Un exemple banal d’un système répressif qui s’auto-alimente

Christine Ribailly, ancienne prisonnière et militante anticarcérale en révolte, était convoquée au tribunal de Gap le jeudi 12 mars 2020.
Les raisons légales : elle comparaissait pour avoir renvoyé un objet de type rond au dessus de la maison d’arrêt de Gap, une balle de ping pong. Joli prétexte qui a réveillé notre créativité militante pour écrire quelques slogans :

Un maton une balle de ping-pong, un proc’ un smash
Balle de ping-pong à Gap, balles réelles à Palerme

En effet, le procès intervenait en même temps que des émeutes avaient cours dans les prisons italiennes suite aux mesures de confinement (cf texte Italie emeutes).
Pourtant, lors de l’audience, les motifs d’accusation discutés n’avaient rien à voir avec cette balle de ping-pong. On en vient là aux réelles raisons qui ont poussé le procureur de Gap à ne pas classer sans suite ces faits, des raisons éminemment politiques. En effet, Christine fait partie de l’équipe du Café Taule, un groupe anti rep qui assure des permanences devant la maison d’arrêt de Gap depuis bientôt un an afin de soutenir et d’informer les familles de proches de prisonniers mais aussi departager et récupérer des infos sur ce qui se passe en taule.

C’est donc une membre de cette équipe qui a été poursuivie pour avoir refusé de donner sa signalétique lors d’une garde à vue, rendue par la suite illégale,et pour s’être rebellée lorsque les 7 gendarmes lui ont mis de force les menottes lors de son interpellation (c’est sûr que Christine était une grande menace face à 7 keufs sur-armés). Et cette fameuse balle de ping-pong n’a même pas été évoquée… En fait, ces poursuites ne sont qu’un prétexte pour ordonner une interpellation avec violences et obtenir des motifs valables de poursuites.
Les réelles motivations de l’interpellation de Christine sont donc la distribution de kawa, la discussion, l’entraide, et le soutien aux enfermés.

Puisque l’un des buts de la taule c’est d’isoler les gens, une solidarité entre proches et enfermé.e.s ça ne plait pas à l’administration pénitentiaire.
On est face à un procès qui ne dit pas son nom, ou plutôt une pièce de théâtre. On se retrouve face à une juge, qui ne se présente surtout pas comme féministe et qui trouve le dossier de Christine « intéressant » parce qu’elle n’en voit pas souvent des casiers de femmes avec autant de mentions. Tu m’étonnes la taule elle, elle est pas féministe (cf. tract du genepi sur le feminisme anticarcéral page x) ! En fait, cette juge elle se présentait surtout comme « la police de l’audience », et elle a bien utilisé son pouvoir puisque la pièce de théâtre intitulée « audience au TGI de Gap du 12 mars » a été entrecoupée d’entractes. La juge suspendait l’audience car il y avait du son dehors, du son pour Christine,du son contre les prisons, et ça, aux portes du TGI, ce n’était pas acceptable, pour elle.

Du coup, Christine elle a été muselée, il fallait qu’elle montre qu’elle avait fauté. Il fallait qu’elle courbe l’échine devant la justice car c’est ça que la justice, à travers les juges et les procureurs, veut :qu’on ferme notre gueule. Christine, comme plein d’autres qui se retrouvent confronté.e.s à cette mascarade raciste et classiste, voulait faire un pladoyer politique, un plaidoyer contre ce système, mais elle n’a pas pu.
Pourquoi ? Parce que la GAV a été déclarée illlégale. Pourtant, cette GAV Christine elle l’a subi dans son corps et dans sa tête. Alors c’est vrai, que « ces pas très malins de gendarmes » n’avaient pas respecté la procédure, soit l’appel aux proches. Mais en fait, Christine, ça l’a frustré. C’était le personnage central de la pièce, celle qui devait pouvoir avoir la parole et donc critiquer ce système en son sein. Eh bien non, elle en a été refusée, réduite à la posture habituelle et exigée des accusé.e.s : celle de fermer sa bouche et avaler quand des gens qui ne te connaissent pas (juges, procureurs, avocats), décident de façon moralisatrice et condescendante de quelle sanction tu vas écoper.

