frontières et partout ailleurs, sur les personnes en soutien mais aussi et surtout sur les migrant.e.s.

Effectivement, les intimidations et la répression qu’exerce l’État sur les personnes solidaires à travers des contrôles ciblés, des amendes, du harcèlement policier, des procès,etc., ne sont qu’une petite partie de l’arsenal de répression mis en place par les autorités dans le cadre des politiques anti-migratoires.

Les contrôles au faciès, les tabassages et vols de la part des flics, le parcours du combattant en préfecture, la non prise en charge des mineurs dans certaines villes, l’enfermement en CRA (Centre de Rétention Administratif) dans des conditions atroces, les expulsions réalisées « parce que ton pays n’est pas considéré comme suffisamment dangereux » ou alors juste que la France s’en fout.

Tout ceci est le quotidien que peuvent vivre les gens arrivant ici sans les bons papiers.

Ces répressions orchestrées par l’État et mises en place par le duo Police-Justice semblent viser toutes les personnes et organisations considérées comme indésirables, toutes les formes de solidarités n’étant pas au profit de leur nation, toutes les formes d’actions ne s’inscrivant pas dans leur patriotisme.

Face à ces politiques mortifères, continuons à nous organiser !

Rendez-vous Jeudi 13 février dès 8h30 devant le tribunal de GAP.

N’hésitez pas à faire passer l’info

Feu aux frontières

Tract pour diffusion

Actions le 23 et 24 Janvier

 65% CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES,

65% DANS LA RUE !!!

Deux journées d’actions pour continuer à mettre la pression.

  RDV

Jeudi 23  -18h devant la préfècture pour les flambeaux de la colère

Vendredi 24  -15h devant la prefecture

                         -18h à l’impro pour un concert de soutient aux grévistes

 

SOIRÉE DE SOUTIENT CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES organisé par les G-J de Saillans

Vendredi 17 Janvier dès 18h, chez Nanard
à Aouste sur Sye 9 rue pasteur Boegneur (derrière la chocolaterie)

Les Gilets jaunes de Saillans proposent une soirée d’info, de discussion et de soutien au mouvement contre la réforme des retraites et son monde.

Au programme:
18h assemblée populaire ouverte à Toutes et à tous.
20H cantine populaire
21h projection de « Une histoire de la grève générale,de la commune au front populaire » >> de Olivier Azam

Les bénéfices de la soirée seront pour la caisse de grève et la caisse anti-répression.

Procès en appel de deux gilets jaunes lourdement comdamnées en Décembre 2018 à Valence

Communiqué de Stephane et Tom

L’heure est venue de retourner faire face à la justice et de reprendre le chemin du tribunal, de Grenoble cette fois, plus d’un an après notre procès à Valence (l’affaire avait pris le nom du procès des 4 de Valence : Dylan, Maria, Stéphane et Tom).

Le rendu avait été très lourd, nous condamnant tous les 4 à de la prison ferme (de 3 mois à 12 mois) et à 3 ans d’interdiction de manifester sur toute la France. Un rendu s’inscrivant dans un traitement judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes pour le moins sévère et questionnant. Entre Novembre 2018 et décembre 2019, 10 000 gardes à vue ont été effectuées, 3200 personnes ont été condamnées à de la prison et 300 à de la prison ferme. Du jamais vu en France. Sans parler des nombreu.x.ses bléssé.e.s, éborgné.e.s, démembré.e.s.

Nous sommes 2 (Tom et Stéphane) à avoir fait appel, ne reconnaissant pas les faits pour lesquels nous avons été condamnés (violence sur personne dépositaire de l’autorité publique en réunion) et estimant avec nos avocat.e.s que la sanction était disproportionnée et injustifiée.
De leur côté, Maria et Dylan n’ont pas souhaité retourner devant la machine judiciaire. Un cinquième Gilet Jaune, jugé plus tard dans la même affaire, a été condamné à 24 mois de prison dont 8 mois ferme et n’a pas fait appel.

Nous serons donc de nouveau à la barre le jeudi 6 février à 14h à la cour d’appel de Grenoble. A cette occasion, un rassemblement s’organise devant le tribunal. Plus d’info viendront sur le site d’infos libres et indépendants de la vallée de la Drôme, ricochets.cc

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent depuis 1 an et qui nous donnent envie de rester debout et combatif.

Ensemble, on est nombreu.x.ses !

Stéphane et Tom

Week end contre les frontières et les déportations

Week-end d’évènements contre la frontière !

SAMEDI 11 JANVIER
RASSEMBLEMENT AU CPR DE TURIN (CORSO BRUNELLESCHI)
RDV A 14h30 PIAZZA CASTELLO, AMENE TON VELO !
Rdv à 16h devant le mur du CPR à l’angle du cours Brunelleschi et de la Via Monginevro.
En cas de pluie, rdv à 15h Piazza della Repubblica au niveau du portique devant le kiosque.

DIMANCHE 12 JANVIER
JOURNEE A LA FRONTIERE
RDV A 11h DEVANT L’EGLISE DE CLAVIERE, AMENE TA LUGE !
REPAS PARTAGE

Les frontières intérieures se multiplient et se perfectionnent. Des rafles, des caméras de reconnaissance faciale,interdiction de territoire, lois de sécurisation.
Les murs extérieurs ne font qu’augmenter : des frontières économiques et sociales créées pour sélectionner, contrôler, exploiter. Des frontières composées de gardes, de documents, avec une marée d’argent européen.
L’UE devient de plus en plus une forteresse, avec des murs extérieurs construits directement en Afrique, et des systèmes de sélection et d’expulsion de plus en plus sophistiqués.
En attendant, de nouveaux CRA s’ouvrent en Italie, des centres permanents de rapatriement. Des prisons où les rébellions ne s’arrêtent jamais. Il y a deux semaines, les prisonniers du CPR de Bari ont brulé la prison et depuis elle est fermée. A Turin, les révoltes sont quotidiennes. Mais le décret Minniti a sanctionné la naissance de nouvelles lagers, et le nouveau CRA de Gradisca a déja commencé a fonctionner. Puis ce sera le tour du CPR de Macomer, en Sardaigne. Et les CPR de Milan et de Modène sont attendus.

