22 juin à la Roche de Rame – Grand appel d’air en soutien aux exilés, maraudeurs, coupables de solidarité…

Grande journée de soutien aux exilés, aux maraudeurs, aux coupables de solidarité… organisée par le comité de soutien aux 3+4+3+… de Briançon.

Concerts, films, discussions, village associatif, restauration et buvette… à partir de 10h au parc du chateau de la Roche de Rame et jusqu’à tard dans la nuit !

Prix libre de soutien

Programme, affiche et plus d’infos sur https://www.relaxepourles3plus4.fr/

De répressions en répressions, quand l’État joue avec les solidaires et la vie des exilés…

Le début de l’année 2019 a vu la lutte contre l’immigration franchir un cap d’hostilité et l’étau enserrant les demandeurs d’asile entre le déni de droits et la clandestinité ne laisse à ceux-ci que de maigres perspectives d’entrevoir un avenir plus clément. Alliant tour à tour répression policière et verrouillage législatif, le gouvernement persiste dans une politique irresponsable où la vie d’hommes et de femmes n’a que peu de valeur à ses yeux. Les services de l’État se défaussent toujours plus éhontément de leurs prérogatives en faisant reposer le poids de leurs propres carences sur le dos des solidaires, sans qui la situation serait clairement catastrophique et plus difficilement acceptable. Pourtant, dans ce qui peut relever à première vue d’une attitude schizophrénique déconcertante où le travail des bénévoles permet de perpétrer cette politique supplétive tout en étant pour le moins dénigré – quand ce n’est criminalisé, nous voyons là une volonté de faire taire toute contestation par l’épuisement ou la répression.

Lire la suite sur https://cevennessansfrontieres.noblogs.org

À la frontière comme ailleurs, luttons contre les politiques migratoires

Appel à manifester le samedi 20 avril à 11h au Col de Montgenèvre et dans toutes les villes!

(italiano english down)

Les frontières n’assurent pas la sécurité des territoires, mais celle des puissances financières qui possèdent la quasi-totalité des richesses du monde. Ce mécanisme d’identification, de tri et d’exclusion, au service des intérêts économiques des Etats et de l’industrie de la sécurité, définit toute une population de personnes sans droits, invisibilisées, et exploitables.

La frontière est partout y compris dans les espaces du quotidien. Elle ne se résume pas seulement à une chaîne de montagne qui sépare deux espaces ni à une clôture de barbelée.
La frontière est dans les administrations qui délivrent des titres de séjour ou des obligations de quitter le territoire. Elle dépend du statut social : les riches peuvent s’expatrier, les pauvres n’ont d’autre choix que de « migrer ». Elle dépend de la couleur de peau car si tu n’es pas blanc, les contrôles sont systématiques.
Un avion, un quai de gare, un aéroport, un trajet en bus sont pour certains synonyme de voyage. Pour d’autres ils signifient rafle, déportation, camp de concentration. Un hôtel Ibis, une station de ski, des lieux de vacances pour certains, d’emprisonnement ou de chasses à l’homme pour d’autres.

Lutter contre les politiques migratoires revient à dénoncer la stratégie impérialiste des Etats occidentaux qui maintiennent des systèmes corrompus, alimentent des guerres, soutiennent des dictateurs et poussent ainsi des milliers de personnes à l’exil. Ces mêmes Etats stigmatisent et criminalisent ensuite les personnes qui entrent sur leur territoire, cherchant à les réduire à de la main d’oeuvre bon marché et corvéable à merci.

La frontière est partout, dans les gares, sur les chemins, dans les trains, les centres de rétention, au sein des institutions… alors organise ta manif dans ta ville ou rejoins-nous sur le col de Montgenèvre le 20 avril à 11h.

Locandina 1204 fra

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Résistons ensemble N°181

Voici en pdf, le No 181 du 31 mars 2019, du petit journal mobile recto-verso A4
« RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques …

L’équipe de rédaction

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« Nous ne sommes pas des terroristes, mais le peuple en difficulté ! »

Mutilations, prisons fermes, et maintenant la menace létale…

Répression dans l’éducation

chronique de l’arbitraire

-Région lyonnaise : Vérité et Justice pour Adam et Fatih et pour toutes les victimes de la police
-Pour Adama, pour Wissam la bataille en justice des expertises médicales
-Techniques de pointe pour un flicage généralisé
-« Comme on a pas de papiers on a pas de droits mais on est des êtres humains comme tous »
-Agressions contre les Rroms

Turin (Italie): bref retour sur la manif du 30 mars 2019

Repris de squat.net

Contre les frontières et les expulsions, pour la liberté de toutes les personnes inculpées, condamnées et enfermées suite aux opérations répressives de février en Italie, une manifestation a eu lieu à Turin le samedi 30 mars 2019. Depuis début février, des actions de solidarité ont eu lieu partout en Italie, et ailleurs. Plusieurs d’entre elles sont évoquées dans différents articles trouvables ici sur Squat!net. Voir aussi les sites Sans Attendre Demain et Attaque pour encore plus d’infos.

 

« Résistons ensemble » contre les violences policières et sécuritaires N°180

Voici en pdf, le No 180 du 26 février 2019, du petit journal mobile recto-verso A4  « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal  vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,  propositions, critiques …
à bientôt.
L’équipe de rédaction

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> Grâce aux Gilets jaunes, le « roi est nu »

> « Blanquer LBD de l’éducation »

> Contrôler les gestes et la parole

> chronique de l’arbitraire
Marche de solidarité avec Sébastien Maillet
La police tue par balle dans le nord de la France
La fin des fables médicales ?
Qui nous protège de la police ?

– A G I R
Contre le racisme d’État et les violences policières
Manif contre les centres de rétention

[MàJ du 12/03/2019] Brochure sur l’opération étincelle et Manifestation contre les frontièresle 30 Mars à Turin

COMME UNE ÉTINCELLE AU TRAVERS DE LA GORGE

Compil de textes traduits de l’italien sur les deux opérations répressives à Turin, Trento, Rovereto en début de l’année 2019.

L’ASILO NON SI TOCCA

opération “scintilla”

Jeudi 7 février 2019, l’Asilo occupato à Turin est expulsé après 24 ans d’occupation.
La police a fait son entrée en force dans le bâtiment, au moins 600 flics qui ont débarqué de tout le nord de l’Italie. Les compagnon.nes ne se sont pas laissé.es surprendre: ielles ont réussi à monter sur le toit et résister pendant 30 heures avant de descendre. Assez vite un rassemblement solidaire est apparu en se déplaçant dans les rues du quartier pour faire face aux charges, contrôles et arrestations. La situation s’est tendue dans la soirée quand une manif sauvage d’environ 300 personnes est partie de la Radio blackout pour se diriger vers l’Asilo : affrontements, lacrymos et barricades enflammées dans un quartier complètement
militarisé.

La police a débarqué non seulement pour expulser l’Asilo mais aussi pour arrêter 7 compagnon.nes dont une toujours en cavale. Toutes seraient accusées “d’association subversive” (article de loi 270 du code pénal italien) et d’attaques (incendiaires ou explosives) contre des entreprises et institutions qui collaborent avec la machine à expulser et qui s’occupent de la gestion des CPR (Centri di Permanenza per il Rimpatrio, l’équivalent des CRA, centres de rétention administrative). Dans l’histoire récente de la répression italienne, l’article 270 a été utilisé plusieurs fois et particulièrement contre des anarchistes.
Les juges accusent les compagnon.nes d’avoir constitué une association dédiée à des pratiques illégales et violentes dans le but de subvertir l’ordre démocratique.
Dans la plupart des situations passées, le parquet n’a pas réussi lors des procès à soutenir cette thèse. Mais la gravité des chefs d’inculpations permet d’allonger la prison préventive jusqu’à 2 ans.
De plus les compagnon.nes sont soumis.es au régime de “Haute surveillance”, réservé aux inculpations liées au terrorisme. Cela signifie concrètement qu’ielles ne peuvent pas rencontrer de détenus dits de droit commun, que leur courrier est censuré (toutes les lettres reçues ou envoyées sont ouvertes et lues par les matons) et que les parloirs sont fortement limités. Une forme lourde d’isolement.
La solidarité a été de suite très forte. Et ce n’est pas un hasard. Pendant de nombreuses années, l’Asilo a été un des lieux repère dans le conflit en ville et une base de passage pour beaucoup de compagnon.nes d’Europe et d’ailleurs. C’est de là que s’est organisée la lutte contre les expulsions locatives, dans les quartiers de Barriera et Aurora, qui a fait trembler beaucoup de proprios. C’est de là aussi qu’on partait pour aller devant le CPR et soutenir les révoltes des détenu.es de différentes façons. L’Asilo était un lieu ressource pour celleux qui, dans ces quartiers, essayent de résister aux transformations du tissu urbain; toujours ces mêmes processus qui favorisent une petite partie de la population au détriment des autres.
C’est pour cela que le samedi 9 février 2019, nous étions plus d’un millier à manifester et à s’affronter pendant des heures contre la police, dans les rues d’un Turin complètement militarisé: militants-es, squatteurs-es, personnes rencontré-és dans la lutte contre les
expulsions locatives et les CPR, habitant-es du quartier qui voient leur possibilité de survie chaque jour plus réduite face à la gentrification. Une manifestation enragée. Et elle n’aurait pas pu être autrement. Entre vitres et voitures brisées, institutions communales détruites, autobus assaillis et affrontements directs contre la police, il y avait toute une partie de cette ville qui ne baisse pas la tête, qui n’en peut plus de la maire et du climat politique nationale.
Le bilan est d’une dizaine de flics blessés et de 11 compagnon.nes arrété.es vers la fin de la manif.
Le lendemain, 10 février 2019, le cortège annuel contre la commémoration fasciste de “le foibe”, dans le quartier des Vallette, se finit devant la prison pour un parloir sauvage chaleureux. Dans le bâtiment pénitencier un hangar qui sert d’atelier prend feu. Aucun
blessé et beaucoup de dégats!

Ce n’est que le début.
Face à une telle attaque, on ne s’est pas laissé-e surprendre. La suite reste à construire…

 

Cliquer sur l’image pour télécharger la brochure

 

Version cahier ici Comme.une.etincelle_v1_Booklet

 

ET AUSSI

Manifestation internationale contre les frontières le 30 Mars à Turin :

plus d’infos sur https://www.autistici.org/macerie/

et en français sur https://www.passamontagna.info/

 

 

BLOQUONS LA VILLE!
“Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification. Résistons contre les proprios de la ville!”
Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.
Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet
ordre social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à resister et à lutter!

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO,
NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO,
AGNESE,SASHA, RUPERT, GIULIO.

LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES!