En effet, je suis de celleux qui pensent que la sanction ne commence pas à l’issue du tribunal mais plutôt dès que le processus judiciaire est enclenché. Et encore dire ça, c’est ne pas prendre en compte, l’épée de Damoclès qu’est la justice, prête à tomber à tout instant sur les racisé.e.s les pauvres, les antisociaux. Du coup Christine, elle n’a pas eu de « punition » cette fois-ci mais ce n’est que « partie de ping pong remise » car le procureur et ses sbires ont le café taule dans leur mirados. Et comme nous l’avons affiché sur le TGI pendant cette journée : CREVE LA TAULE !

Et pour illustrer ce slogan et finir cette journée, les soutiens à l’équipe du Café Taule se sont rendu.e.s devant l’entrée de la maison d’arrêt pour faire une partie de ping pong symbolique (la prison est dans le centre ville de Gap). Bruyante comme il fallait pour espérer que cela soit entendu derrière les hauts murs, cette partie de ping pong a été accompagnée de feux d’artifices, pour célébrer la victoire. Laquelle ? A vous d’imaginer celle qui vous plaît

Lien vers la brochure dédiée à la prison de GAP :
https://valleesenlutte.noblogs.org/files/2020/01/brochure-prison.pdf

Voici un texte sur les révoltes dans les prisons italiennes évoqué plus haut :
https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2020/03/12/contre-la-peur-et-le-controle-la-revolte-eclate-dans-les-prisons-en-italie/

SOIRÉE DE SOUTIENT CONTRE LA RÉFORME DES RETRAITES organisé par les G-J de Saillans

Vendredi 17 Janvier dès 18h, chez Nanard
à Aouste sur Sye 9 rue pasteur Boegneur (derrière la chocolaterie)

Les Gilets jaunes de Saillans proposent une soirée d’info, de discussion et de soutien au mouvement contre la réforme des retraites et son monde.

Au programme:
18h assemblée populaire ouverte à Toutes et à tous.
20H cantine populaire
21h projection de « Une histoire de la grève générale,de la commune au front populaire » >> de Olivier Azam

Les bénéfices de la soirée seront pour la caisse de grève et la caisse anti-répression.

L’imprimerie calue vous salue !

Calu.e : adj. Fada, folle, déraisonnable

À quelques un.e.s, nous nous occupons depuis plusieurs années d’une mini-imprimerie à Gap.

Nous avons actuellement une imprimante laser de qualité professionnel, couleur et noir, pour des affiches jusqu’au A3, des brochures agrafées en A4 et A3, des tracts…

L’idée est d’avoir un outil pour imprimer pas trop cher des fanzines, des journaux, des tracts pour les luttes, de remplir les infokiosques. Les outils sont pensés pour être utilisés de manière autonome par les personnes souhaitant imprimer.

Nous pouvons vous accompagner sur le fonctionnement de la machine, du massicot, mais aussi sur la mise en page grâce au poste informatique qui lui est dédié.

Nous partons d’une critique de l’autorité, du capitalisme et des rapports sociaux de domination. Nous souhaitons que cet outil permette de diffuser ces critiques, de permettre des rencontres, des discussions à partir des productions éditées ici.

Pour nous rencontrer, imprimer et en savoir plus, contactez-nous :

imprimeriecalue [at] riseup.net

Matériel calu :

-imprimante A3 recto-verso, CMJN, 1200*600 Dpi

-agrafeuse avec bras jusqu’à 25 cm

-massicot longueur de coupe 46 cm (format A3)

-papier 64g à 268g- mat/brillant- couché ou non – blanc ou couleur.

-PC linux/windows- logiciels de mise en page/traitement d’image – internet.