En Valsusa, à la frontière franco-italienne, les personnes sans le « bon document » continuent d’être bloquées et persécutées par les différentes polices. Chasse à l’homme dans la neige, contrôles racistes dans les villes et sur les moyens de transport. Pendant ce temps, ces mêmes montagnes sont traversées par des milliers de touristes, de sorte que la frontière n’existe pas.
Invisibiliser, taire et réprimer sont les mots clés autour desquels se retrouvent les gardiens et les acteurs du tourisme.
Brisons l’indifférence de ces pistes !

Pour un monde sans frontières ni autoritarisme.

PS : ces derniers temps les personnes encagées au CRA de Turin ont réussi à briser une partie de leurs chaînes en incendiant leur geôle : cf https://www.passamontagna.info/?p=1275&lang=fr

Plusieurs centaines de personnes refoulées chaque semaine à la frontière franco-italienne à Vintimille

Ci-dessous, plusieurs rapports du collectif Kesha Niya publiés récemment
et témoignant des refoulements en augmentation et des violences
policières à la frontière franco-italienne à Vintimille.

Pour plus d’infos : https://www.facebook.com/KeshaNiyaProject/

 

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Hello, this is our weekly border report from the 03.- 09. November.

Bonjour à tou.te.s

Au cours de la dernière semaine (03.11.-09.11.), Nous avons rencontré à Grimaldi Inferiore 631 personnes qui avaient été arrêtées par la police française et renvoyées en Italie. C’est de loin le plus grand nombre depuis le début de notre collecte de données, les chiffres augmentent très rapidement ces dernières semaines. Nous savons qu’un total de 648 personnes ont été renvoyées en Italie. Ces 17 personnes supplémentaires sont arrivées à Vintimille en bus public, avec la Croix-Rouge ou la police italienne, raison pour laquelle nous ne les avons pas rencontrées directement.

Le nombre total de personnes déportées comprend 34 femmes, dont au moins 3 femmes enceintes, 24 mineurs voyageant seuls et 18 enfants (âgés de quelques mois à 13 ans) accompagnés d’un membre de la famille.

Les chiffres ci-dessus n’incluent pas environ 25 personnes déportées de Vintimille à Tarente.

Cette semaine a été celle où nous avons enregistré le plus grand nombre de rapports de violence de la police.

Mineurs

Sur les 24 mineurs non accompagnés que nous avons rencontrés, nous pouvons signaler deux incidents particuliers qui se sont démarqués.

Nous avons rencontré un jeune de 17 ans qui souffrait de diabète mais n’avait pas les médicaments nécessaires. Il est arrivé avec un pied très enflé, ce qui est probablement dû à son manque de soins médicaux.

Un autre adolescent de 17 ans a déclaré qu’il avait été gazé (spray au poivre) pendant sa détention dans les conteneurs.

Violence policière

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, environ 80 personnes étaient dans les conteneurs. Plusieurs personnes nous ont signalé qu’au cours de la journée du 3, la police pénétrait régulièrement (au moins toutes les heures) dans les conteneurs et utilisait du spray au poivre sur un grand nombre de personnes. Ils ont ensuite souffert de nausées et de problèmes respiratoires après plusieurs utilisations. Un homme a dû vomir plusieurs fois au cours de cette journée. Lorsqu’il est arrivé à notre niveau, il a eu de grandes difficultés à respirer et était incapable de parler. Nous avons dû l’emmener aux urgences.

Trois personnes nous ont dit avoir également été aspergées de gaz lors de leur libération. L’un d’entre eux a déclaré qu’il avait également été frappé par la police à ce moment-là.

Quelqu’un nous a signalé qu’à 13 heures, toujours le 03/11, 6 personnes avaient été libérées. Peu de temps après la libération, la police est revenue dans les conteneurs et a annoncé qu’une autre personne pourrait sortir. Un homme s’est rendu à la porte de sortie et quand il y est arrivé, il explique qu’il a reçu un coup de poing au visage, a été directement gazé et a reçu un coup de pieds à la hanche. Il est tombé au sol et s’est blessé 2 doigts que nous avons vus très gonflés, c’était aussi le cas de sa lèvre. Beaucoup de personnes étaient présentes à ce moment et ont confirmé l’histoire. (Voir photo)

Plusieurs personnes ont également parlé d’un autre incident: Au cours de la journée, nombre d’entre elles ont demandé de la nourriture à la police française parce qu’elles étaient détenues depuis de nombreuses heures déjà, mais on leur a répondu qu’il n’y en avait pas. Ces personnes ont cependant déclaré que certains policiers avaient jeté leurs restes de pommes et de biscuits de l’extérieur vers la cour intérieure des conteneurs.

Une personne nous a dit qu’elel avait demandé à la police française de me libérer car tous ses amis l’avaient déjà été. La demande a été refusée. Plus tard, il a essayé de sortir quand les personnes suivantes ont été relâchées, même s’il n’était pas autorisé à le faire. Il a ajouté que les policiers présents avaient remarqué la tentative et l’un d’entre eux lui avait donné un coup de coude au visage/nez. Il s’est ensuite fait insulter en se faisant libérer. Deux personnes de notre groupe ont vu cette personne sortir des conteneurs en se tenant le nez. Quand nous sommes allés lui demander ce qui s’était passé, il a juste dit qu’il avait été frappé au nez. La même personne aurait déjà demandé de la nourriture pendant sa détention et aurait reçu du gaz poivré au visage.

Lorsqu’une personne a été libérée des conteneurs, il a constaté que son chargeur et son argent n’étaient plus dans son sac et a tenté d’alerter la police. Il témoigne que le policier a utilisé un pistolet paralysant (taser à main) sur sa cuisse gauche et l’a exhorté à disparaître.

Juste après la rencontre avec cet homme, deux autres personnes ont expliqué qu’un policier français avait menacé d’utiliser son Taser déjà allumé contre eux quand ils lui avaient demandé de récupérer un récépissé de demande d’asile gardé par la police. L’un d’eux a été renvoyé en Italie alors qu’il est demandeur d’asile en France. Selon lui, la police française aurait volé son récépissé valable et sa carte d’assurance maladie italienne. Leur raison serait que des noms différents figurent sur les deux documents.

Quelqu’un est arrivé avec une petite tache de sang sur le nez. Il a déclaré qu’un policier l’avait frappé lors de sa libération.

Deux hommes ont indépendamment demandé à la police française de la nourriture pendant leur détention dans les conteneurs. Tous deux ont dit que la police a utilisé du spray au poivre contre eux et en ont frappé un à l’oreille. (Image)

Le 06/11, les 40 premières personnes qui sont venues nous voir dans la matinée ont été relâchées au même moment. Plusieurs femmes arrêtées la veille par la police française ont souligné que pendant la nuit, il n’y avait pas de séparation entre les sexes, toutes personnes étaient maintenues ensemble (femmes, hommes et enfants).