 

SAMEDI 16 MARS à 15H, CORTEGE A TRENTO

Moins d’une semaine après l’opération répressive «scintilla» qui a causé l’expulsion de l’Asile à Turin et l’arrestation de 6 compagnon.ne.s inculpé.e.s d’association subversive, en Trentino démarre l’opération «Renata». Il s’agit d’un énorme dispositif policier entrainant l’arrestation de 7 compagnon.ne.s pour terrorisme et la perquisition de 50 lieux (lieux de vie, espaces de luttes,
salle de boxe populaire).
Ils veulent nous étouffer avec une normalité faite de guerres, de militarisation et de haine entre pauvres. Ils voudraient mettre hors jeux les luttes, la solidarité et l’action directe. Afin qu’il ne reste que le silence et les applaudissements.
Participons à la manifestation de Trento! Affichons notre solidarité!
Pour s’organiser avec des départs collectifs depuis Turin écrire à: breccia@autistici.log

SAMEDI 23 MARS 15H A FLORENCE

Rassemblement en solidarité avec tous et toutes les prisonnier.e.s anarchistes! Sans trêve pour l’anarchie!
Au mois de mars il y aura le rendu du procès contre nos compagnon.ne.s inculpé.e.s dans l’ enquête «operazione panico»* .
Desertons le tribunal!
* Operazione panico: Le 31 Décembre 2016, un engin explosif placé devant la librairie (proche de CasaPound) “Il Bargello” explose dans les mains d’un artificier particulièrement stupide qui tente maladroitement de déminer l’engin sur place, il perdra un œil et une main. La librairie “Il Bargello” et CasaPound Italia se sont portés parties civiles en plus de l’artificier-flic.
Trois personnes accusées de «tentative de meurtre», «d’association de malfaiteur» pour deux d’entre eux, ainsi que de «transport et fabrication d’engin explosif» se retrouvent incarcérées. Paska, Ghespe, et Giova sont depuis incarcérés dans les geôles italiennes. Ndt. Pour plus d’infos sur l’opération Panico: https://nantes.indymedia.org/articles/42084

Quelques récits et vidéo des dernières mobilisations des gilets jaunes dans les alpes du sud

Par manque de temps, nous n’avons pas pu vous proposer de nouvelles de nos dernières excursions hebdomadaires avec les gilets jaunes des alpes du sud, mais voilà quand même une petite sélection subjective de plusieurs récits écrits ou vidéo qui donnent un peu la température des mobilisations des dernières semaines…et tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il n’y a pas que le climat qui se réchauffe !

Et ça ne fait que commencer !! RDV nombreux-ses le 2/03 à Forcalquier pour l’Acte XVI et son carnaval indépendant !

Cécile ! ya le téléphon’ qui son’ et ya person’ qui y répond !

Depuis le 1er janvier 2018, les demandeurs.ses d’asile de PACA sont obligé.e.s de se domicilier à la SPADA de Marseille, ce qui implique un nombre accru d’aller-retour pour chercher leur courrier entre autre.

Le 21 janvier, contrainte et forcée (paf !), madame la Préfète (Cécile Bigot Dekeyzer) nous a accordé une entrevue au terme de laquelle elle s’était engagée à tenter de trouver un moyen d’acheminer le courrier de la SPADA de Marseille jusqu’à Gap et à nous en informer sous quinze jours par mail. Le délai passé, nous les avons relancé et l’un des directeurs de cabinet nous a promi une réponse rapide par téléphone. Étant toujours sans nouvelles, nous avons décidé hier d’inonder collectivement leur standard téléphonique par des appels insistants. En fin de matinée, ils nous ont supplié.e.s d’arrêter (re-paf !) et nous ont envoyé un mail de réponse
en prétendant nous l’avoir déjà adressé le 8 février.

Après vérification, l’adresse mail n’avait rien à voir avec celle qu’on leur avait donnée. Mauvaise foi ou incompétence ?

Hormis faire le point sur la loi que l’on connaît déjà, aucune solution n’est apportée ni même envisagée. Ainsi la préfète fait preuve de la mauvaise foi habituelle du pouvoir, par exemple :

_ elle nie les difficultés rencontrées par les personnes au motif qu’ils.elles ne recoivent pas forcément un courrier toutes les semaines ou tous les mois, mais comment peuvent-ils.elles le savoir avant d’avoir ouvert leur boîte aux lettres ? Elle parle aussi d’alertes SMS, mais cela ne dispensera personne de faire l’aller-retour pour une simple lettre.

_ elle pretexte que les radiations ne sont pas automatiques en cas de non-consultation, nous invitant ainsi à jouer à la roulette russe…

Ci-dessous le mail recu avec en bonus l’adresse mail de la secrétaire générale de Cécile : est-ce une autre invitation à jouer ?

Mesdames, messieurs,
Veuillez trouver ci-dessous un nouvel envoi du mail de réponse adressé
comme convenu à M. S******* le 8 février 2019.
Cordialement.


-------- Message d'origine --------
De : Agnes CHAVANON <agnes.chavanon@hautes-alpes.pref.gouv.fr>
Date : 08/02/2019 21:22 (GMT+01:00)
À : m.s****n@gmail.fr
Objet : Éléments suite à entretien du 21/01/2019
Mesdames, messieurs,

Lors de notre entretien  du 21 janvier dernier, vous avez souhaité avoir des éléments complémentaires quant à la domiciliation des demandeurs d'asile, et évoqué les difficultés pour ceux résidant en Hautes-Alpes pour avoir accès à leurs courriers.

L’article L.744-1 du CESEDA, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2019, dispose que : « Le demandeur d'asile qui ne dispose ni d'un hébergement, au sens du 1° de l'article L.744-3, ni d'un domicile stable, élit domicile auprès d'une personne morale conventionnée à cet effet pour chaque département, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. ». Ainsi, pour les demandes enregistrées après le 1er janvier 2019, la domiciliation chez un tiers n'est pas possible.

S’agissant des organismes conventionnés pour la domiciliation d’un demandeur d’asile, la réglementation en vigueur prévoit la désignation d’un organisme pour chaque département, mais celui-ci n’y est pas nécessairement implanté. Pour les Hautes-Alpes, l'organisme conventionné est la structure de premier accueil des demandeurs d’asile (SPADA) implantée à l’adresse «Forum réfugié» à Marseille. En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la cartographie des implantations a été arrêtée par l'OFII.

Cependant, je vous informe que, par dérogation, l'OFPRA peut adresser les correspondances relatives à la demande d'asile à une adresse différente de celle de la domiciliation, si elle a été communiquée à cette fin par le demandeur lors de l'introduction de sa demande auprès de l'office.

Par ailleurs, vous avez évoqué la nécessité des demandeurs d'asile résidant dans les Hautes-Alpes de se rendre une fois par semaine à Marseille auprès de la SPADA pour récupérer leur courrier. 
Après renseignement pris, il apparait que les déplacements nécessaires ne sont pas systématiquement une fois par semaine, ni même obligatoirement une fois par mois, car d'une part, il faut qu'il y ait un courrier en attente, et d'autre part, les radiations après un mois  sans justificatifs ne sont absolument pas automatiques.
Par ailleurs des notifications par SMS ou mails aux demandeurs d'asile pour leur indiquer qu'ils ont un courrier en attente, leur évitant ainsi de se déplacer, sont en cours de développement.
Il ne m'a pas encore été possible de trouver avec l'OFII et le SPADA 13 les modalités précises pour faciliter la réception des courriers par les demandeurs d'asile dans les Hautes-Alpes, mais les réflexions ne sont pas terminées.

Tels sont les informations que je peux vous apporter à ce jour.

Bien à vous

-- 

Pour une administration exemplaire, préservons l'environnement.
N'imprimons que si nécessaire.

Sous les glaciers la rage #2 – février 2019

Et voilà en ré-écoute le tout dernier opus de Sous les glaciers la rage, émission d’infos sur les luttes et alternatives des Hautes-Alpes, diffusé (irrégulièrement pour l’instant !) sur Radio Zinzine !

Au programme de ce mois de février 2019 :

– des infos locales gratinées autour des frontières et des lieux d’accueil, du mouvement des gilets jaunes, de l’hôpital de Briançon et de « petits » projets nuisibles de l’Embrunais

– un duo de crétin-crétines des Alpes de compèt’

– un agenda aux ptits oignons

– un disque…heu non…un artiste du mois bien déter’

– et pour finir un chouette reportage autour de l’intime et du corps médical

 

 

 

 

A la prochaine, autour du 21-23 mars sur les ondes de Zinzine…et évidemment sur Vallées en Lutte !

Ah oui, on a maintenant une adresse mail pour recevoir vos remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour nos prochaines émissions !!! là voilà : souslesglacierslarage@riseup.net

 

« FULL METAL YELLOW JACKET »

Repris du site d’infos autonomes « Lundi matin« 

Ne boudons pas notre plaisir ! Le mouvement contre la loi Travail au printemps 2016, la défense de la ZAD de NDDL au printemps 2018 et enfin le mouvement des gilets jaunes surgi à l’automne 2018 et qui se poursuit : l’esprit du temps est à la révolte sous des formes chaque fois inédites. Le cortège de tête dans le premier cas, la défense d’un territoire rural communisé dans le second, et enfin les blocages et manifestations incontrôlées dans le dernier.

Un territoire inconnu bien que familier vient de prendre une existence politique. Les gilets jaune ont en effet investi un espace périphérique fait de non-lieux, ronds-points, péages d’autoroute, parkings de centre commerciaux, sur ces axes de circulation qui organisent et distribuent les fonctions atomisées auxquelles sont assignés les néo-urbains. Cet environnement quotidien de millions de gens voués aux embouteillages du petit matin et de la fin d’après-midi semblait avoir neutralisé toute possibilité d’événement. Les statistiques disent que la moitié de la population française réside dans cette périphérie. Mais tous ces gens restaient désespérément invisibles… il leur a fallu enfiler un gilet jaune pour exister, comme d’autres ont du enfiler un passe-montagne ou un k-way noir… Le fait que le comité Adama Traoré ait très vite appelé à rejoindre les rassemblements de gilets jaunes sur Paris est exemplaire, Beaumont-sur-Oise, point limite entre la banlieue parisienne et ce qui fut la campagne francilienne incarne précisément cette périphérie de la métropole qui a pris une existence politique (en l’occurrence depuis l’assassinat d’Adama Traoré) et n’entend pas y renoncer.

Pour employer un terme qui n’a rien d’innocent, on peut dire que c’est un mouvement essentiellement provincial, en cela totalement inédit. Des manifestations et des émeutes éclatent dans des petites villes où il ne se passait jamais rien –celles-là même où l’État décrète la fermeture des gares, des postes, des écoles, des maternités, à quoi bon dépenser les deniers publics pour des parpagnàs ? Des gilets jaunes surgissent de partout. Une émeute à Nantes, St Nazaire, Caen, Rouen, n’a encore rien d’improbable… Mais à Beauvais, Bar-le-Duc, Narbonne, Le Puy, Angers, surprise ! On sait que, dans leur immense majorité, les émeutiers qui ont saccagé les beaux quartiers parisiens le 1er et le 8 décembre venaient de ladite province. Leur déambulation dans Paris relevait davantage d’un déplacement de hooligans en territoire ennemi que de la traditionnelle procession syndicale. Le mépris des petits provinciaux, affiché par cette capitale où siègent les élites de la nation, trouve ici sa réponse. Il a déjà été dit que Paris, désormais presque entièrement pacifié et gentrifié, ne pouvait plus être que livré au saccage et au vandalisme. Jamais cela n’avait été revendiqué en acte de manière aussi exemplaire.

La province est une notion typiquement française. Dans ce langage courant qui exprime l’organisation hiérarchique de la nation, on monte à Paris et on descend en province. Au sommet de la pyramide trône la capitale, dont les lumières rayonnent sur tout l’hexagone. De façon générale, dans la configuration actuelle du capitalisme, la relation de la périphérie et du centre se déploie de façon plutôt réticulaire que concentrique. Cependant, dans des Etats-nations aussi centralisés et centralistes que la France, les réseaux de circulation se superposent fatalement à une organisation concentrique du territoire qui reste déterminante. En montant à Paris terroriser les bourgeois du 8°, les gilets jaunes renversaient la pyramide.