Procès du CESAI le 23 avril – Communiqué suite au report

Communiqué du Césaï

Mardi 23 avril, se tenait le procès du CESAÏ en référé d’heure à heure, une procédure servant à régler les différents juridiques rapidement. Nous étions une cinquantaine d’habitant.e.s du CESAÏ devant le tribunal et une cinquantaine de militant.e.s. Merci à tout le monde d’être venus !

La juge a commencé la séance en annonçant que la première demande de report, de droit, serait acceptée. L’avocate des propriétaires du bâtiment s’était déplacée de Marseille pour faire en sorte que le procès se tienne bien hier et qu’urgence il y a. Nos 2 avocats ont rétorqué qu’il n’y en avait pas, que l’huissier a mis 3 mois pour venir au CESAÏ (soi-disant à cause du mouvement des gilets jaunes qui monopoliseraient toutes les forces de l’ordre du lundi au dimanche) et que l’huissier n’a aucune compétence en expertise du bâtiment alors que le dossier que nous avons constitué s’appuyait sur des rapports d’électricien.ne.s et de
professionnel.le.s du bâtiment. La juge a proposé deux dates de report, le 7 mai et le 4 juin. De fil en aiguille le 4 juin l’a emporté !

Alors on se donne RDV d’ores et déjà le 4 juin devant le tribunal et avant pour bricoler, échanger, réfléchir, rire et vivre !

Et comme disent les habitants anglophones : CESAÏ FOR LIFE !!!

N’hésitez pas à nous contacter pour faire du lien, venir ou poser des
questions via cesai at riseup.net.


MAJ: L’audience devant le tribunal reportée au 4 juin 2019!

La suite reste à construire, tous les coups de main seront toujours bienvenus.


APPEL A RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AU CESAI,

le mardi 23 avril à 14h au Tribunal d’Instance de Gap, 5 place Saint-Arnoux.

L’huissier est passé jeudi pour nous signifier notre RDV au Tribunal. La procédure est un référé d’heure à heure : c’est une procédure d’urgence qui cherche à nous expulser « pour notre sécurité ». Le dossier se base entre autres, sur une fissure dans un mur non porteur qui prouverait que le toit va nous tomber sur la tête, sur des câbles audio-video de notre salle vidéo qui passent sans protection au plafond, sur la non sécurité de l’installation électrique, etc., etc.. La partie adverse demande notre expulsion sans délai.

Pour rappel, ce bâtiment accueille entre 50 et 70 personnes (en fonction des départs et arrivés) exilées, SDF français et/ou militant.e.s.

Nos deux avocats demanderont un report mais nous n’avons aucune garantie de le voir accepté. Nous montons un dossier de défense avec des experts du bâtiment et de l’électricité (contrairement à la partie adverse) mais rien n’est joué…

Nous avons vraiment besoin de soutien afin de montrer qu’on est là et qu’on ne va pas disparaître et aussi pour montrer aux habitant.e.s qu’ils et elles sont soutenu.e.s !
Ramenez vos thermos avec thé et café, on s’occupe du goûter.

Au carré de l’imprimerie, le CESAI y est et y reste !

Pour rappel un pot commun a été mis en place pour nous soutenir au quotidien : https://www.lepotcommun.fr/pot/t9rafseh

 

Le CESAÏ (centre social autogéré de l’Imprimerie) a ouvert ses portes le 19 octobre 2018. C’est un espaces de vie et d’habitations pour des personnes mises à la rue par L’État notamment les habitant(e)s expulsé(e)s de la maison Cézanne.

https://cesai.noblogs.org/

[CESAÏ] Action au conseil municipal de GAP

Ce vendredi 28 mars , un collectif d’habitants et de soutiens du centre social CESAÏ (Squat humanitaire et culturel installé rue de l’imprimerie) est intervenu lors du Conseil municipal de Gap.

Le CESAÏ est aussi un lieu d’échange culturel ouvert à tous et s’est très vite intégré dans le centre-ville. Mais le maire ne l’entend pas ainsi… C’est une « occupation sans droit ni titre » qui « ne donne pas le droit à la parole ». Peu importe, pour lui, la nature du projet.