Une de ces femmes nous a raconté son expérience pendant sa détention dans les conteneurs. Nous avons enregistré son témoignage. Elle y disait qu’elle se rendait en France en train pour suivre un traitement. A 19 heures le 05/11. Elle a été arrêtée par la police française dans le train à Menton-Garavan.

Durant sa détention dans les conteneurs, elle a demandé de l’eau à la police. Ils ont répondu qu’elle devrait boire l’eau des toilettes. Elle nous a également dit que la police lui avait volé 500 € et sa carte médicale. Lorsqu’elle a demandé à récupérer ses biens, un policier lui a donné un coup de poing au visage.

Nous avons reçu plusieurs confirmations de témoins oculaires de ce fait, y compris une petite fille de 6 ans. Sa famille et elle-même ont dit qu’elle était très effrayée après avoir vu cela. La fillette et sa famille ont passé la nuit du 05 au 06 novembre dans des conteneurs et pendant la détention elle a eu de la fièvre. La famille a demandé une l’aide médicale, mais la police a répondu que c’était normal.

Une jeune femme de cette famille nous a également dit que lorsqu’elle était en détention, elle avait demandé à la police un médecin parce qu’elle avait un coude très douloureux (suspicion d’entreprise). Le médecin n’a pas été consulté et aucune autre aide n’a été fournie.

Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils dormaient à même le sol et que la police a fait fonctionner la climatisation pendant la nuit.

Une personne nous a dit qu’elle avait demandé de la nourriture à la police française pendant sa détention. Il aurait ensuite été frappé par un policier.

Plusieurs personnes cette semaine ont expliqué que la police les frappaient quand ils demandaient quoi que ce soit.

Une autre personne nous a dit qu’un policier français l’avait insulté après qu’il ait demandé de l’eau. C’était sa deuxième nuit en détention, la premiere il a reçu un coup de poing à l’oreille, comme indiqué ci-dessus.

Cet homme faisait partie d’un groupe de personnes arrêtées dans les montagnes dans la nuit du 5 au 6 novembre. Tandis que la police amenait cette personne dans le conteneur, il raconte avoir été frappé avec une matraque au niveau des genoux. (Voir l’image).

2 autres hommes voyageant avec lui nous ont raconté que la même chose leur était arrivée.

L’un d’eux a déclaré avoir également été giflé à plusieurs reprises aux deux oreilles par un policier portant des gants renforcés. Lorsque cette personne est entrée en contact avec nous, il ne pouvait plus bien entendre d’une oreille.

L’autre a déclaré avoir été frappée par un des policiers français sur l’un de ses tibias. Nous avons enregistré son témoignage.

Un 4ème homme a été blessé sur l’arcade sourcillère gauche, il n’était pas clair s’il s’agissait d’un coup de poing ou d’un coup de tête. (Voir photo)

Toujours le 6, les 40 premières personnes libérées ont presque toutes déclaré avoir été gazées. 28 autres cas ont été rapportés au cours de la semaine.

Le 7, un homme a expliqué que lors de son arrestation, l’un de ses poignets était attaché à celui d’un jeune homme de 17 ans par des câbles en plastique. Comme ils étaient trop serrés, il a demandé à la police française si elle pouvait les relâcher un peu. En réponse, ils l’ont giflé et lui ont donné un coup de pied au tibia.

Nous avons rencontré une femme enceinte avec un gros bleu au front. Elle a déclaré avoir été battue par un policier français.

Une autre personne nous a dit que la police française avait volé le reçu prouvant le renouvellement de ses documents italiens.

Nous avons entendu parler de trois cas dans lesquelles la police a gardé des personnes entre 21 et 22 heures dans des conteneurs. Beaucoup plus entre 10 et 16 heures.

Kesha Niya

 

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Hello folk’s, this is our weekly border report from the 27.10.- 02.11. It’s in French and English. Next one is following soon.

Cette semaine (27-10 – 02-11), nous avons rencontré 565 personnes à la frontière franco-italienne, à Grimaldi Inferiore, qui ont été arrêtées par la police française puis refoulées en Italie. Encore une fois, le nombre le plus élevé a été dépassé depuis le début de la collecte de données. De plus, nous savons que 6 autres personnes ont été refoulees, mais ne sont pas entrées en contact directement avec nous. Ces 6 personnes se sont rendues à Vintimille en bus, avec la Croix-Rouge ou la police italienne. Donc, au moins 571 personnes ont été refoulées.

Les chiffres susmentionnés (565/571) comprennent 14 mineurs non accompagnés, 18 femmes (une enceinte), 5 enfants et un mineur non accompagné, que la police italienne, sans notre intervention, a ramenés en France.

Mineurs

Parmi les 14 mineurs rencontrés cette semaine, ces 4 cas se distinguent plus particulièrement.

Un adolescent de 14 ans a été enregistré par la police française en tant qu’adulte âgé de 40 ans (1979 avec refus d’entrée) et la police italienne l’a apparemment enregistré avec 4 empreintes digitales comme ayant 40 ans. Nous sommes retournés voir la police italienne avec le jeune homme de 14 ans et leur avons demandé comment cette erreur d’enregistrement évidente pouvait se produire. La policière présente a déclaré qu’elle ne pouvait rien faire à ce sujet et que, pour le moment, il n’y avait aucune connection avec la base de données de l’État. Il faut se demander si c’était vraiment le cas, car les empreintes digitales avaient été prises juste avant et cela n’est possible que si l’accès à la base de données est disponible et si le système d’enregistrement est fonctionnel. En outre, il est souvent arrivé par le passé que, lorsque nous sommes retournés avec des mineurs à la police italienne, le système d’enregistrement ne fonctionne pas comme par hasard.

Le lendemain, le même adolescent a de nouveau été repoussé par la France, mais cette fois, il avait 19 an et plus 40 sur le papier français.

Un jeune homme de 16 ans, enregistré en Italie comme ayant 20 ans, était en possession de tous ses documents officiels de Côte d’Ivoire confirmant qu’il avait 16 ans, mais ne les a pas montrés à la police car il avait peur de se les faire voler.

On nous a parlé de deux cas de violence contre des mineurs.