Le caractère périphérique du mouvement n’est pas seulement géographique et politique. Une autre centralité est remise en cause, celle de l’usine qui a pendant si longtemps a constitué l’axe autour duquel tournaient les mouvements. Ici ce n’est plus l’entreprise qui constitue le lieu d’agrégation initial. Les gens qui se retrouvent sur les blocages ne se connaissaient généralement pas auparavant, leur connivence s’est instaurée à partir d’un acte volontaire que l’on peut qualifier en cela de politique. D’où le désarroi des syndicats face à ce mouvement, lesquels se sont d’ailleurs empressés de signer un accord de non-agression avec la Macronie dès le début décembre (seuls Solidaires et certaines UD CGT ont refusé cet acte de collaboration déclarée). A cela on mesure l’épuisement de la forme syndicale, déjà perceptible au printemps 2016.

L’analyse marxienne postulait que la genèse de la valeur d’échange se trouvait dans la production, la circulation de la marchandise ne faisant que réaliser la valeur. Or dans cette dynamique qu’est le capitalisme tous les moments sont dépendants et n’ont de réalité que par rapport à la totalité qu’ils forment ainsi. D’abord parce que la circulation ajoute de la valeur aux produits et génère du profit, (au sens où se développe toute une industrie qui assure cette circulation, faite de services bancaires, d’assurances, de marketing, de transport, de stockage, de grande distribution, sans parler des activités induites…) [1] mais il devient même difficile de séparer les deux moments. C’est évidemment flagrant pour des produits comme l’énergie par ex., la production d’une centrale nucléaire est inconcevable sans les lignes à haute tension qui vont distribuer l’électricité, pareil pour une raffinerie de pétrole avec ses réseaux de stocks et de stations-service. De même le textile fabriqué en Chine ne peut être produit qu’en fonction des porte-conteneurs géants qui vont assurer le transport des précieux t.shirts vers les ports occidentaux -et nul ne pourra prétendre que le transport maritime ne crée pas de valeur. A l’extrême, l’internet incarne la pure circulation de la valeur, rendue presque indépendante de l’exploitation du travail vivant –mais il a bien fallu que les outils électroniques et informatiques qui l’assurent aient été fabriqués dans une usine… Il devient donc problématique d’isoler un segment d’activité qui serait la production par rapport à la totalité des travaux et des échanges composant ce qu’on appelle la société. Les camarades italiens des 70’ parlaient déjà de la société-usine –ce qui est un oxymore franchement assumé, une usine n’étant pas une société mais un système. Parler de la fabrique globale nous semble adéquat à ce moment où l’entreprise capitaliste saisit et reconfigure tout ce qui existe sur le mode de la fabrique, de l’usine. Un hub, qu’il soit maritime, aéroportuaire ou routier, une zone commerciale, et même une autoroute constituent autant de rouages de cette fabrique globale. La distinction de la sphère privée et du domaine public, qui définissait depuis la Révolution-française les rapports entre société civile et État, s’efface alors sous l’emprise des dispositifs qui sont la véritable puissance organisant la circulation des individus. Dans la fabrique globale, la société perd toute épaisseur tandis que l’État n’est plus qu’un prestataire de service.

Les grands cycles de luttes ouvrières se sont achevés avec la crise du système fordiste. Dès la seconde moitié des 70’, l’essentiel des luttes en Europe occidentale consistait à s’opposer à la fermeture de l’entreprise et donc à l’atomisation des travailleurs –et toutes se soldèrent par de cruelles défaites. Sidérurgie, mines, chantiers navals, puis les autres secteurs de l’industrie, tous les bastions de la classe ouvrière y sont passés. On pourrait dater le moment historique où tout a basculé irrémédiablement : ça commence avec la défaite des ouvriers de FIAT à Turin à l’automne 1980, ça se poursuit en France avec celle des o.s immigrés de Talbot en 1983 et ça se conclut avec celle des mineurs britanniques au printemps 1985. Le cycle achevé en Europe occidentale ressurgit à présent en Inde ou en Chine…

Le fait que la centralité de l’usine dans les luttes soit désormais passée amène à formuler l’hypothèse que les prochaines insurrections s’empareraient des entreprises depuis le dehors, et non l’inverse (formulé en termes marxiens, elles partiraient de la circulation pour se saisir de la production). En somme, à l’image du mouvement GJ qui part de la périphérie pour investir le centre. Non plus dans la perspective de l’autogestion, où les travailleurs s’emparent de l’usine, mais dans celle inverse : des puissances venues de l’extérieur, constituées en rupture avec la logique de la fabrique globale, s’empareraient de l’usine pour la désarticuler en fonction des nécessités qui leur seraient propres. Nous n’en sommes évidemment pas là, mais la multiplication des révoltes dans la périphérie, depuis celle des banlieues en 2005 jusqu’à l’actuel mouvement des GJ, indique qu’un nouveau cycle est en train de démarrer, bien différent du précédent, et qui n’a pas fini de nous surprendre.

Chez les GJ, tout renvoie à la circulation, aussi bien la revendication initiale que les non-lieux où elle s’exprimait. C’est peut-être bien la première fois qu’un mouvement d’une telle ampleur surgit à partir de là, avec le refus de la taxe sur le carburant. Et il n’a pas manqué d’écolos-piste-à-vélos pour s’en gausser. Sauf que dans un monde fondé sur la mobilité contrainte, le prix du carburant n’a rien d’innocent, à moins de résider et travailler en centre ville (et on sait qui occupe désormais les centres villes en France…). Le travailleur suburbain est littéralement piégé par ce dispositif, qui l’oblige à travailler pour se payer une automobile indispensable… pour pouvoir aller travailler ! L’action se concentre donc sur les ronds-points, aux péages, aux entrées de parkings, éléments de ce dispositif. La plèbe se révoltait contre l’augmentation du prix du pain voici deux siècles, elle se révolte à présent contre l’augmentation du prix de l’essence. [2]

Que la question du carburant soit éminemment stratégique, nos gouvernants l’avaient compris depuis longtemps. Au plus fort de la grève générale de mai 1968, ils organisèrent la pénurie d’essence (alors que d’importants stocks étaient encore disponibles), pour faire réapprovisionner soudainement les stations service juste à la veille du pont de la Pentecôte… et des millions de Français, soulagés, qui suivaient « les événements » en spectateurs, se ruèrent sur les routes. Une telle machination a sans doute plus fait contre le mouvement qu’un demi-million de manifestants pro-De Gaulle sur les Champs-Elysées. [3]

Les travailleurs atomisés d’aujourd’hui, contrairement aux ouvriers-masse de l’époque fordiste n’ont plus de marge de manœuvre sur le salaire, qui stagne tandis que tout augmente, et se retrouvent donc à lutter contre la pression fiscale sur leur revenu. A gauche certains laissent entendre que ce faisant ils reprennent ce thème classique de l’idéologie libérale qu’est la baisse des impôts, et c’est vrai de la part de certains gilets jaunes, petits patrons et commerçants. Mais la majorité se rend bien compte qu’en l’occurrence si baisse des impôts il y a eu, elle s’est appliquée exclusivement aux très hauts revenus, à travers notamment la suppression de l’ISF. En outre, si la question du salaire se pose à partir de l’entreprise, la question fiscale se pose, elle, à partir de l’État : elle prend donc directement une résonnance politique (sachant en plus combien les taxes sur le carburant alimentent le budget de l’État…) [4]. De ce point de vue, le fait de rendre les autoroutes gratuites et de saccager les radars montre que ce rackett est perçu de plus en plus comme une rente de situation digne de l’Ancien Régime. Sauf que cette fois ce ne sont pas des fermiers généraux qui se gavent sur le dos des gens, mais l’État et des entreprises comme Vinci qui gèrent les autoroutes… Par ailleurs, il ne peut échapper à personne que, au cours des dernières semaines, beaucoup de gilets jaunes sont allés vers des revendications plus sociales que fiscales (augmentation du salaire minimum notamment) même si le retour de l’ISF figure toujours en tête de liste.

Sous l’Ancien Régime des révoltes antifiscales éclataient sans cesse, surtout en ce XVII° siècle qui vit se consolider la monarchie absolue [5]. Avec la Révolution-Française, renversement complet : payer l’impôt devient un acte civique, tout comme s’engager sous les drapeaux (alors qu’avant les gens s’enfuyaient à l’approche du sergent recruteur). C’est le tour de force historique de la bourgeoisie, et rien ne dit qu’il ait épuisé tous ses effets. Depuis, refuser l’impôt est assimilé à un geste d’Ancien Régime. Pour la gauche, dont le seul horizon est celui des institutions républicaines, cette question ne saurait plus se poser. Dans le binôme politique droite-gauche, il était d’usage que cette dimension antifiscale soit l’apanage de la droite libérale, tandis que la gauche keynésienne prônait la redistribution à travers les dispositifs étatiques financés par les prélèvements fiscaux. Maintenant que gauche et droite sont alignés sur les mêmes positions, la vieille tradition de révolte antifiscale peut réapparaître… Ce qui est paradoxal, c’est qu’elle se fasse en référence à la Révolution-Française –drapeaux BBB, Marseillaise, manifestants en bonnets phrygiens…

En un mois de demi les gilets jaunes auront réussi ce que les syndicats ont été incapables de faire durant les deux décennies passées. Non organisés dans le cadre syndical, les gilets jaunes n’étaient pas coincés par ses modes d’action institutionnalisés ni abusés par des bureaucrates subventionnés. Ce qui a permis aussi de belles émeutes dans ce Paris où ont afflué à plusieurs reprises les prolétaires provinciaux… (et même si une partie des gilets jaunes n’assume pas ce vandalisme, leur simple présence l’a rendu possible… et là, pas de s.o syndical pour casser l’enthousiasme). La déambulation tend ainsi à remplacer la manifestation classique. Alors que le cortège de tête restait encore tributaire de la manifestation syndicale et avait trouvé ses limites ce 1er mai 2018 (un cortège de tête aussi important que le cortège syndical, avec en son sein un black bloc énorme, et tout ça pour un résultat insignifiant). Affranchie de toute notion de cortège, la foule dérive ! Les défilés syndicaux parcourent les avenues au centre ville, lieu de représentation par excellence, de façon disciplinée et disciplinaire. Alors que les déboulés des gilets jaunes à Paris en novembre et décembre 2018 se caractérisaient d’emblée par l’éparpillement et la liberté de mouvement.

Il semble cependant que cela se gâte ; depuis la mi-décembre à Paris les parcours sont déposés en préfecture et la marche du 12 janvier a vu l’apparition d’un service d’ordre sur le modèle syndical –qui l’a désigné ? Il n’est pas fortuit que ce s.o apparaisse précisément au moment où des représentants commencent à prendre la main…Dans les villes de province, les gilets jaunes ont cependant conservé le côté déambulation joyeusement incontrôlable, or, comme il a été dit plus haut, c’est en province que se joue l’essentiel du mouvement. A Marseille le 12 janvier, la déambulation des gilets jaunes a rendu complètement fous les responsables de la répression, en suivant un trajet en zig-zag totalement inattendu, empruntant même un tunnel autoroutier et laissant les robocops essoufflés.