 

Repris de https://alpternatives.org

 

Le CESAÏ (centre social autogéré de l’Imprimerie) a ouvert ses portes le 19 octobre 2018. C’est un espaces de vie et d’habitations pour des personnes mises à la rue par L’État notamment les habitant(e)s expulsé(e)s de la maison Cézanne.

https://cesai.noblogs.org/

Sous les glaciers la rage #2 – février 2019

Et voilà en ré-écoute le tout dernier opus de Sous les glaciers la rage, émission d’infos sur les luttes et alternatives des Hautes-Alpes, diffusé (irrégulièrement pour l’instant !) sur Radio Zinzine !

Au programme de ce mois de février 2019 :

– des infos locales gratinées autour des frontières et des lieux d’accueil, du mouvement des gilets jaunes, de l’hôpital de Briançon et de « petits » projets nuisibles de l’Embrunais

– un duo de crétin-crétines des Alpes de compèt’

– un agenda aux ptits oignons

– un disque…heu non…un artiste du mois bien déter’

– et pour finir un chouette reportage autour de l’intime et du corps médical

 

 

 

 

A la prochaine, autour du 21-23 mars sur les ondes de Zinzine…et évidemment sur Vallées en Lutte !

Ah oui, on a maintenant une adresse mail pour recevoir vos remarques, critiques, louanges…et bien évidemment toute proposition de sujet pour nos prochaines émissions !!! là voilà : souslesglacierslarage@riseup.net

 

Squat du chateau Laric à Chabestan : invitation à habiter et à défendre le lieu

Voilà maintenant une quinzaine de jours que le château Laric de Chabestan (région de Gap) est réouvert. Ce bâtiment à l’abandon depuis 10 ans était une colonie de vacances du CIE des dockers de Marseille, qui a fermé ses portes à cause de normes trop conséquentes.

Nous occupons ce bâtiment pour le mettre à la disposition de toustes. Nous ne considérons pas que le fait d’avoir ouvert nous rende plus légitimes que d’autres à prendre des décisions sur cet endroit que nous voulons ouvert et collectif. Lors d’une journée pizza samedi dernier, voisinage et ami-e-s étaient invité-e-s à proposer leurs envies pour le lieu. Des idées sont sorties et prennent vie, tel que : une cantine, de l’échange de savoirs notamment à travers divers ateliers (bois, métal, vélo, dessin…), des concerts, du théâtre, une boulangerie (four à bois), des espaces d’accueil, espace MTPGQI*… Nos désirs et nos expériences passées nous incitent à fonctionner de manière horizontale, cherchant toujours à débusquer et à combattre la reproduction de schémas oppressifs et dominants tels que le capitalisme, le patriarcat, le racisme, le validisme et autres merdes.

Hier, le 23/01, un avis de mise en péril a été collé sur le portail. Il permet une “évacuation d’urgence” (= une expulsion). Ceci est une invitation à toustes à venir occuper les lieux, y faire des propositions, y trainer, le défendre et l’habiter.

Contact : chateaularic at riseup.net

Aux frontières de l’exploitation

Voir en ligne : Traductions en anglais et italien par ici

Ce 10 janvier 2019, deux camarades comparaissent devant le tribunal correctionnel de Gap. Ils sont accusés d’aide au passage illégal de la frontière franco-italienne, dans les environs de Briançon.
Il n’y a pas lieu de s’en indigner ni même de s’en étonner. Le contrôle des frontières et des marchandises et humain·es admis ou non à les franchir est une prérogative exclusive et essentielle des États.
Qui s’incarne au quotidien dans la persécution et la mise en danger par les forces de l’ordre des personnes qui tentent de rentrer et de séjourner en France sans les bons papiers.
Qui se traduit par la conclusion d’accords avec les chefs de guerre libyens, le roi du Manioc et autres dictatures, turque ou soudanaise. Le concept : l’externalisation des frontières. Les conséquences : des dizaines de milliers de vies englouties par le désert et la mer, le viol des femmes et la torture systématisées, l’internement de masse dans des camps de concentration, l’esclavage.
De Khartoum à Calais, des barbelés des camps libyens aux patrouilles nocturnes de flics dans la montagne, une seule et même politique.