Le 2 novembre, un jeune âgé de 17 ans aurait été frappé au nez par la police française. Il a dit qu’il avait 20 ans parce qu’il ne voulait pas être séparé de ses amis. La police française aurait également utilisé du spray au poivre lors de sa libération. (Voir l’image)

La violence

Ce jour-là (2 novembre 2011), nous avons été informés d’au moins 24 cas dans lesquels la police française avait utilisé du spray au poivre sur des personnes lors de leur libération. L’une de ces personnes, après en avoir recu au visage, a perdu conscience, est tombée au sol et s’est blessé au genou. Ses amis ont rapporté que la police française lui avait donné des coups de pied alors qu’il gisait inconscient sur le sol.

Au cours de cette semaine, nous avons entendu parler de 17 autres situations dans lesquelles des policiers français ont pulvérisé du gaz au poivre lors de libérations des algecos.

Un homme nous a expliqué qu’à 21 heures, le soir du 27 octobre, il était près d’un tunnel sur l’A8, dans les montagnes au-dessus de Menton. Il était sur un chemin qui mène à Menton et a réussi à se rapprocher d’une propriété privée. L’instant suivant, il entendit quelqu’un crier « Stop ». Il se retourna et courut vers l’Italie. Il raconte avoir alors entendu des coups de feu. Il a pu rentrer en Italie sans être arrêté. Avant tout cela, cette personne a vu un groupe de 5 personnes qui ont également tenté de franchir la frontière à pied. Ce groupe a été arrêté dans les montagnes par l’armée française et nous a rencontré le lendemain, confirmant que des coups de feu avaient été tirés à 21 heures.

Deux personnes auraient été frappées par des policiers français après avoir été arrêtées dans les toilettes d’un train.

Un homme a déclaré qu’il avait été frappé par cinq policiers français sur la voie 1 à la gare de Menton-Garavan à 18h12 le 31 octobre, jour de son arrestation. Il se souvient des auteurs, mais comme il s’est protégé la tête avec les mains lors de l’attaque, il n’a pas pu nous donner plus de détails.

Un policier français a demandé à des personnes détenues de lui donner des documents par la porte. Un homme a fait passer les siens à travers la porte et a signalé qu’à ce moment-là le policier lui avait claqué la porte sur mes doigts. Il était blessé quand nous l’avons rencontré.

Un activiste marocain des droits de l’homme a également été arrêté par la police française et placé dans les algecos. Pendant sa détention, il a fait une vidéo avec son téléphone portable, qui est en notre possession. Dans cette vidéo, diverses violations des droits et comportements qiestinnables de la police française ont été enregistrés. L’homme a demandé aux policiers français de demander l’asile politique et en retour ils se moquaient de lui. Une personne est allongée inconsciente sur le sol. Cela s’est produit après que la police ait utilisé du gaz au poivre contre les personnes privées de liberté. Nous pouvons également voir un homme qui demande de la nourriture et la police qui répond qu’il n’y en a pas. La mauvaise situation d’hygiène dans les conteneurs est également claire dans cette vidéo, nous pouvons voir les toilettes couler sur le sol. Le militant des droits de l’homme nous a dit que son ami et lui avaient dû signer le refus d’entrée qui leur appartenait avant que celui-ci ne soit rempli par la police française. Il a également signalé que, ce jour-là (29/ 10), la police est entrée dans les conteneurs à 13 heures et a utilisé du spray au poivre sur plusieurs personnes. Sur une autre vidéo qu’il a faite, on peut voir un autre homme inconscient en train d’être emmené hors des conteneurs par la police et d’autres personnes détenues à ce moment-là.

Deux personnes nous ont informé que la police française leur avait refusé l’aide médicale alors qu’elles avaient en leur possession des documents médicaux officiels et qu’elles les avaient montrées à la police. Dans le premier cas, il s’agissait d’une personne atteinte d’une maladie pulmonaire, confirmée par un médecin allemand de Cologne. La personne concernée a demandé de l’eau et des médicaments à la police. Ils ont d’après elle refusé les deux demandes.

Le deuxième cas était une personne souffrant de problèmes dentaires, confirmée par un médecin espagnol. La demande de soins médicaux qu’il a faite a également été refusée.

Dans un autre cas, un policier français a frappé un homme venant Mali. Il nous a également dit que ce policier avait volé sa carte bancaire par la suite.

Une personne nous a raconté qu’un policier français avait volé son récépissé expiré de demande d’asile en france.

Nous savons que 10 personnes ont été privées de liberté entre 12 et 23 heures par la police française. Nous pouvons supposer que le nombre de cas non signalés est beaucoup plus élevé, car des personnes sont détenues toute la nuit tous les jours et certaines d’entre elles ne sont pas parmi les premières à être libérées. Elles font souvent même partie des dernières à sortir.

Kesha niya

Et à ce lien, une vidéo prise clandestinement dévoilant les conditions
d’enfermement des exilés dans les locaux de la PAF à Menton :
https://www.humanite.fr/videos/police-aux-frontieres-menton-les-images-de-la-honte-680650?fbclid=IwAR1SMKE90EGHtwX0bp3-CYmvmCQuv9oG7L3HCgLhJgiXmotb3KOAEDx3j3I

LES CHAUFFEURS PARLENT ET RESALP SE TAIT…

La compagnie francaise Resalp gère plusieurs lignes de bus, dont l’une fait la liaison entre l’Italie et la France. Chaque jour, la ligne Oulx-Briancon permet aux passagers qui ne peuvent pas passer la frontière « légalement » de faire un bout de chemin.

Ainsi, ils descendent à Clavière, à quelques mètres de la PAF (police aux frontières) avant de rejoindre la France par les montagnes. C’est là que commence la chasse à l’homme, jours et nuits les flics traquent celleux qui n’ont pas les bons papiers.

Au poste de frontière, certains chauffeurs rapportent aux flics de la PAF le nombre de personnes descendues à Clavière, les informant par là meme du nombre de personnes à pourchasser. Cette conversation qui peut sembler anodine est en fait une quasi assurance de leur arrestation quelques heures plus tard dans la montagne.
Comment appeler ca autrement que de la délation ?

Tout ca sans parler des comportements humiliants et discriminatoires de quelques chauffeurs qui interdisent meme parfois aux personnes noires de monter dans le bus. Ces pratiques sont racistes, et pour ce que ca vaut, illégales.