Les blocages ont souvent pris la forme d’un campement qui évoque les ZAD. Ce qui introduit une question : n’y aurait-il pas là les prémisses d’un « urbanisme insurrectionnel » à venir ? que pourrait-on faire de tous ces sites dont l’unique intérêt est tactique, à savoir celui de se trouver sur les axes de circulation automobile ? Jamais, depuis la révolte des banlieues de 2005, la critique de l’urbanisme n’avait été si présente dans les faits. Conjurer l’événement, tel était le sens de cette inexorable extension de la fabrique globale. Le flux tendu des marchandises qui organise l’espace ne doit surtout pas permettre qu’y survienne un événement –une panne, un séisme, un blocage, une émeute… Pour le coup le voici qui se révèle extrêmement vulnérable, tout comme une chaîne de montage fordiste était à la merci d’un simple sabotage. Il n’est pas hasardeux qu’en plusieurs endroits les gilets jaunes aient d’ailleurs bloqué l’accès d’entrepôts Amazon, entreprise emblématique s’il en fut [6]…

Les campements se constituent comme la forme élémentaire de la communication, de Occupy Oakland à la place Taksim, des plantón sur le zocalo de Oaxaca aux camps de Lakota Range, de la ZAD aux presidi de Val Susa. La construction de l’espace vient en premier comme affirmation politique. Alors que la manifestation reste indifférente à l’espace qu’elle traverse, l’occupation entraîne la production d’un commun qui reconfigure le lieu. En cela les les blocages des gilets jaunes sont aux antipodes de Nuit Debout : alors que ces rassemblements n’investissaient que des places centrales, obéissant à l’injonction hiérarchique qui ordonne l’espace urbain et surburbain, et donnaient la primauté au discours, les blocages GJ sont presque toujours en zone périphérique ou sur des grands axes de circulation et donnent la primauté à l’action même du blocage et aux relations qu’il instaure entre les participants. C’est la grande innovation de ce mouvement. En outre, si les organisateurs de Nuit Debout négociaient avec la préfecture la possibilité de demeurer sur place, la majorité des blocages s’imposent de fait sans rien demander.

Une seule revendication fait l’unanimité chez tous les gilets jaunes, « Macron démission ». Ce pays qui a pourtant guillotiné son roi est encore, deux siècles après, le plus monarchique d’Europe –d’où cette fureur typiquement sans-culotte qui anime les gilets jaunes [7]. Mais le monarque n’est plus investi de ce caractère sacré qu’il avait sous l’Ancien Régime : les Français en élisent un, puis le détestent au bout de quelques mois. C’est que le monarque d’aujourd’hui est un produit, obsolescent comme tout ce qui est produit de nos jours. Après Sarkozy le caractériel cocaïné puis Hollande le maniaco-dépressif, voici le bellâtre suffisant, lancé pour en finir spectaculairement avec le régime bipartiste dominant jusque-là la V° République. Le fait qu’il n’ait jamais été élu auparavant le désignait comme la personne indiquée pour ce faire : alors que la classe politique, composée de maires, de présidents de conseil généraux et régionaux, de députés et de sénateurs, se trouve encore engluée dans des rapports de dépendance, la Macronie affranchit le gouvernement d’un tel poids. Désormais, l’État affirme froidement qu’il n’est qu’un prestataire de service du capital. Plus d’arrangements négociés, mais la pure injonction : en cela la gouvernance macronienne consacre le remplacement de la société civile par la fabrique globale. L’arrogance présidentielle qui va jusqu’à l’insulte (ces salauds de pauvres !), reproduit les procédés utilisés dans les entreprises modernes, eux-mêmes inspirés des techniques d’entraînement et de dressage en vigueur dans les unités spéciales de l’armée.

Dans le mouvement des GJ, le peuple est donc venu prendre la place qui était occupée par la société civile chère aux citoyennistes. Un signifiant qui vient par défaut -on aurait parlé, avant la Révolution-Française, de la vile multitude, ou de la plèbe. Ce n’est que par un jeu de miroir avec l’État que se constitue le peuple, comme entité homogène face au monarque (les fameux 99%…) et le caractère monarchique de la présidence Macron exacerbe cette double-réflexion. Or le peuple renvoie à la Nation, et donc à l’État républicain, produits de la Révolution-Française. Postuler une vérité inhérente à ce sujet, et que le référendum permettrait de délivrer, est le point de départ de la démagogie, celle du FN comme de la FI. « Le populisme de gauche devrait diriger ces affects vers des objectifs démocratiques », dit la Chantal Mouffe, qui ajoute « Le peuple est toujours un sujet collectif, construit de manière discursive ». Qu’une telle construction s’opère forcément par exclusion –l’immigré, l’assisté, etc.- ne semble pas effleurer les tenants de ce sous-gramscisme, et les politiciens qui s’en réclament en viennent à partager les mêmes thèmes que leurs opposés symétriques : le démagogue Ruffin fait donc l’éloge du confusionniste Chouard, tandis que Mélenchon de son côté se déclare fasciné par la figure de Drouet… Le populisme consiste à flatter des affects produits par ce monde et à les entretenir comme quelque chose de positif, alors qu’une attitude révolutionnaire misera sur un devenir qui accouche de nouvelles formes de sensibilité politique dans le cours de la lutte. Nous ne perdons jamais de vue que le négatif est l’élément moteur de tout mouvement. De fait, dans tous ces campements rebelles qui se multiplient dans le monde, la figure transcendante du peuple laisse place à l’immanence du commun. [8]

Les classes sociales, clairement identifiables jusqu’à la fin du fordisme, se sont donc liquéfiées –ce que traduit le terme-valise de classe moyenne, qui est signifiant précisément en cela qu’il n’identifie rien. La classe moyenne, dans les pays riches comme la France, ce serait finalement à peu près tout le monde en dehors des bourgeois tout en haut, et des travailleurs immigrés et des chômeurs-à-vie tout en bas ! On pourrait dire d’un docker marseillais, par exemple, qu’il relève de l’ancienne classe ouvrière par son travail, et de la nouvelle classe moyenne par son mode de vie et ses aspirations (faire construire, prendre des crédits, veiller à ce que ses enfants fassent des études et partir en vacances dans une destination de rêve). Les gilets jaunes s’identifient surtout en tant que travailleurs (fussent-ils retraités, et ils sont nombreux dans ce mouvement), mais ce qui est paradoxal est qu’ils le fassent en dehors de la sphère du travail proprement dite. Leur plainte récurrente, c’est « on bosse et on ne s’en sort pas » (variante pour les retraités, « on a bossé toute notre vie et on a à peine de quoi se nourrir »). On a fait croire à tous ces gens qu’une vie de dur labeur trouverait tôt ou tard sa récompense dans un certain bien-être ; mais ils sont forcés de réaliser que cette perspective n’est jamais qu’une échelle sans fin qu’ils ne cesseront d’escalader toute leur vie durant [9].

Un des textes les plus intéressants publiés sur ce mouvement évoque une « tragédie de la classe moyenne » qui tient au rapport à l’argent [10]. « Le souci de l’argent est permanent, et ce d’autant plus qu’on y a enfin accès. On est de la classe moyenne quand on gagne suffisamment d’argent pour, consciemment ou non, directement ou non, ne penser qu’à ça.(…) Il n’y a peut- être pas de position sociale où on l’on sache mieux ce que c’est que l’argent. » On pourrait ajouter : si pour les plus démunis l’argent ne revêt qu’un caractère de nécessité alors que pour les riches l’argent est l’expression même de la liberté, pour la majorité des travailleurs le rapport à l’argent est sans cesse tiraillé entre ces deux extrêmes –en cela il existerait une classe effectivement moyenne ! C’est le principe même du spectacle que de faire sans cesse miroiter cette liberté –celle par exemple de pouvoir se déplacer dans sa propre automobile… Que cette liberté spectaculaire ait pour condition un esclavage de tous les jours, voilà l’expérience que chacun fait de façon intime sans jamais pouvoir l’exprimer. Ce qui rend les gens malades, littéralement. Et on ne doit jamais négliger le fait que le côté thérapeutique de la révolte est ce qui en fait aussi la puissance politique.

Aussi longtemps que l’État occupe l’horizon d’attente des séditions populaires, celles-ci font fatalement le lit des démagogues souverainistes de tout poil. Il n’est donc pas innocent que Macron ait sorti son joker avec la proposition des RIC, Réferendums d’Initiative Citoyenne. Alors que les gilets jaunes étaient en train d’évoluer vers des revendications sociales (augmentation du SMIC et revalorisation des retraites, notamment), le RIC tente de court-circuiter cette évolution en s’interposant comme solution-miracle –qui offrirait une porte de sortie à un régime si impopulaire. En même temps, le RIC offre aussi une porte de sortie au mouvement : que celle-ci débouche sur le vide ne l’empêche pas de fonctionner comme une méta-revendication qui mettrait tout le monde d’accord au sein d’une dynamique si hétérogène. Et des gens qui n’ont tiré leur force que d’être assemblés s’enthousiasment sur cette proposition, alors que cette pseudo-consultation renverra chacun à son isolement initial d’électeur, coincé dans un choix binaire sur des questions-piège que le souverain jugera bon de poser à la populace. Le référendum est la forme suprême du spectacle politique [11].

La Macronie qui, pour ne rien avoir à lâcher de concret, est disposée à ouvrir sur le terrain de la représentation, tend ainsi la perche à tous ceux qu’influencent peu ou prou les élucubrations de Chouard. Comme le dit Rafik Chekat, « Le problème du référendum d’initiative citoyenne (RIC), c’est qu’il perpétue la tyrannie du fait majoritaire. Pourquoi la majorité aurait-elle toujours raison ? Sans faire le fragile, appartenir à un groupe minoré te rend méfiant vis-à-vis des majorités car tu sais pertinemment qu’en certains cas elles peuvent prendre des allures de groupes de lyncheurs. Vous imaginez un #RIC juste après #charlie ? Que cette revendication du RIC soit portée par des Blancs n’est pas chose fortuite. Mais au-delà de la question raciale, ça veut dire quoi constituer une majorité à l’heure de #BFMTV, #TF1, #Hanouna, de la société de consommation, etc.? Le problème du RIC c’est au fond celui du vote, de ce mécanisme qui organise à intervalles réguliers notre impuissance. On peut bien essayer de raccourcir ces intervalles, de voter plus souvent, ça ne changera rien à l’affaire. S’il faut parler en termes de subjectivation, le dispositif du vote crée un type particulier d’individu à travers un rapport mutilé à l’existence, et plus particulièrement à la politique, aux affaires publiques. » D’autant qu’on imagine mal le gouvernement faire un référendum sur le rétablissement ou pas de l’ISF (2/3 des Français qui y seraient favorables selon un sondage).

Le régime peine à trouver des interlocuteurs, qu’il doit aller pêcher sur Facebook. La plupart des leaders auto-proclamés, et presque aussitôt désavoués par les gilets jaunes, sont soigneusement mis en scène sur les plateaux télé et les médias cooptent systématiquement des personnages aux affinités douteuses –ce qui d’ailleurs permet aux bien-pensants degauche de rebondir dans leur condamnation du mouvement. Jamais à ce point les médias ne sont apparus aussi visiblement pour ce qu’ils sont : l’un des deux piliers du régime, avec la police. Il s’agit pour eux de banaliser l’idée qu’en dehors de ce régime, il n’y a que l’extrême-droite –dont on sait par ailleurs combien elle est en faveur dans les rangs de la police. C’était déjà sur ce mensonge que Macron avait réussi à remporter les élections présidentielles, et le président-élu-pour-faire-barrage-au-FN vient de lancer un nouveau gadget, un « Grand débat » où la première question abordée serait… celle de l’immigration !