Quiconque entend contester ce monopole du contrôle des frontières par l’État s’expose à une réaction du pouvoir. Réaction qui s’exprime dans ce tribunal par la voix du procureur et la future sanction des juges. Dans ce système-monde, la répression prend des formes multiples : elle est économique, policière, pénale, plus ou moins systématique et brutale selon la position à laquelle on est assigné dans l’échelle des dominations.

Carnage

Ce monde, ce système est un carnage. Un pillage sans limite de l’ensemble des ressources, rendant invivable une partie croissante des territoires que les gens sont obligés de quitter. Un carnage écologique qui se décline en extraction de la biomasse, désertification, appauvrissement des sols, assèchement et pollution massive des cours d’eau, fonte des réservoirs d’eau douce, disparition de la biodiversité et des pollinisateurs naturels, contamination chimique et nucléaire de territoires. D’Amazonie en Afrique centrale, en Mongolie, en Biélorussie ou au Japon. Partout.
Insécurité alimentaire de masse, famines, épidémies, génocides et autres fléaux s’abattent sur des pans entiers de l’humanité. Ils sont les effets et le cœur de la guerre, qu’elle soit économique, financière, ou militaire.

Le vivant en général est soumis à un comportement délirant, complètement cannibale, du système capitaliste. Tout est propre à devenir marchandise : de l’eau potable au corps des femmes, de l’AK-47 au fœtus.

Ce carnage laisse des traces irrémédiables de violence dans les histoires individuelles et collectives. Ce système sème la mort et le désert. Et plus que jamais, la misère et l’exploitation sont le lot commun de l’humanité dans son ensemble — ou presque. Dans un tel système, tôt ou tard, n’importe qui peut se retrouver et se retrouvera naufragé et devra partir pour chercher ailleurs où et comment survivre.
Dans cette guerre impitoyable contre le vivant et l’humanité, nous sommes toutes et tous des naufragé·es en devenir.

Dans cette logique, nous sommes tous·tes marchandises, ressources et fusibles de la logique de rentabilité du capital. La mondialisation s’est faite au profit de puissances industrielles et financières dans une logique de privatisation totale au prix d’une dépossession du plus grand nombre.
L’histoire des pays colonisés renferme son lot de souffrances et d’exploitation outrancières, de racisme, de négation de l’individu, de guerres, et de domination des puissances européennes.
Les monopoles industrialo-financiers occidentaux ont pu grâce aux soutien des États et de leurs armées, par l’influence et la corruption des possédants locaux des colonies ou ex-colonies, s’approprier toujours plus de matières premières, accroître leur production, s’abreuver de nouveaux marchés juteux, dans des régions où les coûts sont bas, le droit salarial quasiment absent et l’exploitation quasi-esclavagiste.

Marchandise humaine et compétition

Les migrations vers l’Europe, si marginales qu’elles soient par rapport aux mouvements migratoires dans le monde, ont généré un bruit médiatique phénoménal ces dernières années. Ces candidat·es à l’intégration représentent une aubaine à plusieurs titres. Boucs émissaires parfaits dans une période de rhétorique d’insécurité permanente, ils permettent d’acheter et de fabriquer l’électorat de l’extrême-droite. Ils justifient ensuite de renforcer aux frontières intérieures et extérieures de l’Europe, et sur tous les territoires possibles l’emploi de matériels et moyens de surveillance, contrôle, répression, enfermement, etc., un terrain de jeu et un marché lucratif pour l’industrie d’armement. Les nouveaux arrivant·es représentent enfin une main-d’œuvre idéale : arrivée auprès de l’employeur à ses propres frais, à un prix défiant toute concurrence locale, sans protection sociale ni sécurité au travail, rendue docile par les difficultés du parcours, et jetable dès qu’elle n’est plus utile.
Le patronat ne s’y trompe pas lorsqu’il affirme la nécessité de cette migration corvéable à merci. Comment pourrait-on alors encore aujourd’hui penser que l’immigration représente un problème alors qu’elle contribue à la croissance, si ce n’est pour s’assurer que les exploité·es soient mis en concurrence ?