La ligne Oulx-Briancon étant un passage obligé pour le franchissement de cette frontière, les chauffeurs qui y travaillent deviennent alors des indics parfaits pour la police. Se mélangent la responsabilité individuelle du chauffeur et celle de l’entreprise: les chauffeurs ne sont pas tenus de livrer des informations sur les passagers à la police, et l’entreprise doit garantir que ce passage d’infos n’aie pas lieu.

Tant que Resalp ne délivrera aucun message clair a ses salariées sur la position à adopter, la compagnie continuera de fait à collaborer et restera une extension du controle policier.

Passager/ère: ouvre l’oeil et ne sois pas complice !
Chauffeur/euse: ne parle pas à la police!

STOP A LA DELATION ET A LA COLLABORATION !

 

GLI AUTISTI PARLANO… E RESALP TACE. Su come gli autobus diventano strumenti repressivi

Compte rendu du procès du Cesaï à la cour d’appel de Grenoble

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du CESAÏ

Les dés sont lancés

Nous étions une quarantaine du CESAI à avoir fait le déplacement le 28 octobre dernier. Peu importe le temps que nous mettrions à poireauter devant le tribunal, il n’était pas concevable pour nous de ne pas être présent.e .s !!

C’est dans la salle 13 du palais de justice que se jouait l’avenir de plus de 6O habitant.e.s du Centre Social Autogéré de l’Imprimerie.

Ces derniers mois le maire de Gap a redoublé d’énergie afin de nous discréditer et de nous mettre la pression par tout les moyens, alternant recours juridiques, faux rapports de pompiers et communiqué de presse dégueulasse.

En vain. Toute cette agitation n’a fait que renforcer nos liens et notre motivation à nous battre.

Selon les dires des avocats de la ville et de l’EPFR, Roger Didier n’en dormirait plus la nuit.

L’affaire du CESAI l’affecterait tellement qu’il s’en cognerait la tête contre les murs. Serait est ce de la culpabilité ???

Dans la salle, c’était l’usine. Des affaires n’ayant rien à voir les unes avec les autres se succedaient à grande vitesse. Les magistrates n’accordaient que dix minutes à chaque avocat pour plaider. On se demande bien comment c’est possible de se faire une idée réaliste d’une situation un tant soit peu complexe en si peu de temps. Voire même comment rester concentré.e pendant 7h, en écoutant un flot de gens qui se contredisent sur les sujets les plus divers tout en parlant le plus vite possible…

Mais passons.

Il semblerait que la mairie tente de se rabibocher avec l’EPF, car iels les ont rejoint à la barre pour associer leurs plaidoiries sur les points suivants : ils sont rentrés par voie de fait, ils se mettent en danger en se mettant à l’abri et on va leur sauver la vie en les mettant dehors, le carré de l’imprimerie et ses 24 millions, et c’est pas notre responsabilité de loger les gens mais celle de l’état.

Ce dernier point est assez drôle si l’on se rappelle que Roger est passé sur Fr3 et sur Alpes 1 il y a deux ans pour annoncer qu’il s’opposait à la création, à l’initiative de l’état, de 80 places (soit à peu près la population du Césaï) pour mineurs isolés et demandeurs d’asile à Gap alors même qu’à cette époque il était en procédure pour expulser la maison Cézanne !

Délibéré le 10 décembre.

Une chose est sûre : la justice sociale ne s’obtiendra jamais dans un palais de justice…

Quoi qu’il en soit, nous expulser ne nous effacera pas du paysage, nous continuerons à lutter.

Si Roger veut retrouver l’esprit tranquille, il n’a qu’une chose à faire : nous octroyer un lieu légal d’accueil et d’hébergement. Aux normes ERP si ça lui chante.

Nous remercions toutes les personnes, associations, collectifs qui nous ont soutenu et nous vous donnons rendez-vous à toutes et tous le 10 Décembre à 20h pour une auberge Espagnole ainsi que pour le verdict au CESAI.

 

CESAI COEUR DE VILLE FOR LIFE !!!!

Communiqué du collectif des travailleurs sociaux du 05

Nous, travailleurs du social et du médico-social des Hautes Alpes dénonçons la marchandisation du travail social :

  • réduction des budgets de l’action sociale
  • techniques de management basées sur le contrôle au détriment de l’humain
  • informatisation accrue qui nous éloigne de notre cœur de métier : la relation.

Ces réalités sont enrobées dans des discours lénifiants comme « la solidarité en action », « l’usager au coeur du dispositif » ou dans des termes vidés de sens comme « inclusion » ou « bonnes pratiques ».

La mutualisation des moyens et l’uniformisation des pratiques sont des leitmotivs de nos employeurs et de nos financeurs respectifs, qui cachent en réalité des coupes budgetaires drastiques.

L’informatisation complexe de toutes les démarches administratives éloignent les plus fragiles de l’accès à leur droits.

Les personnes sont rendues responsables et coupables de leurs situations, ainsi les politiques trouvent un prétexte pour se désengager de leurs responsabilités.

Partant de ces constats nous nous sommes constitués en collectif pour :
– échanger
– diffuser nos constats
– décloisonner, penser collectif
– penser nos interventions et nos métiers
– défendre les droits des usagers
– se mobiliser

Travailleuses et travailleurs sociaux et médico-sociaux, rejoignez-nous en envoyant un mail à cette adresse : collectiftravailleursociaux05@lists.riseup.net

Nous nous retrouvons un lundi par mois à 18h à Gap

Le collectif des travailleurs sociaux 05

Chronique d’une justice ordinaire…

20 juin, tribunal de Digne (04) une banderole s’élève :

«  ISOLEMENT CARCERAL = TORTURE

MEDECINS MUETS = COMPLICES

FEU AUX PRISONS »

Ces mots sont ceux que portait Christine et le soutien présent, elle est accusée d’harcèlement téléphonique par le médecin en charge de Fabrice Boromée (voir l’article à ce sujet)

En effet, incarcéré depuis 2011 en métropole (depuis 2010 en Guadeloupe) alors qu’il n’y été rentré initialement que pour 8 ans.

Privé des droits les plus humains comme notamment l’accès aux soins Fabrice perd l’usage d’une oreille suite à un « blocage » dans une douche : il refuse de sortir, pour revendiquer son transfert vers la Guadeloupe, son île natale où il a famille et amis. Les matons l’en sortiront de force en envoyant une grenade assourdissante…

Jamais écoutés dans leurs demandes polies et administratives, les prisonniers ont recours parfois à d’autres moyens pour se faire entendre.