L’importance prise par les réseaux dits sociaux dans cette affaire est loin d’être anecdotique. Dans la périphérie, le réseau socialise. Mais pourtant tous ces gens qui se sont retrouvés en gilet jaune à partir d’un appel lancé sur Facebook ont fait une expérience qui n’a rien de virtuelle. La question, maintenant, est de savoir si les gilets jaunes ont rejeté la classe politique pour inaugurer une sorte de démocratie internautique où un like remplacerait le bulletin de vote, ou bien si, comme ceux de Commercy les y invitent explicitement, ils vont s’organiser en assemblées d’un nouveau type. Car le réseau ne socialise que dans un circuit fermé générant l’entre-soi et où le charisme de certains « lanceurs d’alerte » a toute latitude de s’exercer pour capturer les intensités. Une forme de manipulation médiatique plus fragmentée que les grands médias pourraient alors épauler en tant que technique de gouvernance. Un ami tunisien qui a participé à l’insurrection de 2011 évoquait la capacité de mobilisation rapide dont les insurgés avaient pu disposer avec les réseaux sociaux dans les premiers jours, mais aussi le fait que la police en avait très vite compris l’intérêt et n’avait pas manqué d’y intervenir pour répandre de fausses nouvelles et faire de la désinformation… La quantité de faux débats qui circulent sur ces réseaux en France est sans aucun doute du même ordre.

L’articulation du rond-point et des assemblées générales se pose à présent, après deux mois d’agitation. D’une part, les liens de proximité et de complicité noués sur zone qui permettent de passer à l’action sans avoir à en délibérer –et l’on sait combien les délibérations en assemblée peuvent être démobilisantes dès qu’il s’agit d’action directe !- mais qui ne peuvent s’exercer qu’à l’échelle locale ; de l’autre, des assemblées reliées directement entre elles qui pourraient agir comme lieu de réflexion stratégique et coordination tactique.

A l’opposé de cette perspective, les gilets jaunes pourraient accoucher d’un mouvement démagogique comme les 5 Stelle en Italie. Une fraction serait sans doute tentée de suivre cette voie, quitte à se couper du reste du mouvement. Il faut toutefois rappeler que 5 Stelle a été entièrement produit –même s’il a surfé sur le bref mouvement des Forconi. En l’état actuel des choses, il manquerait aux GJ le bouffon médiatique indispensable pour attirer l’attention des foules, en l’occurrence la figure de Beppe Grillo, amuseur public mis en selle par certains hommes d’affaires -l’intermède berlusconien était usé, il fallait lancer d’urgence un nouveau produit. L’Italie est passée de plusieurs décennies de gouvernement par le secret (P2, Andreotti, la stratégie de la tension et les alliances avec la mafia) au gouvernement cathodique (Mani Pulite, Berlusconi et Beppe Grillo). Le problème de ce mode de gouvernement, c’est qu’il faut renouveler les personnages qui l’incarnent aussi fréquemment que le show-biz doit renouveler les vedettes qu’il produit.

A une époque où le capitalisme postfordiste doit sa survie à l’essor du capital fictif et fonctionne désormais à découvert, la dénonciation des excès de la finance –qui laisse de côté l’essentiel, à savoir la critique de la valeur, de l’argent et de la marchandise- encourage toutes les solutions-miracles et toutes les démagogies. On se rappelle le gag éculé de la taxe Tobin, par exemple, ou bien le candidat Hollande : « Mon ennemi, c’est la finance » (elle était bien bonne !) Quand la quasi-totalité des travailleurs bosse pour payer ses crédits (notamment sur l’automobile…), il est normal que les banques soient désignées comme une cible privilégiée, dans les paroles comme dans les actes de vandalisme (spéciale dédicace aux GJ toulousains qui ont saccagé plusieurs banques samedi dernier). Mais il y a lieu de se méfier quand par ailleurs revient avec un peu trop d’insistance la référence à la banque Rosthchild, plutôt qu’à la BNP-Paribas ou à la Société Générale (dont le sauvetage par l’État après 2008 aurait finalement coûté 30 milliard d’euros aux contribuables…). Le fait que Macron ait commencé sa carrière précisément dans cette banque excite évidemment cet anticapitalisme des imbéciles qui pointe « la finance juive » sur les réseaux sociaux.

Il se pourrait que ce régime soit réellement en bout de course. A l’abri de sa soldatesque, il peut toujours multiplier les insolences –comme celle d’annoncer fin décembre un dispositif anti-chômeurs scandaleux. La fuite en avant dans l’escalade répressive s’est encore aggravée par rapport au printemps 2016. L’attaque de la ZAD de NDDL en avril-mai avait servi de grandes manoeuvres. Blessures graves et mutilations par dizaines, humiliations collectives et individuelles, tabassages, l’intimidation policière va de pair avec une surenchère (les réactions outrées de toute la caste médiatique au beau geste de Christophe Dettinger et à la solidarité qui s’en est suivie en disent long sur l’écoeurant cynisme de ces larbins du pouvoir, quant on voit tous ces manifestants méthodiquement mutilés par la police dont ils ne parlent jamais). Des ordres ont été donnés en haut lieu de faire très mal, de l’aveu même de certains commissaires. Les gens apprennent, et on voit de plus en plus de manifestants équipés (masque à gaz, lunettes de ski, foulards, gants etc.) au moins pour se protéger. Mais il est clair que nulle part le mouvement n’est encore en mesure de s’organiser pour mettre la police en déroute, et c’est là que l’on perçoit le caractère démobilisateur des discours pacifistes. Ce qui renvoie à l’efficacité des blocages, qui est toute relative : la police n’a jusqu’ici aucun mal à dégager les accès, et en particulier sur des sites stratégiques comme les raffineries de pétrole –de ce point de vue, rien de nouveau par rapport au printemps 2016. Par ailleurs, on voit surgir depuis quelque temps dans les marches du samedi des s.o auto-désignés, où l’on trouve aussi bien d’anciens militaires que des transfuges du s.o CGT. Même si leur capacité de contrôler la foule est problématique, il ne faudrait pas que cela s’institue…

Ce mouvement, n’obéissant à aucune direction verticale et centralisée, laisse les initiatives locales se multiplier. Mais celles-ci peuvent diverger du tout au tout d’un endroit à l’autre. Après deux mois d’agitation, le moment approche d’une décision. Un parti, au sens historique du terme, se prouve comme le parti vainqueur du fait qu’il se scinde à son tour en deux partis : il prouve ainsi qu’il contient en lui-même le principe qu’il combattait auparavant à l’extérieur, et supprime par là l’unilatéralité avec laquelle il était entré en scène. Les éléments opposés qui coexistent à l’intérieur du mouvement ont été jusque-là maintenus ensemble par une commune hostilité au régime en place. Aux partisans d’une issue institutionnelle –qui serait, selon toute évidence, de nature autoritaire et xénophobe- s’opposeraient alors les partisans d’un élargissement du mouvement à tous les aspects de la fabrique globale dans une perspective révolutionnaire. De fait, des actions se multiplient autour d’entreprises en lutte où des gilets jaunes se joignent aux chasubles rouges sur des piquets de grève. Il n’est pas interdit de penser que le mouvement puisse exercer une stimulation assez forte pour que des travailleurs se décident à bloquer leur entreprise de l’intérieur, à partir de revendications concrètes. Les directions syndicales nationales se verraient alors renvoyées aux poubelles de l’histoire, et une nouvelle séquence historique pourrait enfin s’ouvrir. Qui impliquerait que chacun prenne parti.

Aux toutes dernières nouvelles, dans les Landes les GJ bloquent une usine Monsanto, pièce maîtresse de la fabrique globale…

Alèssi Dell’Umbria, 21 janvier 2019.

[1] La circulation de la marchandise ne se résume pas au transport et à la distribution des produits : des marchandises commencent à circuler dans les bourses de matières premières par exemple, alors qu’elles n’ont pas encore bougé. Inversement, des matières premières vendues à une entreprise industrielle pour y être transformées se trouvent ainsi valorisées, du fait d’avoir été achetées, et elles vont entrer dans la détermination de la valeur du produit fini : ici la circulation est préalable à la production.

[2] Les petits patrons de PME refusant une taxation du gasoil qui augmenterait leurs frais généraux n’ont pas manqué de se désolidariser des gueux qui entendaient poursuivre. Un gilet jaune d’Alès dénonce ainsi, le 20 décembre dernier, la trahison de certains : « Honte aux ’apolitiques’ prétendant diriger les Gilets Jaunes des Cévennes en agitant le spectre ’anarchiste’ que les services de renseignement leur ont soufflé aux oreilles.(…) Aujourd’hui, je n’ai plus envie de mesurer mes propos. Pourtant, c’est dans le plus grand calme que j’accuse ces prétendus ’coordinateurs’ d’être des vendus et des traîtres de la pire espèce. Car la vérité toute nue, c’est celle d’une fraction d’entrepreneurs qui a tout promis aux petits vieux, aux chômeurs, aux smicards et aux précaires pour grossir leurs rangs. Une fois les annulations de taxes obtenus, ces gens ont prétendu structurer le mouvement pour en prendre la direction, avec, pour finalité, faire cesser le mouvement histoire de se gaver de thune à l’occasion des fêtes de fin d’année.(…) Quand à vous, voisins et collègues mobilisés depuis des semaines ; vous qui n’avez rien lâché ni au vent ni au froid ni à la pluie ; vous qui avez redécouvert solidarité et dignité sur les barrages ; vous, la base anonyme sans d’autres ambitions que de vivre convenablement, je vous salut et vous transmet les bonjours chaleureux des Gilets Jaunes croisés en Alsace, en Franche-Comté, sur l’A7 et à Bollène ! »

[3] C’est Michel Jobert, alors chef de cabinet du Premier ministre Georges Pompidou, qui organisa l’opération –il s’en vanta publiquement vingt ans plus tard.

[4] Au Mexique, par exemple, l’augmentation du prix de l’essence en janvier 2016 provoqua une vague de manifestations massives, tournant souvent à l’émeute et au pillage, qui ne devait certes rien à l’idéologie néolibérale !

[5] L’impôt et la conscription militaire constituaient les motifs majeurs de sédition. Le livre de Boris Porchnev, est à cet égard édifiant, Les soulèvements populaires en France de 1623 à 1648, Paris 1963, réed. Flammarion 1972.

[6] Pour autant, il faut relativiser l’impact des blocages… si le commerce des centres villes a pu être affecté par les émeutes, qui ont affecté leur chiffre d’affaires, l’efficacité des blocages est loin d’être évidente. L’approvisionnement a continué de se faire, les stations-services n’ont jamais manqué de carburant, les étalages des supermarchés ont continué de se remplir et la gabegie natale a pu se donner libre cours comme les autres années.

[7] La Constitution de la V° République octroie au président des pouvoirs que celui-ci n’avait jamais eu sous les régimes précédents, qui étaient parlementaires, et notamment celui de légiférer par ordonnances en se passant de l’Assemblée nationale. On sait que De Gaulle, qui était de sensibilité monarchiste, songea en 1958 à instaurer une monarchie constitutionnelle. Ce qu’il fit, d’une certaine manière : un monarque, mais qui serait désormais élu.

[8] A la grande époque des révoltes antimonarchiques en pays occitan, les révoltés s’identifiaient comme lo comun, bien plus que comme lo pòble. Le commun, telle est précisément le concept politique qui correspond à un devenir révolutionnaire des luttes.