Dans les anciennes colonies françaises comme en hexagone, on peut se retrouver à travailler pour les mêmes firmes transnationales, plus ou moins exploité·e selon que l’on dispose ou pas des bons papiers. On peut ici se sentir privilégié·e bien que « la crise » (qui n’est qu’une réorganisation de la production capitaliste) touche également la population voyant son niveau de vie reculer. Les licenciements massifs des pôles industriels (ex Arcelor Mittal) ruinent des vies ouvrières nombreuses et ne sont pas dus à la migration des humain·es mais à celle des machines et des investissements là où les coûts de production sont plus attractifs, plus « compétitifs ».

Les migrant·es sont accusé·es d’être des concurrent·es sur le marché du travail alors qu’illes sont d’autres exploité·es. Les camionneur·ses français·es ont douloureusement senti la venue des travailleur·ses d’Europe de l’est sous la forme d’une plus grande pression de leurs patrons sur les heures, le taux horaire, etc.

Le repli nationaliste, xénophobe qui se répand et peut apparaître comme une « menace pour la démocratie » est compréhensible dans ce contexte d’insécurité économique, de souffrance et de précarité qui ne sont que les effets concrets de la mise en concurrence violente du prolétariat.

Valeur(s)

Liberté, égalité, fraternité. Les valeurs invoquées par l’État dans son histoire moderne ont été et restent diverses manières d’habiller les logiques d’exploitation pour les justifier, et ce quelles que soient les références utilisées : supériorité raciale blanche, scientisme, positivisme, développement, droits de l’homme. Tous les universalismes nés dans les milieux intellectuels des pays conquérants ont été autant de valeurs mobilisées par la classe dominante pour la défense de ses intérêts propres, industriels, économiques, culturels, etc.

Loin d’être des idéaux que l’usure du fonctionnement des institutions démocratiques aurait dévoyés, ces valeurs ont été le drapeau avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde. Et ce drapeau n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Du reste, les chien·nes de garde du système, chroniqueur·ses autorisé·es et autres penseur·ses réactionnaires ne s’y trompent pas, qui ne s’appuient guère plus sur ces valeurs que pour justifier la fermeture de l’espace intérieur, où elles seront protégées d’un extérieur « barbare » : la sécurité éventuellement liberticide au nom de la liberté, ou encore l’égalité au sein d’une partie choisie de la population. Le déchainement de mépris, au nom des valeurs républicaines, qui a pu s’exprimer ces dernières semaines à l’encontre de celles et ceux qui ont pris la rue et les rond-point, affirmant leur refus d’être gouvernés et tentant de se relier et de s’organiser en conséquence, relève du même mécanisme. Là-bas, les « barbares », ici, les « foules haineuses ». En danger, les valeurs. Et pour les défendre, la force.

Aujourd’hui, l’État déploie une milice à ses frontières pour suveiller et traquer les éxilé·es. Des maraudes s’organisent pour leur porter secours, non pas par ce que la montagne, la neige et le froid sont en eux-mêmes des dangers, mais du fait de la mise en péril qu’entraîne ce déploiement sécuritaire. Et la justice pourchasse celles et ceux qui y prennent part. Le message se veut clair : quiconque entend traduire en actes des valeurs pourtant gravées au fronton de tous les bâtiments publics peut finir en taule.