Ce fut le cas de Fabrice qui du mettre en place des prises d’otage et blocages, ce qui a entraîné des conditions de détentions de plus en plus drastiques, des problèmes de santé graves et des peines à rallonge (il lui reste 30 ans à tirer).

A l’isolement, la visite médicale de Fabrice se résume à un « Ça va » machinal.

C’est dans ce contexte que Christine prend la décision d’appeler le service médical du centre de détention. Sans réponse, elle insiste, elle est orientée sur d’autres services, ils la baladent, lui donnent des rendez-vous qu’ils n’honorent pas.

Elle insiste, le secrétariat lui raccroche au nez systématiquement, elle insistera jusqu’à 126 fois en 1h et demie…

Quelques semaines plus tard un ami prend le relais et elle peut enfin dire au médecin ce qu’elle pense de sa lâcheté.

Petit à petit, les visites redeviennent correctes et Fabrice voit même un ORL qui lui confirme sa surdité (séquelles de la grenade dans la douche).

Mais depuis juin 2019 Fabrice a été envoyé à la maison centrale de Mendin le Veil (Nord pas de Calais) les visites médicales redeviennent ce qu’elles étaient : inutiles.

Or depuis Fabrice a contracté un ulcère et ses jours sont comptés.

Christine comparaissait aussi pour avoir soit disant casser le doigt à un flic lors d’une GAV, pendant sa détention à Roanne. Les keufs ne voulant ni la laisser pisser ni la sortir alors qu’ils disaient que les 48 heures légales étaient passées.

Elle refuse, en toute logique, de se faire ramener en cellule. C’est avec quelques coups de poing au visage qu’elle y fut traînée.

Quand, trois ans plus tard elle est informée de la plainte des policiers, elle rappelle qu’elle a, elle aussi, déposée plainte à l’issue de cette GAV. Évidement sans suite…

Les cas de Christine et Fabrice ne sont pas isolés.

Face à une justice de classe soutenue par une presse bourgeoise, il est nécessaire de ne pas se laisser intimider. Les juges, procs etc, ne sont que des personnes, au même titre que celles appelées derrière la barre. Quelques exemples pour contrer l’intimidation :

– Se pointer à un jugement avec un T-shirt «  la prison tue » « crève la taule »

– Tendre une ou plusieurs banderoles et distribuer des tracts

– Avoir des soutiens qui applaudissent ou huent les situations, à l’intérieur de la salle

– Couper la parole du juge ou de la juge si ses propos sont inexacts ou humiliants

– Parler fort

– Reprendre la parole après l’avocat.e. Même si il/elle est sincère politiquement, ça reste un rouage de la machine à condamner. C’est à nous d’assumer aussi nos revendications.

– Rentrer dans le lard d’un proc qui ose dire «  DÉSOLÉ, mais je réclame 4 mois d’emprisonnement ferme »

– si nécessaire, tenter d’instrumentaliser la presse bourgeoise pour que les potes à l’intérieur aient vent de nos actions

– surtout surtout… être en bande et s’amuser

Le CESAÏ a besoin de coups de main et d’argent !

Le CESAI, bâtiment occupé depuis octobre 2018 en plein centre-ville de Gap accueille une 60aine de sans abris de tous pays.

Les frais du quotidien sont minimisés grâce à la récupération d’invendus notamment.
Néanmoins, les dépenses minimales frôlent les 500€ /mois pour le gaz, les bases alimentaires, voire quelques travaux de rénovation.

En plus de COUPS DE MAINS (tout le monde est la bienvenue !), ce lieu indépendant a besoin de SOUTIEN FINANCIER.
On a donc mis en place un pot commun sur la toile pour couvrir ces dépenses mensuelles:
https://www.lepotcommun.fr/pot/t9rafseh

On compte sur vous tou.tes ! Parlez-en !
Une idée: donner peu mais régulièrement.

Merci à vous !

Pour plus d’informations : https://cesai.noblogs.org/

ALERTE pour les Solidaires des exilé-e-s : Risques d’arrestations et perquisitions dans les prochains jours

Des infos circulent en Haute-Durance sur des risques d’arrestations et de perquisitions de personnes solidaires des exilé-e-s dans les prochains jours, méfiez-vous et préparez-vous ! Voir notamment les conseils ci-dessous en cas d’arrestation ou de convocation

Cette information concerne les bénévoles, militants, maraudeurs, solidaires, actifs autour de la frontière franco-italienne.

D’après des informations fiables, le procureur de Gap Raphael Balland prévoit des ARRESTATIONS et PERQUISITIONS ciblées dans la Haute Durance ces prochains jours.

Pourquoi ?

Il y’a quelques jours de cela, deux maraudeurs sont interpellés à Montgenèvre sur le bord de la route. A bord du véhicule, ils ne sont que deux maraudeurs.
S’en suit une interpellation et le placement en garde à vue de l’un d’entre eux. Le second est relaché quelques heures après l’arrestation avec une convocation pour mardi prochain. Le lendemain, les gendarmes de la « Brigade Anti-Solidaire » de Briançon, le recontactent pour qu’il se présente dès à présent à la gendarmerie. Il refuse sur conseil de son avocat, en stipulant notamment qu’il est déjà convoqué mardi. Quand au premier maraudeur il est toujours en garde à vue à ce moment-là. Il y passera 48h et sera même gratifié d’une perquisition à son domicile. Les questions tourne essentiellement autour de Tous Migrants, de bande organisée, d’échanges de SMS entre solidaires…

La revanche d’un procureur humilié…

Ca se tire pour Balland. Bientôt fini les exactions dans les Hautes-Alpes, le voilà muté procureur à Béziers, chez Bébert le facho. Le départ est prévu pour cet automne, mais avant, Raphael Balland aurait envie de faire un coup d’éclat. Sa bande organisée, il y tient. Elle n’a pas tenu pour le procès des 3+4 de Briançon… humilié, il ne compte pas en rester là, et souhaite marquer véritablement son passage dans les Hautes-Alpes.
La brigade dite BAS a bossé tout l’hiver pour trouver les éléments capables de matérialiser « la bande organisée ».
Et puis bon, il faut bien justifier le salaire de ces 6 gendarmes, qui pour le moment n’ont pas obtenu de résultats des plus significatifs.