[9] La notion d’ « économie morale » que certains ont évoqué à propos des GJ ne nous paraît guère pertinente en ce cas –ne fût-ce que parce que E.P Thompson la formulait à propos d’une working class anglaise qui a disparu entretemps, sans parler de la « décence commune » chère à George Orwell. Certes il existe encore une morale du travail diffuse dans les milieux populaires où, à défaut de s’enrichir en travaillant le plus grand nombre espère au moins atteindre une certaine sécurité, une relative aisance et, à tout le moins, un vague sentiment de dignité personnelle. A cet égard le « Travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy pouvait trouver un écho parmi ces gens. Ils s’entendent dire à présent qu’en fait rien de tout cela n’est garanti –pas même une retraite bien méritée après une vie laborieuse. La Macronie, c’est la pensée des managers appliquée à toute la société sans médiation politique. Le capitalisme dans sa brutalité essentielle.

[10] « Gilets jaunes : la classe moyenne peut-elle être révolutionnaire ? » LundiMatin, 7 décembre 2018.

[11] On a bien vu dans le cas de Notre-Dame-des-Landes à quoi servait ce petit truc institutionnel du référendum – et Macron était ministre dans le gouvernement qui avait tenté ce coup d’esbrouffe… On voit bien à présent à quoi sert le confusionnisme de démagogues comme Etienne Chouard.

Squat du chateau Laric à Chabestan : invitation à habiter et à défendre le lieu

Voilà maintenant une quinzaine de jours que le château Laric de Chabestan (région de Gap) est réouvert. Ce bâtiment à l’abandon depuis 10 ans était une colonie de vacances du CIE des dockers de Marseille, qui a fermé ses portes à cause de normes trop conséquentes.

Nous occupons ce bâtiment pour le mettre à la disposition de toustes. Nous ne considérons pas que le fait d’avoir ouvert nous rende plus légitimes que d’autres à prendre des décisions sur cet endroit que nous voulons ouvert et collectif. Lors d’une journée pizza samedi dernier, voisinage et ami-e-s étaient invité-e-s à proposer leurs envies pour le lieu. Des idées sont sorties et prennent vie, tel que : une cantine, de l’échange de savoirs notamment à travers divers ateliers (bois, métal, vélo, dessin…), des concerts, du théâtre, une boulangerie (four à bois), des espaces d’accueil, espace MTPGQI*… Nos désirs et nos expériences passées nous incitent à fonctionner de manière horizontale, cherchant toujours à débusquer et à combattre la reproduction de schémas oppressifs et dominants tels que le capitalisme, le patriarcat, le racisme, le validisme et autres merdes.

Hier, le 23/01, un avis de mise en péril a été collé sur le portail. Il permet une “évacuation d’urgence” (= une expulsion). Ceci est une invitation à toustes à venir occuper les lieux, y faire des propositions, y trainer, le défendre et l’habiter.

Contact : chateaularic at riseup.net

Exilés – Action à la préfecture de Gap

Suite à l’occupation des bureaux de l’étage de la préfecture à Gap ce lundi matin à partir de 10h30 par des personnes solidaires des exilé-e-s (qui ont réussi à ressortir vers 12h30 sans donner leur identités, bravo !), la préfète a été obligée de donner un RDV cet après-midi même à une délégation de 6 personnes pour aborder le sujet du harcèlement administratif des demandeurs d’asile par l’État, et notamment la récente obligation de se domicilier à Marseille, rendant leurs démarches hyper compliquées depuis le 05 (allers retours en train incessants et à leurs frais  pour récupérer le moindre courrier…alors qu’ils sont logés dans le 05 !).

Mise à jour : l’entrevue avec la préfète n’a pas permis de faire évoluer la situation, celle-ci se réfugiant derrière des problèmes financiers. A l’évocation de la situation dans les Alpes-Maritimes où la préfecture a été condamnée à payer les frais de transport aux demandeurs d’asile, la préfète a suggéré de faire une procédure judiciaire pour faire appliquer la même mesure dans les Hautes-Alpes !

Nouveau sweat « sérigraphié maison » en soutien aux squats d’exilés, aux maraudes et à la lutte contre les frontières

De nouveaux sweats ont été sérigraphiés en soutien aux éxilés, au maraudes des lieux d’acceuil et à la lutte contre les frontières !

une série rouge et une série jaune
Ils sont vendus 25 balles pour soutenir les maraudes/squats.

Derrière

devant

Le prochain logo qu’on va imprimer sur sweats ou teeshirts ou papier
ça va ressembler à peu près à ça:

On cherche aussi pas mal de:
-fringues (teeshirts, sweats,…) issues de friperies, de couleur unies sans motifs imprimés,
-papiers grands formats mini A3, tous grammages,
-papiers autocollant,
-un stock de gilets jaunes…
Bref tous les supports imprimables.

Et pour cette nouvelle année qui commence, à ta santé et aux beaumettes!

Aux frontières de l’exploitation

Voir en ligne : Traductions en anglais et italien par ici

Ce 10 janvier 2019, deux camarades comparaissent devant le tribunal correctionnel de Gap. Ils sont accusés d’aide au passage illégal de la frontière franco-italienne, dans les environs de Briançon.
Il n’y a pas lieu de s’en indigner ni même de s’en étonner. Le contrôle des frontières et des marchandises et humain·es admis ou non à les franchir est une prérogative exclusive et essentielle des États.
Qui s’incarne au quotidien dans la persécution et la mise en danger par les forces de l’ordre des personnes qui tentent de rentrer et de séjourner en France sans les bons papiers.
Qui se traduit par la conclusion d’accords avec les chefs de guerre libyens, le roi du Manioc et autres dictatures, turque ou soudanaise. Le concept : l’externalisation des frontières. Les conséquences : des dizaines de milliers de vies englouties par le désert et la mer, le viol des femmes et la torture systématisées, l’internement de masse dans des camps de concentration, l’esclavage.
De Khartoum à Calais, des barbelés des camps libyens aux patrouilles nocturnes de flics dans la montagne, une seule et même politique.

Quiconque entend contester ce monopole du contrôle des frontières par l’État s’expose à une réaction du pouvoir. Réaction qui s’exprime dans ce tribunal par la voix du procureur et la future sanction des juges. Dans ce système-monde, la répression prend des formes multiples : elle est économique, policière, pénale, plus ou moins systématique et brutale selon la position à laquelle on est assigné dans l’échelle des dominations.

Carnage

Ce monde, ce système est un carnage. Un pillage sans limite de l’ensemble des ressources, rendant invivable une partie croissante des territoires que les gens sont obligés de quitter. Un carnage écologique qui se décline en extraction de la biomasse, désertification, appauvrissement des sols, assèchement et pollution massive des cours d’eau, fonte des réservoirs d’eau douce, disparition de la biodiversité et des pollinisateurs naturels, contamination chimique et nucléaire de territoires. D’Amazonie en Afrique centrale, en Mongolie, en Biélorussie ou au Japon. Partout.
Insécurité alimentaire de masse, famines, épidémies, génocides et autres fléaux s’abattent sur des pans entiers de l’humanité. Ils sont les effets et le cœur de la guerre, qu’elle soit économique, financière, ou militaire.

Le vivant en général est soumis à un comportement délirant, complètement cannibale, du système capitaliste. Tout est propre à devenir marchandise : de l’eau potable au corps des femmes, de l’AK-47 au fœtus.

Ce carnage laisse des traces irrémédiables de violence dans les histoires individuelles et collectives. Ce système sème la mort et le désert. Et plus que jamais, la misère et l’exploitation sont le lot commun de l’humanité dans son ensemble — ou presque. Dans un tel système, tôt ou tard, n’importe qui peut se retrouver et se retrouvera naufragé et devra partir pour chercher ailleurs où et comment survivre.
Dans cette guerre impitoyable contre le vivant et l’humanité, nous sommes toutes et tous des naufragé·es en devenir.

Dans cette logique, nous sommes tous·tes marchandises, ressources et fusibles de la logique de rentabilité du capital. La mondialisation s’est faite au profit de puissances industrielles et financières dans une logique de privatisation totale au prix d’une dépossession du plus grand nombre.
L’histoire des pays colonisés renferme son lot de souffrances et d’exploitation outrancières, de racisme, de négation de l’individu, de guerres, et de domination des puissances européennes.
Les monopoles industrialo-financiers occidentaux ont pu grâce aux soutien des États et de leurs armées, par l’influence et la corruption des possédants locaux des colonies ou ex-colonies, s’approprier toujours plus de matières premières, accroître leur production, s’abreuver de nouveaux marchés juteux, dans des régions où les coûts sont bas, le droit salarial quasiment absent et l’exploitation quasi-esclavagiste.

Marchandise humaine et compétition

Les migrations vers l’Europe, si marginales qu’elles soient par rapport aux mouvements migratoires dans le monde, ont généré un bruit médiatique phénoménal ces dernières années. Ces candidat·es à l’intégration représentent une aubaine à plusieurs titres. Boucs émissaires parfaits dans une période de rhétorique d’insécurité permanente, ils permettent d’acheter et de fabriquer l’électorat de l’extrême-droite. Ils justifient ensuite de renforcer aux frontières intérieures et extérieures de l’Europe, et sur tous les territoires possibles l’emploi de matériels et moyens de surveillance, contrôle, répression, enfermement, etc., un terrain de jeu et un marché lucratif pour l’industrie d’armement. Les nouveaux arrivant·es représentent enfin une main-d’œuvre idéale : arrivée auprès de l’employeur à ses propres frais, à un prix défiant toute concurrence locale, sans protection sociale ni sécurité au travail, rendue docile par les difficultés du parcours, et jetable dès qu’elle n’est plus utile.
Le patronat ne s’y trompe pas lorsqu’il affirme la nécessité de cette migration corvéable à merci. Comment pourrait-on alors encore aujourd’hui penser que l’immigration représente un problème alors qu’elle contribue à la croissance, si ce n’est pour s’assurer que les exploité·es soient mis en concurrence ?

Dans les anciennes colonies françaises comme en hexagone, on peut se retrouver à travailler pour les mêmes firmes transnationales, plus ou moins exploité·e selon que l’on dispose ou pas des bons papiers. On peut ici se sentir privilégié·e bien que « la crise » (qui n’est qu’une réorganisation de la production capitaliste) touche également la population voyant son niveau de vie reculer. Les licenciements massifs des pôles industriels (ex Arcelor Mittal) ruinent des vies ouvrières nombreuses et ne sont pas dus à la migration des humain·es mais à celle des machines et des investissements là où les coûts de production sont plus attractifs, plus « compétitifs ».

Les migrant·es sont accusé·es d’être des concurrent·es sur le marché du travail alors qu’illes sont d’autres exploité·es. Les camionneur·ses français·es ont douloureusement senti la venue des travailleur·ses d’Europe de l’est sous la forme d’une plus grande pression de leurs patrons sur les heures, le taux horaire, etc.

Le repli nationaliste, xénophobe qui se répand et peut apparaître comme une « menace pour la démocratie » est compréhensible dans ce contexte d’insécurité économique, de souffrance et de précarité qui ne sont que les effets concrets de la mise en concurrence violente du prolétariat.

Valeur(s)

Liberté, égalité, fraternité. Les valeurs invoquées par l’État dans son histoire moderne ont été et restent diverses manières d’habiller les logiques d’exploitation pour les justifier, et ce quelles que soient les références utilisées : supériorité raciale blanche, scientisme, positivisme, développement, droits de l’homme. Tous les universalismes nés dans les milieux intellectuels des pays conquérants ont été autant de valeurs mobilisées par la classe dominante pour la défense de ses intérêts propres, industriels, économiques, culturels, etc.