Dès lors, peut on attendre d’un tribunal qu’il rétablisse, au nom de ces valeurs, un prétendu « État de droit » qui n’est, en définitive, rien d’autre que l’expression d’un rapport de forces, celui du totalitarisme capitaliste et des violences qui, partout, toujours, l’accompagnent ?
Peut-on même invoquer ces valeurs dans une sorte d’absolu qui évacuerait la question de fond des rapports d’oppression qui, pourtant, conditionnent la possibilité de leur réalisation ?
Nous ne voulons plus croire en ce mensonge. Dans la guerre qu’il mène contre le vivant et l’humanité, ce système, dont l’État n’est qu’un rouage, n’admet qu’une valeur : celle du profit.

Et alors ?

Quelle possibilité pour une lutte dans le Briançonnais, territoire où la classe prolétaire (saisonniers des stations et précaires du bâtiment) est atomisée et pour une part importante itinérante, donc peu organisée face à la classe exploiteuse, et qui se retrouvera à la rue quand le réchauffement climatique aura fait fondre les espoirs de loisirs de neige ? Quelle lutte dans un territoire où la classe possédante profite de l’exploitation touristique de la montagne mise en scène comme un espace sauvage, préservé dans un spectacle caractéristique du capitalisme de loisirs ? Quelle lutte possible dans un territoire où les forces de l’ordre sont chargées d’assurer que les « indésirables » soient invisibles dans ce décor de carte postale ?
Bousculer cet ordre frontalier implique de remettre en cause l’ensemble de l’industrie de loisirs qui n’est qu’une forme locale du carnage mondial.

Ni ici ni ailleurs, nous ne voulons qu’une infime minorité prenne les décisions, accumule les richesses extorquées. Ni ici ni ailleurs, nous ne pouvons ignorer le carnage. Mais une perspective où l’on aide un·e « autre » quand tant d’autres restent livré·es à eux-mêmes peut-elle suffire ? Peut-on imaginer nous extraire du carnage, nous émanciper collectivement autrement que dans une lutte commune ? Peut-on faire autrement que lutter dans chaque situation où nous percevons nos intérêts communs pour les réaffirmer et nous libérer ensemble, à partir d’une conscience de condition commune, entre exploité·es et face aux exploiteurs ? Peut-on s’opposer plus longtemps aux politiques racistes d’État sans s’associer avec les principaux concernés, la où ils et elles s’organisent et luttent déjà ? Peut-on combattre les violences policières sans une analyse systémique qui prenne en compte a minima l’ensemble des perspectives évoquées ici ?

P.-S.

Texte imaginé et rédigé par un collectif de personnes socialement hétéroclites mais qui sont toutes blanches et avec les papiers nationaux français. Ce texte est une première étape, une version indispensable pour commencer à poser les éléments d’une réflexion base d’une lutte. Si tu as envie de le modifier, de l’enrichir, le développer, zyva.

Rocky Horror Picture Show en soutien au CHUM

Ça y est, l’automne est là, l’hiver affûte ses armes, la déprime s’insinue en nous … mais ne désespérez pas ! Le comité de la Fête remet le couvert pour une seconde saison de folie à
la Batie Montsaléon ! Avec pour les petits et les grands une double projection le Samedi 13 octobre, place du petit marché !

Laissez tomber le Futuroscope et vos ridicules lunettes de réalité virtuelle, et prenez place pour une pure expérience immersive ! Tous vos sens seront de la fête pour cette soirée inoubliable !
A très bientôt…

Quelques besoins pour ce début d’été chez Marcel

Bonjour à toutes et tous!

juste un petit mot pour dire qu'il ya quelques besoins pour ce début
d'été chez marcel...
En ce moment y a plus beaucoup de bouffe, ça s'organise quand même ,
entre récup , et un peu de sous pour les courses, mais si c'est possible
de faire tourner le message des besoins réguliers: riz, oignons, piment,
huile, sauce tomate, café, pain, oeufs, lait, thé , sucre , sel, aussi
produits ménagers, et en ce moment c'est la dech de brosse à dents
dentifrice savon...

l'argent part vite parce que en ce moment y a pas beaucoup de personnes
qui touchent l'ada..
[...]
si y a des gens dispo et avec l'envie de passer régulièrement c'est cool,
voir si y a assez de gaz et si faut aller en chercher en voiture, ou si
des personnes ont besoin d'être amenées a l'hôpital ou d'accompagnements
de soins, des choses comme ça .... aussi si il ya des gens qui veulent
bien être appelé pour ça et laisser le numéro à la maison, ça peut être
pratique aussi...

et toutes autres initiatives sont toujours chouette!

des bises!