Alors, ATTENTION: Si vous avez des chaussures de marche, des cartes IGN, des jumelles, une voiture, un GPS, que vous connaissez Tous migrants, et que vous avez déjà été contrôlé aux abords d’un pic-nic solidaire… Vous êtes potentiellement de la BANDE ORGANISÉE.

 

Voilà quelques conseils sur quoi faire en cas d’arrestation ou de convocation

Mémorise le nom d’un-e avocat-e au courant de la lutte

En cas d’interpellation :
Ils nous embrouillent, embrouillons les !
Si tu es interpelé-e, alerte les personnes autour de toi pour qu’elles préviennent l’équipe légale.
Si tu es témoin d’une interpellation, appelle le numéro qui figure sur ce tract. Et donne : une description physique et vestimentaire de la personne arrêtée, ainsi que l’heure, les circonstances et le lieu de l’arrestation. Ne donne aucun nom au téléphone, ne donne aucune info sur les infractions commises (exemple : « mon ami était avec des migrants »). Si ça ne répond pas, laisse un message, avec les infos pour que l’on te rappelle plus tard. Puis n’oublies pas de rappeler pour signaler ta sortie de GAV, ou la sortie d’un-e de tes proches.

Soit tu es convoqué
Si tu reçois une convocation par la police ou la gendarmerie, tu dois t-y rendre obligatoirement.
Les convocations peuvent se faire par courrier ou par téléphone. Le lieu, la date et l’horaire de la convocation te sont précisés. Les auditions ont le plus souvent lieu au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie.
Cette obligation s’applique quel que soit le motif de la convocation.
Si tu te rend de toi-même à la convocation, tu peux quitter les lieux quand tu veux lors de votre audition.
Laissez votre téléphone à la maison …
Si tu ne te rends pas à cette convocation, tu peux y être contraint par la force. Cependant, la police ou la gendarmerie ne peut pas entrer dans ton domicile sans ton accord pour venir t’ arrêter. Si les policiers ou gendarmes ont ton accord, ils peuvent venir vous chercher à votre domicile de 6h à 21h. Dans ce cas, tu peux être retenu pendant 4 heures dans les locaux de la police ou de la gendarmerie.
Si tu es officiellement soupçonné d’avoir commis une infraction (dès la convocation ou lors de l’audition),
• soit tu es entendu sous le régime de l’audition libre et tu peux
quitter les locaux quand tu veux.

• Avant l’audition libre, tu dois être informé de tes droits à 2
reprises, sauf si tu n’as pas été convoqué.

Lors de la convocation…
La convocation écrite indique :
• les éléments caractéristiques de l’infraction pour laquelle tu es mis en cause,
• ton droit d’être assisté par un avocat au cours de ton audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison.
L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle,
• les modalités de désignation d’un avocat commis d’office,
• et les lieux où tu peux obtenir des conseils juridiques avant cette audition.

Avant l’audition…
Juste avant l’audition, tu dois à nouveau être informé de tes droits par les policiers ou gendarmes :
• droit de quitter les lieux à tout moment,
• droit de connaître la qualification, la date et le lieu présumés de l’infraction,
• droit de garder le silence lors de l’audition,
• droit à l’assistance d’un interprète si vous ne comprenez pas le français,
• droit d’être assisté par un avocat au cours de l’audition, uniquement si l’infraction concernée est punie par une peine de prison. L’avocat peut consulter les procès-verbaux d’audition dans les mêmes conditions que lors d’une garde à vue, c’est-à-dire dès son arrivée,
• droit de bénéficier de conseils juridiques dans une structure d’accès au droit.
• soit tu es placé en garde à vue, qui est une mesure de privation de liberté.
• ta garde-à-vue (GAV) te sera signalée la première heure de ton arrestation. Elle peut durer 24 heures, puis être renouvelée une fois pour 24 heures de plus (sauf certains cas comme terrorisme ou bande organisée, où elle peut durer jusqu’à 144 heures). Dès que ta GAV t’est signalée, tu as le droit de voir un médecin (même si tu n’as pas de médocs à prendre, même si tu n’as pas reçu de coups pendant l’arrestation). Tu peux aussi demander à appeler un proche mais c’est la police qui le fera. Un avocat avec lequel tu auras un entretien peut, à ta demande, être présent pendant les auditions de ta GAV. Si tu n’en connais pas, tu en auras un commis d’office. Si vous êtes plusieurs au poste, laisse les avocats proches pour celles-ceux qui risquent le plus pénalement. L’avocat n’est pas forcément ton complice, tu n’es en rien obligé-e de tout lui raconter, ni de lui faire entièrement confiance.
C’est toi qui choisis ta stratégie de défense et qui définis ton attitude vis à vis de la police.

Stratégies de résistance et de non coopération : Pour ralentir le travail de la police, certain-e-s ne déclarent rien et refusent de décliner leur état civil. D’autres ne déclarent que le strict minimum (nom, prénom, lieu et date de naissance). Garder le silence est un droit. Lors de l’interrogatoire, tu peux répondre « je n’ai rien à déclarer » (différent de « je ne sais rien », ce qui revient à déclarer quelque chose). Plus elles sont portées collectivement, plus ces attitudes de défense sont efficaces et faciles à tenir. Quelle que soit la stratégie, ne donne surtout aucune info sur les autres interpellé-e-s, ni sur l’action. On ne balance jamais quelqu’un-e d’autre, et quoi que puissent en dire les flics, en dire plus n’écourtera pas ta GAV et peut compliquer ta défense le jour du procès.
Tu peux refuser de signer les documents présentés par les flics (compte-rendu d’interrogatoires, PV de sortie de GAV,…). Signer c’est reconnaître que tout s’est bien passé et s’empêcher de revenir sur les trucs dis ou subis pendant la GAV. Tu peux refuser les photos d’identité, les prises d’empreintes digitales, le fichage ADN et de donner tes codes de téléphone et d’ ordinnateur. Si ces refus constituent des délits en soi, refuser le fichage est une position politique.
En cas de comparution immédiate : A l’issu de la GAV, tu peux être emmené-e au tribunal où tu peux refuser d’être jugé-e une fois à la barre. Ce qui augmente le risque de contrôle judiciaire, voire de détention préventive. Cependant, les peines sont généralement plus lourdes en comparution immédiate. Refuser d’être jugé-e en comparution immédiate te permet de gagner du temps pour préparer ta défense. Si tu peux justifier d’un emploi et d’un logement, tu as moins de chance d’être placé-e en détention préventive.