Loin d’être des idéaux que l’usure du fonctionnement des institutions démocratiques aurait dévoyés, ces valeurs ont été le drapeau avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde. Et ce drapeau n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Du reste, les chien·nes de garde du système, chroniqueur·ses autorisé·es et autres penseur·ses réactionnaires ne s’y trompent pas, qui ne s’appuient guère plus sur ces valeurs que pour justifier la fermeture de l’espace intérieur, où elles seront protégées d’un extérieur « barbare » : la sécurité éventuellement liberticide au nom de la liberté, ou encore l’égalité au sein d’une partie choisie de la population. Le déchainement de mépris, au nom des valeurs républicaines, qui a pu s’exprimer ces dernières semaines à l’encontre de celles et ceux qui ont pris la rue et les rond-point, affirmant leur refus d’être gouvernés et tentant de se relier et de s’organiser en conséquence, relève du même mécanisme. Là-bas, les « barbares », ici, les « foules haineuses ». En danger, les valeurs. Et pour les défendre, la force.

Aujourd’hui, l’État déploie une milice à ses frontières pour suveiller et traquer les éxilé·es. Des maraudes s’organisent pour leur porter secours, non pas par ce que la montagne, la neige et le froid sont en eux-mêmes des dangers, mais du fait de la mise en péril qu’entraîne ce déploiement sécuritaire. Et la justice pourchasse celles et ceux qui y prennent part. Le message se veut clair : quiconque entend traduire en actes des valeurs pourtant gravées au fronton de tous les bâtiments publics peut finir en taule.

Dès lors, peut on attendre d’un tribunal qu’il rétablisse, au nom de ces valeurs, un prétendu « État de droit » qui n’est, en définitive, rien d’autre que l’expression d’un rapport de forces, celui du totalitarisme capitaliste et des violences qui, partout, toujours, l’accompagnent ?
Peut-on même invoquer ces valeurs dans une sorte d’absolu qui évacuerait la question de fond des rapports d’oppression qui, pourtant, conditionnent la possibilité de leur réalisation ?
Nous ne voulons plus croire en ce mensonge. Dans la guerre qu’il mène contre le vivant et l’humanité, ce système, dont l’État n’est qu’un rouage, n’admet qu’une valeur : celle du profit.

Et alors ?

Quelle possibilité pour une lutte dans le Briançonnais, territoire où la classe prolétaire (saisonniers des stations et précaires du bâtiment) est atomisée et pour une part importante itinérante, donc peu organisée face à la classe exploiteuse, et qui se retrouvera à la rue quand le réchauffement climatique aura fait fondre les espoirs de loisirs de neige ? Quelle lutte dans un territoire où la classe possédante profite de l’exploitation touristique de la montagne mise en scène comme un espace sauvage, préservé dans un spectacle caractéristique du capitalisme de loisirs ? Quelle lutte possible dans un territoire où les forces de l’ordre sont chargées d’assurer que les « indésirables » soient invisibles dans ce décor de carte postale ?
Bousculer cet ordre frontalier implique de remettre en cause l’ensemble de l’industrie de loisirs qui n’est qu’une forme locale du carnage mondial.

Ni ici ni ailleurs, nous ne voulons qu’une infime minorité prenne les décisions, accumule les richesses extorquées. Ni ici ni ailleurs, nous ne pouvons ignorer le carnage. Mais une perspective où l’on aide un·e « autre » quand tant d’autres restent livré·es à eux-mêmes peut-elle suffire ? Peut-on imaginer nous extraire du carnage, nous émanciper collectivement autrement que dans une lutte commune ? Peut-on faire autrement que lutter dans chaque situation où nous percevons nos intérêts communs pour les réaffirmer et nous libérer ensemble, à partir d’une conscience de condition commune, entre exploité·es et face aux exploiteurs ? Peut-on s’opposer plus longtemps aux politiques racistes d’État sans s’associer avec les principaux concernés, la où ils et elles s’organisent et luttent déjà ? Peut-on combattre les violences policières sans une analyse systémique qui prenne en compte a minima l’ensemble des perspectives évoquées ici ?

P.-S.

Texte imaginé et rédigé par un collectif de personnes socialement hétéroclites mais qui sont toutes blanches et avec les papiers nationaux français. Ce texte est une première étape, une version indispensable pour commencer à poser les éléments d’une réflexion base d’une lutte. Si tu as envie de le modifier, de l’enrichir, le développer, zyva.

3+4 de Briançon – Retour sonore sur le procès du 8 novembre

Le 8 novembre 2018, à Gap, 7 personnes sont convoqué.e.s pour « aide au passage de la frontière à des sans-papiers, en bande organisée « .

La situation à la frontière franco-italienne dans le Briançonnais est de plus en plus tendue. Les « solidaires » sont traqué.e.s, les exilé.e.s dépouillé.e.s, les situations de plus en plus invisibilisées.

Ce procès est le reflet d’une réalité qui s’ancre sans mesure dans le refus d’accueillir, la répression commanditée, l’état aux manettes.

Près de 1200 soutiens étaient présent.e.s devant le tribunal.

Voici quelques sons qui relatent l’ambiance de la journée.

https://audioblog.arteradio.com/blog/98675/podcast/130568

COPYLEFT – Faites tourner !

D’Athènes à Briançon, solidarité sans frontières

Traduction du communiqué de camarades anarchistes suite à leur action à Athènes.

Sept camarades luttant contre le terrorisme des frontières et l’Etat sécuritaire ont été arrêté.es en France pour avoir aidé des migrant.es à faire leur vie où ielles le voulaient. Ielles font face à de sévères chefs d’inculpation et risquent des peines de prison, comme c’est le cas pour toustes celleux qui se font arrêter en combattant l’imposture des nations.

Prenant part à un appel à la solidarité internationale, nous – une initiative anarchiste à Athènes – répondons en attaquant l’institut français, une institution diplomatique dépendant de l’ambassade et donc de l’Etat français. Le but des instituts français est de légitimer l’héritage de la colonisation française et de perpétuer son identité nationaliste. La France érige des frontières mortelles et persécute celleux qui les détruisent. Face à la répression par l’Etat français, toute institution qui normalise son existence devient une cible légitime dans notre lutte.

En tant qu’institution culturelle, l’institut français propage l’agenda nationaliste de l’Etat-nation français. Nous ne tolérons aucun Etat-nation ou aucune institution les représentant. Nous ne tolérons pas la forteresse européenne et les frontières qui empêchent la liberté de cirulation de chacun.e. Dans la lutte contre la criminalisation de la solidarité, nous encourageons toustes les militant.es à s’organiser et à participer à la lutte quels que soient les moyens dont ielles disposent.

Dimanche soir nous avons attaqué l’institut avec de la peinture, des pierres et des slogans. Après quoi 30 policiers sont venus sur place et ont arreté des personnes au hasard. L’Etat grec tout comme l’Etat français ciblent indistinctement celleux qui se trouvaient sur le lieu de leur sécurité mensongère : la sécurité du terrorisme policier.

No nations, no borders ! Fight law and order !

Article original sur athens.indymedia.org.

Traduction reprise de mars-infos.org

Besoin de soutien pour le refuge autogéré de Claviere

Bonjour à tou-te-s,

La situation en ce début d'été est très critique à la frontière, que ce
soit à Briançon pour donner un coup de main dans les différents lieux
d'accueil (Refuge Solidaire, chez Marcel) ou au Refuge Autogéré de
Claviere à la frontière.

De la présence, des mains et de la motivation sont nécessaires pour
soutenir des lieux indispensables pour la sécurité et l'accueil des
personnes exilées à travers la montagne, dans le contexte de répression
policière de la frontière. Durant tout l'été, il faudra des nouvelles
personnes, de passage ou qui restent un peu, pour apporter un souffle
nouveau à celles et ceux qui sont engagé-es sur place et qui, faute
d'épuisement, peine à rencontrer et soutenir dignement les personnes qui
traversent la frontière.

Plus nous serons nombreux-ses, plus nous pourrons être solides,
créatif-ves et combatif-ves, et nous pourrons imaginer de choses à
construire ensemble dans ces montagnes frontalières !

A bientôt à Claviere !

PS : En plus de mains, nous avons aussi besoin d'argent, et d'un
ordinateur pour Claviere !

Encore un mort au mitard : communiqués de prisonniers enfermés à la maison d’arrêt de Seysses

Depuis le 19 avril 2018 les prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses mènent une lutte pour dénoncer le meurtre déguisé en suicide du prisonnier J. et dénoncer les tortures qu’ils subissent dans les quartiers disciplinaires. Suite aux menaces du ministère de la justice contre celleux qui relayeraient ces informations, nous publions les deux communiqués des prisoniers ainsi que les deux communiqués du journal anti-carcéral l’Envolée …

Communiqué de prisonniers enfermés à la prison de Seysses : Encore un mort au mitard

 Maison d’Arrêt de Seysses, le 19 avril 2018.

J. avait 26 ans. Samedi dernier, il était au mitard, dans une »cellule disciplinaire » de la prison de Seysses. Il y est mort. Les médias relaient une version des faits, une seule : celle des matons, les »surveillants ». Mais nous, on y vit, dans cette prison. Et on n’est ni sourds, ni aveugles. On sait que sa mort a été provoquée par la violence des matons affectés au mitard.

Non, J. ne s’est pas suicidé.

Si plus d’une centaine de prisonniers ont refusé de remonter en cellule plusieurs jours de suite cette semaine, c’est parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour protester, ici. J. est mort au mitard, et l’autopsie aurait conclu à un suicide. Mais on sait que ce n’est pas le cas, car il y a des témoins qui étaient présents dans les cellules environnantes lors de son passage à tabac, qui ont tout entendu, qui ont assisté à tout ça. C’est suite à un déferlement de coups que J. est mort samedi.

Pensez-vous que nous serions 200 prisonniers à refuser de remonter en cellule et à déployer une banderole dans la cour de promenade si nous n’étions pas convaincus de leurs mensonges ?

Tous ceux qui sont passés par le quartier disciplinaire pourront témoigner des humiliations qu’ils y ont subi, des insultes racistes, des crachats à la figure, des ordres donnés comme si on était moins que des chiens… Là-bas, celui qui a le malheur de « la ramener » peut finir comme J. : pendu. Aucun droit n’est respecté dans ce mitard. Les promenades ont lieu au bon vouloir des surveillants, et en général il n’y en a pas. L’accès au douches nous y est refusé, et il peut se passer quinze jours sans qu’on puisse y aller. Pareil pour l’accès au feu, pour allumer une cigarette : c’est maximum trois fois par jour et ils usent de beaucoup de zèle, il faut presque les supplier. La peur y règne, et y aller est pour chacun d’entre nous, prisonniers, une vraie descente aux enfers.

Cet hiver, plusieurs prisonniers se sont retrouvés dans ce mitard sans matelas, sans couverture et sans vêtements, alors qu’il faisait moins cinq degrés. Juste parce qu’ils avaient tapé sur la grille de leur cellule pour réclamer à manger ou avoir du feu. Ils ont dû dormir par terre, nus, sur un coussin, et manger « la gamelle » dans des barquettes qui arrivaient ouvertes, apparemment déjà utilisées.

J. a été battu par cinq ou six surveillants, pendant plus d’une demi-heure. Puis il y a eu un grand silence, et les surveillants se sont mis à discuter entre eux, à estimer son poids et sa taille pour s’accorder sur une version des faits. Puis ça a été l’heure de la gamelle et, quand sa cellule a été rouverte, ils ont fait mine de le découvrir pendu. Alors le Samu est intervenu et a tenté de le réanimer, en vain. Le lendemain, ils ont libéré tout le monde du mitard et personne n’a été entendu, même pas le chef ni les gendarmes. Ça montre bien qu’ils ont des choses à cacher, qu’on ne vienne pas nous dire le contraire.