Besoin de soutien pour le refuge autogéré de Claviere

Bonjour à tou-te-s,

La situation en ce début d'été est très critique à la frontière, que ce
soit à Briançon pour donner un coup de main dans les différents lieux
d'accueil (Refuge Solidaire, chez Marcel) ou au Refuge Autogéré de
Claviere à la frontière.

De la présence, des mains et de la motivation sont nécessaires pour
soutenir des lieux indispensables pour la sécurité et l'accueil des
personnes exilées à travers la montagne, dans le contexte de répression
policière de la frontière. Durant tout l'été, il faudra des nouvelles
personnes, de passage ou qui restent un peu, pour apporter un souffle
nouveau à celles et ceux qui sont engagé-es sur place et qui, faute
d'épuisement, peine à rencontrer et soutenir dignement les personnes qui
traversent la frontière.

Plus nous serons nombreux-ses, plus nous pourrons être solides,
créatif-ves et combatif-ves, et nous pourrons imaginer de choses à
construire ensemble dans ces montagnes frontalières !

A bientôt à Claviere !

PS : En plus de mains, nous avons aussi besoin d'argent, et d'un
ordinateur pour Claviere !

Soirée de soutien à la Maison Cézanne samedi 23 juin 19h à Gap

Des gens sont à la rue.

Une maison va être détruite… pour une opération immobilière !!!

Oui, la maison Cézanne va fermer. Pourtant, elle accueille encore aujourd’hui une vingtaine de personnes exilées, des demandeurs d’asile qui sont censés avoir des droits. Parmi ceux là le droit fondamental d’être hébergés.

(Article L. 348-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) : « les personnes dont la demande d’asile a été enregistrée conformément à l’article L. 741-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile peuvent bénéficier d’un hébergement en centre d’accueil pour demandeur d’asile, à l’exception des personnes dont la demande d’asile relève d’un autre État, au sens de l’article L. 742-2)Regardons les choses en face : l’État n’assume pas ses obligations et la mairie veut récupérer « son bien »… quitte à utiliser la force publique pour expulser des gens qui ont tout perdu !

Nous vous invitons à montrer votre solidarité aux habitants de la maison en participant à la soirée de soutien, repas, musique qui aura lieu le

SAMEDI 23 JUIN A 19H A LA MAISON CÉZANNE

Un point info sur la situation et une discussion est prévue à 20h.

N’hésitez pas à ramener des instruments, une playlist, vos boissons et sucreries préférées. Un couscous avec et sans viande est prévue !


Un toit un droit, 2 rue Ernest Cézanne à Gap, en face de l’entrée desn urgences (en périphérie du centre ville, banderoles sur la maison)

Pour nous joindre : untoitundroit at riseup.net

Pour être informé-e (activités, besoins, urgences…) : envoyer un mail à cette adresse pour demander votre ajout sur la liste.

Si vous souhaitez recevoir plus participer plus activement: envoyer un mail vide à cezanne-subscribe at lists.riseup.net (liste de discussion)

Solidarité avec Eleonora Bastien et Theo

Reçu aujourd’hui en soutien de nos trois camarades incarcérés à Marseille.

Petit message depuis les Cévennes, pour affirmer notre solidarité aux 3
camarades incarcérés pour avoir participé à la manifestation contre la
fermeture des frontières dimanche 22 avril dans le briançonnais.
Liberté pour Eléonora, Bastien et Théo! 
Ni frontières, ni prisons !