Violence cachée dans les Balkans…

Un nouvel article de nos ami-e-s de Cevennes sans frontières

Les cas de violences policières à l’encontre des personnes qui tentent de franchir la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie à Velika Kladuša sont quasi-quotidiennes. Les témoignages rapportés par les collectifs et bénévoles solidaires présents sur place font état de dizaines de cas de personnes qui après leur tentative de passage reviennent avec les bras et les jambes cassés, des contusions où d’autres blessures. Ils décrivent tous les mêmes histoires encore et encore… Le mois dernier, Youssef est décédé dans la ville frontalière. Son histoire montre qu’outre la solitude, il y a de surcroît une perpétuelle « violence cachée » aux frontières de l’Union européenne. Une violence souvent invisibilisée, mais pourtant aussi mortelle qu’en mer. Nous proposons la traduction d’un témoignage paru initialement en anglais sur le site Izbjegličke priče, et consultable ici : https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/post/2019/06/05/violence-cachee-dans-les-balkans/


					

Des Gilets Jaunes des Hautes-Alpes emprisonné.e.s à Montpellier

Quelques articles repris de-ci, de là nous permettent d’en savoir plus.

Liberté pour tou.te.s !

 

 

Le Daubé le 13/06/2019

Deux gilets jaunes haut-alpins écroués dans l’Hérault

Un appel aux dons a été lancé sur les réseaux sociaux après que deux Haut-Alpins, dont l’une est fer de lance des gilets jaunes à Gap, ont été placés en détention pour purger une peine de trois mois de prison ferme.

https://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2019/06/13/deux-gilets-jaunes-haut-alpins-ecroues-dans-l-herault-apres-l-acte-xxx

 

 

Le Poing le 12/06/2019

Montpellier : la juge Boussaguet surpasse le procureur et envoie 4 gilets jaunes en prison

Après les brutalités policières, l’arbitraire judiciaire. Le tribunal de grande instance de Montpellier a fait preuve ce mardi d’une extrême sévérité à l’égard des six gilets jaunes présentés en comparution immédiate. Malgré des accusations bancales, quatre d’entre eux sont partis en prison à l’issue de l’audience, un autre a pris du sursis et un autre a été libéré sous contrôle judiciaire. La juge Geneviève Boussaguet a été au-delà des réquisitions du procureur et ne s’est pas vraiment intéressé au droit. Le Poing fait le point.

Des prévenus maltraités et sévèrement condamnés

Conformément aux consignes du gouvernement, les policiers sont allés au contact samedi dernier à Montpellier lors de l’acte 30 des gilets jaunes. De nombreux manifestants ont été blessés, et les autorités parlent de dix-neuf personnes interpellées et placées en garde à vue. Six personnes auraient été relâchées de la garde à vue, et treize autres auraient été déférées lundi pour passer devant le juge des libertés et de la détention.
Sur ces treize, sept ont été libérées lundi avec des contrôles judiciaires stricts, comprenant notamment des interdictions de paraître à Montpellier, et des convocations ultérieures au tribunal pour des procès qui auront lieu cet été. Parmi eux figurent Dylan, éborgné le 1er mai à Montpellier par une grenade de désencerclement, et Casti, éborgné par un lanceur de balles de défense en 2012. Parmi ces sept personnes, certaines présentaient des marques de blessures causées par les policiers lors de l’interpellation : l’un boitait, un autre avait un œil au beurre noir, et un autre, qui n’a pas pu prendre ses médicaments lors de sa garde à vue, souffrait d’une contusion à l’épaule.
Six autres ont été placés en détention provisoire et sont passés mardi en comparution immédiate. Après deux jours de garde à vue et une nuit en détention provisoire, ils avaient tous l’air exténués et une gilet jaune, violentée lors de son interpellation, est arrivée en béquille et ne parvenait pas à se lever pendant l’audience. Ces stigmates n’ont visiblement pas ému la juge Boussaguet, qui a prononcé deux condamnations à trois mois de prison ferme avec mandat de dépôt plus trois mois de sursis et une condamnation à huit mois de prison avec sursis pour les trois qui n’ont pas demandé de délai lors de l’audience, et deux détentions préventives et une libération sous contrôle judiciaire pour les trois autres qui ont réclamé un report (les procès se tiendront cet été). Ces peines sont supérieures à celles requises par le procureur Tixier, qui avait réclamé un mandat de dépôt, et non quatre. On notera d’ailleurs que pour l’une des deux personnes envoyées en détention provisoire, le procureur avait requis, en vain, une libération sous contrôle judiciaire pour « des raisons de santé ».

Le Pressoir le 11/06/2019

Gilets Jaunes interpellé·e·s à Montpellier lors de l’Acte 30 : 4 détentions provisoire et 7 libération sous contrôle judiciaire

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.

Lu sur la page facebook de l’assemblée générale de Montpellier contre les violences d’état – commission juridique gilets Jaunes de Montpellier.

Ce samedi 8 juin à Montpellier, lors de l’acte 30 des gilets jaunes, une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont Dylan, éborgné par la police le 13 mai dernier, et Casti, éborgné par la police en 2012. Certaines personnes ont été libérées du commissariat (avec ou sans convocation ultérieure au tribunal, nous ne le savons pas), et d’autres ont été déférées ce lundi 10 juin au tribunal de grande instance (TGI) de Montpellier pour passer devant le Juge des Libertés et de la Détention, qui en a placé quatre en détention provisoire en attendant les procès en comparution immédiate qui auront lieu ce mardi 11 juin à 14h au TGI. Nous appelons à cette occasion à se rassembler ce mardi à 13h30 devant les grilles du TGI (place Pierre Flotte) pour soutenir les prévenus.

Le détail :

  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet au TGI pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 15 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une libérée sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 22 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraitre sur Montpellier, de détenir une arme et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 5 août à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (interdiction de paraître sur Montpellier et pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 19 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de tentative de “feu de poubelle”.
  • Un libéré sous contrôle judiciaire (pointage hebdomadaire au commissariat) en attendant son procès le 29 juillet à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un attroupement en vue de commettre des violences et des dégradations.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique.
  • Une placée en détention provisoire à Nîmes en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier pour des accusations de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et participation à un groupement en vue de commettre des violences et des dégradations.

 

  • Un placé en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone en attendant son procès en comparution immédiate ce mardi 11 juin à 14h au TGI de Montpellier.

https://lepressoir-info.org/spip.php?article1490