Certains d’entre nous (sur)vivent dans cette prison de Seysses depuis plusieurs années, ou y font beaucoup d’allers-retours. Cette situation n’est pas nouvelle, et d’autres « morts suspectes » ont eu lieu ici ces dernières années. Nous avons vite compris que notre parole ne valait rien face à la leur, mais nous savons aussi que beaucoup dehors s’interrogent ou ont déjà compris leur petite mascarade. Qui tue.
 
C’est très difficile pour nous de donner des preuves de ce qu’on avance. Ici, nous sommes enfermés, et chaque information qui arrive dehors risque d’avoir de graves conséquences pour nous. Pourtant il faut que ça se sache, car nous sommes en danger de mort. Les surveillants jouent avec nos vies dans ce quartier disciplinaire.

C’est plus que de l’humiliation ; ils nous terrorisent, et ce qui est arrivé à J. pourrait arriver à chacun d’entre nous.

Nous dénonçons aussi les pressions qui sont faites sur les prisonniers qui ont assisté aux faits. Les témoins malgré eux de ce qui s’est passé samedi dernier subissent des pression psychologiques et sont très clairement menacés de transfert. Tout semble mis en place pour les pousser à bout. Ainsi, cinq d’entre nous ont déjà été transférés suite au blocage de la promenade et sont désormais à Lille, Bordeaux, Sedequin… Considérés comme « meneurs », on ne les a même pas laissé embarquer leurs affaires personnelles. C’est comme ça que la prison est tenue maintenant, en nous menaçant d’un « transfert disciplinaire » qui nous éloignerait encore plus de familles et de nos proches.

Nous exigeons que la direction de la Maison d’Arrêt remplace immédiatement cette équipe de surveillants, il est évident que c’est la première chose à faire. La petite équipe sadique de matons du mitard, nous, prisonniers, la surnommons « l’escadron de la mort ».

Ici, on est spectateurs du désespoir humain, et on sait tous que J. pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il a été battu à mort parce qu’il tapait dans une porte : il n’en pouvait plus d’attendre, coincé dans la « salle d’attente » de la prison, sans fenêtre. Il voulait juste regagner sa cellule. Ils sont venus et l’ont plié.

On ne soigne pas le mal par le pire. Nous voulons que tout cela cesse.

Que celui qui est condamné à aller au mitard puisse au moins conserver sa dignité et que ses droits fondamentaux soient respectés.

Nous voulons que la vérité soit faite sur la mort de J. et qu’une telle horreur ne puisse plus se reproduire, ni ici, ni ailleurs.

Nous nous associons à la douleur de la famille et sommes prêts à témoigner si elle le désire.

Des prisonniers de la M.A. de Seysses


Rien n’a changé à Seysses

Maison d’Arrêt de Seysses, le 12 mai 2018

Dans notre précédent communiqué du 20 avril 2018, on dénonçait ce que tout le monde sait à la prison de Seysses : J., retrouvé mort au mitard le samedi 14 avril 2018, ne s’est pas pendu. Il a été battu à mort par l’équipe de surveillants responsables du quartier disciplinaire.

Le même jour, un prisonnier a fait une tentative de suicide au SMPR (l’hôpital de la prison) et il est mort deux jours plus tard. Depuis, on en a appris plus sur lui en parlant entre nous. C’était un jeune marocain sans-papiers d’une vingtaine d’années qui ne posait pas de problèmes. Il avait acheté du cannabis à d’autres prisonniers et il leur devait de l’argent. C’est pour ça qu’il a été mis à l’amende dans la cour de promenade. Il a été emmené au SMPR pour être soigné. Il réclamait de voir un psychiatre, on lui a refusé, alors il s’est ouvert les veines. Des témoins l’ont très bien entendu crier qu’il venait de se couper. C’était un appel à l’aide, il était à bout, et on l’a laissé se vider de son sang. Il n’avait pas de famille en France donc tout le monde s’en foutait. Mais il ne voulait pas mourir, il était juste en détresse. C’est la prison qui est responsable, avec les surveillants et les infirmiers.

Depuis la mort de ces deux prisonniers, rien n’a changé à la maison d’arrêt. La direction a transféré ceux d’entre nous qu’elle jugeait responsables du mouvement qui a duré plusieurs jours (on a été jusqu’à 200 à refuser de remonter de promenade pour protester, on a fait une banderole, on criait « matons assassins » aux fenêtres) et les témoins directs du tabassage de J. qui a provoqué son décès ont subi des pressions. Mais l’équipe de matons qu’on appelle entre nous « l’escadron de la mort » est toujours là et tourne encore au mitard.

Ce matin, un autre prisonnier a tenté de se pendre à la maison d’arrêt côté condamnés. L’après-midi, il devait passer devant le prétoire. C’est le tribunal interne à la prison qui juge les prisonniers accusés d’avoir provoqué des incidents en détention. Le prétoire peut décider de mesures disciplinaires, et le plus souvent c’est un placement au mitard. Le prisonnier avait très peur d’y aller vu comment ça se passe là bas : des brimades, des insultes, des coups et parfois même la mort comme on le racontait dans notre premier communiqué. Alors il s’est passé la corde au cou au moment de la gamelle du matin. Heureusement, les infirmiers ont réussi à le réanimer, mais des témoins ont entendu le major qui disait devant le mec qui n’était même pas encore décroché : « il nous fait toujours le même cinéma, celui-là ». Pour eux, une tentative de suicide c’est du cinéma ! Le lendemain de la mort de J., on a entendu le même major qui menaçait un prisonnier qui tapait dans sa porte, en lui disant : « Le dernier qui a fait ça, il a fini dans un sac ! »

On est emprisonné par des gens qui sont inhumains. Comment peut-on supporter que ceux qui dirigent la détention se moquent de nos appels à l’aide, des tentatives de suicide et des morts dont ils sont responsables ? On a parfois l’impression d’être dans un cauchemar. Il y a des prisonniers ici qui sont juste en attente d’un jugement, qui ne sont même pas encore jugés coupables. Et il y en a d’autres qui ont été condamnés et qui acceptent de faire leur peine, mais on ne peut pas accepter d’être traités comme du bétail ! On a l’impression d’être rejugés chaque jour par les surveillants et les chefs. On le voit dans les regards, les paroles, les gestes… Ils nous déshumanisent, on est juste des numéros pour eux. Ils veulent nous faire comprendre qu’ils ont tout le pouvoir, qu’ils sont comme une mafia à l’intérieur. Ils peuvent tout se permettre, ils n’ont rien à craindre parce qu’ils sont toujours couverts. Ils dirigent tout par la peur. Un major peut même nous menacer de mort parce qu’on tape dans une porte pour réclamer quelque chose !

Tout ce qu’on demande, c’est d’être traités comme des êtres humains. De faire notre temps en prison sans craindre pour notre vie, sans subir en permanence les humiliations et les violences des surveillants. Ici, il n’y a aucun respect de la dignité, aucune déontologie, tout est fait contre les prisonniers. On dirait aussi qu’ils font tout pour que ça se passe mal entre nous, en mettant ensemble en cellule des gens qui n’ont rien à voir ou en enfermant des gens qui n’ont rien à faire en prison, qui devraient être soignés : des malades, des mecs qui ont des troubles psychiatriques parfois très graves. On craint pour notre santé, on craint même pour notre vie, alors qu’on devrait juste patienter avant notre sortie. L’État s’en fout, on est juste des numéros à gérer, et ça arrange bien les surveillants sadiques qui se passent les nerfs sur nous.

La situation est explosive ici, et c’est aussi en grande partie à cause de la juge d’application des peines (JAP) et le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) qui se charge des conditionnelles. Il y a très peu d’aménagements de peines, les remises de peine et les grâces sont trop peu accordées, on est de plus en plus à faire notre peine quasiment pleine. Il n’est pas rare que le procureur fasse tomber des vieux sursis peu de temps avant la sortie pour qu’on reste enfermés. A croire qu’ils veulent nous garder le plus longtemps possible, et rien n’est fait pour la réinsertion. La loi Taubira était censée « vider les prisons » en facilitant les conditionnelles et les peines alternatives, mais c’est comme si elle n’était pas arrivée jusque Seysses. On est tous sous pression, et rien ne nous encourage à montrer des signes de réinsertion, de travailler, de se tenir à carreaux, puisqu’on sait que rien n’est fait en échange pour nous laisser sortir.

Il faudrait qu’on nous explique comment J. a pu se pendre alors qu’il était à poil au mitard. Il n’était pas suicidaire, on le sait tous ici. Et il n’avait ni drap, ni couverture dans sa cellule. Pour éviter qu’il s’accroche, soi-disant, on lui a seulement laissé un pyjama en papier…. Leur version officielle ne tient pas debout.

Nous réclamons la vérité sur ce qui s’est passé pour J.
Nous réclamons que l’équipe de surveillants responsable de sa mort soit suspendue.
Nous dénonçons les transferts disciplinaires et les pressions exercés sur les témoins. Nous exigeons de ne pas être condamnés à des nouvelles peines chaque jour par ceux qui devraient juste nous surveiller et assurer notre intégrité physique et morale.
Nous exigeons de ne pas être enfermés avec des gens qui n’ont rien à faire en prison et qui peuvent menacer notre sécurité.
Nous exigeons d’être traités dignement, comme des êtres humains.
Nous nous associons à la peine des familles et sommes prêts à témoigner si elles nous le demandent.

Des prisonniers de la maison d’arrêt de Seysses.

P.-S.:

Communiqués du journal anti-carcéral L’Envolée :

  • « Les prisonniers de Seysses ont raison ! » (dimanche 22 avril 2018 )
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  • « Les prisonniers ont raison de se révolter et ils ont raison de prendre la parole contre le sort qui leur est fait. » (à l’intention des journalistes et associations)
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repris de mars-infos.org

Soirée de soutien à la Maison Cézanne samedi 23 juin 19h à Gap

Des gens sont à la rue.

Une maison va être détruite… pour une opération immobilière !!!

Oui, la maison Cézanne va fermer. Pourtant, elle accueille encore aujourd’hui une vingtaine de personnes exilées, des demandeurs d’asile qui sont censés avoir des droits. Parmi ceux là le droit fondamental d’être hébergés.

(Article L. 348-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) : « les personnes dont la demande d’asile a été enregistrée conformément à l’article L. 741-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile peuvent bénéficier d’un hébergement en centre d’accueil pour demandeur d’asile, à l’exception des personnes dont la demande d’asile relève d’un autre État, au sens de l’article L. 742-2)Regardons les choses en face : l’État n’assume pas ses obligations et la mairie veut récupérer « son bien »… quitte à utiliser la force publique pour expulser des gens qui ont tout perdu !

Nous vous invitons à montrer votre solidarité aux habitants de la maison en participant à la soirée de soutien, repas, musique qui aura lieu le

SAMEDI 23 JUIN A 19H A LA MAISON CÉZANNE

Un point info sur la situation et une discussion est prévue à 20h.

N’hésitez pas à ramener des instruments, une playlist, vos boissons et sucreries préférées. Un couscous avec et sans viande est prévue !


Un toit un droit, 2 rue Ernest Cézanne à Gap, en face de l’entrée desn urgences (en périphérie du centre ville, banderoles sur la maison)

Pour nous joindre : untoitundroit at riseup.net

Pour être informé-e (activités, besoins, urgences…) : envoyer un mail à cette adresse pour demander votre ajout sur la liste.

Si vous souhaitez recevoir plus participer plus activement: envoyer un mail vide à cezanne-subscribe at lists.riseup.net (liste de discussion)